Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Psychothérapie de Dieu de Boris Cyrulnik

Psychothérapie de Dieu de Boris Cyrulnik

Aujourd’hui, sur la planète, 7 milliards d’êtres humains entrent plusieurs fois par jour en relation avec un Dieu qui les aide.
Ils sont mus par le désir d’offrir à Dieu et aux autres humains leur temps, leurs biens, leur travail et parfois leur corps pour éprouver le bonheur de donner du bonheur.

Psychothérapie de Dieu de Boris Cyrulnik

Psychothérapie de Dieu de Boris Cyrulnik

Méditer, trouver son chemin de vie personnel, éprouver la joie de se sentir vivant parmi ceux qu’on aime – la spiritualité élargit la fraternité à tous les croyants du monde.

La psychothérapie de Dieu nous aide à affronter les souffrances de l’existence et à mieux profiter du simple bonheur d’être.

Il y a certainement une explication psychologique à cette grâce.

Ce livre est le résultat de cette quête. » B. C.

Un merveilleux texte, lumineux, tendre et original sur le rôle majeur que joue l’attachement dans le sentiment religieux.

Un immense sujet, un très grand livre.

Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur d’enseignement à l’université de Toulon. Il est l’auteur de nombreux ouvrages qui ont tous été d’immenses succès, notamment Les Vilains Petits Canards, Parler d’amour au bord du gouffre, mais aussi Sauve-toi, la vie t’appelle.

Choix de Claude Layani

Roch-Hachana 5778 JOUR DU JUGEMENT

Le jour du jugement rosh hachana 5778

Roch-Hachana 5778 JOUR DU JUGEMENT

Mercredi soir, nous saluerons l'entrée de la fête de Roch-Hachana qui marquera l'apparition de la 5778 année religieuse de l'ère juive. Alors que partout ailleurs, un tel événement donne lieu ordinairement à des réjouissances d'une gaieté bruyante, pour nous, au contraire, il est l'occasion de réflexions sérieuses.

C'est que, selon la tradition juive, le passage d'un millésime à l'autre ne s'opère pas automatiquement. L'avenir n'est pas nécessairement le produit du passé.

Roch-Hachana 5778 JOUR DU JUGEMENT

Roch-Hachana 5778 JOUR DU JUGEMENT

Dans la course effrénée du temps, il y a une sorte de halte que D.ieu s'accorde à Lui-même pour examiner le bilan moral de l'Humanité et décider de son sort. Tel un berger faisant défiler devant lui son troupeau. Il les fait comparaître une à une devant son tribunal céleste où il remplit à la fois le rôle de Juge, de témoin et de partie adverse.

Roch-Hachana porte également le nom de « yom adin », le jour du jugement. Qui dit jugement dit mémoire, évocation du passé, confrontation. La liturgie de la fête est d’ailleurs constamment placée sous le signe du souvenir. Et l’on dit notamment: « Il n’y a point d’oubli devant ton trône de gloire »

Les hassidim ont donné une très belle interprétation de ce texte: « D.ieu se souvient de ce que l’homme oublie... » Ils disent: si l’homme ne pense qu’à ses mérites et oublie ses fautes, alors D.ieu ne se souvient que de ses fautes; mais si l’homme ne se souvient que de ses fautes,  et oubli ses mérites, alors D.ieu ne prend en compte que les mérites de l’homme...

Cette fête, une des solennités les plus respectées, n’est cependant indiquée que par allusion dans la Torah: « Zi’hron teroua », souvenir par la sonnerie. La tradition juive a traduit cette invitation au souvenir par un retour à la totalité de la mémoire, jusqu’à l’événement de la Création et plus particulièrement la création de l’Homme, seul capable de souvenir.

Se souvenir de la naissance de l’Homme, c’est prendre une distance par rapport à la simple existence biologique, lui conférer un sens. Aussi les Sages d’Israël ont-ils compris que le premier mois de Tichri, jour anniversaire de l’Homme, devait être un Yom Hadin, un jour de jugement.Notre Nouvel an n’est pas qu’une commémoration, il est jour de jugement pour toutes les créatures.

Dans chaque civilisation, le nouvel an commémore l’événement le plus déterminant de son histoire celui qui a scellé son origine et qui caractérise sa spécifité.

