Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Les dernières manoeuvres politiques de M. Ehud Barak

Yona Dureau. Les dernières manoeuvres politiques de M. Ehud Barak

La dernière stratégie de M. Ehud Barak consiste à présent à exiger de M. Clinton de faire une déclaration officielle engageant les trois partis en présence, (les USA, Israël, et les Palestiniens)à respecter des points de principes présentés comme l'aboutissement des négociations au terme du mandat du président américain et du premier ministre israëlien, principes auxquels ne pourraient déroger leurs successeurs politiques. Cette stratégie, nous l'avons déjà énoncé, est un procédé anti-démocratique de la part d'un premier ministre démissionnaire en minorité à la knesset. Le Professeur Avinéri, de l'Université Hébraïque, a démontré de plus qu'une telle déclaration de principes contraindrait moralement la nation à élire le candidat s'engageant à appliquer ces principes, c'est-à-dire Ehud Barak, ce qui biaiserait une fois de plus le jeu démocratique, cette fois-ci au niveau des élections.
Cette déclaration de principes est préoccupante selon deux plans, le premier concernant les plans américains pour la mise en place des principes, et le second concernant les propositions à nouveau excessives du côté israëlien.

Les solutions américaines:
Le président américain quant à lui a déclaré qu'il envisageait les options suivantes:
1) Une conférence internationale à laquelle participeraient les parties concernées, mais aussi l'Union européene, la Russie, les nations Unies, et les principaux pays arabes. Cette conférence serait chargée de mettre au point un document fixant l'état et la continuation des négociations vers un statut final.
2) Une déclaration présidentielle américaine qui ne serait que verbale. _ On s'étonne de cette précaution oratoire quant on connait par ailleurs la valeur performatrice des paroles d'un chef d'état: le président américain considèrerait-il que toute déclaration orale de sa part n'a qu'une portée limitée?
Cette déclaration aurait lieu en présence de Yasser Arafat et de Ehud Barak ou alternativement en leur absence. Le ministère des affaires étrangères américain préférerait la présence de ces derniers de manière à formaliser leur acquiescement et à enteriner ainsi cette déclaration et son application.
3) Un sommet, rendant publique la dite déclaration, soit sous la forme d'une conférence internationale, soit sous la forme d'une rencontre tri-partite. Un tel sommet, comme dans le cas de la conférence envisagée en 1), mettrait Israël en minorité de fait face aux pays arabes, ce qui laisse présager des pressions puissantes opposées à ses intérêts.
Dans la situation actuelle, Barak a refusé de participer à un tel sommet avant que n'aient cessé les violences palestiniennes en Israël. Yasser Arafat quant à lui a accepté cette option.
3) La suspension du processus de paix si les différents entre les deux parties sont trop importants pour permettre aucune de ces options. Clinton laisserait alors des directives non officielles à l'administration Bush sur des voies pour continuer le processus de paix.

Les propositions israéliennes
Une source diplomatique élevée en Israël a déclaré que les représentants israëliens avaient proposé deux solutions alternatives au problème central du mont du Temple. Il s'agirait selon la première de confier le contrôle et la gestion de ce lieu sacré pour les deux religions à un autre pays, ou bien selon la deuxième, de le confier à une forec internationale.
Sans avoir pû bénéficer de plus de précisions de la part de cette source, nous pouvons cependant lire entre les lignes, et voir ressurgir l'un des points des accords de Peres avec le Vatican. Ces accords, qui avaient accordé à l'Eglise le droit de prosélytisme en Israël (en brisant le statut quo selon lequel il était interdit à toute religion de tenter de gagner à sa foi des pratiquants des deux autres), auraient aussi, selon le témoignage d'un rabbin consulté pour servir éventuellement d'intermédiaire avec les autorités papales, accordé au Vatican le futur contrôle de Jérusalem. Si le contrôle de la ville n'a pas encore été concédé, l'éventualité d'un contrôle du Vatican sur le Mont du temple semble se préciser sous les mots d'un "autre pays", les Etats Unis n'ayant jamais exprimé la moindre velléité à s'exposer à devenir un agent permanent d'ordre entre Israëliens et Palestiniens.
Cette option politique constitue, si elle est appliquée, une reddition religieuse extrémément grave, dans la mesure où elle représente aussi symboliquement un renoncement au Mont du Temple auprès d'un pouvoir idéologique qui a toujours vu dans la destruction du temple de Jérusalem et l'exil des Juifs le signe de la victoire de leur lecture de l'histoire.
L'autre option envisagée, soit le contrôle international sur le Mont du Temple est aussi alarmante. On a pû constater, pendant de nombreuses années, l'enthousiasme très limité des forces armées de la FINUL à défendre réellement Israël, leur action se limitant bien souvent à regarder les terroristes infiltrer Israël depuis la zone du Liban sous leur contrôle. On voit mal comment une telle force pourrait assurer la sécurité des priants du kotel, ou assurer que l'accord soit appliqué.

