Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Le sens de Purim

 

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POURIM, POURIM,

POURIM, qui est une fête éternelle car elle sera célébrée le 15 ADAR même aprés la venue du Machiakh (Messie), retrace la lutte entre deux mondes continuellement opposés :
- celui d'
Aman, opposant par excellence au Peuple Juif qu'il a voulu détruire le 13 Adar car il pensait que cette date, jour de la mort de Moïse, était néfaste pour Israël.
Il ne savait pas que c'était aussi celui de sa naissance.
- celui de Mordékhaï
"Ayéoudi" ("le Juif"), représentant en exil des enfants d'Israël.
C'est dans la
Méguilah d'Esther le rouleau qui est lue deux fois à Pourim que le mot Juif, apparaît pour la première fois:Yéoudi,
Par contre, le nom de D-ieu n'y est pas une seule fois explicitement employé.


Développons.


On peut remarquer que Méguilat Esther veut aussi dire en hébreu "dévoilement du caché", et que D-ieu, dans le livre de Dévarim dit :
"véanokhi ester astir et panaï mimekhème et Moi caché, j'ai caché Ma Face parmis vous ",

En fait, on peut mettre en parallèle le mot "ester"caché, de cette phrase avec la Reine Esther de l'histoire de Pourim. cette indication permet d'affirmer que l'on retrouve cet évènement dans la Torah elle-même.



Mais de quelle façon Pourim est-elle une phase différente de l'histoire du Peuple Juif ?


Pendant la sortie d'Egypte, les Enfants d'Israël étaient habitués aux miracles :
- des nuées les entouraient et les protégeaient.
- la manne nouricière tombait chaque jour, etc.
A partir de la destruction du premier Temple par Nabuchodonosor, les miracles permanents s'arrêtèrent :

D-ieu voila sa Face... et les Juifs ne comprirent pas, ils ne savaient plus vivre sans faits miraculeux, ils y étaient trop habitués...
Cest pour cette raison qu'Aman dit au début de la Méguilah, au sujet du Peuple Juif :
"yèch lo" "il a ", qui peut aussi se lire
"ychlou ", " il s'endort" car à cette époque Isrël s'était "endormi" en exil, est l'assimilation destructrice faisait son oeuvre...


Or on le voit dans l'Histoire, à chaque fois que D-ieu est malheureusement oublié, il exerce Sa justice à travers la nature, comme Il le dit dans le passage de "véayah" inclus dans la "Chémah Israël" que nous récitons chaque jour dans nos prière.
Aman, le Pèrsécuteur, apparrait donc comme le résultat de notre manque de Foi (Emounah), de notre refus de voir le miracle de la vie quotidiennement comme il est dit dans la Torah :" D-ieu renouvelle le monde chaque jour", dans sa grande bonté.
La destruction duTemple de Jerusalem ne doit pas nous faire déséspérer car l'Eternel veut résider en nous (" véchakhaneti bétokham "), pas dans un Temple qui aurait perdu , par notre manque de Foi, sa fonction de Délivreur et Réparateur de nos fautes et où D-ieu n'y résiderais plus.



Remarquons

Que le mot Géoulah, Délivrance qui s'écrit guimel+ aleph+ vav+lamed, sans le aleph -qui represente la Divinité- devient Golah,Exil dans un monde où D-ieu reste caché mais ne nous rejette jamais si on sait le retrouver en visant une Téchouvah (Repentir ) véritable. De plus dans la Méguilah, Amélèkh, le Roi, est bien le personnage qui représente D-ieu, d'aprés les commentateurs.


Où alors retrouve-t-on le personnage d'Aman dans la Torah ?
Dans le livre de Béréchith, genèse , D-ieu demande à Adam si il a mangé le fruit de l'arbre défendu en disant " amin aèts " " de cet arbre ", et les commentateurs notent que si on enlève le youd de "amin", on obtient le mot Aman.



Mais comment peut-on mettre en parallèle cette histoire et celle de Pourim ?
Adam voulait en fait gôuter le fruit de la Connaissance , le "péri ets adaat", défendu, représentant la perception du Mal, qui lui était étranger.
D-ieu, qui sait tout, lorsqu'il demande à Adam s'il a bravé son interdiction, lui pose en fait une autre question essentielle : Suis-Je absent de ce monde et de ta conscience pour que tu fautes ainsi ?
Adam est alors punis, il est chassé du Paradis et ceci lui permet alors de se repentir, de faire Téchouvah.


De même, Aman qui descend de Amalek, l'ennemi juré du peuple Juif, fait donc partie de la lignée directe d'Eliphaz fils de Essaü, qui devait tuer Jacob-Israël.Il ne le fit pas, mais lui pris toute sa richesse à la place, car un "homme pauvre est un homme mort" d'aprés la Torah.


Aman connaissait tout ceci, il savait que c'est D-ieu qui décide de tout, même de la destruction ou pas du Peuple Juif. Il attendait donc un moment propice pour mettre à exécution son funeste dessein : il oubliait que si D-ieu avait réellement voulu détruire Israël, il l'aurait déjà fait de la main de son ancêtre Eliphaz !


On peut dire qu'Aman est un personnage qui n'apparaît qu'à cause de nous! C'est pour cela que nous avons la Mitsvah de boire du vin jusqu'à arriver à confondre "arour Aman !", "détruit soit Aman !",
que nous disons lors de la lecture de la Méguilah, "baroukh Mordékhaï !", "bénis soit Mordékhaï !"

Il faut en fait que nous comprenions que ces deux personnages ne sont qu'une partie de nous-même,

Et que nous sommes les seuls responsables de notre punition si nous fautons.

Aman n'est alors qu'un des vecteurs de la vengeance Divine, d'ailleurs celui-ci et ses dix fils sont pendus, lorsque la Téchouvah, le Repentir, du peuple Juif tout entier est effective.
C'est en effet lorsqu'Israël rejette le
DOUTE, d'où découle l'illusoire idolatrie sous toutes ses formes, que D-ieu pardonne et qu'il arrête la main du Destructeur et des Méchants.
Pour finir remarquons que
Amalek à le même compte numérique que Sefèke, le Doute, soit 240 !

Excellente Fête, Haïm Perets.

La Rose et le Petit Garçon

rose-hiver.jpg Le jardin était inculte : partout des mauvaises herbes, des broussailles et des ronces. Mais dans un coin, on ne sait trop comment, un beau jour s'était épanouie une rose. Sur l'arbuste qui la portait, elle était seule de son espèce et dans le jardin tout autour, aucune autre fleur pour lui disputer la royauté souveraine.Aussi, la rose était-elle devenue extrêmement orgueilleuse.

Chaque matin, elle faisait, avec les gouttes de rosée, la toilette de ses pétales nacrées et quand elle se sentait toute belle, elle exigeait, la vaniteuse, que tout le jardin lui fît compliment, que les brins d'herbe à ses pieds, fissent de respectueuses révérences pour l'assurer de leur obéissance et de leur admiration. Les oiseaux des alentours avaient vite fait sa connaissance: c'est à elle que le soir, le rossignol adressait ses romances,c'est pour elle que l'alouette chantait, et la rose se rengorgeait sur satige épineuse, en se sentant vraiment devenue le centre de l'univers.

