Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Le financement de la paix au proche Orient, et le détournement des bonnes intentions.

 Le financement de la paix au proche Orient, et le détournement des bonnes intentions

Tout le monde sait que l'Union européene a pris la décision de soutenir le processus de paix au Moyen Orient. Rares sont ceux qui connaissent les modalités de l'application de cette décision.

Il faut suivre l'information régulièrement pour recevoir par bribes des détails de cette application. C'est ainsi qu'on apprend d'un discours présidentiel français que la France paye les fraîs de la télévision palestinienne. C'est en enquêtant en Israêl, qu'on découvre que la Hollande finance une part de l'éducation palestinienne.

Or ces deux pays ne savent visiblement pas la façon dont leurs fonds sont gérés, et dans quelles mesures cette aide est utilisée ou non à bon escient. C'est à croire qu'aucun suivi n'a été mis en place avec cette aide, aucun contrôle établi pour s'assurer qu'une aide pour la paix aille effectivement dans le sens de la paix.

En ce qui concerne la France et son aide particulière vis-à-vis d'un média essentiel dans une partie du monde où l'analphabétisme a fait de la télévision l'équivalent moderne du chef ou de l'ancien du village énonçant la vérité, il nous est apparu vital de rappeller ici des éléments connus des Israêliens mais pas encore assez des Européens.

La télévision palestinienne, que l'on peut capter dans de nombreuses parties d'Israël diffuse des programmes anti-juifs, anti-israëliens, et révisionistes de l'histoire ancienne, dont le but avoué est de nier tout droit et toute légitimité à la présence des Juifs au Moyen Orient. Ces programmes se font au vu et au su du Vatican, présent au Moyen Orient par l'intermédiaire de ses représentants pontificaux, mais aussi au nez et à la barbe de tous les pays européens présents par leur ambassade en Israël.

On y apprend, par exemple, que les fouilles diverses ayant eu lieu dans tout le pays, n'ont abouti à trouver aucune preuve d'une présence ancienne juive. Le Mont du Temple de Jérusalem n'a jamais été le mont du Temple, de sorte que les Juifs n'ont rien à faire à Jérusalem. Les Hébreux n'ont pas vécu en Judée ou en Samarie, ni même en Israël, mais au Yemen, d'où le nom de la tribu de Binyamin, selon un éminent professeur palestinien, qui signifierait, fils du Yemen. Et puis d'ailleurs, les Hébreux n'étaient pas juifs, ils étaient une tribu arabe parmi tant d'autres, ce qui montre bien que les Juifs n'ont rien à faire en Israël. Une autre émission dirigée par un éminent historien palestinien nous apprend que le personnage appellé Abraham dans la Bible n'aurait rien à voir avec son homologue du Coran. Quant au fait qu'Abraham achète une tombe pour Sarah à Hébron aux fils de Hor, il faut comprendre que c'est là la preuve historique que Hébro n'appartient pas aux Juifs, mais à ces ancêtres des Palestiniens.

On ne mentionne pas, bien sûr, l'hypothèse historique faite pas des historiens occidentaux que les Palestiniens seraient eux-mêmes des "Philistins" (Plishtim) d'origine, installés sur les côtes, et ayant profité de l'invasion romaine et de la déportation des Juifs pour s'installer dans le pays. On est en pur pan-arabisme primitif, à l'état brut, sans une pincée d'auto-critique.

Une autre émission exalte comme "marthyrs" les auteurs d'attentats contre les autobus ou les écoles israëliennes, et propose sous forme de Quizz avec des prix alléchants en monnaie trébuchante une vérification de l'apprentissage systématique des informations par les enfants. Enfin, les bulletins d'information se font fort de montrer les camps d'été des enfants où le maniement des armes et les exercices militaires sont enseignés depuis longtemps et n'ont plus de secret pour ces enfants dont la plupart n'ont pas encore dix ans...

Tout cela serait normal si nous étions en période de guerre, et si la télévision palestinienne était financée par l'autorité palestinienne. Libre alors à chacun de dire ce qu'il souhaite. Le problème commence dans un contexte où l'autorité palestinienne s'est engagée par les traités du processus de paix, et de façon répétée (à Oslo, Madrid, Hébron, Wye), à condamner et empêcher toute incitation à la violence, à la guerre, et à la haine de l'autre parti, c'est-à-dire des Juifs et des Palestiniens. Le problème se complique si l'on conidère que la France finance cette télévision dans la perspective du processus de paix, et non dans un processus de guerre, et qu'elle n'exige pas un changement de cette propagande de haine.

Le problème s'amplifie si l'on considère le comportement ambigü d'hommes politiques israëliens de tout bord, qui ferment les yeux sur ces phénomènes en les considérant comme négligeables, alors que l'aducation pour la paix ne peut se faire sans corriger les souces mêmes de l'information.

Dans la même optique contradictoire, la Hollande, pays pacificque et proche d'Israël s'il en est, a placé à la tête du responsable de sa délégation à l'éducation dans les territoires palestiniens un Palestinien, et non un Hollandais, ce qui ne poserait aucun problème si les accords de non-incitation à la violence étaient respectés. Les Palestiniens ont en effet abandonné les manuels scolaires en arabe dont s'étaient servis les Israëliens pendat des années, et qui n'étaient que les anciens manuels jordaniens expurgés de la haine raciale anti-juive. Les Palestiniens ont repris les aciens manuels jordaniens en ajoutant des passages de leur propore compisition qui en font des manuels de haine et d'appren tissage de la violence. Yasser Arafat a dû promettre à Bill Clinton il y a presque un an de remanier ces manuels, mais rien ne s'est passé. Et lorsque David Bedien, journaliste à Jérusalem, a voulu alerter les responsable hollandais délégué à l'éducation palestinienne, il s'est trouvé nez-à-nez avec un Palestinien qui lui a ri au nez.

La Hollande ferait bien de se rappeller qu'elle a déjà causé le malheur des Juifs bien involontairement dans le passé. La Hollande était un pays si ordonné que le registres policiers d'enregistrement de la population portaient non seulement les adresses personelles, mais les lieux de travail, et les personnes à contacter si les personnes recherchées n'étaient à aucun des lieux mentionnés sur les registres. Lorsque les Allemands décidèrent de déporter les Juifs hollandais, il leur suffit de se saisir de ces registres parfaits, et les rafles effectuées dans ce pays furent parmi les plus meurtrières de toute l'Europe.

La Hollande cherche à favoriser la paix, et elle a cru bien faire en mettant en place un personnel d'origine palestinienne pour effectuer les mesures décidées au parlement européen. La France a cru favoriser la paix en finançant la télévision palestinienne. Le résultat pourrait bien être à nouveau une perversion de la bonne volonté originelle en violence et en destruction: on n'enseigne jamais la haine sans qu'elle finisse par s'épancher par la violence.

Alliance vous propose donc de participer à une double pétition sur ces points qui sera remise aux gouvernements français et hollandais. Nous exigeons un contrôle des médias palestiniens par l'Europe pour une stricte application des accords de paix, et une correction immédiate des manuels scolaires palestiniens ainsi que Yasser Arafat s'y est engagé sans effet depuis un an.

Un docteur nazi relaxé pour la deuxième fois

Un docteur nazi, accusé d'avoir tué les enfants sous sa garde relaxé pour la deuxième fois

Le Dr Heinrich Gross était un jeune docteur nazi travaillant à la clinique fameurse Spiegelgrund, à Vienne, pendant la seconde guerre mondiale. Cette clinique était spécialisée dans les soins pour les handicappés physiques et les délinquents, deux catégories étrangement mêlées, et dont la présence simultanée en un même lieu permit à ce jeune nazi de multiplier son oeuvre de destruction. "Lorsqu'il entrait dans une cour, le silence tombait comme une chappe de plomb, se rappelle un des survivants de la clinique."