La seconde intifadah et les séismes internes de l'Autorité palestinienne

Yona Dureau: La seconde intifadah et les séismes internes de l'Autorité palestinienne

Selon la presse arabe actuelle et surtout selon l'analyse des mouvements libanais anti-syriens basés à New York, cette seconde intifadah ne serait pas le résultat fortuit d'une visite de Sharon au mont du Temple, ni même d'une décision mûrement réfléchie de Yasser Arafat de lancer un mouvement de révolte visant à faire pression sur le gouvernement israëlien.
On se rappelle que le mouvement prit son essor précisément au moment où Ehud Barak avait cédé sur tous les points aux demandes de Yasser Arafat, ce qui paradoxalement plaçait celui-ci dans la situation difficile vis-à-vis des plus extrémistes des mouvements armés palestiniens, en le forçant à accepter l'accord proposé et à avouer ainsi sa volonté de compromis et de paix, ou bien à renchérir sur ces demandes précédentes afin de les rendre impossibles, maintenant ainsi la coalition de forces différentes autour de lui en tant que chef politique de la revendication palestinienne.
Or le camp palestinien, réuni depuis l'intégration officielle en 1994 du Hamas dans l'armée palestinienne, et l'association d'une partie du Fatah dans les accords d'Oslo, s'est à nouveau divisé depuis quelques mois, avec l'apparition de chefs dissidents au sein du mouvement armé des Tanzim.
Il faut tout d'abord dénoncer le mythe établi selon lequel les Tanzim serait un mouvement opposé à Arafat, car les services de sécurité israëliens ont démontré récemment que tous les meurtres perpétrés par les Tanzim depuis deux ans en Israël l'ont été sur ordre d'Arafat. Arafat a donc joué de cette force armée comme il a joué du hamas, en prétendant à l'occasion ne pas pouvoir le contrôler pour faire pression sur les politiciens israëliens, tout en guidant ces groupes en sous-main et les alimentant en armes et en finances.
Néanmoins, les dernières concessions israëliennes en particulier sur Jérusalem, plaçait Yasser Arafat en porte-à-faux vis-à-vis de jeunes chefs Tanzim décidés à mener la guerre du Jihad jusqu'à complète conquête d'Israël.
La nouvelle intifadah serait, selon les mêmes sources arabes, un échec cuisant pour Arafat, car même si elle aboutit à confronter aux Israëliens une population désormais armée, elle ne réussit qu'à faire descendre dans la rue moins de 70% des participants de la première intifadah de 1986. Elle confirme ainsi une déperdition de pouvoir de Yasser Arafat qui devrait nous pousser à peser sa capacité réelle à conduire des négociations. Tout se passe comme si les accords actuels, entre un premier ministre démissionaire et un chef d'état vacillant menaçaient plus l'équilibre fragile de cette région qu'ils ne peuvent s'avérer efficaces.

Le Centre Peres pour la Paix, ou bien le Centre de la Paix, au nom de Peres?

Yona Dureau :Le Centre Peres pour la Paix, ou bien le Centre de la Paix, au nom de Peres?

L'ordre des mots a son importance, et il est étonnant que personne n'ait jamais réagi à l'ordre des mots du centre Peres pour la paix, ou tout simplement pour la présence incongrue du nom du créateur, du vivant de celui-ci, dans le titre de sa fondation. Peres, perpétuellement sûr de lui, a toujours commis des bévues qui laissaient transparaître son analyse inconsciente de la réalité des choses, mais son assurance devait sans doute toujours le porter à dédaigner les messages dont il parsemait ses discours. Deux mois après Oslo, il évoquait le processus de paix, assis sur un pédalo, interviewé en pleine action. Peres cherchait peut-être à créer une image sportive et détendue, mais ce faisant, il oubliait que le battement régulier des pales dans l'eau évoquait la formule toute faite hébraïque, "litron maïm": moudre de l'eau, soit l'équivalent approximatif de "pisser dans un violon". L'image était comique.
A la mort de Rabin, Peres se trahit encore en déclarant "Tu as toujours chanté faux, mon pauvre ami." Sans se soucier du fait que le verbe chanter a le même sens en hébreu qu'en français, et que l'aveu de la dissonance musicale en trahissait une autre.
Le centre Peres pour la paix s'annonce dès son titre comme un centre au bénéfice de Peres, et bien que l'orgueil de son créateur ait aussi trahi ses desseins, il a fallu un rapport du fisc pour que les malversations financières de Peres et du directeur du centre soient révèlées au grand jour. Alors que le centre se prétend "association à but non lucratif", ce qui signifie pour la loi israëlienne que 20% maximum des bénéfices du centre peuvent être utilisés par les fondateurs eux-mêmes, le centre Peres pour la paix adjuge à son créateur et à son bureau de direction 70% des bénéfices . En d'autres termes, ce centre, qui n'a pas à rougir de ses membres de bureau international (M. Lionel Jospin, M. Bernard Henry Lévy, et bien d'autres personalités célèbres), est en train de devenir la cause d'un scandale financier, auquel s'ajoute le détournement identique des fonds d'autres "amoutots", associations non lucratives, fondées par M. Peres: 8 millions de shekels ont été virés par le centre Peres à des associations "filles", en permettant ainsi une récupération plus discrète des fonds par Peres.
En bref, le centre Peres est un centre de détournement de fonds, aussi bien publics et israëliens, que privés et internationaux, et il faut espérer que ses membres d'honneur prendront la mesure du scandale pour éviter de se compromettre à leur tour.
L'affaire Peres suit de près l'affaire Weizman, et l'on comprend que les membres de la Knesset, qui avaient lu le rapport du fisc avant l'élection présidentielle, aient réagi par la prudence, afin d'éviter de soutenir un autre président corrompu.
Dons: 20, 026,930 shekels
Entrées par financement: 3,326,554 shekels
Sorties :
Salaires et administration: 6,266,640
activités culturelles: 2,499,496
recherches: 1,401,423
véhicule: 549,728
voyages à l'étranger: 741,439
Bureau : 808,966
communications: 377,474
formation: 87,316
salaire professionel 1,006,880
fraîs de bureau 166,992
impression et photocopies 109,321
congrès et événements 109,321
littérature professionelle 24,323
divers 123,937

