Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Le Judaïsme maghrébin Le Maroc

Les textes présentés dans ce recueil sont des conférences prononcées par l'auteur aux séances de l'académie du royaume du Maroc ou rédigés spécialement pour la revue Académia. Ils représentent une quête de lieux de dialogue, de rencontres et de convergences entre cultures et civilisations.

Ils sont dédiés à cet ensemble qui embrasse l'Andalousie et le Maghreb, essentiellement, que nous appelons l'occident musulman, et à d'autres espaces du Proche et du Moyen Orient, où se sont élaborées et développées une conscience et une mémoire au plan de l'histoire, au plan de la culture et des apports multiples des sociétés arabes, judéo-arabes, berbères et castillanes, à une production scientifique et littéraire dont l'importance est considérable à des titres divers.

En témoignent ces hauts lieux de sagesse évoqués ou minutieusement décrits dans ce recueil. Le passé nous délivre ainsi un message que nous nous devons d'interroger et de retenir et qui doit nous servir de repère, voire de leçon pour édifier le présent et envisager l'avenir.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Budapest 1944 Des diplomates sauvent des Juifs de Larissa Cain

 
Au printemps 1944, alors que la guerre prend un tour défavorable pour l'Allemagne, la Hongrie met en place la plus radicale extermination des Juifs avec la déportation, de toutes les provinces, de quatre cent quarante mille personnes à Auschwitz. Restait Budapest où vivaient deux cent cinquante mille Juifs. Eichmann venu à Budapest pour « achever le travail » trouva en face de lui un groupe de diplomates : le Suisse Carl Lutz, l'Italien Giorgio Perlasca, l'Espagnol Angel Sanz Briz, le nonce Angelo Rotta, le Suédois Raoul Wallenberg et le Délégué du CICR Friedrich Born, qui, aidés de citoyens hongrois, forgèrent des moyens pour s'y opposer.

Larissa Cain, née en Pologne, fut enfermée dans le ghetto de Varsovie. En 1943, elle put, à dix ans, s'en échapper. Après la guerre, elle émigra en France. Chirurgien-dentiste spécialisée en orthodontie, elle se consacre à l'écriture. D'avoir survécu à cette guerre lui crée l'obligation de témoigner pour les disparus.

Livre juif : Le verbe et la lumière de Raphaël Sadin

Comment la Révélation d’essence divine peut-elle s’inscrire dans la conscience humaine ? Comment un univers religieux, le judaïsme, a-t-il pu, au fil des siècles, entrer en relation avec ce que le monde des idées a produit de plus moderne ?

De la Révélation sinaïque à nos jours, en passant par les pré-socratiques, Platon, Aristote, Épicure, Thomas d’Aquin, les penseurs de la Renaissance et bien d’autres, Raphaël Sadin analyse et commente le dialogue ininterrompu entre la Torah et la pensée occidentale. Ce livre est aussi une réflexion magistrale sur la modernité : sont ainsi passés en revue les écrits de Franz Rosenzweig, Walter Benjamin, Guershom Scholem, Martin Buber ou encore Levinas, que l’auteur confronte avec les études hébraïques les plus rigoureuses.

 

Somme éblouissante, cet ouvrage est la démonstration flamboyante qu’il n’y a pas d’Europe lumineuse sans judaïsme.p

Rabbin, dayan (juge talmudique), ancien maître de conférences aux Grandes écoles ENSTA, directeur d’une des plus prestigieuses académies talmudiques de Jérusalem, Raphaël Sadin est un des penseurs du judaïsme les plus suivis.

 

Choix de Claude Layani

Livre : Nos rendez-vous de Eliette Abecassis

 

Ce roman d’une passion d’amour contrariée est aussi le roman d’une époque.
Amélie et Vincent se rencontrent, jeunes, à la Sorbonne à la fin des années 80. Chacun ressent un coup de foudre sans oser l’avouer à l’autre : aucun des deux ne se sent «  à la hauteur  », aucun ne fait le premier pas, aucun n’a la maturité de saisir son bonheur…

Ils se donnent rendez-vous, la jeune femme est en retard  : A quelques minutes près, ce jour-là, ce n’est pas un simple rendez-vous qu’elle rate, c’est sa vie.

Puis la vie prend le dessus, les emporte malgré eux vers des destins qu’ils ne maîtrisent plus, leur fait prendre des bifurcations comme on emprunte des portes, puis des couloirs, de dix ans, de vingt ans, de trente ans…

On suit en parallèle la trajectoire intime et professionnelle d'Amélie et de Vincent, et chaque fois que les hasards de l’existence les remettent en présence, ce n’est pas « le bon moment ».
« Trente ans que nous nous connaissons… Des mariages, des divorces, des deuils, des enfants, des centaines de voyages, parfois au bout du monde, des succès, des échecs, des espérances déçues, des rêves d’enfance perdus, des enfances déchues…Trente ans de rêves et de désir ».