Le scandale éclatant atuellement à Vienne, consiste en la suspension "indéfinie" du procès pour la deuxième fois, après 30 minnutes de témoignages médicaux et 5 minutes de délibération. La cause de cette suspension du jugement équivalant à une amnistie est officiellement l'état de santé mentale du nazi concerné, qui paraisait amorphe et abattu pendant tout le procès, et que se releva avec un sourire adressé au juge à l'annonce du verdict. A première lecture, on est tenté de penser que cette amnistie est due au gouvernement composé du parti d'extrème droite actuellement au pouvoir en Autriche. Le problème est loin d'être aussi simple, car il s'agit là du deuxième jugement de ce cas, et si Gross a été protégé en Autriche, c'est depuis plus de trente ans, et par toute l'intelligentsia du pays comme par les gouvernements successifs et plus libéraux que le gouvernement actuel. Gross fut traîné une première fois devant les tribunaux en 1950, mais jugé selon la loi allemande, puisque l'Autriche était considéré comme un pays occupé pendant la guerre. La loi allemande considérant le meurtre d'enfant handicappés mentaux non pas comme un meurtre jusqu'à très récemment, gross fut acquitté. Il fit une carrière brillante, et devint mèdecin pédiatre spécialiste en neurologie, se joignant au parti socialiste, puis devenant expert médical auprès de la cour jusqu'en 1997. C'est à cette date qu'un article médical révéla enfin les roigines de sa "bibliothèque de cerveaux". Le Ministère autrichien de la Justice lança une enquête, et un examen des tissus cervicaux en question révéla la présence de poison, une preuve matérielle que les enfants avaient été assassinés.

Gross n'a pas été condamné parce que l'Autriche se sent coupable des méfaits d'une clinique ouvertement euthanasique où Gross ne constituait qu'un maillon dans la machine infernale. Gross nie les faits et prétend actuellement ne pas se souvenir de quoi que ce soit, mais peut importe son état de santé sénile, car il serait moins sénile, si les autorités ne l'avaient pas laissé vieillir en paix. Condamné et recherché pour ses crimes de guerre, la justice devrait à présent le condamner sur des faits et non en fonction de sa capacité à les reconnaître. Faut-il rappler qu'il avait euthanasié des handicappés mentaux sans guère se soucier de leur capacité à comprendre ce qui leur advenait? Les survivants s'estiment floués et doublement vaincus par Gross et le gouvernement.

Il nous semble qu'un autre point est entré en collision avec la justice, et qui a inversé l'ordre logique de son application.

Gross avait en effet constitué des réserves de tissus humains, et en particulier de cerveaux, à l'instar de l'Université de mèdecine de Berlin et de grandes universités du Reich, qui n'ont remis ces dépouilles aux services d'inhumation juifs il n'y a que quatre ans. Ces réserves ont permis au Docteur de continuer ses recherches après la guerre, et de faire des découvertes qui mettent actuellement tous les dirigeants mal à l'aise. Reconnaître les monstruosités perpétrées par Gross reviendrait à rconnaître officiellement les sources de ces tissus qui ont en définitive profité à toute la recherche autrichienne moderne et actuelle. Tout le monde s'est en quelque sorte nourri du meurtre anthropophage, et on préfère aquitter le monstre plutôt que d'avoir à débattre de l'utiliation des restes de ses victimes.

Il nous semble qu'un tel débat ne doit pas être évacué, qu'il est nécessaire d'admettre les progrès scientifiques effectués, sans pour autant admettre la façon dont ils ont eu lieu. Il est temps à présent de faire justice, d'enterrer dignement ces restes, et de condamner le bourreau. Une pétition internationale serait nécessaire, mais émanant de toutes les organisations humanitaires puisque les victimes n'étaient pas seulement juives, afin que le gouvernement autrichien actuel, qui prétend ne pas porter main forte aux néo-nazis, fasse la preuve de se bonne foi et condamne enfin le bourreau de Spiegelgrund, clinique euthanasique d'"enfants aux traits orientaux", (je cite ici Gross), mais aussi d'handicappés physiques et mentaux, et de délinquents.

Le crâne d'Hitler à Moscou

Le crâne d'Hitler exposé à Moscou

Une exposition officielle expose actuellement à Moscou la partie supérieure du crâne d'Hitler, où figure encore le trou de la balle qui l'aurait perforé. Les organisateurs de l'exposition ont déclaré avoir en leur possession d'autres parties du squelette d'Hitler, qu'ils n'ont pas exposées car elles étaient trop fragiles.

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Hitler, on le sait,s'était réfugié dans son bunker à Berlin, et devant la chute imminente de la ville aux mains des troupes russes, se serait donné la mort avec Eva Braun, après avoir procédé à une cérémonie de mariage avec elle. Les sources historiques ont jusqu'ici suivi la version donnée par son biographe Werner Messer et fondée sur le rapport de l'aide de camp de Hitler, qui avait déclaré avoir reçu l'ordre de brûler les corps de Hitler et Eva Braun une fois le suicide accompli, le 30 avril 1945. Les sources russes ont toujoours affirmé avoir trouvé les deux corps avant que l'aide de camp n'ait eu le temps d'accomplir sa sinistre mission. Ce n'est qu'en 1993 cependant que le gouvernement russe déclara encore posséder ces restes. Selon la directrice de l'exposition Elia Borketvits, "il ne reste plus aucun doute sur l'authenticité de cette dépouille". Les responsables russes n'ont cependant pas précisé si les examens de véification de ces restes avaient compris des examens d'ADN.

Cette nouvelle remettant en cause la version officielle de la mort d'Hitler fondée sur le témoignage de son aide de camp remet en cause l'ensemble du rapport de celui-ci. En effet, si les faits sont faux quant à la destruction du corps du dictateur, on peut se demander si le reste de ce rapport était conforme à la vérité historique, ou constituait une version "commanditée". La deuxième question posée par cette affaire concerne l'identité du commanditaire d'une version fausse. On conçoit mal pourquoi Hitler aurait souhaiter cacher ces circonstances, ou quels pouvaient être les buts des alliés dans une telle requête, sinon peut-être dans le but d'empêcher un culte post-mortem de la dépouille d'Hitler.

D'un autre côté, l'intérêt d'une réécriture de l'histoire par les Russes n'est pas plus claire, car la possession du corps de Hitler n'ajoute rien au fait que Berlin ait été prise par les troupes russes. On peut donc conclure que les sources russes sont vraisemblablement justes, et que les alliés ont réécrit l'histoire dans le souci d'effacer toute trace du tyran, mais on souhaiterait que d'autres analyses soient faites et publiées, justifiant alors une nouvelle vérification historique des derniers jours du Reich.

Les questions qui se posent à propos du crâne et de la dépouille d'Hitler ne sont pas sans remettre en question l'histoire officielle confiée par les troupes alliées après la guerre autant que celle écrite par les historiens sur des témoignages qui n'étaient maleureusement plus fondés sur des preuves.

Ainsi, on sait à présent que les Américains autant que les alliés, tout en affirmant officiellement avoir organisé le procès nazi le plus important du siècle à Nüremberg, avaient mis en place des filières de sauvetage des savants nazis afin de profiter de leur avancée technique dans toutes sortes de domaines.

Les Russes comme les Américains donnèrent ainsi l'asil à des savants qui leur permirent, avec leur connaissance des fusées V2, de développer la course à l'espace, et la fusée Arianne, dont la France est si fière a elle aussi bénéficié de l'aide de tels "réfugiés".

Le mensonge possible concernant les derniers jours d'Hitler est donc problématique. Si la dépouille d'Hilter n'a pas été consummée par les flammes, on est en droit de même douter de son suicide. Et si quelqu'un avait intérêt à élaborer le mythe de cet auto-da-Fé, ne pouvait-on avoir le même intérêt à cacher son emprisonnement? Comment conciler l'image du dictateur mégalomane, qui ne se résignait pas à reconnaître la chute du Reich, la défaite militaire, avec celle d'un homme se suicidant?

Par ailleurs, la thèse que nous avons évoquée, selon laquelle la version officielle du corps brûlé permettait de nier au dictateur toute sépulture, et d'empêcher ainsi toute forme de pélérinage, est tout aussi problématique dans ses conséquences que l'effet recherché. Sans sépulture, Hitler devenait un mythe. Et comment concilier cette version avec le fait que le bunker d'Hitler à Berlin, fut lui conservé, et se voit transformé aujourd'hui en boite de nuit, dont on mesurer sans difficulté la dimension morbide, mais aussi la récupération de cette dimension de pélérinage dans une Allemagne où fleurit la théorie néo-nazie.

Simultanément l'exposition russe met à jour plus d'interrogations que de réponses. Que signifie l'exposition d'ossements? Les Russes ont donc enterré, puis déterré Hitler, car on les imagine mal procédant à la technique moyen-âgeuse consistant à faire bouillir les corps pour les désosser. S'ils souhaitaient conserver le corps d'Hitler, pourquoi l'avoir enterré, et ne pas l'avoir embaumé, comme celui de Lénine, comme trophée de guerre? S'ils souhaitaient l'enterrer, pourquoi l'avoir déterré, et surtout actuellement.

