Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Nous sommes tous des juifs d'Iran

Nous sommes tous des Juifs d'Iran

Il est interdit de manifester devant l'ambassade d'Iran, curieux mais c'est ainsi que quelques milliers de manifestants, dont nous faisions parti, stupefaits ont ainsi entamé leurs protestations face à une horde de CRS bien décidé à ne pas laisser se laisser faire.
Et qu'ont ils trouver de mieux comme subterfuge pour nous faire reculer nous masse indignée face au tyranisme de l'Iran ?
"Nous allons devoir deminer le quartier avant que vous commenciez la manfestation ceci est pour votre sécurité."
C'est connu les juifs sont naïfs, on s'est tous retrouvé au 12 de la rue d'Iena alors que je vous rappelle l'ambassade se trouve au 4.
Ensuite nous avons été parqués proprement certes , par les barrieres,des CRS pour éviter de géner les voitures ou le contraire selon de quel bord vous êtes...
Résultat beaucoup de monde, un élan de solidarite exemplaire, toutes les organisations juives étaient présentent ,les médias juifs , d'autres de la presse nationale aussi ,malgre les difficultes rencontrées par le Crif pour les sensibiliser au problème
Beaucoup de personnes âgées aussi sont venu manifester aussi, le Betar,le Tagar faisait partie du lot heureusement qu'ils avaient de puissants porte voix avec un peu de chance de là où nous étions peut être que l'ambassade a entendu quelques échos de nos slogans scandés a tue tête "Nous sommes tous des Juifs d'Iran", surtout a 18h30 où évidemment les bureaux sont fermes .

A croire que nous avons tout fait pour ne pas trop les déranger nous ou le gouvernement français.?
L'important c'est que nous avons répondu présent, nous avons manifesté notre indignation, nous juifs de la Diaspora nous avons élevés nos voix pour que nos frères juifs soient sauvés et surtout qu'ils sachent que nous ne les abandonnons pas car leur sort est aussi le nôtre.

Claudine Douillet

Cessons de culpabiliser les victimes

Cessons de culpabiliser les victimes

Nous avons trop souvent l'habitude de lire sans réagir des textes de cette teneur:
" la Shoah éclate dans un pays synonyme de culture de trés haut niveau où le juif appartient à l'élite intellectuelle et artistique du pays; en général plus il monte dans l'échelle sociale plus il se dénature identitairement, plus allemand que l'autochtone , le juif qui se voulait être comme les autres ne peut plus etre lui meme. La loi divine l'exigence du respect des clauses de l'alliance est impitoyable. Chaque fois que le juif oubliera qu'il est alors Dieu le lui rappellera."
Monique Shönberg .

Devant ce genre de texte des questions s'imposent :
où sont tous ces juifs des shtetls dont les derniers maillons se trouvent aujourd'hui à Mea Sharim ?

Pourquoi ceux la mêmes qui n'ont pas voulu partir en Erets Israel parceque le Messie tardait à venir n'ont-ils pas étaient epargnés par les nazis.?
Comment se fait il justement que les communistes athes et juifs qui ont eu le courage de ne pas croire en un messie récalcitrant ont ils pu avoir la vie sauve en partant en Israel ?
Je ne crois pas une seule seconde en une justification quelconque de la Shoah, il n'y en a aucune.
En essayant d'en trouver une nous donnons raison à Hitler.
Personne ne peut se permettre de dire que si la Shoah s'est abbatue sur les juifs d'Europe de l'Est c'est parcequ'ils étaient moins croyants,moins pratiquants alors que des générations entières d'érudits, des mekoubalins ont été massacres, souvent indirectement sous l'ordre de leur chef de communaute qui leurs a interdit de "monter" en Israel.
Il est temps d'arrêter de culpabiliser la victime.
Il y a toujours eu des croyants, des trés pratiquant et d'autres moins, beaucoup moins mêmesparmi nous, mais une Shoah il n'y en a eu qu'une.
Cessons ce lavage de cerveau qui consiste, involontairement certes, à glorifier les pogroms , les massacres en tout genre, et surtout la Shoah .
Bien-sur la demarche est beaucoup plus habile car de cette facon, c'est la preuve que Dieu existe . Ainsi à la sempiternelle question mais où etait Dieu pendant la Shoah ? Il est repondu : mais c'est Dieu lui même qui l'a voulu.
Subtil ? non monstrueux car c'est utiliser les mêmes arguments que le clergé de cette periode noire.
Voici un petit passage assez eloquent du livre la choa

Rabbi Weissmandel s'adressa aussi au nonce , l'agent diplomatique du pape en Slovaquie : " Cet envoyé du pape me repondit (sic) : "Dans le monde entier, il n'y a pas de sang d'enfants juifs innoncents ! Tout sang juif est coupable. Vous devez mourrir , c'est le châtiment qui vous attend a cause de votre peché" La Choa rav Shwarz et Yits'haq Goldstein.

Il est temps aujord'hui de changer nos reponses mais aussi nos questions et au lieu de se demander ou etait Dieu pendant la Shoah ,demandons nous plutôt mais ou était l'homme pendant la Shoah ?

CD

Huissier de justice dur métier

Huissier de justice dur métier

 

Un reportage télévisé sur les huissiers de justice a sucisté mon interêt, peut -être parceque l'huissier était une femme dénomée Melle Meyer .
Elle demontrait avec un enthousiasme peu ordinaire les differentes facettes de son si admirable métier:
injonction de payer, saisie, vente du mobilier, et le nectar le plus suprême l'expulsion...
Cette jeune femme est huissier de justice depuis 3 générations. Quelle filiation !
Quand d'autres s'inquiètent seulement du patronyme -voir dossier sur
la plaidoirie divine - je me demande pour ma part si il n'est pas tant de s'inquiéter aussi du métier. Il est connu que certains métiers nous étaient interdits sauf ...ceux liés à l'argent.
Quant à elle, elle est fière d'aider , de participer, d'être l'outil de la Justice dit-elle et de quelle Justice, celle d'expulser des familles en mal de paiment de loyer.
L'exemple un peu extrême , certes, est celui d'une mère seule avec deux enfants dont l'un gravement handicapé.
Obligés à présent de vivre dans une chambre d'hôtel à trois, ayant comme refrigerateur le rebord de la fenêtre.
Cette chambre lui coûtait 7000,00 frs par mois .
L'horreur.
Bien-sûr cette mère n'aurait pas du être explusée , comme l'explique clairement une assistante sociale, mais les huissiers de justice n'ont pas d'états d'âmes.
C'est certain qu'il ne faut pas avoir d'états d'âmes pour faire ce métier, rentrer chez les gens sans leur autorisation, avec l'assurance de son bon droit, faire la saisie des biens, appeler le commissaire priseur pour la vente des meubles bien souvent au-dessus de la dette exigée, chercher des témoins dans une citée dortoir, monter les étages et les descendre c'est un dur métier.
En plus il faut payer ses propres factures; courrir donc, aprés le client , pardon, aprés sa proie.
La pensée est absente qu'importe l'action et le résultat sont là, et la fin justifie les moyens .
A cela notre chère huissier de justice retorque "mais nous faisons notre travail " curieuse facon de justifier le pire.
Ce qui est navrant c'est qu'en étant femme elle se sent obligée d'avoir encore moins d'états d'âmes que ses confrères, -j'admet que cela soit difficile - avec qu'elle jubilation décrit-elle toutes les actions entreprises auprés des mauvais payeurs , saisies ,ventes expulsions.
C'est sûre elle fait aussi bien qu'un homme, gageons même elle le fait mieux qu'un homme et pour une fois ce n'est vraiment pas glorieux.
Dommage notre particularisme en tant que juif et femme est justement d'avoir des états d'âmes, de se remettre en question , d'être en questionnement.
Cette femme passionnee par ce métier, j'aurais préféré qu'elle s'appelle autrement .

Claudine Douillet

Geo en dessous de tout!

Geo en dessous de tout !

geo[1].gifVoilà un magazine qui avait pour vocation de nous faire voyager à travers des contrées lointaines , au mieux de vous faire rêver , enfin de vous faire connaitre des pays que l'on avait peu l'habitude de visiter.
Dans ce nouveau numéro, ils se sont surpassés, ils ont reussi a faire un dossier sur un pays qui n'existe pas la Palestine, mais si ce n'etait que cela... nous serions que de simples naïfs.
Rarement un dossier a ete realise de facon aussi partiale, une véritable caricature, qui dessert evidemment leur objectif , celui de vouloir demontrer que les territoires autonomes sont une contrée touristique

Ils ont par tontre reussi aussi un exercie de style, fort peu commun pour un magazine specialisé sur les pays , en employant des aphorismes lorsqu'il s'agissait d 'Israel, tel que pays voisin , l'etat hebreu,...
Quel manque d'imagination... territoires des colons aurait été mieux approprie?
Ce qui est regrettable c'est qu'à l'heure actuelle où les solutions de paix reelles, sont en train de poindre leur nez ce dossier fait figure de ringard et de deplacé.
Jugez plutôt

page 11
"Dossier special Palestine terre sainte convoitee au temps des croisades , terre d'election des immigrants juifs au debut du siecle..."

c'est bien comme introduction cela vous met en appetit et ce n'est pas fini...

" Voyage dans la mémoire d'un peuple dépossédé..." ca vous inspire moi aussi

page 76
"comment d'une région jadis appelée Palestine en est-on arrive aux territoires autonomes palestiniens? "
(on se le demande ...)
"Geo vous fait decouvrir un peuple orphelin d'une terre aujourd'hui morcelée"...
(heureusement qu'il y a GEO )

page 78
Gaza " le dedale de ses ruelles a ete pendant 7 ans le theâtre d'affrontement entre l'armee israelienne et la jeunesse palestinienne..." sic "Les filles des notablees et des cadres de la resistance palestinienne* (euphemisme pour dire chef s terroristes) rentrés d'exil..."

on continue
"juifs, chretiens et musulmans se croisent sur le sol palestinien..."

"Le travail en Israel des ouvriers de Gaza est toujours aleatoire en raison des fermetures arbitraires de la frontiere décidées par Israel . Ce dernier invoque des questions de sécurite pour boucler le Territoire autonome qu'il prive ainsi de revenus importants ".(et nous d'attentats importants... )

page 88
"Outre une politque de colonisation juives autour de ses villes le gouvernement israèlien construit des autoroutes et des "routes de contournement" destinées à isoler encore plus ces enclaves."

page 91
La récolte dans l'immense orangeraie de la bande de Gaza (sic) . Les oranges sont exportées en Israël pour être transformes en jus, les tentatives d'exportation en Europe ayant echoué.
Ce sont de maigres travaux saisonniers que décrochent les réfugies de l'exode de 1948.

page 94
"la Palestinie arabe actuelle - à savoir la Cisjordanie et Gaza -depuis qu'elle fut amputée par Israel de la Galilee, au nord des plaines côtières et du Neguev...

Le scoop , ils savent où est la tombe de Moïse...

page 104

"La fête de Nabi Moussa qui se traduit par une procession allant de Jérusalem à la tombe de Moïse est un parfait exemple de leur héritage juif"

Vous l'aurez certainement compris , à travers ce dossier les juifs sont dépeint comme de vulgaires colonisateurs, opportunistes d'un pays qui s'appelle et s'appelait Palestine, bref rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est que cette fois c'est un magazine à vocation touristique et non pas politique.
Enfin comme disait un emminent ministre d'Israel "tout est politique".
Alors si ce dossier vous inspire surtout ne l'achetez pas, je vous fait des photocopies et vous l'envoie.

