Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Musiques de Terezin

MUSIQUES DE TEREZIN
Mardi 6 février, 20h3O

Auditorium

 

Musée d'art et d'histoire du Judaïsme hötel Saint-Aignan
71 rue du Temple 75003 Renseignements 01 53 01 86 48

 

reservations@mahj.org

Dans le cadre de l'exposition Friedl Dicker Brandels présentée Jusqu'au 5 mars 2001

Ensemble 2e2m, direction artistique: Paul Méfano

Clothilde Fiter Lecomte, soprano - ~arie Kobayashil mezzo-soprano - Véronique Fèvre, clarinette Jacqueline Méfano, piano - Eric Crambes, violon - Claire Merlet, alto Ingrid Schoenlaub, violoncelle

Viktor Ullmann Sonnets de Louise Labbé - Abendpbantasie- Sonate pour clarinette, Sonate pour piano n'4 - Sonate pour violon
Rudolf Karel Nonett
Gideon Klein Trio à cordes

Compositeurs internés à Terezin
Après la conférence de Wannsee (1942), Terezin devient le ghetto desjuifs du Protektorat, desjuifs âgés de plus de soixante-cinq ans,
desjuifs décorés ou mutilés de la Première Guerre mondiale et des personnalités juives qui ne peuvent disparaître sans éveiller de
soupçons. Parmi celles-ci figurent de nombreux artistes. Grâce à leur présence, les nazis vont utiliser Terezin comme vitrine. lis
encouragent toutes les initiatives artistiques afin de servir leur propagande sur le sort «bienheureux» desjuifs. W[ais la vérité est tout
autre: sur les 139 654 personnes internées dans le ghetto, 33 430 y meurent, 86 934 sont déportées vers l'Est, où plus de 83 500
d'entre elles trouveront Io mort. Après la réussite de leur stratagème, les nazis envoient à la mort la plupart des artistes. Pavel Hass,
Vik-tor Ulli-nanii sont gazés à leur arrivée à Auschwitz en octobre 1944. Gideon Klein meurt à Fürstengrubbe enjanvier 1945. Rudolf
K arel est emprisonné dans la petite forteresse, prison de la Gestapo, pour actes de résistance. Il y succombera de dysenterie.
i-Fanny Malafosse)

Viktor Ullmann
(Tesin 1898 - Auschwitz 1944) avait été élève d'Arnold Schoenberg à Vienne, puis avait dirigé les choeurs de l'Opéra de Prague, grâce
à une recommandation de celui-ci. Au moment où il est emmené dans une rafle, le 8 septembre 1942, il est déjà un compositeur et un
musicien très célèbre à Prague, à l'opposé de certains compositeurs co-internés qui avaient vingt ans


Rudolf Karel
Le compositeur tchèque Rudolf Karel fut incarcéré pendant deux années dans une prison de Prague, située dans le quartier de
Pankrac, puis, durant un mois, .4 la Petite Forteresse de Terezin, où il mourut de dysenterie le 6 mars 1945. A l'époque de son

Kârel avait déjà soixante et un ans - il était né à Pilsen en 1880 - et souffrait de troubles cardiaques. Cela ne l'empêcha pas de poursuivre une activité créatrice intense, tout d'abord dans une cellule, puis ensuite dans l'hôpital de la prison. Les gardiens et le médecin de la prison lui procurèrent en cachette des feuilles de papier toilette pliées avec soin, sur lesquelles étaient tracées les portées musicales. Le compositeur y inscrivait ensuite les fragments de ses nouvelles uvres. Ces feuilles étaient assemblées, puis emportées secrètement de la prisons afin d'être mises en lieu sûr. De cette façon, mais dans l'incapacité totale d'avoir une vue d'ensemble de son oeuvre, Karel composa un Nonett pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor anglais, violon, alto, violoncelle et contrebas.

Gideon Kleili
Il est né le 6 décembre 1919, .4 Prerov en Tchécoslovaquie. Gideon Klein a débuté le piano avec un talent exceptionnel, à I'àge de 6,ans, avec Karel Marik. C'est en interprétant le quatrième concerto pour piano de Beethoven qu'il termine ses étudesauconservatoire en 19 31): meilleur élève de piano. En décembre 1941, Gideon Klein a été déporté dans le tout récent camp de concentration de Terezin. Il y a passé presque trois ans. Avec les chefs d'orchestre Rafael Schâtter et Karel Ancerl, avec Hans Krasa, Pavel Haas, Viktor Ullinan
et d'autres compositeurs, avec le chanteur Karel Berman et d'autres interprètes, il a commencé à développer une vraie vie musicale à Terezin. Dans le camp, Gideon Klein
a donné beaucoup de concerts de musique de chambre et a aussi accompagné au piano des churs, des opéras et des pièces de théâtre.
Durant cette période, Gideon Klein a écrit un grand nombre de compositions, sauvées avant son transfert à Auschwitz, car Confiées à son amie Irma Semecka qui est restée à Terezin jusqu'à la fin et a transmis ces manuscrits à la sur du compositeur, Lisa, qui asurvécue à Auschwitz. Ces compositions correspondent aux possibilités matérielles dans le camp (adaptations de chansons populaires tchèques, russes et juives) mais atteignent aussi le plus haut niveau artistique (Fantaisie et fugue, madrigaux, Sonate pour piano,
Trio à cordes).
Le 16 octobre 1944, neuf jours après avoir fini sa dernière composition (Trio à cordes), Gideon Klein a été transféré à Auschwitz, puis à Fürstengrube, où il a été tué en janvier 1945.

