Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Le Plan Amirav, ou la continuation de la politique de la langue de bois

Yona Dureau: Le Plan Amirav, ou la continuation de la politique de la langue de bois

Le gouvernement Barak vient à peine de publier le Livre Blanc et de dénoncer Yasser Arafat comme n'étant pas un partenaire pour la paix qu'une nouvelle étape est franchie, toujours sans l'assentiment implicite ou explicite du public, toujours en contradiction avec les dernières déclarations. On vient à peine de reconnaître l'existence d'un problème qu'on le nie à nouveau. On vient à peine de parler de violence que l'on met tout en place pour qu'elle se déclenche à nouveau, et alors que Barak a promis de ne rien décider sur l'avenir de Jérusalem sans l'assentiment du peuple, voilà qu'il engage la sécurité de la capitale et met en place une situation de fait dont le gouvernement suivant ne pourrait pas sortir.
Le Plan Amirav est un plan mis au point par le professeur Moshe Amirav, de l'Université de Haïfa, sur la base de la proposition américaine, et après de nombreuses concertations avec un groupe de leurs homologues palestiniens. Selon nos informations, les deux camps seraient sur le point d'aboutir pour établir un accord officiel.
Le but de ces manoeuvres de dernière urgence est de permettre un coup de théâtre politique à Ehud Barak, pouvant permettre à ce dernier de faire basculer l'opinion publique en sa faveur, et contraindre le pays à de nouvelles élections anticipées même si Ariel Sharon était élu.

Le plan israëlien prévoit des accords pour la sécurité, la vieille ville, les échanges de terres, les infrastructures, et les mouvements (de troupes?) . Sur tous ces points, le professeur Amirav a déclaré que les Palestiniens et les Israëliens étaient proches d'un accord. Amirav a aussi déclaré que Jérusalem Est serait une partie intégrale d'un état palestinien démilitarisé, et que la police palestinienne qui patrouillerait dans cette zone ne serait armée que de pistolets (!) (comme si les Israëliens avaient réussi jusque là à empêcher les Palestiniens d'introduire toutes les armes qu'ils souhaitaient dans toutes les zones!)
Selon le plan Amirav, Jérusalem Est serait donc contrôlée et policée par la police palestinienne, et la police israëlienne continuerait à contrôler Jérusalem Ouest. Une force de police mixte israëlo-palestinienne contrôlerait les zones mixtes et la vieille ville.
une forec internationale devrait être amenée à contrôler les lieux saints de la vieille ville, et à prendre en charge la sécurité des touristes. La Police palestinienne aurait pouvoir sur les Palestiniens et la Police Israëlienne aurait jurdiction sur les Israëliens. Amirav a déclaré que les Palestiniens avaient accepté son plan dans ses principes. Les Israëliens et les Palestiniens ont de plus convenu du principe d'échanges de territoires.
Amirav a ainsi déclaré qu'en échange de quartiers habités par des Juifs à Jérusalem Est comme Beit Zafafa, Israël donnerait des terres inhabitées aux Palestiniens, dont Har Homa, permettant une continuité territoriale des Palestiniens. Néanmoins, Amirav a concédé que des forces de police palestiniennes demeureraient dans les zones croisées par ces routes menant aux zone "juives", même si elles n'avaient pas l'autorisation de rester sur la route. interrogé par David Bedein sur le scénario catastrophe de tueurs palestiniens trouvant refuge à Jérusalem ou dans les zones "arabes", ou sur l'éventualité de violences menées à présent du sein même de Jérusalem, Moshe Amirav a répondu qu'il se fiait au jugement de spécialistes de la sécurité dont il a par ailleurs refusé de donner les noms.
Une source palestinienne a dit que les Palestiniens demanderaient des terres inoccupées de Ouest Jérusalem en échange de zones comme Ma'ale Adumim.
Le plan Amirav met en place deux municipalités partageant une partie des infrastrcutures, et suggère de placer certaines routes sous contrôle international comme la route no 1. L'aéroport de Jérusalem, Atarot, serait aussi partagé avec les Palestiniens, mais l'électricité et les services postaux seraient séparés.
Les deux parties s'efforcent de garder la ville ouverte, sans zone de contrôle, a-t-il ajouté, ajoutant qu'une compréhension réciproque et une vie en bonne intelligence garantirait la sécurité.
Les Palestiniens et les Israëliens ont aussi discuté de problème de partage de souvereineté sur le Mont du Temple, dont le mur du temple et la mosquée Al Aqsa, en évoquant la possibilité de remettre cette souvereineté au Conseil de sécurité des Nations Unies, à l'Egypte, la Jordanie, l'Arabie saoudite, ou le Maroc. Israël et les Palestiniens gèreraient leur propre site, et de cette façon aucun des deux n'aurait besoin de revendiquer la souvereineté et le status quo serait préservé.
Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat serait nommé gardien de Al Aqsa, et les deux parties devraient signer un accord interdisant à chacun de creuser sous le Mont, en respectant ainsi les revendications de chacun sur ce site.
Pour l'instant ce dernier point n'a sucité l'intérêt que des Israëliens, et a été refusé par les Palestiniens.
Moshe Amirav a de plus déclaré à David Bedein que ces accords devaient être appliqués sous peu, dès la fin des négociations de Taba, et que les spécialistes seraient alors à la disposition des journalistes pour répondre à toutes leurs questions.

La récupération de la souffrance collective par la gauche israëlienne

La récupération de la souffrance collective par la gauche israëlienne

La gauche israëlienne a entamé une récupération honteuse de la souffrance collective dans le cadre de sa campagne électorale.
Voici les affiches publiées dans Ha'aretz. Elles présentent les photos de jeunes gens tués dans des conflits précédents et portent les slogans "Il nous faut absolument arrêter le cercle vicieux du sang versé", "Voici le prix réel de la guerre", et chaque photo est accompagnée d'une phrase mentionant le prénom du soldat tombé et la phrase"X est tombé parce qu'il n'y a pas de paix". Cette campagne tente de fait croire au public que la paix proposée par la gauche est synonyme d'arrêt des pertes humaines alors que le nombre de morts annuels a été multiplié par trois depuis la signature des accords de paix et que tout le monde sait que les accords d'Oslo condamnent actuellement Israël à une guerre générale avec les Palestiniens et ses voisins. Les Israëliens le savent, la seule chose qu'ils ignorent c'est la date exacte à laquelle éclatera ce conflit, bien que les préparatifs et redéploiements de l'armée semblent indiquer que ce sera sous peu. La campagne de la gauche rend donc priori responable la droite des morts à venir, alors que paradoxalement, c'est une politique irresponsable de la gauche israëlienne qui a abouti à ce conflit généralié, et donc aux morts à venir. Il est de plus intolérable de s'attribuer les victimes des attaques arabes. Les morts ne sont ni de gauche ni de droite, et il serait temps de penser à se soucier avant tout de notre unité plutôt que de continuer à jouer un jeu de politique électorale éternellement fondé sur la division.
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La propagande électorale a commencé, et les manoeuvres politiques aussi

La propagande électorale a commencé, et les manoeuvres politiques aussi

 

Dans toute campagne électorale en Israël il était habituel de voir les coups les plus bas portés par un parti ou l'autre à son adversaire, ceci sans doute dans la droite lignée de la tradition démocratique américaine fonctionnant à l'audimat et l'effet d'annonce. On a pu voir au cours de ces dernières semaines une accélération et une amplification frénétique de ces tentatives d'influence de l'opinion, avec les sondages à répétitions de l'opinion opposant les adversaires politiques réels avec les virtuels, et proposant par exemple des projections et statistiques sur les résultats de vote des Israëliens selon que Sharon se verrait opposé à Barak ou bien à Shimon Peres.
Et voilà que Peres, lâché par le parti Meretz, revient sur le devant de la scène, avec toutes une séries de manoeuvres de sa part - prétendant ne pas vouloir intervenir dans le combat politique de Barak, ou bien s'affichant comme l'allié fidèle de Barak s'efforçant de convaincre ses partisants de voter pour Barak, et de participer à ce rassemblement de leurs forces - et de la part de Ehud Barak lui-même, assurant le public qu'il réservait une place d'honneur à Peres dans son prochain gouvernement, expliquant avec une tristesse feinte au lendemain de l'échec cuisant de Peres auprès de Meretz qu'il fallait à présent penser surtout à la paix et unir toutes les forces...
Et puis les simagrées s'interrompent, et les masques tombent peu à peu. On recommence à parler de la candidature de Peres, en dehors de toute légalité, puisque les candidatures officielles devaient être présentées à une date limite fin décembre. Ehud Barak pourrait, selon ces annonces, démissioner de sa candidature jusqu'à trois ou quatre jours avant les élections pour céder sa place à Peres...
Et voilà que Peres, non content d'avoir trempé dans plusieurs affaires de détournement de fonds que l'on peut qualifier d'internationaux (versés par des donnateurs du monde entier au centre Peres pour la paix), qui se voit de nouveau en lice pour se présenter à la première fonction politique de l'état...
Et voilà qu'un pays meurtri depuis septembre, Israël, fait mine de ne plus savoir à quoi ont abouti les accords passés hâtivement par Peres, trop hâtivement, pour servir une carrière politique personnelle et à courte vue...
On croit rêver... Alors que Ehud Barak fait publier un Livre Blanc pour dénoncer les exactions palestiniennes et démontrer que Yasser Arafat n'a jamais tenté sérieusement l'option de la paix, voilà qu'il nous présente à nouveau le responsable de ces mêmes accords comme un sauveur...
Deux hypothèses, tragi-comiques, s'imposent: soit le Livre Blanc est une arme visant à déligitimer Peres en même temps que Arafat, et à pousser l'électorat de gauche dans les bras de Barak. En ce cas les simagrées publiques de Barak en sont d'autant plus ridicules...
Ou bien le Livre Blanc n'a pour fonction que de présenter l'option de la paix qui fut celle de Barak comme un échec, et une nouvelle politique de celui-ci comme un tournant décisif, mais alors ce Livre Blanc aboutit aussi à soutenir Sharon...
Car la troisième hypothèse, celle selon laquelle le Livre Blanc aurait pour but de créer une pression supplémentaire sur Yasser Arafat, est peu probable, dans les circonstances actuelles où le temps ne permet plus de parvenir sous la présidence de Clinton à un accord entre Israëliens et Palestiniens

La Diaspora comme avantage stratégique

ISRAEL ET LE MONDE JUIF
La Diaspora comme avantage stratégique

 

 

Analyse : Yair Sheleg

Quelque chose a changé dans la manière de laquelle les dirigeants israéliens
traitent la Diaspora juive. Le meilleur indicateur est le débat dans les
pages intérieures des journaux: le Conseil de Sécurité Nationale du Premier
Ministre a recommandé que ce serait à lui d'assumer la responsabilité des
contacts avec la Diaspora plutôt qu'au Ministère des Affaires Etrangères qui
en est actuellement chargé. Bien entendu, le Ministère des Affaires
Etrangères a réagi vivement et le CSN s'est dépêché de les apaiser en
déclarant qu'il ne s'agissait que d'un projet et que de toute manière, étant
une agence sans pouvoir opératif, le CSN avait l'intention de s'occuper
seulement des aspect bureaucratiques des contacts avec la Diaspora. Mais la
proposition en soi indique une confirmation nouvelle - ou renouvelée - de
l'importance de la Diaspora comme l'un des avantages stratégiques d'Israël.

Une autre confirmation a été fournie récemment lors de la grande conférence
sur "Le Bilan de la Force et de la Sécurité Nationales" qui s'est tenue au
Centre Interdisciplinaire d'Herzliya, quand Sallai Meridor, le président de
l'Agence Juive et de l'Organisation Sioniste Mondiale, parla "des Juifs de
la Diaspora comme élément de la force d' Israël".

Les relations entre Israël et la Diaspora ont suivi une voie longue et
sinueuse avant d'atteindre cette acceptation. Durant les premiers jours de
l'Etat, les relations n'étaient pas mises en cause. En tant que petit pays
faible et entouré d'ennemis, il était évident qu'Israël avait besoin
d'autant d'aide que possible. Le soutien des citoyens israéliens eux-même
n'était sûrement pas sujet à discussion. Mais cela fait plus de 10 ans que
la situation a bien changé. Israël et ses dirigeants étaient plus sûrs d'eux
que jamais. Le sentiment qui régnait était que la médiation des Juifs de
Diaspora n'était plus nécessaire pour établir des contacts avec les Hommes
d'Etat à l'étranger.

L'Intifada d'El Aksa semble avoir créé une brèche dans cette attitude, aussi
bien chez l'Israélien moyen qu'au sein de l'élite locale. Une fois de plus
le consensus national est: "nous sommes en état de siège, mais nous avons
raison" et le pays regarde autour de lui et se voit comme dans le passé,
seul dans l'arène internationale (exceptée l'administration Clinton) et
isolé dans les médias.

Il s'avère soudain que la seule main tendue vers nous et créant un lien
entre Israël et le monde n'est autre que celle de la Diaspora juive. Bien
que les touristes juifs aient annulé leurs visites ici au même rythme que le
tourisme général, les dirigeants juifs se sont mobilisés par centaines pour
des visites de solidarité et ont ramené aussi avec eux ce message vers les
quatre coins de la terre.