L'acte est pour le moins ambivalent, et l'une des hypothèses que nous avançons est que l'absence même de commentaire ou d'explication accompagnant cette macabre exposition permet au gouvernement russe actuel de laisser les groupes néo-fasciste russes interpréter l'exposition de cette dépouille dans le sens qu'ils souhaitent, voire de la vénérer. on sait que ces groupes posent un probème grave à l'actuelle Russie qui ne parvient pas à les contrôler. Exposer la dépouille d'Hitler permet certainement à Poutine de se poser implicitement comme un rival efficace des candidats néo-nazis au pouvoir. Le crâne d'Hitler n'est plus le symbole de la dénonciation du pouvoir nazi et de ses horreurs. Il pourrait bien être devenu la bannière glorieuse de réunion des extrèmistes russes.

Filière orthodoxe de sauvetage des juifs pendant la seconde guerre mondiale

           Filière ortodoxe de sauvetage des Juifs pendant la                           seconde  guerre mondiale:

              une nouvelle polémique historique voit le jour

 

Un nouveau Livre met en lumière les efforts des chefs communautaires américains pendant la seconde guerre mondiale.

The Response of Orthodox Jewry in the United States to the Holocaust: the Activities of the Vaad ha-hatsala rescue Committee, (1939-1945) publié par la yeshiva universitaire Press and Ktav Publishing House, est un livre d'étude historique fondé sur des rapports, des correspondances privées, et d'autres métériaux d'archives écrit par M. Zuroff, le directeur du bureau de Jérusalem du centre Simon Wiesenthal.
Dans ce livre, l'auteur décrit comment des rabbins orthodoxes américains, dès le début de la seconde guerre mondiale, avait mis en place un réseau permettant aux érudits juifs de s'échapper de l'Europe sous contrôle nazi. Le livre cause actuellement un scandale, ar il révèle simultanément que ce réseau ne s'est préoccupé que de ces érudits, en abandonnant à leur sort les autres juifs, et ce jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.
Le réseau de "sauvetage", en hébreu "vaad haatsala" s'est dévoué pour sauver des rabbins et des étudiants de yeshivot européens. Zuroff accuse cette organisation d'avoir procédé à des choix d'esprit paroissial et obsessionel. Il reconnait que leurs ressources et leur fondations étaient très faibles, mettant l'organisation du Vaad dans une situation à la fois de dépendance et de concurence vis-à-vis du Comité de distribution du Joint qui avait tendance à les considérer de haut. Le but recherché par le Vaad consistait à "ne pas laisser le sort des rabbins aux mains des dirigeants du Joint, dont la vision du monde et le style de vie différaient des leurs" commente Zuroff.
On peut effectivement concevoir que les organisations laïques juives, qui ont souvent accusé les orthodoxes d'avoir conseillé aux Juifs d'Europe de l'Est de rester dans ces pays menacés plutôt que de perdre leur a^me en Israël, n'auraient pas considéré comme une de leurs rpiorités de sauver ces rabbins orthodoxes. Le Joint, quant à lui, considéra à l'époque que l'organisation du Vaad constituait plus un poids et une gêne qu'une institution résolvant des probèmes.
Zuroff analyse de plus dans son livre comment et poruquoi, de 20 yeshivot, seule la yeshiva de Mir survécu intégralement, et comment les décisions prises par des géants de la Torah affectèrent le sort de nombreux adhérents de cette organisation.
Le livre de Zuroff a été attqué par David Kranzler, historien et auteur de plusieurs livres sur les réseaux de survie durant la shoah. Il affirme par exemple que "Les efforts des dirigeants orthodoxes étaient extraordianire si on les met en rapport strict avec leur pouvoir politique et économique de l'époque aux USA à l'époque, qui était très limité." Zuroff quant à lui, et détenteur d'un doctorat de l'Université hébraïque, a attaqué dans une revue de livre du American Jewish History le livre de Kanzler datant de 1987 The Brother's Blood: The Orthodox Jewish Response During the Holocaust"
Cette dimension personnelle de la querelle entre ces deux historiens nous pousse à être prudents quant aux conclusions sur ces études historiques. Zuroff semble particulièrement virulent et va jusqu'à affirmer que pour le groupe du Vaad, le sauvetage de Juifs érudits équivalait au sauvetage du peuple juif tout entier. Ceci est bien entendu en contradiction avec les commandements et les enseignements de base selon lesquels, sauver un être humain revient à sauver un monde, et bien que les querelles entre religieux et laïcs aient été très violentes en Europe de l'Est avant la seconde guerre mondiale, il faut sans doute nuancer l'analyse sans contraste proposée par Zuroff, car on imagine mal une telle contradiction si unaniment acceptée par des spécialistes de la Torah. Ces polémiques nous montrent aussi que la shoah reste encore une période pleine de questions encore non résolues que seul le temps nous permettr peut-être d'éclaircir.
de sauvetage des Juifs pendant la seconde guerre mondiale: une nouvelle polémique historique voit le jour

Un nouveau Livre met en lumière les efforts des chefs communautaires américains pendant la seconde guerre mondiale.

The Response of Orthodox Jewry in the United States to the Holocaust: the Activities of the Vaad ha-hatsala rescue Committee, (1939-1945) publié par la yeshiva universitaire Press and Ktav Publishing House, est un livre d'étude historique fondé sur des rapports, des correspondances privées, et d'autres métériaux d'archives écrit par M. Zuroff, le directeur du bureau de Jérusalem du centre Simon Wiesenthal.
Dans ce livre, l'auteur décrit comment des rabbins orthodoxes américains, dès le début de la seconde guerre mondiale, avait mis en place un réseau permettant aux érudits juifs de s'échapper de l'Europe sous contrôle nazi. Le livre cause actuellement un scandale, ar il révèle simultanément que ce réseau ne s'est préoccupé que de ces érudits, en abandonnant à leur sort les autres juifs, et ce jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.
Le réseau de "sauvetage", en hébreu "vaad haatsala" s'est dévoué pour sauver des rabbins et des étudiants de yeshivot européens. Zuroff accuse cette organisation d'avoir procédé à des choix d'esprit paroissial et obsessionel. Il reconnait que leurs ressources et leur fondations étaient très faibles, mettant l'organisation du Vaad dans une situation à la fois de dépendance et de concurence vis-à-vis du Comité de distribution du Joint qui avait tendance à les considérer de haut. Le but recherché par le Vaad consistait à "ne pas laisser le sort des rabbins aux mains des dirigeants du Joint, dont la vision du monde et le style de vie différaient des leurs" commente Zuroff.
On peut effectivement concevoir que les organisations laïques juives, qui ont souvent accusé les orthodoxes d'avoir conseillé aux Juifs d'Europe de l'Est de rester dans ces pays menacés plutôt que de perdre leur a^me en Israël, n'auraient pas considéré comme une de leurs rpiorités de sauver ces rabbins orthodoxes. Le Joint, quant à lui, considéra à l'époque que l'organisation du Vaad constituait plus un poids et une gêne qu'une institution résolvant des probèmes.
Zuroff analyse de plus dans son livre comment et poruquoi, de 20 yeshivot, seule la yeshiva de Mir survécu intégralement, et comment les décisions prises par des géants de la Torah affectèrent le sort de nombreux adhérents de cette organisation.
Le livre de Zuroff a été attqué par David Kranzler, historien et auteur de plusieurs livres sur les réseaux de survie durant la shoah. Il affirme par exemple que "Les efforts des dirigeants orthodoxes étaient extraordianire si on les met en rapport strict avec leur pouvoir politique et économique de l'époque aux USA à l'époque, qui était très limité." Zuroff quant à lui, et détenteur d'un doctorat de l'Université hébraïque, a attaqué dans une revue de livre du American Jewish History le livre de Kanzler datant de 1987 The Brother's Blood: The Orthodox Jewish Response During the Holocaust"
Cette dimension personnelle de la querelle entre ces deux historiens nous pousse à être prudents quant aux conclusions sur ces études historiques. Zuroff semble particulièrement virulent et va jusqu'à affirmer que pour le groupe du Vaad, le sauvetage de Juifs érudits équivalait au sauvetage du peuple juif tout entier. Ceci est bien entendu en contradiction avec les commandements et les enseignements de base selon lesquels, sauver un être humain revient à sauver un monde, et bien que les querelles entre religieux et laïcs aient été très violentes en Europe de l'Est avant la seconde guerre mondiale, il faut sans doute nuancer l'analyse sans contraste proposée par Zuroff, car on imagine mal une telle contradiction si unaniment acceptée par des spécialistes de la Torah. Ces polémiques nous montrent aussi que la shoah reste encore une période pleine de questions encore non résolues que seul le temps nous permettr peut-être d'éclaircir.

