Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Le Centre Peres pour la Paix, ou bien le Centre de la Paix, au nom de Peres?

Yona Dureau :Le Centre Peres pour la Paix, ou bien le Centre de la Paix, au nom de Peres?

L'ordre des mots a son importance, et il est étonnant que personne n'ait jamais réagi à l'ordre des mots du centre Peres pour la paix, ou tout simplement pour la présence incongrue du nom du créateur, du vivant de celui-ci, dans le titre de sa fondation. Peres, perpétuellement sûr de lui, a toujours commis des bévues qui laissaient transparaître son analyse inconsciente de la réalité des choses, mais son assurance devait sans doute toujours le porter à dédaigner les messages dont il parsemait ses discours. Deux mois après Oslo, il évoquait le processus de paix, assis sur un pédalo, interviewé en pleine action. Peres cherchait peut-être à créer une image sportive et détendue, mais ce faisant, il oubliait que le battement régulier des pales dans l'eau évoquait la formule toute faite hébraïque, "litron maïm": moudre de l'eau, soit l'équivalent approximatif de "pisser dans un violon". L'image était comique.
A la mort de Rabin, Peres se trahit encore en déclarant "Tu as toujours chanté faux, mon pauvre ami." Sans se soucier du fait que le verbe chanter a le même sens en hébreu qu'en français, et que l'aveu de la dissonance musicale en trahissait une autre.
Le centre Peres pour la paix s'annonce dès son titre comme un centre au bénéfice de Peres, et bien que l'orgueil de son créateur ait aussi trahi ses desseins, il a fallu un rapport du fisc pour que les malversations financières de Peres et du directeur du centre soient révèlées au grand jour. Alors que le centre se prétend "association à but non lucratif", ce qui signifie pour la loi israëlienne que 20% maximum des bénéfices du centre peuvent être utilisés par les fondateurs eux-mêmes, le centre Peres pour la paix adjuge à son créateur et à son bureau de direction 70% des bénéfices . En d'autres termes, ce centre, qui n'a pas à rougir de ses membres de bureau international (M. Lionel Jospin, M. Bernard Henry Lévy, et bien d'autres personalités célèbres), est en train de devenir la cause d'un scandale financier, auquel s'ajoute le détournement identique des fonds d'autres "amoutots", associations non lucratives, fondées par M. Peres: 8 millions de shekels ont été virés par le centre Peres à des associations "filles", en permettant ainsi une récupération plus discrète des fonds par Peres.
En bref, le centre Peres est un centre de détournement de fonds, aussi bien publics et israëliens, que privés et internationaux, et il faut espérer que ses membres d'honneur prendront la mesure du scandale pour éviter de se compromettre à leur tour.
L'affaire Peres suit de près l'affaire Weizman, et l'on comprend que les membres de la Knesset, qui avaient lu le rapport du fisc avant l'élection présidentielle, aient réagi par la prudence, afin d'éviter de soutenir un autre président corrompu.
Dons: 20, 026,930 shekels
Entrées par financement: 3,326,554 shekels
Sorties :
Salaires et administration: 6,266,640
activités culturelles: 2,499,496
recherches: 1,401,423
véhicule: 549,728
voyages à l'étranger: 741,439
Bureau : 808,966
communications: 377,474
formation: 87,316
salaire professionel 1,006,880
fraîs de bureau 166,992
impression et photocopies 109,321
congrès et événements 109,321
littérature professionelle 24,323
divers 123,937

Total= 14,441,837 sheskels

Le réarmement palestinien : la risée des accords d'Oslo

Yona Dureau Le réarmement palestinien : la risée des accords d'Oslo

 

Les accords d'Oslo de 1993 prévoyaient qu'une force de sécurité palestinienne serait mise en place, comprenant 15 OOO fusils et pistolets, 240 fusils mitraileurs, des véhicules blindés. Cette force de sécurité devait selon les textes se limiter à 9000 hommes.
En juin 1995, le ministre de la police intérieure Moshe Sharar dévoilait que les Palestiniens avaient alors à leur disposition 19 000 hommes, soit 10 000 hommes de plus que permis par les accords d'Oslo. le gouvernement israëlien commença à peu près simultanément à établir des bulletins de presse sur les violations palestiniennes des accords d'Oslo, et publia dans l'un de ces communiqués il y a deux ans que les Palestiniens avaient multiplié par dix le nombre originellement autorisé d'armes légères, selon les estimations des services de sécurité d'Israël.
Puis il y eut l'affaire des tunnels. Cinq tunnels de trois mètres de haut creusés par les Palestiniens entre la bande de Gaza et l'Egypte, découverts par Tsahal, furent explosés en présence de l'ambassadeur d'Egypte en 1997.
Le quotidien El Pais, qui avait à cette occasion interviewé anonymement un général de l'armée israëlienne rapportait ses parole "avec les missiles anti-chars qu'ils on maintenant, cela signfie qu'en cas d'émeute, il faudra envoyer le char Merkava à Gaza, car c'est le seul qui résistera, et le Merkhava à Gaza, ça va faire des dégats..."
Les Palestiniens ont en effet acquis des missiles anti-chars, des M-16, dont ils n'hésitèrent pas à se servir à Nablus contre les soldats israëliens protégant le tombeau de Joseph, des fusils égyptiens, des Kalashnikovs, et des armes de tout genre, récupérés depuis les conflits de 1930 jusqu'à nos jours, ou des armes modernes volées aux officiers de réserve israëliens, achetées auprès des soldats bédouins après leur service, fabriquées parfois dans des hangars de fortune à Gaza.
La BBC a révélé le 30.12.2000 que selon son enquête, les Palestiniens disposaient à présent de 42000 soldats armés et entraînés.
Toutes ces armes ne comptent pas celles que l'on pense avoir été entrées en contrebande par l'avion personnel de Yasser Arafat, vers lequel se précipite tout le personnel de sol de l'aéroport de Gaza à chaque atterissage, ni les armes lourdes pour lesquelles ont été construits les tunnels de 3 mètres de haut. Il faut en effet rappeller que le réarmement égyptien, qui s'est effectué simultanément sous l'égide américaine dépasse plusieurs milliards de dollars d'armes, dont il serait étonnant de ne pas retrouver trace de ce côté de la frontière.
Les armes légères, désormais innombrables, continuent d'entrer librement en Israël par des tunnels de taille d'homme, creusés depuis le salon de Pelstiniens vivant proche de la frontière égyptienne, et débouchant de l'autre côté de la frontière, en Egypte. Ces tunnels, et leurs percées, sont à présents incontrôlables, ainsi que témoigne un officier de l'armée israëlienne. Creusés à l'abri des regards, ils utilisent des futs vides de pétrole dont on a ôté les extrémités, et permettent un transit libre d'armes légères.
Ces armes, dit-on du côté des forces de sécurité israëliennes, sont stockées par Arafat pour faire face à une tentative de reprise de territoire par Israël.
La situation actuelle, qui laisse plutôt penser que la guerre éclatera de toute façon entre les deux partis, (pour des raisons tenant autant aux conflits internes de l'Autorité Palestinienne qu'aux velleités les plus extrémistes des Palestiniens pour qui seule la totalité d'Israël sera une part suffisante), esquisse une utilisation plus directe de cette artillerie en vue d'un conflit de guerilla contre tout Israël, où tout soldat piéton palestinien pourra tirer sur la population isarëlienne, alors que les armes lourdes contre-attaqueront à la defense militaire de Tsahal.
La réelle question qui demeure est donc de savoir s'il est souhaitable de diviser Jérusalem dans un tel contexte, en affaiblissant encore la position stratégique de cette ville désormais entourée de territoires sous contrôle palestinien.

