Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Le faux pas de Monsieur Jospin

                           Le cas des Arabes chrétiens à Bethlehem

 

Il fut un temps où les Arabes chrétiens israëliens permettaient à l'Eglise d'ouvrir un second front en Israël. On présentait alors les Arabes chrétiens comme des victimes d'un conflit militaire qui ne les concernait pas. Les Arabes chrétiens, du point de vue de l'Europe, représentait une image projective idéale. Ils étaient les vrais croyants au milieu de deux peuples stupidement monothéistes, dont la lutte, à n'en pas douter, venait de leur mécréance. Ils ne devaient pas être avidement attachés à la terre, eux, puisqu'ils étaient chrétiens.
En Israël, la position politique des Arabes chrétiens était bien souvent éminemment problématique. Les manifestations n'étaient pas rares où se mêlaient les Arabes chrétiens palestiniens, et parfois même israëliens (lors de la dernière année de l'intifada en particuler), les Arabes chrétiens de Galilée étant les plus nombreux, et possèdant la nationalité israëlienne.
Pendant l'intifada, les médias ont sû utiliser l'argument de cette population à l'appartenance ethnique, religieuse, et nationale complexe, pour les présenter comme les intermédiaires naturels de la paix, voire comme l'expression objective de la justice entre les groupes. Si les Arabes chrétiens participaient à une manifestation, il était clair que cette manifestation contre l'Etat Hébreu était juste. S'ils soutenaient les Palestiniens, on présentait ce soutien comme un choix éthique dicté par leur foi chrétienne, et on feignait d'oublier la dimension ethnique qui sous-tendait parfois de telles décisions. Le Nouvel Observateur en particulier, se faisait le chantre de ces observateurs du dedans, et l'on subissait les articles propagandistes de Victor Cygelman sans qu'aucun droit de réponse à son oeuvre de désinformation ne soit jamais respecté.
Les Arabes chrétiens ont aussi servi d'argument au Pape et à Yasser Arafat pour signer un accord sans l'avis israëlien pour l'internationalisation autoritaire de Jérusalem. Bel argument en effet, pour désaisir Israël de sa souveraineté sur sa capitale que de targuer que la présence d'un groupe arabe - et donc proche d'Arafat- mais chrétien, et donc proche du Vatican, justifiait l'intervention supplémentaire de cette troisième force, qui d'après les accords secrets passés entre Peres et le Pape, obtiendrait le contrôle de Jérusalem. Le premier rabbin contacté à Jérusalem pour servir d'intermédiaire avec le Vatican, aurait, d'après nos sources, refusé devant cette clause de perte de souveraineté.
Aujourd'hui, au temps du processus de paix, les Arabes chrétiens n'intéressent plus la presse française, le Nouvel Observateur, ni personne, car ils ne peuvent plus servir de levier idéologique contre Israël. Ils seraient même une carte gênante dans le discours de langue de bois assénée par nos puissants médias.
Les individus se trouvent à nouveau seuls, abandonnés après avoir été utilisés, seuls face au destin que leur réserve l'histoire. Et c'est là où nos confrères de la presse politiquement correcte les ont abandonnés que nous voudrions, avec Alliance, reprendre le dossier de ces oubliés des médias.
Car c'est à présent que les Arabes chrétiens ont besoin d'être entendus. C'est à présent qu'ils sont en danger. J'ai rencontré une Arabe chrétienne habitant Bethlehem, et qui m'a décrit sa situation. "Ca fait des mois que ça se passe comme ça. On reçoit des menaces de mort les uns après les autres. Certains ont été tués. Les islamistes forcent les familles chrétiennes à partir à l'étranger en les harcelant et en les terrorisant les unes après les autres, maison par maison, rue par rue, et on est de plus en plus isolés. Je ne sais pas ce que je vais faire. je ne peux pas venir vivre en Israël, parce que j'habite officiellement dans les territoires contrôlés par l'Autorité Palestinienne. La seule alternative à a mort, c'est l'exil. Je ne comprends pas que personne ne nous défende."
Effectivement, personne ne parle plus de Arabes chrétiens. Le Pape n'en dit pas mot. Et quand une mosquée est revendiquée sur des lieux saints chrétiens en territoire palestinien, on accuse encore Israël d'être à l'origine de la crise. Peut-être faudrait-il changer de discours, et commencer à dire la vérité, ne fut-ce que pour protéger des individus qui ont servi la politique pour leur position ambigüe, et qui ne trouvent à présent personne pour les défendre... Radio Shalom pourrait aussi y réfléchir.

Le mythe du Graal II e partie

L'histoire et le développement de la légende du Graal est donc riche en enseignements, et nous allons tenter de les aborder tour à tour.


Partie I du Graal

Il est d'abord intéressant de voir comment les légendes fleurissent ou bien s'oublient au gré des besoins psychologiques d'une époque. Sans les luttes sanglantes opposant l'Occitanie au Nord de la France, la légende du graal n'aurait peut-être jamais connu la notoriété qu'elle connut.
L'histoire du Graal, peut être inspirée du Judaïsme, probablement résultant des mélanges entre judaïsme et chrétienté que pratiquent très tôt les érudits chrétiens, constitue un des premiers textes de ce que Gershon Sholem fut le premier à nommer "cabbale chrétienne".
Le paradoxe est que ce savant mélange de croyances ait dérivé si loin de sa source hébraïque qu'il servit un peuple oeuvrant à la destruction du peuple juif. Tout se passe comme si en fait toute déformation des valeurs essentielles juives, qui ne se comprennent que si elles se lisent dans leur complétude (l'unité des valeurs est la valeur suprême), représentait toujours une force de destruction phénoménale.
On peut bien sûr trouver la source de cette destructivité dans le symbole sacrificial, le sang, le cricifix, la coupe de sang, qui associe les images les plus violentes aux concepts d'amour et de purification, détruisant les limites nécessaires et fondamentales entre amour et mort.
Ensuite, l'histoire de cette légende nous renseigne sur les fondements paradoxaux de l'idéologie pangermaniste des SS, et nous éclaire sur les raisons jusqu'ici obscures de la "réécriture" de la Bible qu'avait commandée Hitler. Le dictateur avait ordonné, parallèlement à la destruction systématique des talmuds, torah, michaniots des Juif que soit réécirt un texte de la création, "au commencement Hitler créa le monde"...
Lorsque j'entendis parler de ce projet hitlérien, je crus entendre un mythe fondé sur la démence du dictateur. Mais tout acte dément se fonde sur une croyance, un système de rationalité alternative. Si la légende du Graal avait fondé les croyances SS, que ceux-ci s'imaginent même le posséder, alors Hitler pouvait s'imaginer détenir le pouvoir suprême, alors que ss troupes s'imaginaient absoutes de toute faute par cet instrument de purification idéale... L'idéologie de purification éthnique arienne se fondait elle aussi sur un acte de sacrifice barbare ancré sur ces croyances, sur l'idée élitiste et arienne de Grandal... La folie du troisième Reich apparaissait sous un nouveau jour, plus affreux encore, plus primitif, rejoignant les pratiques païennes de l'Antiquité.
Quant à Otto Ran, il est au fond lui aussi un exemple caricatural de ce qui arrive à un Juif désireux d'effecer ses origines. Au service du Reich, il est un "étalon" jusqu'à ce que sa judaïté réapparaisse, et sa chute est brutale, sans voie d'issue: il meurt isolé, en pleine montagne, loin de tous, rejetté par tous.

Le mythe du Graal,des origines aux temps nazis

                         Le mythe du Graal, des origines aux temps nazis...

Graal suite....