La Téchouva

 

 

Parmi tous les bienfaits dont D'ieu comble ses créatures, il y a celui de leur préparer la &laqno; Voie du retour, de la Téchouva », c'est-à-dire, de leur permettre de revenir à Lui ; car il n'est jamais trop tard pour faire Téchouva. Rabbi Chimon Bar Yo'haï disait : &laqno; Il suffit à celui qui a pêché toute sa vie, qu'il se repente sincèrement pour qu'il ne soit pas tenu compte de ses péchés. » car D'ieu est véritablement notre Père Miséricordieux, toujours prêt à accueillir ses enfants.

 

Rabbi Méïr dit :

&laqno; A quoi cela fait-il penser ? A l'histoire d'un roi dont le fils s'est engagé dans la voie du mal. Le roi charge le précepteur de ramener le prince égaré. Mais celui-ci répond : &laqno; Comment aurai-je le front de revenir vers mon père ? J'ai honte de me présenter devant lui ». En apprenant cela, le roi envoie dire au prince : &laqno; Un fils peut-il avoir honte de revenir vers son père ? »

Seul, le Yetser Hara (le mauvais penchant)
peut persuader l'homme que ses pêchés
sont trop graves ou trop nombreux
pour être lavés par la repentance.

Après le mois d'Eloul et la fête de Roch Hachana qui est le Jour du Jugement, suivent dix jours de repentance pendant lesquels nous avons la possibilité de faire &laqno; appel » devant le juge suprême avant que ne soit scellé le verdict à Yom Kipour. Ces dix jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kipour sont particulièrement propices à la Téchouva comme il est dit : &laqno; Recherchez l'Éternel lorsqu'Il est présent ».


La Téchouva
comporte plusieurs
étapes fondamentales

 

* La définition de sa faute (Vidouï).

Avant de pouvoir se repentir, il est nécessaire de comprendre quelle est l'erreur commise et d'être capable de l'exprimer clairement. C'est le Vidouï ou le Tahanoun. Il faut donc passer toutes ses actions en revue pour pouvoir s'en repentir devant l'Éternel.

 

* Regretter et décider de ne plus recommencer.

Si quelqu'un a compris sa faute mais sans la regretter ou, s'il la regrette, sans prendre la décision de ne plus recommencer, il rend sa démarche de Téchouva nulle et non avenue.

* La réparation de la faute (Kapara)

Chaque action de l'homme laisse une empreinte dans ce monde, qu'elle soit positive ou négative. La Téchouva totale a pour but d'annuler les effets néfastes de nos erreurs. Le fait de regretter et de se repentir annule certes les griefs que l'on pouvait retenir contre la personne, mais il faut aussi réparer le préjudice moral ou physique causé (à autrui ou à soi-même d'ailleurs). Par exemple, si un homme a volé, sa Téchouva ne sera complète que lorsqu'il aura remboursé son larcin

Nos Maîtres nous enseignent (Nédarim 39.b) : Sept choses furent créées avant le monde : La Torah, la Téchouva, le Gan Eden, la Géhenne, le Trône divin, le Temple et le nom du Machia'h. Et Rabbenou Nissim dit que la Torah et la Téchouva, créés en premier, sont étroitement liées : la première est le projet, la deuxième est la force qui le meut.

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A propos de Téchouva
quelques enseignements de Rabbi Nahman de Breslev

&laqno; Le Fleuve d'Eden »
Ed. Emeth Vé-émoun

... Car l'essentiel du repentir consiste à savoir beaucoup attendre et espérer. C'est à cela que fait allusion ce passage talmudique (Yoma 38:39) : &laqno; Celui qui veut devenir impur, on lui laisse la porte ouverte (il est un homme libre). Celui qui veut devenir pur, on l'aide »...

Lorsque l'on commence à s'attacher à la voie qui mène au service divin et que l'on s'attache au Juste authentique, cela ressemble à un récipient d'eau, dont l'eau au début paraît limpide, mais, lorsqu'on le pose sur le feu et que l'eau commence à bouillir, elle se trouble et toutes les impuretés qui se trouvaient en elle remontent à la surface... On doit alors s'appliquer à enlever constamment ces impuretés. La pureté de l'eau était à l'origine une simple illusion. Grâce à un peu de chaleur, l'impureté a fait surface. Mais, lorsqu'elles sont retirées, l'eau devient réellement pure et claire.

Il en est de même pour quelqu'un avant de commencer à servir D'ieu. Le bien et le mal sont tout à fait confondus en lui. Les impuretés sont siintimement liées au bien qu'elles ne peuvent être perçues. Mais lorsque cette personne commence à se rapprocher du uste et à éprouver un sentiment ardent vers D'ieu , elle est en contact avec un feu qui va la purifier et tout le mal et toutes les impuretés vont faire surface. Ici de même on doit constamment se tenir prêt et enlever les impuretés et la saleté au fur et à mesure qu'elles apparaissent.

La purification nécessite cette période d'agitation et de trouble. Au début, une personne est entièrement plongée dans le matériel ; puis elle commence à se rapprocher de D'ieu. Il pourrait paraître possible de retirer toute cette saleté et ces impuretés d'un trait, mais son esprit est totalement mêlé à cette boue. Si celle-ci était extraite d'un seul coup, son esprit le serait également. C'est pourquoi, il convient de se purifier petit à petit, étape par étape. Combien d'erreur faites et de péchés commis faute de patience !...