Pour nous Roch-Hachana évoque la création du monde « Hayon arat olam » comme pour bien mettre en lumière le caractère universel du judaïsme - c’est-à-dire son insertion dans le destin du monde et vient nous enseigner que c’est l’être humain qui donne à l’ensemble de l’univers son sens ultime, sa finalité.

Suivant l’expression de la Torah, Tichri est le « septième mois », si l’on prend en référence la sortie d’Egypte. On connaît l’importance du chiffre sept dans la tradition hébraïque: le chabbat, la chemita (année sabbatique), le Jubilé. Les Sages ont également vu un lien en « chevii » (septième) et « chevia » (satiété), puisque Tichri est le mois le plus riche en fêtes et en mitzvoth, une occasion pour chaque juif de se « rassasier » de spiritualité et d’expérimenter tous les aspects de la vie religieuse, du sérieux de Roch-Hachana à la joie de Sim’hat Torah.

Tichri est un mois bien particulier. N’est-il pas le premier mois de l’année religieuse. Il ne s’agit pas d’un simple « premier janvier », marqué par une nuit de réveillon mais bien - et c’est d’ailleurs la traduction littérale du terme Roch-Hachana - de la tête de l’année. La tête est ce qu’il y a de plus élevé. C’est le centre nerveux du corps tout entier. A son niveau, le moindre accident a des effets désastreux sur le reste de l’organisme.

Rabbi Chnéour Zalman de Lady explique parfaitement pourquoi le début de l’année porte le nom de Roch-Hachana, « tête de l’année » car, tout comme la personne humaine possède une tête, qui est tête et cerveau du corps, de même, l’année possède une tête, et c’est Roch-Hachana: la tête de l’année ». Cette fête est appelée Roch-Hachana, poursuit le Rabbi de Lady, parce qu’elle est comme la tête et le cerveau d’où procède la vie par tous les membres du corps ; de même , à Roch-Hachana, s’épanche la vie pour tous les jours de l’année (Likouté Torah, Deutéronome 55c).

D’ailleurs, tandis que les autres religions fixent le début de leurs calendriers à partir d’un événement important de leur histoire (une naissance, l’hégire...), le judaïsme voit dans Roch-Hachana un événement plus universel. Les Sages relèvent le fait qu’Adam fut créé seul afin qu’il ne puisse pas dire « mon sang est plus rouge que le tien... » et aussi parce qu’un individu, seul, peut changer le cours de l’histoire. Le mois de Tichri est, d’ailleurs placé sous le signe zodiacal de la balance car, souligne Maïmonide, l’homme doit se considérer en cette période comme étant à moitié coupable, à moitié innocent.

De quoi donner matière à réflexion avant d’entreprendre une action. A chaque instant et particulièrement au seuil de la nouvelle année, Roch-Hachana, l’homme est à la croisée des chemins. Il peut continuer de végéter, de stagner ou progresser. « Chana », année, vient de la racine répéter, mais « chana » c’est aussi le « chinouï », le changement, le progrès.

Roch-Hachana, est c’est là son message essentiel, nous apporte la certitude qu’il est dans la nature de l’homme de pouvoir rompre avec son passé, se transformer, renaître à une vie nouvelle.

 

 

Claude LAYANI

 

Livre juif : Transport de Yves Flank

Transport de Yves Flank livre juif

Transport de Yves Flank livre juif

 Yves Flank 

Le roman est construit en trois mouvements. Au premier mouvement une rencontre entre un homme brun et une femme rousse a lieu dans un wagon de Drancy pour un camp de la mort.

Flank décrit ce transport sans métaphore, sans poésie, au plus prés du réel, au plus prés des corps. La plume est féroce et courageuse. Et de cette plume surgit une réalité coriace autant qu’une merveilleuse lumière.
Lorsqu’un corps s’affale sur le tas de cadavres agencé dans un coin du wagon, tous les efforts sont déployés pour fermer les yeux de la morte car au milieu de l’enfer de ce mouroir reste une lueur d’humanité, un besoin de ce sens que l’on donne aux choses et qui ne nous quitte jamais.

Dans un deuxième mouvement la femme rousse donne à entendre  la passion amoureuse qui malgré ce wagon n’a pas cessé de chanter en elle. Le texte est un cantique d’amour et ici aussi Flank écrit au plus prés du corps pour un long poème défiant l’érotisme facile.

