Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Les identités en formation de Dan Jaffé

Les identités en formation

Que dit le Talmud sur Jésus et son « mouvement » ? Le texte rabbinique fait-il mention des évangiles ? Qui étaient les judéo-chrétiens ? Quelle était leur foi ? Quels étaient leurs rapports avec le judaïsme ?

Dans cette étude magistrale, Dan Jaffé traite de la martyrologie juive et montre l’évolution des conceptions messianiques dans les sources talmudiques. Il étudie aussi le regard du monde juif sur Jésus et le christianisme, et fait le point sur la question fort débattue de la séparation entre juifs et chrétiens aux premiers siècles de notre ère.

Enfin, il ouvre de nouvelles perspectives sur un tout autre dossier : judaïsme et islam. Il y est question du regard de Maïmonide sur le prophète de l’islam et de l’influence exercée par les écoles soufies sur certains rabbins médiévaux.
Un ouvrage de référence pour comprendre le passé et apporter de nouveaux éclairages sur des questions contemporaines.

Dan Jaffé enseigne l’histoire des religions à l’université Bar-Ilan près de Tel-Aviv. Il est chercheur associé au Centre Paul-Albert-Février d’Aix-en-Provence (CNRS) et dirige la collection « Judaïsme ancien et christianisme primitif » aux Éditions du Cerf.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Le Dieu sensible de Aviad Kleinberg

Le Dieu sensible de Aviad Kleinberg

Aviad Kleinberg s'attaque à un problème inattendu, qu'on pourrait appeler le paradoxe de l'idée de Dieu : comment parler d'un Dieu qui, dans son infinité, est au-delà des limites de l'intelligence humaine et qui, dans son invisibilité, est inaccessible à nos sens ? L'auteur étudie avec curiosité les textes juifs et chrétiens qui ont essayé de relever le défi, les Ecritures, le Talmud, les Pères de l'Eglise, les théologiens, les mystiques.

Il en fait ressortir l'étrangeté en montrant comment leurs auteurs s'efforcent de résoudre tant bien que mal l'antinomie qui consiste à parler d'un Dieu qui se situe au-delà des sens, mais dont on ne peut cependant traiter qu'avec le langage que nous fournissent ces derniers.

Il analyse dans cette perspective les signes tangibles par lesquels la présence de Dieu est censée s'attester et se rendre perceptible dans le monde, depuis les miracles jusqu'aux stigmates des saints, en passant par l'eucharistie.

Au moment où beaucoup de gens en Occident ont purement et simplement cessé de comprendre la religion et son langage, le livre d'Aviad Kleinberg est d'une actualité remarquable par son effort pour rendre intelligible un domaine de discours et de réflexion en passe de devenir hermétique pour notre partie de l'humanité, alors qu'il conserve toute sa vitalité pour la plupart des autres, à commencer par le monde de l'islam.

C'est une exigence nouvelle pour notre culture d'apprendre à faire une place à ce qui ne nous est plus spontanément accessible. Ce court livre y apporte une précieuse contribution, par la clarté plaisante avec laquelle il met un problème ardu à la portée du lecteur.

Choix de Claude Layani

Livre juif : JP et Paulette, un couple engagé - Évelyne Pérahia

JP et Paulette, un couple engagé - Évelyne Pérahia

JP et Paulette, un couple engagé - Évelyne Pérahia

Éditions Iggybook - 2018

Texte

Jean-Paul (dit JP) et Paulette Bader ont contribué par leurs activités auprès de la jeunesse à la vitalité du judaïsme français d’après-guerre. Évelyne Pérahia retrace leur parcours et rend hommage à leur dévouement constant principalement au sein des Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France (EEIF).

Durant la Seconde Guerre mondiale, Jean-Paul Bader a pris part à la Résistance juive avec les Éclaireuses Israélites. Il fournit des faux papiers aux persécutés et convoie des enfants juifs vers la Suisse. En 1944, il intègre les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) du département du Tarn et rejoint le maquis de Vabre. Accompagnant les troupes d’occupation en Allemagne, il devient en 1945 aumônier israélite affecté à l’État-major de la zone Sud.

Après la guerre, il épouse Paulette Veit et devient instituteur puis professeur d'allemand. Sa femme l'épaulera tout au long ses activités. L'engagement de Jean-Paul se poursuit au sein des Éclaireuses Israélites (EI) et il entame un long parcours de responsabilités tant sur le plan de l’animation que de la formation. Des générations de chefs EI seront ainsi formées par "JP"

Jean-Paul Bader dirigera aussi le Talmud-Torah de la synagogue de la Victoire et de nombreuses colonies de l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants).

Le couple Bader fait partie des grands éducateurs juifs d’après-guerre. Publié avec le soutien des Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, ce livre leur rend hommage.

Préface de René-Samuel Sirat, ancien Grand Rabbin de France

Choix de Claude Layani

l'Algerie : Une nation qui veut mourir pour mieux vivre dans l’au-delà

Oran, Mostaganem… : on déteste ce pays !

Oran, Mostaganem… : on déteste ce pays !

Par Kamel DAOUD « Le Quotidien d’ORAN »

A Mostaganem, à l’ouest du pays, un bidonville tout neuf. Il s’est installé, là, entre nuit et lune, sur un terrain agricole à l’entrée sud de la ville.

C’est l’effet d’appel de la rente et des logements sociaux. C’est la nouvelle méthode de chantage au social. Le régime « tient » la population par la promesse de logement, il en obtient votes et soumission; les demandeurs « tiennent » le régime par la demande de logement gratuit, le bidonville et les constructions illicites ou le blocage des routes.