...Lorsque l'homme désire s'engager dans la voie du retour vers D'ieu, il doit être instruit dans le &laqno; chemin » et posséder les deux connaissances : la connaissance dans la &laqno; montée » et la connaissance de la &laqno; descente » et qui correspondent, l'une à une"entrée " dans la Sainteté et l'autre à une" sortie" de la Sainteté. C'est ce qu'exprime le verset " Si j'escalade les cieux, Tu es là ; si je fais du Chéol ma couche, Te voici encore". C'est à dire que celui qui désire retourner vers D'ieu doit ceindre ses reins afin de se renforcer toujours dans les chemins de D'ieu...

 

... L'homme ne doit pas se contenter d'atteindre un niveau grand ou petit et s'y arrêter. Il doit être conscient qu'il lui faut encore et toujours progresser, c'est à dire, être instruit dans la "montée "... A l'inverse, s'il tombe, à quelque niveau que ce soit, même le plus bas, il ne devra pas se décourager en aucune manière, il doit seulement rechercher D'ieu, l'appeler et se renforcer là où il se trouve. Car, même au niveau le plus bas, le Saint Béni Soit-Il, est présent, et là-bas aussi il est possible de s'attacher à Lui... Car il est impossible d'accéder à un retour vers D'ieu sans ces deux connaissances

 

Les missionnaires chrétiens

Qui, aujourd'hui, n'a pas été contacté par des missionnaires, directement ou pas ? Il faut dire que ceux-ci ont véritablement pignon sur rue et leur travail porte malheureusement ses fruits.
Nombre de nos frères sont happés par les idées de ceux qui sont passés maîtres dans l'art du bourrage de crâne et du mensonge.
Ils prétendent que leur " Christ " est le messie attendu par le monde.
Dans la Torah, il est dit que le Messie est un homme, juif, Machiah (qui est oint), qui va venir juger les êtres humains, les libérer spirituellement et matériellement, et ce, dans la paix. L'humanité atteindra alors sa perfection sous le règne de D'ieu, les pêcheurs se repentiront et tout le peuple d'Israël rentrera d'exil sur sa terre promise.
Jésus, qui a échoué dans cette mission, est mort crucifié et le monde entier n'a pas changé.
Bien au contraire ! L'église a toujours cherché à convertir, même de force (appelez-vous l'inquisition) ou à exterminer des juifs sans défense (rappelez-vous les croisades).
L'antisémitisme est toujours d'actualité, rien n'a vraiment changé en profondeur " Esaü déteste toujours son frère ".
Malheureusement, l'assimilation fait son oeuvre : aux USA, 90% des libéraux sont mariés à des non-juifs. Ils pratiquent un culte qui rappelle seulement le vrai judaïsme.
Il faut pourtant se remémorer que les premiers chrétiens faisaient Chabat, pratiquaient la circoncision et que, par la suite, tout ceci a été aboli par les papes.
Des fêtes païennes ont été introduites, comme Noël par exemple.
Mais ce paganisme se retrouve aussi dans le fait que Jésus est idolâtré au sens propre, car sa satue sur la croix est l'ornement principal des églises, mais aussi au sens figuré. Pour les chrétiens, il est la représentation divine sur terre. D'ieu prendrait pour eux une forme humaine !
Or, que disent les missionnaires : Restez juifs, donc, ne devenez pas encore chrétien... mais, faites de Jésus votre messie !
QUELQUES QUESTIONS SE POSENT
Si Jésus était le messie, il aurait dû apporter Amour, sainteté et paix dans le monde et surtout l'unique croyance en lui et en sa nouvelle religion.
Comment se fait-il alors
que l'Islam soit apparu après sa mort ? Que le Temple fut détruit ? Que les croisades et leurs massacres de juifs eurent lieu ? Que l'inquisition convertit de force ou brûla vifs des juifs ou des indiens d'Amérique du Sud, exterminés par millions, au nom du Christ ? Que dire de l'église face à la " liquidation de la question juive " pendant la Seconde Guerre Mondiale   Trop de questions se posent encore à nous.
La Torah sainte elle, formule des prédictions de plus en plus claires pour nous aujourd'hui concernant le Machiah, Messie, Oint :
" Israël retournera sur sa Terre -Indépendance 1948 avec l'accord des Nations-l'ONU " (Rambam sur Cantique 8-12) " Et celle-ci redonnera ses fruits pour Israël " (Ezékiel 36/8) " Jérusalem sera reconstruite " (Yéroushalaïm ma'asser chéni 5/2 (29b) - Donc, sa libération en 1967 était clairement connue depuis des millénaires " Israël fera la paix avec ses voisins arabes " - (Isaïe 2/4) " L'étude de la Torah, valeur éternelle, se développera dans le monde " (Sifré 13/15 sur Deut. 32/12) Les droits de l'Homme seront de plus en plus respectés, la recherche médicale accélérée. " L'homme travaillera de moins en moins grâce à l'évolution technologique, il pourra donc se consacrer à D'ieu " (Zohar 2/82b) " En ces temps là, les plus jeunes ne respecteront plus les plus vieux et l'homme aura la possibilité de détruire la terre entière " (R. Eléazar, Chir Hachirim Raba 2/29) Enfin, le mensonge, sous toutes ses formes, gagnera le monde (Esaïe 59/5) " Ce sera l'époque de " Hevleï Machiah ", douleurs d'enfantement du Messie " (Talmud Sanhédrin 98b).   En fait, Jésus n'était pas homme de paix et de résignation ; il s'oppose même au judaïsme et à la Torah Sainte, car il maudit les juifs venus prendre défense de leur foi :
" Serpents, engeances de vipères, comment pouvez-vous échapper à la condamnation de géhenne ? " (Mathieu 23/33).
La vérité est, que Jésus est venu convertir les juifs car il détestait les rabbins et le Culte Vrai.
Son égocentrisme rejaillit lorsqu'il dit :
" Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent " (Jean 15.6)
Et c'est ce texte qui fut utilisé par l'Eglise pour justifier l'envoi des non-croyants au bûcher.
A la place, la Torah lance le fameux " Tu aimeras ton prochain comme toi-même " comme une des bases de son enseignement. Pour Jésus par contre, " le prochain n'est que le bon samaritain ", membre d'une tribu ennemie des juifs depuis cinq siècles.
Pour nous, il est certain que l'oeuvre de D'ieu se réalisera et que, très bientôt, Il nous enverra son Oint, le Machiah, Messie, et que, parmi toutes les prédictions déjà citées, une, la plus importante, dévoilera le troisième Temple dans une Jérusalem reconstruite.