A long terme, on finit par réaliser que la force nationale va au-delà du
bilan des armes stratégiques. Elle dépend aussi de la force morale et
économique de la société, de la cohérence de son sens d'identité et du
système de valeurs sur lequel elle repose.

Cette reconnaissance se réflète non seulement dans les déclarations
abstraites ou les analyses savantes du CSN ou lors de la conférence
d'Herzliya. Une étude récente, préparée avant l'arrivée en Israël de la
seconde mission "Birthright Israël" qui a vu l'arrivée de milliers
d'étudiants juifs à la recherche d'un approfondissement de leur identité
juive, a montré que 80 pourcent de la population juive en Israël est
d'accord pour que des budgets gouvernementaux soient attribués à des
programmes de ce genre, comme cela fut le cas.

Le renouveau d'approbation de la Diaspora comme avantage stratégique devrait
aussi mener à des conclusions d'ordre pratique. Israël doit soutenir les
communautés juives dans leur effort de maintenir leur identité juive et leur
affiliation avec Israël, ce soutien comprenant l'allocation d'une partie de
l'argent des contribuables israéliens.

Cette approche a été appliquée lorsque le Gouvernement a accepté de couvrir
un tiers des frais du projet Birthright et de financer des programmes
d'éducation pour les Juifs dans l'ancienne Union Soviétique. L'Etat fournit
aussi une aide sporadique à d'autres projets éducatifs, mais cela devrait
être réalisé à plus grand échelle, surtout dans des pays où la situation
financière de la communauté l'empêche de remplir elle-même cette mission. La
première communauté en tête de liste est la communauté juive en Argentine,
dont les organisations et le système scolaire ont été gravement atteints par
la crise économique générale régnant dans le pays.

Les dirigeants juifs de la Diaspora devraient être invités à prendre part
aux affaires politiques et sociales israéliennes, en tout cas celles
concernant les valeurs et symboles juifs. Même si le dernier mot est, et
doit être, réservé au peuple israélien, on ne peut ignorer la Diaspora quand
il s'agit de questions de ce genre. Les Israéliens ne peuvent pas s'attendre
au soutien automatique de n'importe quelle décision israélienne. Ceux qui
ont exigé, à juste titre, que la Diaspora juive se mêle aux problèmes de
conversion et de la définition du statut de Juif dans la loi israélienne,
doivent adopter la même attitude en ce qui concerne des questions comme
Jérusalem et le statut définitif du Mont du Temple.

La conception que la Diaspora est un avantage pour Israël projette une ombre
sur la conception sioniste classique qui renie la Diaspora. Serait-il dans
l'intérêt d'Israël que la Diaspora, avec son influence politique et
financière, continue d'exister? Le rejet de la Diaspora ne devrait pas être
absolu, mais plutôt faire partie d'une échelle de valeurs. L'immigration en
Israël est de loin la plus estimable manifestation du Sionisme, mais les
Juifs qui préfèrent vivre dans la Diaspora ne devraient pas être délaissés
mais encouragés à maintenir leur Judaïsme et leur affinité pour l'Etat juif.

Le risque de scission d'Israël

Le risque de scission d'Israël

 

Le risque de scission d'Israël

la dernière lettre de Binyamin Kahanah

Nous ne partagions pas les vues racistes du mouvement kahana, et le but de ce dossier n'est pas de les réhabiliter. Néanmoins, nous tenons à transmettre toute information concernant Israël, et nous nous devons, selon cette éthique journalistique, de remettre à nos lecteurs ce document. Il s'agit d'une lettre circulaire écrite par Binyamin Kahana, et qui devait être envoyée à toutes les implantations juives le jour suivant par Binyamin Kahana s'il n'avait pas été tué.
La lecture de ce document explique les rumeurs qui ont couru concernant la "liquidation" de Kahana et de sa femme par le Shin Bet, et non par des agresseurs arabes. Outre la coïncidence étrange entre cette attaque par un sniper palestinien et le passage exceptionnel de Kahana et de sa famille par cette route puisqu'il passait très rarement Shabbat à Jérusalem, et qu'il avait décidé au dernier moment de ne pas rentrer à Efrat à la sortie de Shabbat mais le lendemain matin, le contenu de cette lettre met en évidence que Binyamin Kahana était en train de fomenter un révolte des yishouvim contre Tsahal et les décisions du gouvernement Barak. Kahana devenait donc un danger pour le plans gouvernementaux de rétrocession de territoires aux Palestiniens, et un obstacle immédiat au démentellement des implantations juives.
Les plans d'insurrection de la Judée Samarie par Kahana étaient connus depuis peu : en effet Binyamin Kahana avait déjà organisé des rassemblements dans les yishouvim de Tapuach, Yizhar, Ittemar, Har HaBracha, en vue de mettre son plan en application.
Elon More. Il avait le sentiment que ces yishouvim étaient prêts à donner bon accueil à son approche du problème, et à son idée centrale : renoncer à la protection tutellaire de l'armée israëlienne.
Plus qu'une révolte pouvant amener à des affrontements fratricides que Kahana n'envisage apparemment pas comme possibles, la lettre de Kahana suggère la possibilité d'une véritable sécession momentanée des monts de Judée Samarie.
Après des années de silence, voilà que Kahana avait commencé à faire la tournée des yishouvim, ce qui montre à quel point il était persuadé de l'urgence de l'application de son plan. Lors de l'un de ses derniers cours aux USA, à propos de Hanoukah, il avait déclaré: "le miracle de Hanoukah était que les Juifs étaient prêts à se battre."

L'existence d'un tel mouvement de pensée dans les territoires de Judée Samarie est grave, mais mérite qu'on le considère dans toute sa portée. Il ne suffit pas de condamner arbitrairement et hâtivement l'excès de certains termes ou expressions de cette lettre: c'est trop facile. Ce mouvement est le résultat d'une conjoncture entre une application aveugle des accords d'Oslo dans les territoires, en dépit de l'existence d'une population juive locale et de ses aspirations, et au mépris continu de sa sécurité. On a voulu laisser se pourrir une situation mettant en danger la vie des yishouvim juifs, en maintenant des forces militaires réduites à un minimum d'intervention, dans l'espoir évident que cette situation contraindrait les populations juives à quitter ces territoires, laissant les mains libres aux politiciens. On a trop mésestimé la volonté de ces populations à rester malgré tout dans ces territoires. La situation actuelle est donc une situation explosive, une impasse qui confrontera à très court terme l'armée israëlienne à ces populations, sans que l'on ait réellement réfléchi aux conséquences de l'application de demandes palestiniennes racistes visant à constituer des territoires "judenrein" (vides de Juifs)

Voici donc le texte de la dernière lettre de Binyamin Kahanah, qui fut lue à ses funérailles par le rabbinYehuda Richter:

Prenez votre destinée en main
A mes chers frères et amis vivant dans les monts de Judée Samarie:
La situation à laquelle nous faisons face requiert que nous affirmions à nouveau avec courage tout ce que en quoi nous avons cru jusqu'ici. Le problème auquel nous faisons face n'est plus seulement le problème fondamental de hillul HaShem (désacralisation du nom de D.) et l'humiliation des Juifs. C'est à présent un problème brut de sécurité qui nous concerne tous jusqu'au dernier.
En tant qu'habitants de la Judée Samarie, nous avons la chance d'être dans une communauté qui, dans sa grande majorité, craint le nom de D., aime sa nation sans hésitation, et se voit prête au sacrifice d'elle-même.
En ces temps de lutte incessante, de violence, et de ce qui caractérise une guerre si ce n'est l'absence de déclaration de guerre, cette foi nous donne un avantage incommensurable sur ceux qui vivent dans des zones apparemment plus sûres.
La capitulation du tombeau de Josef - lors du shabbat Téshouva, le shabbat de repentance- nous a choqué jusqu'au plus profond de nos âmes. Mais en vérité, peu d'entre nous furent réellement surpris, surtout après que l'armée israëlienne ait diffusé des indices et allusions nombreuses de la possibilité d'un tel retrait quelques jours auparavant.
La situation est aujourd'hui difficile et complexe. D'un côté, nous sommes prêts - physiquement, émotionellement, spirituellement- à reprendre le contrôle de notre patrie juive, peut-être plus prêts qu'aucun autre secteur de la société israëlienne. D'un autre côté, Tsahal se dévoile -malgré toute sa bonne volonté- comme un corps empli de confusion, manquant de but et d'idéologie, et, au dessus de tout, dénué de foi en D.
De plus, nous sommes témoins tous les jours d'insurrections juives individuelles à travers le pays, le sens le plus évident étant que ces gens en ont assez du gouvernement actuel et de la situation qu'il a crééee, et qu'ils ont soif d'un leader déterminé qui guidera le pays selon une voie juive.
De plus, des actions individuelles des Juifs de tous les yishouvim (comme le fait de bloquer la route aux véhicules arabes) ont plus de succès dans l'effet de peur qu'elles provoquent chez les Arabes que tout Tsahal avec ses APC, ses jeeps, ses gilets pare-balles, des patrouilles sans conséquence, et ses commandants hagards.
Et à la lumière de tous ces faits et de leurs conséquences, nous, les habitants sommes déterminés à rester où nous sommes; nous refusons de renoncer à notre contrôle sur nos terres, de même que nous refusons d'aquiescer à l'humiliation constante de la Nation d'Israël et à la désacralisation du Nom de D.
Voici ce que je suggère: sur la base des faits que je viens de souligner, tous les yishouvim placés sur la ligne de crête courant du nord au sud tout le long de la Judée Samarie devront s'associer pour former un leadership uni. Ceci sera immédiatement perçu comme message sans ambigüité par Tsahal: "De la même façon que vous avez abandonné le tombeau de Josef à Schehem, alors, nous vous en prions, abandonnez-nous. Abandonnez la totalité des monts où nous vivons." Tout cela doit être énoncé poliement, calmement, et rationellement. "De toute évidence, vous (les soldats de Tsahal) vous ne voulez pas être ici. Vous n'avez pas de but à long terme, sinon l'application idiote des directives et le maintien de l'ordre. Il n'y a aucun sens, dans ces circonstances, à vous forcer à demeurer ici. Nous qui vivons ici sommes prêts et volontaires à prendre la totale responsabilité de cette zone sur nos épaules. Laissez nous seulement prendre cette responsabilité. De toute façon, vous savez que le gouvernement a décidé d'abandonner virtuellement cette région aux Arabes, pourvu qu'Arafat deigne aquiescer à leurs desseins. Aussi, nous vous en prions, donnez-nous ces terres. Grace à D., nous avons dans ces monts une jeunesse magnifique et un personnel militaire entraîné dont le moral est haut. Ils accepteront avec joie de prendre cette responsabilité sur eux. En définitive, ils prendront leur devoir en main, et ce qui est plus important, avec la foi en D. qui nous a donné ce pays. Laissez nous seulement nos armes (et même si vous nous les refusez, nous vaincrons), et Hashem sera notre force."
Il ne fait aucun doute que les Arabes seront terrifiés en entendant ces nouvelles: l'autorité ne sera plus aux mains d'une armée ébranlée, qui a servi trop longtemps de punching-ball aux hooligans arabes. Ce seront les "colons monstrueux" (et grâce à D. les médias arabes ont fait de nous le portrait de diables incarnés, sinon pire) qui la prendront en charge.
Sans l'ombre d'un doute, une pareille action éclaircirait l'air des environs. Ce sera une totale volte-face : ces nouvelles attireront pour la première fois depuis de nombreuses années, des centaines de jeunes (au moins!) qui viendront nous prêter main-forte.
Enfin il y aura le véritable yishouv de la Terre, (l'installation dans la Terre d'Israël) et le début de la souvereineté dans le Pays d'Israël. Ceci mettra un terme aux années d'errance et de quête visant à donner la terre aux ennemis de D., qui ont été le plus grand obstacle à l'accomplissement de la mitsvah que nous accomplissons avec notre être, en étant ici. Pouvons nous seulement commencer à imaginer cette nouvelle et le tremblement de terre qu'elle constituera pour tant de Juifs, à la fois pour les "laïcs" et les "religieux", en Israël et à l'étranger? Cela fait trop longtemps que nous n'avons éprouvé le sentiment profond et émouvant de fierté nationale juive.
Voilà qui est vraiment révolutionnaire! Mais c'est bien moins révolutionnaire que les changements qui ont bouleversé Israël au cours de ces dernières semaines, et nous n'avons rien à perdre.
Même si Tsahal n'accepte pas cette proposition - ce à quoi nous pouvons nous attendre, du moins dans un premier temps- alors, au moins, les dirigeants militaires et le gouvernement comprendront qu'il y a une force supplémentaire et importante sur le terrain, une force qu'ils ignorent à leur péril.
De plus, pour des raisons concernant sa propre sécurité, Tsahal devra prouver qu'il peut protéger les civils; par conséquent, il lui faudra agir avec plus de détermination - pour le moins, et dans les limites qui lui lient pieds et mains et qui lui ont été imposées par les Nations et par la gauche.
Rien de tout cela ne signifie une rupture de notre part de la société. Au contraire, nous resterons une partie constituante de la société israëlienne, prêts à tout moment à nous réunir, par un accord, à cet état qui a jusqu'ici refusé pendant 33 ans de nous annexer. Nous ne parlons pas ici de séparation, mais de souvereineté juive accrue sur une partie d'Israël qui a été trop longtemps abandonnée. Nous agissons pour le bien de la Nation d'Israël, pour le bien de l'Etat d'Israël, pour le bien de la sécurité de nos familles. Par dessus tout, nous agissons pour la sanctification du Nom de D. (Kidush Hashem), et pour l'éradication de la désacralisation de son Nom jusqu'à l'heure de la Rédemption Finale.