Yona Dureau: L'assassinat de Binyamin et Taliah Kahana

Yona Dureau: L'assassinat de Binyamin et Taliah Kahana

 

Dix ans après l'assassinat à New York de Meïr Kahana, chef du mouvement extrèmiste Kahr, son fils Binyamin a été tué ce matin à 6h30 à heure israëlienne, ainsi que sa femme, par des tirs palestiniens.
On se souvient que les membres de la knesset avaient refusé de sièger avec Meïr Kahana après son élection en tant que député à la knesset, afin de marquer leur refus d'une doctrine qui avait été jugée raciste. Meïr Kahana prônait en effet le "transfert" (la déportation) des Arabes palestiniens vers la Jordanie, en soutenant son discours par le fait que la Jordanie comptait alors 70% de Palestiniens dans sa population. Ce chiffre, selon un récent décompte, atteindrait aujourd'hui 90%.
Meïr Kahana fut assassiné à New York il y a déjà dix ans, et son assassin fut gracié par un non-lieu par la cour américaine.
Le mouvement Kahr a été interdit en tant que parti politique en Israël il y a quatre ans, par un jugement de la cour suprême le condamnant comme mouvement raciste.
Depuis, le fils de Meïr Kahana continuaità diriger le mouvement du Kahr qui se voyait réduit à un groupe d'influence, puisqu'aucun avenir politique ne lui était plus possible.
Ce matin, après avoir déposé son fils aîné à sa yeshiva, Binyamin Kahana a donc été tué avec sa femme, ses cinq autres enfants souffrant de blessures dues à l'accident qui s'ensuivit.
Le gouvernement israëlien prétend ne pouvoir établir avec certitude que ce double meurtre ait été perpétué volontairement. Néanmoins, l'armée israëlienne a ensuite procédé à une attaque similaire contre la voiture de chefs du mouvement Tanzim, les tuant sur le coup. La coïncidence de l'enchaînement des deux événements parait peu probable, et confirme plutôt la thèse d'une réaction militaire visant à apaiser les membres du mouvement Kahr, mais aussi tout le groupe des Israëliens vivant dans les shtarim, attaqués quotidiennement par les tirs palestiniens, et se rendant quasi quotidiennement à des enterrements. Ceux-ci critiquent violemment une armée qui selon eux les défend mollement, répondant aux tirs par des lancers de grenades lacrimogènes, et condamnant les habitants des yishuvims à déménager ou à risquer leur vie à chaque traversée du feu nourri en voiture.
Le mouvement Kahr a officiellement menacé de procéder malgré tout à des vengences contre les Arabes palestiniens. On sait que ce mouvement avait tué trois Arabes palestiniens au ud de Hévron il y a déjà quatre ans, en représailles d'une attaque similaire palestinienne.
On peut donc s'attendre, dans la situation politique tendue règnant aujourd'hui en Israël, à une nouvelle escalade de violences, surtout dans la perspective actuelle de découpage de Jérusalem envisagé par le premier ministre Ehud Barak.