CDouillet

Marek Halter : Crise de Foi

Marek Halter

Crise de Foi

Lors de la soiree spéciale élection organisée par RCJ à l'espace Rachi, le 17 Mai dernier, soirée tres interessante d'ailleurs grâce à l'intervention d'invites qui ne pratiquaient pas l'habituel ton consensuel de salon que nous connaissons si bien, une intervention cependant a ete quelque peu remarquee, celle de Marek Halter, ecrivain juif de renom, qui s'est autorise a dire, à la suite des resultats des élections , je cite :
" qu'Israel etait un pays formidable de par sa haute technologie et aussi par ses croyance sorties tout droit du moyen-age tel que le dibbouk* à Arad (sic) et que lui avait tout fait pour sortir du Moyen-age.
Ses propos sont encore presents
sur le site de rcj
Mais qu'a donc voulu dire Marek Halter ?
Que de croire au Dibbouk etait une forme d'alienation mentale ou ...de croire tout court ?
Les remous soulevés dans la salle soulignent le malaise ressentit par certains
Curieux comme langage lorsque l'on est l'auteur "des fils d'Avraham"?
Le Dibbouk film celebre realise en 1936 en Pologne comme l'a precisé monsieur Marek Halter, n'a pour origine que la mystique juive.
Ce phenomène est parfaitement connue dans les milieux juifs orthodoxes, ne pas y croire en revient a rejeter toute la Kabbale, dont le Zohar,qui fait partie integrante du judaisme, rappelons le si besoin est.
L'exprimer de cette maniere, c'est afficher son rejet envers le monde juif pratiquant.
On ne peut obliger personne a croire, certes, le vecu de chacun mène ou detourne de la foi, c'est un chemin personnel, mais rejeter publiquement ceux qui croivent est humiliant et blasphemateur envers ces hommes de foi, ces gardiens de la cite.
La foi et la pratique du judaisme restent les fondements meme de l'identite juive
.Les renier ne changera rien.
La tolerance est une vertue qui se cultivent tous les jours surtout envers son prochain, son proche, son frere... même "noir".
Reprocher aux "noirs" leurs intolerances est une chose, faire de meme est une faute, pour un esprit qui se dit "eclairé".
Qu'est- ce à dire ? Que de ne pas etre athe ou agnostique est une forme caracterisee d'ignorance, ou d'obscurantisme?
Dieu que c'est grave...
Un leader,par ses ecrits comme Marek Halteer se doit de porter une attention particulière aux mots employés.
Le verbe est createur , dire ou dedire, lire ou delire, tout n'est qu'interpretation certes, mais l'intolerance nait surtout d'un dedit.
On ne peux pas être juif , ecrire des monuments sur le judaisme est faire comprendre que seule la technologie est valable et que le reste n'est que fable.
C'est indécent.
C'est se renier soi-meme.

Claudine Douillet

*Pendant la periode Pessa'h (pâques juive) une femme aurait ete delivre du dibbouk de son mari, une sorte d'exorcisme a ete pratique par des kabbalistes.

L'archéologie au péril de l'idéologie

Yona Dureau : L'archéologie au péril de l'idéologie

I. Idéologie chrétienne et archéologie en Israël
1. L'école biblique, son idéologie, et sa méthodologie
2. L'affaire du rouleau de cuivre et du rouleau d'argent
3. L'affaire des tombes des maccabées
II. Les points de vue anti-judaïques dans l'école archéologique israëlienne actuelle
1. l'école archéologie israëlienne et son point de vue idéologique anti-judaïque
2. L'affaire d'Abraham : un exemple d'utilisation politique de l'archéologie anti-judaïque israëlienne
III. Idéologie et archéologie : les théories révisionistes palestiniennes
1. Réécriture de l'histoire révisioniste
2. La destruction des sites archéologiques comme guerre de l'information

L'archéologie en Israël est loin d'être une recherche effectuée en toute sérénité. Elle se voit traversée par les courants idéologiques inervant chaque époque [d'une manière démesurée]. En effet, à l'étudier d'un peu plus près, on découvre que cette discipline est investie de missions tour à tour religieuse, ou anti-religieuse, révisioniste quant à l'histoire antique, ou conservatrice, mais dans tous les cas, politiques.
Israël est un pays où le choix d'un lieu de fouilles, l'identification d'objets ou d'implantation est éminement politique, et cette dimension politique est d'ordre à la fois intérieur et internationale. Je vais donc commencer cette étude par la mise en évidence des enjeux idéologiques de l'archéologie en Israël en donnant quelques exemples d'interprétations biaisées de découvertes passées, avant d'aborder les enjeux actuels révisionistes, et la tentative de déligitimisation de l'état d'Israël par la négation de son passé antique.

I. Idéologie chrétienne et archéologie en Israël

1. L'école biblique, son idéologie, et sa méthodologie

L'école biblique de Jérusalem constitue l'un des centres de la recherche archéologique en Israël. Les assyrologues y croisent les égyptologues, et les cours de langues anciennes délivrés par cet institut ne sont pas faits en dehors d'un cadre méthodologique, qui est aussi idéologique. Ce cadre idéologique se fonde sur un point de vue très particulier, puisqu'il emprunte aux historiens bibliques une approche historique du texte, tout en refusant de lui conférer une valeur de document historique, en le remettant en cause de façon permanente, avec les textes des civilisations adjacentes, et selon un cadre périodique qui passe du statut d'hypothèse de recherche, à celui de cadre référentiel historique absolu.

En d'autre termes, les datations approximatives des textes de la Bible deviennent très vite des datations absolues dès leur mise en contradiction avec des sources d'autres civilisations. D'autre part, si un texte d'une autre civilisation vient contredire le texte biblique, le principe méthodologique appliqué par l'école biblique consiste souvent à adopter de préférence le point de vue de ce texte, ou d'accepter son lot d'informations plus favorablement, le texte de la Bible étant a priori remis en doute comme étant un texte de croyances. Du point de vue méthodologique, nous assistons à un système logique qui se contredit lui-même, puisque le statut de l'objet d'étude historique/archéologique, soit le texte, est à la fois pris comme document historique ferme et comme document de l'histoire des mentalités sans fiabilité historique archéologique. D'autre part, dans une partie du monde où , à la période antique l'écriture était toujours dotée d'un caractère sacré, et où les scribes des différentes civilisations bénéficiaient d'un statut d'élite proche de celui des prêtres, puisqu'ils devaient conserver la mémoire de dynasties aux dimensions divines, on peut s'étonner de la partialité des chercheurs rejettant la validité du texte biblique comme objet de croyance pour lui préférer les textes des autres civilisations, tout aussi sacrés.

Sous le couvert d'une méthodologie cartésienne, car fondée sur le doute - mais nous avons vu que ce doute ne saisissait pas également tous ses objets d'étude - l'école biblique de Jérusalem a fonctionné pendant près de trente ans au service de l'idéologie chrétienne, niant la judaïté des antiquités qu'elle étudiait pour revendiquer une chrétienneté de plus en plus précoce des groupements humains considérés.

C'est ainsi que les rouleaux de la Mer Morte furent inaccessibles aux chercheurs israëliens n'appartenant pas à l'école biblique pendant plus de vingt ans. Il a fallu encore dix années d'études internationales pour remettre en question la lecture imposée par l'école biblique qui voulait voir dans la secte juive réfugiée à Qumran une secte chrétienne, et l'on sait à présent que les indices relevés dans les textes par l'école biblique étaient très discutables. L'enjeu idéologique est ici évident. Il s'agissait pour l'école biblique de trouver un autre foyer du développement du christianisme ancien, proche de Jérusalem et par conséquent du Temple, où se trouvaient historiquement le plus grand nombre d'opposants à la doctrine chrétienne. Ce faisant, cette découverte permettait de passer sous silence une autre hypothèse, celle d'un groupe juif établi à Qumran pour garder les objets sacrés du temple emmenés avec eux.

 La destruction totale du Temple de Jérusalem et de ses objets est une partie intégrale du dogme chrétien, selon lequel cette destruction vient effacer l'erreur des Juifs qui refusent de reconnaître la messianité de Jésus. L'interprétation des rouleaux de la Mer Morte effaçait ainsi une hypothèse idéologiquement gênante, puisqu'elle mettait en évidence une survie du judaïsme et de ses prêtres, qui remettait en cause la doctrine de la punition collective.
C'est dans ce cadre que la découverte du rouleau de cuivre, puis du rouleau d'argent vint à nouveau bousculer un montage idéologique.

2. L'affaire du rouleau de cuivre et du rouleau d'argent
En 1957, une équipe de chercheurs amena en Angleterre un rouleau de cuivre découvert près du site actuel de Qumran, alors Jordanien. Cette équipe était chargée par la Jordanie, à qui appartenait le lieu de la découverte, de tenter de dérouler le rouleau et de le déchiffrer. L'équipe anglaise de spécialistes scia avec une scie de haute précision les différentes épaisseurs du rouleau soudées par le temps. Puis on procéda à la lecture dudit rouleau. L'écriture était d'un hébreu très proche de l'hébreu biblique, ce qui surprit, mais de plus le contenu n'était pas du tout conforme aux attentes de toutes ces équipes. Il ne s'agissait pas de textes religieux, mais apparemment d'un descriptif qui pourrait être qualifié de carte écrite, mentionant la distance et la direction à mesurer entre des points de repères nommés « borim », permettant, en suivant la piste formée par leur emplacement, de retrouver une cache où se trouvait enfoui un second rouleau, le rouleau d'argent, et devant permettre à son tour de trouver la cache d'un très grand trésor d'objets de valeur.


Le débat qui s'éleva ensuite dans la communauté des chercheurs montra clairement le positionnement idéologique de l'école biblique. La découverte d'un rouleau de cuivre décrivant un pareil trésor, à Qumran, sur les lieux désignés par l'école biblique comme étant ceux de l'implantation d'une secte chrétienne, vivant dans une autharcie austère et ascétique, était pour le moins gênante. La stratégie de l'école biblique consista alors à infléchir l'interprétation scientifique du mot « bor » pour situer les lieux décrits par le texte non pas près de Qumran, mais plus près de Jérusalem, sur le mont des oliviers.

Le père Pisner, de l'école biblique de Jérusalem, soutint que le terme de "borim" est à comprendre comme mikvé, et qu'il s'agissait en fait de trous et de bains sacrés situés actuellement dans le cimetière chrétien de Jérusalem, au Mont des oliviers. Cette interprétation pose un problème qui est cependant de taille, même si le père Pisner ne s'est pas confronté à cette contradiction : Il est surprenant que le scribe hébreu ait utilisé un terme pour un autre, puisque le terme de mikvé est un terme précis qui existait déjà à son époque. Pisner pense de plus qu'un rouleau plus complet devait avoir existé, qu'il est tombé aux mains de Romains, et que ceux-ci ont déjà pillé toutes les cachettes : il n'y aurait plus rien à chercher. La première hypothèse de Pisner évacue ainsi non seulement la remise en question implicite de l'implantation d'une secte chrétienne à Qumran, mais elle permet de plus de ne pas aborder l'épineuse question d'un trésor du temple de Jérusalem, et de sa sauvegarde avec celle d'un groupe de Juifs, voire de prêtres.
Le professeur Safraï, de l'Université de Bar Ilan, pense que la description du rouleau ne fait pas sens, puisqu'il y est question de "homa" (muraille)dans le texte. Il a donc arrêté son jugement à ce mot en considérant qu'il s'agissait d'une légende (Qumran ne possédant pas de murailles).

Emile Pouech, lui aussi de l'école biblique de Jérusalem, a cherché à soutenir la théorie selon laquelle le trésor évoqué n'existerait plus, en démontrant, après reconstitution par radiographie et ordinateurs d'un double réel de la méguila, que le scribe faisait plus de fautes à la fin qu'au début, et que par conséquent, le rouleau de cuivre n'était qu'une copie d'un autre rouleau. La méthode est implicitement la même, mais elle va encore plus loin : l'artifact archéologique lui même disparaît, on ne serait plus en présence que d'une copie, d'un faux, et il est clair qu'au delà du rouleau, c'est une histoire donnée du peuple juif que l'archéologue veut ici nier. Symboliquement, cette histoire, celle de la survivance du judaïsme en Israël, après la destruction du temple, ne serait qu'un faux, et seule serait vraie l'histoire d'une secte chrétienne bravant l'ardeur du désert et écrivant pour sa seule descendance, des textes concernant le mont de oliviers ou des textes saints pour eux seuls.
L'hypothèse originelle de la secte chrétienne, loin d'être remise en cause par ces découvertes, se voit hissée au rang d'argument scientifique : puisque le rouleau a été découvert à proximité de l'implantation de cette secte, alors la description d'objets donnée par ce rouleau ne peut être qu'imaginaire, car il n'est pas possible d'imaginer que les quantités d'argent et d'or décrites appartenaient à une secte si petite, isolée dans le désert.