Avec beaucoup de soucis et d'amour pour Israël
Binyamin Kahane

Le Livre blanc

Le Livre blanc.
Yona Dureau pour Alliance
Introduction
Résumé
Table des matières
Pourquoi les engagements formels étaient-ils si importants au cours du processus de paix après 1993?

Cas de mauvaise foi flagrante, Arafat créé une logique de manquements
Aspects spécifiques des infractions

Usage direct de la violence
Pratiques quotidiennes
Ambiguité envers des actes terroristes ou complicité patente
Non-confiscation des armes illégales
Incitation à la haine
Autres aspects des infractions palestiniennes
L'importance numérique de la police palestinienne
Organes de sécurité palestiniens opérant en dehors de zones contractuelles
Infractions à l'aéroport de Gaza (Dahanyyah)
Refus de mettre en oeuvre une politique de contrôle des visiteurs
Relations extérieures
Infractions économiques
Infractions sur les infrastructures
Activité criminelle sous les auspices de l'autorité palestinienne
Les hypothèses eronnées
La paix un choix irréversible?
Un pari sur le bien être du peuple ?
Négociations bilatérales
La racine des causes
La politique d'Arafat": éviter les choix"
Détourner l'attention des échecs internes
Graphique: courbe du produit réel par tête en 1993=100, un pic en 1994 et un déclin jusqu'en 1997 suivi d'une remontée partielle jusqu'au milieu de l'an 2000.
Les théories de la conspiration et les mauvais calculs
Annexe A": Les engagements clés pris par l'OLP/ autorité palestinienne
Prévention de l'incitation
Interdiction des armes illégales

 

 

Introduction

Le Livre blanc est un rapport rédigé par Danny Yatom, le conseiller en chef de M. Ehud Barak, sur la demande de celui-ci.
Ce rapport concerne toutes les transgressions des accords de paix par les Palestiniens. Un rapport de ce type avait déjà été rédigé par les services d'information du gouvernement Natayahou, et avait servi à ménager les clauses de sécurité d'Israël dans les pourparlers à Washington. Le présent rapport est une version assez expurgée des constatations faites par les services de sécurité israëliens.
Le Livre blanc pose néanmoins de nombreuses questions sur la nouvelle stratégie adoptée par Barak après le baillonage des media concernant la violations des accords par les Palestiniens. Barak a-t-il l'intention de se présenter à présent comme un homme fort, résistant aux pressions internationales à la vue des exactions palestiniennes? Pense-t-il ainsi renouveler son image face à Sharon? Il tromperait alors son électorat de gauche. Feint-il d'avoir ignoré ces exactions pendant toutes ces années. Il paraît alors irresponsable et incapable.
Le rapport laisse songeur quant à la viabilité de tout accord futur. Il démontre par exemple que Yasser Arafat n'est pas un partenaire crédible pour la paix, qu'il a récompensé par une décoration post-mortem les terroritstes condamnés la veille verbalement lors d'une discussion avec le gouvernement israëlien, relaxé ou aquitté des condamnés palestiniens devant selon les accords demeurer dans des prisons palestiniennes, et encouragé et fomenté la violence à de nombreuses reprises contre Israël.
Les rapports récents par les services de sécurité israëliens ont montré sans ambage que TOUS les attentats ayant eu lieu contre les Israëliens depuis les accords d'Oslo avaient eu lieu avec l'assentiment de Yasser Arafat. Ceci ne pose pas seulement la question de sa cr'édibilité en tant que partenaire pour la paix. Ces faits, ajoutés au nombre élevé d'attentats contre des civils innocents DEPUIS la création de l'OLP en fait, selon la loi internationale, un criminel de guerre.
Ou bien aurait-on décidé, en haut lieu, à la Hague, que tuer des Juifs serait justifié par une loi différente, et que cela n'est pas condamnable ?
Nous publions donc ici le Livre blanc dans sa totalité, et nous ferons suivre ce dossier d'un dossier concernant tous les assassinats commis en Israël contre des Israëliens depuis la signature des accords d'Oslo.

Note de l'IMRA": (Nahman Shai, le coordinateur des affaires publiques du gouvernement Barak, a diffusé ce ´"livre blanc"ª le 20 novembre 2000. Ceci en est le texte complet. Les photographies et graphiques n'ont pas été inclus. Bien que ce document ait été distribué par le gouvernement israélien lors d'une conférence de presse officielle, il ne porte aucune mention indiquant son origine, son auteur ou un rapport quelconque avec le gouvernement israélien.).
Non-respect des accords signés et des engagements pris par l'Autorité palestinienne et l'OLP": Récapitulatif de la mauvaise foi et des infractions.
Le 20 novembre 2000

Résumé
La vague de violence actuelle, menée par les Tanzims du Fatah, est essentiellement une tentative d'Arafat de parvenir à ses fins par la violence et d'éviter de faire les choix nécéssaires à la réussite des négociations.
Des hypothèses de base se sont révélées erronées":
L'attitude d'Arafat à la suite du sommet de Camp David indique qu'il prefèrait ne pas être confronté aux difficiles décisions nécessaires à un compromis historique.

Au lieu de se préoccuper du bien être de son peuple, nous le voyons prêt à utiliser les souffrances des palestiniens, particulièrement la mort des enfants qui est exploitée de faÁon éhontée.

Plutôt que de tenir compte des sensibilités juives et israéliennes (parallèlement à leurs droits légitimes), les Palestiniens prefèrent maintenant attiser les flammes de l'identité politique islamique (Al Quds est en danger) de faÁon à rompre les négociations et à les remplacer par une intervention internationale.

La dynamique du "combat"ª a pris le dessus sur les engagements des palestiniens, parmi les manquements à leurs obligations on compte":

- L'usage direct de la violence par la police palestinienne qu'Arafat considère en fait comme les forces armées de l'autorité palestinienne au cours d'affrontements violents. Un des cas les plus graves est le lynchage de deux réservistes de l'armée israélienne à Ramallah le 12 octobre 2000 et dont les policiers palestiniens sont largement responsables.

- Une attitude ambiguë, voire complice, envers le terrorisme. Une certaine tolérance envers le Hamas a contribué aux effusions de sang lors des attentats terroristes de février et mars 1996. Dans la crise actuelle, la sécurité préventive de l'autorité palestinienne, et surtout les Tanzims (la milice du Fatah d'Arafat), prennent une part active dans les attaques terroristes et la coopération préventive a été quasiment abandonnée.

- La non-confiscation des armes illégales. Des milliers d'armes ont été laissées aux mains des Tanzims depuis 1994 et elles ont été vues aux cours des évènements récents, lors des manifestations et des funérailles dans les Territoires.
L'incitation à la haine. Des tentatives répetées de mobiliser les masses arabes et de déstabiliser la région aux cris de"´Ou est Saladin"? ª constituent un des éléments clés de cette crise. Cela dans un climat général d'éducation et de messages publics qui dénigrent les juifs et écartent toute possibilité de solution négociée.

L'importance numérique de la force armée palestinienne, plus de 40 000 hommes, est en contradiction avec l'accord intérimaire.

Les organes de la sécurité palestinienne opèrent en dehors des zones prévues, en particulier à Jérusalem-Est, ce qui constitue une infraction aux accords.

L'aéroport de Gaza a été le thé,tre de nombreux manquements qui laissent à penser que l'aéroport sert à des fins illégales.

Au plan des Affaires Etrangères, l'autorité palestinienne contrevient aux accords quant à son statut intérimaire.

Les accords et processus économiques et d'infrastructure sont régulièrement ignorés.

Des activités criminelles à grande échelle se déroulent sous les auspices de l'autorité palestinienne ( depuis les vols de voitures jusqu'à l'évasion fiscale).

Au cours de la crise actuelle, l'autorité palestinienne n'a pas protégé les lieux saints juifs à Naplouse et à Jéricho.

Il convient de rappeler que l'OLP n'était pas une entité inconnue quand le processus de paix fut mis en route. Il avait une longue histoire de terrorisme, d'infraction aux accords (avec les gouvernements arabes de Jordanie et du Liban) et d'abus dans les régions controllées par lui. En raison de cela, des engagements formels furent exigés avant la signature de la déclaration de principes, en particulier les engagements pris avec Itshak Rabin. Toutefois, ces engagements ont toujours été interpretés très aléatoirement et n'ont été honorés que lorsque Arafat et l'autorité palestinienne le jugeait utile.

Table des matières


Importance des engagements formels avant le processus de paix de 1993.
Mauvaise foi fondamentale": la logique de non-respect des accords d'Arafat.
Aspects spécifiques des infractions.
Usage direct de la violence.
Dans la crise actuelle.
En permanence(enlèvements de citoyens israéliens etc.
Terrorisme": ambivalence et complicité.
Non-confiscation des armes illégales.
Incitation et perpétuation de la haine.
Autres aspects des infractions";
Importance numérique de la police palestinienne.
Organes de sécurité opérant en dehors des zones contractuelles.
Infractions à l'aéroport de Gaza.
Refus de mettre en úuvre une politique de contrôle des visiteurs.
Relations Exterieures.
Infractions économiques et sur les infrastructures.
Activité criminelle sous les auspices de l'autorité palestinienne.
Non-protection des lieux saints.
Les hypothèses réfutées":
La paix": un choix irréversible.
Un pari sur le bien être du peuple.
Négociations bilatérales.
La racine des causes":
La stratégie d'Arafat": éviter les choix.
Détourner l'attention des échecs internes.
Théories de la conspiration et mauvais calcul.

Pourquoi les engagements formels étaient-ils si importants au cours du processus de paix après 1993?
Depuis septembre 1993, l'OLP en tant qu'organisation est devenue signataire de la Déclaration de Principes et le partenaire d'Israël dans les négociations. Ceci explique la nécessité d'engagements formels sur de nombreuses questions afin d'assurer que la direction de l'OLP avait bel et bien rompu avec ses positions, sa mauvaise foi et ses pratiques antérieures, celles du temps ou elle était une coalition de mouvements terroristes(feddayin).

A plusieurs reprises dans son histoire, l'OLP et les organisations qui la constituaient avaient eu recours à une stratégie d'élimination de l'état d'Israël en tant que tel, cette stratégie figurait même dans la Charte Nationale Palestinienne.
A ce titre, l'OLP était impliquée dans de nombreuses actions terroristes des manquements aux accords avec les pays arabes hôtes
des abus dans les zones controllées par leur "état dans l'état"au Liban.

C'est dans ce contexte qu'Israël se voit contraint d'exiger des engagements formels sur les aspects les plus élémentaires et les plus évidents du processus. De fait, les engagements furent obtenus mais dans la majorité des cas, ils furent interpretés de façon aléatoire régulièrement en ce qui concerne les questions clés de la sécurité, l'usage de la force et la prévention du terrorisme.

En dépit de l'accumulation des preuves de mauvaise foi comme nous le verrons ci-dessous, Israël et les autres parties concernées gardaient l'espoir d'une paix stable. Ils supposaient que le processus et son importance ameneraient Arafat à modifier son approche et à ne pas considerer la violence comme une option possible.
Cet espoir a disparu maintenant.

Cas de mauvaise foi flagrante, Arafat créé une logique de manquements:

Dès son discours sur la pelouse de la Maison Blanche en septembre 1993, Arafat a indiqué que pour lui la Déclaration de Principes ne signifiait en rien la fin du conflit.
A aucun moment il n'a quitté l'uniforme symbole de son statut de chef de guerre révolutionnaire.
En outre, la carte de la Palestine demeura la même que par le passé, englobant tout le territoire de la Palestine d'avant le mandat britannique de 1948 (voir photo).

En diverses occasions, Arafat continua d'utiliser le mot de ´"Jihad"ªlittéralement ´"la Lutte"ª mais dans le contexte à connotation religieuse du conflit palestinien, c'était une référence évidente à la violence. Ainsi, au cours des obsèques d'un dirigeant palestinien le 15 juin 1995 et au plus fort des conversations d'Oslo, il rend un hommage appuyé à deux femmes terroristes (Dalal el Mugrab et Abir Wahidi) et qualifie les enfants qui jettent de pierres de´"généraux palestiniens." Il jure à son auditoire qui était favorable au Hamas ´"de poursuivre ce difficile Jihad, dans la voie des martyrs, la voie des sacrifices"."