Total= 14,441,837 sheskels

Le réarmement palestinien : la risée des accords d'Oslo

Yona Dureau Le réarmement palestinien : la risée des accords d'Oslo

 

Les accords d'Oslo de 1993 prévoyaient qu'une force de sécurité palestinienne serait mise en place, comprenant 15 OOO fusils et pistolets, 240 fusils mitraileurs, des véhicules blindés. Cette force de sécurité devait selon les textes se limiter à 9000 hommes.
En juin 1995, le ministre de la police intérieure Moshe Sharar dévoilait que les Palestiniens avaient alors à leur disposition 19 000 hommes, soit 10 000 hommes de plus que permis par les accords d'Oslo. le gouvernement israëlien commença à peu près simultanément à établir des bulletins de presse sur les violations palestiniennes des accords d'Oslo, et publia dans l'un de ces communiqués il y a deux ans que les Palestiniens avaient multiplié par dix le nombre originellement autorisé d'armes légères, selon les estimations des services de sécurité d'Israël.
Puis il y eut l'affaire des tunnels. Cinq tunnels de trois mètres de haut creusés par les Palestiniens entre la bande de Gaza et l'Egypte, découverts par Tsahal, furent explosés en présence de l'ambassadeur d'Egypte en 1997.
Le quotidien El Pais, qui avait à cette occasion interviewé anonymement un général de l'armée israëlienne rapportait ses parole "avec les missiles anti-chars qu'ils on maintenant, cela signfie qu'en cas d'émeute, il faudra envoyer le char Merkava à Gaza, car c'est le seul qui résistera, et le Merkhava à Gaza, ça va faire des dégats..."
Les Palestiniens ont en effet acquis des missiles anti-chars, des M-16, dont ils n'hésitèrent pas à se servir à Nablus contre les soldats israëliens protégant le tombeau de Joseph, des fusils égyptiens, des Kalashnikovs, et des armes de tout genre, récupérés depuis les conflits de 1930 jusqu'à nos jours, ou des armes modernes volées aux officiers de réserve israëliens, achetées auprès des soldats bédouins après leur service, fabriquées parfois dans des hangars de fortune à Gaza.
La BBC a révélé le 30.12.2000 que selon son enquête, les Palestiniens disposaient à présent de 42000 soldats armés et entraînés.
Toutes ces armes ne comptent pas celles que l'on pense avoir été entrées en contrebande par l'avion personnel de Yasser Arafat, vers lequel se précipite tout le personnel de sol de l'aéroport de Gaza à chaque atterissage, ni les armes lourdes pour lesquelles ont été construits les tunnels de 3 mètres de haut. Il faut en effet rappeller que le réarmement égyptien, qui s'est effectué simultanément sous l'égide américaine dépasse plusieurs milliards de dollars d'armes, dont il serait étonnant de ne pas retrouver trace de ce côté de la frontière.
Les armes légères, désormais innombrables, continuent d'entrer librement en Israël par des tunnels de taille d'homme, creusés depuis le salon de Pelstiniens vivant proche de la frontière égyptienne, et débouchant de l'autre côté de la frontière, en Egypte. Ces tunnels, et leurs percées, sont à présents incontrôlables, ainsi que témoigne un officier de l'armée israëlienne. Creusés à l'abri des regards, ils utilisent des futs vides de pétrole dont on a ôté les extrémités, et permettent un transit libre d'armes légères.
Ces armes, dit-on du côté des forces de sécurité israëliennes, sont stockées par Arafat pour faire face à une tentative de reprise de territoire par Israël.
La situation actuelle, qui laisse plutôt penser que la guerre éclatera de toute façon entre les deux partis, (pour des raisons tenant autant aux conflits internes de l'Autorité Palestinienne qu'aux velleités les plus extrémistes des Palestiniens pour qui seule la totalité d'Israël sera une part suffisante), esquisse une utilisation plus directe de cette artillerie en vue d'un conflit de guerilla contre tout Israël, où tout soldat piéton palestinien pourra tirer sur la population isarëlienne, alors que les armes lourdes contre-attaqueront à la defense militaire de Tsahal.
La réelle question qui demeure est donc de savoir s'il est souhaitable de diviser Jérusalem dans un tel contexte, en affaiblissant encore la position stratégique de cette ville désormais entourée de territoires sous contrôle palestinien.

Yona Dureau: L'assassinat de Binyamin et Taliah Kahana

Yona Dureau: L'assassinat de Binyamin et Taliah Kahana

 