De façon symptomatique, l'équipe anglaise de recherche sur le rouleau de cuivre, n'est pas aussi embarassée dans ses hypothèses, car elle est moins liée par les enjeux idéologiques que l'école biblique.
Le Professeur Bruk, de l'Université de Manchester, considère actuellement que les objets de valeur et les quantités d'or et d'argent décrites, ne remettent pas en question la description du rouleau de cuivre, mais bien plutôt la théorie de la secte chrétienne méditative isolée à Qumran. Selon lui, les objets décrits, ainsi que les réserves d'or et d'argent, ne peuvent se justifier que si on considère que ces richesses venaient de Jérusalem, et qu'elles appartenaient au Beit Hamikdash, le Temple. Qumran n'est pas un lieu d'isolement volontaire, c'est une cachette de ces objets à l'approche des Romains et devant le danger de la chute de Jérusalem, par un groupe de personnes proches des prêtres du Temple. Du moins tel était le but des premières personnes installées à Qumran. Bruk appuie son argumentation sur le fait que le rouleau décrit une topographie précise, qu'il n'a donc rien d'imaginaire, et qu'on ne gravait pas un rouleau en cuivre s'il s'agissait d'une légende, comme l'école biblique répondait en contre-attaquant.

Ce point de vue trouva un appui inattendu dans les recherches archéologiques effectuées par Wendel Jones, un Américain qui s'est installé près du lieu de fouilles pour rechercher sans relache les grottes (car telle est son interprétation du terme de « bor ») décrites par le rouleau. Wendel Jones est un marginal dans le monde de la recherche archéologique, et comme il n'appartient à aucune institution pouvant le contrôler, ses recherches dérangent. Wendel Jones, dont le personnage haut en couleur a servi de modèle à Spielberg pour son Indiana Jones, fait des fouilles en Israël depuis près de 30 ans. Sa méthode est simple. Il a pris comme postulat de départ que les textes bibliques ou antiques évoquant des lieux et leur situation sont à prendre au pied de la lettre, et que s'ils ne correspondent pas à la réalité, ce n'est pas parce qu'ils mentent, mais parce que nous ne les avons pas compris. Il se fonde sur des textes de Flavius Josef, qui est assez imprécis sur le topographie, mais aussi sur l'Ecclesiaste, bien que l'un des problèmes d'interprétation consiste à savoir à quel niveau lire le texte. Le rouleau de cuivre est actuellement conservé à Amman, et Wendel a réussi à s'en procurer une copie, sur laquelle il fonde ses recherches.

Dans cette perspective, il pense en effet que le rouleau a été trouvé dans une grotte à proximité des autres grottes dont il donne la description, et qu'il faut utiliser le texte comme une carte.

Il y a cependant plusieurs façons de lire le rouleau de cuivre, même en l'interprétant comme une carte topographique.

On peut le lire de façon linéaire, diachronique, en suivant le texte. Mais Jones a trouvé qu'en lisant la première ligne de la première partie et la première ligne de la seconde partie, on obtient des phrases complètes, qui donnent un sens topographique plus précis. C'est ainsi qu'il a déterminé un périmètre géographique précis.

Jusqu'ici, ses recherches lui ont donné raison, et Wendel Jones a ainsi retrouvé aux endroits décrits des grottes qui ont effectivement servi de hangar pour abriter des pots, des réserves d'encens -qui correspondent effectivement à ceux brûlés dans le temple- un rouleau d'argent, dont il est question dans le rouleau de cuivre, et un curieux pot en terre de grande capacité rempli de cendres animales dont on pense qu'il pourrait s'agir des cendres de la vache rousse.

Wendel Jones dérange l'ordre établi par les institutions. Ils n'est ni membre de l'école biblique, ni membre de la recherche universitaire archéologique. Il poursuit ses recherches en se fondant sur des textes bibliques qu'il croit vrai alors qu'il n'est ni juif, ni vraiment chrétien, puisqu'il a fondé son groupe des Bné Noah, enseignant à ses membres les lois noahides (des fils de Noë), comme étant les seules règles à suivre du monde non-juif.

En fait, Wendel Jones dérange, parce qu'il n'appartient à aucun groupe idéologique clair, puisque nous allons voir que le monde universitaire israëlien lui-même fonde sa recherche sur une idéologie anti-judaïque implicite.

Je souhaiterais auparavant traiter un exemple de la dimension idéologique des recherches archéologiques menées par des membres de l'Eglise catholique en Israël dans le passé.

Il s'agit des recherches effectuées pour retrouver les tombes des maccabées, tombes éminemment symboliques pour Israël mise en péril par une tentative de délégitimisation, puisque les maccabées étaient une famille héroïque ayant lancé une révolte identitaire contre les Grecs.

3. L'affaire des tombes des maccabées

La description des tombes des maccabées nous vient de Flavius Joseph, qui énonce très clairement que la tombe fut construite à Modi'in :
« Et Shimon amena les restes de son frères (Yonathan) et les enterra à Modi'in, son foyer. Shimon construisit aussi une très grande tombe de marbre poli pour son père et pour ses frères, qui était très grande, et s'apercevait de très loin, et il construisit et plaça tout autour des colonnes monolithiques, un monument magnifique. Il construisit aussi sept pyramides une pour chacun de ses parents et frères, il les travailla jusqu'au point d'atteindre la perfection en taille et en beauté, et c'est ainsi qu'elles sont conservées jusqu'à aujourd'hui. » (Flavius Joseph, Antiquités des Juifs, Livre 13, 211) .

Selon le Livre des Maccabées, l'antique Modi'in se trouvait à la porte du royaume de Judas, sur une haute colline qui dominait tout voyageur venant de la mer, c'est-à-dire de Jaffa. Dans la Michna et le Talmud, Modi'in est situé à un jour de marche de Jérusalem, et proche du chemin emprunté par les pélerins lors des fêtes de pélérinages vers Jérusalem. Les descriptions topographiques faites par les pélerins chrétiens étaient parfois très fantaisistes. Arlette Sancery, qui a récemment fait une communication sur les crates de Jérusalem dans le monde anglo-saxon à travers les âges a brillamment montré que les cartes sont surtout des cartes imaginaires, symboliques, et qu'elles comportent les épisodes de textes sacrés mentionés par des lieux dont la situation géographique ne recherche pas la précision.

Par conséquent, il ne faut sans doute pas s'étonner que la situation de Modi'in dans la tradition chrétienne varie au cours des siècles, placé tour à tour au Castel, à Tsova,Ofra, Tekoa, Latrun, Tel Gezer, El Kubab (Mishmar Ayalon), etc. St Hieronimus, saint chrétien ayant habité Israël au XIVe siècle place Modi'in près de Lod.

Au milieu du XIXe siècle, des archéologues français et britanniques, financés par le Fond d'Exploration de la Palestine décident de rechercher la tombe des Maccabées. Guérin, un savant français, commence par chercher Modi'in sur le lieu actuel de Latrun et de Tel Guézer. Il retourne bredouille à Paris lorsqu'il avise un article décrivant le voyage d'un prêtre, Emmanuel Fourneur, qui décrit sa traversée d'un village, El-Midia, à deux heures de marche de Lod, qu'il identifie comme étant Modi'in par simple rapprochement phonique. Guérin repart pour la Palestine, bien décidé à trouver les tombes des Maccabées à El-Midia. El-Midia était en fait originellement nommé El-Minia, et son développement était récent. El-Midia est situé dans une cuvette, ce qui semble en contradiction avec les chemins habituellement suivi par les pélerins, évitant les déclinaisons du terrain, et en contradiction également avec la description de Flavius Joseph concernant le lieu de la tombe choisi par Yonathan pour ses frères. Un viel homme croisé sur la route indiqua à un chercheur ayant devancé Guérin d'un an qu'une tombe à proximité portait le nom de « Kobr-el-Yehud », la tombe du Juif, et Guérin fut persuadé qu'il devait s'agir d'une tombe d'un personnage important, comme par exemple les maccabées. Il traversa le lit de la rivière et trouva 20 niches, 20 tombes en ce lieu, qu'il adopta comme le lieu des tombes des maccabées, qui pourtant n'auraient dû être que sept tombes.

Guérin considéra alors qu'une tombe dite d'un sheikh (Sheikh el Hirbawi ) étant à proximité, c'est autour de cette tombe qu'il fallait fouiller. Il trouva six tombes, qui avec celle dite du sheikh composait un ensemble de sept tombes, de taille et de magnificence remarquable. Conder, un chercheur britannique arrivé un an plus tard, fit des croquis du site archéologique, mais le croquis fut censuré par le Fond d'Exploration de la Palestine parce qu'il n'était pas conforme à la découverte d'un autre chercheur français,Clermont Ganneau. Ganneau était prêtre, et son autorité religieuse lui conférait une autorité professionnelle àte époque, parce que sa moralité spirituelle était censée constituer un crédit de sa bonnde foi prfessionelle. De plus, Ganneau mêlait souvent à ses découvertes des éloges de la chrétientée.

Il prétendit ainsi avoir trouvé sur la tombe une mosaïque d'une grande croix byzantine, qui infirmait l'interprétation du lieu comme étant le site des tombes des Maccabées, et sans vérifier scientifiquement la datation des tombes il affirma de plus qu'elles ne dataient pas toutes de la même période.

Aujourd'hui, il est clair pour les archéologues que Guérin et son équipe avaient trouvé le site réel des tombes des Maccabées. Le géographe Zohar Baram et l'archéologue Zvi Eilon ont fouillé à nouveau le site et procédé à des mesures. La taille et l'orientation des ruines ont permis d'authentifier ces tombes, qui correspondent aux descriptions données par le texte ancien. Feu le professeur Michael Avi Yona, une autorité en matière d'archéologie, a aussi authentifié ces ruines. Le Professeur Gibson a récemment confirmé qu'il s'agissait bien du site découvert par Guérin après avoir aussi effectué des recherches extensives sur les archives du Fond d'Exploration de la Palestine. Quant aux déclarations de Clermont Ganneau, elles s'avérèrent sans fondement, puisque Ganneau ne savait pas dater les poteries, et de nombreuses poteries avaient été découvertes sur le site, datant de la période hasmonéenne. Il n'était pas non plus expert dans la datation des couches archéologiques, et la croix qu'il avait découverte sur les lieux datait de la période croisée et non de la période byzantine. Quant au nom donné par les habitants de la localité voisine, « Kobr El Yehud », il semble qu'il ait désigné toute la zone des tombes et non pas de façon spécifique les tombes des Maccabées.

Enfin, lors d'excavations menées par l'Université Hébraïque en 1999 furent découvertes des ruines du 1er et du 2nd temple incluant un mikvé en très bon état de conservation.
En résumé, le site ancien de Modi'in se trouvé à proximité de Givat Hurvat El-Midia, et les tombes situées au sommet de cette colline sont vraisemblablement celles des Maccabées. Près de ce site furent découvertes en 1995 une grotte funéraire contenant près de vingt tombes dont les sarcophages portaient des noms hébraïques. Sur l'une d'entre elles figurait le mot « hasmonai »
L'avenir de ces sites est cependant en danger. Malgré une lettre explicite de l'Autorité des Antiquités aux services et ministères concernés interdisant la poursuite de plans de développements et de travaux sur le site , malgré l'intervention de feu Rechevam Zeevi, la route 45, un nouvel autoroute doit courir au milieu de cette colline, ainsi qu'un échange périphérique et une gare de train. Les fouilles ne sont pas terminées et rien n'est fait concrétement pour protéger le site des vapeurs d'essence et des pilleurs.

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II. Les points de vue anti-judaïques dans l'école archéologique israëlienne actuelle
1. l'école archéologie israëlienne et son point de vue idéologique anti-judaïque
Je vais ici évoquer une partie de l'école archéologique israëlienne actuelle, celle qui, a priori, a choisi une option interprétative problématique, et je m'excuse de ne pas évoquer ici ceux qui, comme le professeur Michael Avi Yona ont au contraire défendu à la fois la validité des textes anciens et les traces de la civilisation hébraïque en conformité avec ces textes. Dans l'ensemble de l'école archéologique israëlienne anti-judaïque, il faut citer tout d'abord le Professeur Israël Finkelstein, à la fois parce qu'il prétend aujourd'hui présenter dans ses ouvrages une relecture historique de l'archéologie en Israël, et d'autre part parce qu'il appartient à un mouvement de pensée des cercles universitaires archéologiques, qui, au nom de leur choix identitaire laïc, tente de nier toute judaïté au passé d'Israël. Par négation de la judaïté, j'entends aussi bien négation du caractère juif de certaines coutumes, objets, mais aussi négation du caractère juif ou hébreu d'implantations, et élimination de l'outil biblique du cadre de recherche archéologique.