Le Graal est selon la légende une coupe dans laquelle auarait été recueilli le sang de Jésus par les anges, ou selon les versions par Joseph d'Arimatie présent lors de la passion.
Le texte narrant la légende du Graal est écrit très tôt, environ au Xe siècle par un certain Chrétien de Troyes. Le nom est vraisemblablement un pseudonyme, puisque le prénom comme le nom sont des noms communs. Or il faut savoir qu'à Troyes se tenait une communauté juive importante, puisqu'on se rappelle que c'est dans cette même ville que naquit Rashi ( célèbre éxegete de la Bible)
Quel rapport, me direz-vous, entre le texte du Saint Graal, et le judaïsme?
Un rapport sémantique tout d'abord, un rapport historique ensuite, ainsi que nous le verrons.
Le texte de Chrétien de Troyes,( qui serait si Chrétien qu'il aurait besoin de porter ce nom comme un étendart... (sic)), utilise une thématique qui n'est pas sans rappeller des thèmes juifs très importants dans la kabbale. On sait par exemple qu'en hébreu, un nom écrit avec un vav est dit "vav malé", c'est à dire "enceint" de vav, plein de vav, le vav étant la lettre de vérité qui lui donne son sens plein. Aini un mot peut parfois être écrit de deux ou trois façons, avec ou sans vav, selon la nuance que l'on souhaite introduire, et on gardera en mémoire l'exemple fameux de "toldot" qui est écrit selon cinq façons différentes dans la Torah, puisqu'il comporte deux vavs potentiels (par les deux "o"), et qu'il peut aussi bien ne pas en comporter du tout (le "o" étant alors simplement pointé). Cette possibilité de la langue hébraïque lie ainsi potentiellement des mots qui sont apparemment étrangers les uns aux utres, mais que la kabbale lie (et lit) comme des mots dont certains sont des formes pleines des autres. Le mot "kissé", le siège, qui peut aussi s'écrire ks, et se pronocer kis, forme raccourcie de "kissé", est ainsi mis en rapport avec le mot "kos", la coupe, qui apparaît comme la forme pleine du premier.
Or le trône (siège, trône s'exprimant par le même mot), ont un lien intrinsèque en hébreu, et ce n'est pas un hasard, si pour nous adresser au trône royal de la divinité, nous évoquons le kos, qui correspond dans notre monde à un objet dont la vérité, à son plus haut niveau, se rapproche de celle du kis, le trône.
Le trône divin est traditionellement un trône "vide" d'image, et réservé à D.
La légende du Graal se fonde sur une problématique très significative pour un hébraïsant. Le roi a pêché, et son pêché a déséquilibré le monde d'en bas en déséquilibrant le monde d'en haut, puisqu'il représente l'ordre supérieur par sa propre hiérarchie sur terre. pour "réparer" cet ordre perdu, et devant le trône vide où le roi ne siège plus, ce trône qui est aussi appellé le siège interdit, il faut retrouver le graal, le kos, qui permettra la réinstauration du kis, du siège de la royauté divine sur le monde, et rétablira ainsi l'équilibre cosmique.
En termes juifs, la royauté divine, la shekhina a quitté le monde qui en est déséquilibré, et il faut réparer le monde par des actes de prières, par le kos, pour rétablir le kis.

La légende du Graal joua un rôle fondamental dans l'histoire de France, que nous aborderons dans ce deuxième point, avant d'évoquer son rôle dans l'histoire juive.
Il faut remonter au temps de l'affrontement entre le Nord et le Sud, entre les provinces de langue d'Oc, et les contes du Nord, autour du Comte de Paris, qui soutenus par l'Eglise, décidèrent de conquérir le Sud de la France, au prix du sang et de la guerre, pour agrandir leur pouvoir.
Dans cette guerre sanglante, (dont on trouvera l'histoire détaillée admirablement écrite dans le Que Sais-je, l'histoire du languedoc), un événement, aux alentours de l'an mille, marque l'histoire du Languedoc de la façon la plus cruelle: c'est la destruction de Béziers, où les Comtes du Nord tuent 10 000 personnes, en prenant soin de n'épargner ni femme, ni enfant, ni vieillard. Le massacre de Béziers emplit d'angoisse et d'horreur toutes les populations du Sud, et il faut, pour en comprendre l'ampleur et l'impact, se représenter cette ville comme l'équivalent pour notre monde actuel, d'une grande métropole régionale comme Lyon ou Marseilles. Imaginez que l'une de ces villes soit rasée, et ses habitants tués jusqu'à la dernière personne.
Ce massacre lance le signal de la révolte de l'Occitanie, et c'est à cette période que la légende du Graal connaît son premier grand succès, en particulier dans toutes sortes de sectes qui fleurissent en réaction aux Comtes du Nord qui massacraient sous le couvert de l'Eglise. Les Cathares, dont les origines religieuses sont complexes, et remontent, selon les chercheurs atuels, à un savant mélange de gnose égyptienne avec des croyances nordiques, s'emparent du mythe du Graal. Dans toute la provence, on ne cesse d'évoquer la coupe mystérieuse pour sauver le monde et rétablir l'harmonie... contre les Comtes du Nord, mais aussi contre l'Eglise, fausse Foi, puisque voilà que l'Inquisition commence à sévir, et pour assoir le pouvoir du Nord sur le Sud, à élever des bûchers criminels contre tous les hérétiques.
Une fois les Cathares exterminés, après le dernier bûcher de Monségur, où périrent près de 250 "parfaits" (les prêtres cathares), la révolte occitane s'essoufle peu à peu, et la légende du Graal tombe dans l'oubli pour quelques siècles. On ne la lira jamais plus en lumière de ce qu'elle signifiat pour tous ces individus révoltés par la barbarie de l'Eglise, et assoiffés de vraie Foi, de communication directe avec le divin, sans intermédiaire de prêtres, et dans le but d'établir un monde de justice.
Un certain Gandal, passioné par les Cathares, redécouvre la légende dans les années 1932. Il prétend avoir trouvé la grotte où se trouverait le Graal, associé ce lieu mythique avec le lieu encore inconnu où les Cathares auraient caché leur trésor, car à Montségur, tout le monde a brûlé, mais la nuit précédent la rédition, deux messagers sont partis par des chemins de traverse connus des seuls assiégés (qui ont tenu des mois de siège parce qu'ils disposaient de passages secrets et se réapprovisionnaient). On dit que cette nuit-là, le coffre qu'ils portaient sur deux rampes contenaient la fortune des Cathares qui a échappé aux Inquisiteurs, et que ce coffre a été caché dans une grotte de la région.
Gandal, lui, est persuadé qu'il va tout retrouver. Il prétend même avoir resitué le Graal dans la muraille, et assure que dans la grotte qu'il a découvert, avait lieu es cérémonies d'initiation des Cathares pour cette même raison.
Gandal a écrit un livre. Ce livre est lu par un jeune Allemand, Otto Ran, qui se passione pour son sujet, et part pour le Languedoc s'initier aux secrets du Graal. Otto Ran s'est aussi enthousiasmé pour la dimension élitiste du livre, pour la notion d'un peuple européen supérieur et désigné par Dieu. Otto Ran va revenir en Allemagne, où il convaincra Hitler de lui donner les moyens de recréer un lieu du Graal. Ce lieu fut Weselbuch. Construit sur le modèle et la symbolique des lieux décrits par la légende du Graal, il devient un nouveau château de la Table ronde des SS. Avec le Graal (mais le détenaient-ils ou leur foi naïve le leur faisait-elle croire?), les Nazis se situent hors du pêché originel. Ils sont absous a priori de toutes les fautes qu'ils auraient à commettre pour "rétabli" l'ordre du monde.
Otto Ran est porté aux nues par le troisième Reich. Il semblerait qu'il ait commencé à réaliser l'horreur de son rôle après avoir visité le camp de concentration de Warlenbuch. Il comprend alorrs que la rédemption nazie n'est pas celle qu'il croyait. Il est de plus en plus dégoûté par le fait qu'on lui demande aussi de servir d'étalon pour créer des enfants de la race arienne dans les hôtels du Lebensraum (lire a ce sujet les fiancées d'Hitler).
Et puis sa situation se dégrade très vite, lorsque, sommé de founir un certficat d'arianité, il s'en montre incapable... Il en était d'autant plus incapable que sa grand-mère était juive. Otto Ran, le dernier rêveur terrible du Graal, est trouvé mort sur un plateau enneigé de haute montagne en 1941, probablement liqudé par ces mêmes SS qu'il a tant soutenu par la légende du Graal...