L'aide israëlienne à l'Ethiopie

                                           L'aide israëlienne à l'Ethiopie

La famine frappant l'Ethiopie est un nouveau fléau s'abattant sur cette terre d'Afrique. Israël a donc décidé de se porter à l'aide de ce pays, les liens entre les deux états n'ont cessé de se renforcer depuis le retour des Juifs éthipiens en Israël. On se rappelle que l'Ethiopie avait alors permis la mise en place de réseaux de secours et de rapatriement des falashas. Depuis l'installation des Juifs ethiopiens en Israël, Israël avait multiplié les relations d'aide et d'échange avec l'Ethiopie.

Deux avions de l'armée israëlienne ont livré à l'Ethiopie 30 tonnes de nourriture et de produits de première nécessité, et ont eu pour mission de s'assurer que cette aide était effectivement distribuée aux affamés. Les deux C-130 ont atterri après minuit Lundi dernier (c'est-à-dire mardi matin) et ont livré aux responsables du gouvernement éthiopien cette aide, selon le rapport de l'armée israëlienne. L'aide d'urgence était constituée de nourriture, de médicaments, et de couverture, tous issus des réserves de l'armée israëlienne. Quelques heures après l'atterissage, cette aide était déjà donnée aux affamés. Les officiels éthiopiens ont quant à eux présenté des remerciements aux militaires de l'armée israëlienne pour tout le peuple d'Israël, et au nom de toute l'Ethiopie. Les militaires israëliens ont tout juste eu le temps de rentrer en Israël pour passer la fête de clôture de Pessah dans leur famille.

La période de Pessah a donné une dimension symbolique mais aussi une forme particulière à cette aide. En effet, une question pratique s'était posée: devait-on ouvrir les hangars de nourriture hamets entreposée dans des entrepots scellés pour la fête de Pessh, ou devait-on livrer de la nourriture kasher-le-pessah? Le rabbinat de l'armée estima que les réserves kasher-le-pessah étaient si importantes que rien ne justifiait la transgression de la fermeture des entrepots hamets jusqu'à la fin de la fête. Les Ethiopiens ont donc reçu des aliments sélectionnés pour leur qualité alimentaire et leur richesse calorique, mais ausi des matsot de pessah, dont le symbole de délivrance peut faire sourire certains, mais qui est aussi un signe émouvant de libération et de sauvetage dans ces circonstances.

On peut donc admirer l'aide israëlienne dans cette nouvelle affaire qui ne fait pas la une des journeaux européens. Personne ne pourra donc targuer qu'il s'agit là d'une opération de propagande. Quant à l'absence de l'Europe, il est vrai que l'importance politique minime de l'Ethiopie ne justifie peut-être pas pour certains que l'on se préoccupe de son sort.

De Dérive en dérive : des sites virtuels aux délires bien réels

De Dérive en dérive : des sites virtuels aux délires bien réels

 

Jusque là les sites internets néo-nazis s'étaient contenté de fournir une propagande antisémite ou de proposer des jeux de réalités virtuelle où il était de bon ton de gazer des Juifs ou de les éliminer à la mitraillette de jeu vidéo. Devant l'absence de réaction générale semble-t-il, ces sites sont à présent passés à la deuxième phase de leur programme, celle de l'extermination bien réelle. Les craintes déjà formulées par notre site d'Alliance se sont donc malheureusement réalisées.

Le site néo-nazi en question, dont nous ne citerons pas le nom afin de lui éviter la publicité dont il se réjourait, propose dans la section de récréation "relax" la liste de tous les Juifs italiens, avec leur adresse, surmontée du titre "Qui souhaitez-vous tuer" (Who do you want to kill?). L'agence de presse italienne, AGI raapporte que le site appartient à un groupe, "Onore e Fedelta", qui a été identifié comme d'obédience néo-nazie.

Premier élément inquiétant : jusqu'à présent, il a été impossible de retracer la source d'informations de ce groupe, qui lui a permis d'obtenir la liste des Juifs italiens et leur adresse.

Deuxième élément inquiétant: cet événement a lieu dans un contexte de recrudescence d'attentats en Italie, qui font craindre une escalade de luttes entre néo-nazis et partisans de la république. En Novembre, une bombe a explosé dans le musée de la libération à Rome, qui se trouve situé dans un ancien quartier général SS, ce qui laisse à penser que les poseurs de bombe ont ainsi marqué leur désapprobation du lieu. Cette bombe fut suivie sept jours plus tard par le dépôt d'une autre bombe, qui fut découverte avant son explosion, devant un cinéma qui projetait un documentaire sur Adolf Eichman. Cette atmosphère évoque de façon sinistre les luttes entre chemises brunes et communistes dans l'Allemagne pré-nazie, et il est à craindre que de tels épisodes, s'ils se multipliaient, déstabiliseraient rapidement l'Italie.

Le troisième élément inquiétant de cet évenement consiste dans le silence coupable des médias. Il faut aller chercher volontairement des journeaux italiens, ou publiés en Italie (International herald Tribune, section "Italy") pour avoir un écho des faits : serions-nous en France dans un pays ayant décidément décidé de taire tous les attentats anti-juifs pour soutenir une politique pro-palestinienne? Quelle logique sinon, doit on sous-entendre à la non-information?

Enfin, il faut reconnaître l'apathie des médias juifs, et des communautés européenes, qui pourraient avoir un geste de solidarité, et demander au parlement européen une enquête systématique sur tous les sites incitant au meurtre. L'histoire nous l'a appris : toute indifférence vis-à-vis d'une autre communauté sera vite notre perte.

Interview d'un Iraquien sur la Guerre du Golfe

                            Interview d'un Iraquien sur la Guerre du Golfe

Alliance a interviewé pour vous un Iraquien, qui a tenu à tenir son identité cachée, mais qui a accepté d'évoquer pour nous la guerre du Golfe, côté iraquien. L'interview est brève, mais nous a paru importante, dans la mesure où elle redonne un visage humain au conflit. On s'aperçoit aussi, que comme dans tout conflit, les expériences des deux parties sont en miroir: alors que les Israëliens craignaient l'utilisation des armes chimiques à chaque envoi de scud, les Iraquiens vivaient la même angoisse après chacune de leur attaque, dans l'attente tendue d'une hypothètique riposte atomique israëlienne. D'autres aspects, mis en exergue par les médias européens comme par exemple le manque de tout, sont ici contredis. L'atmophère effervescente de soutien extatique à Saddam Hussein, mise en scène par CNN, est aussi relativisée par cette interview. L'extrème surveillance que subissent les Iraquiens est aussi évoquée ici, et explicite le silence de l'opposition pendant le conflit, mais aussi depuis.

Alliance: comment avez-vous vécu la guerre du Golfe en Irak?

X: J'étais à Bagdad. Plus d'électricité, plus d'eau, plus d'essence. Imaginez brusquement un pays d'où les voitures disparaissent progressivement.

Alliance: La guerre était une chose effrayante?

X : Je ne peux pas dire pas du tout, mais la vie était normale ou presque. On trouvait tout ce qu'il fallait pour vivre, on voyait ses amis. Le problème était qu'on n'avait plus de téléphone. Les lignes étaient coupées, on ne pouvait pas avoir de nouvelles de nos familles dans une autre ville. Certains ont quitté les grandes villes. Ce qui a fait peur à tout le monde, c'était la menace atomique. on savait que lorsque Sadam envoyait des bombes en Israël, et qu'il y avait un risque de réponse très forte, et même atomique.

Alliance: Comment est-ce que les gens ont compris que c'était un effort énorme pour Israël de ne pas riposter?

X: Lorsque les gens apprenaient chaque fois qu'Israël n'avait pas frappé, on était terriblement soulagé. Pas méprisants. Reconnaissants, vraiment. On avait peur d'une riposte atomique sur les villes. Beaucoup de gens ont quitté les grandes villes. Une grande partie de la population était furieuse contre Sadam, et pensait que c'était une bétise de frapper Israël, que ce pays n'avait rien à faire dans ce conflit, et que cela allait entraîner un conflit majeur. Nous avons été très reconnaissants qu'Israël ne bouge pas et nous étions conscients de cet effort.

Alliance: En Israël, on a présenté l'Irak comme soudée autour de Sadam dans ce conflit.

X: C'est faux, même les gens autour de Sadam étaient contre, et ne pouvaient rien faire.

Alliance: Comment ça se passe en Iraq en ce qui concerne la liberté d'expression, concrétement?