Ce mouvement de pensée s'est insensiblement élaboré en Israël, sous l'impulsion indirecte de l'impact d'intellectuels comme Gershon Sholem, qui, bien qu'ayant donné des lettres de noblesse à la kabbalah, l'ont fait en dénigrant toute spécificité identitaire à ce mouvement, confondant volontiers kabbalah, cabbale chrétienne, et autres mouvements mystiques dès qu'une métaphore commune apparaissait. En archéologie, la période des années 60 à 70 a correspondu à une période de découvertes préhistoriques dans la zone géographique mésopotamienne, période antérieure à la présence hébraïque, puis à d'importants progrès dans les langues comme le hittite, la culture cananéenne.

Ce contexte de recherches et le contexte international d'universalisme poussant à la même époque certains chercheurs à élaborer des outils universaux (Dumézil par exemple, avec ses archétypes de la pensée et des civilisations), les chercheurs israëliens commencèrent à penser la civilisation hébraïque en termes de civilisation cananéenne, voire mésopotamienne. (L'utopie n'est pas nouvelle, puisqu'on trouve dans les années quarante une revue dite des Cananéens, d'intellectuels qui tentaient de penser une culture commune géographique héritière des Cananéens, revue et groupe qui avait énormément fasciné Céline).

Mais dans le cas des universitaires israëliens, la relecture est à sens unique, et vise à déjudaïser la civilisation hébraïque. On trouve ainsi des articles expliquant que le texte des dix commandements suit le modèle mésopotamien du contrat, que ce contrat soit un contrat d'achat d'un esclave ou d'une femme, ou d'un objet, et que cette forme littéraire montre une absence d'originalité de la culture hébraïque d'une part, et d'autre part la nécessité de désacraliser ce texte sous prétexte de sa forme mercantile. Pour donner un autre exemple des découvertes ayant ébranlé les modèles de lecture ainsi que les méthodes établies en archéologie, il faut rappeller la découverte, ou plus exactement le déchiffrage, en 1872, par George Smith, employé du British Museum de tablettes assyriennes ayant appartenu à la bibliothèque du roi Ashurbanipal à Nineveh, tablettes recopiées par les cribes du roi qui était très fier de pouvoir lire lui-même . Le texte, après avoir mentioné un bateau abordant le sommet d'une montagne nommée Nisir dit ensuite :
Lorsque le septième jour arriva,
J'envoyai une colombe que je délivrai
La colombe partit, mais revint
Puisqu'il n'y avait pas de lieu pour qu'elle se pose, elle fit demi-tour. (Lance, p 5)

Ce texte constitua la première découverte d'un récit de sources parallèles ou semblables avec des texte de la Genèse, et détrôna le texte biblique de son statut particulier. Mais simultanément il n'aboutit pas à un questionnement pluri-latéral de la question de l'intertexte. Il ne fut utilisé que pour remettre en cause l'originalité du récit de la Genèse, sans considérer les questions aujourd'hui couramment débattues comme la question des intertextes communs aux deux textes, ou d'un substrat hébraïque oral plus ancien pouvant avoir influencé la culture mésopotamienne toute entière.

En Israël, les textes que nous désignerons de l'adjectif « parallèles » à la culture hébraïque et biblique furent lus comme des textes sources ayant influencé la culture hébraïque. Dans le désir inconscient de se rattacher à une culture universelle parce que mondiale, une partie de l'école israëlienne rejettait tout particularisme ethnique ou culturel, en contradiction logique avec les fondements de la recherche anthropologique.

Le Professeur Finkelstein, qui était récemment interviewé par la chaîne de télévision aroutz 2, revendique ce mouvement de pensée, non pas comme une perspective de l'histoire des idées, mais comme une vérité absolue et universelle, qui aurait succédé à un siècle d'obscurantisme archéologique, qu'il place sous l'égide de l'archéologie de l'école allemande en Israël, école qui aurait précisément revendiqué une recherche archéologique fondée sur les textes bibliques. Dans son introduction à son ouvrage Menavadout léméloukha, (De l'errance à la royauté) (p.9), il expose ses griefs vis-à-vis de ce qu'il considère comme l'école passéiste archéologue en Israël : cette école se serait heurtée à des contradictions entre le texte biblique et les découvertes sur le terrain, ainsi qu'à des difficultés d'ordre philologique :

Cette critique méthodologique se voit accompagnée dans l'émission de décembre 2003 d'un jugement de valeur plaçant comme révolue, et donc sans pertinence, toute recherche fondée sur le texte biblique.

Ce point de vue s'avère particulièrement réducteur pour deux raisons. Tout d'abord, il semble curieux d'adopter un discours se présentant comme une vérité dans ce qui devrait être de l'ordre de la recherche, de la remise en cause scientifique. Il y a là un emprunt délibéré au domaine idéologique. D'autre part, une petite recherche dans les publications mondiales les plus récentes dans le domaine de l'archéologie en Israël montre sans le moindre doute possible que le point de vue biblique reste un point de vue très important, à la fois numériquement et qualitativement, et qu'il n'est plus l'apanage de l'école allemande, mais qu'on le trouve par exemple sous la plume de nombreux chercheurs.

Il est vrai que l'école allemande d'archéologie avait fondé sa recherche sur une lecture naïve des textes bibliques au XIXe siècle. En 1934 encore, on trouve l'ouvrage du Dr Edmund Kalt Biblishe Archäologie (Freiburg : Herder & Co. B.H. Verlagsbuchhandlung). Kalt fonde sa recherche archéologique sur une recherche biblique et philologique des termes et son ouvrage décrit la société aux périodes décrites par la Bible, sur la base à la fois d'une synthèse biblique et comparatiste et sur les découvertes archéologiques parallèles à cette étude.
Certains archéologues britanniques de la même période vont plus loin, car ils n'utilisent pas l'outil de la comparaison philologique, et prennent la Bible comme point de recherche méthodologique, la réalité devant confirmer les descriptions brutes du texte. C'est ainsi que le révérend S.R. Driver, Regius Professor d'Hébreu et Canon de Christ Church à Oxford, écrit en 1922 une ouvrage intitulé Modern Research as Illustrating the Bible (London : British Academy, Oxford University Press).

Mais l'outil biblique en archéologie s'ffine progressivement. En 1953, William Foxwell Albright publie par exemple un ouvrage, Archeology and the Religion of Israel, où l'auteur, après des comparaisons philologiques, des études comparatistes de découvertes archéologiques dans toute la Mésopotamie, se penche sur le texte biblique pour l'étudier comme un texte de l'histoire des Idées. On peut débattre de l'option interprétative, mais en définitive cette méthode a au moins le mérite de placer le texte biblique au même niveau méthodologique que les textes des autres civilisations auxquelles il est comparée, et non a priori situé dans une position de fiabilité inférieure.

En 1974 Shalom M. Paul et William G. Dever publient une série d'études sous le titre de Biblical Archeology. Ils entendent alors par « biblical » une archéologie déterminant son terrain de fouilles d'après la Bible et la pertinence d'une civilisation envers la culture biblique. Leur méthode est donc interactive et effectue un va-et-vient entre l'archéologie et la Bible, sans que la méthode archéologique soit cependant déterminée par le texte biblique, ainsi qu'ils le précisent explicitement au cours de leur étude :
It must be stressed that there are no « special » methods or aims for biblical archeology. It works with the same materials and techniques, it presupposes the same standards of objectivity, it strives for the same total reconstruction of the past, that characterize all archeology. Biblical archeology simply confines itself - not arbitrarily but deliberately - to those aeras which are of direct relevance for the Bible.Its geographical scope extends to all the « Lands of the Bible », which means the entire Eastern Mediterrannean as far as Iraq and Iran, but with primary focus on ancient Syria-Palestine, comprising parts of modern Israel, Jordan, Syria and Lebanon. The chronological scope of biblical archeology dealt with in this volume extends until the Persian period. (Jerusalem : Keter, IX)

La recherche archéologique contemporaine associée à la Bible est loin d'être aussi caricaturale que ce que le Professeur Finkelstein peut en dire. Sa méthodologie évolue, varie d'un auteur à l'autre, permettant à Arthur Gibson, par exemple, de présenter en 2000 une recherche fondée sur les tablettes d'argile en sumérien et en hittites pour aboutir à un travail comparatiste avec les textes bibliques, à l'inverse de la démarche originelle de la recherche biblique.
Parmi les tenants actuels de la recherche archéologique associée à la Bible, on trouve H. Darrell Lance. Lance présente une voie médiane modérée de la recherche méthodologique. Il démontre en particulier dans son ouvrage The Old Testament and the Acrheologist qu'une recherche archéologique utilisant le support du texte biblique doit s'appuyer sur une connaissance exégétique du texte, et non sur une lecture naïve et détachée du contexte sémiologique. Gene Tucker, dans l'introduction de cet ouvrage, critique par ailleurs les chercheurs du XIXe siècle, qui se sont servi de l'archéologie pour étudier le texte biblique très souvent à contresens : « In the last century archeology has been widely used - and not infrequently misused - in the study of the Bible. » La difficulté essentielle de l'utilisation des textes hébraïques pour la recherche archéologique, explique-t-il plus loin ( p.10), vient du fait que cette utilisation présuppose la maîtrise de plusieurs disciplines, comme par exemple la paléographie hébraïque ancienne, disciplines si complexe qu'elles requièrent parfois une vie d'expérience, de sorte qu'elles se sont peu à peu développées en tant que spécialités distinctes. Selon la démonstration implicite de Lance, l'archéologue doit donc reconstituer un puzzle de connaissances si gigantesque qu'il lui est plus aisé d'utiliser ses découvertes pour éclairer le texte biblique que le contraire. Dans le mouvement de va-et-vient entre le texte et les découvertes archéologiques, Lance préconise donc d'utiliser le texte biblique pour éclairer le sens des découvertes archéologiques, et non comme outil originel de recherche étant donné la complexité de sa lecture.

Par contre les publications des chercheurs israëliens anti-judaïques ne sont pas très nombreuses, même si ces chercheurs tiennent le devant de la scène et le haut ds chaires universitaires. Certains, comme Nili Wazana, et bien qu'interviewée en tant que spécialiste et présentée comme telle par le professeur Finkelstein, n'a pas même publié un article depuis sa thèse, Biblical Border Descriptions in Light of Ancient Near East Literature.
On reste aussi rêveur devant les sujets de prédilection de cette école israëlienne d'archéologie. Nili Wazana se penche sur la question des frontières d'Israël dans le texte biblique pour les remettre en question. Le Professeur Finkelstein étudie quant à lui les « implantations » (hitnahalouiot) dans son livre « L'archéologie à la période des implantations et de Juges » (Ha archeologia shel tkoufat hahitnahalouiot véhashoftim). Le terme est étrangement moderne (le dictionnaire Ibn Shoshan précise que le terme est moderne, c'est-à-dire date au plus tôt de la période de la haskala, soit du XIXe siècle) et ne correspond à aucune expression utilisée par les textes hébraïques pour la conquête d'Israël. Il résonne de façon significative à notre époque, suggérant que cette étude pourrait bien, en définitive, renvoyer à une réflexion sur les implantations de l'époque moderne en Judée Samarie, et sur la légimité des frontières de l'état d'Israël.

Le problème essentiel de ce mouvement est qu'il entre en confluence avec l'idéologie de gauche israëlienne qui cherche à l'exploiter pour sa démonstration, et avec un mouvement mondial de déligitimisation de l'état d'Israël, qui lui donne alors une caisse de résonance.

2. L'affaire d'Abraham : un exemple d'utilisation politique de l'archéologie anti-judaïque israëlienne:

Les tenants de cette archéologie anti-judaïque ont vite attiré l'intérêt des media et des politiciens désireux de démontrer par ce biais l'illégitimité de la présence juive sur une partie ou sur tout Israël.

Abraham Segal fit ainsi un film, sorti sur nos écrans de cinéma en 1996, Abraham, où le réalisateur, membre du mouvement Shalom Arshav, interviewe tour à tour des philologues de l'école biblique et des archéologues de l'Université Hébraïque, pour démontrer d'une part que le lieu du Hevron historique n'est pas assuré, d'autre part, que le personnage d'Abraham n'est qu'un légende, et enfin que le Caveau des patriarches ne contiendrait pas les patriarches, dont l'existence est elle-même remise en question, mais la dépouille mortelle d'un croisé. Le réalisateur conclut son film en déclarant qu'en définitive on se bat à Hevron pour un héritage imaginaire, et qu'il faudrait évacuer à la fois cette ville, mais aussi tous les territoires des implantations pour rétablir la paix.