II Partie L'éducation israelienne

                              Education et Démocratie (suite et fin)

1 ere partie

L'éducation supérieure en Israël est donc une chose possible jusqu'au stade de la licence.
Le seul problème, c'est que la licence ne débouche sur aucune qualification particulière, sur aucune profession. Et si vous souhaitez poursuivre vos études dans le domaine académique, vous verrez s'élever devant vous des obstacles subtils mùais efficaces pour vous en dissuader. Personne ne vous dira quoi que ce soit. Personne ne profèrera aucune menace. Mais la machine administrative et académique sera mise en oeuvre pour tout bloquer, pour vous décourager.
Alessandra est arrivée d'Italie avec les meilleures notes de l'Université de Milan. Elle espérait pouvoir poursuivre ses études et faire un doctorat, travailler dans une université. Au bout de cinq ans interminables, elle finit par abandonner.
Lorsque Barbara arrive du Canada, elle a été selectionée avec un autre étudiant parmi 200 étudiants pour faire une maîtrise en Israël, et elle a obtenu une bourse dans ce but de son université. Le système se met en marche dès son arrivée. On lui impose des "hachlamot", cours obligatoires "de compensation" en prétendant que l'Université de Toronto n'a pas le même niveau que celle de Jérusalem. Elle fait trois ans de cours compensatoires et mange ainsi sa bourse. Une fois ces cours accomplis, les difficultés 'amoncèlent, alors qu'elle étudie la littérature anglaise, dans sa langue maternelle. Un professeur, russe d'origine, qui la dirige, lui fait réécrire neuf fois son travail, en prétendant corriger son style. Il faut savoir que Barbara a travaillé comme éditrice au Canada pour saisir le grotesque de la situation. Il faudra neuf ans à Barbara pour finir sa maîtrise, et on la contraindra à abandonner son mémoire, à prendre la formule "maîtrise par examen", en lui donnant un note finale dont trois dixièmes de points l'empêche de s'insrcire en doctorat. Au terme du parcours, Barabara éprouve le sentiment d'avoir été laminée par un rouleau compresseur. Quand on vous fait douter du moindre mot écrit, vous finissez par ne plus oser écrire.
Naomie vient des Etats Unis. Elle arrive en Israël bardée de diplômes en éducation spécialisée. On rétrograde son niveau et on lui accorde de s'inscrire en maîtrise, avec des "hachlamots". Même scénario. Naomie a une bourse, qu'elle dépensera pedant ces années d'hachlamot, où rien ne laisse prévoir les difficultés à venir. Au bout de sept ans, elle aussi, bloquée par tous les obstacles dont un consiste à attendre des mois des décisions de commissions ou des notes de devoir conditionnant vos prochaines inscriptions, finit par abandonner. Naomie, spécialisée dans l'éducation des enfants en difficulté ne pourra jamais transmettre son savoir ni même travailer dans son domaine.
Tal elle, est bi-nationale, et elle est issue d'une famille modeste. Lorsqu'elle arrive des Etats Unis, elle s'affronte pendant six ans à la machine de l'éducation supérieure. Elle repartira aux USA pour son doctorat, qu'elle achève en un temps normal.
Faut-il vous énoncer les vingt cas recencés sans grande recherche parmi tous les étudiants de ma promotion? Faut-il vous dire qu'arrivée en Israël avec un Master canadien et une maîtrise française, on m'imposa à moi aussi trois années d'hachlamots? Faut-il dire qu'il m'a fallu neuf ans pour faire un doctorat, et que je dus abandonner le premier entrepris pour une suite de quatre scandales dans le traitement de mon dossier par l'Université hébraïque?
Il y a là véritablement un scandale, et la seule institution capable de faire pression sur les universités est l'agence juive: c'est elle qui verse des bourses et qui ferme les yeux sur cette technique de pompage de l'argent pendant trois ans avant la mise en place d'un système de blocage pour favoriser d'heureux élus de bonnes familles. C'est la technique du closed shop (marché fermé, réservé) et la meilleure preuve de ce favoritisme honteux protégeant quelques familles, c'est que certains milliardaires américains se sont émus du fait que les Universités israëliennes ont parmi les taux les plus faibles de publication du monde par nombre de doctorants et enseignants. C'est tout à fait logique si on observe que pour les professeurs, un doctorat est une concurence potentiel et que tout est fait pour l'empêcher de publier, et que d'autre part, les sélectionnés du système ne sont pas brillantissimes.
Le problème subsidiaire de ce système éducatif est que toutes ces difficultés ne valorisent pas plus vos diplômes. Lorsque vous vous présentez ensuite dans une université française, vous entendrez des réflexions comme "c'est un diplôme du Tiers-Monde", ou bien "de toute façon, nous n'avons pas d'accord d'équivalence avec Israël". Les diplômes israëliens coûtent cher, ils ne débouchent pas sur un diplôme académique du niveau doctoral si vous n'appartenez pas aux familles de privilégiés israëliens proches du pouvoir, et ils ne sont pas reconnus à l'extérieur.

Yona Dureau

Identité (s) juive (s) ?

                                             Identité(s) juive(s)?            

 

Qu'est-ce qu'un Juif? Pour le pratiquant, le Juif est d'abord celui d'ont la mère est juive, et qui se doit d'endosser les mitsvots pour se parfaire dans son identité.
Depuis l'identité d'Abraham, de la mida (qualité) de générosité, en passant par l'identité de Ytshak, dont la qualité, est la mida de justice, pour atteindre l'identité de Yaakov, puis celle-ci dans son accomplissement de l'unité des valeurs (de justice et de générosité), l'identité d'Israël.

Le Juif serait un homme dont la carte identitaire passerait par l'unité des valeurs, l'équilibre entre jutice et générosité, le refus de privilégier l'un de ces deux pôles, et c'est en celà qu'il serait l'ami (yehud) de Dieu, l'unité suprême des valeurs.

Tous les Juifs ne se reconnaissent pas dans une définition religieuse de leur identité, même si, instinctivement, ils appliquent cette carte identitaire dans leurs idéaux, façonnés par l'histoire de leur peuple ou de leur terre.

Pour certains, bien sûr, être Juif est un fardeau, ils sont nés Juifs par hasard, parce que leur mère était Juive, et ils rêvent de se débarasser rapidement de cette identité en fuyant tout ce qui se rapporte à leur culture.