Mon amour, mon amour, ô mon amour, maintenant je crie en plein visage. Vas-tu pleurer, vas-tu revenir, délaisser tes ombres et me sourire, répondre à cette attente infernale, m’empêcher de sombrer de trop de solitude ?
Je voudrais lacérer ton épaule, cracher un venin verdâtre, l’anéantir de mes pensées, souffler sur ma douleur, t’aimer intensément.
Tu entends, tu entends ? 

Enfin dans un troisième mouvement l’homme brun élabore sur ce qui se passe et nous ouvre comme une fenêtre sur l’amour et sa consécration de la vie.

Le roman est une oraison à la vie à déguster.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : En terrain miné de Elisabeth de Fontenay et de Alain Finkielkraut

En terrain miné de Elisabeth de Fontenay et de Alain Finkielkraut

En terrain miné de Elisabeth de Fontenay et de Alain Finkielkraut

En terrain miné de Elisabeth de Fontenay et de Alain Finkielkraut

Cher Alain,
Nous avons donc décidé d'échanger des lettres plutôt que de nous entretenir de vive voix. L'utilisation de ce vieil outil littéraire me semble prudente et bénéfique, bien que je me demande si elle n'est pas une dérobade.

Malgré mon goût de l'affrontement, je redoutais en effet ta présence et ce que le tac au tac implique de violence.

Autrement dit, je craignais de me heurter en temps réel sur du non négociable et de voir bientôt se lézarder une chère et ancienne amitié ».

« Chère Élisabeth, Si je tirais sur tout ce qui bouge, tu aurais raison de vouloir m'en dissuader, et il me semble que je serais assez avisé pour suivre ton conseil. Mais je n'ai rien d'un tireur convulsif. Et lorsqu'il m'arrive de perdre mon sang-froid, c'est parce que je suis la cible favorite de ceux qui n'ont que le mot «changement» à la bouche et pour qui rien ne bouge ».

Choix de Claude Layani

Livre juif : La disparition de Josef Mengele

La disparition de Josef Mengele

La disparition de Josef Mengele

Olivier Guez

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.

Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres.
Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition.

Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

 

Choix de Claude Layani

Fêtes juives : SELI’HOT Le Rabbi de Nemirov

Le Rabbi de Nemirov

SELI’HOT Le Rabbi de Nemirov

Depuis le début de mois d'Eloul(jeudi 4 septembre) selon le rite séfarade, les accents rauques du chofar retentit à l'office, chaque matin. Dans les communautés ashkénazes, les Séli'hot commencent plus tard. Le premier jour des Séli'hot est toujours fixé au dimanche.( cette année le 28 septembre). En fait, selon ce rite, le dimanche seli'hot précédera immédiatement Roch-Hachana , à moins qu'il ne s'agisse du dimanche de la semaine avant ce qui est le cas cette année. La règle est qu'au moins quatre jours devront séparer le début des seli'hot de Roch-Hachana.

Les seli'hot est une période de préparation, un réchauffement de nos sentiments souvent en sommeil envers D.ieu.

Pour illustrer cette période de retour vers D.ieu nous avons choisi une histoire des plus populaires du conteur Péretz "le Rabbin de Nemirov"

Le pieux Rabbi de Nemirov, racontaient ses fidèles, montait au ciel, tous les matins des seli’hot, en ces journées précédant le Nouvel An juif. C'est en effet durant cette période en particulier que les juifs demandent à D.ieu de pardonner leurs fautes afin d'être inscrits dans le livre de la vie pour la nouvelle année. Le Rabbi de Nemirov, lui, montait au Ciel pour intercéder directement auprès du Bon D.ieu en faveur de sa communauté. C’était en tous cas la seule explication possible, à l'absence du Rabbi aux offices de seli'hot. Où pouvait-il être sinon au Ciel ?

Mais un étranger de passage à Nemirov se refusait de faire foi aux racontars. Il se cacha le soir chez le Rabbi, se glissa dans son lit et attendit.

Au petit matin, alors que toute la communauté se rendait aux seli'hot, le Rabbi, lui, revêtit les habits de bûcheron. Toujours suivi du soupçonneux espion, il s'en alla dans la forêt, coupa des branches et se dirigea vers la maison d'une pauvre vieille malade.