Quelle que soit l'opinion du réalisateur, on peut regretter qu'il n'ait construit son film que sur le témoignage de chercheurs partageant son idéologie. Choisis parmi les tenants anti-judaïques de l'archéologie, les chercheurs interviewés donnent en effet une image monolithique de la recherche israëlienne, et de plus sapant la légitimité, non seulement de la présence juive dans les territoires palestiniens, mais dans tout Israël. Le film d'Abraham Segal, qui a bénéficié de l'aide automatique à la création filmique en Israël versée par l'état d'Israël, a ainsi servi des arguments pro-palestiniens aux spectateurs français juste avant le déclenchement de la seconde antifadah. Le débat public qui suivait le film lors de sa projection fut houleux, et laissait déjà percevoir dans les réactions haineuses du public à l'encontre d'Israël l'antisémitisme que la seconde intifadah allait achever de révéler.

Avant même la seconde intifadah, les media internationaux servirent encore d'amplificateur à ces idéologies, préparant sans le savoir le nouveau révisionisme historique palestinien.

Pour ne citer qu'un exemple, Der Spiegel publia en 1998 un numéro entier (près de 120 pages) sur une relecture de la sortire d'Egypte d'après les archéologues. Moïse, pouvait-on y lire, était un Egyptien, ainsi que les esclaves dont ils s'était fait le chef. Il n'ya avait donc plus de sortie d'Egypte à proprement parler, ni de peuple hébreu, et encore moins de réalisation de promesse divine. Les fondements historiques de l'implantation du peuple hébreu sur la terre d'Israël disparaissant, toute la légitimité de l'état s'effondrait.

Très curieusement, ces mêmes media ne reprennent pas les découvertes archéologiques confirmant la validité des textes bibliques. Le Spiegel se faisait l'écho des archéologues qui remettaient en question le récit d'un pharaon possèdant une immense écurie. Récemment, en 2002, une équipe d'archéologues britanniques a retrouvé une ville, enfouie dans les limons d'un affluent asséché du Nil. Cette ville avait en son centre une immense statue pharaonique portant le nom de Ramses, soit la ville portant le nom du pharaon dont parlent les midrashim. Des écuries de plus de cinq cent chevaux témoignaient d'une puissance militaire du pharaon exceptionnelle pour l'époque Le Spiegel ne reprit pas l'information, pourtant diffusée par la BBC

Alors que les media européens, trop souvent, trient avec habilité les informations archéologiques, les Palestiniens réécrivent l'histoire d'Israël, tout en effaçant les traces archéologiques hébraïques des sites sous leur contrôle.

III. Idéologie et archéologie : les théories révisionistes palestiniennes
1. Réécriture de l'histoire révisioniste
Le site de l'Autorité Palestinienne prend beaucoup de soin à réécrire toute l'histoire du Mont du Temple, et de lui substituer une histoire qui serait celle d'une mosquée ayant existé depuis des siècles, bien avant Suleiman le Magnifique, bien avant Israël, et peut être même bien avant l'Islam. Les Juifs se sont trompés, entend-on répéter dans les médias palestiniens. Le Mont du Temple n'a jamais été le Mont du Temple . Et puis, les Juifs n'ont jamais sû où était leur temple. Et puis d'ailleurs, les Juifs n'ont jamais été en Israël. De façon significative, le site palestinien accuse les Juifs d'avoir toujours tenté de détruire la mosquée du Mont du Temple. Mais simultanément, ils ne mentionnent pas le temple qui précédait la construction de la mosquée d'Omar.

2. La destruction des sites archéologiques comme guerre de l'information
Il faut concevoir l'importance de la destruction des vestiges archéologiques découverts par les autorités du Waqf sur le mont du temple lorsque les travaux d'élargissement de la mosquée eurent lieu. Des trains entiers de camions déblayérent de nuit les vestiges, les jetant à la décharge publique en massacrant ainsi les couches archéologiques successives et en rendant le travail des archéologues impossible. Il était vital d'effacer toute trace de présence antécédente à l'Islam en ce lieu, de même que le site de l'Autorité palestinienne réécrit l'histoire, donnant une identité musulmane au roi David et à Salomon. Le Mont du Temple renommé devint ainsi l'esplanade des mosquées. L'histoire réécrite et le lieu saccagé, la légitimité d'Israël en ce lieu peut être effacée de la mémoire collective.

De même, la tombe de Joseph fut détruite, et reconstruite sous forme de mosquée après qu'un travail de délégitimisation du lieu ait été fait. Alors que les Palestiniens déclaraient que ce lieu était la tombe d'un sheikh, les archéologues israëliens interviewés par les media les secondaient en déclarant qu'il n'y avait aucune preuve archéologique de l'authenticité de ce lieu.

Conclusion
Nul doute que certains chercheurs, dans ces groupes repris par les media, ne soient sincères dans leur démarche, et que leurs déclarations soient dépourvues d'intérêt politique. Leur responsabilité scientifique devrait tout de même les amener à s'interroger sur l'utilisation idéologique et politique de leurs déclarations, et à analyser l'utilisation systématique faite par les Palestiniens de ces débats qui devraient ne concerner que le cercle des chercheurs.
Le processus idéologique enclenché par les Palestiniens est si simple, si limpide, qu'il n'est pas très difficile à comprendre : plus un lieu sera juif, hébraïque, plus ils revendiqueront ce lieu et effaceront son passé, matériellement, mais aussi dans la mémoire historique collective.
Tout cela nous rappelle l'importance de notre propre mémoire et de l'étude de notre histoire, qui plus qu'un patrimoine, constitue une part vitale de l'identité d'Israël.

Du film de Gibson et de sa perversion fondamentale : le matérialisme à l’attaque de la foi spirituelle

Du film de Gibson et de sa perversion fondamentale : le matérialisme à l’attaque de la foi spirituelle
 
Le film de Mell Gibson a fait scandale dans les milieux juifs. Il aurait dû susciter tout autant de scandale dans les milieux chrétiens, étant donné l’image qu’il donnait de la Foi chrétienne, et c’est le sujet que nous allons étudier aujourd’hui.
 

I.               Un film matérialiste

1.    Présentation de la bande annonce et du travail de préparation du film
Jésus, le front ruisselant de sang, la couronne d’épines enfoncée dans la chair frontale, avance en titubant, la croix sur l’épaule entre les rangs d‘une foule dense contenue avec peine par des soldats romains. La prise de vue est un cadrage en pied, de front. La lumière innonde la scène avec des projecteurs placés de tous les côtés du personnage. Les cris de la foule assourdissent le spectateur réduit à un état de stupeur et d’hébétude.
Nouveau plan. Jésus est étendu sur la croix de son supplice. Gros plan sur le bras gauche, la main étant placée au centre du cadre. La main d’un soldat romain s’approche, armée d’un énorme clou de charpentier. Très gros plan sur la main, alors que le clou est planté dans la chair avec cruauté et indifférence aux cris de Jésus. Lumière filtrée en rouge, venant du haut.
 
2.   La préparation du film : un réductionisme étriqué et parsemé d’erreurs
Les erreurs historiques graves
Le père de Gibson, qui l’a assisté pour le film, s’est livré, dit-on, à de savants calculs, pour établir le poids et la taille de la croix, des clous. Mais à vouloir coller à la réalité, il a commis de nombreuses erreurs, même dans le réalisme.
Des erreurs matérielles pour commencer : tous les historiens de l’antiquité savent par exemple qu’il est impossible de crucifier un homme en lui enfonçant des clous dans les mains. Les clous étaient plantés dans l’avant bras, car le poids du corps aurait arraché les doigts, et le principe du supplice romain consistait à forcer le supplicié à porter son poids sur les pieds, eux aussi cloués, pour pouvoir respirer, la tension des bras ne lui permettant pas de remplir sa cage thoracique. Ces détails terribles montrent que le père de Gibson s’est peut-être livré à de grands calculs, mais que ces calculs portaient sur le fantasme personnel qu’il avait construit autour de la passion, et non sur l’histoire.
 
Les autres erreurs fondamentales découlent de cette absence de connaissance historique. Le sanhédrin, nous dit-on, n’a pas siégé pendant près de soixante-dix ans, nous disent les sources juives. Et qand bien même il aurait exceptionnellement siégé une fois dans cette période, il lui était strictement interdit de condamner à mort un homme un vendredi, le corps devant être enterré au plus vite pour ne pas désacraliser Jérusalem, ce qui aurait amener une violation de shabbat. Enfin, la mort réservé aux faux prophètes était la pendaison, et non la crucifiction. Le texte des Evangiles rapporte une passion, qui est donc à entendre plutôt au niveau symbolique qu’au niveau réaliste. Le problème est que le film de Mell Gibson, en cherchant à rendre un réel brut pour son public, l’enjoint à un degré zéro de la lecture de ce texte, qui est anti-sémite, d’une part, mais contraire même à la lecture allégorique des textes sacrés par la chrétienté.
 

II.              La crise de la spiritualité et le matérialisme didactique

 
1.    L’incompréhension de l’outil filmique, et la négation de l’art
En cherchant à coller à la réalité, Gibson dévoile son incompréhension du cinéma, tout autant que de l’essence même de la foi chrétienne.
 

Qu’est-ce que le cinéma ? Les conséquences de l’incompréhension de Gibson

En effet le cinéma est constitué par une série de choix qui rendent impossible une retransmission brute de la réalité. Le choix du cadrage tout d’abord. Le metteur en scène choisit de faire un plan panoramique ou un plan rapproché. Un plan panoramique donne une impression visuelle au spectateur, mais aussi un sens particulier aux images qu’il saisit. Si l’on choisit de filmer Jésus en plan panoramique, il apparaît au milieu des autres individus et semblable à tous les êtres humains, par exemple. Si l’on choisit au contraire un plan rapproché, son individualité ressort, et son personnage est désigné comme singulier. Son expérience est alors mise en exergue, différenciée de celle des deux voleurs qui l’accompagnent : la caméra trahit alors le texte même de la passion. En choisissant un cadrage de gros plan sur des parties du corps de Jésus, le personnage sacré pour les Chrétiens est morcelé. Il n’est plus ni homme ni dieu. Il n’est qu’un ensemble de souffrances dispersées dans ses membres. Et le gros plan sur cette souffrance dévoile le centre réel de l’intérêt de Gibson. Non pas la passion, mais la mort, non pas Jésus mais la souffrance.
 
Le jeu de la caméra et du cadrage vont donc dans le même sens. Il n’y a plus de filtre artistique. Le metteur en scène recherche la vision brute, en prétendant au réalisme : il obtient la vision Gore, car il semble oublier qu’il traite avant tout le thème de la mort d’un homme.
Mais l’a-t-il vraiment oublié ? La bande annonce n’a-t-elle pas choisi, entre toutes les scènes du film, la plus atroce, la plus sanglante ? Le film ne met-il pas l’accent sur la mort, et non la résurrection de Jésus, qui devrait être le point fort de sa thématique ?
 

2. La trahison de la foi chrétienne Le paradoxe d’une scène païenne dans sa présentation

La scène se veut choquante, sanglante, insupportable. Elle doit ravir le sadisme de certains, en leur fournissant de plus une raison éthique pour se délecter d’images inhumaines : on peut tout regarder puisqu’il s’agit d’une scène religieuse.
Le spectateur que réjouit cette scène se vautre dans une délectation malsaine de la contemplation de la souffrance de l’autre. Il peut enfin s’adonner à ses instaincts les plus bas, au voyeurisme, c’est-à-dire à la contemplation du tabou, qui est ici le tabou de la mort, libéré de toute conscience coupable.
 

Cette scène s’inscrit pourtant exactement à contresens de l’enseignement chrétien, qui prétend chercher à éveiller des sentiments d’amour et de respect du prochain. Elle incite à donner libre cours à la fascination pour la mort (et pour la mort de l’autre en particulier) qui est inscrite dans le psychisme humain, mais que l’éducation réfrenne en l’interdisant, en la condamnant, en la censurant.