Mais ces cas extrèmes sont rares.
On les retrouve aussi souvent, au bout de quelques années, artisans au fond d'un village, en train de façonner une mézouza "pour les touristes" disent-ils, ou de visiter une synagogue "par intérêt culturel", rappellés à leurs origines malgré eux.
Etre juif, c'est avant tout être porteur de mémoire. Les Juifs se définissent par leur lien de mémoire à un livre, à une terre ou à un peuple.
Et leur histoire a fait que cette mémoire porte en elle le germe d'une identité originale qui dépasse toutes leurs différences.
Pour ccomprendre cette identité, la Torah nous avait donné quelques indications. Devenir chrétien, en hébreu, c'est "léitnatser", soit devenir "notsri", croyant de la secte qui voit son origine à "natseret", (nazareth).
Devenir musulman, c'est "léitaslem", soit devenir "muslémi", musulman.
Devenir Juif, ce n'est pas "léityahed", qui serait l'équivalent sémantique, mais "léitgayer", soit "devenir ger", devenir... l'étranger.
Le rav Ashkénazi enseignait ainsi que l'expérience du Guer, au sens premier de l'étranger, était une expérience si primordiale, qu'elle était indissociable de l'expérience juive.
Les Hébreux avaient été "étrangers dans une terre qui ne leur appartenait pas" (l'Egypte),, et lorsque Moïse nomme son fils, il le nomme Gershon, étranger-là-bas, car, dit-il, j'étais étranger en Egypte.
Devenir Juif, entrer dans cette nation, c'est donc endosser l'identité d'un peuple qui connaît l'identité de l'étranger chez l'autre, et qui a appris à admettre une identité étrangère chez lui.
Dans le peuple juif, la tribu des Lévy n'avait pas le droit de posséder une propriété foncière: elle représentait en permanence l'identité de celui qui n'est jamais chez lui, au sein même des institutions juives, liée et proche du monde de la prêtrise, comme si rien de sacré ne pouvait se faire sans cette conscience-là.
Les tribus qui protégeaient le territoire d'Israël, à la frontière, étaient les tribus de Gad et de Reuven, dont les premières lettres reformaient le mot de Guer: l'identité Guer protégeait Israël.
A leur tour, les Guer (au sens de convertis) expériementaient cette identité pour devenir Juif.
Quant aux étrangers au sein de la nation, leur présence étaient si indispensable que tous les textes de la Torah qui évoquent les lois de la terre leur accordent toujours une place, en parlant de "l'étranger qui est dans tes murs".
Leur présence leur permettait de partager une expérience humaine qui devait être universelle, afin de réparer la faute de Caïn, afin d'apprendre à donner sa place à l'autre.
Etre Juif, c'est donc être étranger, mais avec cet amour de l'étranger qui se retrouve dans le cosmopolitisme Juif.
Pas un Juif qui ne cherche à dire combien la nation où il a choisi d'habiter est la meilleure de toute, combien l'identité de ce peuple est merveilleuse.
La tentation de devenir l'autre est intrinsèque à la culture juive.
Et pourtant, l'identité juive porte en elle-même une contradiction: si l'autre attire, néanmoins la mémoire de l'histoire lui a appris que tout est perfectible.
Espoir né du désespoir de son histoire, le Juif, religieux ou laïc, espère toujours changer le monde. Les institutions des hommes sont relatives et toujours sujettes à une remie en cause, une perfection plus grande.
Aussi trouve-t-on les Juifs dans toutes les batailles de l'histoire, dans les révolutions comme dans les quêtes scientifiques, toutes ces luttes ressemblant à leur manière toujours à un espoir messianique en l'homme, que cet homme soit messie par ses institutions ou par ses connaissances.
Etre Juif, c'est, armé du désespoir du passé, espérer indéfiniment en l'homme, c'est, chargé de la mémoire d'un peuple massacré, aimer sans cesse d'autres peuples, et vouloir changer le monde.

Yona Dureau

Haider et l'isolement politique de l'Autriche

Yona Dureau attend vos réactions sur son forum

http://www.alliancefr.com/new/services.ahd?col=4&menu_id=4

 

II La Question de la radicalisation politique de l'Autriche : les taux
d'immigration et la politique coercitive de l'Europe

La Question Haider et l'Isolement Politique de l'Autriche

La question de la shoah divise à nouveau l'Europe. On feint de découvrir la version autrichienne de la guerre. On l'accuse à travers son ressortissant, Hitler. On souhaiterait pour cette question une mesure d'ingérence de l'Europe dans les affaires intérieures de ce pays. Dans cet épineux dossier, au moins trois questions fondamentales sont mêlées sans discernement, et il nous a paru essentiel de les dissocier afin de remettre ce débat sur un terrain plus rationnel. La première question concerne la responsabilité de l'Autriche dans la shoah, question que nous aborderons sous le point de vue de la responsabilité collective. La deuxième question concerne le problème fondamentale du type de gouvernement central que l'Europe veut se choisir, et le risque d'une dérive durable au nom d'une crise ponctuelle. Enfin le troisième débat concerne les risques graves des conséquences politiques intérieures et extérieures, pour l'Autriche et pour l'Europe, d'un isoement de ce pays.

I. L'Autriche, la Shoah, et la Responsabilité collective

Précisons tout de suite notre perspective : nous ne tenons pas à devenir les avocats de Haider, ni du nazisme, ni des fascistes de l'extrème droite actuelle. Il nous a surtout paru important de ne participer à un phénomène qui risque de voiler une responsabilité collective éminement plus grave, par le biais d'une sorte de jeu de bouc émissaire au niveau international.
Le scandale Haider a commencé lorsque celui-ci, invité à une soirée d'ancien combattants nazis, a, d'une part, accepté de se rendre à cette invitation, et d'autre part, invité à la tribune, déclaré qu'il ne voyait devant lui "que des hommes fidèles à leur passé et à leurs choix". Notons tout d'abord que l'Europe n'a rien fait contre l'Italie qui a invvité Haider il y a moins d'une semaine, à se rendre à Trieste à une réunion du parti fasciste. deux poids, deux mesures...
Notons de plus qu'il aurait été plus subtile d'attaquer Haider sur le fond de sa déclaration car l'entêtement à l'erreur au-delà des années n'a jamais été une marque de l'intelligence humaine. Quoiqu'il en soit, Haider cherchait visiblement à rassembler des voix, en utilisant des techniques démagogiques, et une fois son parti en tête des sondages, il formula des excuses sur ses paroles, tout en faisant preuve d'un art du retournement de veste qui n'est pas pour rassurer, sans être pour autant une exception dans le monde politique.
La première chose frappante dans toute cette affaire, c'est que dans le cas de Haider, nous avons assisté à un tollé général, probablement parce que l'opinion a été choquée par le fait qu'un homme de la génération d'après-guerre ne rejette pas haut et fort le passé de son pays. A-t-on entendu Mitterand ou Chirac condamner le passé de Vichy? Les prises de position ambigües de Mitterand à ce sujet l'ont-elles empêchées d'être président? A-ton alors demandé une intervention internationale?
Le deuxième aspect frappant concerne le fait que lorsqu'un précédent président autrichien avait été dénoncé il y a quelques années par Israël pour sa participation passée active au nazisme, personne n'avait réagi, magré les protestations répétées d'Israël... L'affaire autrichienne est donc plus complexe qu'il n'y paraît, et on perçoit dans ces contradictions logiques des dessous politiques qui nous dépassent vraisemblablement.

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La responsabilité collective

Il est temps de nous confronter tous aux fantômes du passé, et cesser de trouver des responsables isolés à lapider. Le problème autrichien est un miroir de notre propre refus à assumer nos responsabilités passées, et la réaction épidermique européene, dans l'opinion publique, traduit, comme dans tous les cas de bouc émissaire, un réaction viscérale de refus de culpabilité rejetté sur l'individu porté au pilori. pour comprendre le phénomène, analysons-le un instant. Que prétend dire l'Autriche pour sa défense concernant son rôle lors de la seconde guerre mondiale?
Nous avons été envahis par l'Allemagne au moment de la déclaration de l'Anschluss qui avait été soutenue dans le gouvernement autrichien par des nazis assassins faisant régner un régime de terreur dans les coulisses du pouvoir. Tout cela est strictement vrai du point de vue historique, mais incomplet. Les nazis introduits dans le pouvoir étaient aussi soutenus par des groupes nazis en Autriche, sans le soutien desquels une réaction démocratique du pays contre l'Anschluss.
Que prétend la France au sujet de Vichy? Nous avons été envahis par l'Allemagne, et nous avons assisté impuissants à la mise en place de la solution finale?
Que prétend l'Italie au sujet du fascisme? Nous avons délivré notre pays de ce fléau juste avant l'arrivée des troupes américaines. Nous sommes des défenseurs des libertés.
Que va-ton dire maintenant pour justifier le fait que lorsqu'en 1933-34, Hitler demanda aux pays d'Europe d'accueillir les Juifs allemands, aucun pays n'accepta, la crise de 1929 ayant laissé des détresses économiques qui, disait-on, ne permettait pas de prendre en charge des immigrants. L'antisémitisme européen de cette période n'est sans doute pas à négliger non plus.
Que va-t-on dire pour justifier que les forces militaires anglaises et américaines, alertées depuis 1940 par le gouvernement polonais en exil de l'existence des camps d'extermination, refusèrent des bombarder les lignes de chemin de fer y accèdant, sans jamais apporter d'explication à ce refus?
Que va-ton dire pour expliquer que les survivants de la shoah furent accueillis en Israël sous les quolibets, comme des moutons, disait-on, qui avaient accepté d'être menés à l'abattoir. Que va-t-on dire pour expliquer que ceux réchappés des camps furent envoyés après une brève semaine de formation, bredouillant quelques mots d'hébreu et comprenant à peine les ordres, en première ligne, contre les troupes arabes, et d'où très peu revinrent...
Un article publié le 4 Février par le International Herald Tribune par Barry Lando, dévoile un dernier aspect, un chaînon manquant dans ces suites d'horreurs : les Américains n'ont pas bombardé les lignes de chemin de fer menant aux camps de concentration parce que les Juifs américains, dans la situation antisémite de l'époque, avaient peur que l'arrivée de cette masse de réfugiés en Amérique, amènent des réactions antisémites encore plus vives: ils ont donc fait pression pour empêcher ces bombardements.
De Gaulle, le glorieux libérateur de la France, avait quant à lui exigé que l'on protège Paris et favorise la délivrance de la capitale avant de procéder à un quelquonque sauvetage des camps: la longue marche de la mort, les camps incendiés par les troupes allemenades où de nombreux survivants ont péri auraient pu être évités.