SELI’HOT Le Rabbi de Nemirov

SELI’HOT Le Rabbi de Nemirov

Se faisant passer pour un bûcheron du village, il lui "prêta" du bois, alluma le feu dans la demeure glaciale, et au moment où les premières flammes réchauffaient la misérable chambre et sa malade il fredonna, doucement, pour lui, les premières seli'hot.

Et Péretz d'ajouter que l'étranger pressé par les gens de Nemirov: "N'est-ce pas qu'il monte au Ciel notre Rabbi" leur répondit: "Peut-être plus haut encore".

Voilà l'histoire , Péretz la raconte plus longuement, avec un talent extraordinaire.

Pourquoi l'histoire s'arrêtait là ? Pourquoi l'étranger gardait le secret du Rabbi et ne s'en allait pas proclamer le mérite du chef de la Communauté de Nemirov. Peut-être se refusait-il à révéler le secret du Rabbi.

Mais le Rabbi de Nemirov lui-même, pourquoi ne s'est-il pas adressé à sa Communauté avant les offices des seli'hot pour lui dire - car c'est bien la morale de l'histoire - qu'il était important, avant d'adresser une prière à D.ieu de veiller au bonheur des hommes sur terre ?

On peut répondre, bien sûr, que dans ce cas particulier il fallait agir dans le secret pour faire oeuvre de charité sans que cette pauvre femme ne se sente redevable envers l'une ou l'autre de ses connaissances.

Si le Rabbi  de Nemirov n'a pas déclaré à sa Communauté qu'il fallait s'occuper d'abord de ce qui se passait sur terre elle ne l'aurait pas entendu. Et si l'étranger n'a pas raconté à Nemirov quelle était la conduite du Rabbi, c'est parce qu'il savait bien que la Communauté ne l'aurait pas admise.

D'ailleurs quelle communauté en Suisse, en France serait satisfaire que son rabbin au lieu de "présider", religieusement les offices des seli'hot, s'en aille réconforter un homme affligé, intervienne pour une famille en détresse, manifeste pour une collectivité victime de l'injustice ?

En ces journées qui précédent le temps redoutable de Tichri, nous sommes appelés à faire "techouva"  à faire un retour vers D.ieu

 

 

Claude Layani.

Livre juif : L'ombre du Golem de Eliette Abecassis

abecassis l'ombre du Golem

La légende du Golem présenté à travers le regard d’une petite fille, Zelmira à Prague, 1552. En cette période trouble où les juifs sont persécutés par le pouvoir en place, Le Maharal de Prague, un maître spirituel, décide de façonner une créature qui serait capable de les protéger : un Golem.

Mais le pouvoir en place, inquiet, enlève Zelmira pour l'utiliser comme monnaie d'échange contre le Golem, cet être fantastique. Un texte d'Eliette Abecassis, illustré par le très talentueux Benjamin Lacombe.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Amira shabbataï Tsevi un avatar de Messie

Amira shabbataï Tsevi un avatar de Messie

Amira est le nom qu’on donna au Messie Sabbataï Tsevi qui naquit le 1er août 1626 à Smyrne (Izmir) en Turquie. C’était un jour de Shabbat, d’où son prénom : S(h)abbataï ; c’était aussi un 9 av dans le calendrier hébraïque – le jour où furent détruits les deux temples de Jérusalem et où serait née l’âme du sauveur.

Au terme d’un cursus d’études somme toute normal, il se passionna pour la kabbale, se posa en Messie et au terme de plusieurs années de pérégrinations, fut reconnu comme tel par un kabbaliste de Gaza qui passait pour un thaumaturge intègre et populaire.

La nouvelle se propagea comme une traînée de poudre à travers les communautés de la Diaspora. Elle ne venait pas d’un nouveau prétendant au titre de Messie, mais d’un prophète qui maîtrisait la science kabbalistique des âmes.

L’excitation fut telle qu’en certains lieux, comme en Écosse et à Avignon, on se préparait à émigrer en Terre sainte. Sabbataï Tsevi gagna à sa cause des rabbins et des lettrés de renom en Italie, en Allemagne, au Maroc et en Hollande. Il n’est pas jusqu’au philosophe Spinoza qui ne fût intrigué par l’enthousiasme messianique qui s’empara de l’ensemble des communautés juives.