III.            Le film à contresens de la lecture et du sens chrétien
1.    La perte de l’allégorie
Que l’on adhère à cette lecture ou non, et l’on peut débattre de sa logique et de la validité de son application par rapport au texte de la Torah, qui s’inscrit dans l’histoire et la tradition juive, il faut tout de même tenter d’en comprendre la mouvement.
La révolution de la lecture que la chrétienté a voulu introduire consiste à prendre au niveau allégorique et symbolique des pans entiers de la Torah, et même des paroles de Jésus.
Par exemple, la phrase de Jésus habituellement traduite par « Pas un iota de la Loi ne sera changé », prononcée en Araméen avant d’être traduite en grec, signifiait pour un Juif « Pas un yud de la Loi (de la Torah ) ne sera changé ». La lecture que la chrétienté fit de cette phrase fut une lecture volontairement symbolique, car une lecture au premier sens des termes aurait signifié que les Chrétiens devaient continuer à pratiquer les mitsvot.
La chrétienté s’est donc défini dès le départ comme une lecture des textes qui refusait d’admettre le sens littéral, et ce principe doit être appliqué pour tous les textes, y compris celui de la passion, si le croyant chrétien est logique.
« Rend à César ce qui appartient à César », autre phrase de Jésus, serait comprise par le monde juif comme une phrase très « nationaliste » : « Rend aux Romains ce qui les concerne, et occupe-toi de ce qui concerne la Juifs » Pour les Chrétiens, qui ont délibéremment abandonné la dimension nationale de la religion que la foi juive avait pour le peuple juif, cette phrase est à prendre au niveau symbolique, en attribuant à César la valeur symbolique du monde et du pouvoir matériel. « Rede Caesaris caesari » est alors traduit et compris comme l’équivalent de « Rend au maître matériel de ce monde ce qui appartient au monde matériel, et occupons nous du spirituel ».
Il semble clair que cette injonction, dans son sens chrétien, démontre l’invalidité du film de Gibson, puisqu’il a quant à lui, choisi de garder la matérialité au dépent de la spiritualité.
 
2.    La perte de la notion de compassion
Si la lettre du texte chrétien est perdue, ce qui peut se comprendre puisque Gibson fait partie d’une secte minoritaire qui a sans doute ses options personelles de lecture, il faut constater que l’esprit a aussi disparu du film.
L’enseignement chrétien a voulu insisté sur la mida de « rahamim », de compassion, en brisant l’unité des valeurs qui était le fondement de la foi juive pour établir une supériorité de cette qualité spirituelle sur les autres.
Le film de Gibson nie ce fondement de la foi chrétienne. Il ne cherche pas à éveiller son spectateur à cette dimension. Il cherche à lui donner un électrochoc d’horreur qui l’amène ensuite à prendre pitié du personnage de Jésus, et à prendre en horreur les détracteurs de Jésus qui seraient la cause hypothètique de son supplice. Ces sentiments ne sont pas à la gloire de Gibson, mais ils évacuent complètement ce qui est censé être le message le plus fondamental du christianisme.
 
3.    Le libre court des pulsions, et sa dimension dangereuse contre les Juifs
Enfin, si les critiques juifs ont vu le danger de ce message de haine, ils n’ont cependant pas mesuré le véritable danger de ce film. Ce film engage le spectateur à donner libre cours à ses pulsions les plus primitives, en lui permettant par exemple, nous l’avons vu, de se repaître d’images touchant à la fascination primitive de la mort de l’autre, de la souffrance de l’autre, et en brisant le tabou de cette contemplation. Cette libération des pulsions, associée au message de haine, est une véritable bombe car elle invite à l’agression, en donnant à croire au spectateur que les images du film se confondent avec celle de la réalité :il n’y a plus de dimension fictionelle, et donc de filtre du symbolique. S’il n’y a plus de distance entre film et réalité, et qu’il est permis de donner libre cours à ses pulsions, alors la vengeance sanguinaire est permise…
 
 

Les liaisons dangereuses

Le Hezbollah et l’intifadah  Al-Aqsa
Le Recrutement de terroristes palestiniens
Les Brigades du Retour

 
 
 
Les Liaisons dangereuses par Yona Dureau
 
La récente attaque de Tsahal en Syrie, à la suite d’une attaque terroriste organisée à Gaza peut laisser dubitatif. Mais le type d’explosif utilisé signait l’organisation de cet attentat, qui venait succéder à bon nombre d’actions terroristes marquant l’alliance mortifère du hezbollah et des groupes terroristes palestiniens. L’article qui suit, dont bon nombre d’informations viennent du site MEIB, retracent l’implantation de l’organisation du Hezbollah au sein des territoires palestiniens, qui complexifie encore la donne du paysage complexe du conflit israelo-palestinien.
 
Historique… Quelques événements émergeant de l’iceberg…
Le 2 août  2003, l’un des chefs des opérations du Hezbollah, Ali Hussein Saleh est assassiné par l’explosion de sa voiture, piégée. Le Hezbollah accusa Israël de cet assassinat, ce qui parut tout d’abord de la paranoïa, mais qui reposait, du point de vue du Hezbollah, sur la fonction même de ce chef, les poussant à soupçonner cette riposte israëlienne : Saleh était un chef de liaison entre le Hezbollah et les cellules terroristes de la Bande de Gaza.(1)

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Durant les trois dernières années, le Hezbollah a intensifié régulièrement son implication dans le conflit israëlo-palestinien, passant de la fonction de fournisseur de matériel et d’organisateur de camps d’entraînement au recrutement direct d’agents palestiniens placés directement sous son contrôle et son commandement. Parmi ses activités, les esquadrons palestiniens du Hezbollah ont organisé des passages d’armes en contrebande, des attaques à la bombe, des attaques par tirs de snipers et des attaques en guettant les véhicules sur le bord de la route, ainsi que des surveillance préparatrices de communautés israëliennes et de bases militaires de l’armée israëlienne, et des enlèvements d’Israëliens. (2) Plus récemment, selon les informations de l’intelligence service israëlien, les agents palestiniens du hezbollah ont effectué l’attaque à la bombe du 12 août de Rosh Ha’ayin, tuant une personne et en blessant 6 (3)

L’information concernant les liens du hezbollah avec la bande de Gaza vient des témoignages des agents capturés ainsi que de l’information rendue publique en Israël par le Shin Bet (ou ISA). Les découvertes de l’ISA sont crédibles. Elles sont basées sur des confessions et des sources d’intelligence et des sources occidentales ont confirmé leur véracité générale.
 
Le Hezbollah et l’intifadah  Al-Aqsa
 
Le Hezbollah, une organisation musulmane militante Shiite établie au Liban par les Corps de la Guarde révolutionnaire iranienne (IRGC), s’est donné comme unique objectif depuis 20 ans de combattre Israël. A la suite du retrait israëlien du Liban en mai 2000 (qu’il prétend avoir aquis comme une victoire), le Hezbollah a procédé à une escalade de sa guerrilla contre les troupes israëliennes, jusqu’à ses incursions sporadiques dans la zone des fermes de Shebba sur les hauteurs du Golan.
A la suite du déclenchement de la seconde intifadah en septembre 2000, le Hezbollah a fait passer toutes ses ressources sur le front palestinien. La  station de télévision Al-Manar augmenta son nombre d’heures de diffusion de 4 à 24 heures, déversant un torrent de haine en continu sur ses ondes. Le Hezbollah augmenta aussi de façon dramatique son aux groupes palestiniens terroristes, tels que le Hamas et le Jihad.
 
Le Hezbollah fut impliqué dans trois tentatives majeures de passages d’armes dans les territoires. Janvier 2001 : le Santorini est intercepté par Israël. Il transporte des armes embarquées au sud Liban. Un an plus tard, le Karine A, intercepté lui aussi, est parti d’Iran, mais son équipage vient des groupes du hezbollah. En mai 2003, Israël intercepte un bateau de pêche égyptien le Abu Hassan, aui tentait de livrer des explosifs depuis le Liban, à destination de la bande de Gaza. Un membre de l’équipage, Hamad Masalem Mussa Abu Amra, est un expert en explosif du Hezbollah. D’autres tentatives eurent lieu pour introduire en fraude des armes depuis la Jordanie vers la bande de Gaza.
Le plan final du Hezbollah est de construire son réseau d’agents dans les territoires eux-mêmes. Depuis la moitié des années 1990, le hezbollah a recruté plusieurs terroristes en Europe et a tenté de les introduire en Israël. En 1996, par exemple, Israël arrêta Hussein Makdad, un citoyen naturalisé allemand travaillant pour le hezbollag, après qu’il se soit blessé en construisant une bombe dans un hôtel de Jérusalem Est. L’année suivante, le Hezbollah recruta Steven Smyrek, un Allemand converti à l’Islam, l’entraîna au Liban, et l’envoya en Israël pour photographier des objectifs potentiels d’attaques terroristes. En janvier 2001, les forces isreliennes de sécurité arrêtèrent Jihad Shuman, un membre libanais du Hezbollah qui était entré dans le pays avec un passeport britannique.
Le mouvement du Hezbollah est aussi parvenuà recruter un réseau d’Arabes israëliens . Le Hezbollah a recruté des dealers de drogues libanais qui avaient derrière eux une longue histoire de contrebande de drogue en traversant la frontière, en leur fournissant de la drogue en échange d’espionage et de contrebande d’armes. Il faut cependat noter que la motivation principale de ces agents était avant tout la solidarité éprouvée vis-à-vis des Palestiniens, solidarité iséologique aussi, plus que l’appat financier. Peu nombreux sont ceux qui acceptèrent cependant de participer à des attaques terroristes elles-mêmes, et ils coopéraient volontiers avec les autorités israëliennes lorsqu’ils étaient découverts.
 
 
 
 
Le Recrutement de terroristes palestiniens
 
Au moment du déclenchement de la seconde intifadah, le Hezbollah n’a eu qu’un succès relatif dans son recrutement direct de Palestiniens. L’un des plus célèbres fut  Masoud Iyyad, un officier de l’Autorité Palestinienne, memebre de la force 17 de Yasser Arafat, qui voyageait au Liban lors de l’été 2000. Après être retourné à Gaza, Iyyad dirigea une cellule terroriste qui accomplit une demi douzaine d’attaques à la grenade et au mortier pendant les premiers mois de l’intifadah. Cependant, il fut tué par une attaque israëlienne par hélicopter en février 2001.
A le mi-2001, le hezbollah et le IRGC avaient commencé une campagne de grande étendue pour recruter directement des Palestiniens pour plannifier et accomplir des actes de terrorisme pour eux. Les Palestiniens qui avaient été blessés lors de l’intifadah constituaient les premières recrues potentielles : ils avaient déjà montré leur volonté contre Israël, mais leurs blessures fournissaient en plus le prétexte idéal pour quitter le pays. Une organisation « humanitaire » appelée le comité iranien de l’aide aux blessés de l’intifadah transporta par avion des centaines de Palestiniens blessés légèrement ou peu à Téhéran (on comprend pourquoi l’organisation délaissa les blessés graves) et leur procura une aide médicale gratuite. Pendant leur rémission, les recrues potentielles eurent un véritable lavage de cerveau, elles furent invitées à faire des discours dans des événements publics marquant la lutte contre Israël, et on les persuada de se joindre au Hezbollah. Parmi ceux qui furent impliqués dans ce recrutement, on retrouve l’amabssadeur d’Iran en Jordanie,
Nosratollah Tajik, le Ministre Palestinien des Détenus et des Détenus Libérés Hisham Abdel
al-Razek, et Abu Mahadi Najafi, un agent du Hezbollah.
 
Un certain nombre de ces agents furent ensuite arrêtés par les autorités israeliennes et procurèrent des récits détaillés sur leur recrutement. Shadi Jaber fut recruté par Abu Mahadi après être arrivé en Iran pour des soins médiacux en janvier 2001. A son retour dans la bande de Gaza, il recruta d’autres agents et organisa un certain nombre d’opérations, telles que le kidnapping d’un soldat israëlien. Il facilita aussi le transfert de Palestiniens blessés en Iran, restant tout le temps en contact avec le leader du Hezbollah qui le guidait par téléphone cellulaire.
Un autre agent du hezbollah capturé lui aussi, Jihad Albasha, raconta comment on avait déroulé ^pour lui le tapis rouge après son arrivée en Iran en avril 2001. Il avait même été photographié avec le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. Il fut aussi recruté par y Abu Mahadi, qui lui procura $30,000 pour organiser une cellule terroriste et qui lui proposa de monter une entreprise deu bâtiment dans la bande de Gaza comme couverture du transfert des fonds qui viendrait ensuite. (4)

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Lors de l’été 2002, le Hezbollah recruta quatre agents des tanzims et tenat d’en emmener trois d’entre eux au Liban à travers la Jordanie et la Syrie dans des camps d’entrainement du Hezbollah. Ils furent recruté par Omar Hamdan Mohamad Seif, qui avait été lui-même entraîné dans ces camps. Bien que l’un de ces hommes se soit vu refuser l’entrée en Jordanie, les deux autres - Dargem Salah etIyad Kasem – parvinrent aux camps, où ils apprirent à manier l’ Uzi et les M-16s, à lancer des grenades, et à préparer et faire exploser des bombes. Lorsqu’ils euent fini leur entraînement, ils recurent l’ordre de chefs du hezbollah de mener une surveillance de cibles potentielles israëliennes, de rassembler des informations d’intelligence de préparation d’opérations, et de mener des attaques terroristes. (5)
 
Les Brigades du Retour
 
Les cellules terroristes palestiniennes établies au Liban par le Hezbollah et les agents  du IRGC s’organisèrent en un réseau connu sous le nom des Brigades du Retour (Kata'ib al-Awda). Les objectifs politiques et opérationnels du réseau mené par le hezbollah et soutenu financièrement par l’Iran, furent confirmés par des confessions de plusieurs agents des Brigades du Retour arrêtés aux alentours de septembre 2002. On trouve un chef parmi eux, Ghaleb Abdel Hafiz Abdel Kader Ikbariya, activiste de l’Autorité Palestinienne originaire de Shweike près de Tulkarem.
 