Un beau jour, dans la maison, les volets s'ouvrirent, la cheminée se mit à fumer, et un petit garçon apparut au milieu du jardin. Un petit garçon ... Non, à vrai dire, c'était déjà presque un jeune homme, puisqu'il avait treize ans passés, une cravate et des boutons de manchettes.Par la fenêtre ouverte, la rose avait aperçu aussi un vieux monsieur et une vieille dame, mais ils étaient si vieux, qu'ils ne pouvaient plus tenir sur leurs jambes et restaient assis toute la journée dans un fauteuil.

Bien entendu, dès son arrivée,le petit... non, le grand garçon s'était installé en maître dans le jardin. Il s'y promenait, les mains dans les poches,en sifflotant d'un air satisfait, ce qui avait le don d'exaspérer la rose qui sentait sa royauté compromise par ce "malotru", comme elle l'appelait. Il vint naturellement se planter devant la rose, mais ne parut pas particulièrement ému par sa présence: sans doute, était-ce un garçon qui avait déjà vu plus d'une rose dans sa longue vie, et qui trouvait cela tout naturel.Il trouva même tout naturel de vouloir cueillir la rose... et... toc,il s'apprêtait déjà, dans le moindre respect pour la fleur vénérable, à couper sa tige, quand, dans une suprême tentative de son orgueil offensé, la rose hérissa ses épines et fit perler sur les doigts du jeune sacrilège,deux gouttes de sang qui la remplirent de joie.

 

- On ne s'attaque pas comme cela à la reine du jardin, raconta-t-elle fièrement le soir aux brins d'herbe qui l'écoutaient, respectueusement inclinés: il a vu ce qui lui en a coûté, ce malappris » ...  et la rose se dodelinait fièrement sur sa tige intacte... Ah,murmura-t-elle encore avant de fermer les yeux pour s'endormir, je le déteste ce garçon ! ».

 

Et Michel -car c'était ainsi qu'il s'appelait- se mit aussi à détester la rose. Chaque fois qu'il s'approchait d'elle, elle lui lançait dans les jambes ou les mains un de ses piquants acérés ; un jour même, encore à cause d'elle, il avait fait un accroc à sa chemise neuve et la rose avait entendu le soir, en savourant sa vengeance, la vieille dame gronder Michel de toute la force que son vieux corps possédait encore.

Bientôt, ce fut entre eux, la guerre déclarée ; tout le jardin prenait fait et cause pour l'un ou pour l'autre; les rossignols et les alouettes continuaient à chanter leurs mélodies pour leur reine fleurie, mais, par contre,les brins d'herbe s'étaient révoltés contre leur souveraine tyrannique, et ne saluaient plus que Michel. La nuit, la rose avait bien encore un peu l'illusion d'être la seule maîtresse, mais le jour, c'était fini : beaucoup de plantes se rangeaient au côté de Michel : quand il était assis, le lierre venait le saluer en s'enroulant mollement autour de ses bras, les arbres se baissaient pour qu'il puisse mieux les escalader, et même les ronces rentraient leurs épines à son approche.

Parfois,dans la maison, en entendait des bruits de voix : Michel alors disparaissait,et la rose entendait, de loin, des chants mélodieux et des mélopéesqui lui faisaient deviner qu'on était assemblé dans la maison pour la prière commune. Mais la rose avait le coeur dur et elle ne voulait pas prier.

Un beau jour, au moment où le murmure des voix s'arrêtait, elle entendit des sons étranges, des sons tristes et graves, qui la firent tressaillir et la secouèrent pour quelques instants d'un léger tremblement de peur. Des pensées confuses s'agitèrent en elle, elle avait l'impression que son coeur s'adoucissait un peu... et puis, Michel reparut ; alors, la rose se ressaisit,maîtrisa son émotion et hérissa ses épines plus fortement que jamais ; Michel tenait à la main, une grande corne de bélier. C'est sans doute avec cela qu'ils ont soufflé tout à l'heure pour faire ce bruit étrange, pensa la rose,j'ai été bien bête de me laisser émouvoir ».

Michel se promenait, l'air rêveur,son chofar à la main. Il ne s'approcha pas de la rose, on aurait dit qu'il avait peur de la regarder, son regard perdu dans quelque profonde méditation, ne se posa pas une fois sur elle. Puis, au moment derentrer dans la maison, comme s'il prenait son courage à deux mains,il lui lança vite un coup d'oeil, que la rose ne reconnut pas, car,pour la première fois, il était chargé de douceur. Est-ce que par hasard, ce serait l'effet de cette extraordinaire corne de bélier ! » songea la rose.

Le lendemain, après la prière,retentit à nouveau la voix du Shofar. La rose frémit, ses pétales s'agitèrent si fort qu'elle craignit de les voir tomber,et une sorte de remords l'envahit. Elle avait été si orgueilleuse! Et des larmes de rosée coulèrent sur sa corolle ; tout à coup, elle comprit qu'elle n'était plus si belle, que sa robe nacrée se ternissait et qu'elle avait été bien folle de vouloir être la reine du jardin.

Au même instant, Michel sortit, à pas lents ; il marcha vers elle ; elle ne hérissa pas ses piquants; Michel aujourd'hui avait l'air si doux ! Il s'assit auprès d'elle dans l'herbe humide et resta silencieux quelques instants en cherchant ses mots. C'est difficile de trouver les mots qu'une rose pourra comprendre. Écoute, finit-il par dire, nous avons été trop bêtes, toi et moi, nous avons été même très méchants puisque nous nous sommes détestés : j'ai commencé à comprendre cela en écoutant le chofar, et aujourd'hui, j en'y tiens plus, il faut que nous fassions la paix. Hier, le mois d 'Elou la commencé, il précède l'année nouvelle et le jour du Grand Pardon ; et déjà, le son du chofar nous invite à nous repentir. Moi je regrette mes regards méchants et la guerre que j'ai menée contre toi avec les plantes du jardin... Mais toi, Rose orgueilleuse, ne veux-tu pas aussi me pardonner ? »

 

Un petit sanglot agita le corps nacré; la rose était si émue qu'elle ne pouvait pas parler et fit seulement à Michel un petit signe de tête pour lui faire comprendre qu'elle pardonnait aussi.

 

Écoute, si vraiment tu ne me veux plus de mal, finit-elle par pouvoir lui dire, donne-moi encore une joie : je me sens vieille et flétrie, demain soir, peut-être,je serai morte. Je voudrais assister demain à la prière ;entendre encore une fois, mais de près, la voix du Chofar qui nous a réconciliés ».

 

Sur la table où l'officiant a placéson livre, ce matin, une rose est là ; elle est un peu fanéeet ternie, mais elle sourit encore et son parfum embaume la petite chambre où Michel prie avec les autres. L'office terminé, le chofarretentit, grave, pressant. Alors la rose frémit de joie - de joiecette fois, parce qu'elle se sentit légère, libéréede son orgueil ; et dans un dernier sursaut de bonheur, tous ses pétaless'envolèrent, inondant la pièce d'une pluie nacrée.Et Michel en ramassa un qu'il garda pieusement en souvenir de cette rose qu'ilavait enfin appris à aimer.