Dans ce contexte, il est particulièrement intéressant de noter les allusions répétées au traité de Huddaybiyyah signé par le prophète Mahomet avec ses ennemis de la Mecque quand ils étaient plus forts que lui et abandonné ensuite(dès qu'il eut conquit la ville) bien avant la date prévue par le traité. La première référence à ce traité eut lieu peu après la signature des accords intérimaires dans le discours du ´"Jihad"ª qu'il fit à la mosquée de Johannesbourg.
La communauté juive parvint à se procurer ce discours et il fut diffusé en Israël en mai 1994.

La signification de ce traité d'Hudaybiyyah a été explicitée par Arafat lui-même quelques mois plus tard à l'occasion de la commémoration de l'incendie d'El Aqsa (incendie causé par un australien fou mais fréquemment utilisé par la propagande palestinienne pour démontrer les mauvaises intentions des juifs).
Le prophète, le messager d'Allah, le dernier des prophètes a-t-il vraiment accepté d'être humilié (comme Omar bin el Khattab l'en accuse)"? Non et non. Il n'accepta pas d'être humilié. Mais chaque situation a ses propres circonstances. (Télévision palestinienne le 21 août 1995).

La référence a ce traité reparait en 1998, en parrallèle avec l'avertissement que "toutes les options sont ouvertes au peuple palestinien"ª(orbit télévision 18 avril 1998). Voici au fond la logique de l'acceptation du traité d'Oslo, des négociations et des divers engagements pris.
Il ne s'agit aucunement d'éléments de confiance et de coopération mais de mesures temporaires qui seront abandonnées dès que possible.

Arafat, un ancien frère musulman contraint à quitter l'Egypte de Nasser dans les années 50, parle le langage habituel de l'islam radical à ce public musulman de la mosquée de Johanesbourg en mai 1994.

A des publics plus laïques, cela lui permet de proposer de façon acceptable la nature provisoire de ses engagements dans le cadre de la ´"stratégie des étapes"ª pour la libération de la Palestine, stratégie adoptée par le conseil national en 1974.

Une autre décision de 1974, celle d'établir une autorité palestinienne sur tout territoire évacué par Israël a également été évoquée par Arafat sur la pelouse la Maison Blanche en septembre 1993 et lors de la première session du conseil législatif de l'autorité palestinienne en mars 1996 (el ayyam, le 8 mars 1996).

Pièce maitresse du processus de paix, cette interprétation de l'engagement de ne pas recourir à la violence était partagée par les lieutenants d'Arafat.

Au cours d'un discours (disponible en vidéo) devant un forum à Naplouse en janvier 1996 et alors que les négociations se poursuivent, Nabil Shaat décrit la situation dans des termes qui semblaient irréalistes mais paraissent aujourd'hui familier": ´"Nous avons décidé de libérer notre patrie pas à pas. Si Israël continue, pas de problèmes. Nous honorerons les traités de paix et la non violence mais dès qu'Israël s'arrête nous retournerons à la violence. Mais cette fois-ci, ce sera avec 30 000 soldats armés et dans un pays possèdant déjà des éléments de liberté Si nous sommes dans l'impasse, nous reviendrons à la guerre et nous lutterons comme il y a quarante ans."

A la suite du changement de gouvernement en Israël, et trois semaines avant le percement du tunnel dans le Mur Occidental à Jérusalem, un officier supérieur palestinien, Mohammed Dahlan prévient (Al hayyat 2 septembre 1996) qu'un retour à la lutte armée, avec la participation active des forces armées n'est pas exclu en raison de l'impasse dans les négociations. Mohammed Dahlan est le chef de Sécurité Préventive à Gaza et il peut être tenu pour responsable de l'activité terroriste dans ce secteur.

Au cours des évènements du ´"tunnel"ª, (appelés ´"la campagne el Aqsa"par les Palestiniens), Arafat s'adressa aux réfugiés du camp de Daisheh près de Bethlehem et il mit à nouveau l'accent sur la continuation du Jihad palestinien ´"nous ne connaissons qu'un seul mot"ª) et sur le fait que ´"toutes les options restent ouvertes"ª.

Ce sentiment est partagé par d'autres. Ainsi, le plus haut dignitaire religieux de la hierarchie palestinienne, le grand Mufti de ´"Jérusalem et des terres palestiniennes"ª, le cheikh Ikrimah Sabri, déclare au journal palestinien ´"Al ayyam"ª que Jérusalem ne peut être récuperée au moyen de négociations et donc la seule option est la guerre. Le chef du Fatah en Judée et Samarie, Marwan Barghuti, un des hommes clé dans les évènements actuels, prévient dès mars 1997 que ses hommes sont enclins à reprendre la lutte armée et il applaudit à l'attentat de Tel Aviv où trois femmes trouvèrent la mort (Al ayyam, Al hayat el jadidah 26 et 27 mars 1997).

Le 15 novembre 1998, au cours d'une réunion Arafat menace encore ´"le fusil palestinien est prêt et nous viserons s'ils essayent de nous empêcher de prier à Jérusalem les généraux des pierres sont prêts (al ayyam le 16 novembre 1998). Sur ce même ton, il s'adresse aux cadres du Fatah pour la région de Jérusalem lors de la commémoration du 31ème anniversaire de la bataille de Karameh et il se déclare prêt à livrer des batailles similaires pour défendre les droits de la Palestine (Ha arets le 21 mars 1999).

Plus récemment et sous l'influence de ce qui fut perçu comme une victoire du Hezbollah au Sud Liban, les références à l'option violente se multiplient. De fait, l'entrainement des enfants en vue de la lutte armée est utilisé pendant le sommet de Camp David, allusion à ce qui se passerait si les exigences palestiniennes n'étaient pas satisfaites.

A mesure que la crise actuelle se déroule, Nabil Shaat nous propose une explication de ce qu'Arafat entendait par ´"toutes les options restent ouvertes"ª au cours d'une interview accordé à la télévision ANN à Londres (le 7 octobre 2000). Il rappelle à son interlocuteur que personne ne le croyait quand il le disait mais le choix ne se pose pas entre les options de négociations ou de lutte. Vous pouvez négocier et vous battre en même temps (comme les algériens et les vietnamiens). Donc, ´"le peuple palestinien combat avec des armes, avec le Jihad, avec l'intifada et les actions suicide et il est destiné à toujours se battre et négocier en même temps"ª.

Aspects spécifiques des infractions

La liste des cas figurant ci dessous n'est aucunement exhaustive. Elle suffit néanmoins à apporter la preuve que la logique de l'infraction que nous avons présentée plus haut a conduit à un schéma d'abus et de violence ouverte de la part de l'autorité palestinienne.

De fait, cette crise constitue un tournant. Elle a été précedée par des éruptions au nombre desquelles la crise du tunnel en septembre 1996 et les brefs incidents de Nakba en mai 2000.
Néanmoins, l'autorité palestinienne n'a jamais autant fait fi des engagements pris et créé jour après jour une atmosphère d'émotions vives, de haine et de peur dans l'espoir d'une mobilisation palestinienne et pan arabe générale.

Tout ceci constitue non seulement un manquement aux engagements pris lors des accords d'Oslo, mais encore un refus patent de se conformer aux décisions prises au récent sommet de Sharm el Sheikh. Ce schéma de refus de respect des engagements tant écrits qu'oraux, en particulier l'usage d'une milice illégalement armée sous les ordres d'Arafat dans un conflit de basse intensité sous le couvert d'intifada ou de protestation populaire, tout cela confirme que dans l'optique des palestiniens cette nouvelle dynamique de lutte prend le pas sur ´"pacta sunt servanda"ª.

Au-delà de l'état actuel des combats, les infractions des palestiniens s'étendent à de larges pans de la vie quotidienne depuis les manuels scolaires jusqu'aux vols de voitures. Certains de ces aspects(mais pas tous) sont commentés ici.

Usage direct de la violence

Il est évident que l'infraction la plus flagrante à leurs engagements consiste en la participation directe des forces armées, à savoir la ´"police" palestinienne qui est en fait l'armée régulière d'Arafat et ses divers organes de sécurité, dans des affrontements avec l'armée israélienne et des attaques contre des civils israéliens.

Ce schéma avait déjà été mis en évidence en 1996 lorsque des policiers palestiniens avaient joué un rôle important dans les affrontements qui avaient causé la mort de 15 soldats israéliens. En effet, ils agissaient comme des combattants alors que quelques heures plus tôt certains d'entre eux participaient à des patrouilles conjointes avec l'armée israélienne selon les termes de l'accord interimaire.

Dans la crise actuelle, le rôle de la police palestinienne a été fort ambigu. Ce qui correspond au désir d'Arafat de masquer partiellement ses agissements en utilisant surtout les Tanzims ou cadres du Fatah, lors des attaques sur des cibles israéliennes.

En fait, dans le contexte actuel les chefs de la police locale recevaient parfois l'ordre de rétablir le calme mais leurs actes laissent à penser qu'ils sentaient (ou mieux qu'ils réalisaient ) que ceux ci ne cadraient pas avec le soutien d'Arafat pour la lutte armée (comme indiqué par la propagande que nous examinerons ci dessous). C'est pourquoi ces chefs de police ne mettaient pas tout en úuvre pour un retour au calme.

Dans de nombreux cas, les policiers palestiniens ont prit une part active dans les combats, soit de faÁon organisée soit individuellement, et il n'existe pas de preuves que des mesures disciplinaires aient été prises à leur encontre à quelque moment que ce soit".

Leur responsabilité est engagée dans l'événement le plus grave de la crise actuelle à savoir le lynchage de deux réservistes israéliens à Ramallah le 12 octobre 2000. Bien que la foule les ait effectivement tués et mutilés leur corps, ce sont des policiers palestiniens qui les avaient arretés et conduit au quartier général de la police au centre de la ville. Les policiers n'ont ensuite fait que peu d'efforts pour empêcher les agissements de la foule, et à ce jour aucune sanction n'a été prise contre eux.

Pratiques quotidiennes

Les organes de sécurité palestiniens tels que la sécurité préventive ou les services secrets et leur bras armé en Judée et Samarie, le colonel Tawfik Tirawi, ont pris part à des actions violentes en contradiction avec les accords. Il s'agit de l'enlèvement et l'arrestation illégales de civils israéliens (ou parfois d'arabes israéliens soupÁonnés de collaboration) et du meurtre d'agents immobiliers palestiniens soupÁonnés de vendre des terres aux juifs.

Un autre cas flagrant où un officier supérieur palestinien agit en fait comme un terroriste concerne le général Ghazi Jabali. Il avait donné l'ordre d'attaquer des habitants des implantations de Judée en juillet 1997 à deux colonels qui réalisèrent l'opération (Yediot Aharonot 18 juillet 1997).

En outre, les policiers palestiniens ou membres de diverses forces organisées ont fait usage de leurs armes pour soutenir des manifestations violentes contre l'armée israélienne à plusieurs reprises en des points sensibles (à Bethlehem en mars 1998, sur la route de Gush Katif en juillet 1998 et à Khan Yunes en février 1999).

Ambiguité envers des actes terroristes ou complicité patente

´"Je tiens à dire clairement que toute entente entre le Hamas et l'OLP concernant la poursuite du terrorisme par le Hamas avec le soutien de l'OLP rendrait nul et non avenu tout accord, (déclaration de Itshak Rabin à la Knesset le 18 avril 1994). En effet, aux yeux des israéliens c'est l'incapacité des palestiniens à mettre fin au terrorisme qui est l'obstacle majeur à l'épanouissement de la confiance et de la coopération. Les rapprochements périodiques de l'OLP avec le Hamas et le Jihad Islamique ont suscité une grande amertume chez les Israéliens en 1995-96 et cette situation se répète aujourd'hui.

Une avancée importante dans ce domaine fut l'entente entre l'autorité palestinienne et le Hamas, préparée en vue des élections au conseil législatif de janvier 1996 et qui incluait les ´règles du"jeu"ª auxquelles Rabin faisait allusion un an plus tôt. Selon un document préparé avec le Hamas en octobre 1995, l'autorité palestinienne souhaitait mettre un terme aux opérations militaires sur et à partir de ses territoires (résumé de presse JMCC le 12 octobre 1995).

L'accord final signé au Caire entre le dirigeant palestinien Salim al Za'anun et le leader du Hamas Khalid Mash'al (Al Quds le 2 décembre 1995) permettait au Hamas de faire des réserves quant aux engagements palestiniens de mettre fin au terrorisme mais le Hamas s'engageait à ne pas mettre dans l'embarras l'autorité palestinienne (c.a.d. d'éviter les opérations dont l'OLP pourrait être tenu pour responsable.)

Au cours d'un entretien conjoint, Za'anun alla jusqu'à expliquer qu'en cas d'attaque sur Hébron (qui était alors sous contrôle israélien) les Palestiniens ne feront rien car si Israël souhaite éviter de telles actions, il n'a qu'à se retirer du reste de ces territoiresÖ(Al nahar le 23 décembre 1995).

Ce concept a été explicité quelques mois plus tard par le représentant de l'OLP auprès de la Ligue Arabe. Il déclara que le Hamas s'engageait à ne pas agir à partir des zones controllées par les Palestiniens (MENA le 8 mars 1996, in FBIS-NES 96-048 mars II). Quand il fit cette déclaration, la campagne terroriste en Israël battait son plein et les chances du processus de paix étaient pratiquement ruinées. Ceci ne servit qu'à confirmer une négligence coupable ou une complicité active voire un soutien moral du Hamas de la part de l'autorité palestinienne et ses organes de sécurité.