On tire et on photographie,on filme, on regarde et on pleure

On tire et on photographie,
on filme, on regarde et on pleure
Extrait d'un article de 'Hani Louz
Hatsofé, 10/11/2000
De manière à comprendre comment est composée l'image de la situation en Israël du point de vue des médias internationaux, voici quelques exemples que nous avons choisis sans difficulté ces jours derniers : Le Monde, important quotidien français, parle de 200 000 colons, dont 70 000 sont des « idéalistes extrémistes, dont le rôle est de susciter des complots provocateurs parmis les villageois palestiniens ». Ils sortent avec leurs armes, injurient et frappent. . Selon le même journal 130 000 parmi les colons sont venus à cause de la qualité de vie et ils sont disposés à repartir, si seulement on leur donnait de l'argent, même l'état d'Israël . Ainsi, chers lecteurs, c'est ce qu'on pouvait lire début de la semaine. Le grand hebdomadaire français L'Express a publié un grand article sur Israël, qui décrit la violence brutale de Tsahal face à l'intifada innocente, bref, des enfants innocents, face aux blindés menaçants. Le quotidien français La Croix expliquait au début de la guerre la signification du Mont du Temple. Ils y prétendaient qu'il n'y avait aucune preuve d'un lien quelconque de l'endroit avec les Juifs. Collaboraient à l'article trois coauteurs : Le Patriarche Catholique, un arabe nommé Sabbagh ainsi que deux intellectuels, l'un catholique d'origine européenne, l'autre politicien appartenant à l'appareil de l'Autorité palestinienne. .. .
David Badin, qui dirige l'agence de presse « Makor yisraeli » qui se trouve dans Beit Agron depuis le début de l'intifada de 1987, s'efforce de remplir le vide médiatique. Badin et d'autres reconnaissent eux aussi, douloureusement, que du côté arabe il existe une organisation bien fournie qui se charge de la propagande ( ou si on préfère, de l'information), alors que du côté israélien on est plus hésitant et en retard sur eux. En bref, notre système d'information est boiteux.
David Badin polycopie des bulletins de presse, diffuse de la matière aux journalistes étrangers, et les guide. Mais il lui est difficile de rivaliser avec la concurrence arabe, travaillant seul, financé par des dons, face à une organisation particulièrement solide. JMCC, le centre de communication et d'information de Jérusalem, sur la route de Sh'khem à Jérusalem, est le premier endroit que visite un nouveau correspondant. Les correspondants qui s'y présentent recevront un dossier de presse préparé et commode à utiliser, de l'information tapée en bon anglais, de bonne qualité, des rapports, des cartes et des photos, et articles rédigés et illustrés. S'ils veulent une visite personnelle à des endroits qui les intéressent, pas de problème. On organise tout, au frais du Raïs. Du côté israélien il y a Chalom akhchav ( La Paix maintenant) et le Gouch Chalom (Bloc de la paix). Eux aussi ont appris le travail d'alimenter le correspondant et ils le font avec énergie, sans attendre que le correspondant vienne à eux. Badin raconte qu'une correspondante arrivée la semaine dernière des Etats-Unis, juive sans doute, mais ignorant tout ce qui touche à Israël et au judaïsme.
« Chalom Akhchav lui dit qu'ils la prendront pour une visite des colonies juives », raconte-t-il. « Ils sont arrivés à des grottes dans la région d'Itamar, et lui ont montré que les colons habitent des grottes, et sortent tous les matins pour faire la chasse aux arabes innocents qui passent par-là par hasard ». Ainsi, selon Badin, est informée une nouvelle correspondante du sujet le plus sensible du Moyen-Orient ­ les implantations. Pour corser encore ils lui ont raconté que l'accompagnateur de Chalom akhchav était un officier de renseignements. Que peut faire une correspondante américaine innocente lorsqu'on étale, pour ainsi dire, des faits ? Ce même accompagnateur a affirmé à Badin que bien que les colons d'Itamar constituent une exception, ils font partie de l'ensemble. A la correspondante il les a présentés comme étant la norme.
« Lorsqu'elle est arrivée chez moi, je me suis assis avec elle plusieurs heures , je lui ai expliqué les faits et je l'ai invitée pour passer chabat dans ma maison à Efrat, dit Badin. Je lui ai aussi arrangé une rencontrer avec la famille de Esh-Kadosh, (soldat tué par les palestiniens), d'origine américaine. »
Il y a l'ignorance et il y a l'hostilité Mikhael Blum, journaliste indépendant, essaie de combler le vide créé sur la scène française. Blum travaille pour l'agence de presse française A.F.P., et il fait la liaison avec la chaîne FR3 en France. « Il ne fait aucun doute que les médias français sont hostiles à Israel et prennent pari pour le côté palestinien, et ceci ne date pas d'aujourd'hui, dit Blum. Le Quai d'Orsay a toujours été pro-arabe. Et donc, au niveau de la rédaction, on doit s'adapter. »
Blum attribue la partialité en faveur des arabes à deux facteurs principaux : le premier, c'est l'ignorance de tout ce qui se rattache au conflit arabo-israëlien, le second c'est de l'hostilité gratuite, souvent de l'antisémitisme.

« Face à cela il n'y a pas grand chose à faire, affirme Blum. Mais pour celui qui n'est pas hostile mais soufre seulement d'ignorance cela vaut la peine de faire des efforts pour lui. J'ai beaucoup de réunions avec des correspondants. Même pour un petit article je m'assoie des heures avec un journaliste. Je les invite à la maison, et je les emmène en tournées sur le terrain pour rencontrer des gens intéressants.
Avez-vous des relations de travail avec les implantations ?
Mikhael Blum : La plupart, oui. Il n'y a personne en charge pour travailler face aux médias français, et ça manque. Mais il y a d'excellentes relations de travail avec quelques personnalités parlant français, comme Mena'hem Gourari (Directeur général du conseil de Binyamin), et le Rav Chlomo Aviner, et bien sur aussi avec des francophones habitants les villages. Des fois on a l'impression que la communication avec les médias français est négligée comparée à celle en langue anglaise. Par exemple, on m'a demandé d'arranger une interview chez Natanyahou, il y déjà deux semaines que je l'ai demandée - il n'y a pas eu de réponse.
En tant qu'ancien de l'agence de presse française pouvez-vous affirmer que leur information est objective ?
« L'Agence France-Presse a des correspondants dans presque chaque ville de l'Autonome, y compris Gaza, où le correspondant travail en liaison avec Arafat. Lorsque la guerre a éclaté , le responsable y a été envoyé pour y diriger les affaires, mais les correspondants arabes savent comment le court-circuiter : ils envoient leurs informations directement de Gaza à Nicosie, où réside le bureau régional. Le directeur y est arabe, et il transmet les informations plus loin. Ainsi par exemple, a été diffusé l'information que c'est des « collaborateurs » qui tiraient de Beit-Jalla sur Guilo, pour que Tsahal puisse tirer sur Beit-Jalla avec des blindés. Même les plus gauchistes du bureau de Jérusalem ont sursauté devant un tel applomb. Le comble, c'est quand le côté palestinien a démenti l'information, car cela diminue l'image de marque des Tanzim. Je vais vous raconter une histoire à propos de l'objectivité : Au moment du tir à Artis , lorsque Zeev Liebeskind a été accusé d'avoir tué un palestinien, un reporter palestinien a été envoyé pour enquêter dans la petite ville de Doura el Kra près de Beit-El, pendant que j'enquêtais à Beit-El. Après avoir remis mon rapport, l'agence m'a informé qu'elle cessait de travailler avec moi, car je n'étais pas assez objectif. Mon collègue arabe, au contraire, réussit, et il travaille à Nicosie à poste fixe.

Un jour, un poste à plein temps de correspondant s'est libéré. J'ai soumis ma candidature à l'agence française, mais je n'ai même pas été invité à un premier entretien. Selon eux, parce que je respecte le repos chabatique, je ne peux pas travailler selon leurs critères.
Votre travail porte-t-il des fruits ?
« On ne peut rien faire contre l'hostilité. Si l'article parvient pour la publication à des rédacteurs hostiles, tous les efforts sont perdus. J'essaie seulement de limiter les dégâts, et parfois il y a des résultats. Ainsi par exemple, le correspondant permanent du Monde en Israël avec lequel je me trouve en bons termes, était très en colère contre l'article qui faisait état de provocations quotidiennes de colons. Il m'a dit qu'il fera un article équilibré et demandera à voir les preuves des accusations arabes. Jusqu'aujourd'hui, selon lui, il n'a vu aucune preuve, à l'exception un fait isolé çà et là, il est convaincu qu'il s'agit de propagande mensongère.
..