Dix ans après l'assassinat à New York de Meïr Kahana, chef du mouvement extrèmiste Kahr, son fils Binyamin a été tué ce matin à 6h30 à heure israëlienne, ainsi que sa femme, par des tirs palestiniens.
On se souvient que les membres de la knesset avaient refusé de sièger avec Meïr Kahana après son élection en tant que député à la knesset, afin de marquer leur refus d'une doctrine qui avait été jugée raciste. Meïr Kahana prônait en effet le "transfert" (la déportation) des Arabes palestiniens vers la Jordanie, en soutenant son discours par le fait que la Jordanie comptait alors 70% de Palestiniens dans sa population. Ce chiffre, selon un récent décompte, atteindrait aujourd'hui 90%.
Meïr Kahana fut assassiné à New York il y a déjà dix ans, et son assassin fut gracié par un non-lieu par la cour américaine.
Le mouvement Kahr a été interdit en tant que parti politique en Israël il y a quatre ans, par un jugement de la cour suprême le condamnant comme mouvement raciste.
Depuis, le fils de Meïr Kahana continuaità diriger le mouvement du Kahr qui se voyait réduit à un groupe d'influence, puisqu'aucun avenir politique ne lui était plus possible.
Ce matin, après avoir déposé son fils aîné à sa yeshiva, Binyamin Kahana a donc été tué avec sa femme, ses cinq autres enfants souffrant de blessures dues à l'accident qui s'ensuivit.
Le gouvernement israëlien prétend ne pouvoir établir avec certitude que ce double meurtre ait été perpétué volontairement. Néanmoins, l'armée israëlienne a ensuite procédé à une attaque similaire contre la voiture de chefs du mouvement Tanzim, les tuant sur le coup. La coïncidence de l'enchaînement des deux événements parait peu probable, et confirme plutôt la thèse d'une réaction militaire visant à apaiser les membres du mouvement Kahr, mais aussi tout le groupe des Israëliens vivant dans les shtarim, attaqués quotidiennement par les tirs palestiniens, et se rendant quasi quotidiennement à des enterrements. Ceux-ci critiquent violemment une armée qui selon eux les défend mollement, répondant aux tirs par des lancers de grenades lacrimogènes, et condamnant les habitants des yishuvims à déménager ou à risquer leur vie à chaque traversée du feu nourri en voiture.
Le mouvement Kahr a officiellement menacé de procéder malgré tout à des vengences contre les Arabes palestiniens. On sait que ce mouvement avait tué trois Arabes palestiniens au ud de Hévron il y a déjà quatre ans, en représailles d'une attaque similaire palestinienne.
On peut donc s'attendre, dans la situation politique tendue règnant aujourd'hui en Israël, à une nouvelle escalade de violences, surtout dans la perspective actuelle de découpage de Jérusalem envisagé par le premier ministre Ehud Barak.

On tire et on photographie,on filme, on regarde et on pleure

On tire et on photographie,
on filme, on regarde et on pleure
Extrait d'un article de 'Hani Louz
Hatsofé, 10/11/2000
De manière à comprendre comment est composée l'image de la situation en Israël du point de vue des médias internationaux, voici quelques exemples que nous avons choisis sans difficulté ces jours derniers : Le Monde, important quotidien français, parle de 200 000 colons, dont 70 000 sont des « idéalistes extrémistes, dont le rôle est de susciter des complots provocateurs parmis les villageois palestiniens ». Ils sortent avec leurs armes, injurient et frappent. . Selon le même journal 130 000 parmi les colons sont venus à cause de la qualité de vie et ils sont disposés à repartir, si seulement on leur donnait de l'argent, même l'état d'Israël . Ainsi, chers lecteurs, c'est ce qu'on pouvait lire début de la semaine. Le grand hebdomadaire français L'Express a publié un grand article sur Israël, qui décrit la violence brutale de Tsahal face à l'intifada innocente, bref, des enfants innocents, face aux blindés menaçants. Le quotidien français La Croix expliquait au début de la guerre la signification du Mont du Temple. Ils y prétendaient qu'il n'y avait aucune preuve d'un lien quelconque de l'endroit avec les Juifs. Collaboraient à l'article trois coauteurs : Le Patriarche Catholique, un arabe nommé Sabbagh ainsi que deux intellectuels, l'un catholique d'origine européenne, l'autre politicien appartenant à l'appareil de l'Autorité palestinienne. .. .
David Badin, qui dirige l'agence de presse « Makor yisraeli » qui se trouve dans Beit Agron depuis le début de l'intifada de 1987, s'efforce de remplir le vide médiatique. Badin et d'autres reconnaissent eux aussi, douloureusement, que du côté arabe il existe une organisation bien fournie qui se charge de la propagande ( ou si on préfère, de l'information), alors que du côté israélien on est plus hésitant et en retard sur eux. En bref, notre système d'information est boiteux.
David Badin polycopie des bulletins de presse, diffuse de la matière aux journalistes étrangers, et les guide. Mais il lui est difficile de rivaliser avec la concurrence arabe, travaillant seul, financé par des dons, face à une organisation particulièrement solide. JMCC, le centre de communication et d'information de Jérusalem, sur la route de Sh'khem à Jérusalem, est le premier endroit que visite un nouveau correspondant. Les correspondants qui s'y présentent recevront un dossier de presse préparé et commode à utiliser, de l'information tapée en bon anglais, de bonne qualité, des rapports, des cartes et des photos, et articles rédigés et illustrés. S'ils veulent une visite personnelle à des endroits qui les intéressent, pas de problème. On organise tout, au frais du Raïs. Du côté israélien il y a Chalom akhchav ( La Paix maintenant) et le Gouch Chalom (Bloc de la paix). Eux aussi ont appris le travail d'alimenter le correspondant et ils le font avec énergie, sans attendre que le correspondant vienne à eux. Badin raconte qu'une correspondante arrivée la semaine dernière des Etats-Unis, juive sans doute, mais ignorant tout ce qui touche à Israël et au judaïsme.
« Chalom Akhchav lui dit qu'ils la prendront pour une visite des colonies juives », raconte-t-il. « Ils sont arrivés à des grottes dans la région d'Itamar, et lui ont montré que les colons habitent des grottes, et sortent tous les matins pour faire la chasse aux arabes innocents qui passent par-là par hasard ». Ainsi, selon Badin, est informée une nouvelle correspondante du sujet le plus sensible du Moyen-Orient ­ les implantations. Pour corser encore ils lui ont raconté que l'accompagnateur de Chalom akhchav était un officier de renseignements. Que peut faire une correspondante américaine innocente lorsqu'on étale, pour ainsi dire, des faits ? Ce même accompagnateur a affirmé à Badin que bien que les colons d'Itamar constituent une exception, ils font partie de l'ensemble. A la correspondante il les a présentés comme étant la norme.
« Lorsqu'elle est arrivée chez moi, je me suis assis avec elle plusieurs heures , je lui ai expliqué les faits et je l'ai invitée pour passer chabat dans ma maison à Efrat, dit Badin. Je lui ai aussi arrangé une rencontrer avec la famille de Esh-Kadosh, (soldat tué par les palestiniens), d'origine américaine. »
Il y a l'ignorance et il y a l'hostilité Mikhael Blum, journaliste indépendant, essaie de combler le vide créé sur la scène française. Blum travaille pour l'agence de presse française A.F.P., et il fait la liaison avec la chaîne FR3 en France. « Il ne fait aucun doute que les médias français sont hostiles à Israel et prennent pari pour le côté palestinien, et ceci ne date pas d'aujourd'hui, dit Blum. Le Quai d'Orsay a toujours été pro-arabe. Et donc, au niveau de la rédaction, on doit s'adapter. »
Blum attribue la partialité en faveur des arabes à deux facteurs principaux : le premier, c'est l'ignorance de tout ce qui se rattache au conflit arabo-israëlien, le second c'est de l'hostilité gratuite, souvent de l'antisémitisme.