D'après Rav Arié KAPLAN


 

Témoignage exclusif :

" Ne demande jamais ton chemin, car tu ne pourrais pas te perdre " (Rabbi Nahman de Braslav).
Voici, à l'appui, le témoignage de Rivka HOUZI, ancienne animatrice de l'émission " Shabbat Shalom " sur RCJ Elle tient à nous raconter son histoire.
Elle souhaite que son témoignage puisse servir aux jeunes perdus dans leurs doutes, mais aussi aux adultes trompés dans leurs choix.
Qu'il devienne, si D'ieu le veut, un témoignage de vérité pour tous ceux qui ont réussi à se perdre, mais pas encore à se retrouver. Amen.  


 

Eloul, Témoignage de Rivka Houzi

" Mon départ "

Si je devais raconter " Au commencement ", je dirais brièvement que je viens d'une famille traditionaliste... comme il y en avait beaucoup dans l'Égypte de ma jeunesse.
La vie juive était rythmée d'un côté, par les grandes fêtes au cours desquelles, les coutumes occupaient une place importante et de l'autre, par un moment privilégié qui, chaque jour nous rappelait notre judaïsme : le Chéma du soir que nous faisait faire ma Mère (Zl) tant qu'elle était parmi nous, c'est à dire jusqu'à mes treize ans.
Et puis, le vide. Aux questions que je posais pour comprendre le pourquoi de chaque chose, on me répondait que " Nos parents et les parents de nos parents avant nous, avaient, de cette façon respecté les commandements de D'ieu. Nous aussi, nous devions donc en faire autant. "
Que de questions restées sans réponses ! Que de réponses à trouver !
Ce fut ensuite l'exode : la " deuxième sortie d'Égypte ", puis, le tourbillon : un mariage avec un homme qui ne comprenait pas que l'on puisse porter une étoile d'or à son cou alors que lui en avait porté une autre à ses vêtements, et avec qui je menais une vie " parisienne " dans tous les sens du terme
Pendant toutes ces années, je me suis dit qu'après tout, ces questions que je me posais dans ma jeunesse, n'étaient à présent d'aucune utilité dans la vie trépidante que je menais. Alors, pourquoi me " gâcher les plaisir de week-ends à la campagne " ou " de belles soirées entre copains dans des restos sympa "...
Je croyais que je pourrais vivre longtemps comme ça. Mais, croire est une chose... et le vivre en est une autre.
Des temps plus durs vinrent. Autour de moi, il y avait beaucoup de copains, de relations, de connaissances... et, peut-être, quelques amis... c'est en tous cas ce que j'espérais.

Mais là aussi, je me trompais. Mon mari et sa position sociale partis, les pseudo copains et amis se volatilisèrent d'un coup. Il n'est resté à mes côtés qu'une jeune femme rayonnante, dont la fidélité me fit sentir tout de suite qu'elle n'était pas comme les autres.
Elle m'aida beaucoup à surmonter l'épreuve de la séparation. Elle m'expliqua que, si j'avais l'impression d'être abandonnée par tous, je me trompais puisque elle savait que je n'avais pas été abandonnée par " celui qui avait donné sa vie pour moi "... " Il est venu pour toi, par amour pour toi... car il t'aime... il t'aime tellement qu'il est mort pour toi... pour te sauver... " Inutile de vous dire combien je fus troublée par ses paroles.
Elle me parlait avec tellement de sincérité que je me suis mise à l'interroger. Son monde me faisait du bien. Elle me présenta à ses amis. Ils ne me quittaient plus. Je discutais avec eux. Je ne me sentais pas seule.
Ce sont eux qui m'aidèrent à déménager. Ce sont eux qui m'aidèrent à m'habituer à mon nouveau style de vie. Ce sont eux encore qui me conseillèrent de ne pas défendre mes droits pendant mon divorce " L'Éternel combattra pour toi ". Et, très vite, ce furent eux aussi qui, petit à petit, prirent toutes les décisions importantes de ma vie.
Je ne me rendais pas compte que je m'enfermais dans un cocon où on refuse de voir la réalité en face. Je délaissais mes enfants en allant presque chaque soir à des conférences, des cours bibliques, des réunions de prières... Je devenais quelqu'un d'important dans l'église que je fréquentais puisque, " étant " Fille de Jacob " je me devais d'aider mes frères juifs à faire tomber les écailles de leurs yeux pour reconnaître en Jésus, le sauveur ! "
Je cherchais D'ieu et je croyais l'avoir trouvé. J'étais sûre de l'avoir trouvé ! Je me disais heureuse. Je voulais me persuader que j'étais heureuse. C'est d'ailleurs la seule façon de persuader les autres qu'on l'est !
Dans ce tourbillon, mon Père (Zl) est tombé malade.
Sur son lit d'hôpital, il m'a fait signe un jour d'approcher ma tête de sa main, attachée sur le bord de son lit pour ne pas faire tomber ses tuyaux.
Il m'a bénie. De la bénédiction d'un père juif à son enfant. J'étais loin de me douter où cette bénédiction me conduirait !