X: Si on ne connait pas bien les gens qui sont présents dans une réunion, une soirée, même à présent, on ne parle pas, c'est trop risqué. Il y a des policiers en civil partout. Il y a plusieurs sortes de police. Même les polices sont concues pour se surveiller les unes les autres. Mais je ne souhaite pas continuer cette interview, pour cette même raison. Je ne veux pas faire de politique, et j'ai peur pour ma famille. Tout ce que je veux à présent, c'est vivre en paix.

Petit rappel historique concernant les forces politiques en jeu dans le Moyen Orient

          Petit rappel historique concernant les forces politiques en jeu

                                              dans le Moyen Orient

Les journeaux actuels jouent avec le flou entourant les différents mouvements militants arabes dans la zone du Moyen Orient pour évoquer des dissenssions hypothètiques qui ne sont plus ou pour au contraire maquer des différences essentielles. Il nous est donc paru nécessaire de rappeller les différences entre les mouvements, ainsi que leur point de vue idéologique.

Le Hamas: c'est un mouvement islamiste extrémiste qui s'est constitué en force armée, et qui représentait un concurent principal de l'OLP avant le début des négociations entre Israël et l'OLP. Ces négociations ayant abouti à la constitution de l'Autorité palestinienne et aux accords d'Oslo I puis II, le Hamas s'est rallié à Arafat lors des accords de Washington. Il a été officiellement intégré à l'armée palestinienne par Yasser Arafat depuis 1994. Il est donc faux, et même tendencieux de présenter le Hamas comme une force divergeante que devrait conforter Arafat, ou qu'il ne contrôlerait plus dans le cas d'attentats.
l'OLP: organisation de Libération de la Palestine, a été officiellement dissous en tant qu'organisation terroriste lors de la constitution de l'Autorité Palestinienne. Toute utilisation du terme OLP en place et lieu de "Autorité Paestinienne" dans les médias arabes est donc tendencieuse, et exprime implicitement l'idée que la lutte armée n'est pas terminée.

Arafat: Il faut savoir que le nom d'Arafat n'est pas le nom réel de ce dirigeant, mais un nom choisi pour sa signification idéologique. Yasser Arafat se nomme de son vrai patronyme Abou Amar, et c'est sous ce nom que la plupart des louanges adressées par les chants populaires s'adressent au leader de l'Autorité palestinienne. Arafat est le nom du mont où Mohamed, dans le Coran, après avoir conclu une trève avec son ennemi, réunit ses troupes pour fondre sur lui.
Le terme officiel de "Président" de l'Autorité Palestinienne est lui aussi ambigü, dans la mesure où ce leader n'a pas été élu, et dans les faits, "head of the Palestinian Authority", utilisé par les accords d'Oslo, désigne la tête de l'Autorité Palestinienne, d'où notre choix du terme de leader pour le désigner. L'emploi du terme de "président" est problématique dans la mesure où il suggère une élection démocratique de ce leader.

Fatah: ce mouvement de lutte armée est un grand concurent du mouvement mené par Abou Amar. Le Fatah se scinda en deux lors des accords de Washington, une partie se ralliant à Yasser Arafat, et une partie refusant de reconnaître les accords d'Oslo. On constate que ce "détail" n'a jamais été discuté par ashington dans ses pressions multiples sur Israël, abouttisant à une occultation de cette opposition majeure et violente aux accords. La partie du Fatah opposée à l'Autorité palestinienne s'oppose à elle autant pour les termes des accords de paix que par visée politique, les négociations devant selon eux passer par leurs représentants.

Hisbollah: le terme désigne l'expression "parti de Dieu", et est une citation coranique. Le Hisbollah est constitué des opposants de principe à l'existance de l'Etat d'Israël, qui considèrent que la terre d'Israël doit être reconquise par l'Islam, et ne doit en aucun cas être partagée, la présence des Juifs étant elle-même une injure au plan divin. Cette opposition se fonde aussi sur des prophéties coraniques selon lesquelles, lorsque l'homme aura marché sur la lune et "lorsque les enfants d'Israël seront revenus sur leur terre", le temps de gloire de l'Islam sera terminé. On comprend dans cette perspective qu'il soit vital pour les extrémistes religieux de tout faire pour empêcher l'établissement de cet état des faits. Le Hizbollah s'est installé en majeure partie au sud-Liban, d'où il lui est possible de lancer des katiouchots sur le nord d'Israël, et d'où il espère reconquérir ce pays. La présence du Hizbollah au Sud-Liban est permise par leur soutien en sous-main par la Syrie, qui voit dans leur menace une pression exercée sur Israël devant lui permettre de prendre le Golan. La présence du Hizbollah au sud Liban a constitué jusqu'à aujourd'hui un des obstacles majeurs au retrait israëlien de cette zone.

L'armée du sud-Liban: cette armée est constituée de Libanais ayant décidé de se rallier à Israël. Elle est financée par Israël, et permet à Israël de contrôler une zone au-delà de la zone-tampon contrôlée par l'ONU entre le Liban et Israël, l'ONU s'étant montré incapable d'assurer la sécurité du Nord d'Israël ainsi que l'infiltration de terrorites. Cette armée sera démantéelée parallélement au retrait israëlien du sud -Liban, c'est -à-dire des troupes en faction en bordure de cette zone.

La littérature etles Arts : Ecriture des mythes judéo-chrétiens

             La Littérature et les Arts : écriture des mythes judéo-chrétiens

 

Yona Dureau (Université Jean Monnet; St Etienne) : Le mythe de la fin du monde et de l'Apocalypse.


I.
L'origine de l'expression de la "fin du monde" et l'élaboration du mythe
2.Les sources talmudiques : les deux voies possibles du destin du monde
3.La voie apocalyptique et le choix du monde de pensée chrétien
II.Le mythe de l'Apocalypse : tension ou mort de l'oeuvre
2.La Symphonie Fantastique, le Septième Sceau : danse macabre et fin du monde
L'Apocalypse et le meurtre symbolique des personnages
L'Apocalypse et le meurtre symbolique de l'auteur
b.Le renversement de l'écriture
L'élaboration d'une tension dramatique : Le mythe apocalyptique et la rédemption

Le mythe de la fin du monde naît d'une traduction problématique de deux termes de la Genèse associée à la version la plus pessimiste des avenirs possibles de l'humanité envisagés par le Talmud. On peut considérer que le mythe de la fin du monde est un mythe typiquement chrétien dans la mesure où il ne reflète pas l'eschatologie hébraïque d'origine. Le texte de la Révélation de l'apôtre Jean développe ensuite la vision messianique et eschatologique de ce mythe en associant ainsi de façon durable fin du monde, renversement des ordres de la normalité du monde humain, retour messianique et jugement divin. Ce mythe hante la création artistique, qu'elle soit littéraire, picturale, musicale, ou filmique.

Cet article se propose d'étudier ce mythe dans son origine et son élaboration, avant de considérer les sens ambivalents d'espoir et de peur, de destruction et de rédemption, d'ordre et de renversement qu'il porte en lui. Notre première partie étudiera ainsi l'origine du mythe et ses caractéristiques. Notre deuxième partie se concentrera sur l'utilisation du mythe dans la création artistique et son rôle moteur dans la dynamique de cette oeuvre. La dernière partie sera consacrée à l'étude de l'ambivalence de ce mythe de destruction qui reste associé à un principe de renouveau et de création.

I. L'origine de l'expression de la "fin du monde" et l'élaboration du mythe

1. La Genèse et l'histoire des hommes : l'erreur de traduction et l'élaboration du sens sur l'expression erronée.

L'expression originale "fin du monde" traduit alternativement deux expressions apparaissant dans les textes talmudiques discutant de la venue du messie : "aharit hayamim" et "ketz hamyamim". La tradition exégétique biblique convient de reprendre la première utilisation d'un mot dans la bible pour en comprendre les connotations et sens divers. Il est ici évident que l'expression "aharit hayamim" ("l'après des jours" littéralement) est construite sur l'expression "kets hayamim", et qu'il nous faut considérer la première occurence de "kets hayamim" pour comprendre celle de "aharit hayamim". Or l'expression "kets hayamim" est une expression figée qui ne peut se traduire en prenant séparément chacun des deux termes, et le sens de "kets" n'a signifié "fin" que selon un sens très dérivé, et en hébreu moderne. Sa première occurence apparaît dans le livre de la Genèse (chapitre IV, 3) à un moment qui ne désigne pas précisément la fin du monde mais plutôt le début de l'histoire de l'humanité. La traduction de Jacques Ier, qui est jusqu' aujourd'hui la plus proche du texte hébraïque, traduit à cet endroit l'expression "kets hayamim" par "process of days", le "processus des jours". Le "kets hayamim" désigne donc ce qui est de l'ordre de l'histoire humaine, d'une forme de préhistoire de l'humanité avant que l'homme ne concentre ses forces sur sa vraie destinée spirituelle et que ne commence la véritable histoire de l'humanité, après ces jours identiques les uns aux autres, "aharit hayamim" (Genèse 49:1) . L'avenir de l'humanité n'était donc pas, à l'origine, essentiellement condamné à la destruction.