A partir de mai 1994 et tout au long de la période de consolidation des zones sous contrôle palestinien, Arafat a constamment résisté aux pressions d'Israël pour mettre fin et détruire l'infrastructure mise en place par le Hamas. Cette attitude a sapé les bases de la déclaration d'Oslo et sa conséquence la plus évidente fut l'accroissement du nombre d'israéliens qui moururent dans des attaques terroristes pendant cette période.

Pendant toute cette période, Arafat continua de soutenir politiquement le Hamas. Lorsque ´"l'ingénieur" Yahia Ayyash qui était responsable des pires attentats fut tué, il vint présenter ses condoléances au chef du Hamas Mahmoud el Zahar(al Quds le 6 janvier 1996.) Au même moment, Dahlan, le chef de la sécurité préventive à Gaza gardait contact avec le leader de la branche armée du Hamas, Mohammed Dheif et ils ne rompront leurs relations qu'après le deuxième attentat à la bombe de Jérusalem. (Ha arets le 10 mars 1996.)

A la suite des attentats suicide de février et mars 1996, ce n'est qu'en raison des retombées politiques et des pressions internationales que l'autorité palestinienne mettra un terme à ces agissements dont elle comprendra tardivement la portée.

Néanmoins, en mars 1997, Arafat donnera à nouveau le ´"feu vert"ª au Hamas juste avant l'attentat de Tel Aviv (auquel comme nous l'avons déjà mentionné Barghuti applaudit). Ceci ressort implicitement de la déclaration faite à un journal américain (Miami Herald le 5 avril 1997) par un des membres du cabinet d'Arafat et proche du Hamas, Imad Faluji.

Au cours des années suivantes, la question de la réciprocité deviendra centrale aux négociations et aboutira au mémorandum de Wye River et aux ententes sécuritaires afférentes. Les résultats seront en dent de scie, il y aura un respect partiel des engagements obtenu sous la pression mais les Palestiniens ne prendront aucune mesure sérieuse contre les infrastructures terroristes et la pratique de la porte tambour. Celle ci consiste à libérer des activistes du Hamas et du Jihad islamique bien avant qu'ils aient purgé leur peine, pratique qui subsiste encore.

Depuis sa mise en place, l'autorité palestinienne a adopté une attitude très laxiste face aux terroristes. Hormis de rares cas où elle en a arrêté certains à la suite d'informations sur des attentats en préparation fournies par Israël ou les Etats Unis, son attitude a généralement été de :
- recruter des ex-faucons du Fatah au sein de ses divers organes de sécurité. Ainsi, en mai 1994 quand l'autorité palestinienne entre dans Gaza, elle nomme policiers deux frères, Rajih et Arnru Abu Sittah, alors qu'ils sont recherchés pour le meurtre d'un israélien en mars 1993. (Yediot Aharonot le 27 mai 1994.) Plus de 90 faucons, dont certains sont soupÁonnés du meurtre de ´"collaborateurs"ª palestiniens, seront recrutés en septembre 1994. (Ha arets le 10 septembre 1994.)
appliquer cette même pratique à des activistes autres que du Fatah sous le pretexte fallacieux que cela leur permettra de se ´"racheter"ª. Ghazi Jabali a admis qu'à un certain moment plus de 150 membres des mouvements ´"d'opposition"ª servaient dans ses forces de police (télévision palestinienne le 24 juin 1997.)

-refuser systématiquement l'extradition du moindre terroriste en contradiction flagrante avec les engagements pris.

-juger rapidement les terroristes appréhendés et de leur infliger une peine symbolique ayant pour conséquence d'empêcher leur extradition. Du reste, dans un de ces cas, le simulacre de procès de deux frères accusés du meurtre d'un couple de promeneurs israéliens en septembre 1995, donna lieu à une vague de protestations en Israël. Le ministre de l'éducation était alors le professeur Amnon Rubinstein qui soutenait le processus de paix, il publia une note officielle indiquant que l'OLP ne faisait rien pour éduquer la jeunesse palestinienne en vue de la paix et que cela anéantissait les tentatives d'établir la confiance et que des mauvaises plaisanteries telles que le procès de Jéricho ne servaient qu'à augmenter la méfiance des israéliens (déclaration du ministère de l'éducation le 18 septembre 1995.)

Non-confiscation des armes illégales

Quelques jours après la signature des accords intérimaires au Caire en mai 1995, Jibril Rajub, le chef de la sécurité préventive, expliqua que ces accords étaient opportuns pour les Palestiniens en raison de l'effondrement de l'URSS et de la défaite de Saddam dans la guerre du Golfe. Néanmoins, il ne fallait pas s'attendre à ce que les Palestiniens soient ´"l'armée de Lahad"ª (armée du sud Liban, alliée d'Israël à cette époque.) et qu'ils restreignent la liberté de ceux qui continuent la lutte armée contre Israël.

´"En ce qui concerne les armes, rapporte El Nahar le 25 mai 1994, Rajub les divise en trois parties. Premièrement, celles sous contrôle national, c.à.d. les armes en possession des factions nationales (telles que le Fatah) et qui sont utilisées directement contre l'occupation, celles ci seront autorisées par responsabilité nationale. Deuxièmement, les armes portées aujourd'hui ou dans le futur pour des raisons sociales ou personnelles, nous en étudierons le devenir. Troisièmement, les armes détenues par de personnes suspectes, des bandits et des espions, elles seront confisquées à tout prix. ª

Ce qui indiquait nettement qu'aucun effort ne serait fait pour mettre en oeuvre l'engagement ambigüe¸ de confisquer les armes illégales. Les membres du Fatah continuèrent donc de porter des armes ouvertement et dans les évènements récents, ils ont même arboré des armes interdites dans les territoires sous contrôle palestinien tels que certaines armes automatiques ou des grenades. On pense que des armes plus lourdes sont détenues par les forces palestiniennes, qu'elles aient été achetées, volées ou passées en contrebande. Une cache d'armes constituée à la suite du vol commandité par un officier palestinien d'un véhicule militaire israélien (voir photo) a été restituée à force de pressions sur l'autorité palestinienne.

Il fallut donc inclure à nouveau cette obligation de collecter les armes illégales dans le mémorandum de Wye River et ensuite dans les accords de Sharm el Sheikh en février 2000. Les Palestiniens acceptèrent de mettre en place un plan détaillé dans ce but mais en fait"
La loi sur les armes et les munitions adoptée en h,te par le conseil législatif à la suite des accords de Wye ne correspond pas aux exigences de l'accord intérimaire.
Sur le terrain, l'action de l'autorité palestinienne a été très limitée faute de plan véritable. En certaines occasions, des raids ont eu lieu contre des marchands d'armes à Gaza et dans les territoires pour des raisons personnelles ou locales.
Il n'y eut pas d'autre rapport à la commission de surveillance.

L'usage d'armes illégalement détenues, en particulier par les Tanzims, devint donc un problème crucial dans cette crise. C'est aussi un problème dans l'ensemble de la société palestinienne. Les rapports sur l'usage d'armes lors de mariages ont donné lieu à des discussions. La réponse apportée par les médias nationalistes fut ´"tournez vos armes contre l'ennemi."ª
(photos d'armes illégales)

Incitation à la haine

Comme les dirigeants palestiniens considèraient cette situation comme transitoire, ils ne firent aucun effort pour éduquer la jeunesse et la population en général sur l'acceptation d'Israël comme voisin et l'importance de la paix. Les seuls à oeuvrer dans cette direction furent des organisations non gouvernementales telles que ´"les Graines de la Paix"ª.

Il fallut beaucoup de temps et d'effort pour modifier les manuels scolaires palestiniens et en supprimer les textes anti-juifs, mais ils ne contiennent toujours pas de carte ou figure Israël ou même Tel Aviv"; Comme nous l'avons déjà dit, il n'existe qu'une carte de la Palestine qui est exposée partout en grand format. Les écoles et autres institutions perpétuent cette version. La question de l'éducation et de l'incitation à la haine a été soulevée lors des pourparlers de Wye et un comité conjoint fut créé mais il ne fit pas grand chose car il était impossible de combler le fossé conceptuel et le comité disparut rapidement. Les Palestiniens perpétuent la haine et le refus du sionisme et d'Israël ( connus selon l'usage populaire sous le nom de ´"juifs"ª) dans tant de domaines qu'il est impossible d'en dresser une liste exhaustive, on ne peut que citer quelques exemples édifiant.

Au cours des semaines qui ont précédé la crise actuelle, deux personnalités se sont attelées à expliquer à la population palestinienne l'impossibilité d'un compromis et la nécéssité de se préparer à une confrontation":
Hassan el Kashif, le directeur général du ministère de l'information, qui s'exprimait quotidiennement dans les médias électroniques et dans El Ayyam, expliquant que les Palestiniens ne pouvaient accepter les propositions de Camp David (ou une autre interprétation de la résolution 242), qu'ils devaient donc se préparer à une long combat ( et à stocker de la nourriture.)
Le sheikh Ikrimah Sabri, grand mufti de Jérusalem, qui dans le cadre des discussions sur le statut futur du mont du Temple pendant et après Camp David, a constamment incité à la haine et provoqué la crainte que les juifs ne détruisent
el Aksa pour reconstruire leur Temple, et ce malgré 33 ans de souveraineté israélienne.
Dès le début des violences, l'incitation à la haine a pris un tour jamais vu, dans le but de distiller la haine et de mobiliser ´"les masses arabes"ª. Elle se traduisait par l'exploitation macabre et répétée de la mort du petit Mohammed el Dhurra, (qualifiée d'execution) ainsi que par des détails sur les blessés et les morts avec visites guidées de la morgue et gros plans sur les blessures. A cela s'ajoutaient des chants nationalistes demandant ´"ou sont les millions d'arabes, ou sont Omar et Saladin"ª (les conquérants de Jérusalem). Ceci fut diffusé en boucles pendant des journées entières, interrompu seulement par des informations et des débats politiques ou les invités rivalisent de haine, colère et plans anti-israéliens.

Selon le communiqué final lu par le président Clinton à l'issue du sommet de Sharm el Sheikh, les deux parties se devaient de mettre un terme à l'incitation et à la violence. Ce ne fut pas le cas. Pendant quelques heures, la télévision palestinienne prit un ton plus calme concernant ce qu'ils qualifiaient ´"d'intifada pacifique"ª mais dès la tombée de la nuit et la reprise des tirs par les Tanzims, la propagande se remit en route reprit les exhibitions de morts et de blessés.

Autres aspects de des infractions palestiniennes

L'énumération qui précède n'est aucunement exhaustive. Dans un grand nombre de domaines, les Palestiniens ont soit sciemment ignoré soit évité de respecter les engagements pris, et leur conduite a sapé les fondements de confiance et de coopération qui devaient être mis en place au cours de cette période intérimaire.

L'importance numérique de la police palestinienne

Le nombre de policiers (de soldats en fait ) est en infraction constante avec les accords intérimaires. En mars 2000, lorsque cette situation a été évaluée, ils dépassaient d'un tiers le nombre prévu de 30 000 hommes, et seulement 20 000 noms avaient été soumis aux israéliens pour approbation comme convenu.
Le mémorandum des accords de Wye, ainsi que le premier engagement de Sharm el Sheikh prévoyaient un moyen de mettre fin à cette situation": les Palestiniens s'engageaient à transmettre une liste de tous les policiers. En fait, en février, ils soumirent deux listes, la première composée de 26 000 hommes en service actif et la deuxième de 16 000 policiers demandeurs d'emploi. En aucun cas, les Palestiniens n'ont-ils tenté de résoudre ce problème.

Organes de sécurité palestiniens opérant en dehors de zones contractuelles

L'activité fréquente des policiers/soldats palestiniens dans les zones B qui devraient demeurer sous contrôle israélien, et dans les zones C qui sont entièrement sous contrôle israélien, constitue une autre infraction répétée. Les membres des divers organes de sécurité et en particulier la sécurité préventive opèrent en des endroits où ils ne doivent agir qu'en coordination avec les Israéliens ( en particulier à Jérusalem-Est et Hébron.)

Infractions à l'aéroport de Gaza (Dahanyyah)

Depuis la signature du protocole de l'aéroport, des manquements répétés ont été constatés": utilisation d'ambulances pour éviter l'inspection et même pour ramener un terroriste recherché en décembre 1999, ouvriers groupés autour des appareils en contravention des accords, ignorance des provisions du protocole concernant le contrôle de sécurité du personnel et construction d'installations de fret sans notification préalable.

Refus de mettre en oeuvre une politique de contrôle des visiteurs

Dans ce contexte de violation des règles d'immigration et d'enregistrement, plus de 40 000 personnes ont dépassé l'échéance de leur permis de visite et se sont même installées comme résidents, certains sont même employés par les institutions palestiniennes.