« Face à cela il n'y a pas grand chose à faire, affirme Blum. Mais pour celui qui n'est pas hostile mais soufre seulement d'ignorance cela vaut la peine de faire des efforts pour lui. J'ai beaucoup de réunions avec des correspondants. Même pour un petit article je m'assoie des heures avec un journaliste. Je les invite à la maison, et je les emmène en tournées sur le terrain pour rencontrer des gens intéressants.
Avez-vous des relations de travail avec les implantations ?
Mikhael Blum : La plupart, oui. Il n'y a personne en charge pour travailler face aux médias français, et ça manque. Mais il y a d'excellentes relations de travail avec quelques personnalités parlant français, comme Mena'hem Gourari (Directeur général du conseil de Binyamin), et le Rav Chlomo Aviner, et bien sur aussi avec des francophones habitants les villages. Des fois on a l'impression que la communication avec les médias français est négligée comparée à celle en langue anglaise. Par exemple, on m'a demandé d'arranger une interview chez Natanyahou, il y déjà deux semaines que je l'ai demandée - il n'y a pas eu de réponse.
En tant qu'ancien de l'agence de presse française pouvez-vous affirmer que leur information est objective ?
« L'Agence France-Presse a des correspondants dans presque chaque ville de l'Autonome, y compris Gaza, où le correspondant travail en liaison avec Arafat. Lorsque la guerre a éclaté , le responsable y a été envoyé pour y diriger les affaires, mais les correspondants arabes savent comment le court-circuiter : ils envoient leurs informations directement de Gaza à Nicosie, où réside le bureau régional. Le directeur y est arabe, et il transmet les informations plus loin. Ainsi par exemple, a été diffusé l'information que c'est des « collaborateurs » qui tiraient de Beit-Jalla sur Guilo, pour que Tsahal puisse tirer sur Beit-Jalla avec des blindés. Même les plus gauchistes du bureau de Jérusalem ont sursauté devant un tel applomb. Le comble, c'est quand le côté palestinien a démenti l'information, car cela diminue l'image de marque des Tanzim. Je vais vous raconter une histoire à propos de l'objectivité : Au moment du tir à Artis , lorsque Zeev Liebeskind a été accusé d'avoir tué un palestinien, un reporter palestinien a été envoyé pour enquêter dans la petite ville de Doura el Kra près de Beit-El, pendant que j'enquêtais à Beit-El. Après avoir remis mon rapport, l'agence m'a informé qu'elle cessait de travailler avec moi, car je n'étais pas assez objectif. Mon collègue arabe, au contraire, réussit, et il travaille à Nicosie à poste fixe.

Un jour, un poste à plein temps de correspondant s'est libéré. J'ai soumis ma candidature à l'agence française, mais je n'ai même pas été invité à un premier entretien. Selon eux, parce que je respecte le repos chabatique, je ne peux pas travailler selon leurs critères.
Votre travail porte-t-il des fruits ?
« On ne peut rien faire contre l'hostilité. Si l'article parvient pour la publication à des rédacteurs hostiles, tous les efforts sont perdus. J'essaie seulement de limiter les dégâts, et parfois il y a des résultats. Ainsi par exemple, le correspondant permanent du Monde en Israël avec lequel je me trouve en bons termes, était très en colère contre l'article qui faisait état de provocations quotidiennes de colons. Il m'a dit qu'il fera un article équilibré et demandera à voir les preuves des accusations arabes. Jusqu'aujourd'hui, selon lui, il n'a vu aucune preuve, à l'exception un fait isolé çà et là, il est convaincu qu'il s'agit de propagande mensongère.
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Leah Rabin, une femme de duplicité

Leah Rabin, une femme de duplicité (Yona Dureau)

 