L'enfant au bonsaï

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Le bonsai lie la Terre au Ciel.
Comme pour l'ikébana, on retrouve la constante Dieu-Terre- Homme sous forme de triangle dont l'inclinaison angulaire peut varier.
Le bonsai symbolise l'éternité, il est image intérieure et garde à l'homme une jeunesse d'esprit éternelle. Le bonsai doit être encore plus parfait que nature sans pour autant que l'on puisse y déceler un travail humain. En effet, tout l'art du bonsaï réside dans la recherche de la perfection. C'est le moyen d'atteindre Dieu. Le japonais est polythéiste. Et Dieu se trouve partout, dans une fleur, dans un arbre, dans la nature aussi bien que dans l'esprit.
Un travail bien fait permet de rejoindre Dieu, presque de devenir Dieu. En donnant une forme à l'arbre, en le taillant, l'homme apprend l'humilité et la patience. Il prend conscience du processus de la croissance et du devenir. Il refait à une petite échelle la création. Le bonsaï symbolise l'abolition du temps car il impose un travail répétitif et il se transmet de père en fils, véhiculant les principes d'éducation morale et religieuse. Le bonsaï est chemin de la spiritualité. Il n'y a aucune tricherie possible dans l'art de soigner un bonsaï : l'arbre porte en lui les traitements occasionnés par l'homme. Si l'arbre est beau, l'homme en retire une grande fierté intérieure, car lui seul connaît le minutieux travail qu'il a longuement pratiqué sur cet arbre. Il a appris à le respecter en n'allant pas contre nature, mais en découvrant sa personnalité ; en accentuant son caractère pour en retirer que des qualités même les défauts sont perfectibles. Chaque arbre, comme chaque individu, est unique. C'est une oeuvre de création personnelle, qui engendre la fascination, l'admiration et le respect.(L'art des Bonsaï d'Isabelle et Remy Samson Édition Dargaud)


L'histoire qui suit a ete écrite par Nora Fratti, et sélectionnée par RTL en 1993.
Nous sommes conscients que ce conte peut rebuter certains d'entre-nous , mais fidèle à son éhtique, à savoir que tout ce qui a un rapport avec le judaisme nous nous devons de le publier, Alliance vous invite à le lire jusqu'au bout avant de réagir.
Cette histoire pose le douleureux problème des mariages mixtes , souvent appelés mésalliance.
Merci de votre attention et bonne lecture.

Cette nouvelle a été déposée a la SACD La rédaction

Le Chabbat de Reb Moïché.

(Un conte proposé par Sarah)

"Lekha Dodi Likrat Kala, penei Chabbat Nekabèla ...". Sur Planète J. la mélodie résonnait étrangement. Reb Moïché, premier cosmonaute d'Eretz J. , faisait le point en se préparant à accueillir Chabbat.

Quel Chabbat diriez vous à quelques millions de kilomètres de la planète, avec pour tout repère, parmi les instruments scientifiques de toutes sortes, la bonne vieille montre que Reb Moïché avait reçue pour sa Bar Mitzvah ... Tic Tac ... Bientôt Chabbat ... Tic Tac ... A Jérusalem, c'est bientôt Chabbat.

Jérusalem ? Reb Moïché songeait à tous les pilpoulim qui avaient précédé son départ. Fallait il ou non envoyer une sonde habitée sur Planète J. ? L'avis des Rabbanim, après de longues discussions, avait été décisif: "Planète J. , la dernière planète du système solaire à ne pas avoir été explorée n'échappait pas à la règle: le monde entier a été créé pour que la Torah y soit pratiquée. Il est donc de la volonté divine qu'un juif débarque sur la planète nouvellement découverte, y exprime la grandeur de D. , le loue par des bénédictions, y répande son nom par l'accomplissement des Mitsvoth".

Chose faite pour Reb Moïché, choisi pour ses connaissances talmudiques, sa grande sagesse, l'énergie qu'il avait su déployer lors des campagnes destinées à faire connaître aux juifs du monde entier leurs lois, puis, lorsque le monde était arrivé au stade de la pacification des Fils de Noa'h, par les efforts faits pour répandre la connaissance des lois que D. avait prescrites aux Peuples (Voir épisodes précédents).

Reb Moïché se souvenait encore de cette décision du Grand Beth Din de Jérusalem, relayée instantanément par toutes les radios et réseaux électroniques du monde, traduite dans les soixante dix langues des Peuples par Avèdix, l'ordinateur du Merkaz de Jérusalem : "C'est une Mitsvah que d'explorer Planète J. , d'y envoyer un juif vêtu du Talith, couronné des Tefilin, afin qu'il y étudie la Torah et y pratique les Mitsvoth !"

La cabine spatiale avait été équipée de la fameuse bibliothèque aéroportée, celle qui avait été installée jadis dans les avions affrétés par le Grand Beth Din, lorsqu'on avait décidé que pour mettre fin à l'exil et hâter le rassemblement des exilés d'Israël, il fallait que chaque coin de la terre soit parcouru par un Minyan de juifs étudiant et priant afin de ramasser de partout les étincelles de Sainteté qui y restaient encore malgré deux mille ans de service divin en terre d'exil.

Les ingénieurs de Yérouchapolis avaient alors transformé 12 chasseurs rapides en salles d'études. Ainsi en quelques jours, il ne restait plus un point de la terre qui n'ait été survolé par un de ces avions à l'emblème des douze tribus, où les élèves relisaient le Tanakh, le Talmud, le Choul'han Aroukh et les textes mystiques ... à un niveau bien plus élevé que d'habitude.

Voici donc notre Reb Moïché accomplissant le grand projet. Mais que pourrait donc signifier Chabbat dans cette étendue désertique où avait atterri la navette ? Chabbat, ce jour qui préfigure la vie future où "tout est repos et Chabbat éternel" semblait déjà régner sur cette immensité depuis la création. Ce jour où D. avait cessé de créer lui semblait plus évident, plus proche dans ce chaos désertique que dans le parking de Har Hatsofim quelques minutes avant Chabbat ! N'est ce pas ainsi qu'il avait toujours imaginé le monde, au matin du sixième jour, avant qu'Adam ne vienne faire fructifier la terre ? Ce désert que le monde pourrait redevenir d'un instant à l'autre si l'homme s'y oubliait, s'y croyait seul ... Plus que jamais, sur cet astre lointain, il ressentait l'omniprésence du Créateur de toute chose.

 

Machinalement, il jeta un coup d'oeil sur les compteurs, les manettes, les cadrans, les voyants bien alignés sur le pupitre de commande de son campement, sous cette énorme bulle pressurisée qui lui laissait entrevoir la Terre, là haut, droit devant lui.

Prier vers Jérusalem retrouvait ici un sens. Dans la cabine, il lui avait été bien difficile de s'y retrouver; d'abord, Jérusalem c'était derrière lui, et un juif préfère regarder devant, pas derrière ! Il regarde loin devant lui, vers cet horizon si proche où l'attend Machia'h, prêt à se dévoiler. De plus ce n'est pas très facile de dire Chéma Israël en flottant en apesanteur au-dessus de l'ordinateur de bord, pas plus que faire la Amidah les pieds joints dans le vide avec son lit au-dessus de la tête ...