Leah Rabin, une femme de duplicité

Leah Rabin, une femme de duplicité (Yona Dureau)

 

Suivant la coûtume et la polititesse de cour entretenue dans les milieux politiques et médiatiques, voilà que Leah rabin est encensée par la presse pour le seul mérite d'être passée de vie à trépas. Les portraits élogieux fleurissent jusque dans la bouche des pires adversaires politiques de son mari comme par exemple Shimon Peres, qui a toujours dû céder la première place à Ytshak Rabin pendant toute sa carrière politique. Ne le voilà-t-il pas en train de chercher des compliments pour qualifier une veuve qui n'a pas cessé de lui lancer des critiques acerbes..."C'était une lionne" a-t-il déclaré "elle s'est battu jusqu'au bout". Comme d'habitude, les paroles de Peres sont significatives et terriblement à double sens, car c'est là l'homme politique le plus gaffeur de toute l'arène politique israëlienne, si sûr de lui qu'il ne se méfie jamais de son inconscient. Leah était effectivement comme une lionne, à la dent prête à mordre, mordant souvent Peres, comme les hommes de droite.
Leah était une femme aussi ambivalent que le milieu politique israëlien, toujours sur la défensive, une lionne blessée depuis toujours.
En Israël, on connaissait l'alcoolisme de son mari, et les bruits couraient comme des évidences culturelles: Ytshak, disait-on, la battait. Qu'en était-il du bien fondé de ces accusations? Difficile de répondre car la vie privé des Rabin n'atteignait pas souvent l'objectif de la caméra. Toujours est-il que Leah fut toujours l'image de l'ambition doublée de l'ambivalence vis-à-vis de son époux.
Lorsqu'en 1974, Ytshak Rabin devient pour la première fois premier ministre, on peut considérer qu'il a réussi son ascencion, et qu'il peut enfin profiter de sa victoire. La paye d'un premier ministre est plus qu'honorable, Leah n'a plus de souci à se faire. Et voilà qu'il lui vient soudain une envie irrepressible de contredire grossièrement la loi, en ouvrant un compte en dollars à l'étranger. C'est là la faute la plus grossière qu'on puisse imaginer. Sous les feux des projecteurs, la femme du premier ministre contrevient à une des lois mises en place par son propre gouvernement ! Le résultat ne se fait pas attendre : Rabin, doit se retirer de la vie politique trois ans après sa réussite, et il devra rester hors du champ médiatique jusqu'à ce que ce scandale soit oublié.
A la mort de son époux, Léah, d'après le témoignage de sa fille Daliah-Philosoph (Haisha, 1999), téléphone depuis la place des rois à sa fille et lui déclare "Ne t'inquiéte pas, papa va bien, ils m'ont dit qu'il n'a rien et que c'est tout du bluff, ne crois pas ce que dit la télé, je t'expliquerai..." Léah est emmenée par les services de sécurité au siège du shin bet pendant plus de 45 minutes. Personne ne s'étonne qu'elle n'ait pas été amenée directement à l'hôpital Irlosorov où son mari est en train d'être soigné. Elle-même ne s'en est pas plainte. Dès l'annonce de la mort d'Ytshak Rabin, et alors que sa famille s'effondre devant le drame, elle tourne sa verve contre Bibi Natanayahou en l'accusant d'être à l'origine des affiches haineuses représentant Rabin avec un kefieh, ou alternativement, avec un casque nazi. Elle persistera dans son discours accusateur pendant des années, alors que l'origine des affiches aura été démontrée depuis longtemps : elles ont été faites par Avishai Raviv, agent du shin Beth au service du bureau du premier ministre...
La veuve éplorée assiste dès le lendemain à un concert donné à Paris en l'honneur de son défunt mari. Elle est maquillée, magnifiquement vêtue, la tête découverte : pour les Israëliens, celle qui s'est voilée pour rencontrer le pape et qui portait alors un chapeau s'avère incapable de respecter ne fut-ce que par une seule marque le souvenir de son mari, par un petit signe de deuil. Pour les Israëliens, elle a, ce soir-là, craché sur sa tombe...
Leah Rabin hérite, à la mort de son époux, d'un bureau, d'une secrétaire, d'une voiture de fonction, et d'un salaire de premier ministre. Le côté anomalique, c'est que rien, aucun vote, aucun discours de la knesset, n'est venu ponctuer ces rentes financières viagères, et que même si la chose peut sembler une marque de respect vis-à-vis de son époux, aucune loi n'ayant prévu ces circonstances, un vote aurait dû établir cette décision. L'opposition, par décence, ne dit rien...
Mais Leah ne s'arrête pas là. Elle cherche tout d'abord à pousser son fils dans la vie politique, en profitant de l'aura de marthyr d'Ytshak. Yoav n'a pas le charisme de son père, et la tentative échoue, après plusieurs maladresses politiques du fils...
La lionne pour qui le pouvoir n'a raison que lorsqu'il est dans ses mains, continue ses attaques. Natanyahou et la droite continuent de sublir ses accusations infondées, délirantes, mais sans pouvoir réagir, car un pacte lie la droite à la gauche sur l'affaire Rabin: la gauche n'utilise pas l'assassinat comme thème électoral, et la droite ne révèle pas ce qu'elle sait des dessous de l'affaire. La lionne frappe aussi de plus en plus la gauche. Il y a quatre semaines, elle déclare à la presse que Ehud Barak fait fausse route, et que Ytshak doit se retourner dans sa tombe, qu'il ne fallait pas tant faire de concessions...
Lorsqu'elle est brutalement hospitalisée, il y a deux semaines, la presse se tait et ne commente pas. Il aura fallu seulement deux semaines à Leah pour s'effondrer... Nul doute que son départ en libère plus d'un...