Relations extérieures

La majeure partie du réseau de relations extérieures de l'autorité palestinienne, qu'elles soient bilatérales ou en terme de participation à des organisations internationales (telles que les accords économiques avec la communauté européenne) sont en contradiction avec les accords intérimaires. Ceux ci définissaient les limites de son autorité, à savoir que tout document signé par un ´"ministre"ª de l'autorité palestinienne constitue une contravention au statut de celle ci.

Infractions économiques

L'autorité palestinienne accuse systématiquement Israël de mauvaise gestion des fonds de lëautorité, et à l'intention de sa population, elle prétend qu'Israël n'a pas versé les 800 millions de shekels dus, ce qui provoque des retards dans les salaires des enseignants et autres fonctionnaires. Néanmoins, cette somme a bien été versée par Israël (même pendant la crise actuelle) qui a aussi signé un accord avec l'autorité palestinienne incluant la taxe d'achat dans ces versements.

Infractions sur les infrastructures

L'autorité palestinienne ignore régulièrement la planification et l'urbanisme autant que les accords de coopération économique":
en construisant des routes et des projets publics dans la zone C où elle n'a pas de juridiction légale.
En prenant possession de terrains d'état dans la zone C ou de régions non attribuées (en blanc sur les cartes.)
En mettant en place des projets illégaux concernant l'eau et l'électricité .
En émettant sur des fréquences non coordonnées.

Activité criminelle sous les auspices de l'autorité palestinienne

Les accords intérimaires de 1994 engageaient les deux parties dans une coopération de prévention criminelle et d'échange d'information. Le mémorandum de Wye y ajouta une commission ad hoc pour discuter des relations économiques, ainsi qu'une coopération pour lutter contre les vols de véhicules.

En fait, toutefois, les vols de véhicules et d'autres formes d'activité criminelle se sont poursuivis à une telle échelle qu'il est impossible d'imaginer qu'ils pouvaient ne pas avoir lëaval de la police. Il y a des raisons de penser qu'ils touchent une commission sur cette industrie. On estime que la majeure partie des 45 000 voitures volées en Israël en 1997 ont abouti dans les régions sous contrôle palestinien. Elles sont généralement ´désossées"ª et vendues en pièces détachées ou affectées à des fonctionnaires de l'autorité palestinienne, (Ha arets le 21 ao°t 1998) et il apparaÓt en outre, qu'un appel téléphonique à l'officier supérieur compétent peut aider à retrouver le véhicule.

Les autres formes de criminalité régulièrement ignorée voire encouragée par l'autorité palestinienne sont la fraude financière, la fraude à grande échelle de la fiscalité indirecte. Le chef de la sécurité préventive Jibril Rajub est du reste impliqué dans une affaire et ses complices israéliens ont été arrêtés et condamnés. On note aussi des infractions à la propriété intellectuelle et la vente de produits ne répondant pas aux normes.
La non-protection des lieux saints

L'autorité palestinienne à failli par deux fois durant la crise récente à ses obligations au terme des accords intérimaires. Dans le cas du tombeau de Joseph, les commandants israéliens de la région de Naplouse avaient reÁu l'assurance que les lieux saints juifs seraient protégés. Or, quand ils évacuèrent le tombeau de Joseph pour éviter une effusion de sang, celui ci fut saccagé, br°lé et partiellement démantelé. Un officier palestinien a déclaré qu'aucun israélien n'y remettrait les pieds. De fait, un homme qui souhaitait visiter le site fut brutalement assassiné et un groupe de promeneurs (comprenant des femmes et des enfants) qui s'en approchait de trop près fut attaqué, il y eut un blessé et un mort.
En outre, le 12 octobre 2000, la police palestinienne ne parvint pas à empêcher la profanation de l'antique synagogue Shalom Al Israel de Jéricho qui fut incendiée et pillée.
Des efforts tardifs pour réparer les dégats n'ont été faits qu'en raison des violentes réactions internationales aux manquements des palestiniens. Il va sans dire qu'ils bafouent les sentiments religieux des juifs et pire encore, qu'Arafat utilise des arguments grossiers pour réfuter les revendications israéliennes sur le mont du Temple.

Les hypothèses eronnées

Quel est le résultat de tout cela?

De par sa nature, le processus d'Oslo supposait qu'avec le temps une nouvelle réalité de relations bilatérales s'établirait ouvrirant la voie à une souveraineté palestinienne. Cette indépendance amènerait Arafat à abandonner l'option de la violence et de la lutte. Il n'en fut rien.

La paix un choix irréversible?

Dans une lettre ouverte adressée à Arafat par l'éditorialiste américain Thomas Friedman (Il est temps de choisir, Yasser, le 6 octobre 2000), il lui demandait de choisir s'il était un révolutionnaire invétéré ou un homme de paix. Les preuves apportées par ce document donnent à penser que le choix n'a pas été fait ou alors que la direction de l'autorité palestinienne a opté pour la violence devant les décisions difficiles qui s'imposaient à l'issue du sommet de Camp David. Arafat avait fait savoir au Fatah, son bras armé, qu'il souhaitait qu'ils agissent (et prennent les armes.) Cette action fut soutenue par l'incitation à la haine diffusée par les médias palestiniens, journaux, radios et surtout la télévision.
L'option de l'intifada armée est en préparation depuis longtemps au niveau de sa planification (comme l'indiquent les rapports des services secrets ) et au niveau des opinions publiques arabes qui ont été d°ment préparées à refuser tout compromis sur les questions clés.

Un pari sur le bien être du peuple?

Une autre supposition qui sous-tendait le processus de paix était l'espoir qu'en devenant un état, l'autorité palestinienne prendrait ses décisions au mieux des intêrets du peuple même si l'évolution démocratique était loin d'être complète.
Cette hypothèse a également été remise en question et contredite par les récents évènements. Outre les problèmes plus vastes de mauvaise gestion des affaires publiques et économiques, l'incapacité de l'autorité palestinienne à satisfaire aux engagements sécuritaires amena Israël à prendre des mesures de restriction de la liberté de mouvement et d'emploi des palestiniens car ce sont les jeunes qui sont le plus facilement gagnés aux thèses du Hamas et des mouvements similaires. Il était aisé ensuite d'accuser Israël des conséquences économiques de ces restrictions alors que la cause était bien l'ambiguité d'Arafat à tenir ses engagements en matière de sécurité. Du reste, lorsque sus la pression internationale, il les respecta , la situation économique dans les territoires fut grandement améliorée, en 1998-99 par exemple.
L'indifférence des dirigeants palestiniens au bien être de leur peuple atteint des sommets. Depuis des semaines, la propagande met indéniablement l'accent sur la souffrance, celle des enfants en particulier qui est devenue capitale pour unir le peuple et le monde arabe. La mort tragique du petit Mohammed el Dhurra a été exploitée de faÁon systématique. L'autorité palestinienne a délibèrement prétendu qu'il a été ´"abattu de sang froid"ª alors qu'il s'est trouvé pris dans un tir croisé, ceci était diffusé plusieurs fois par heure par la télévision. En effet, cette stratégie s'appuie sur la souffrance et le manque, souvent organisé de l'intérieur, alors qu'Israël cherche à ravitailler les territoires. La tactique des Tanzims du Fatah vise à accroÓtre les souffrances des populations civiles, comme le prouve le fait de tirer sur Gilo depuis le village chrétien de Beit Jala, en connaissant fort bien les éventuelles conséquences pour la population.

Négociations bilatérales

Au coeur de la stratégie actuelle, comme le déclare Arafat dans son discours au sommet arabe du Caire le 21 octobre 2000, se trouve la menace d'instabilité régionale ou internationale si les exigences palestiniennes ne sont pas satisfaites. Il y a aussi un appel à la communauté internationale pour remplacer la structure actuelle du processus par un mécanisme de coercition car selon Arafat les USA ne sont pas parvenus à faire admettre l'interprétation arabe de ´"la légitimité internationaleª.
Ainsi, la souffrance du peuple palestinien est au centre de l'appel aux Nations Unies, qui au moyen de la procédure de ´"l'union pour la paix"ª permet à l'Assemblée Générale de passer outre au Conseil de Sécurité, et à celui ci de demander un envoi de force, comme au Kosovo, pour protéger ´"les territoires palestiniens"ª. Tout cela dans le but de quitter la table des négociations et d'éviter les choix difficiles.
La preuve que ces plans sont mis en oeuvre par Nabil Shahat, le ministre de la planification et de la coopération internationale existe depuis un an (le 9 mai 1999 déclaration à Al Ayyam, organe officiel de l'autorité palestinienne). L'actuelle demande d'une commission d'enquête internationale fait bel et bien partie de ce plan.

La racine des causes

Pour quelles raisons Arafat et les dirigeants palestiniens ont-ils opté pour la violence et l'incitation à la haine"? Un comportement répété pendant plusieurs semaines dans un but bien précis (l'internationalisation du conflit) et les moyens adaptés à ce but (le sacrifice et la souffrance télévisés des palestiniens ) ne peuvent être vus comme un caprice ou une aberration. Dans le contexte de ce que les sciences politiques modernes appellent ´"la rationalité limitée"ª, le pari d'Arafat est risqué mais pas irrationel.
Néanmoins, pour comprendre les causes de son choix, ou plutôt du refus des palestiniens de choisir une fois pour toutes la voie de la paix, il est nécéssaire de souligner, même brièvement, les thèmes récurrents dans le comportement politique d'Arafat au cours des années passées.

La politique d'Arafat": éviter les choix"

Tant qu'il a dirigé le Fatah et l'OLP, Arafat a toujours attaché une grande importance à"´"Istiqlal al Qarrar"ª, à savoir sa capacité à ne pas devenir l'agent de qui que ce soit, car nombreux étaient les leaders palestiniens inféodés à des puissances arabes ou étrangères. Arafat parvenait à manúuvrer entre les différents pôles, régionaux ou internationaux, avec lesquels il collaborait: l'Egypte et sa rivale dans le monde arabe, les protagonistes de la guerre froide, les Syriens et leurs ennemis au Liban.

Au cours des dernières années ce schéma d'indécision s'articula autour de deux pôles":
Jouer les USA contre l'Irak, qu'il voyait comme un contre poids arabe héroïque à la super puissance américaine. Cette tactique est encore utilisée dans une certaine mesure": ainsi, au sommet arabe, vantait-il les mérites de Clinton (à ne pas confondre avec le congrès américain) en même temps qu'il appelait à une levée des sanctions économiques prises contre le peuple irakien. Les sentiments pro-irakiens et les appels de la foule à Saddam Hussein pour qu'il frappe Tel Aviv (avec des armes chimiques) sont encore répandus chez les Palestiniens en dépit des leÁons tirées du choix désastreux de 1990-91.
Jouer le dialogue avec Israël (avec les obligations qui en découlent) contre une attitude ambivalente envers le Hamas, le terrorisme et l'usage de la violence. Ceci lui permet de garder toutes les options ouvertes et de montrer clairement qu'il n'est pas inféodé à Israël (comme l'ALS au Liban).

Détourner l'attention des échecs internes

Durant les mois qui ont précédé Camp David, et sans que cela ait un rapport avec la position d'Arafat, un large faisceau de preuves(bien qu'il soit difficile d'analyser les sentiments du public faute d'outils fiables dans une structure autoritaire) permettait de constater que le crédit dont jouissait Arafat auprès de ses administrés était épuisé.
Les sondages de Khalil Shikaki montraient que les indices de satisfaction d'Arafat chutaient régulièrement au-dessous de 40% et qu'une large majorité de personnes interrogées trouvaient les institutions de l'autorité palestinienne vénales, corrompues et incompétentes.
Au cúur du problème se trouve le système des monopoles économiques centralisés dominés par Muhammad Rashid(Khalid Salam) et son PCSC. Il détient des monopoles sur divers produits de première nécéssité, avec la famille Al Masri et leur holding, PADICO, et les nombreux interêts économiques des patrons de la sécurité, Dahlan et Rajoub.
Les résultats sont faciles à constater": un climat peu propice à la libre concurrence et à l'économie de marché, aucun respect de la propriété privée, la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics et de l'aide internationale et le manque de volonté de faire cesser ces pratiques. Telles sont les constatations faites les propres organes de contrôle de l'autorité palestinienne, par les pays donateurs et par les organisations non-gouvernementales.

Graphique: courbe du produit réel par tête en 1993=100, un pic en 1994 et un déclin jusqu'en 1997 suivi d'une remontée partielle jusqu'au milieu de l'an 2000.

La preuve la plus frappante du peu d'importance accordé aux populations est l'état de misère des réfugiés. Non seulement l'autorité palestinienne ne consacre aucune partie de son budget à l'amélioration de leurs conditions de vie, mais encore, elle exige que la communauté internationale augmente son aide.
Arafat a ignoré toutes les mises en garde de ses ´"amis"ª du Conseil des relations extérieures (CFR) qui a examiné les pratiques gouvernementales palestiniennes, aussi bien que les critiques internes qui furent rudement réprimées. Au vu de ces perspectives sombres, les habitants de Jérusalem-Est et a fortiori les Arabes israéliens ne souhaitent pas être gouvernés par l'autorité palestinienne.
Il n'est pas surprenant dans ce contexte qu'Arafat ait préferé mettre le feu aux poudres du conflit nationaliste et accuser Israël des souffrances de la population plutôt que de se consacrer à la reforme du système palestinien.