Il faut donc en convenir, l'admettre, et faire notre examen de conscience : les victimes de la shoah ont souffert par notre responsabilité à tous, et il serait temps de réfléchir comment éviter un nouveau drame, comme par exemple le génocide du Cambodge, où le monde a abandonné une population à un bourreau...
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II Ingérence Européene et Liberté des Etats

Nous sommes à un point de notre histoire qui sera un tournant décisif pour notre avenir, et il faut en prendre conscience quelque soit notre choix. Ces dilemme a été celui des Etats Unis lors de la mise en place de l'Union, et l'ajustement nécessaire entre pouvoir fédéral et pouvoir des états. Veut-on ici une Europe centralisée, forte, décidant au nom des Etats, ou veut-on une administration centrale chargée de régler les problèmes économiques touchant nos intérêts communs?
Le président Chirac a déjà dévoilé son choix lorsqu'il poussa à la mise en place de forces militaires communes d'intervention rapide. pour lui, pas d'Europe sans pouvoir central fort.
Le paradoxe est que nous souhaitons ce pouvoir central fort par intermittence. Nous souhaitons un pouvoir contraignant l'Angleterre à arrêter ses exportations de viande lors de la crise de la vache folle, puis nous refusons d'accepter la décision européene de lever l'embargo sur la viande britannique, alors que nous acceptons la viande espagnole ou portugaise où des cas de vache folle se sont déclarés.
Aurions-nous accepté de voir l'Europe intervenir après l'élection du président Mitterand au nom de ses amitiés vichisoises?...
Nous ne pouvons pas continuer à exiger deux poids et deux mesures. Il faut choisir, et accepter les conséquences philosophiques et politiques de notre choix. Soit nous voulons la liberté des Etats, dont la nôtre, et nous devons accepter celle de l'Autriche, soit nous choisissons un pouvoir central fort, mais qui contrôlera peut-être aussi nos vies dans un sens qui ne nous paraîtra pas démocratique en ce sens qu'il ne reflètera pas nos opinions : une restrictions de nos libertés au nom de la démocratie et des libertés.
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III Les Conséquences de l'Isolement de l'Autriche

Et certains de déclarer: "peu nous importe l'Autriche, c'est un pays agricole, qu'ils restent entre eux..."
N'oublions pas que dans un premier temps, l'Allemagne post-première guerre mondiale était isolée, et que ce replis sur elle-même, auquel s'est ajoutée la crise de 1929, le retrait brutal des fonds américains, l'a poussé à un extrémisme politique. N'oublions pas que l'arrivée au pouvoir d'Hitler, la montée du nazisme, ont été favorisés par cette situation. N'oublions pas que cet isolement croissant, et l'esprit français de "L'Allemagne paiera" concernant les mines de la Ruhr (ne tentons-nous pas aussi de "faire payer" quelque chose à l'Autriche dans toute cette histoire?) n'a abouti qu'à des réactions nationalistes virulentes. Et tout cela de toute façon a fini par contraindre les politiciens, au moment où les choses étaient réellement graves, à faire le compromis honteux de Münich, en dépis de la démocratie, et pour rompre un isolement qui ne pouvait être maintenu plus longtemps: méfions-nous de ne pas mettre en place un tel embargo politique que nous serions forcés de briser à un moment beaucoup plus grave...
L'Autriche est un pays à position stratégique pour l'Europe, car elle nous lie à l'Europe de l'Est. Sa politique vis à vis de l'Europe de l'Est ne peut pas ne pas avoir de conséquence sur notre avenir. Son isolement n'est pas seulement l'isolement d'un pays éleveur de vaches.
Quant à Israël, retirant son ambassadeur d'Autriche, refusant de donner un visa à Haider, on peut penser qu'il y a là une réaction d'honneur national, mais qu'elle est étonnante après une absence de réaction politique face à un président aux antécédents nazis. Dans l'isolement politique actuel d'Israël, cette coupure diplomatique risque aussi d'avoir des conséquences économiques graves.
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La Question de la radicalisation politique de l'Autriche : les taux
d'immigration et la politique coercitive de l'Europe

On oublie souvent les origines des problèmes, et pourtant, en ce qui
concerne la situation actuelle d l'Autriche, l'origine du problème en
dit long sur la crise qui vise l'Europe actuellement. On oublie que
l'Autriche, comme l'Allemagne, ont littéralement dû faire front au
déferlement d'une immigration de masse depuis la chute du bloc
soviétique, qui s'est mué en une vague incontrôlée d'immigration
clandestine depuis le conflit du Kosovo, et de la Yougoslavie. Depuis
plus de dix ans, la politique européene a fait la sourde oreille aux
problèmes rencontrés par l'Autriche, qui était en première ligne pour
les questions touchant à ces conflits, et qui ne disposait pas des
mêmes ressources économiques que l'Allemagne elle aussi concernée par
ces phénomènes. Or tout le monde le sait, une immigration de masse,
non contrôlée, n'est bonne ni pour la population migrante, ni pour la
population recevant cette arrivée, car cette immigration, mal gérée,
aboutira à marginaliser ces individus en ne les intégrant pas.
L'Europe a imposé à l'Autriche des taux d'immigration qui rendaient
cette intégration impossible.
De plus, le refus des partis politiques modérés à prendre en main ce
problème qui est un sujet tabou (celui qui parle de "réguler" une
immigration est immédiatement assimilé à l'extrème-droite) a abouti à
offrir ce sujet à l'extrème-droite, et à ainsi radicaliser les votes
de ceux qui souhaitaient une prise en main du problème par les
gouvernants. L'Europe court à présent le risque de voir se répandre
le même phénomène si elle poursuit sa politique imposant des règles
d'immigration aux pays frontaliers, et si elle se refuse à poser les
questions pratiques découlant de cette politique d'immigration.
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I Partie l'éducationisraelienne

         EDUCATION ET DÉMOCRATIE OU LES PROBLÈMES DU "CLOSED SHOP" EN ISRAEL

 L'éducation est un des piliers de la démocratie dans le monde. Lorsque je pense au sytème français, avec tous ses défauts, et que je rencontre la fille de la femme de ménage d'une famille d'amis, actuellement en médecine, j'éprouve une certaine joie, comme si un peu de justice existait en ce monde. Le système universitaire israëlien, malheureusement, ne permet pas une grande mobilité sociale. Très cher, il ne permet guère que d'atteindre le niveau de la licence, et dans des conditions qui relèvent du parcours du combattant. Pour celui qui prétendrait poursuivre, s'élèvent des barrières innombrables de mauvaise volonté et de malhonêteté pour protéger ces carrières et les conserver pour les bonnes familles israëliennes ou les personnes protégées politiquement, selon un système connu en économie sous le nom de "closed shop": traduisez, "le magasin est fermé [pour vous]. Il est donc particulièrement risqué de choisir de poursuivre ses études en Israël, et illusoire d'imaginer qu'il y a là la possibilité d'une quelquonque intégration ou carrière.
Cette série d'articles abordera les questions universitaires en se concentrant particulièrement sur l'Université hébraïque sur laquelle nous avons réuni vingt témoignages de personnes issues de plus de dix pays différents, et toutes parvenues en Israël avec des notes excellentes et des références élogieuses. Il ne s'agit donc pas d'un point de vue personnel, mais de faits malheureusement trop nombreux.