Enfin, revoici Chabbat dans une pesanteur retrouvée ... et qui revient pour lui enlever toutes les pesanteurs de la semaine. Ici les bougies, ici deux 'Halloth, ici je pose mon Sidour, là mon vin ... Tout en enfilant sa combinaison de Chabbat, Reb Moïché pensait à tout ce petit monde reconstitué sous cette bulle. Ainsi est le peuple juif: quitterait il sa bulle, la protection divine conférée par la pratique des Mitsvoth, comment pourrait il respirer? Reb Moïché jeta un coup díúil amusé sur le sas qui séparait son camp de l'extérieur. Le Rebbe lui avait bien recommandé de ne pas refuser un invité, surtout pour le repas de Chabbat. Il lui avait bien répété, textes à l'appui, que tous les êtres du monde sont des créatures de D. et que la découverte de petits bonshommes de quelques couleurs, matière, nature qu'ils soient ne leur ôterait pas cette qualité et ne viendrait nullement poser de "kouchia" sur notre foi en un D. unique créateur du monde.

Il avait d'ailleurs rajouté en souriant - ah ces sourires du Rebbe ! - que si les hommes n'avaient encore jamais trouvé ces extra-terrestres auxquels ils voudraient tant croire, c'est parce qu'ils n'ont pas encore appris tout ce que le terrestre peut leur enseigner de sagesse et de connaissances supérieures, et qu'ils ne sont pas prêts à supporter le poids spirituel de rencontres avec d'autres formes de vie. Toutefois l'évolution de ces dernières années et l'imprégnation progressive de la connaissance de D. jusque dans les endroits les plus sombres laissait présager un dénouement prochain, avait il rajouté, songeur. Après avoir tiré quelques bouffées de plus de sa pipe n'avait il pas rajouté "d'ailleurs le véritable domaine extra-terrestre c'est le spirituel, la Rou'hniout à laquelle chaque juif peut arriver, notamment le Chabbat par l'étude de la Torah. Songez combien nous jalousons les anges pour leur proximité de D. alors quíeux nous envient de posséder la Torah qui seule permet aux créatures une évolution ..."

 

Reb Moïché venait juste d'ajuster son Shtreimel sur la tête. C'était la seule entorse à la tenue des cosmonautes qu'il avait tenue à imposer aux techniciens de Yérouchapolis. Bien sur, ce n'est pas le vêtement qui fait le juif, c'est avant tout l'intérieur. Si chacun des gestes à effectuer au cours de cette mission avait été pesé, mesuré, chronométré et filmé, il restait néanmoins que l'intériorité, elle, échappait à toute routine. Au contraire, au fur et à mesure que la mission avait avancé, il avait pu se rendre compte à quel point cette préparation intense avait ôté à ces gestes toute l'importance qu'ils auraient pu requérir pour ne plus favoriser que leur signification et leur vécu.

Chabbat moins deux minutes !

Reb Moïché secoua la tête, de plus en plus songeur. On ne lance pas Chabbat comme on lance une fusée, quand même. A l'horizon, Jérusalem, sur cette petite bille brillante où sa famille l'attend. Il aurait bien voulu rencontrer sur un petit nuage cette Jérusalem d'en haut évoquée par les textes, qui n'attend plus que Machia'h pour descendre atterrir sur la Jérusalem d'en bas, avec à son emplacement le troisième Temple.

Mais Reb Moïché sait qu'elle flotte dans un "là haut" spirituel, où c'est à nous de nous hisser ou de mériter sa concrétisation. Il aurait bien voulu pouvoir annoncer à ses compagnons d'étude restés à la Yéchivah "ça y est, elle arrive, je l'ai vue !", ou leur détailler certains imprécisions des textes après observation de l'architecture du Temple tel qu'il est là haut.

Et le Rebbe, qu'en dirait-il ? A vrai dire Reb Moïché était persuadé que le Rebbe vivait déjà dans l'autre Jérusalem. Pour lui, il suffirait d'ouvrir la fenêtre et respirer dehors pour vérifier que l'odeur du Gan Eden flotte déjà. N'est ce pas ainsi qu'ont fait tous les Tsadikim en tous temps ? Sortant vêtus de leurs plus beaux habits, ils allaient accueillir Chabbat dans les champs avec leurs élèves, respirer l'odeur de monde futur qui en émane. Ou encore ces Tsadikim sortant sur le bord de la route à la rencontre de Machia'h ... "Lekha Dodi Likrat Kala, penei Chabbat Nekabèla ..."

Deux petites bougies. Baroukh Ata ... Reb Moïché se surprend à entendre la voix de ses filles récitant la bénédiction en même temps que lui. Regard à droite, regard à gauche ... Mais oui, un bruit de porte qui s'ouvre ...

"...Abba, c'est Chabbat maintenant, tu peux nous emmener à la Choule ...?"

J'ai des milliers de fils en Israël

"J'ai des milliers de fils unique en Erets Israël."

Traduit de Kfar 'Habad Ména'hem Av 5754, nƒ 627.

Lettre de Yossef ben Eliézer


Histoire envoyé par Mr Aharon Altabé


Ma première rencontre avec le Rabbi avant ma Bar-Mitzva

La seconde...la veille de ma conversion au christianisme

Quelques jours avant la guerre des six-jours

Et ma dernière rencontre avec le Rabbi.

J'ai rencontré le Rabbi pour la première fois un mois avant ma Bar Mitsvah. Mon grand père, né en Amèrique, était un des seuls à garder les vieilles traditions 'hassidiques, à l'époque où l'Amérique était une "terre qui dévore ses habitants". (... une époque o˜ il n'était question que de s'intégrer à l'Amérique).

Mon père et ma mère, eux-mêmes, n'étaient plus tellement attachés au judaïsme. Ils m'envoyaient de temps en temps le Chabbat accompagner mon grand père à la Schoule,
à Manhattan, dans le East Side. J'avais avec lui également trois cours par semaine sur le judaïsme, en sortant de l'école communale. Je dois dire que ce qui m'a permis de garder ma conscience de juif au travers des péripéties de ma jeunesse, ce sont bien ces cours,
ces visites du Chabbat et toute l'atmosphére qui s'en dégageait.

En 1954, avant ma Bar Mitsvah, mon grand père m'emmena chez deux Admourim:
le Rabbi de Boyan et le Rabbi de Loubavitch. Je me souviens encore de la surprise que j'eus en découvrant le visage encore jeune du Rabbi de Loubavitch: pour moi, allez savoir pourquoi, un Rabbi était un vieux monsieur, au visage décoré d'une longue barbe forcément blanche. Mon grand père tendit au Rabbi un "petek" (courte lettre mentionnant le nom du visiteur, le nom de sa mère et le sujet de sa visite). Le Rabbi s'entretint quelques instants avec mon grand père, en Yddish, dont je comprenait quelques bribes seulement. Puis il se tourna vers moi, et me questionna sur le sujet le plus inattendu de la part d'un Rabbi:

- Quel est ton sport préféré?

- Le base-ball, répondis je sans hésitation.