Biographie de l'auteur

Écrivain, scénariste, parolière, Eliette Abecassis est  l’auteur de plus de vingt ouvrages dont on peut rappeler notamment Qumran (200.000 ex en France seulement), La répudiée (100.000 ex), Un heureux événement (150.000 ex), Sépharade. Dernier roman paru : Le maître du Talmud (Albin Michel, 2018)
Nos rendez-vous est son premier roman publié chez Grasset.

Choix de Claude Layani

Livre juif : L'Alliance Israélite Universelle (1860-2020)

Née en 1860 dans un contexte antijuif particulièrement tendu, tant en Orient (affaire de Damas en 1840) qu'en Occident (affaire Mortara en 1858), l'Alliance israélite universelle s'est rapidement imposée comme la version juive de la « mission civilisatrice de la France ».

À travers son réseau d'écoles modernes s'étendant du Maroc à la Perse, elle a contribué à l'émancipation de la condition juive comme à la modernisation des communautés juives et plus largement de leurs pays d'accueil.

Mais elle s'est également retrouvée prise dans une série de controverses - avec les rabbins qui l'accusaient de saper les valeurs traditionnelles, avec le sionisme naissant - et de fantasmes antisémites. À travers son prisme, c'est toute l'histoire complexe des relations entre l'Europe, le monde musulman et les Juifs qui se donne à lire et nous ouvre à un autre regard sur les problématiques contemporaines.

Georges Bensoussan, historien, est notamment l'auteur d'Une histoire intellectuelle et politique du sionisme (Fayard, 2002) ainsi que de Juifs en pays arabesLe grand déracinement 1850-1975 (Tallandier, 2012).

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Tempête dans l'encrier de Frank Lalou

 

Dès huit heures du matin, je me précipitai vers la porte cochère de Gabriel Ruisseau.
Elle me parut tellement plus petite que la veille. Je me rapprochai de l'entrée de l'artiste.

A Saint-Germain des Près, nous étions vraiment à Paris. Attendre dans ce condensé de la culture française n'était pas vraiment une épreuve.

J'admirai les couvertures des livres anciens, les manières noires ou les burins d'artistes contemporains, les courbes féminines de céramiques japonaises ou une divinité tibétaine de bronze terrassant un démon de sa foudre.

Un peu avant midi, mon manège sur les étroits trottoirs se fit remarquer. Un libraire sortit à ma rencontre. Tête blanche, lorgnon sur le bout du nez, comme il se doit quand on est libraire dans le sixième, et costume de tweed, sans cravate, nous sommes sur la rive gauche.

Serreti, mon libraire et agent du boulevard Saint Germain, venait de fermer après tant de décennies à promouvoir le livre contemporain... nous avions donc de quoi entretenir une conséquente conversation...

Nous déplorâmes la désertion des bibliophiles, l'absence du renouvellement d'une génération de collectionneurs, nous nous lamentions sur la fin du marché des beaux livres dans la capitale et de la culture qui y était liée.

Les jeunes se foutaient complètement de la qualité de la typographie, Garamond, Nicolas Cochin, de la rareté des papiers in quatro ou in octavo, des reliures signées et de la préciosité des dorures ou pire encore du texte mis en valeur dans ses ouvrages rares...

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Nathan et Rosa, un voyage à travers l'Europe au XXe siècle

Nathan et Rosa, nés à la fin du XIXe siècle dans des shtetls de la Galicie juive profonde, émigrent et traversent l'Europe, mus tantôt par le désir d'une vie meilleure, tantôt par l'obligation de fuir le danger.

Au travers d'un récit biographique, reconstitué à partir de toutes les archives personnelles disponibles et nourri par une importante documentation, l'auteur s'interroge sur la problématique des destins personnels. Entre déterminisme et liberté, qu'est-ce qui a fait, dans ce cas concret, que ces personnes ont échappé au sort funeste qu'a subi une partie de leurs fratries, victimes de la Shoah ?

Ce travail aborde aussi la question de la mémoire et de l'oubli, de la nature des héritages et des processus de la transmission dans la séquence des générations.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Mon après guerre à Paris de Serge Moscovici

 

Depuis la parution en 1977 de ses Chroniques des années égarées, dans lesquelles il revenait sur sa jeunesse roumaine marquée par l’antisémitisme, les pogroms et le travail forcé,  Serge Moscovici travaillait à la suite de ce récit autobiographique pour le reprendre où il l’avait laissé  : à son arrivée à Paris en 1948, à l’âge de 22 ans.

Ce sont ces notes, brouillons, remarques et feuilles libres qu’Alexandra Laignel-Lavastine a rassemblées pour nous livrer, pour la première fois, le récit des années de formation humaine et intellectuelle de celui qui allait devenir l’un des grands noms des sciences humaines et de   la psychologie sociale, et l’un des précurseurs de l’écologie politique.

De l’asile pour vieillards de la rue Lamarck où il passe ses nuits lors de son arrivée dans cette Ville-Lumière tant fantasmée jusqu’à son élection à l’EHESS, on le suit dans le récit de ces années cruciales qui dévoile un homme se faisant. Sans détour il se livre  : il dit la misère et la solitude des premiers temps, le poids du silence et d’une Histoire que, dans ce Paris d’après-guerre, certains préfèrent taire  ; l’isolement, ne se retrouvant ni à gauche, ni à droite, ni parmi les «  israélites français  ».