Situation générale
De grandes Universités se partagent le petit marché étudiant d'Israël : Beer Sheva, Tel Aviv, Haïfa, Jérusalem, et depuis peu, l'Université des Mormons installée sur le Mont des Oliviers.
Vu de l'extérieur, le système universitaire israëlien paraît une gigantesque machine. Des centaines d'étudiants viennent faire la queue chaque année pour s'inscrire aux cours, pour s'inscrire aux "méonots", résidence universitaire, pour payer, enfin, leur inscription, qui malgré une subvention clamée très importante par le gouvernement, reste à des prix exorbitants pour un Européen : environ 10220 shekels actuels par an (auxquels s'ajoutent 322 shekels de services divers obligatoires) pour tous ceux qui prennent un programme complet, ce qui explique la nécessité pour la plupart des étudiants d'emprunter pour faire des études, ou de travailler en même temps qu'ils étudient.
Pour donner une idée de la taille des usines universitaires, 24000 étudiants sont inscrits à l'Université Hébraïque, dont 13000 préparant une licence.
A première vue, on peut penser que ces usines fleurissent, prospèrent, et se portent bien. L'Université hébraïque possède même des bâtiments immobiliers assez nombreux au sein de Jérusalem. Une secrétaire que j'interrogeais un jour de grève me répondit : "Il ne faut pas se leurer. L'Université a d'immenses dettes. C'est nous, les employés, qui l'empêchons, par l'intermédiaire de nos syndicats, de vendre ces bâtiments, qui sont notre seule caution pour que nos salaires soient versés en cas de ruine de l'université.".
Situation donc paradoxale d'un monstre aux pieds d'argiles. La situation de l'Université de Tel Aviv, serait, dit-on, plus saine, ainsi que celle de Haïfa.
Mais que se passe-t-il du côté étudiant?
Un dicton israëlien annonce :" accrochez un âne quatre ans à un pilier de l'Université, et payez les inscriptions, et au bout de quatre ans il sortira avec un diplôme de licence." C'est probablement ce dicton qui explique que le journal étudiant s'intitule hamokh (l'âne). Le sentiment général est donc qu'une fois la terrible barrière des psychométriques passée, examens obligatoires classant les étudiants, et les autorisant, selon leurs notes, à poursuivre seulement certaines matières, il suffit généralement de persévérer et d'assister aux cours pour avoir une licence.
Le système des examens psychométriques, remis en cause depuis plusieurs années aux USA, continue de sévir en Israël, et désavantage les étudiants d'origine européene qui ne sont pas formés pour des examens où il s'agit de choisir des formes selon une logique déterminée par des psychologues, avant d'arriver à une partie mathématique en temps limité, et en l'absence de questions réelle de connaissance, de réflexion autonome, ou d'aptitude.
Des écoles privées sont donc apparues ces dernières années, elles aussi très chères, pour préparer les candidats aux études supérieures aux examens psychométriques, préparation coûteuse et retardant encore le début des études, de même que la "mehina" équivalent d'un collège américain où l'on prépare les étudiants au système universitaire.
Devant ces coûts, le temps nécessaire pour toutes ces étapes, et la double difficulté de poursuivre des études en travaillant et en faisant leur milouims (mois d'armée obligatoire chaque année), nombreux sont les Israëliens qui ont déjà choisi de poursuivre leurs études à l'étranger.
Les étudiants ayant décidé de demeurer en Israël se voient en général contraints, dans ces conditions générales, de prévoir cinq, six, ou sept ans pour le passage d'une licence, retardés par le petit boulot qui leur permet de vivre et par un rythme administratif et professoral si lent qu'il faut parfois attendre un à deux mois pour avoir le résultat d'une note, trois mois pour celui d'une commission : pour ne citer que monn cas personnel, je perdis inutilement ma dernière année de bourse à attendre la décision d'une commission siégeant deux fois par an et qui s'était trompé une pemière fois sur mon dossier, pour ensuite l'éliminer afin d'effacer les traces d'erreur.
Bref, le dédale géographique de l'université de Jérusalem, construite comme un labyrinthe, finit souvent par refléter celui des étudiants en quête de diplôme, errant d'année en année, pour atteindre trop tard un titre si désiré, et dévalué à l'étranger.

Le fonctionnement des bourses d'étude
Mais, me diront mes détracteurs, il y a des bourses. Certes, il y a des bourses, que ce soit pour les étudiants sortant de l'armée (pendant un ou deux ans), ou pour les nouveaux émigrants, par l'intermédiaire de l'agence juive, qui donne des bourses pendant trois ans.
Mais ce système originellement égalitaire s'est vu au cours du temps perverti par le système universitaire israëlien au point d'être totalement neutralisé.

PROCHAIN ARTICLE : LE SYSTÈME DE RETARDEMENT SYSTÉMATIQUE DES ÉTUDIANTS: UNE RENTABILISATION MAXIMUM ET UNE EXPLOITATION DU MARCHÉ ETUDIANT EFFICACE

Reportage de David Bedein

Le texte qui suit est une traduction d'un reportage de David Bedein confié exclusivement à Alliance.

David Bedein est directeur du centre d'étude pour la Paix, au Beit Agron de Jérusalem. Tous ses reportages sont centrés sur de problèmes qui lui semblent mettre en danger la paix d'une part, et trouver leur origine dans une mauvaise gestion de la paix. Son optique est donc particulière, puisqu'il est à la fois critique mais optimiste, persuadé que de mesures de réforme, ou des attitudes différentes dans la gestion du processus de paix peuvent établir une paix durable.
Nous présentons donc ce reportage, et nous présenterons ensuite notre propre commentaire. Le texte anglais d'origine suit.

Le New York Times daté du 2 Juillet 1999, rapporta les paroles du président Clinton concernant les Arabes palestiniens, "qu'ils avaient le droit de vivre où ils le souhaitaient." Le New York Times ne rapportait pas par contre les échos de cette déclaration dans les médias arabes et dans les camps dirigés par l'organisme des nations unies, United Nations Relief and Work Refugee Agency (UNRWA), où les réfugiés palestiniens ont été logés dans des abris "temporaires".depuis 1948. Pendant près d'un demi-siècle, ces hommes se sont vu promettre que d'après la résolution 194 de l'ONU, ils avaient un "droit inalienable de retour " aux lieux abandonnés en 1948, ce qui inclut les sites actuels des communautés juives de Tel Aviv, Haïfa, Ashkelon, et de centaines de villes, moshavims et kibbuzims à travers Israël, y-compris le campus de l'université de Tel Aviv, qui constituait le village arabe de Sheikh Munis. Ce "droit de retour" n'est pas une notion théorique dans les camps de l'ONU. Il constitue un programme instillé dans les coeurs et les esprits des résidents de ces camps. Il forme aussi la politique de l'UNRWA, financé par les impôts américains pour assurer aux arabes palestiniens qu'ils pourront bientôt concrétiser leur "droit de retour". L'Autorité palestinienne interdit à ces résidents de voter ou même de recevoir une meilleure habitation et de meilleures conditions de vie.