- Et comment tu-préféres ce jeu: quand une seule des parties joue, ou quand les deux parties jouent ?

C'était cette fois mon tour d'apprendre au Rabbi les régles élémentaires du base ball...

- Rabbi, c'est impossible de jouer au base ball à une seule Èquipe.

- Et pourquoi donc ? demanda le Rabbi d'un ton sérieux.

Ma patience faillit disparaïtre. Allez expliquer ý un Rabbin ce que chaque enfant sait depuis qu'il marche... Enfin j'essayais de ma plus exquise politesse:
- Rabbi, tout le truc, c'est justement que l'un soit plus fort que l'autre! Il faut être deux pour celà!

Visiblement le Rabbi avait compris, et je fus très soulagé.
- Et qui gagne ?
-Le meilleur joueur" ! m'esclaffait-je, heureux de cette répartie si spontanée.

Je n'ai aucune idée de ce qui se passait dans la tÍte de mon grand père durant cet entretien si particulier. Le Rabbi, lui continua son enquëte:

- "Est ce que tu joues quelquefois avec tes amis au base ball ?

- Sur, Rabbi. j'étais dèjà certain que j'allais bientôt lui raconter mes hauts faits sur le terrain.

- Et tu vas quelquefois voir jouer les grandes équipes ?

- C'est sûr !

- Et qu'y a-t-il de plus que dans les matches avec tes copains à l'école ?

Je m'armais de courtoisie pour répondre:
- Rabbi, nous, on joue pour s'amuser. Mais dans les stades, ils jouent pour de vrai.

J'aurais pu penser, jusque là, que le Rabbi s'intéressait au base ball; je dus vite déchanter:

-Et bien vois tu Yossef, tu as dans le coeur un grand terrain. Jusqu'àce jour, deux adversaires y jouaient. Le bon penchant, et le mauvais penchant. Mais c'était pour jouer.

A partir de ta Bar Mitsvah, ce sera pour de vrai. Et pour ce combat tu reçois de D.ieu le cadeau le plus précieux: un "vrai" bon penchant ! Avec des forces spèciales que D.ieu lui donne. Tu devras toujours t'efforcer de vaincre le mauvais penchant, et pour cela te souvenir, comme au base ball, que c'est toujours le meilleur qui gagne. Il suffit que tu veuilles, et tu pourras. Je te donne ma bénédiction pour que ton grand père et tes parents aient toujours beaucoup de satisfaction de toi.

Mon grand père répondit Amen et me fit signe d'en faire autant. Amen !

 

Il faut être fin psychologue pour savoir à quel point ce qu'entend un garçon de treize ans se grave dans son âme et trouve sa place au fond de sa conscience ! Quoi qu'il en soit, je dois avouer que les mots du Rabbi sur le base ball et sur la guerre des penchants n'occupérent pas alors une grande place dans mes réflexions... C'est vrai que le grand père eut l'occasion de me les rappeler dans le discours qu'il fit le jour de ma Bar Mitsvah, et c'est vrai aussi que j'évoquais parfois avec Èmotion le souvenir de cette visite, sans pour autant m'en remémorer le contenu.

Mais dans mon subconscient, ces mots restèrent gravés au delà de tout ce que j'aurais pu m'imaginer. Durant toute mon adolescence, au collège puis à l'université, j'eus deux occasions de voir resurgir mon entretien avec le Rabbi. Dans un de ces cas ce fut un moment capital de mon parcours, au point que je me demande si ce n'est pas en vue de cet instant là que le Rabbi me fit tout son discours sur le base ball. Dans les deux cas, l'irruption brutale dans le champ de ma conscience du souvenir des paroles du Rabbi m'amena à modifier du tout au tout certaines décisions, et il est bien curieux que le base ball eut un lien direct avec ces souvenirs.

 

Le premier évènement eut lieu durant ma seconde année de collége. J'avais 16 ans,
et notre classe avait mérité au classement annuel dêtre la meilleure classe de l'établissement. Notre récompense était un week end dans un club de jeunes très
fameux -et quasiment inacessible- de la Nouvelle Orlèans. Un rêve à ne manquer sous aucun prétexte. Quand je racontais à ma mère ce qui allait se passer, elle me dit :
"- Jo, il y a un problème, ce week end, c'est Yom Kippour. Tu sais que nous y tenons; un fois par an on se doit bien de jeûner et d'aller à la synagogue. Nous n'avons jamais failli
à cette règle et je compte sur toi pour ne pas rompre la chaîne de cette sainte tradition." Un choc ! -"Mais maman, comprends moi, toute l'année on en a rêvé ! Je ne pourrai jamais me pardonner d'avoir raté un tel évènement."

Toute la semaine se passa dans la confusion et les disputes. Mes parents comprenaient l'importance de l'évènement, et ce qu'il représentait pour moi, mais disaient ils, il y des choses sacrées auxquelles on ne doit pas renoncer. Pour moi, qui avait toujours respecté le jeûne de Kippour, et qui me promettait de le respecter à l'avenir, je demandais un peu de souplesse devant une occasion unique dans la vie.

Mes parents, qui avaient toujours été très libéraux dans mon éducation me laissèrent finalement le libre choix, c'est à dire se firent à l'idée que je ne renoncerai pas au voyage.

La veille du départ, jeudi soir, je suivais chez un ami un match de base ball à la télévision, et de façon inattendue une équipe de seconde division emporta le tournoi. Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre le commentateur "c'est finalement le meilleur qui gagne"!
Je ne sais comment mais je me revis sur l'instant devant le Rabbi: "souviens toi: c'est toujours le meilleur qui gagne. Il suffit que tu veuilles, et tu pourras." Depuis trois ans,
tout ceci était oublié. Et voila qu'au pied du mur, ces souvenirs étaient revenus.
Et au même instant, la décision fut prise: je ne transgresserai pas le jour de Kippour!

La seconde fois fut un évènement bien plus décisif, quelques cinq années plus tard, au début des années soixante. Un jeune étudiant à l'université, l'’me en questionnement perpétuel cherchait un sens à sa vie. Un groupe de missionnaires mormons avait infiltré
le campus, et faisait des ravages, notamment chez les jeunes juifs. Deux de mes meilleurs amis avaient déjà cédé au charme des discours du "moniteur", et eurent vite fait de me faire apprécier la "douceur" de leur nouveau paradis. De semaine en semaine je prenais goût et étais attiré: j'avais enfin un sens à ma vie. Il ne me restait plus qu'à accéder au stade ultime, la conversion. Un petit tracas toutefois, je ne savais pas comment j'allais
m'y prendre avec mes parents. Ils avaient toujours été ouverts, libéraux, mais je mesurais toute la peine qu'ils auraient. Je m'étais décidé à ne pas leur en parler, ce qui me laisserait toute latitude pour les convaincre progressivement et peut Ítre avec une dose
de savoir faire, de les amener ý la "vérité" que je découvrais.

La veille de la cérémonie de conversion, qui aurait du faire de moi un bon chrétien,
je participais à un match amical de base ball, que mon Èquipe perdit.
J'allais congratuler le capitaine de l'équipe adverse, et je m'entendis dire
"il n'y a pas de truc !"