Ma vie avec eux...

    Mon père (zl) nous a quitté au mois d'Août 1982. Bien que ne fréquentant nullement la communauté juive, j'étais consciente qu'il était juif et qu'il devait partir comme tel. Il me fallait donc faire appel à un rabbin. Mais la synagogue de Boulogne étant fermée pour cause de vacances , il m'a fallu m'adresser au Consistoire qui délégua quelqu'un... de l'autre bout de Paris. Moins de deux semaines plus tard, c'est mon jeune frère qui nous quittait à son tour. Tout naturellement, j'ai fait appel à ce même rabbin qui, quelques jours plus tôt avait inhumé notre père. Il m'expliqua, en sortant du cimetière, qu'il me fallait respecter les prières pour les défunts. Qu'il me fallait donc, en quelque sorte, aller à la synagogue. Mais j'étais trop fatiguée pour essayer de discuter avec lui et lui expliquer que mon chemin s'était séparé de celui de mes parents... je n'avais tout simplement pas envie de parler. Je me souviens lui avoir simplement murmuré : D'accord. Je viendrai ! Les semaines et les mois qui ont suivi furent très durs. Les matins au réveil, je me demandais ce qui allait encore me tomber sur la tête ! J'ai traversé cette période comme une somnambule puisque toujours entourée (le mot est faible) par cette communauté à laquelle je m'étais liée et qui portait avec moi mon fardeau Au mois de Novembre, c'est mon emploi que je perdais. Au mois de Décembre, on m'annonçait qu'il fallait m'opérer des cordes vocales. Au mois de Janvier je rentrais à l'hôpital. Quelques jours plus tard, en rentrant chez moi, je découvrais la maison vide ! Mes enfants étaient parties vivre chez leur père ! Sans ressource aucune (pas d'allocation chômage et plus de pension alimentaire) il me fallut quitter mon appartement. A ce stade là, j'étais devenue complètement dépendante de mes amis chrétiens. Ils m'avaient fait donner tous mes bijoux et ceux de mes enfants : on ne peut pas servir Dieu et Mamon ! Mes affaires (ou ce qui me restait) avaient été réparties dans deux ou trois caves amies. Quelques jours encore sous mon toit et puis ...   C'est alors qu'un de mes amis d'enfance (Juif) m'appela au téléphone : Il avait appris que je traversais un moment difficile et se proposait de mettre à ma disposition un appartement qui était en vente. J'avais un logement assuré, le temps de me retourner. Un mois, deux mois, peut-être plus ? Mais voilà, pour me retourner, il me fallait retrouver du travail. Mais cela m'était très difficile puisque j'avais perdu ma voix , ma voie! L'étau se resserrait. Je vivais pratiquement dans la communauté chrétienne et j'étais de plus en plus dépendante d'eux, aussi bien physiquement que financièrement. J'étais au coeur même du tourbillon et je ne m'en rendais même pas compte ! Je mangeais avec eux, je dormais avec eux... pardon, chez eux. J'évangélisais avec eux dans les rues de Paris, la nuit, le jour Ils étaient mes amis et devenaient ma famille. C'est à ce moment là que j'ai passé une série d'entretiens avec des sages destinés à me laver complètement de ce qui me restait de mon passé... Cela s'appelle peut-être un lavage de cerveau ! Vers le mois d'avril, on me signala un remplacement pour un congé maternité dans une institution protestante. Je recommençais donc à travailler (pour quelques mois certes, mais c'était un renouveau). Et puis, j'avais un point de chute ! On pouvait me joindre quelque part ! Quelques semaines plus tard, je renouais contact avec ma meilleure amie, une amie d'enfance (juive elle aussi). Je ne l'avais pas revue depuis ces trois dernières années et je lui donnais de mes nouvelles. Début Mai, une série d'incidents ne cessaient de me rappeler qui j'étais et d'où je venais ! D'abord à l'église où on se mit à me harceler pour que je prie pour Israël, moi, Fille de Jacob . Puis, un ami invita un vendredi soir un de ses amis juifs pour que je puisse lui ouvrir les yeux . Ce fut (heureusement) un échec. Les mots pour lui parler ne sortaient pas de ma bouche alors que lui ne cessait de remuer mes origines... Il ne se passait plus un jour sans que, d'une façon ou d'une autre, on ne me rappelle que j'étais fille d'Israël. Mon passé me rattrapait.  