Les programme scolaires palestiniens insistent sur le retour "imminent". Les enseignants des écoles de l'UNRWA forment une nouvelle génération de la jeunesse palestinienne à se préparer à rentrer "à la maison". La "maison" ne désigne pas la bande de Gaza et la Cisjordanie, mais les frontières de l'avant-67.
L'organisme de diffusion télévisée et radiophonique palestinien brandit le "droit de réponse"comme un slogan dans ses émissions quotidiennes de radio et de télévision. A peine une semaine aprè le début de la diffusion de programme par cette institution, des manifestations de masses étaient organisées dans les camps du UNRWA scandées aux chants de "Nous reviendrons à Ramle, à Jaffa, à Lod, et en Gallilée". pour les résidents des camps de l'UNRWA, le "droit de retour" n'est pas un principe abstrait, c'est un plan d'action.
Face à cette situation, un officiel du State Department aurait assuré M; David Bedein, directeur actuel du centre d'Etudes pour la Paix à Jérusalem, que Dennis Ross aurait rassuré le gouvernement israëlien que la résolution 242, fondée sur les conditions déterminées après la guerre des Six Jours en 1967, rendait caduque l'antique résolution 194 de l'ONU...
Personne n'a pris la peine, semble -t-il, d'en informer l'UNRWA, et les réfugiés de ces camps...

David Bedein, Media Research Analyst
Bureau Chief, ISRAEL RESOURCE NEWS AGENCY
Beit Agron International Press Center
Jerusalem
The New York Times of July 2, 1999 correctly reported President Clinton's
statement on Arab Palestinians: that they have a right to live "wherever
they would like to live."

What The New York Times did not report was how Clinton's policy statement
resounded through the Arab-Palestinian news media, and through the camps
run by the United Nations Relief and Work Refugee Agency (UNRWA), where
Palestinian-Arab refugees have been consigned to "temporary" shelters
since 1948.
Their number, originally about 500,000, is now claimed to be
3.6 million.

For more than half a century, these clients of the United Nations have been
promised that under UN Resolution 194 they have an "inalienable right of
return" to the places abandonned in 1948, that include the present sites of
Jewish communities in Tel Aviv, Haifa, Ashkelon, hundreds of towns,
moshavim and kibbutzim throughout Israel, including the campus of Tel Aviv
University that was one the Arab village of Sheikh Munis.

This "right of return" is no theoretical notion in the U.N. camps. It is a
program instilled into the hearts and minds of the residents of those
camps. It is the policy of UNRWA, which is funded primarily by the U.S.
taxpayers, to assure these Palestinian-Arabs that they may soon realize
their "right of return." Arafat's Palestine Authority forbids the
residents to vote, or even to be given better housing and better living
conditions.
The curriculum of its educational system (that is also partly funded by the
United States) stresses the forthcoming "return." Teachers in the UNRWA
schools train a new generation of Arab-Palestinian youth to prepare
themselves to return "home." They do not by that mean homes in the West
Bank and Gaza; they mean within the pre-1967 borders of Israel.
The Palestine Broadcasting Corporation, founded in 1995 and funded in part
by the U.S. government, continuously weaves the "right of return" into its
daily programs on radio and television. Since the inception of the
Palestine Authority and the media it controls, hardly a week has gone by
that there have not been mass demonstrations in the UNRWA camps with loud
chants of "We will return to Ramle, Jaffa,
Lod and the Galilee." For the clients of the UNRWA refugee industry, the
"right of return" is not a abstract principle, it is a plan of action.
A U.S. State Department official told me that senior State Department
policy advisor Dennis Ross had reassured the Israeli government that UN
Resolution 242, based on conditions after the Six-Day War of 1967,
supersedes the antique UN Resolution 194.

Nobody has bothered to tell that to UNRWA, which still runs on 194, or to
the milliions confined to its camps.

II Reunification des familles et processus de paix

 II REUNIFICATION DES FAMILLES ET PROCESSUS DE PAIX

 

En 1993, dans le contexte du processus de paix, le gouvernement d'Israël lança une politique sur la question de la réunificationdes familles, touchant aux points et changements suivants:

Les époux(ses) de résidents dans les territoires administrés qui, dans le cadre des procédures établis en 1990, se virent remis un permis de visiteur de longue durée, ou qui étaient éligibles à de tels permits, furent considérés comme ayant-droits pour l'obtention du statut de résident permanent des territoires administrés sur les bases de la réunification des familles. Les personnes concernées pouvaient déposer une demande de résidence permanente, accordée sauf dans les cas spécifiques de problèmes de sécurité. La demande de résidence devait être accepté après une période de probation d'un an nécessaire pour les vérifications administratives concernant le statut antécédent du candidat, et quant aux vérifications du service de sécurité. Environ 6000 personnes étaient concernées par ces mesures d'après l'estimation du ministère de la Justice.
De plus, il fut décidé de fixer un quota annuel de permits de résidence permanente, et suivant les lignes directrices suivantes:

a). Le quota devait être de 2000 personnes par an. Ce chiffre représente un doublement du nombre de permits accordés annuellement lors des années précédentes. Le nombre de permits était ouvert à des réévaluations selon les circonstances.

b) Les quotas étaient subdivisés en sous-catégories de causalités, réunification d'époux, demandes pour causes humanitaires, et autres raisons.

c) Les demandes de permits pouvaient être soumises à toute période de l'année. Les demandes qui n'auraient pas été considérées dans l'année de leur dépôt pour raisons de quota, étaient prises en compte en tête de liste l'année suivante. Les candidats dont les demandes n'avaient pu être étudiées une année donnée, n'avaient ainsi pass besoin de reformuler une demande l'année suivante. Les personnes dont les permits avaient été refusés pour d'autres raisons devaient par contre redéposer une demande.

d) Le quota de 2000 permits n'inclut pas les personnes résidant déjà dans les territoires selon les provisions temporaires mentionnées ci-dessus. Les permits de résidence permanent étaient accordés au-dessus du nombre de 2000 et n'étaient pas inclus dans les quotas.

III. Analyse du document.

Le document du ministère de la justice israëlienne, lettre de réponse à nos demandes, est une source importante, mais non parfaite.

1) Il rappelle avec justesse les clauses internationales de la Convention de Genève concernant les territoires occupés à la suite d'un conflit. Ce rappel est d'autant plus important qu'Israël est souvent attaqué au nom de cette convention sans que le texte ne soit en fait réellement connu du public. Ce rappel permet de montrer clairement qu'Israël est allé au-delà des clauses humanitaires prévues par le texte pour le cas de territoires occupés.

2) Lors de ce rappel, cependant, le juriste israëlien citant ce texte ne semble pas réaliser qu'il cite un texte parlant de "territoires occupés", alors que la l'Etat d'Israël a toujours refusé ce statut aux territoires dits "administrés". Le centre du problème desdits territoires est pourtant dans leur statut, qui resta dans un flou total pendant de nombreuses années, en portant en germes tous les problèmes actuels des accords de paix. Sans statut d'annexion réelle, lesdits territoires ne furent jamais l'objet d'investissement financier israëlien qui auraient pû permettre leur développement économique. Sans développement économique, la population locale était condamnée à servir de réservoir de main-d'oeuvre à bon marché, sans droit social. Sans horizon de développement économique, la même population était condamnée au désespoir, et d'une certaine façon, à la révolte. Le statut intermédiaire de territoire administré ne fut un avantage ni pour Israël, ni pour les Palestiniens: il ne servit que les intérêts économiques des entrepreneurs privés israëliens, que nous citons comme un des lobbies permanents de l'Etat.

Les accords d'Oslo, qui ont procédé au transfert des responsabilités administratives des territoires, ainsi qu'au paiement rétroactif des droits sociaux des travailleurs palestiniens par la constitution de fonds de pension, ne sont pas à minimiser sur ces points. En effet, ces mesures auraient dû permettre une amélioration des conditions de vie de la population de ces territoires, et par voie de conséquence une stabilisation de cette zone, faits concrets qui précédent dans l'urgence une dimension patriotique et nationaliste. Malheureusement, les fonds de pension ont été investis et perdus par l'Autorité palestinienne, fragilisant ces plans de développement et de stabilisation.