C'est normal, c'est toujours le meilleur qui gagne !. J'eus du mal à terminer la phrase. Personne ne comprit pourquoi j'étais devenu tout pâle , ou tout rouge, ému jusqu'au
fond de moi. Ni le "moniteur" ni mes amis ne comprirent pourquoi je rompis soudain tout contact avec eux. Ce n'est que bien plus tard que je repris contact avec mes deux amis, pour les soutirer aux mormons. Eux aussi doivent directement leur attachement actuel au judaïsme à l'intérêt que le Rabbi porta un jour au base ball...

Ma seconde rencontre avec le Rabbi eut lieu quelques jours avant la Guerre des Six Jours.

Comme beaucoup de mes amis, nous avions été bouleversés par la crise de Cuba, lorsque notre univers nord américain avait été ébranlé par la menace des missiles et la Guerre Froide qui s'en était suivie. Nous avions alors opté pour des études de sciences politiques, à la fin desquelles nous étions parvenus à des postes importants dans divers états majors politiques et diplomatiques: des amis à moi tenaient alors des postes clés à la Maison Blanche, d'autres parmi les conseillers et collaborateurs des Sénateurs. Pour ma part, je faisais partie des proches de Mr Arthur Goldberg, Ambassadeur des Etats Unis auprès de l'Organisation des Nations Unies.

Un matin, de ce début juin 1967 je reçu un appel d'une de mes cousines qui m'appellait d'urgence chez elle. Je les trouvais, elle et son mari très soucieux: leur fils unique, Avraham, avait fait Téchouva depuis un an, et se trouvait dans une Yéchivah 'Habad en Israël. Malgré l'insistance de ses parents, effrayés par les menaces qui pesaient sur l'Etat d'Israël, il se refusait à rentrer à la maison: le Rabbi avait dit de ne pas quitter Israël.

"Nous avons essayé de rencontrer le Rabbi, me rajoutèrent ils, pour lui expliquer qu'il est notre fils unique, notre seul espoir, notre raison de vivre. Sans succès. Il est inabordable. Nous lui avons écrit, et pour seule réponse, il n'a eu qu'un phrase, qui ne nous convainc pas: "ni il sommeille, ni il ne dort, le Gardien d'Israël". A propos, Jo, on t'a appelé
pour en discuter avec toi qui connais beaucoup de monde et tu est au courant avant nous. La situation est elle aussi grave qu'on le dit ?"

Il m'aurait été pénible d'accroître les angoisses de ces parents, mais comment leur
mentir ? On s'attendait au pire. Nul ne pouvait savoir l'issue de la guerre qui était imminente, mais au cas où les armées arabes l'emportaient, ce qui semblait le plus probable, il valait mieux ne pas réfléchir quel serait le sort des juifs. Si j'étais inquiet en tant que juif, je l'étais dix fois plus en tant que plongé dans le vif de l'actualité. Le "boss" lui même, Arthur Golberg, n'en dormait pas de la nuit.

"Il faut absolument que Avraham rentre ! Mais ne vous souciez pas, je vais me servir
de mon titre de diplomate pour aller voir le Rabbi moi même et je vais le persuader
de laisser Avraham rentrer."

Ma secrétaire, à qui j'avais confié la tâche de me débrouiller les choses me prévint rapidement: seul le Rav Hadakov pouvait me mettre en contact avec le Rabbi.
Par téléphone, je l'avisais qu'en tant que principal collaborateur d'Arthur Goldberg, je souhaitais un rendez vous urgent avec le Rabbi.
Moins d'une demi heure plus tard, le Rav Hadakov me rappelait pour me proposer de rencontrer le Rabbi le lendemain à 2 heures du matin. "Mais c'est urgent !" protestais je. "C'est bien pour ça que vous pourrez voir le Rabbi du jour au lendemain ..!"

 

Malgré les treize années écoulées, le visage du Rabbi avait peu changé. Quoi que vieilli, la barbe blanchie, le regard était toujours aussi alerte et pénétrant. Après avoir serré la main chaleureuse du Rabbi, je lui rappelais que j'étais déjà rentré en Yà'hidout treize ans plus tôt, avec mon grand père, avant ma Bar Mitsvah. Le sourire du Rabbi eut tout fait de me convaincre qu'il s'en souvenait.

"- Rabbi, je dois m'excuser d'avoir usé de mon titre pour vous demander ce rendez vous, mais je viens pour une affaire personnelle." Un nouveau sourire me redonna les forces pour raconter l'histoire du fils unique Avraham et de ses parents ý juste titre si inquiets. Il fallait que le Rabbi autorise Avraham ý rejoindre New York. Le sourire disparut d'un seul coup.

"- Moi, j'ai des milliers de fils uniques en Israël. Et si je leur dis de rester, c'est parce que j'ai la certitude qu'il ne leur arrivera rien. Dites à votre cousine et à son mari qu'ils
peuvent se tranquilliser. "Ni il sommeille, ni il ne dort, le Gardien d'Israël". D.ieu veille
sur chaque juif où qu'il soit, et plus particulièrement en Eretz Israël.

- Rabbi, avec tout le respect que je vous dois, elle ne se calmera pas avec ces paroles, et moi non plus. Le Rabbi sait il à quel point nous sommes conscients dans les milieux bien informés du danger terrible qui menace Israël ?

- Israël, reprit le Rabbi -et je fus surpris par la tranquillité qui émanait de lui-, n'est pas confronté au grand danger dont vous parlez. Nous nous trouvons avec l'aide de D.ieu à
la veille d'une grande victoire, et ce mois ci va se transformer en un mois de grandes bontés et de miséricorde pour tout le peuple juif. Maintenant, si vous voulez bien, dites
au père d'Avraham qu'il peut lui aussi faire quelque chose pour nos frères en Eretz
Israël: mettre les tefilin chaque jour. Et vous aussi, je ne sais pas dans quelle mesure
vous pouvez faire quelque chose pour aider Israël à partir de votre poste à l'ambassade, mais ce qui est certain c'est qu'en mettant les tefilin chaque jour vous aidez effectivement, et là il n'y a pas de problème de conscience, ce n'est pas de la double allégeance !!

Encore une chose, lorsque tout ceci se sera bien terminé, j'aimerais vous revoir pour parler avec vous."

Je restai fasciné. Combien de temps cela dura-t-il ? Quelques secondes, quelques
minutes ? Je me revois debout, à contempler cet homme en face de moi dont se
dégageait une telle force, qui avait pris sur lui une si grande responsabilité.
Je saisis à cet instant là pourquoi tant de juifs s'en remettaient à lui les yeux fermés.

- Rabbi, en tant que juif je suis heureux qu'il y ait un homme comme vous dans ces
instants si critiques et si éprouvants. Je vous remercie pour le temps que vous m'avez accordé.

- Qu'on entende des bonnes nouvelles. J'étais déjà sur le pas de la porte lorsque le
Rabbi me fit signe avec un grand sourire:
A propos, vous aimez encore le base ball ?