Suivant la coûtume et la polititesse de cour entretenue dans les milieux politiques et médiatiques, voilà que Leah rabin est encensée par la presse pour le seul mérite d'être passée de vie à trépas. Les portraits élogieux fleurissent jusque dans la bouche des pires adversaires politiques de son mari comme par exemple Shimon Peres, qui a toujours dû céder la première place à Ytshak Rabin pendant toute sa carrière politique. Ne le voilà-t-il pas en train de chercher des compliments pour qualifier une veuve qui n'a pas cessé de lui lancer des critiques acerbes..."C'était une lionne" a-t-il déclaré "elle s'est battu jusqu'au bout". Comme d'habitude, les paroles de Peres sont significatives et terriblement à double sens, car c'est là l'homme politique le plus gaffeur de toute l'arène politique israëlienne, si sûr de lui qu'il ne se méfie jamais de son inconscient. Leah était effectivement comme une lionne, à la dent prête à mordre, mordant souvent Peres, comme les hommes de droite.
Leah était une femme aussi ambivalent que le milieu politique israëlien, toujours sur la défensive, une lionne blessée depuis toujours.
En Israël, on connaissait l'alcoolisme de son mari, et les bruits couraient comme des évidences culturelles: Ytshak, disait-on, la battait. Qu'en était-il du bien fondé de ces accusations? Difficile de répondre car la vie privé des Rabin n'atteignait pas souvent l'objectif de la caméra. Toujours est-il que Leah fut toujours l'image de l'ambition doublée de l'ambivalence vis-à-vis de son époux.
Lorsqu'en 1974, Ytshak Rabin devient pour la première fois premier ministre, on peut considérer qu'il a réussi son ascencion, et qu'il peut enfin profiter de sa victoire. La paye d'un premier ministre est plus qu'honorable, Leah n'a plus de souci à se faire. Et voilà qu'il lui vient soudain une envie irrepressible de contredire grossièrement la loi, en ouvrant un compte en dollars à l'étranger. C'est là la faute la plus grossière qu'on puisse imaginer. Sous les feux des projecteurs, la femme du premier ministre contrevient à une des lois mises en place par son propre gouvernement ! Le résultat ne se fait pas attendre : Rabin, doit se retirer de la vie politique trois ans après sa réussite, et il devra rester hors du champ médiatique jusqu'à ce que ce scandale soit oublié.
A la mort de son époux, Léah, d'après le témoignage de sa fille Daliah-Philosoph (Haisha, 1999), téléphone depuis la place des rois à sa fille et lui déclare "Ne t'inquiéte pas, papa va bien, ils m'ont dit qu'il n'a rien et que c'est tout du bluff, ne crois pas ce que dit la télé, je t'expliquerai..." Léah est emmenée par les services de sécurité au siège du shin bet pendant plus de 45 minutes. Personne ne s'étonne qu'elle n'ait pas été amenée directement à l'hôpital Irlosorov où son mari est en train d'être soigné. Elle-même ne s'en est pas plainte. Dès l'annonce de la mort d'Ytshak Rabin, et alors que sa famille s'effondre devant le drame, elle tourne sa verve contre Bibi Natanayahou en l'accusant d'être à l'origine des affiches haineuses représentant Rabin avec un kefieh, ou alternativement, avec un casque nazi. Elle persistera dans son discours accusateur pendant des années, alors que l'origine des affiches aura été démontrée depuis longtemps : elles ont été faites par Avishai Raviv, agent du shin Beth au service du bureau du premier ministre...
La veuve éplorée assiste dès le lendemain à un concert donné à Paris en l'honneur de son défunt mari. Elle est maquillée, magnifiquement vêtue, la tête découverte : pour les Israëliens, celle qui s'est voilée pour rencontrer le pape et qui portait alors un chapeau s'avère incapable de respecter ne fut-ce que par une seule marque le souvenir de son mari, par un petit signe de deuil. Pour les Israëliens, elle a, ce soir-là, craché sur sa tombe...
Leah Rabin hérite, à la mort de son époux, d'un bureau, d'une secrétaire, d'une voiture de fonction, et d'un salaire de premier ministre. Le côté anomalique, c'est que rien, aucun vote, aucun discours de la knesset, n'est venu ponctuer ces rentes financières viagères, et que même si la chose peut sembler une marque de respect vis-à-vis de son époux, aucune loi n'ayant prévu ces circonstances, un vote aurait dû établir cette décision. L'opposition, par décence, ne dit rien...
Mais Leah ne s'arrête pas là. Elle cherche tout d'abord à pousser son fils dans la vie politique, en profitant de l'aura de marthyr d'Ytshak. Yoav n'a pas le charisme de son père, et la tentative échoue, après plusieurs maladresses politiques du fils...
La lionne pour qui le pouvoir n'a raison que lorsqu'il est dans ses mains, continue ses attaques. Natanyahou et la droite continuent de sublir ses accusations infondées, délirantes, mais sans pouvoir réagir, car un pacte lie la droite à la gauche sur l'affaire Rabin: la gauche n'utilise pas l'assassinat comme thème électoral, et la droite ne révèle pas ce qu'elle sait des dessous de l'affaire. La lionne frappe aussi de plus en plus la gauche. Il y a quatre semaines, elle déclare à la presse que Ehud Barak fait fausse route, et que Ytshak doit se retourner dans sa tombe, qu'il ne fallait pas tant faire de concessions...
Lorsqu'elle est brutalement hospitalisée, il y a deux semaines, la presse se tait et ne commente pas. Il aura fallu seulement deux semaines à Leah pour s'effondrer... Nul doute que son départ en libère plus d'un...