La question Gilo

La question de GiloYona Dureau: Limage33[1].gifes terrains de Gilo furent achetés avant la seconde guerre mondiale par un groupe d'avocats appellé Dov Yosef , (qui devint plus tard l'un des conseillers les plus importants de Ben Gurion), Zvi Schwartz, et Malka Shiff.
Lorsque les territoires de Gilo furent repris aux Jordaniens en 1967, ces terrains furent rendus à ces propriétaires. La route principale menant à Gilo porte encore le nomde Dov Yosef.
Du point de vue légal, Gilo est donc un terrain israëlien à 100%, puisqu'il a été pris à la Jordanie après agression par celle-ci, ce qui constitue en droit international un droit dit de conquête ou de guerre lors d'un combat de riposte.
Il est clair que les revendications palestiniennes sont fondées depuis le début des émeutes sur une remise en cause de la souvereineté israëlienne sur tout terrain aquis lors d'un conflit causé par une agression arabe, et c'est sur cette question que devrait porter le débat actuel.
L'autre débat soulevé de façon indirecte par ces émeutes est constitué par la question de la liaison trop souvent établie entre terrain acheté et terrain revendiqué politiquement. Cette dernière question ne doit pas être appliquée au cas de Gilo, appartenant de droit à Israël pour les raisons exposées. Néanmoins, il est important de l'aborder, en démêlant les problèmatiques différentes exposées dans les médias.
La première problématique concerne toutes les banlieues de Jérusalem, et il est clair que la bataille médiatique palestinienne actuelle va s'attaquer à toutes ces banlieues une à une, puisque Neve Yaakov subit actuellement des premières attaques. On mêle ainsi une contreverse touchant à l'expansion récente de Jérusalem sur des territoires encore récemment considérés comme "shtarim", zones achetées par des milliardaires en plein quartier arabe, et banlieues aquises à la commune de Jérusalem depuis la fondation de l'état.
La seconde question est une question beaucoup plus fondamentale, mais qu'il faut avoir le courage de poser dans les DEUX SENS: il s'agit de la liaison établie entre possession d'un terrain et revendication politique. Cette question n'a pas été traitée de front par les accords d'Oslo, et elle constitue une bombe à retardement qu'il s'agit de désamorcer. Si tout terrain possédé du point de vue commercial justifie une revendication politique de souvereineté, il est clair que dans dix ans ou moins, les Arabes de Galillée vont pouvoir réclamer à leur tour un état, ou l'annexion de cette partie du pays aux terrains de l'Autorité palestinienne.
Dans la perspective d'un après-conflit, que nous nous devons de poser afin de rester dans une optique constructive, il est vital de concevoir d'urgence trois types de statuts qui pourraient seuls assurer une stabilité et dissocier possession commerciale et statut politique. Il faut admettre la possibilité d'habiter en un lieu, d'être résident permanent d'un lieu, et citoyen d'un autre, afin de préserver d'une part les droits au maintien d'une propriété, sans mettre en danger la stabilité politique de ces même région. Seul un tel système permettra aux Juifs les plus religieux d'habiter des zones qui ont pour eux une valeur religieuse sans pour autant menacer une autonomie locale palestinienne. Seule cette déconnection entre terre et nation permettra à Israël de faire face au problème tabou de la démocratie arabe pour les dix prochaines années.

Communiqué de presse palestinien

Le communiqué palestinien concernant l'arrêt des violences, et promis par M. Yasser Arafat lors du sommet Sharm al-Sheikh, n'a pas été prononcé comme convenu par M. Yasser Arafat, qui a successivement refusé de prononcer ce discours à la télévision palestinienne, puis à la radio palestinienne, "la voix de Palestine".
Ce communiqué, qui appelle les Palestiniens à user de "moyens pacifiques" pour poursuivre leurs buts nationalistes, a été diffusé plus d'une heure après l'attentat à la bombe de Mahane Yehuda, à Jérusalem. Aucune mention ou condamnation de l'attentat ne fut faite, et les autres attentats récents ne furent pas non plus condamnés.
Le communiqué ne mentionna pas la nécessité de retenue des Palestiniens de tout conflit, mais procéda ensuite à une énumération des exigences palestiniennes vis-à-vis d'Israël, se laissant ainsi une "issue de sortie" justificatrice si Israël ne remplissait aucune de ces conditions exprimées unilatéralement.
Le communiqué mentionnait ensuite le point de vue palestinien selon lequel l'application palestinienne des accords de Sharm el Sheikh dépendait du retrait israëlien des toutes les zones palestiniennes, en particulier le retrait des chars israëliens loin des villes palestiniennes. Le communiqué exigeait aussi qu'Israël "contienne les gangs de colons qui ont continuellement commis des crimes contre notre peuple".

Ce communiqué fut lu à la radio par un journaliste deux heures plus tard que prévu.
Le porte parole palestinien, Yasser Abd-Rabbo, NabilAbu-Irdeineh, Ministre de l'Information, et le Ministre des Affaires Parlementaires Nabil 'Amr émaillèrent le temps laissé par ce retard d'avertissements énonçant que l'application palestinienne de cet accord "dépendait d'une cessation complète des aggressions contre notre peuple."

Ce communiqué poursuivait par une demande officielle de retour aux frontières de 1947 "préservant" le droit du retour des Palestiniens et l'établissement d'un état palestinien avec Jérusalem pour capitale, mais le sujet essentiel comprenait quatre paragraphes clés:

"L'Autorité palestinienne et le gouvernement d'Israël sont parvenus à un accord entre les deux parties afin d'appliquer les décisions de
Sharm
el-Sheikh telles qu'elles ont été présentées par la déclaration du Président Clinton et par le discours du Président Moubarak.

Le leadership palestinien toujours conscient de son désir de se conformer aux obligations mutuelles observera avec attention si la partie israëlienne applique les siennes, en ce qui concerne ses engagements de se retirer de ses zones d'occupations et de retirer ses unités militaires des zones habitées occupées après le 28 septembre, ainsi que de cesser les hostilités envers les fils innocents de notre peuple, et de lever tous les bouclages de territoires."
Le leadership palestinien considère la capacité israëlienne à contenir les gangs de colons qui ont commis des crimes contre notre peuple comme un élément fondamental dans la cessation de la violence et du terrorisme auxquels notre peuple a toujours été exposé.
Le leadership palestinien se tiendra toujours aux côtés de la nature populaire et pacifique de l'Intifada,... et appelle aux masses et aux foirces nationales à adhérer à cette position, à continuer des manifestations de masse et à s'exprimer tout en s'en tenant à des moyens pacifiques dans toutes ces voies..."

Le communiqué diffusé lors du bulletin d'informations de 4 heures fut suivi de ce qui constituait son programme normal depuis 4 semaines : émissions concernant le détail de la mport des martyrs (victimes des émeutes), compte-rendu des enterrements, le tout encadré par des chants patriotiques, islamiques, et chants de guerre. Le bulletin de 5 heures fut introduit par une chanson d'un père sur la mort de son fils, chanson composée sur la mort du petit Mohamad Dura
La chanson de la journée du 2 novembre fut la suivante:
"Sur le chemin d'Allah
Je donnerai ma vie,
Sur le chamin de Jérusalem,
O jusqu'à la mort"

Le point sur Jérusalem (accords d'Oslo II eme partie)

Yona Dureau: Le point sur... Jérusalem

 

La question de Jérusalem est au centre des revendications palestiniennes. Elle mérite à ce titre d'être traitée pour elle-même.