Les théories de la conspiration et les mauvais calculs

Un autre schéma récurrent dans le comportement d'Arafat est sa tendance à échafauder des théories de conspiration (Mu'amarat). C'est ainsi qu'il a ´"expliquéª la crise actuelle au sommet arabe du Caire, en mêlant intimement les faits et la fiction.
On peut voir un exemple de cette méthode lors des entretiens de mars et avril 1995 où Arafat présente une thèse selon laquelle une organisation secrète israélienne ´"une OAS à l'intérieur du GSSÖtravaillant avec le Hamas et le Jihad islamique serait responsable de l'attentat de Beit Lid où 20 israéliens trouvèrent la mort.
Il est à noter qu'à l'époque déjà cet argument était accompagné d'un avertissement": si Israël tentait de freiner le processus de paix pour des raisons de sécurité, cela aurait un effet désastreux sur l'image d'Israël dans le monde":" ´"Le roi Hussein ne vous suivra pas, les Egyptiens non plus, le Sénégal non plus, Mandela non plus, si le processus échoue avec nous, aucun des pays africains, ni les cinq états musulmans de l'Asie centrale, pas même la Chine car vous savez la force de nos liens avec ses étatsª(Gid'on Levi dans Ha arets le 28 avril 1995, voir aussi El Hayyat el Jadidah le 2 mars 1995.)
Ce mélange de théorie de conspiration et de menace qu'il n'y aura de stabilité pour Israël, la région ou le monde que si ses exigences sont satisfaites était au centre de son discours du Caire. Il accusait Israël et son armée d'avoir conspiré depuis plus d'un an pour préparer la ´"boucherie"ªdu peuple palestinien, d'où le besoin urgent d'une force d'interposition internationale dans tous les ´"territoires palestiniens".ª
Le danger qu'impliquent ces affirmations et ces prétentions de réalité est de conduire à une mauvaise évaluation de la situation, qui comme en 1995 amena Arafat à s'exempter de tout effort sérieux pour mettre fin au terrorisme, ce qui semble être le cas aujourd'hui aussi.

(Illustration": carte des ´"territoires palestiniens"ªtirée d'un document officiel et incluant tout Israël.)

Annexe A": Les engagements clés pris par l'OLP/ autorité palestinienne

´"Au seuil d'une ère nouvelle marquée par la signature de la Déclaration de Principe, l'OLP appelle le peuple palestinien sur la rive Ouest du Jourdain et dans la bande de Gaza à participer aux étapes menant à la normalisation, à refuser la violence et le terrorisme, contribuant ainsi à la paix et à la stabilité et prenant une part active à la reconstruction, au développement économique et à la coopération."ª (Déclaration d'Arafat dans une lettre adressée au ministre des affaires étrangères de Norvège le 9 septembre 1993, lettre qui précèdait et permettait la signature de cette même déclaration de principe.)
Cette lettre au ministre Johan Hoist et de nombreux autres engagements pris depuis lors ont parfois été respectés mais de manière aléatoire et quand cela convenait à Arafat. Toutes ces violations contredisent les engagements clés demandés et obtenus des partenaires palestiniens dans les négociations au cours des années passées": combattre la terreur et la violence.
Renonciation à l'usage du terrorisme et autres formes de violence (lettre d'Arafat à Rabin le 9 septembre 1993.)
Reconnaissance du droit à l'existence d'Israël dans la paix et la sécurité (lettre d'Arafat à Rabin le 9 septembre 1993.)
Engagement à trouver une solution pacifique au conflit et une solution négociée des autres questions concernant le statut permanent (lettre d'Arafat à Rabin le 9 septembre 1993.)
Adoption de mesures nécessaires pour empêcher les actes terroristes, les crimes et les hostilités et prises de mesures légales contre les délinquants (accord Gaza-Jéricho, article XVIII"; accords intérimaires article XV.)
Etablissement d'une force de police puissante afin de garantir l'ordre public et la sécurité interne des palestiniens (déclaration de principes, article VIII"; accord s Gaza-Jéricho, article VIII"; annexe I, article III, accords intérimaires, articles XII et XIV.)
La police palestinienne s'opposera systématiquement aux expressions de violence et de terreur (accords intérimaires, annexe I, article 11.1.)
La police palestinienne arrêtera et poursuivra en justice les individus soupÁonnés d'avoir perpétré des actes de violence ou de terrorisme (accords intérimaires, annexe I, article 11.1.)
Traitement immédiat et efficace de tout incident ou menace de violence ou d'incitation à la haine (accords intérimaires, annexe I, article 11.1.)
Arrestation, enquête et poursuite judiciaire contre les personnes impliquées directement ou indirectement dans actes terroristes, de violence ou d'incitation (accords intérimaires annexe 1, article 11.3.)
Dispositions de sécurité concernant l'urbanisme et la construction (accords Gaza-Jéricho, annexe I, article VI"; accords intérimaires, annexe 1, articles XII.)
Réaffirmation de l'engagement à combattre la terreur et la violence (mention au procès verbal sur Hébron janvier 1997.)
Réaffirmation de l'engagement à combattre systématiquement et efficacement les organisations terroristes (mention au procès verbal sur Hébron janvier 1997.)
Réaffirmation de l'engagement à arrêter, poursuivre en justice et ch,tier les terroristes(mention au procès verbal.)
Reconnaissance du fait qu'il est de leur intérêt vital de lutter contre le terrorisme et combattre la violence (mémorandum des accords de Wye, article II.)
Coopération israélo-palestinienne pour combattre le terrorisme (mémorandum des accords de Wye, article II.)
Lutte totale, continue et à long terme contre la terreur et la violence en ce qui concerne les terroristes, le soutien aux organisations terroristes et l'environnement favorable à la terreur (mémorandum des accords de Wye, article II.)
L'autorité palestinienne rendra public sa politique de tolérance zéro à l'égard de la terreur et de la violence (mémorandum des accords de Wye, article II.)
Etablissement d'un plan d'action palestinien pour combattre efficacement et systématiquement les organisations terroristes et leurs infrastructures (mémorandum des accords de Wye, article II, A.Ib.)
Création d'un comité américano-palestinien pour revoir les mesures prises afin d'éliminer les cellules terroristes et leur soutien (mémorandum des accords de Wye, article II.A.Id.c.)
Arrestation des individus soupÁonnés de commettre des actes de violence et de terreur, et établissement d'un comité américano-palestinien pour revoir ces questions (mémorandum des accords de Wye, article II, A.Id.e.)
Agir en vue de traiter efficacement tout incident comprenant une menace, un acte terroriste, de violence ou d'incitation. Echange d'informations, et coordination des politiques et activités dans ce domaine (mémorandum de Sharm el Sheikh, article 8a.)
Riposte immédiate et efficace en cas de survenance ou d'anticipation d'actes terroristes, de violence ou d'incitation et prises de mesures propres à éviter ces mêmes actes (mémorandum de Sharm el Sheikh, article 8.a.)

Prévention de l'incitation

Abstention de toute incitation y compris la propagande hostile et adoption de mesures pour prévenir de tels faits (accords intérimaires article XXII.)
Non-introduction de propagande hostile dans le système éducatif (accords intérimaires article XXII.)
Agir en vue de traiter efficacement tout incident comprenant une menace, un acte terroriste, de la violence ou de l'incitation (accords intérimaires, annexe 1, article 11.)
Prévention active de l'incitation à la violence (accords intérimaires, annexe 1, article 11.3.)
Arrestation, enquête et poursuite judiciaire des individus soupÁonnés de commettre des actes de violence et de terreur, (accords intérimaires, annexe 1, article 11.3.)
Réaffirmation de l'engagement à empêcher l'incitation et la propagande hostile (mention au procès verbal.)
Prise d'un décret (comparable à celui existant dans la législation israélienne)interdisant toute forme d'incitation à la violence à la terreur et établissement de mécanismes pour agir contre tous les types de violence et de terreur (mémorandum des accords de Wye, article II, A.3a..)
Création d'un comité américano-palestinien de surveillance des cas d'incitation à la violence ou à la terreur et qui peut émettre des recommandations et des rapports sue la manière de prévenir de tels actes (mémorandum de Sharm el Sheikh, article 8.a.)

Interdiction des armes illégales

Aucune fabrication, vente, achat, importation ou introduction de toutes armes à feu, munitions, explosifs, poudre ou équipements similaires sur la rive Ouest du Jourdain ou dans la bande de Gaza, à l'exception de ceux de la police palestinienne (accord s Gaza-Jéricho, article IX.3; accords intérimaires, article XIV.)
La police palestinienne empêchera la fabrication d'armes ainsi que le transfert de celles ci à des personnes non autorisées (accords intérimaires, annexe 1, article XI.2.)
Limitations des armes et munitions pour la police palestinienne (accord s Gaza-Jéricho, annexe 1, article III.5; accords intérimaires, annexe I, article IV"; protocole de Hébron, article 5.)
Réaffirmation de l'engagement à confisquer les armes illégales (mention au procès verbal.)
Création d'un cadre légal efficace pour rendre illicite l'importation, la fabrication, la vente sans licence, l'achat ou la détention d'armes à feu et de munitions dans les régions sous contrôle palestinien (mémorandum des accords de Wye, article II, A.2a..)
Etablissement et mise en úuvre d'un programme systématique de collecte et traitement des armes(mémorandum des accords de Wye, article II, A.2b.)
Etablissement d'un comité américano-palestinien pour aider et promouvoir la coopération dans la lutte contre la contrebande et l'introduction illégale d'armes ou de matériels explosifs dans les régions sous contrôle palestinien (mémorandum des accords de Wye, article II, A.2c.)
Poursuite du programme de collecte des armes illégales et de coopération avec les Israéliens (mémorandum de Sharm el Sheikh, article 8.b.)
Etablissement d'un Comité Conjoint de Coordination et de Coopération à la Sécurité et de bureaux de coordination régionaux (accords Gaza-Jéricho, article 8"; annexe 1, article II"; accords intérimaires, article XII.)
Etablissement de patrouilles et d'unités mobiles conjointes (accords Gaza-Jéricho, annexe 1, article II; protocole d'Hébron, article 4.)
Etablissement d'un comité conjoint de l'aviation, de la coordination maritime et d'un centre de coopération (accords Gaza-Jéricho, annexe 1, article XI et XII; accords intérimaires, annexe 1, articles XIII et XIV.)
Arrestation et extradition des individus soupÁonnés, accusés de ou condamnés pour des infractions à la législation israélienne (accords Gaza-Jéricho, annexe III, article 11.7; accords intérimaires, annexe IV, article 11.7.)
Les demandes d'arrestation et d'extradition des individus qui doivent être présentés au Comité Juridique Conjoint doivent être traitées dans les 12 semaines (mémorandum des accords de Wye, article II, B.3.)
Coopération bilatérale de sécurité pleine et complète (mémorandum des accords de Wye, article II, B.1.)
Echange de formation, de soutien et d'expertise dans le domaine médico-légal (mémorandum des accords de Wye, article II,B.2.)
Etablissement d'un comité supérieur israélo-palestinien pour évaluer les risques, traiter les obstacles à une coopération sécuritaire efficace et gérer les mesures de lutte contre les terroristes et leurs organisations (mémorandum des accords de Wye, article II, B.3.)
Entreprendre d'établir les responsabilités et la coopération en matière de sécurité (mémorandum de Sharm el Sheikh, article 8.)

Annexe B

Mise en oeuvre des accords de Sharm el Sheikh (17 et 29 octobre 2000.)
Déclaration publique sans équivoque appelant à la cessation des violences":
Côté israélien": appel sans équivoque
Côté palestinien": appel vague
Ouverture des passages internationaux":
Côté israélien": ouverture réalisée

Ouverture de l'aéroport de Gaza":
Côté israélien": ouverture réalisée et aéroport fonctionnel

Levée des bouclages internes":
Côté israélien": levée réalisée

Parvenir à l'arrêt des violences et maintenir le calme":
Côté palestinien": poursuite des tirs à l'arme automatique et usage d'explosifs (24 incidents par jour)

Reprise de la coopération sécuritaire":
Israël a organisé trois réunions au niveau du RSC
Reprise de la coopération anti-terroriste":
Refus palestinien de participer aux réunions organisées par Israël, niveau de coopération minimal.

Elimination des points de friction":
Côté palestinien": pas de réduction

Réemprisonnement des terroristes libérés ou en fuite":
Côté palestinien": presque aucune action, seuls 30 terroristes sur 100 ont été arrêtés et la majorité avant le sommet. Depuis, cinq d'entre eux ont été libérés à nouveau.

- Fin de l'incitation":
Côté palestinien": poursuite de l'incitation sur les ondes palestiniennes officielles.

La propagande égyptienne en marche...

La propagande égyptienne en marche...