2. Les sources talmudiques : les deux voies possibles du destin du monde

Le Talmud, dans les discussions liées à l'advenue des temps messianiques et du "aharit hayamim", envisage en fait deux issues bien distinctes. L'humanité parviendra à une reconnaissance de la divinité et de son caractère unique, et comprendra la complémentarité nécessaire d'Israël et des nations et leurs rôles, et la paix règnera sur terre. Dans le cas inverse, la guerre règnerait entre deux super-puissances, Gog et Magog, et un déluge de feu se répandrait sur le monde. La possibilité apocalyptique existe donc dans le Talmud, mais elle n'est pas présentée comme la seule issue possible. L'arrivée du messie doit même contribuer à éviter le désastre, non à le précipiter. Enfin, l'expression du "monde à venir" est à comprendre dans un sens de présent absolu de "monde qui vient", car d'une part il ne s'agit pas d'un futur, mais d'un présent, et d'autre part, le monde qui doit s'établir après le processus des jours est un monde d'où le temps est absent. L'humanité doit revenir au temps du jardin d'Eden, mais d'un jardin d'Eden conforme à la volonté divine. Ainsi, les arbres-fruits seront à nouveau fruits et non fruitiers, mais ces fruits seront éternellement mûrs, sans besoin du perfectionnement du mûrissement .

3. La voie apocalyptique et le choix du monde de pensée chrétien

En fait la voie apocalyptique catastrophique de la destinée de l'humanité ne se développa que tardivement et sous l'influence essentielle du texte de l'Apocalypse de Jean. L'Apocalypse signifie "le retournement" et, en effet, les temps messianiques selon le Talmud se caractériseraient par de nombreuses formes de mondes inversés. Les jeunes ne respecteraient plus les vieux, les juges ne jugeraient plus mais seraient jugés, la corruption règnerait. Le texte de la Révélation va associer à la notion de monde inversé une série d'images de souffrance, de torture, et de destruction, avec le retour de Jésus et le jugement des âmes. Philippe Aries a pu montrer que le jugement des âmes se confond progressivement avec le jugement dernier au Moyen Age et explique la peur de la Mort gagnant l'Europe à la fin du XVIe siècle. Il est possible de dire que cette confusion produisit aussi un choc en retour en mêlant indistinctement jugement dernier, jugement des âmes, Apocalypse et fin du monde à la notion même de mort. Ainsi le retour du messie, souhaité ardemment les premières décennies, puis les premiers siècles après la mort de Jésus, devint peu à peu un sentiment ambivalent puisque ce retour devait s'accompagner d'une destruction effrayante. Cette ambivalence se retrouve dans un processus dynamique de création et de destruction de l'oeuvre en train de se créer, que ce soit dans la représentation de la vie et de la mort dans l'oeuvre (survie et destruction), dans le rapport du monde humain au divin (résignation et lutte), dans le rapport du lecteur à l'oeuvre (fascination et rejet), comme dans le statut de l'auteur (spectateur et auteur, homme et dieu).

II. Le mythe de l'Apocalypse : tension ou mort de l'oeuvre

Le retour messianique est porteur d'espoir de justice et de rédemption. L'Apocalypse devient progressivement synonyme de mort et de destruction, objet d'horreur et de peur. L'Apocalypse devient ainsi un axe de la tension de l'oeuvre.


1. La lutte contre l'Apocalypse et l'inversion sémantique du divin


L'Apocalypse peut créer une tension dynamique dans une oeuvre de fiction. Elle focalise alors toutes les peurs les plus primitives de destruction. L'oeuvre se construit de façon assez classique comme une lutte contre les forces destructrices, et le héros parvient à sauver l'humanité, acquérant une dimension surhumaine. mais ce faisant, les forces divines de l'Apocalypse sont diabolisées.
Que l'on considère ainsi Independence Day, et l'on conviendra aisément de la ressemblance étonnante des nuages précédant les vaisseaux spatiaux des aliens avec les ciels enflammés des tableaux apocalyptiques de la Renaissance. Les aliens sont porteurs potentiels de destruction universelle et deviennent ainsi des êtres sublimés, mais qui doivent être combattus. Pourtant, dans une logique spirituelle, les porteurs de l'Apocalypse ne devraient pas être combattus mais accueillis. Malville, roman d'anticipation de Merle, envisage la destruction de l'humanité selon une interprétation moderne des fleuves de feu brûlant la corruption de Babylone : la centrale supersonique de Malville a explosé et le feu atomique a remplacé le feu divin. Le monde de quelques survivants abandonnés à leur sort semble bien dépourvu d'espoir messianique après la catastrophe, sinon dépourvu de divinité malgré leurs efforts pour garder une forme de spiritualité. Le Cinquième Cavalier, roman d'anticipation lui aussi se propose de lire des événements modernes selon le texte de l'Apocalypse. La tension du texte, qui s'établit ainsi dans un temps pré-apocalyptique, et non post-apocalyptique comme le précédent, se fonde donc sur une possibilité infime de l'homme, à son échelle, de combattre le divin, le temps divin, et la pré-destinée du monde. Le traitement moderne de l'Apocalypse permet donc l'expression détournée du combat de l'homme contre la divinité que présentent certains mythes grecs.

2. La Symphonie Fantastique, le Septième Sceau : danse macabre et fin du monde

Dans la Symphonie Fantastique, Hector Berlioz utilise au coeur du drame musical d'un amour malheureux pour une jeune fille le thème du Dies Irae, Dies Illa, issu de la messe, mais référant directement à l'Apocalypse en termes de punition : "Jour de colère que ce jour-là". Le thème est repris sur un rythme piqué puis à contre-temps, transformant le chant triste et solennel en une danse diabolique, bientôt connotée par la sonnerie de douze coups de cloche qui la transforme ainsi en une danse des morts. Mort individuelle ou collective, épidémique, évoquée par la transmission de la maladie liant par la main malades, vivants et morts. Le film de Bergman Le Septième Sceau, reprend de façon similaire la thématique de la maladie épidémique annoncée par le texte de la Révélation pour l'illustrer par une danse macabre finale où la mort ayant enfin rejoint le cavalier de l'Apocalypse, elle entraîne tous les hommes dans sa danse infernale. L'Apocalypse est, dans ces deux cas, une source de tension, d'angoisse, fondée sur des peurs primitives de mort individuelle et de peur de la maladie. La résignation qui suit la danse macabre dans la symphonie de Berlioz ou le film de Bergman n'est qu'une demi-résignation, celle du spectateur confronté à un destin, mais peu enclin à accepter le sort du personnage disparu sous ses yeux. Ainsi le destin collectif et imaginaire est devenu en quelques associations un destin individuel et inexorable. L'eschatologie atemporelle s'inscrit dans un réel si proche qu'elle suscite à la fois l'identification et le rejet, et par conséquent la fascination morbide. Il est certain que ces deux oeuvres artistiques ont le mérite de refléter ce que devait être la représentation imaginaire du Jugement dernier au Moyen Age, encore enclin à lire le monde comme un livre où s'inscrivaient les signes décrits par les textes, encore porté à ne voir dans la réalité que la mise en scène du sacré, parce que la difficulté quotidienne était déjà génératrice d'angoisse : "[La] panique va projeter les fidèles de l'ancienne religion dans une violence prophétique, violence qui les fera agir avec Dieu, dans Dieu ;[...]" (Denis Crouzet, Les Guerriers de Dieu) . La création artistique, en proposant une expression de ces craintes primaires, propose un sens au non-sens, une expression à l'inexprimable, une structure à ce qui apparaît comme un chaos. Cet apport permet d'expliquer, selon une autre perspective, l'ambivalence entre attraction et crainte du spectateur pour l'oeuvre inspirée par l'Apocalypse.

2. L'Apocalypse et le meurtre symbolique des personnages

Tout auteur, selon Shoshana Fehlman, procède à un meurtre rituel de ses personnages avec la fin du roman. L'Apocalypse contient le meurtre symbolique de l'ensemble, ou presque, des personnages. Ainsi, l'Apocalypse constitue un thème permettant non seulement de procéder à ce meurtre rituel et symbolique, mais de jouer sur l'horizon d'attente établi a priori par un intertexte annonçant cette destruction finale.