La question Gilo

La question de GiloYona Dureau: Limage33[1].gifes terrains de Gilo furent achetés avant la seconde guerre mondiale par un groupe d'avocats appellé Dov Yosef , (qui devint plus tard l'un des conseillers les plus importants de Ben Gurion), Zvi Schwartz, et Malka Shiff.
Lorsque les territoires de Gilo furent repris aux Jordaniens en 1967, ces terrains furent rendus à ces propriétaires. La route principale menant à Gilo porte encore le nomde Dov Yosef.
Du point de vue légal, Gilo est donc un terrain israëlien à 100%, puisqu'il a été pris à la Jordanie après agression par celle-ci, ce qui constitue en droit international un droit dit de conquête ou de guerre lors d'un combat de riposte.
Il est clair que les revendications palestiniennes sont fondées depuis le début des émeutes sur une remise en cause de la souvereineté israëlienne sur tout terrain aquis lors d'un conflit causé par une agression arabe, et c'est sur cette question que devrait porter le débat actuel.
L'autre débat soulevé de façon indirecte par ces émeutes est constitué par la question de la liaison trop souvent établie entre terrain acheté et terrain revendiqué politiquement. Cette dernière question ne doit pas être appliquée au cas de Gilo, appartenant de droit à Israël pour les raisons exposées. Néanmoins, il est important de l'aborder, en démêlant les problèmatiques différentes exposées dans les médias.
La première problématique concerne toutes les banlieues de Jérusalem, et il est clair que la bataille médiatique palestinienne actuelle va s'attaquer à toutes ces banlieues une à une, puisque Neve Yaakov subit actuellement des premières attaques. On mêle ainsi une contreverse touchant à l'expansion récente de Jérusalem sur des territoires encore récemment considérés comme "shtarim", zones achetées par des milliardaires en plein quartier arabe, et banlieues aquises à la commune de Jérusalem depuis la fondation de l'état.
La seconde question est une question beaucoup plus fondamentale, mais qu'il faut avoir le courage de poser dans les DEUX SENS: il s'agit de la liaison établie entre possession d'un terrain et revendication politique. Cette question n'a pas été traitée de front par les accords d'Oslo, et elle constitue une bombe à retardement qu'il s'agit de désamorcer. Si tout terrain possédé du point de vue commercial justifie une revendication politique de souvereineté, il est clair que dans dix ans ou moins, les Arabes de Galillée vont pouvoir réclamer à leur tour un état, ou l'annexion de cette partie du pays aux terrains de l'Autorité palestinienne.
Dans la perspective d'un après-conflit, que nous nous devons de poser afin de rester dans une optique constructive, il est vital de concevoir d'urgence trois types de statuts qui pourraient seuls assurer une stabilité et dissocier possession commerciale et statut politique. Il faut admettre la possibilité d'habiter en un lieu, d'être résident permanent d'un lieu, et citoyen d'un autre, afin de préserver d'une part les droits au maintien d'une propriété, sans mettre en danger la stabilité politique de ces même région. Seul un tel système permettra aux Juifs les plus religieux d'habiter des zones qui ont pour eux une valeur religieuse sans pour autant menacer une autonomie locale palestinienne. Seule cette déconnection entre terre et nation permettra à Israël de faire face au problème tabou de la démocratie arabe pour les dix prochaines années.

Communiqué de presse palestinien

Le communiqué palestinien concernant l'arrêt des violences, et promis par M. Yasser Arafat lors du sommet Sharm al-Sheikh, n'a pas été prononcé comme convenu par M. Yasser Arafat, qui a successivement refusé de prononcer ce discours à la télévision palestinienne, puis à la radio palestinienne, "la voix de Palestine".
Ce communiqué, qui appelle les Palestiniens à user de "moyens pacifiques" pour poursuivre leurs buts nationalistes, a été diffusé plus d'une heure après l'attentat à la bombe de Mahane Yehuda, à Jérusalem. Aucune mention ou condamnation de l'attentat ne fut faite, et les autres attentats récents ne furent pas non plus condamnés.
Le communiqué ne mentionna pas la nécessité de retenue des Palestiniens de tout conflit, mais procéda ensuite à une énumération des exigences palestiniennes vis-à-vis d'Israël, se laissant ainsi une "issue de sortie" justificatrice si Israël ne remplissait aucune de ces conditions exprimées unilatéralement.
Le communiqué mentionnait ensuite le point de vue palestinien selon lequel l'application palestinienne des accords de Sharm el Sheikh dépendait du retrait israëlien des toutes les zones palestiniennes, en particulier le retrait des chars israëliens loin des villes palestiniennes. Le communiqué exigeait aussi qu'Israël "contienne les gangs de colons qui ont continuellement commis des crimes contre notre peuple".

Ce communiqué fut lu à la radio par un journaliste deux heures plus tard que prévu.
Le porte parole palestinien, Yasser Abd-Rabbo, NabilAbu-Irdeineh, Ministre de l'Information, et le Ministre des Affaires Parlementaires Nabil 'Amr émaillèrent le temps laissé par ce retard d'avertissements énonçant que l'application palestinienne de cet accord "dépendait d'une cessation complète des aggressions contre notre peuple."

Ce communiqué poursuivait par une demande officielle de retour aux frontières de 1947 "préservant" le droit du retour des Palestiniens et l'établissement d'un état palestinien avec Jérusalem pour capitale, mais le sujet essentiel comprenait quatre paragraphes clés:

"L'Autorité palestinienne et le gouvernement d'Israël sont parvenus à un accord entre les deux parties afin d'appliquer les décisions de
Sharm
el-Sheikh telles qu'elles ont été présentées par la déclaration du Président Clinton et par le discours du Président Moubarak.

Le leadership palestinien toujours conscient de son désir de se conformer aux obligations mutuelles observera avec attention si la partie israëlienne applique les siennes, en ce qui concerne ses engagements de se retirer de ses zones d'occupations et de retirer ses unités militaires des zones habitées occupées après le 28 septembre, ainsi que de cesser les hostilités envers les fils innocents de notre peuple, et de lever tous les bouclages de territoires."
Le leadership palestinien considère la capacité israëlienne à contenir les gangs de colons qui ont commis des crimes contre notre peuple comme un élément fondamental dans la cessation de la violence et du terrorisme auxquels notre peuple a toujours été exposé.
Le leadership palestinien se tiendra toujours aux côtés de la nature populaire et pacifique de l'Intifada,... et appelle aux masses et aux foirces nationales à adhérer à cette position, à continuer des manifestations de masse et à s'exprimer tout en s'en tenant à des moyens pacifiques dans toutes ces voies..."