 


On se souvient que les accords de paix avec l'Egypte comportaient une clause selon laquelle les pouvoirs égyptiens devaient désormais contrôler leur média pour les empêcher de continuer à divulguer des thèmes antisémites et plus précisément adressés aux Israëliens. Cette clause était essentielle pour les Israëliens qui venaient de donner le Sinaï à l'Egypte et avec lui 200% des besoins israëliens en pétrole.
Ces dernières années, le centre d'études stratégiques de Bar Ilan a constaté que la presse égyptiennes ne publiaient pas un seul journal sans une caricature raciste anti-juive, sans une ligne de diffamation contre l'état hébreu. Les clauses de paix n'ont jamais été respectées.
Cette propagande a monté d'un cran dans l'absurdité et la manipulation d'une population peu éduquée la semaine dernière. A la veille de la manifestation de la droite israëlienne pour la souveraineté israëlienne sur Jérusalem et sur le kotel, les journeaux égyptiens se sont déchaînés. On pouvait lire à la première page des journeaux une véritable surenchère sur la menace que ferait peser sur l'Egypte le rabbinat israëlien : "Les rabbins de Jérusalem ont décidé de construire un mur des lamentations en Egypte", titrait l'un, "et ils réclament cette partie de l'Egypte". "Les rabbins juifs exigent de construire quinze murs des lamentations en Egypte," titrait Al Ouma (Le Peuple). D'autres journeaux parlaient de revendications israëliennes sur des lieux saints égyptiens. Le procédé était simple: on transposait les problèmes israëlo-palestinien au sein de l'Egypte, et on obtenait ainsi une identification idéale de l'Egyptien au Palestinien.
Ces violations du traité de paix sont inquiétante car chacune de ces phrases, qui font sans doute sourire un lecteur occidental, touche droit au but le lecteur peu éclairé moyen d'un pays pauvre. de plus, le regain de cette propagande laisse penser que le gouvernement égyptien l'a non seulement autorisé, mais orchestré, préparant ainsi son opinion publique à un affrontement armé éventuel.
Les rabbins israëliens n'ont pas réagi, estimant sans doute inutile de tenter d'obtenir d'un pays si hostile actuellement une quelquonque rectification de l'information. L'ONU n'a pas réagi non plus. Le laisser-faire internationale est en place autour d'une agression arabe potentielle. Que l'on relise les chiffres du réarmement égyptien en 1997-98 publiés par Alliance, et l'on constatera que l'horloge du conflit a encore avancé de cinq minutes.

Les dernières manoeuvres politiques de M. Ehud Barak

Yona Dureau. Les dernières manoeuvres politiques de M. Ehud Barak

La dernière stratégie de M. Ehud Barak consiste à présent à exiger de M. Clinton de faire une déclaration officielle engageant les trois partis en présence, (les USA, Israël, et les Palestiniens)à respecter des points de principes présentés comme l'aboutissement des négociations au terme du mandat du président américain et du premier ministre israëlien, principes auxquels ne pourraient déroger leurs successeurs politiques. Cette stratégie, nous l'avons déjà énoncé, est un procédé anti-démocratique de la part d'un premier ministre démissionnaire en minorité à la knesset. Le Professeur Avinéri, de l'Université Hébraïque, a démontré de plus qu'une telle déclaration de principes contraindrait moralement la nation à élire le candidat s'engageant à appliquer ces principes, c'est-à-dire Ehud Barak, ce qui biaiserait une fois de plus le jeu démocratique, cette fois-ci au niveau des élections.
Cette déclaration de principes est préoccupante selon deux plans, le premier concernant les plans américains pour la mise en place des principes, et le second concernant les propositions à nouveau excessives du côté israëlien.

Les solutions américaines:
Le président américain quant à lui a déclaré qu'il envisageait les options suivantes:
1) Une conférence internationale à laquelle participeraient les parties concernées, mais aussi l'Union européene, la Russie, les nations Unies, et les principaux pays arabes. Cette conférence serait chargée de mettre au point un document fixant l'état et la continuation des négociations vers un statut final.
2) Une déclaration présidentielle américaine qui ne serait que verbale. _ On s'étonne de cette précaution oratoire quant on connait par ailleurs la valeur performatrice des paroles d'un chef d'état: le président américain considèrerait-il que toute déclaration orale de sa part n'a qu'une portée limitée?
Cette déclaration aurait lieu en présence de Yasser Arafat et de Ehud Barak ou alternativement en leur absence. Le ministère des affaires étrangères américain préférerait la présence de ces derniers de manière à formaliser leur acquiescement et à enteriner ainsi cette déclaration et son application.
3) Un sommet, rendant publique la dite déclaration, soit sous la forme d'une conférence internationale, soit sous la forme d'une rencontre tri-partite. Un tel sommet, comme dans le cas de la conférence envisagée en 1), mettrait Israël en minorité de fait face aux pays arabes, ce qui laisse présager des pressions puissantes opposées à ses intérêts.
Dans la situation actuelle, Barak a refusé de participer à un tel sommet avant que n'aient cessé les violences palestiniennes en Israël. Yasser Arafat quant à lui a accepté cette option.
3) La suspension du processus de paix si les différents entre les deux parties sont trop importants pour permettre aucune de ces options. Clinton laisserait alors des directives non officielles à l'administration Bush sur des voies pour continuer le processus de paix.

Les propositions israéliennes
Une source diplomatique élevée en Israël a déclaré que les représentants israëliens avaient proposé deux solutions alternatives au problème central du mont du Temple. Il s'agirait selon la première de confier le contrôle et la gestion de ce lieu sacré pour les deux religions à un autre pays, ou bien selon la deuxième, de le confier à une forec internationale.
Sans avoir pû bénéficer de plus de précisions de la part de cette source, nous pouvons cependant lire entre les lignes, et voir ressurgir l'un des points des accords de Peres avec le Vatican. Ces accords, qui avaient accordé à l'Eglise le droit de prosélytisme en Israël (en brisant le statut quo selon lequel il était interdit à toute religion de tenter de gagner à sa foi des pratiquants des deux autres), auraient aussi, selon le témoignage d'un rabbin consulté pour servir éventuellement d'intermédiaire avec les autorités papales, accordé au Vatican le futur contrôle de Jérusalem. Si le contrôle de la ville n'a pas encore été concédé, l'éventualité d'un contrôle du Vatican sur le Mont du temple semble se préciser sous les mots d'un "autre pays", les Etats Unis n'ayant jamais exprimé la moindre velléité à s'exposer à devenir un agent permanent d'ordre entre Israëliens et Palestiniens.
Cette option politique constitue, si elle est appliquée, une reddition religieuse extrémément grave, dans la mesure où elle représente aussi symboliquement un renoncement au Mont du Temple auprès d'un pouvoir idéologique qui a toujours vu dans la destruction du temple de Jérusalem et l'exil des Juifs le signe de la victoire de leur lecture de l'histoire.
L'autre option envisagée, soit le contrôle international sur le Mont du Temple est aussi alarmante. On a pû constater, pendant de nombreuses années, l'enthousiasme très limité des forces armées de la FINUL à défendre réellement Israël, leur action se limitant bien souvent à regarder les terroristes infiltrer Israël depuis la zone du Liban sous leur contrôle. On voit mal comment une telle force pourrait assurer la sécurité des priants du kotel, ou assurer que l'accord soit appliqué.

La seconde intifadah et les séismes internes de l'Autorité palestinienne

Yona Dureau: La seconde intifadah et les séismes internes de l'Autorité palestinienne

Selon la presse arabe actuelle et surtout selon l'analyse des mouvements libanais anti-syriens basés à New York, cette seconde intifadah ne serait pas le résultat fortuit d'une visite de Sharon au mont du Temple, ni même d'une décision mûrement réfléchie de Yasser Arafat de lancer un mouvement de révolte visant à faire pression sur le gouvernement israëlien.
On se rappelle que le mouvement prit son essor précisément au moment où Ehud Barak avait cédé sur tous les points aux demandes de Yasser Arafat, ce qui paradoxalement plaçait celui-ci dans la situation difficile vis-à-vis des plus extrémistes des mouvements armés palestiniens, en le forçant à accepter l'accord proposé et à avouer ainsi sa volonté de compromis et de paix, ou bien à renchérir sur ces demandes précédentes afin de les rendre impossibles, maintenant ainsi la coalition de forces différentes autour de lui en tant que chef politique de la revendication palestinienne.
Or le camp palestinien, réuni depuis l'intégration officielle en 1994 du Hamas dans l'armée palestinienne, et l'association d'une partie du Fatah dans les accords d'Oslo, s'est à nouveau divisé depuis quelques mois, avec l'apparition de chefs dissidents au sein du mouvement armé des Tanzim.
Il faut tout d'abord dénoncer le mythe établi selon lequel les Tanzim serait un mouvement opposé à Arafat, car les services de sécurité israëliens ont démontré récemment que tous les meurtres perpétrés par les Tanzim depuis deux ans en Israël l'ont été sur ordre d'Arafat. Arafat a donc joué de cette force armée comme il a joué du hamas, en prétendant à l'occasion ne pas pouvoir le contrôler pour faire pression sur les politiciens israëliens, tout en guidant ces groupes en sous-main et les alimentant en armes et en finances.
Néanmoins, les dernières concessions israëliennes en particulier sur Jérusalem, plaçait Yasser Arafat en porte-à-faux vis-à-vis de jeunes chefs Tanzim décidés à mener la guerre du Jihad jusqu'à complète conquête d'Israël.
La nouvelle intifadah serait, selon les mêmes sources arabes, un échec cuisant pour Arafat, car même si elle aboutit à confronter aux Israëliens une population désormais armée, elle ne réussit qu'à faire descendre dans la rue moins de 70% des participants de la première intifadah de 1986. Elle confirme ainsi une déperdition de pouvoir de Yasser Arafat qui devrait nous pousser à peser sa capacité réelle à conduire des négociations. Tout se passe comme si les accords actuels, entre un premier ministre démissionaire et un chef d'état vacillant menaçaient plus l'équilibre fragile de cette région qu'ils ne peuvent s'avérer efficaces.

Le Centre Peres pour la Paix, ou bien le Centre de la Paix, au nom de Peres?

Yona Dureau :Le Centre Peres pour la Paix, ou bien le Centre de la Paix, au nom de Peres?

L'ordre des mots a son importance, et il est étonnant que personne n'ait jamais réagi à l'ordre des mots du centre Peres pour la paix, ou tout simplement pour la présence incongrue du nom du créateur, du vivant de celui-ci, dans le titre de sa fondation. Peres, perpétuellement sûr de lui, a toujours commis des bévues qui laissaient transparaître son analyse inconsciente de la réalité des choses, mais son assurance devait sans doute toujours le porter à dédaigner les messages dont il parsemait ses discours. Deux mois après Oslo, il évoquait le processus de paix, assis sur un pédalo, interviewé en pleine action. Peres cherchait peut-être à créer une image sportive et détendue, mais ce faisant, il oubliait que le battement régulier des pales dans l'eau évoquait la formule toute faite hébraïque, "litron maïm": moudre de l'eau, soit l'équivalent approximatif de "pisser dans un violon". L'image était comique.
A la mort de Rabin, Peres se trahit encore en déclarant "Tu as toujours chanté faux, mon pauvre ami." Sans se soucier du fait que le verbe chanter a le même sens en hébreu qu'en français, et que l'aveu de la dissonance musicale en trahissait une autre.
Le centre Peres pour la paix s'annonce dès son titre comme un centre au bénéfice de Peres, et bien que l'orgueil de son créateur ait aussi trahi ses desseins, il a fallu un rapport du fisc pour que les malversations financières de Peres et du directeur du centre soient révèlées au grand jour. Alors que le centre se prétend "association à but non lucratif", ce qui signifie pour la loi israëlienne que 20% maximum des bénéfices du centre peuvent être utilisés par les fondateurs eux-mêmes, le centre Peres pour la paix adjuge à son créateur et à son bureau de direction 70% des bénéfices . En d'autres termes, ce centre, qui n'a pas à rougir de ses membres de bureau international (M. Lionel Jospin, M. Bernard Henry Lévy, et bien d'autres personalités célèbres), est en train de devenir la cause d'un scandale financier, auquel s'ajoute le détournement identique des fonds d'autres "amoutots", associations non lucratives, fondées par M. Peres: 8 millions de shekels ont été virés par le centre Peres à des associations "filles", en permettant ainsi une récupération plus discrète des fonds par Peres.
En bref, le centre Peres est un centre de détournement de fonds, aussi bien publics et israëliens, que privés et internationaux, et il faut espérer que ses membres d'honneur prendront la mesure du scandale pour éviter de se compromettre à leur tour.
L'affaire Peres suit de près l'affaire Weizman, et l'on comprend que les membres de la Knesset, qui avaient lu le rapport du fisc avant l'élection présidentielle, aient réagi par la prudence, afin d'éviter de soutenir un autre président corrompu.
Dons: 20, 026,930 shekels
Entrées par financement: 3,326,554 shekels
Sorties :
Salaires et administration: 6,266,640
activités culturelles: 2,499,496
recherches: 1,401,423
véhicule: 549,728
voyages à l'étranger: 741,439
Bureau : 808,966
communications: 377,474
formation: 87,316
salaire professionel 1,006,880
fraîs de bureau 166,992
impression et photocopies 109,321
congrès et événements 109,321
littérature professionelle 24,323
divers 123,937

Total= 14,441,837 sheskels