Dans Malville. les personnages hissés au statut de héros par leur survie au cataclysme sont ensuite décimés par des incidents dérisoires. Le chef de la colonie meurt ainsi d'une appendicite, parce que l'ordre de la société précédente a eu pour conséquence une répartition élitiste des connaissances vitales de l'humanité, désormais perdues. L'ordre divin est combattu, mais la société humaine n'en est pas pour autant grandie, et la fin des héros s'avère dérisoire, inutile. La tension de l'oeuvre s'exerce alors entre l'espoir et sa déception de voir les héros survivre malgré tout à un destin écrit d'avance. La destinée apocalyptique des personnages de Malville rejoint la tragédie grecque où l'homme se bat en vain contre un avenir préétablit.

Malville illustre ainsi la tentation de l'auteur de finir une oeuvre en en terminant avec ses personnages par un meurtre symbolique. Après que le thème de l'Apocalypse ait été abordé, les survivants ne bénéficient d'un sursis que pour ensuite connaître une fin comparable à celle du massacre final de Hamlet : l'Apocalypse est alors autant la fin prévue dans l'ordre divin que la conséquence de la bêtise humaine.

2. L'Apocalypse et le meurtre symbolique de l'auteur


L'Apocalypse serait une histoire qui se raconterait toute seule, une histoire déjà racontée dont le texte se réalise dans la réalité. L'ordre d'écriture et de lecture entre monde et fiction est donc symboliquement inversé et l'auteur disparaît derrière un texte suprême qui l'engloberait symboliquement. Ce faisant, l'auteur n'est plus qu'un conteur, et il est significatif que le narrateur de Malville soit un des survivants. La seule alternative possible est celle de la position de l'auteur omniscient, position que la langue anglaise qualifie sciemment de "god-like writer". Le regard de la caméra de Independence Day ou de Armageddon surplombe la scène des affaires humaines par des vues panoramiques, des plongées et contre-plongées qui donnent au spectateur le sentiment de participer à la contemplation de l'auteur démiurge. Le cadrage du Septième Sceau est plus subtile, mais nous sommes évidemment dans un "hors-cadre" qui permet une observation muette et passive semblable à celle à laquelle nous convie l'auteur démiurge. L'Apocalypse ne donne pas le sentiment d'un artifice de ce regard puisqu'elle en établit la condition. Le spectateur et l'auteur se situent imaginairement dans la position de spectateur, en renversant ainsi symboliquement une hiérarchie implicite de l'ordre de la lecture. L'auteur disparaît et meurt symboliquement dans le cataclysme qu'il décrit et qui le dépasse.

3. L'Apocalypse et l'ordre du renversement

a.Les mondes inversés et les périodes d'attente millénariste

Le thème du renversement de l'ordre des choses était présent, nous l'avons vu, dans l'évocation des temps messianiques dans le Talmud. Avec le développement de l'apocalyptique chrétienne, ce thème va se voir confondu avec celui de l'approche de la fin du monde, puisque les temps messianiques se confondent dans l'eschatologie chrétienne avec le jugement dernier et la fin du monde.
Ainsi, la fascination exercée à certaines époques par les mondes inversés, que ce soit dans les oeuvres littéraires ou dans les oeuvres iconographiques, peut s'expliquer par un développement implicite du thème de l'Apocalypse et par l'association elle aussi implicite du thème du retournement avec celui du jugement, de la justice . Le développement de cette thématique peut se lire dans une perspective historique comme une tentative de certaines époques politiquement ou religieusement troublées, pour réétablir du sens dans ce qui était perçu comme un bouleversement eschatologique, social, et psychologique. Lorsque la France subit les

guerres de religion et les affrontements entre plusieurs prétendants au trône, lorsque l'Angleterre est gouvernée par une reine et devient le théâtre d'affrontements religieux, les représentations de mondes inversés se multiplient, ainsi que les prédictions de fin du monde.
On peut émettre l'hypothèse que la dynamique du renversement établit au sein de l'oeuvre une tension dramatique anxiogène parce qu'incontrôlable et parce qu'elle engendre plusieurs directions sémantiques contradictoires. Simultanément ces contradictions constituent l'expression même de l'angoisse eschatologique qui pousse son auteur à écrire ou à peindre.
Dans l'exemple de monde inversé que nous avons reproduit ici, il est significatif que les renversements concernent essentiellement les ordres de l'autorité. L'homme n'a plus autorité sur la femme, ce qui constitue son cadre d'autorité intime, il ne domine plus le règne animal, ce qui constitue son cadre d'autorité plus général et naturel. Il est battu par ses enfants, ce qui constitue un retournement de l'ordre générationnel de la relation d'autorité. La première image présente les deux Atlas en fous du roi tenant le monde à l'envers et la dernière image est une représentation d'une ville dans les nuages surplombant le soleil et la lune : à ce point, les retournements ont quitté l'ordre de la Cité pour atteindre une échelle cosmique. Ces deux images nous fournissent la clé du lien entre l'image des mondes inversés a priori ludique, et celle de l'Apocalypse et des bouleversements angoissants qu'elle annonce. Le monde inversé serait lui-même une inversion du drame cosmique en comédie cosmique.

b.Le renversement de l'écriture
Plusieurs renversements essentiels du sens de l'écriture dans le rapport au réel ont lieu dans le cas de l'Apocalypse. Il y a tout d'abord un renversement temporel. La fiction ne prétend pas d'ordinaire précéder la réalité mais la représenter, c'est-à-dire la présenter à nouveau . Dans le cas de l'Apocalypse et de toutes les oeuvres qu'elle a inspirées, c'est le monde qui re-présente le texte (de l'Apocalypse) et non l'inverse. Le signifiant n'est plus le signifiant du texte mais celui du monde, et le signifié est constitué par le texte, qui se présente comme en adéquation avec la Parole divine.
Cette conception de l'écriture dans son retour aux sources de l'exégèse biblique est rendue plus aisée dans son élaboration par la communauté de son discours mystique avec les sources littéraires de ce même discours. La Bible, dans son texte original hébraïque, présente la création du monde par dix "paroles", puisque le mot "davar" signifie à la fois "chose", "mot", et "parole". L'Apocalypse annonce le bouleversement du monde, mais ce faisant elle crée potentiellement un monde qui réalisera ses paroles. Dans ce contexte, on comprend mieux les phénomènes de manifestations collectives à l'approche des temps craints et désirés, interprêtés comme contemporains de la fin du monde. Parce que l'imaginaire biblique est conçu comme une histoire vécue, une "mise en scène du temps divin" (Denis Crouzet, Les Guerriers de Dieu), il ne s'agit pas pour tous d'attendre la fin des temps et l'Apocalypse. Certains s'emparent de cette chronique d'une violence annoncée pour la réaliser. La violence de l'époque actuelle dans les pays de renouveau religieux n'est qu'une réactualisation de ce retournement du sens.
III. L'élaboration d'une tension dramatique : Le mythe apocalyptique et la rédemption


La tradition chrétienne a repris le thème apocalyptique pour l'associer au retour messianique, de sorte qu'une tension s'établit très souvent dans l'oeuvre entre l'espoir de rédemption annoncée par l'Apocalypse et la crainte de la destruction associée à la fin du monde.
Dans le texte de La Révélation de Jean, les cinq cavaliers de l'Apocalypse viennent frapper l'humanité de plaies et d'épidémies, puis après le passage de l'Antéchrist et la destruction de Babylone, cité de la corruption, le Messie revient pour juger les vivants, condamner les incroyants à l'enfer, récompenser les fidèles par le paradis éternel, et ressusciter les morts. Le bouleversement cosmique, accompagné par des destructions et souffrances effrayantes qui précèdent, selon le texte, le retour messianique et le jugement irréductible final, ont fait de ce texte un pôle d'ambivalence sémantique entre la rédemption et la destruction. Cette ambivalence constitue un outil d'une intensité dramatique exceptionnelle, et nous allons considérer tout d'abord une pièce ayant repris cette double valeur de l'Apocalypse.