I. Un petit historique du statut de la ville des lumières

En 1947, l'ONU revendiquait le statut de ville internationale pour Jérusalem. Il est très important de préciser que ce statut n'était envisagé que comme période de transition, devant faciliter la création du foyer juif, et dans le contexte précis de tensions causées par une domination jordanienne sur les lieux saints.
De 1948 à 1967, le secteur oriental de Jérusalem est sous le contrôle du roi de Jordanie. Les pouvoirs musulmans interdisent alors aux Juifs l'accès au Kotel (Mur des "lamentations"). Ces mêmes pouvoirs ont laissé détruire des synagogues existant dans cette zone, et utiliser des pierres tombales du cimetière juif du Mont des Oliviers pour construire des latrines.

En 1967, une attaque jordanienne pousse Israël, entre autres manoeuvres, à répondre aux tirs émanant de Jérusalem Est, et à prendre la vieille ville. D'après les satuts légaux de la Convention de Genève, tout territoire conquis lors d'une bataille de défense contre une agression n'est pas considéré comme un territoire occupé, mais comme territoire aquis. D'après la loi internationale, Jérusalem Est est donc une partie indiscutable du territoire israëlien.

II. Les Accords D'Oslo 1
Les accords de paix, dits "Accords d'Oslo" se subdivisent en deux textes principaux . Le premier texte est un texte assez court qui marqua le terme des premières discussions de paix ("Oslo aleph", ou "Oslo 1")et qui porte sur tous les principes selon lesquels la paix devra s'établir ("Declaration of Principles on Interim Self-Government Arrangements") et que devra respecter le texte plus précis des accords d'interim dits "Oslo Beth" (Oslo 2).
Les accords d'Oslo 1 déclarent donc par la vois d'Ytashak Rabin" comme principe fondamental de tous les accords à venir le caractère "indivisible et éternel de Jérusalem capitale d'Israël".
Ce texte d'accords fondamentaux a été signé par M. Arafat au nom du peuple palestinien, comme accord préalable sur la base même de toute négociation.

III. Les Accords d'Oslo 2
Les accords d'Oslo 2, beaucoup plus étendus, sont donc théoriquement à lire selon ce principe fondamental, ce qui nous autorise à considérer que toute formulation ambigüe contradictoire avec ce principe fondamental n'est pas à entendre dans un sens contradictoire, mais à rétablir dans sa formulation.
1. Jérusalem est officiellement exclue des zones où des policiers palestiniens en civil ou non sont placés en faction.
2. Jérusalem est formellement exclue des zones de responsabilité politique ou autre de l'Autorité palestinienne.
3. Néanmoins, l'article II.3 du Chapitre Idans le cadre des élections palestiniennes de la bande de Gaza, s'emploie à résoudre le cas des Palestiniens vivant à Jérusalem, et permet l'organisation d'élections palestiniennes à Jérusalem, ce qui peut porter à confusion.
4. Plus grave, l'article XVII.1.a du chapitre III, peut laisser entendre par une formulation maladroite, que le statut de Jérusalem va être débattu, alors que la question de son statut n'est pas remise en cause:
"In accordance with the DOP, the jurisdiction of the Council will cover West Bank and Gaza strip as a single territorial unit, except for:
a. issues that will be negociated in the permanent status negociations: Jerusalem, settlements, specified military locations, Palestinian refugees, borders, foreign relations and Israelis; and
b. powers and responsabilities not transferred to the Council."
L'article en question vient préciser le fait que la juridiction palestinienne ne portera pas sur Jérusalem. Mais simultanément, la formulation énonce que Jérusalem, exclue de cette juridiction, fera partie des "questions" (issues) débattues lors des négociations de statut permanent, ce qui laisse entendre, sans être dit, et répétons le, par le biais d'un ordre du jour mêlant maladroitement Jérusalem à d'autres questions, que le statut de Jérusalem va être discuté.

 

En d'autres termes, Jérusalem n'a jamais été présentée par les accords d'Oslo comme devant changer de statut. Néanmoins l'ordre du jour l'a mêlé à des questions épineuses, comme des zones dont le statut devait être discuté, comme les implantations, ce qui a permis un glissement, et une manipulation politique de cette question par les Palestiniens. Rappellons cependant que les Accords d'Oslo sont gouvernés par la déclaration des pricinpes fondamentaux, et que M. Arafat a contresigné ce document, s'engageant ainsi à respecter ces principes.