... Et mon Retour

Et puis, vers la mi mai, ma meilleure amie retrouvée m'invita à déjeuner au Ministère où elle vivait depuis que son mari était devenu Ministre. Je voudrais te présenter à des amis m'avait-elle dit. Peut-être pourrais-je retrouver du travail ai-je pensé ! C'était au lendemain de la Pentecôte. Je venais de vivre trois jours et trois nuits dans un rassemblement de Pentecôtistes. J'étais regonflée à bloc ! Arrivée au Ministère, je me suis retrouvée seule avec elle. Nous avons déjeuné en tête à tête dans sa cuisine et, devant mon étonnement, elle m'a expliqué que ses invités ne viendraient qu'après déjeuner seulement puisqu'ils ne goûtent pas à sa nourriture ! J'ai invité, avec toi, deux amis juifs, dont un, récemment converti au judaïsme. Et je voudrais que vous m'expliquiez tous les deux, comment et surtout pourquoi, une juive devient chrétienne et un chrétien devient juif ! Inutile de vous dire que ça ne me posais aucun problème de déballer aveuglément tout ce que j'avais englouti pendant ces années ! La discussion fut animée. Nous étions d'accord sur beaucoup de choses... sauf, bien entendu, ... sur le Messie . Devant mon ignorance totale en ce qui concernait la vie juive, ils me proposèrent de vivre un Chabbat avec eux, ce que j'acceptais spontanément : j'étais sûre de moi et je me disais que ça ne changerait rien de toutes façons. Si je me suis trompée, Le Seigneur me le fera savoir ! leur ai-je répondu. - Tu parles comme au pied du Mont Sinaï le jour où nous avons reçu la Torah : Na'assé Vé Nichma, Nous ferons et nous comprendrons. Tu parles comme une juive ! Inutile de vous dire que je n'ai rien compris à ce qu'ils me disaient ! Le rendez-vous fut fixé : Vendredi, 19 h, Place Voltaire. C'était loin du quartier des Ministères, loin de leur domicile, loin du petit pied à terre que j'occupais depuis deux mois. Pourquoi si loin ? Peu importe, j'avais encore ma voiture ! Ils y étaient. Moi aussi ; armée jusque aux dents de références et de versets bibliques appris par coeur (la plupart du temps d'ailleurs, sortis de leur contexte). Nous nous sommes dirigés vers la Synagogue où nous devions accueillir Chabbat, continuant notre discussion interrompue deux jours plus tôt. A mi-chemin, je leur demandais quand même où nous allions ? Dans quelle synagogue ? Je ne le savais même pas. Le nom de la rue que j'avais aperçu sur le panneau me rappelait quelque chose mais je n'arrivais pas à savoir quoi exactement. Je cherchais dans ma mémoire à quelle occasion j'avais entendu parler de cette rue et de la Synagogue qui s'y trouvais. Ca devait être bien loin dans le temps. Un sentiment bizarre commençait à m'envahir. Comme si je sentais qu'il allait se passer quelque chose. Et puis, soudain, devant moi, trois mots : Don Isaac Abravanel dans ma tête, les images d'un cimetière des voix : il faut venir à la Synagogue... D'accord, je viendrai J'essayais de reprendre mes esprits et je n'eut pas le temps de demander la confirmation du nom du Ministre officiant que déjà, il était sur le pas de la porte, comme s'il m'attendait pour m'accueillir. Il me dévisagea quelques instants et me dit simplement, comme si c'était naturel : Voyez, je vous avais dit qu'il fallait venir à la Synagogue . Oui, il m'avait reconnue. Oui, il savait que je viendrais un jour. Non, il ne savait pas quand. Ce Chabbat là restera à tout jamais gravé dans ma mémoire. Pour la première fois, je goûtais à ses délices... Mon premier vrai Chabbat Le Chabbat de ma re-naissance... C'était en Mai 1983... neuf mois exactement après que mon père (Zal) nous ait quitté en me laissant sa bénédiction.

ELOUL, le mois de la Téchouva

 

Témoignage de Rivka Houzi
Les missionnaires chrétiens

« Ani Lédodi VédodiLi »

« Je suis à mon bien-aimé

et mon bien-aimé est àmoi »

(Cantique des Cantiques 6,3)

ELOUL,le dernier mois de l'année juive est, non seulement le mois du bilanspirituel mais, prédestiné au pardon divin, il est aussi estconsacré à la Téchouva, c'est-à-dire, au retourvers D'ieu