1. The Tempest : de l'Apocalypse à la rédemption
La pièce de Shakespeare, La Tempête, commence par une scène où les marins se battent contre l'océan lors d'une tempête de "dimension cataclysmique" selon Miranda qui assiste à la scène.
[...]The sky, it seems, would pour down stinking pitch,
But that the sea, mounting to the welkin's cheek,
Dashes the fire out. (The Tempest, Acte I, scène 2)

Le premier homme à sauter à l'eau et abandonner le navire est le fils du roi Ferdinand, qui s'écrie que l'enfer est vide, et que tous les démons sont là : "Hell is empty /And all the devils are here" (scène 2). Le monde catastrophique de la tempête se double ainsi d'un monde où l'ordre des éléments spirituels est perturbé, ce qui est la caractéristique de l'Apocalypse avant le jugement des démons par Jésus.
Quand les rescapés du naufrage se réveillent sur l'île, ils entendent le chant d'Ariel, l'esprit, et alors qu'ils pensent être dans un monde divin, ils apparaissent comme des esprits à Miranda (Acte I, scène 2). Le monde de l'île de Prospero se caractérise donc par une tension entre enfer et paradis, ce qui reflète la tension de l'Apocalypse entre retour messianique et jugement dernier. Mais de plus, les personnages vont percevoir le monde qui les entoure en fonction de leur degré de spiritualité. A la scène 2 du premier acte, Ariel entre en scène en jouant une musique que Antonio, Gonzalo et Francisco perçoivent, puisqu'elle les endort. Mais Alonso et Sebastian, eux, ne s'endorment pas, et conçoivent un complot contre Gonzalo, qui est l'héritier potentiel du trône. Ariel intervient à nouveau pour éveiller Gonzalo et le sauver. Cependant, la totalité de l'échange verbal entre Sebastian et Antonio reprend les métaphores liées au sommeil, et ils conviennent que leur esprit est "endormi":
Sebastian What a strange drowsiness possesses them!
Antonio It is the quality o' the climate.
Sebastian Why does it not then our eyelids sink? I find not
Myself disposed to sleep.
Antonio No I; my spirits are nimble.
They fell together all, as by consent;
They dropp'd, as by a thunder-stroke. What might,
Worthy Sebastian? O, what might? ------ ----_ No more:_
And yet methinks I see it in thy face,
What thou shouldst be : the occion speaks thee, and
My strong imagination sees a crown
Dropping upon thy head.
Sebastian What, art thou waking?
Antonio Do you not hear me speak?
Sebastian I do; and surely
It is a sleepy language and thou speak'st
Out of thy sleep. What is it thou didst say?
This is a strange repose, to be asleep
With eyes wide open; standing, speaking, moving,
And yet fast asleep. (Acte II scène 1, v. 199-215)

Ceux qui ne dorment pas du sommeil "du juste" sont spirituellement endormis, insensibles aux charmes de l'île. Seuls les êtres éveillés spirituellement sont en phase avec elle, sereins, réellement endormis.
Ce qui est rêve pour les uns est un cauchemard éveillé pour les autres. Ce qui est paradis pour les uns est enfer pour les autres : le thème du jugement dernier est ici en filigrane, soutenu par la métaphore de la magie opérée par Prospéro sur les êtres et les éléments. Celui-ci nous dit, dès la scène 2 de l'Acte I, qu'il ne dispose que de six heures pour accomplir son oeuvre répératrice.
Prospero Ariel, thy charge
Exactly is perform'd: but there's more work.
What is the time of the day?
Ariel Past the mid season.
Propero At least two glasses. The time 'twixt six and now
Must by us be used mot preciously. (v. 236-241)
A l'acte V, scène 1, Prospéro s'enquiert à nouveau de l'heure, et Ariel lui répond que la sixième heure est atteinte et que leur oeuvre doit cesser . Ariel est un esprit dont le nom fait traditionnellement référence au lion de Judée (Ariel : lion de Dieu), qui correspondait à l'emblème de la tribu de Judah dont devait descendre le messie. Les six heures sont une transposition habituelle en heures des six millénaires séparant la création du monde du retour messianique. Prospéro est devenu "lord" de son île déserte en y débarquant avec sa fille, et le terme signifie simultanément seigneur et Dieu. Qu'il soit une représentation anthropomorphique de la divinité ou bien celle d'un cabbaliste évoquant les esprits pour hâter la venue du monde à venir, il est clair que la pièce lui donne un rôle central dans un travail de réparation du monde et des êtres qui échoit ordinairement aux personnages messianiques. Prospéro n'a pas cherché vengeance, il a cherché à éveillé le repentir de ceux qui l'avaient déchû de son trône . Il se décrit lui-même comme ayant permis la résurrection des morts:
[...] graves at my command
Have waked their sleepers, oped, and let them forth by my potent art. But this rough magic
I here abjure, and, when I have required
Some heavenly music, which even now I do,
[...] I'll break my staff. (Acte V, scène 1,v. 48-52)

La tempête devient donc elle-même une métaphore du bouleversement cosmique devant avoir lieu lors du jour du jugement. La pièce, après avoir joué de la tension dramatique entre destruction et rédemption, a choisi la rédemption, et Prospéro quitte sa magie pour restaurer l'ordre habituel du monde humain.
D'autres créations artistiques ont repris la tension dramatique de l'Apocalypse, mais en insistant d'avantage sur le jugement inhérent à la scène finale. C'est le cas de la Peseuse de perles, tableau de Vermeer de Delft qui dépasse la dimension d'une scène intimiste pour mettre en scène la condition de l'homme selon le croyant.

Vermeer de Delft La Peseuse de perles Schéma des correspondances de tons mettant aussi en évidence
les parallélismes de composition des lignes entre la scène du jugement
et celle de la pesée
2. Vermeer de Delft La Peseuse de perles : Apocalypse, jugement dernier, et engendrement du fils de l'homme
Le tableau de Vermeer de Delft présente au premier plan une jeune femme enceinte en train de peser des perles face à une fenêtre déversant sa lumière sur elle. La scène est paisible, les tons doux et chauds, et l'attention de la peseuse évoque la lenteur du geste, tandis que son doigt tendu en parallèle au-dessus du bras de la balance exprime la minutie. Le spectateur qui s'approche alors de ce tableau assez petit (une cinquantaine de centimètres carrés) découvre au second plan un tableau dans le tableau, qui loin de répéter la première scène, semble tout d'abord contraster violemment avec elle. Des âmes sont jugées par une divinité en majesté et certaines se voient déjà condamnées aux flammes dont les tons rouges, oranges et jaunes renvoient aux tons chauds du premier plan alors que le fond du tableau est sombre et contraste fortement avec la lumière émanant de la fenêtre. Et pourtant les droites du tableau souligne de leurs parallèles l'écho des deux scènes. Le bras de la jeune femme pesant les perles poursuit la parallèle du bras divin tendu. Le cadre de la fenêtre renvoie au cadre du tableau.
Les tonalités du tableau et sa composition graphique insistent sur les échos entre les deux scènes, alors que le cadre de la fenêtre renvoie implicitement à un monde extérieur qui reprendrait en miroir les deux scènes, puisque tous les cadres -dont celui du tableau, celui du tableau de l'Apocalypse, et celui de la fenêtre- les placent symboliquement en équivalence. La condition humaine est donc celle d'un jugement perpétuel, quotidien, voire intimiste, renvoyant au jugement final de âmes. L'engendrement du fils de l'homme dépend lui aussi de l'histoire humaine et de l'histoire des générations, comme le suggère la femme enceinte. Enfin la sérénité de la jeune femme est en contrepoint de la pesée délicate et fragile, des plateaux de la balance qui peuvent à tout instant pencher du côté redoutable.
Ainsi, tableau du monde, scène intime et cosmique se répondent pour prendre un sens dépassant l'individu. La jeune femme enceinte pèse des perles comme elle pèse peut-être en elle ses actions passées, comme celles-ci apparaissent déjà pesées dans un temps apocalyptique. L'enfant qu'elle porte reflète l'espoir d'un avenir non encore déterminé, et le thème messianique du fils de l'homme, né des engendrements et de l'évolution du "kets hayamim" (du processus des jours) insiste sur la tonalité d'espoir liée au retour messianique.
Le mythe de l'Apocalypse et de la fin du monde constitue un réseau de significations ambivalentes qui sont dangereuses dans la mesure où elles mettent en jeu des pulsions puissantes issues des craintes primitives de destruction de soi. Ce réseau d'ambivalences se double d'une série d'inversions dynamiques qui explique comment le mythe peut très rapidement devenir réalité, comment la fiction peut mener au passage-à-l'acte, comment les thèmes de création, confondus avec leur contraire par les craintes de destruction, peuvent composer une réaction en chaîne ancrée dans une réalité terrifiante. Pour toutes ces raisons, le mythe de la fin du monde, fondé sur un contresens, n'en doit pas moins être pris au sérieux, surtout à l'approche de l'an 2000.