La double stratégie de l'OLP

La double stratégie de l'OLPL'OLP s'était préparé à cette impasse. Dès le début du processus de paix
d'Oslo, des porte-parole de l'OLP affirmaient que l'OLP adopterait l'action
politique tant qu'elle continuerait à porter des fruits. Mais quand on
arriverait à une impasse, l'OLP se tournerait vers l'action militaire afin de
continuer à promouvoir ses objectifs fondamentaux : retrait israélien aux
frontières de 1967, l'établissement d'un état palestinien avec Jérusalem
comme Capitale, et l'obtention du droit de retour pour les Palestiniens.
Dès Janvier 1996, le ministre de la planification et de la coopération
internationale de l'Autorité Palestinienne, Nabil Sha'ath déclarait dans un
symposium à Nablus : "Nous avons décidé de libérer notre patrie pas à pas
.Voici la stratégie. Nous disons : si Israël continue [à négocier] pas de
problème. Et alors nous respecterons les traités de paix et de non-violence,
tant que les accords sont réalisés pas à pas. Mais si Israël dit "assez",
c'est à dire, "nous ne discuterons pas Jérusalem, nous n'accepterons pas le
retour des réfugiés, nous ne démantèlerons pas les colonies, nous ne nous
retirerons pas jusqu'aux frontières" alors dans ce cas, cela voudra dire que
nous reprendrons la violence. Mais cette fois ce sera avec 30 000 soldats
palestiniens armés .....Si nous arrivons à une impasse, nous retournerons à
notre guerre et à notre lutte comme nous l'avons fait il y a 40 ans
Dans la plupart de ses discours et interviews en public, Arafat a déclaré que
toutes les options étaient ouvertes ...
"En fait, dit Nabil Sha'ath, pendant la période où nous avons conduit les
négociations, trois Intifadas ont eu lieu. Cette dernière est en vérité la
plus importante....
"Le choix n'est pas entre la négociation et le combat. On peut négocier et
combattre en même temps. Les Palestiniens se battent avec des armes, avec
la"djihad", avec des Intifadas et des actions suicide......
Mais compte tenu des conséquences de l'échec de Camp David, l'OLP avait
besoin d'un prétexte pour exercer une pression au moyen d'actions violentes
,afin de ne pas être considérée par l'opinion internationale comme
l'initiatrice de la violence.Le prétexte fut trouvé quand Ariel Sharon, chef
du Likoud, se rendit sur le Mont du Temple. Et en effet la communauté
internationale accepta la version palestinienne sur les causes du
déclenchement de la violence, et les dirigeants du monde critiquèrent "la
visite provocatrice" -position qui eut aussi un écho dans la résolution du
Conseil de Sécutité de l'ONU.
Préparations de la violence Cependant, dans des déclarations publiques avant la fin du sommet de Camp
David, des représentants de haut rang de l'Autorité Palestinienne révélèrent
leur sentiment que le moment d'une option militaire approchait. Un
représentant supérieur de l'OLP chargé de la sécurité a dit au journal arabe
israélien Kul Al -Arab :"Le peuple palestinien se trouve dans un état
d'urgence étant donné l'échec probable des négociations de Camp David. La
prochaine Intifada -a-t-il prévenu - sera beaucoup plus dure et violente que
la première puisque les Palestiniens ont des armes qui leur permettent de se
défendre dans une confrontation avec l'armée israélienne".
La semaine suivante, la même source annonçait que : "Le recrutement populaire
dans les territoires a augmenté de façon significative et une armée de
libération de la Palestine a été mise en place sous le commandement du Fatah.
L'Autorité palestinienne a déjà distribué des armes aux citoyens et supervise
l'entraînement et la préparation en vue d'une possible confrontation avec les
forces israéliennes d'occupation"
Dès les premiers jours de juillet, le Directeur général du Ministère de
l'Information, Hasan Al-Khashef donnait des instructions aux Palestiniens :
"si tous les foyers deviennent des entrepôts pour assurer les besoins
élémentaires des résidents, cela ôtera un poids des épaules des dirigeants,
car cela leur permettra de se concentrer sur les principaux et nécessaires
défis auxquels ils auront inévitablement à faire face."
_____________________________________________________________ Al-Hayat Ak-Jadida,(AP) 16 août 2000. Le chef de la sécurité préventive de
Gaza, Muhammad Dakhlan, a même prévenu : "si on n'arrive pas à un accord, et
s'il s'ensuit une confrontation avec les forces d'occupation, quiconque pense
que la confrontation avec nous sera facile prend ses désirs pour des
réalités. Notre capacité à réagir est meilleure qu' à l'époque de Beyrouth.
Nous avons la possibilité d'affecter la vie quotidienne en Israël. Nous
obtiendrons un état palestinien avec Jérusalem comme capitale, même si c'est
dans le sang"
______________________________________________________________ Le ministre de la Justice de l'AP Freih Abu Middein est même allé plus loin
et a prévenu que "La violence est au coin de la rue et les Palestiniens sont
prêts à sacrifier 5 000 personnes .
Les buts politiques de l'Intifada Pour soutenir ses objectifs, l'AP poursuit un but intermédiaire :
l'internationalisation du problème palestinien grâce au déploiement de forces
internationales pour "protéger les Palestiniens".Ceci priverait Israël de sa
souveraineté et améliorerait les chances des Palestiniens de pouvoir
proclamer une déclaration unilatérale d'indépendance (UDI).La demande de
l'OLP d'un comité international pour enquêter sur les causes de l'origine de
la violence est le premier pas dans cette direction........
La guerre médiatique pour se concilier l'opinion publique internationale
pendant l'Intifada.
Parallèlement à la lutte sur le terrain, et faisant partie du but de l'OLP
d'internationaliser le conflit,a lieu une guerre médiatique pour obtenir le
soutien de l'opinion publique internationale. ............
"La seule façon d'imposer nos conditions" expliquait le Directeur Général du
Ministère de l'Information de l'AP "est inévitablement de verser notre sang.
Sans cela, le monde perdrait son intérêt pour notre cause. .........Notre
devoir national est de continuer la confrontation, l'Intifada et le martyr,
de sorte que nos martyrs et nos blessés ne se soient pas sacrifiés en vain et
l'Intifada d'Al'Aqsa sera la voie vers l'indépendance et la liberté"
L'escalade de la violence Le chef de l'organisation du Fatah en Cisjordanie, Marwan Al-Barghuthi, a
déclaré "L'Intifada doit être continuée et intensifiée". Al -Barghutti a même
réorganisé à Nablus ses Tanzim, hommes armés du Fatah et en a fait une
nouvelle milice afin de faire croire que le Fatah n'est pas responsable de la
continuation de la violence. De plus , l'AP a relâché 60 membres du Hamas et
du Djihad Islamique, susceptibles de commettre des actions terroristes qui ne
seront pas alors attribuées à l'AP . ........
Conclusion L'emploi de la force par les Palestiniens après l'échec de Camp David a donné
à l'AP un avantage dans le domaine des relations publiques mais pas de succès
politique. Tandis qu'Israël a été critiquée pour son emploi de la force, ceci
ne s'est pas traduit par un soutien international des objectifs de l'OLP. On
a fait pression sur l'OLP pour qu'elle mette fin à la violence mais on ne lui
a pas promis d'avantages politiques en échange. Barak, pour qui il sera
difficile de rencontrer Arafat tant que la violence continue, a déclaré
néanmoins qu'il était disposé à le faire. Barak a aussi différé la création,
qui semble inévitable, d'un gouvernement d'urgence nationale, pour ne pas
être tenu responsable de l'échec du processus de paix. L'AP , d'autre part,
qui refuse de consentir à un sommet avec Clinton et Barak, est de nouveau
perçue comme la partie qui rejette la paix et veut absolument continuer la
violence.

Les accords d'Oslo I ere partie

Pour lutter contre la désinformation, nous présentons le dossier des accords d'Oslo, en commençant aujourd'hui par les points les plus déformés par les plus récentes discussions concernant les droits des Palestiniens, en particulier des résolutions aux numéros magiques, qui semblent prouver une culpabilité israëlienne, un droit palestinien à reprendre certains territoires. En particulier, la résolution 242 fut citée et continue à l'être. La résolution 194 est elle aussi l'arme de prédilection des médias, sans que l'auditeur moyen ne sache que ces deux résolutions sont en fait en faveur d'Israël. Le lecteur moyen, qui ne se rappelle pas ce que ces chiffres cachent, s'imagine alors que l'ONU a dû voter il y a bien longtemps un texte qui donne raison aux exigences palestiniennes. Un peu d'histoire est nécessaire pour se rappeller les faits.