La tradition nous enseigne que c'est à ROCHHODECH ELOUL (le 1er jour du mois) que Moïse notre Maîtreest remonté au Sinaï. C'était la troisième périodede 40 jours que Moïse passait dans la proximité de D'ieu :   * La première fois, c'était pourrecevoir la Torah. Rabbi Yéhochouaben Korha dit : « Moché est resté quarante jourssur le Mont Sinaï... il y étudia la loi écrite et laloi orale. Au bout de quarante jours, il prit les Tables de la Loi et descenditvers le camp, c'était le 17 Tamouz. En voyant le veau d'or,il brisa les Tables ».   * Les quarante jours suivants, Moïse les passa en dehors du camp, dans unetente au pied du Mont Sinaï, priant D'ieu afin qu'Il pardonne àSes enfants. Mais ses prières ne furent pas agrées. * La troisième fois, ce fut àRoch Hodech Eloul. D'ieu dit àMoïse, « Monte sur la montagne vers moi». Ce jour là, commença une période degrâce et de miséricorde qui prit fin quarante jours plustard (à Yom Kipour), quand Moïse redescendit avec les secondesTables de la Loi, apportant avec lui la merveilleuse nouvelle du PardonDivin. Nos Sages nous enseignent qu'à partir du 1er Eloul, on sonnadu chofar chaque jour dans le camp, rappelant ainsi aux enfants d'Israëlque Moïse était au Mont Sinaï, priant pour eux. L'acrostiche des mots, « Ani Lédodi Védodi Li » que l'on trouve dans leChapitre 6, verset 3 du Cantique des Cantiques, forme le mot ELOUL Ce verset fait allusion à la possibilitépour l'homme de se rapprocher davantage, pendant ce mois, de D'ieu, carc'est en cette période qu'Il est plus proche de l'homme. En relisant ce verset « Ani Lédodi Védodi Li » nousremarquons que ces quatre mots se terminent chacun par la lettre «Youd ». La valeur numérique de cette lettre étant de10, nous obtenons : 10 x 4 = quarante ! allusion à cette périodeunique de l'année juive. Si la repentance, est en tout temps agréableà l'Eternel, elle l'est encore plus pendant le mois d'Eloul « L'Eternel D'ieu circonciera ton coeuret le coeur de ta descendance » (Deutéronome30,6), le ciel lui-même nous soutiendra dans notre effort de retourvers D'ieu. Les initiales des quatre mots
« Et Levavè'ha Ve-et Levav... »est encore...
ELOUL ! Dans les communautéde rite Sépharade, à partir de Roch Hodech Eloul et jusqu'àYom Kipour, les hommes se lèvent à l'aube pour implorer laclémence et la miséricorde divine avant l'office du matindans une lecture de textes qui éveillent l'homme au repentir. Cesont les « Selihot ».
Les communautés achkénazes ne commencent les Selihot qu'à partir du samedi soir précédant Roch Hachana. Si celui-ci tombe lundi ou mardi, on commence une semaine plus tôt.

PESSAH: Un ordre pour un grand saut.


  Chaque fois qu'il est question de commencement dans la tradition juive, il est fait mention d'une mise en ordre. Ainsi à l'origine le monde est-il tohu bohu et Dieu l'organise en séparant le jour de la nuit, les eaux de la terre sèche, l'homme de l'animal. La talmud cite plusieurs Roch Hachana dans l'année hébraïque : celui de tichri est marqué par le seder au cours duquel nous mangeons des aliments trempés dans le miel, à Tou bivchvat, nouvel an des arbres, le seder consiste à consommer toutes sortes de fruits, à Pessah, nous nous retrouvons autour du plateau et nous nous rappelerons de la sortie d'Egypte selon un ordre précis. Commencer c'est prendre conscience d'un désordre antérieur pour s'engager dans l'amélioration d'une réalité en devenir. Pessah qui signifie "passer par dessus" (en anglais on dit "passover") marque le grand saut de la libération. L'homme n'est pas l'esclave de l'homme, mais le serviteur de Dieu, créateur de l'univers et qui se révèlera au Sinaï comme le libérateur des opprimés. Le grand saut pourrait signifié aujourd'hui la redécouverte de notre identité, de nos belles traditions, et la volonté de transmettre à nos enfants le pourquoi de notre existence. À la fin de la hagada nous récitons " chaque génération doit se considéré comme sortie d'Egypte", une invitation à se mettre en marche pour l'aventure d'Israël qui continue à travers nous.     "Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?" Les petits connaissent bien ce refrain "pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?". Ces quatre questions qui reviennent comme une sorte de regaine ont pourtant une valeur inestimable. Elle souligne tout d'abord la place des enfants dans la famille et dans la communauté. Leurs interrogations signifient que les générations sont réunies autour de la même table, que les pères et les fils ne sont pas si éloignés, mais que chacun dans son propre langage attend la parole de l'autre. L'autre remarque concerne la nuit. Quand le soleil se couche, le visible se voile, l'incertitude et le doute peuvent apparaître. La nuit deviendra alors le symbole de l'exil. Mais voilà du milieu de la noirceur, la délivrance est possible parce qu'une voix demande "pourquoi cette nuit est-elle différente ?". Tant que la question des enfants resonnera alors l'exil ne sera pas une fatalité, l'histoire pourra encore s'ecrire. Le drame c'est de croire qu'une nuit ressemble à une autre, que les situations se reproduisent, que rien de nouveau ne se dessine sous le soleil. Sortir d'Egypte signifie rester vigilant quant à l'avenir, ne pas subir le temps qui peut être aussi un terrible Pharaon. Vivre la différence, une lutte contre l'oubli !
Philippe Haddad

La quatrième dimension...


Avez-vous remarqué combien de fois le chiffre quatre revient dans la lecture de la Hagadah ?

On boit, bien entendu, quatre coupes de vin qui symbolisent la Liberté et ses quatre facettes (Liberté économique, religieuse, nationale et politique) et rappellent les Arba Lechonoth chel Guéoula , c'est à dire, les quatre expressions par lesquelles Dieu a annoncé aux enfants d'Israël leur prochaine libération d'Egypte (Je vous ferai sortir, Je vous sauverai, Je vous délivrerai, Je vous prendrai pour peuple).

Le plus jeune de l'assistance pose quatre questions.