Cet isolement le rapprochera néanmoins de deux autres juifs étrangers, aussi pauvres et déracinés que lui, qui deviendront ses meilleurs amis  : Isac Chiva, futur bras droit de Claude Lévi-Strauss, et Paul Célan, grand poète du siècle dernier.

Ensemble, le trio de métèques découvre le Quartier Latin où s’agite une foule issue de tous les pays de la terre,   la vie d’hôtel et de petits boulots, mais aussi l’amitié (je n’étais plus seul au monde), l’émulation intellectuelle, la vie nocturne, dans les caves, les cabarets, et plus tard, dans les hauteurs de l’esprit, à l’université.

On le suit alors des bancs de la Sorbonne au CNRS puis à l’EHESS, réalisant son rêve, devenir un homme d’étude, trouvant ses pères, le psychiatre et psychanalyste Daniel Lagache et l’historien des sciences Alexandre Koyré, et les questions qui définirent sa pensée  : le sens commun, l’énigme des foules, les minorités actives, la condition de paria… De Saint-Michel à Montparnasse, on croise Lacan ou Lévi-Strauss, d’autres exilés qui figurent une famille, mais aussi des femmes, malgré l’immense timidité qu’il avoue, et une en particulier, Marie Bromberg-Moscovici qui deviendra sa femme en 1955 et sur le portrait de laquelle se clôt ce récit passionnant, d’une beauté et d’une grandeur qui doivent tout à l’humilité et l’intelligence de son auteur. Un livre rare et merveilleux

 

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : L'histoire des Juifs trouver les mots de Simon Schama

L’histoire que Simon Schama entreprend de nous conter ici est à nulle autre pareille.
Tout au long des dernières décennies, des découvertes archéologiques ont renouvelé notre vision de la manière dont a vu le jour la Bible, qui allait devenir le patrimoine d’une bonne partie de la planète.

D’une extrémité du monde juif à l’autre ont été exhumées des mosaïques qui bouleversent notre idée de ce qu’étaient une synagogue et le culte juif, mais aussi de tout ce que cette religion, dans ses formes, partageait avec le paganisme et le christianisme primitif.
Cette histoire s’étend sur les millénaires et les continents – de l’Inde à l’Andalousie, des bazars du Caire aux rues d’Oxford.

Elle nous emmène d’un royaume juif dans les montagnes de l’Arabie du Sud à une synagogue syrienne aux murs peints étincelants, en passant par la colonie juive installée dans l’île d’Éléphantine, en Haute-Égypte, dès le vie siècle avant notre ère.

Simon Schama nous conte avec maestria cette épopée où l’héroïsme de la vie quotidienne côtoie les grandes tragédies, et pose son regard d’historien de l’art sur les trésors qu’elle nous a légués. L’histoire des Juifs n’est pas, comme on l’imagine souvent, celle d’une culture à part, mais celle d’un monde juif immergé dans les peuples au milieu desquels il a vécu et marqué par eux, des Égyptiens aux Grecs, des Arabes aux chrétiens. C’est en cela qu’elle est l’histoire de tous.

Simon Schama est professeur d’histoire de l’art et d’histoire à l’université Columbia. Il a publié plusieurs ouvrages récompensés et traduits dans une quinzaine de langues, et a écrit et présenté une quarantaine de films pour la BBC2 sur des sujets aussi divers que Tolstoï, la politique américaine et Shakespeare.

Choix de Claude Layani

Livre : Le paradis perdu de Benjamin Haddad

La fin de la guerre froide a ouvert une longue période d’optimisme libéral à laquelle semble succéder une ère de repli (Brexit, élection de Donald Trump…)

Donald Trump n’est ni un accident de l’histoire ni un phénomène passager. Il est le symptôme d’une transformation profonde de la puissance américaine en crise.

America First est le slogan d’une Amérique fatiguée de porter l’ordre international et qui prône désormais le rapport de force brut, le protectionnisme économique et culturel.

La personnalité du président Trump masque une rétractation structurelle déjà amorcée par Barack Obama. Ce livre analyse les forces historiques, géopolitiques comme intérieures, qui ont déterminé ce changement durable. Il n’y aura pas de retour au «  paradis perdu  » de l’ordre ancien.

L’histoire est de retour en Europe. Le modèle qu’elle promeut – multilatéralisme et coopération – est mis à mal par la multiplication des crises, la montée des nationalismes et le retrait américain.

Si l’Europe est faible, Trump pourrait bien devenir la nouvelle norme des relations internationales  : une crispation nationaliste et illibérale, incarnée par les «  hommes forts  », de Poutine à Erdogan. Seule une Europe souveraine, capable de défendre sans naïveté ses intérêts, peut répondre à ce nouveau défi.

Choix de Claude Layani