3) Le chiffre avancé par le juriste concernant les mariages palestiniens à l'étranger ayant abouti à une immigration de 75 000 personnes est très problématique et demanderait une vérification par d'autres sources. Le fait d'une immigration de cette ampleur n'est pas remis en cause. Mais si l'on considère qu'il naît plus de femmes que d'hommes, ce chiffre suggère qu'un grand nombre de femmes palestiniennes résidentes des territoires ont dû rester célibataires par conséquence de ces mariages extérieures. L'autre explication serait de considérer l'ampleur de la polygamie de la population locale, qui est un fait établi et admis par des institutions comme la sécurité sociale israëlienne,qui verse ainsi des pensions de veuvage à plusieurs femmes en cas de polygamie des familles palestiniennes. Néanmoins, il conviendrait d'établir avec plus de certitude le chiffre des hommes mariés partis se marier une deuxième ou troisième fois avec des femmes des pays avoisinants. De tels mariages successifs ne sont en effet possibles que lorsque le père de famille gagne suffisament d'argent pour subvenir aux besoins d'une famille élargie.

SUITE DU DOSSIER : LES CLAUSES ACTUELLES DES ACCORDS D'OSLO SUR LA QUESTION ET LES REVENDICATIONS PALESTINIENNES SUR LA LOI DU RETOUR.

Droit de Retour

                                      "Droit de Retour" et Propagande

Rappel historique de la politique de réunion des familles par l'Etat d'Israël

Suite du dossier
Reportage de David Bedein

La question du droit du retour avait tout d'abord été envisagé par Israël en termes de réunification des familles sur laquelle il est important de revenir un instant, avant de considérer l'actuelle utilisation médiatique et belliqueuse est faite de la notion du "droit du retour".

Notons tout d'abord que l'expression de "droit du retour" est issue histoirquement du vocabulaire juridique de l'Etat d'Israël, et désigne la Loi du retour, mise en place dès la création de l'Etat d'Israël pour mettre en place un cadre juridique permettant la protection des Juifs du monde entier. Dans l'optique de la Déclaration Balfour qui prévoyait la "création d'un foyer juif en Palestine", puis du livre Blanc confirmant ce point afin de permettre aux Juifs de retrouver un foyer, tout autant que dans la perspective d'après-guerre où il avait été évident qu'aucun pays d'Europe n'avait été à même de protéger les Juifs européen, il était logique que la Loi du retour, déterminant les droits à la citoyenneté des Juifs du Monde entier, se fonde sur les lois qui avaient défini la judaïté pour mettre en danger les individus répondant à cette définition. La Loid du retour, très discutée actuellement en Israël, traitée de loi raciste par les Palestiniens, permet à tout individu ayant un parent juif jusqu'à la génération de ses grands-parents de prétendre à la citoyenneté israëlienne et à la protection de l'Etat d'Israël, précisément parce que les Lois racistes de Nüremberg avaient utilisé ces termes pour définir la judaïté poursuivie par la Loi nazie.

L'OLP, puis l'Autorité palestinienne, a à mainte reprises tenté de présenter le cas de Palestiniens comme une reprise historique de l'histoire juive. On se souvient de l'Exodus, tentative de médiatisation de l'arrivée par bateau d'un navire de l'OLP avec des réfugiés palestiniens. On connaît moins l'épisode du Massada palestiniens, lorsque yasser Arafat avait donné l'ordre à ses officiers de se suicider à Beyrout pour réécrire une histoire palestinienne aussi tragique que celle de Maassada. Ses officiers ne se suicidèrent pas et lui en voulurent beaucoup pour avoir eu de telles exigences.

La reprise actuelle de l'expression "droit du retour" n'est donc pas surprenante, elle s'inscrit dans une tradition d'emprunt historique qui ne serait pas tragique si elle ne mettait pas en évidence un problème d'identité si dramatique que les Palestiniens se voient apparemment incapables de définir leur identité sinon en s'identifiant avec leur opposant.

RAPPEL HISTORIQUE DE LA POLITIQUE DE RÉUNION DES FAMILLES PAR L'ÉTAT D'ISRAEL

Nous fondons cette partie sur une lettre de réponse du ministère israëlien à notre demande de renseignements historiques.

Dès le début des négociations de paix, en 1993, la politique israëlienne sur la question de la réunification des familles avait été révisée, devançant la demande palestinienne, et ce afin de promouvoir la paix.
Lorsque l'administration israëlienne avait commencé la gestion des territoires dits occupés (dont la nomination officielle était alors "territoires administrés") après la guerre de 1967, la décision avait été prise de permettre à tous les résidents de ces territoires qui avaient été absents de ces territoires pour des durées limitées dans le temps, de reprendre leur résidence dans ces mêmes lieux. Tous les individus revenus à cette période furent ainsi en mesure de retrouver leur(s) épouse(s) et leurs enfants.
Pendant les quinze ans qui suivirent, la politique israëlienne fut de donner des permits de résidence permanente aux parents de premier degré des résidents des Territoires. Des milliers de Palestiniens partirent à l'étranger afin de se marrier et de revenir avec une épouse. Le flux immigratoire qui en résulta, atteignant plus de 75 OOO personnes à qui on avait accordé la résidence permanente sur la base de la réunification des familles, fut à l'origine de sérieux problèmes économiques et de sécurité dans les Territoires.

En conséquence, il fut décidé en 1984 que le critère unique de la réunification, sans l'existence de facteurs humains supplémentaires, ne suffisaient plus comme raison de demande à un permit de résident permanent.
Il est à noter que cette politique était en phase avec celle d'autres pays démocratiques et avec les exigences de la Loi internationale. Tous les pays du monde ont des lois régulant l'immigration, même les pays dont la sécurité n'est pas mise en danger. De plus, ni les lois de la Hague, ni la quatrième Convention de Genève, les deux sources principales de la loi internationale sur l'occupation belligérante, ne contient de clause empêchant un gouvernement de limiter l'immigration d'un territoire occupé. Aucun de ces documents ne mentionne même un droit à la réunification des familles.

L'article 27 de la quatrième Convention de Genève mentionne que les résidents de territoires occupés ont "droit au respect... de leurs droits familiaux". cependant, cet article ne mentionne aucune obligation à admettre des épouses étrangères en territoire occupé, et de fait, l'article stipule que "les parties du conflit prendront les mesures nécessaires au contrôle et à la sécurité concernant les personnes protégées comme il est nécessaire en situation résultant de la guerre." Dans ce contexte, il est important de noter qu'un grand nombre des personnes ayant demandé le permit de résidence permanente dans les Territoires étaient des citoyens de pays en guerre avec Israël. Ainsi, il y avait des raions légitimes pour s'inquiéter de l'afflux de dizaines de milliers d'individus, car cel pouvait avoir des conséquences graves pour la sécurité et la stabilité des Territoires. Il faut souligner qu'à tout moment les résidents des Terrtoires ont pû faire le choix de rejoindre leurs épouses à l'étranger, de sorte que la politique israëlienne n'a jamais abouti à la séparatio effective des familles.

De plus, les parents de premier degré non résidents, dont les membres de la famille avaient décidé de rester dans les Territoires ont toujours pû obtenir un visa de visiteur afin de leur rendre visite.
En 1989, des mesures prises pour localliser les résidents illégaux dans les Territoires aboutirent à la découverte de 500 femmes et de leurs enfants résidant illégalement dans les territoires avec leur mari, lui, résident. Le gouvernement décida d'autoriser des permits de résidence de deux ans renouvelables à ces femmes plutôt que de les expulser. De plus il fut décidé de leur permettre de demander un permit de résidence permanent. Toutes les vérifications ultérieures aboutirent à la découverte d'un nombre semblable de clandestins. En dehors de cas précis de sécurité, ces familles recurent également des permits de résidence permanente.