 

Quelques jours plus tard le monde entier retint sa respiration: Israël, face à tous ses ennemis, combattait sur trois fronts, et anéantissait les armées ennemies en un éclair, d'une victoire sans précédant dans l'histoire militaire. J'étais aux Nations Unies aux côtés d'Arthur Goldberg lorsque la télévision nous montra le Mur des Lamentations libéré, les soldats en larmes sur les pierres du Mur, et le Rabbin Goren soufflant du Choffar. Arthur Goldberg ne put retenir ses larmes ... et moi non plus. Le secrétaire personnel d'Arthur Goldberg, qui n'était pas juif, nous regardait avec un étonnement certain, mais comprit qu'il se passait quelque chose pour le peuple juif. Les yeux encore humides, je me tournai vers le boss: "Arthur, vous savez, nous avons eu très peur. Les juifs et les amis d'Israël ont été très inquiets. Mais il y a un juif qui en toute tranquillité avait prophétisé cette victoire." Je lui racontai toute mon entrevue avec le Rabbi.

Peu de temps après, comme le Rabbi l'avait demandé, je me remis en contact avec
le Rav Hadakov. Cette fois j'attendis près d'une semaine pour revoir le Rabbi.
Je m'attendais à le trouver souriant et triomphal du genre "vous avez vu que j'avais raison". Je le trouvai grave. Après une poignée de mains, il rentra sans plus dans le vif du sujet.

- C'est un grand moment pour le peuple juif. Nous sommes un peuple habitué aux miracles tout au long de notre histoire. Notre seule existence est déjà une longue suite de miracles. Mais rares sont les occasions où l'intervention divine se fait aux yeux des peuples de façOUIon si éclatante, où D.ieu manifeste de façon si dévoilée que c'est lui qui tire les ficelles pour le bien de Son Peuple. C'est ainsi que s'est passée la sortie d'Egypte, c'est ainsi que nous avons vécu quelques rares occasions de notre histoire, et c'est ce qu'ont vu les juifs de notre génération la semaine passée. Il est des époques où D.ieu semble se cacher de ses fils, mais il est des instants où bontés et prodiges se manifestent aux yeux
de tous, et c'est ce que nous avons vécu cette dernière semaine.

D.ieu, qui a créé le monde et le dirige, a donné la terre d'Israël au peuple d'Israël.
Pour un certain temps, un temps trop long, Il nous a repris cette terre et l'a confiée
aux Nations. La semaine dernière il a repris son bien et nous l'a redonné.
Et pour que nul ne doute que c'est D.ieu qui nous la redonne, Il a multiplié les signeset les miracles. Au moment où tous les ennemis d'IsraÎl avaient projetÈ d'exterminer le peuple juif qui y vit, et que tous les juifs du monde et les autres nations se demandaient comment Israël allait échapper aux ennemis qui l'entouraient de tous côtés, D.ieu a montré des prodiges et en un temps record, a balayé toutes les menaces pour lui rendre
la terre d'Israël et ses lieux les plus saints.

Mais les juifs ont le libre arbitre, et il faut se garder maintenant de deux choses.La première serait de penser que c'est "ma force et mon courage", et que c'est parnotre puissance militaire que nous avons emportÈ cette confrontation. Elle n'en a été que l'instrument. La victoire dans sa totalitéc'est D.ieu et seulement D.ieu.La deuxième, vous concerne et c'est pourquoi j'ai choisi de vous en parler.
Je connais la nature des juifs, y compris ceux qui sont actuellement à la tête du gouvernement. Je crains beaucoup que dans les jours qui viennent, ils ne se h’tent d'envoyer une délégation ý Washington pour dÈclarer qu'ils sont prêts à rendre les territoires conquis. Ils ne comprennent pas qu'ils n'ont rien conquis et que c'est D.ieu qui leur a donné ce grand cadeau avec force miracles, et que c'est une terre qui leur revient. Et ceci il faut l'éviter par tous les moyens".

Durant ces dix minutes que le Rabbi m'avait accordées, je restai bouche bée d'admiration pour le Rabbi et tout autant stupÈfait qu'il ait jugÈ bon de me parler de choses si décisives pour Israël. Mais maintenant que le Rabbi avait dit que celà.

Vous rencontrez des Israëliens qui viennent à l'ONU, et aussi l'ambassadeur d'Israël et autres. Vous avez certainement des entrÈes au Ministère des Affaires Etrangères et ailleurs, et vous pouvez voir venir les choses. Ce que je vous demande, c'est lorsque vous rencontrerez des Israëliens qui baissent les bras, répétez leur sur un ton décidé ce que vous venez d'entendre ici."

Semblant lire dans mes pensées, le Rabbi poursuivit: " -Je ne vous demande pas un travail d'agent double sur le compte des Etats Unis, envers lequel vous Ítes assermenté, et dont vous devez dÈfendre les intÈrÍts. D'ailleurs les Etats Unis n'ont aucun intÈrÍt ý ce qu'Israël rende les territoires, ce serait plutôt l'inverse. C'est en tant que juif voire comme simple citoyen que vous exprimerez votre opinion.

Et si les IsraÎliens vous demandent d'o˜ tenez une telle certitude, comment pouvez vous, vous, savoir ce qui est bon pour IsraÎl et ce qui ne l'est pas, racontez l'histoire de ce fils unique que ses parents ont voulu ramener en AmÈrique, et comment, d'ici, on leur a garanti qu'il n'arriverait rien à leur fils unique ni à des milliers d'autres fils uniques. Et sur la base de quoi a-t-on une si grande assurance ici dans cette pièce ? Parce qu'il y a un Créateur au monde, qui le dirige, et qui a décidé de donner en cadeau la Terre d'Israël au peuple juif. Et lorsque le Créateur décide de faire un cadeau, on se doit de l'apprécier et le garder et non de chercher des moyens de s'en débarrasser !

Je sortis du bureau du Rabbi perturbé et pensif. Jamais je n'avais éprouvéde tels Ètats d'’me, et cette demi heure que le Rabbi m'avait consacrÈe fut pour moi non seulement une expÈrience inoubliable, mais surtout un bouleversement de toutes mes valeurs.

Le Rabbi avait planté en moi un sentiment juif et une identification très forte à la cause juive. Pour la seconde fois en peu de temps, j'eus le même sentiment : heureux le peuple qui possËde un tel homme!

Je ne saurais vous dire de quelle façon et dans quelle mesure j'ai accompli la mission que le Rabbi m'a donnée. Ce que je sais c'est qu'à plusieurs reprises, le Rabbi s'en est montré satisfait.

Le premier témoignage que j'en reçus me fut donné par l'Ambassadeur d'Israël à l'ONU, qui me dit un jour: "j'étais l'autre soir aux Hakafot de Sim'hat Torah chez le Rabbi de Loubavitch, et il m'a demandé de vous passer un chaud "chalom", ainsi que ses meilleurs remerciements!"