Le communiqué diffusé lors du bulletin d'informations de 4 heures fut suivi de ce qui constituait son programme normal depuis 4 semaines : émissions concernant le détail de la mport des martyrs (victimes des émeutes), compte-rendu des enterrements, le tout encadré par des chants patriotiques, islamiques, et chants de guerre. Le bulletin de 5 heures fut introduit par une chanson d'un père sur la mort de son fils, chanson composée sur la mort du petit Mohamad Dura
La chanson de la journée du 2 novembre fut la suivante:
"Sur le chemin d'Allah
Je donnerai ma vie,
Sur le chamin de Jérusalem,
O jusqu'à la mort"

Le point sur Jérusalem (accords d'Oslo II eme partie)

Yona Dureau: Le point sur... Jérusalem

 

La question de Jérusalem est au centre des revendications palestiniennes. Elle mérite à ce titre d'être traitée pour elle-même.

I. Un petit historique du statut de la ville des lumières

En 1947, l'ONU revendiquait le statut de ville internationale pour Jérusalem. Il est très important de préciser que ce statut n'était envisagé que comme période de transition, devant faciliter la création du foyer juif, et dans le contexte précis de tensions causées par une domination jordanienne sur les lieux saints.
De 1948 à 1967, le secteur oriental de Jérusalem est sous le contrôle du roi de Jordanie. Les pouvoirs musulmans interdisent alors aux Juifs l'accès au Kotel (Mur des "lamentations"). Ces mêmes pouvoirs ont laissé détruire des synagogues existant dans cette zone, et utiliser des pierres tombales du cimetière juif du Mont des Oliviers pour construire des latrines.

En 1967, une attaque jordanienne pousse Israël, entre autres manoeuvres, à répondre aux tirs émanant de Jérusalem Est, et à prendre la vieille ville. D'après les satuts légaux de la Convention de Genève, tout territoire conquis lors d'une bataille de défense contre une agression n'est pas considéré comme un territoire occupé, mais comme territoire aquis. D'après la loi internationale, Jérusalem Est est donc une partie indiscutable du territoire israëlien.

II. Les Accords D'Oslo 1
Les accords de paix, dits "Accords d'Oslo" se subdivisent en deux textes principaux . Le premier texte est un texte assez court qui marqua le terme des premières discussions de paix ("Oslo aleph", ou "Oslo 1")et qui porte sur tous les principes selon lesquels la paix devra s'établir ("Declaration of Principles on Interim Self-Government Arrangements") et que devra respecter le texte plus précis des accords d'interim dits "Oslo Beth" (Oslo 2).
Les accords d'Oslo 1 déclarent donc par la vois d'Ytashak Rabin" comme principe fondamental de tous les accords à venir le caractère "indivisible et éternel de Jérusalem capitale d'Israël".
Ce texte d'accords fondamentaux a été signé par M. Arafat au nom du peuple palestinien, comme accord préalable sur la base même de toute négociation.

III. Les Accords d'Oslo 2
Les accords d'Oslo 2, beaucoup plus étendus, sont donc théoriquement à lire selon ce principe fondamental, ce qui nous autorise à considérer que toute formulation ambigüe contradictoire avec ce principe fondamental n'est pas à entendre dans un sens contradictoire, mais à rétablir dans sa formulation.
1. Jérusalem est officiellement exclue des zones où des policiers palestiniens en civil ou non sont placés en faction.
2. Jérusalem est formellement exclue des zones de responsabilité politique ou autre de l'Autorité palestinienne.
3. Néanmoins, l'article II.3 du Chapitre Idans le cadre des élections palestiniennes de la bande de Gaza, s'emploie à résoudre le cas des Palestiniens vivant à Jérusalem, et permet l'organisation d'élections palestiniennes à Jérusalem, ce qui peut porter à confusion.
4. Plus grave, l'article XVII.1.a du chapitre III, peut laisser entendre par une formulation maladroite, que le statut de Jérusalem va être débattu, alors que la question de son statut n'est pas remise en cause:
"In accordance with the DOP, the jurisdiction of the Council will cover West Bank and Gaza strip as a single territorial unit, except for:
a. issues that will be negociated in the permanent status negociations: Jerusalem, settlements, specified military locations, Palestinian refugees, borders, foreign relations and Israelis; and
b. powers and responsabilities not transferred to the Council."
L'article en question vient préciser le fait que la juridiction palestinienne ne portera pas sur Jérusalem. Mais simultanément, la formulation énonce que Jérusalem, exclue de cette juridiction, fera partie des "questions" (issues) débattues lors des négociations de statut permanent, ce qui laisse entendre, sans être dit, et répétons le, par le biais d'un ordre du jour mêlant maladroitement Jérusalem à d'autres questions, que le statut de Jérusalem va être discuté.

 

En d'autres termes, Jérusalem n'a jamais été présentée par les accords d'Oslo comme devant changer de statut. Néanmoins l'ordre du jour l'a mêlé à des questions épineuses, comme des zones dont le statut devait être discuté, comme les implantations, ce qui a permis un glissement, et une manipulation politique de cette question par les Palestiniens. Rappellons cependant que les Accords d'Oslo sont gouvernés par la déclaration des pricinpes fondamentaux, et que M. Arafat a contresigné ce document, s'engageant ainsi à respecter ces principes.