· La résolution 242 du conseil de sécurité de l'ONU

Le contexte historique de l'élaboration de la résolution n°242 du conseil de sécurité de l'ONU mérité d'être rappellé, ainsi que les termes précis de cette résolution qui a encore vu son interprétation être volontairement déformée par la presse pro-palestinienne à propose des derniers accords de Camp David.
Le 15 mai 1967, le président égyptien Nasser envoit ses troupes (100 000 hommes) et des colonnes de chars attaquer la frontière israëlienne après avoir franchi le canal de Suez. Nasser ordonne le lendemain aux troupes de l'ONU stationnées depuis 1956 de quitter la zone frontière qu'ils sont censés protéger. Les troupes de l'ONU s'exécutent. La radio égyptienne officielle annonce alors: "aujourd'hui à l'heure qu'il est, il n'ya plus de force internationale d'urgence pour protéger Isarël. Nous ne ferons plus preuve de patience. La seule méthode à appliquer avec Israël est la guerre, qui aura pour résultat la fin de l'existence sioniste.
Le 22 mai, l'Egypte fait le blocus du port d'Eilat, ce qui du point de vue de la loi internationale constitue un acte de guerre, un casus belli. Le 27, Nasser énonce que [son objectif de base sera la destruction d'Israël", et le jour suivant, il déclare qu'il n'acceptera aucune forme de coexistence avec Israël".
D'après le droit international, défini par la convention de Genève, une nation agressée qui conquiert des territoires de l'agresseur n'aura pas à considérer ces territoires comme des territoires occupés mais comme des territoires lui appartenant de droit.
Après la guerre gagnée contre l'Egypte par Israël, le conseil de sécurité de l'ONU vota la résolution 242, qui, après des discussions, demandait qu'Israël se retire de "territoires" (la formulation était volontairement indéfinie, il ne s'agissait pas "des territoires", qui supposerait que l'on soit en train de mentionner tous les territoires conquis lors du conflit). Il n'était nullement dans l'intention de l'ONU d'exiger un retrait israëlien de territoires conquis de droit contre un agresseur, et cette formulation visait à demander un retrait partiel, sans exiger d'Israël de revenir aux frontières précédentes, et tout en lui permettant de se retirer sur des frontières qu'il jugerait stratégiques et sûres.

Si certains esprits oublieux doutent de cette intention, il suffit de rappeller la déclaration de l'amabassadeur anglais à l'ONU, Lord Caradon, qui, dans l'introduction qu'il fit à cette résolution, précisa qu'il "serait inconcevable de demander qu'Israël revienne à ses positions du 4 juin 1967, parce que ces positions n'étaient artificielles et non souhaitables" ("It would have been wrong to demand that Israel return to its positions of June 4, 1967, because those positions were undesirable and artificial."


L'ambassadeur américain de cette période, le juge Arthur Goldberg, déclara que les "ommissions notables - qui n'ont pas été faites de façon accidentelles- en ce qui concerne les mots "les", ou "tous", et lignes du 5 juin 1967, ("The notable omissions - which were not accidental - in regard to withdrawal are the words 'the' or 'all' and the 'June 5, 1967 lines' ..."). "La résolution," poursuit-il, "parle de retrait de territoires occupés sans définir l'étendu du retrait" ("the resolution speaks of withdrawal from occupied territories without defining the extent of withdrawal.") Ce retrait comprendrait "moins qu'un retrait total des forces israëliennes des territoires occupés, et dans la mesure où les frontières précédentes d'Israël s'étaient révélées non sûres." ( This would encompass "less than a complete withdrawal of Israeli forces from occupied territory, inasmuch as Israel's prior frontiers
had proved to be notably insecure.")

Le raisonnement tenu par l'ONU à l'époque était que toute résolution qui, après l'attaque offensive de 1967 contre Israël, aurait exigé un retrait total des forces israëliennes aurait été une récompense pour l'agresseur et une invitation à toute sorte d'agression fuuture. Ce ne fut donc pas une demande de retrait total que réclama l'ONU par la résolution 242.
Autre point important de droit. Certains commentateurs se fondent sur la traduction française de cette résolution, qui ne comporte pas la nuance originale et qui parle d'évacuation "des" territoires, et non "de" territoires. Le fait que la traduction française soit mauvaise n'a aucune importance pour le droit international, puisque seul le texte qui a été voté compte: seule la version anglaise a été votée, et toute discussion portant sur le français est inutile et montre surtout la volonté de manipulation médiatique que cherchent à exercer certains médias.
Mentionnons enfin qu'Israël a déjà donné 97% des territoires gagnés en 1967 lors de l'accord de paix avec l'Egypte. Nous disons donné, puisqu'il est clair que la loi internationale ne contraignait pas Israël à abandonner ces territoires.

· La résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU

L'agence Reuter et d'autres médias ont accepté sans broncher l'affirmation palestinienne selon laquelle la résolution 194 a établi le droit au retour des Palestiniens "à leurs maisons dans des villages et villes qui font à présent partie d'Israël". La résolution 194 n'a jamais établi un tel droit. En fait et lieu de ce droit, la résolution 194 suggèrait, dans le paragraphe incriminé (il ne s'agit pas d'une exigence, puisqu'il s'agissait d'une discussion de l'Assemblée générale et non du conseil de sécurité) que " l'on devrait autoriser des réfugiés souhaitant retourner dans leur maison et vivre en paix avec leurs voisins à le faire dès que cela serait pratiquement possible" ("refugees wishing to return to their homes and live at peace with their neighbors should be permitted to" do so at the earliest practicable date ..."). On devrait faciliter "le rapatriement, la réinstallation, et la réhabilitation sociale et économique des réfugiés, et un paiement de compensation" ("[R]epatriation, resettlement and economic and social rehabilitation of refugees and payment of compensation [should be facilitated]". )
Ainsi, ce que nous pouvons souligner a posteriori, concerne surtout la recommendation qui est faite par cette même résolution, de ne faciliter le retour que des réfugiés pacifiques, prêts à accepter Israël et la paix. On a volontairement oublié cet aspect très important de ladite résolution.
On a aussi volontairement oublié le fait que cette résolution ne concernait pas seulement les réfugiés palestiniens mais tous les Juifs des pays arabes après 1948, en les plaçant sur le même plan pour le rapatriement, la réinstallation, et les compensations versées par leur état d'origine.
Enfin il faut se rappeller QUE LES PAYS ARABES ONT VOTÉ CONTRE LA RÉSOLUTION 194 DE L'ONU PRÉCISÉMENT PARCE QU'ELLE NE PARLAIT PAS D'UN DROIT AU RETOUR ET QU'ELLE RECONNAISSAIT IMPLICITEMENT ISRAËL.