Dans sa confession, Ikbariya déclara que les commandants du IRGC avaient commencé à établir une nouvelle organisation comprenant une branche politique et une branche militaire. La branche militaire avait pour tâche de mener des attaques terroristes (par exemple l’attaque suicide durant la préparation de laquelle Ikbariya lui-même fut pris, en collaboration avec des  leaders du Fatah de Jordanie et des commandants du IRGC commanders du Liban) pendant que la brnache politique « infiltreraient les représentants  des mécanismes de sécurité de l’Autorité Palestinienne »  afin de prendre le pouvoir « au moment et si l’infrastructure actuelle du Fatah s’effondrerait" (6) Bien que les deux branches du mouvement soient compartimentées, des liens entre la branche terroriste et la branche politique permirent l’arrestation de plusieurs activistes politiques, comme Ikbariya – pour leur role dans des complots terroristes. Ikbariya prétendit que leurs chefs, Bassem Soudki Ahmad Yassin et Fouad Bilbeisi (tous deux leaders du Fatah à Amman), faisaient leur rapport non seulement au IRGC mais aussi au Comité Central du Fatah Mohammad Amouri et à l’Organisation de Libération de la Palestine Liberation par l’intermédiaire de son chef Farouq Kadoumi.
 
Selon l’ISA, avant la contre-offensive israelienne d’avril 2002 dans la bande de Gaza, certaines de ces cellules terroristes furent fondée par le rénégat colonel Fatah Mounir al-Maqdah, basé dans un camp de réfugiés du sud Liban, le camp d’ Ain al-Hilweh – un fait récemment confirmé par Maqdah dans une interview.(7) Cependant, après avoir découvert que Maqdah empochait une plus grande partie de l’aide iranienne que prévu, Téhéran décida qu’il valait mieux s’en remettre aux officiels du Hezbollah et aux commandants du IRGC au Liban. Maqdah sert encore d’intermédiaire pour le passage de fonds vers la bande de Gaza, mais dans une bien moindre mesure. (8)
 
Les chefs des Brigades du Retour doivent informer les commandants du Hezbollah et du IRGC avant et après avoir effectué une attaque et les déboursements financiers respectent des quantités fixées à intervalles donnés après des rapports de compte détaillés. Le contact de base est Qais Ubaid, un ,agent du Hezbollah arabe-israëlien du Liban sud qui joua un rôle central dans l’enlèvement du businessman Elchanan Tannenbaum en octobre 2000.(9) Les cellules communiquent aussi et reçoivent des instructions par le biais des leaders du Fatah en Jordanie, en particulier Yassin et Bilbeisi, qui, selon les déclarations des membres capturés des Brigades du Retour  sont tous deux « dirigés par le IRCG(10)
 
Les différentes cellules des Brigades du Retour maintiennent une coopération opérationelle serrée entre elles, afin de maximiser les ressources, le personnel, et l’entraînement. Par exemple, les leaders des brigades ont fait passer un agent à l’étranger pour l’entraîner au tir de sniper, puis ils envoient le sniper dans la bande de Gaza pour entraîner d’autres cellules des Tanzim.(11) Ils travaillent aussi avec d’autres groupes terroristes palestiniens. En juin 2002, les autorités israeliennes qui menaient une opération de fouille des maisons à Hébron arrêtèrent Fawzi Ayub, un agent du hezbollah né au Liban, qui était entré dans les territoires avec un faux passeport américain au début de l’intifadah.(12) Sans que ce soit une coincidence, l’arrestation eut lieu à peu près en même temps que la découverte à Hébron d’un type de mine qui avait été utilisé auparavant par le hezbollah au Liban. (13) De fait, les spécialistes en explosif du hezbollah ont formé les membres du hamas à maximaliser la force de destruction de leurs bombes. Pour l’attaque suicide meurtrière de Pessah 2002, qui avait tué 29 personnes au Park Hotel de Natanya – le Hamas fit appel à un « expert du hezbollah pour la construction d’une bombe super-puissante. » (14)
 
Le Hezbollah a aussi utilisé les Brigades du Retour pour étendre ses capacités internationales. A la mi-2003, les forces israeliennes arrêtèrent Ghulam Mahmud Qawqa, un membre à la fois des Marthyrs d’El Aqsa du Fatah et des Brigades du Retour, pour son rôle dans plusieurs attaques à la bombe à Jérusalem dans l’intifadah d’al Aqsa. Selon les informations découverrtes après son arrestation, Qawqa avait aussi organisé des attaques contre des intérêts israëliens en Europe et en Asie pour le compte du Hezbollah. Fin 2002, Qawqa chargea une femme libanaise qu’il connut en Allemagne de photographier l’amabassade israelienne à Berlin depuis des angles différents pour organiser une attaque. (15) A peu près au même moment, un de ses amis jordaniens, employé en Chine, aida Qawqa à organiser son voyage par la Jordanie pour assassiner Yitzhak Shelef, l’ambassadeur d’Israel en Chine. Qawqa avait aussi approché un agent du hezbollah pour qu’il l’aide dans mission, mais il fut arrêté avant de pouvoir faire ce voyage. (16)
 
Maintenant qu’il contrôle un réseau terroriste très significatif dans la bande de Gaza, le Hezbollah s’est établi comme agent actif destructeur du processus de paix du Moyen Orient. Il peut ainsi diriger directement des attaques terroristes si les groupes terroristes palestiniens décident de respecter un cessez-le-feu. Bien qu’Israël agisse pour miner le réseau terroriste du Hezbollah, l’arsenal de missile du hezbollah rend toute attauqe directe sur les camps du sud Liban une opération qui risque de coûter cher en vies humaines. En réponse à l’assassinat de Ali Hussein Saleh's , le Hezbollah bombarda le nord d’ Israel, tuant un jeune garçon.
L’attaque de Tsahal en Syrie constitue peut-être une alternative à des attaques au sud Liban. Nul doute qu’elle soulignait encore les liens existant entre Hezbollah et terroristes de Gaza, en désignant simultanément une option de résolution du problème : l’intervention syrienne contre le hezbollah.
 
 
 
 
 
 
(1)  "Suicide Bombings Expose Fragility of Cease-fire," Forward, 15 August 2003.
(2)  "Iranian Activities towards Inflaming the Palestinian Intifada," Israel Security Agency, December 2002 (author1s personal files)
(3)     Author interview with intelligence sources, September 2003.
(4)   "Iranian Activities towards Inflaming the Palesitinian Intifada," Israel Security Agency, December 2002 (author1s personal files).
(5)   Ibid.
(6)  "IRGC Intentions to Establish a Substitute Organization for the Palestinian Authority," Israel Security Agency, 12 October 2002.
(7)  Nicholas Blanford, "Al-Aqsa cells being funded and guided from Ain al-Hilweh," The Daily Star, 4 July 2003.
(8)  interview de Mathew A. Levit avec des sources de l’ intelligence, juillet 2003.
(9)  interview de Mathew A. Levit avec des sources de l’ intelligence, juillet 2003.
(10)               "IRGC Intentions to Establish a Substitute Organization for the Palestinian Authority," Israel Security Agency, 17 October 2002.
(11)               interview de Levit avec des sources d’ intelligence Juillet 2003.
(12)               "Hezbollah (part 1): Profile of the Lebanese Shiite Terrorist Organization of Global Reach Sponsored by Iran and Supported by Syria," Intelligence and Terrorism
Information Center at the Center for Special Studies, Israel, June 2003; and author interview with intelligence sources, July 2003.
(13)               James Bennet, "Israeli Killed As His Commandos Demolish West Bank House," The New York Times, 16 February 2002.
(14)               Molly Moore and John Ward Anderson, "Suicide Bombers Change Mideast's Military Balance," The Washington Post, 18 August 2002.
(15)               "Germany Surprised to Learn From Press of Plan to Kill Israeli Envoy," Spiegel Online (Hamburg), 3 January 2003, translated by BBC Worldwide Monitoring, 4 January 2003; "Hezbollah (part 1): Profile of the Lebanese Shiite Terrorist Organization of Global Reach Sponsored by Iran and Supported by Syria," Intelligence and Terrorism Information Center at the Center for Special Studies, Israel, June 2003; and author interview with intelligence sources, July 2003.
(16)               Ibid.
 

Une histoire d’enlèvement d’enfant, ça n’intéresse personne.

Une histoire d’enlèvement d’enfant, ça n’intéresse personne.
 

C’est l’histoire d’une mère arabe israèlienne dont l’ex-mari palestinien  incarcéré en Israël a tout de même réussi à faire enlever son fils âgé de 7 mois par son frère.
 Cette histoire dont aucun média ne veut parler pourtant,  révèle, on ne peut mieux ,les forces de pouvoir contradictoires qui agissent sur le terrain ainsi que  la volonté de l’autorité palestinienne de ne pas coopérer avec les services israéliens, même pour un drame humain

 

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Suzie et son fils H’arab, quelques semaines avant son enlèvement par son oncle Mohamed.
 
 

Suzie est une jeune Arabe israèlienne âgée de vingt ans. Il y a un peu plus d’un an, elle rencontre à la  bibliothèque un jeune homme dont elle tombe éperdument amoureuse. Il est Palestinien. Il est aujourd’hui reconnu que beaucoup de jeunes Palestiniens tentent de rencontrer de jeunes Arabes israèliennes pour les épouser et exiger ensuite une carte d’identité israèlienne au nom de la loi sur la réunion des familles. Mais Aïman est beau, et très vite, Suzie l’épouse, bien qu’il ne lui réserve qu’une place de seconde épouse, étant déjà marié. Au bout de quelques mois, le beau rêve s’écroule. Dans ce couple que rapprochait la langue, tout semble bientôt être une cause de discorde. Suzie réalise qu’on peut être de deux mondes très différents tout en parlant la même langue. Elle décide d’entamer une procédure de divorce. Comme la procédure religieuse est très longue, elle opte pour le divorce civil, à l’instar de la plupart des Arabes israèliens qui divorcent, le divorce religieux enterrinant souvent plusieurs mois plus tard le divorce civil. Trois mois se sont déjà écoulés depuis leur séparation .
 Suzie a obtenu du juge arabe israèlien la garde de son fils, qui a tout juste 7 mois au moment de la séparation.
Aïman, entre-temps, a pris des positions politiques contre Israël.
Tsahal, ayant trouvé des armes chez lui, l’incarcère à Nazareth.
De sa prison, où, comme dans toutes les prisons du monde, on trouve parfois des arrangements avec la loi, Aïman appelle Suzie,d’un téléphone portable, à plusieurs reprises, et la menace.
Suzie s’adresse alors à la prison israèlienne, et leur demande de retirer le portable en possession de son ex-époux. Rien n’y fait. Il garde son portable, et appelle Suzie tous les jours, la harcelant de menaces et d’injures.