Le Messie abolit la loi rabbinique et se rendit à Istanbul où les autorités ottomanes l’arrêtèrent, car il semait le trouble. Quand il comparut devant le sultan, il choisit de se convertir à l’Islam.
Jamais avant Sabbataï Tsevi, un candidat-Messie n’emporta autant d’adhésion, jamais il ne déçut autant.

La mésaventure sabbataïste trahissait une dialectique messianique qui ne cessa d’intriguer les chercheurs et d’inquiéter les partisans du sionisme. Ce livre reconstitue les péripéties du Messie de Smyrne et s’interroge sur ses répercussions sur la théologie du judaïsme.

L’auteur :
Neri Segrè est né à Rome où il a été élevé dans la foi catholique. Des recherches généalogiques l’ont ramené au judaïsme et conduit à s’établir en France puis en Israël. Avocat de profession, il s’est mis à l’étude du Talmud qu’il redécouvre en lecteur des maîtres taoïstes et de Franz Kafka. Il est l’auteur de Fille de Voix, variations talmudiques

Choix de claude Layani

 

livre juif : Ismaël contre Israël de Ester Benfredj

benfredge Ismael contre israel livre juif

La Palestine a-t-elle été à la fois promise aux Arabes et aux Juifs pendant la Première Guerre mondiale comme il est d'usage de le penser ? Comment l'intervention des grandes puissances et de la communauté internationale - la Société des Nations puis l'Organisation des Nations unies - a-t-elle en partie scellé le sort de cet Orient complexe ? Et quel rôle tiennent les nationalismes arabes et le sionisme nés à la fin du XIXe siècle au sein du conflit israélo-arabe ?

Cette guerre qui a pris des proportions démesurées, idéologiquement internationalement, semble ne pas avoir d'issue. Au-delà de la simple lutte territoriale, le conflit israélo-arabe ne tiendrait-il pas d'une haine fratricide qui trouverait sa source dans la Genèse, à travers le désir de vengeance ressenti par Ismaël, l'enfant adultérin d'Abraham, à l'égard de son frère légitime Isaac, père d'Israël ?

Une brillante synthèse qui met en lumière un siècle d'occasions manquées entre Arabes et Juifs, et propose une réflexion historique et géopolitique subtile. À titre de repère, une chronologie retrace en fin d'ouvrage les moments clés du conflit de l'Antiquité à nos jours, et une série de cartes matérialise ses mutations et son évolution au XXe siècle.

Esther Benfredj est diplômée d'un master en sciences politiques (Lyon III) et en droit international (Université de Montréal). Ismaël contre Israël est son premier essai.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Miséricorde est son nom de Haim Korsia et de Philippe Barbarin

Miséricorde est son nom de g Haim Korsia et de Philippe Barbarin

 

Miséricorde est son nom de grand rabbin Haim Korsia et du Cardinal Philippe Barbarin

Juifs et chrétiens, nous avons Dieu en commun, et sa miséricorde nous est révélée à travers toute la Bible. Elle est même le Nom divin révélé à Moïse : "Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité" (Exode 34, 6). (..) Le Grand Rabbin Korsia et le Cardinal Barbarin sont deux frères - l'un juif, l'autre chrétien - et ils nous donnent ici un magnifique exemple de bonté et de bienveillance mutuelles. Ils nous montrent comment il nous faut lire la Bible : ensemble. » (P. Jean-Baptiste Nadler)

« Un livre de chevet qui, assurément, suscitera le désir d'approfondir les sources juives de la foi chrétienne et qui fera saisir l'affinité spirituelle intime qui existe entre la vocation de l'Église et celle, plus que jamais vivante, du Peuple d'Israël. » (Thierry Colombié)

Le beau texte rapporté dans ce livre est la transcription d'une conférence-dialogue donnée le 13 juillet 2016, à Paray-le- Monial, par le Grand Rabbin de France Haïm Korsia et le Cardinal Philippe Barbarin, en ouverture de la session « D écouvrir le judaïsme : les chrétiens à l'écoute.. », accueillie par Mgr Benoît Rivière, évêque d'Autun, et organisée par la Communauté de l'Emmanuel et l'Amitié judéo-chrétienne de France.

Haïm Korsia est Grand Rabbin de France depuis 2014.
Philippe Barbarin est archevêque de Lyon et primat des Gaules depuis 2002. Il a été créé Cardinal par Jean-Paul II en 2003.

Choix de Claude Layani