En 1971, après mon mariage avec une israëlienne de l'ambassade, nous partâmes habiter en Israël. Durant un certain temps je fus employé à l'Ambassade des Etats Unis à Tel Aviv, puis je passai au service de l'Etat d'IsraÎl. Je fus affectÈ ý diverses t’ches dont je ne peux rÈvÈler la teneur, mÍme aujourd'hui, et pour lesquelles je voyageais beaucoup. J'eus lý encore l'occasion de dÈcouvrir plus encore le rÙle du Rabbi dans le monde: je peux tÈmoigner que le sort de nombreuses communautÈs juives dans le monde Ètait liÈ aux interventions du Rabbi; mÍme l'Etat d'IsraÎl doit au Rabbi beaucoup dans des domaines dÈcisifs dont il ne m'est pas permis de parler. Durant toutes ces annÈes, je restais en contact direct avec le Rabbi, avec la bÈnÈdiction de mes supÈrieurs, et dans des circonstances particuliËres ... que je ne peux dÈtailler.

Ma dernière rencontre avec le Rabbi, c'était il y a quatre ans, un dimanche matin, o˜ j'étais venu avec un ami pour le "dollar". Il m'arriva ce que les 'Hassidim appellent un "miracle". Je fis part au Rabbi de mon intention de partir en Allemagne durant la semaine suivante. Le Rabbi comprit le but de mon voyage, et me tendit un dollar de plus: "Et celui là, vous le donnerez en Tsedaka à Stuttgart". J'eus beau protester que je ne passais pas par Stuttgart, le Rabbi ignora ma remarque. "Bonne réussite".

Déjà il s'était tourné vers le suivant dans la queue.

Quelques instants après notre décollage de Francfort, l'équipage annonça un atterrissage d'urgence à... Stuttgart. Je me souvins du dollar surprenant que j'avais dans ma poche. Comment accomplir la demande du Rabbi ? A qui donner dans cet avion un dollar en Tsedaka ? J'étais encore en train d'y penser, lorsqu'un petit vieux vint s'asseoir près de moi. Nous sympathis’mes rapidement, et ... en trois verres de bière, je savais déjàtout de sa vie: né de parents juifs, seul survivant de sa famille au lendemain de la Shoah, il s'était converti par réaction, ou par crainte et avait rompu tout lien avec le judaïsme. Au fil des années il avait amassé une fortune considérable etc ... C'est là que monta en moi une idée saugrenue, sauvage presque. Je sortis le dollar de mon porte feuille, et lui expliquais:

- "Il y a à New York un grand Rabbin de chez les juifs, chez qui j'étais il y a quelques jours, et qui m'a donné ce dollar pour donner en charité à  Stuttgart, alors que je n'avais pas l'intention de passer par Stuttgart. Je saisis bien que vous n'avez pas besoin d'un dollar, mais puisque vous Ítes le seul juif que j'ai rencontré à Stuttgart et comme l'avion va bientôt redécoller, je suis persuadé que c'est à votre intention que le Rabbi me l'a donné.

- Mais je ne suis pas juif !" (Jusque là, il ne sétait pas imaginé que je pouvais être juif.)

- Ecoutez, peut être le Rabbi veut au moins que vous mourriez en juif !"

Je ne sais pourquoi ces mots sont sortis de ma bouche, ni ce que devint le vieux. Mais les larmes qui coulËrent de ses yeux lorsque je lui dit -sans y penser- ces mots, me laissent penser que le Rabbi avait atteint son but.

Encore une fois je venais de sentir ý quel point le Rabbi avait la vue longue.

Durant toute le maladie du Rabbi, je me suis intÈressÈ avec anxiété à sa santé. Je me suis efforcé, en mettant ces tefilin qu'il m'a inculqués des dizaines d'années auparavant, d'y voir ma contribution personnelle à  sa guérison.

Lorsque j'ai appris, ce 3 Tamouz, mon premier souvenir fut "j'ai des milliers de fils uniques...". Moi aussi, d'une certaine façon, je me sens comme un de ces fils uniques. Moi aussi, je suis devenu orphelin.

QUI AVAIT CACHE LA FIOLE D'HUILE?

Histoire de Hanoukah par Leo Michel Abrami

Pour célébrer la libération de Jérusalem de l'occupation syrienne et afin de restaurer la tradition juive, il ne restait plus à Judah Maccabée et à ses soldats que de procéder à l'inauguration solennelle du Temple et à l'allumage de la grande Menorah.

On se mit alors à chercher partout, dans l'espoir de trouver une fiole de cette huile
spéciale préparée par les prêtres - Cohanim - mais ce fut en vain, car les Syriens
avaient tout emporté. Judah Maccabée et ses soldats et tous ceux qui étaient reunis
dans l'enceinte du Temple, avaient peine a cacher leur tristesse.

C'est alors qu'une petite fille de huit ans entra dans le Temple.
Elle s'appelait Berah'ah et était la fille de Judah. D'une voix forte et avec fierté,
elle s'écria: "Je sais où se trouve une fiole d'huile pure et portant le sceau du Grand Pretre!" "Ah oui, petite fille," dit un officier, "Tu en sais des choses. Depuis quand les petites filles savent-elles où le Grand Prêtre avait l'habitude d'entreposer l'huile spéciale qui etait utilisée pour l'allumage de la Menorah?" "Je sais, moi," dit Berah'ah, "et je pourrai vous mener à l'endroit ou elle se trouve." Et bien qu'ils ne soient pas enclin a prendre les propos de cette petite fille bien sérieusement, ils la suivèrent et elle leur montra ou se trouvait une fiole d'huile qui portait le sceau du Grand Prêtre.

Ce fût une grande joie pour tous ceux qui se trouvaient dans le Temple. L'un des officiers demanda alors a Berah'ah, en présence de l'assemblee: "Dis nous, petite fille, comment savais-tu qu'il y avait une fiole d'huile à cet endroit?" "Je le savais" dit-elle, "car c'est moi qui l'ai cachee en ce lieu, l'année dernière, avant que les Syriens ne commencent à piller les objets précieux du Temple." "Et qui te donnas l'idée de faire une chose pareille?"
"C'est bien simple," dit Berah'ah, "j'ai caché cette fiole d'huile,parce que j'avais entendu mon père dire à ses généraux, durant un conseil d'état major, que les Syriens ne devraient pas tarder à s'emparer des trésors du Temple, comme il l 'avaient fait dans les autres pays qu'ils avaient envahis.

Alors, un jour, je suis venue toute seule au Temple. J'ai pretendu que j'étais venue pour offrir mon adoration à Zeus, mais au lieu de cela, je suis entrée dans cette petite chambre, sans que personne ne me voit. J'ai vite pris une fiole d'huile portant le sceau du Grand Prêtre et je l'ai cachée dans cette cavité dans le mur et je l'ai recouverte avec une petite branche de palmier déséchée. Je savais que personne ne pourrait découvrir ma cachette secrète.

Je l'ai fait, parce que je voulais m'assurer que nous pourrions allumer la Menorah le jour ou mon père et ses soldats entreraient dans le Temple pour célébrer leur victoire." "Tu as été merveilleuse, chère Berah'ah! Tu as été tout aussi inspiree que ton père et nous te sommes tous reconnaissants. Grâce a ton bon sens et ta présence d'esprit, nous allons pouvoir illuminer la Menorah et célébrer Hanoukah. Et comme ton nom est Berah'ah, nous allons reciter plusieurs berah'ot chaque soir de Hanoukah!"

(Cette histoire de Leo Michel Abrami, sera bientot publiee en anglais aux Etats-Unis).