Il décide un jour de commanditer l’enlèvement de son fils en se servant de ce même téléphone portable.
Il joint son frère, Mohamed, et lui suggère un plan que celui-ci va mettre à éxécution.
Les grands-parents appellent Suzie, et invoquant leur droit de visite, lui demande de leur laisser le petit H’arab quelques heures, car, disent-ils « ils se languissent du petit garçon qu’ils n’ont pas vu depuis déjà trois mois ».
Suzie se laisse attendrir, et de toute façon les grands parents ayant un droit de visite, elle se voit contrainte de prendre en compte leur requête. Suzie part pour Ramalah, convient de faire quelques courses et de reprendre son fils au retour. Lorsqu’elle revient, H’arab a disparu. Les grands-parents sont sortis, et lorsqu’elle joint sa belle-mère sur son portable, celle-ci lui déclare que Mohamed est venu sur l’ordre de son frère emporter l’enfant.
Suzie est effondrée. Elle se rend immédiatement au poste de police de Ramalah, où le sergent chef Abu Slah lui répond de le rappeller le soir, puis, lorsqu’elle appelle le même soir, lui déclare qu’il ne lui parlera le lendemain, répétant son petit jeu tous les jours sans que rien ne soit tenté pour retrouver l’enfant.
Suzie se rend alors à la D.C.O. du côté israèlien, l’organe de coordination des affaires de sécurité israèlo-palestinien. Mais les Israèliens sont peu sensibles au cas d’une jeune Arabe, qui a de plus commis le mauvais choix ,consistant à épouser, même brièvement, un Palestinien. Ils la renvoient aux services de la sécurité intérieure palestinienne, le ministre Mohamad Dahlan alors en charge pour le gouvernement de Abou Mazen.
Suzie s’effondre un peu plus. Comment parviendra-t-elle, elle une jeune femme sans aucun pouvoir, à oser même appeler au téléphone un ministre ?
Un de ses amis lui recommande alors de venir me voir, en pensant que la présence d’une journaliste exercera une pression convaincante sur l’Autorité Palestinienne, qui n’aime pas la mauvaise publicité.

Lorsque je reçois Suzie et que j’entends son drame, lorsque je vois pleurer cette jeune femme désarmée et isolée, je suis bien entendue à peu près sûre que d’une seule chose,de ma propre impuissance à pouvoir changer son destin. Je décide malgré tout, de tout tenter pour ne pas la laisser isolée, désespérée dans cet isolement autant que de la perte de son bébé.
J’imagine quelques instants l’adresse que je devrais utiliser, le ton à prendre, puis je prends mon téléphone, et tendue à mon tour, j’appelle Mohamad Dahlan. Je ne suis pas plus importante à ses yeux que Suzie, mais au fond, il m’est sans doute plus facile de défendre le cas de Suzie qu’ elle même. Je me présente. J’invoque la compassion vis-à-vis du cas de cette jeune femme, vis-à-vis de qui je n’ai pas plus de lien qu’eux-mêmes, ces fonctionnaires d’un ministère. J’invoque aussi le fait qu’il vaudrait mieux pour cet enfant qu’il soit rapidement retrouver, car il est à un âge où un enfant séparé de sa mère, et privé de relation affective — il n’est plus avec ses grands-parents— développe des formes grave d’hospitalisme.
J’invoque comme dernier argument que je n’écrirai rien pour l’instant, que je ne préviendrais pas les télévisions européennes, mais que j’attends du côté palestinien de résoudre dans le même apolitisme ce problème humain…

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Leila, à gauche, en présence d’une représentante israèlienne au Sommet des femmes et leaders religieux pour la paix, Genève octobre 2002
 On me passe alors au téléphone une jeune femme, dont je reconnais immédiatement la voix, car je l’ai rencontrée, à Genève, dans une conférence internationale des femmes pour la paix. Elle représentait l’Autorité Palestinienne, et je représentais Israël. Je lui dis son nom, suit on silence de stupeur : « Comment connaissez-vous mon nom ? » « Nous nous sommes rencontrées à Genève, au sommet pour la paix…  Eh bien nous allons voir si nous pouvons agir de concert pour résoudre un problème humain, sans le politiser ! … »
Leila, c’est son prénom, une fois la surprise passée, aquiesce aux termes étranges de ce marché. Dès la fin du premier après-midi, elle me tient au courant de ses démarches… « J’ai appellé sur le portable d’Abu Salah, mais ce n’est pas facile… le ministre m’a donnée les pleins pouvoirs en cette affaire, mais c’est un monde d’hommes… Tu sais, ici, ils n’ont pas l’habitude de recevoir des ordres d’une femme… Enfin je vais tout faire pour résoudre ce problème… j’appelle Suzie… »
Le lendemain, Leila n’a toujours pas pû retrouver H’arab. Elle m’annonce que les choses sont plus compliquées, et qu’elle doit se rendre elle même à Ramalah, parler en tête à tête avec le chef de la police, avec la famille du kidnappeur, et tenter de résoudre les choses à l’amiable.
Le troisième jour, Leila m’appelle… « Je vais te faire une confidence… Nous (l’Autorité Palestinienne) avons un bureau à Ramalah, nous avons un titre, un nom, mais nous n’avons pas de pouvoir ! Il faut que je procède par conciliation ! La police, c’est Jibril Rajoub qui la contrôlait, et maintenant, il n’est plus au gouvernement, alors à part Arafat !… » Petit à petit, Leila dévoile un système de pouvoirs concommittants et concurents, que seul Arafat contrôle, ( j’ajouterais, grâce à l’ argent des différents services qui transitent tous par lui  et uniquement par lui).
Plusieurs jours s’écoulent, et Leila se bat, en vain. Elle découvre enfin que la police, proche de la grande famille du mari de Suzie, ne veut pas arrêter Mohamed, le kidnappeur, qui circule librement en voiture à Ramalah, les baffles de sa radio hurlant de la musique, qui déclare quant à lui qu’il est roi à Ramalah et que personne ne l’arrêtera. Puis Leila explique, au bout de deux semaines de vaines tentatives, que la police, en définitive, ne veut pas arrêter Mohamaed, le frère d’Aïman, bien qu’ils aient la preuve de sa culpabilité, parce que Mohamed est recherché par les forces israèliennes, et que s’ils l’arrêtent pour un enlèvement, Ils seront contraints de le livrer à Israèl, ce qu’ils ne veulent absolument pas faire… La politique a encore rejoint le drame individuel…
Suzie, a tout tenté, s’est engagée,vis –à-vis de sa belle-famille à ne pas sortir du pays avec son fils sans leur autorisation, qui a respecté la loi sous toutes ses formes, et qui, chaque soir, attend les appels de tous ces services, en vain, et qui, chaque nuit, pleure parce que son fils lui manque.

Suzie à bout de force décide d’agir en enlevant elle aussi l’enfant d’une voisine dans l’espoir de pouvoir faire un échange avec le sien.

Au bout de trois semaines, Suzie décide d’agir. Elle se rend à Ramalah, décidée à retrouver son fils, seule. Sa belle-mère lui donne un rendez-vous et prétend lui ramener son fils… Et voilà qu’elle lui amène le fils de sa voisine, âgé de six ans ! Suzie est furieuse. Elle comprend qu’on se moque délibérément d’elle. Elle annonce que puisque c’est ainsi, elle emportera cet enfant jusqu’à ce qu’on lui rende son propre fils… Le petit garçon de six ans, qui est très calme et qui ne comprend pas trop ce qui se passe vient volontiers avec elle, comme pour un nouveau jeu. Suzie l’interroge en lui montrant des photos de son fils : « Tu as déjà vu ce petit garçon ? » « Bien-sûr, je joue tous les jours avec lui, il est chez nous ! » Suzie est abasourdie : « Tu es sûr ?décris le moi » « Il ne parle pas beaucoup. Il commence à marcher, et il répète seulement ‘maman ‘ ».
Suzie est persuadée que c’est là son fils. Effectivement il ne sait que quelques mots, il titube encore quand il marche, c‘est bien Hah’ab ! 
La D.C.O. apprend très vite que Suzie a enlevé un enfant à son tour. Les Israèliens ne plaisantent pas avec ce qui relève de leur juridiction. Ils arrêtent Suzie et sa sœur, alors que le petit garçon est caché dans leur famille. On convient alors d’un accord. Le côté palestinien arrêtera la voisine, et Suzie sera relâchée lorsqu’elle aura rendu l’enfant kiddnappé. Malheureusement Suzie, qui a obéit, est bien relâchée, mais on ne lui rend pas son propre fils, car la voisine de sa belle-famille a été relâchée du côté palestinien dès que Suzie a rendu l’enfant.

Un mois s’est écoulé depuis que Suzie a perdu son fils, qu’il lui a été enlevé. Presque deux à présent. CNN, la BBC, France2 Télévision m’ont répondu que les sujets des femmes/Arabes-Israèliennes et les histoires d’enfants enlevés n’intéressaient personne dans ce conflit. Finalement, on ne filme les droits des femmes ou des enfants qu’une fois par an, lors des congrès qui en débattent. En dehors de cela, qui s’intéresse encore à ces histoires d’un autre âge…

Yona Dureau

La situation des homosexuels côté palestinien

La situation des homosexuels côté palestinien
 
Dans l’émission Hashifa de juin 2003, la télévision israëlienne présenta une enquête menée par Saïd Kadifi, « Sahidim o lamout », « devenir shaïd ou mourir ».  Le reporteur interviewa des homosexuels palestiniens qui avaient été aidés par l’association homosexuelle de Tel Aviv. Nous avons traduit et retranscrit le texte de cette émission qui est assez significative d’une situation de violation des droits de l’homme.
 
Ashraf, un homosexuel palestinien, vit depuis deux ans à Tel-Aviv.
« Si j’étais rentré à Gaza, j’étais mort. Je n’ai rien à faire là-bas. »
Dans les territoires palestiniens, poursuit l’enquêteur, on considère et on présente les homosexuels comme des collaborateurs.  Pour mettre en garde les homosexuels et les collaborateurs éventuels avec Israël, la télévision palestinienne diffuse des images des corps des ‘collaborateurs’, exécutés sommairement, torturés auparavant pour la
Les brigades d’exécutions, cagoulées, partent souvent en expédition ensuite pour liquider les homosexuels, que les territoires palestiniens définissent comme des ‘profanateurs de l’honneur de la patrie’.
 
Le second homosexuel palestinien, toujours anonyme, continue :
« Ils sont venus chez moi le soir. Ils m’ont mis un révolver sur la tempe, et m’ont dit ‘tais-toi ou tu es mort’. Ils m’ont emmené à Ramalah, où ils m’ont roué de coups, et ils m’ont torturé, comme ‘assied-toi sur la bouteille’, ‘sur la bouteille ?’ ‘assied toi sur la bouteille !’. Puis il y avait une baignoire pleine d’eau froide, c’est tout, rien à manger pendant trois jours. Ils m’ont battu, me laissant pour mort. Tsahal m’a trouvé alors. Je ne tenais pas debout. Ils m’ont emmené à l’hôpital où j’ai été soigné. »
 
Les jeunes homosexuels palestiniens cherchent refuge et protection auprès de l’association des homosexuels à Tel Aviv. Celle-ci témoigne : « Nous évaluons à 300 le nombre de palestiniens qui ont pû s’enfuir. La plupart se cache dans des villages, ou dans des villes ‘mixtes’, comme Jaffa ou Tel Aviv. Les Tanzims leur donnent le choix entre se tuer par un attentat suicide, ou mourir. On cherche parfois aussi à en faire des agents doubles…
 
Ashraf témoigne : « On m’a dit, deviens shahid, ou meurs tout de suite. J’ai refusé. Beaucoup de Juifs me connaissent. Ils savent que je ne suis pas un retardé de ce type pour faire ce genre de choses… Je leur ai dit que je préférais mourir… 
On m’a dit souvent. Reviens, laisse les Juifs, reviens. Mais les Juifs m’ont permis de vivre. Je reste avec eux. »
-« Que se passera-t-il si tu rentres ? »
« Rien, je mourrai. »
 
Paras Kadoura, ministre Palestinien, interrogé par Yohanan Ranaan sur la situation des homosexuels palestiniens, a répondu en parlant de leur « maladie sociale ». Pour lui, s’ils se sont enfuis, c’est parce qu’ils sont des collaborateurs avec Israël.
Il ajoute : « Il n’y a pas d’homosexuels chez nous, car nous sommes une société traditionnelle. Ces jeunes gens ont été exploités par le shabak (service secret) israèlien, et c’est pour ça qu’ils sont partis. Ils peuvent revenir. Les familles seront très heureuses de pouvoir accueillir à nouveau leurs proches.
-« Est-il vrai qu’ils doivent être rééduqués par les mosquées ? »
« Si c’est le cas c’est très bien, nous ne leur avons pas demandé, mais qu’elles sles rééduquent, c’est une bonne chose. »