On répond à ces questions de quatre manières différentes qui correspondent à quatre façons de poser les questions selon les caractères de quatre enfants

On explique en détail les débuts de l'histoire du peuple juif en partant de quatre versets de la Torah (Deutéronome XXVI, 5-8)
Enfin, on remercie à quatre reprises, l'Eternel pour notre libération.

Le harosset : Recettes et Symboles


Le Harosset est le seul élément du plateau du Séder qui ne soit pas une matière première mais la combinaison de plusieurs ingrédients, fabriqué par chaque famille selon ses traditions. Seul élément doux du plateau, il est souvent composé des fruits provenant des sept espèces auxquelles le pays d'Israël est comparé dans la Bible. On peut y mettre de la pomme : en souvenir des femmes juives qui accouchaient sous le pommier, comme le rapporte le Cantique des Cantiques. Certaines femmes font le Harosset avec des épices qui symbolisent la paille utilisée pour composer le mortier (comme la cannelle en bâton). De plus, dans certaines communautés, le Harosset est un peu délayé dans du vin ou du jus de raisin afin que la pâte en soit moins compacte. Ce liquide, rouge, est ajouté en souvenir de la plaie de sang qui fut la première des dix plaies et du sang des milliers d'enfants juifs que le Pharaon fit égorger pour se guérir de la lèpre. Enfin, le Harosset est une pâte de fruits ou une compote, dans la composition de laquelle, on remarque certaines tendances régulières : en Orient, amandes, dattes ou figues y sont présentes, en Europe, pommes et noix, chez les portugais, amandes, pommes, raisins, épices et vin, chez les judéo-espagnol, le harosset est composé de pommes, noix, figues, dattes et de raisins secs, mixés avec du vin Au Surinam, on ajoute de la noix de Coco !

Le Séder et ses mitzvots

Pour fêter comme il se doit la sortie d'Egypte et se rendre quitte de son devoir le soir de Pessa'h, chacun à l'obligation d'accomplir les commandements suivants : · Raconter l'importance et les miracles de la Sortie d'Egypte, · Boire quatre coupes de vin pour marquer les quatre étapes de la libération, · Manger au moins trente grammes de Matsa pour revivre la précipitation de la Sortie d'Egypte · Manger du Maror en souvenir de l'amertume de l'esclavage, · Se rappeler le sacrifice de Pessa'h en souvenir du saut qu'accomplit l'Eternel au dessus des maisons juives lors de la plaie des premiers-nés, · Louer l'Eternel qui nous a sortis de l'esclavage d'Egypte, nous a donné la Torah et nous a offert la terre d'Israël, · Enfin, se réjouir pendant la fête. Toutes ces mitsvots sont accomplies selon un ordre spécial : le Séder ...

La venue d'Elyahou Anavi

PESSA'H

  Il y a quelque trois cents ans, le Mayflower chargé d'immigrants vers le nouveau monde, quittait les rives d'Angleterre. C'était un événement de première importance, tant pour l'Angleterre que pour l'Amérique. Mais on aimerait savoir s'il existe un anglais qui sache la date exacte de cet embarquement et combien la savent parmi les américains ? Et savent-ils le nombre d'émigrés embarqués sur ce navire ? Et quel genre de pain ils mangeaient en partant ? ... Voici pourtant que, quelque trois mille et trois cents ans avant le Mayflower, les juifs sont sortis d'Egypte, et tous les juifs de monde, en Amérique comme en Russie, savent exactement la date de ce départ qui est le 15 du mois de Nissan. Et ils savent tous exactement quel genre de pain ils mangeaient, un pain non levé. Et jusqu'à ce jour, le 15 Nissan, tous les juifs du monde mangent du pain azyme. Ils racontent, et la sortie d'Egypte et les souffrances qu'ont dû subir les juifs depuis le jour où ils ont été dispersés, et ils terminent ce récit par deux phrases :  

Cette année esclaves, l'an prochain homme libres.

l'an prochain à Jérusalem.

(David Ben Gourion)

La venue du Prophète

 

La tradition énonce que le personnage du Prophète Elie, ou Elyahou Hanavi participe à la fête de Pessa'h dans chaque famille. C'est pourquoi sa présence est marquée par une coupe de vin pleine, posée au centre de la table du Séder, ou Coupe d'Elyahou. Comme en ces soirées pascales, la tradition veut qu'on soit plus proche que jamais de l'arrivée du Messie, on ne verrouille pas les portes de la maison, souvenir de la sortie d'Egypte, et de la délivrance miraculeuse des ancêtres des Hébreux. La porte est même ouverte en grand au moment où, dans la Hagadah on invoque le Prophète Elie, pour ne pas empêcher la venue du précurseur du Messie. En Tunisie, et dans d'autres communautés, au début de la Hagada, on ouvre la porte de la rue et on dit : celui qui a faim, quivienne il y a de plus, un couvert libre supplémentaire à la table du Séder pour Elyahou Hanavi. Il existe également des lieux où on laisse la porte ouverte toute la nuit. Certains mettent seulement un verre à l'attention du Prophète et un couvert pour un juif opprimé, bien que celui-ci ne puisse se joindre au Séder, car c'est un moyen de se souvenir des juifs dont la situation est difficile et une manière pédagogique pour que les enfants interrogent. On a pris également l'habitude de servir à chaque convive un cinquième verre de vin appelé du Prophète Elie et que l'on ne boira pas.