Juste à côté, une immense mosquée, hideuse, en deux ou trois étages. C’est la troisième donne de l’équation algérienne : le religieux comme occupation de l’espace, de l’esprit, du bras, avant-bras, tête et vision du monde.

La ville de Mostaganem, ses villages, sont devenus d’une saleté repoussante. Il n’y a qu’à s’y promener pour en avoir le cœur en semelle.

On compare alors, sans cesse, la mémoire de l’enfance et le champ traversé de sachets en plastique, de déchets de chantiers. Et revient cette interrogation métaphysique : pourquoi ce peuple construit des mosquées partout, à bras-le-corps, sans esthétique ni architecture, et ne s’occupe ni de la saleté ni du travail, de la justice ou de la légalité, de l’école et de donner des noms aux étoiles ?

Il y a une mosquée inachevée chaque cent mètres presque et surtout près des plages, dernier lieu de refuge du corps et de son droit au bronzage.

Bien sûr, on va crier à l’impiété du chroniqueur parce qu’il parle de hideur des mosquées, de leur surnombre comparé aux entreprises, usines et fabriques, de l’insouciance face à l’écologie mais de l’obsession face au rite.

C’est chose habituelle et facile de se réfugier derrière le dogme pour ne pas avoir à assumer le réel et de lyncher le premier qui parle de nos défaites. Et pourtant, il faut le dire : il y a trop de mosquées monstrueuses, construites n’importe comment, partout, sans arts ni utilité, destinées au vide et à apaiser les consciences.

Et il n’y pas d’entreprises, de campagne pour un pays vert et propre, pour la santé de nos enfants, les loisirs, la joie et la vie.

Triste tableau des villages traversés où s’adosser au mur et regarder la route est le seul pendant à la prière aveugle et hâtive. Eucalyptus coupés, stationnement en mode chamelle et pagaille et visages soupçonneux.

Le pays est sans bonheur.

Au village natal du chroniqueur, une grande salle au centre : « la salle des fêtes ». On s’en sert uniquement pour les obsèques et enterrements. Cela résume tout.

En ville, à Mostaganem, de même qu’à Oran, la nouvelle mode : des affichettes sous les « feux rouges » qui vous appellent à consacrer le temps de l’attente à la prière et au repentir.

On rêve alors d’un pays où on appelle à ne pas jeter ses poubelles par les vitres de sa voiture, où on appelle à ne pas salir et cracher, insulter et honnir, qualifier de traître toute personne différente et ne pas accuser les femmes en jupes de provoquer les séismes.

On rêve de respect de la vie, des vies. Mais ce n’est plus le but de la nation. La nation veut mourir pour mieux vivre dans l’au-delà, plutôt que construire un pays, une souveraineté, une puissance.

On rêve de prier et de mourir.

On rêve de mosquées à chaque dix pas pour ne pas avoir à faire dix pas debout sur ses propres jambes.

On rêve que Dieu fasse la pluie, les courses du marché, la guerre, la paix, la santé, les hôpitaux, la Palestine, les victoires, les récoltes et les labours, pendant qu’on regarde descendre du ciel des tables garnies.

On ne rêve pas, on attend, pendant que les Chinois travaillent. Les Turcs l’ont bien compris au demeurant : ils ont offert à Oran une grosse mosquée (encore une autre tout près de celle de Ben Badis) et se sont fait offrir une gigantesque entreprise de rond à béton.

Les Turcs ont offert une mosquée, pas un hôpital, pas une école de formation pour le transfert du savoir-faire, pas une université. Non, juste une mosquée.

Nous, on va prier et eux vont construire leur puissance.

Ces mosquées sont construites dans une sorte de zèle, parfois par des hommes d’affaires soucieux de se blanchir les os et le capital. Elles sont laides comme celle construite en haut de Santa Cruz, à Oran, servant juste à sanctifier un promoteur oranais, indécente de disgrâce et de pauvreté. Elles sont partout et le travail et le muscle ne sont nulle part.

Et pourtant, on laisse faire l’affiche et l’architecte idiot.

On ne demande pas d’autorisation, on n’a pas la foi sourcilleuse et la légalité en alerte. Aucun administrateur n’aura le courage de s’y opposer.

On en aura pour fermer des locaux d’associations féministes à Oran. Là, le DRAG a du zèle en guise de courage et de la puissance.

On a de la vaillance pour fermer deux églises car c’est plus facile, c’est du djihad et de la bravoure.

On prétextera des agréments qu’on refuse de donner et de la fermeté qu’on n’a pas devant les affichages illégaux. Une question de muraille et de courte muraille selon nos proverbes.

Le mauvais goût national

On rêve.

Je rêve de ce moment où on aura une entreprise algérienne chaque dix mètres, un appel à respecter la propreté de ce pays sous chaque feu rouge, une loi qui aura la même force face à une association de défense des droits de femmes que face à une zaouïa servile ou une mosquée clandestine ou une association islamiste.

On rêve d’un pays, pas d’une salle d’attente qui attend l’au-delà pour jouir du gazon au lieu de le nourrir ici, sous nos pays, pour nous et nos enfants. On rêve et on retient, tellement difficilement, ce cri du cœur : pourquoi avoir tant combattu pour ce pays pour, à la fin, le maltraiter si durement ? Pourquoi avoir poussé nos héros à mourir pour transformer la terre sacrée en une poubelle ouverte ?

Pourquoi avoir rêvé de liberté pour en arriver à couper les arbres et inonder le pays de sachets en plastique ?

Retour.

Encore des villages, des moitiés de villes aux constructions inachevées, des hideurs architecturales, entre pagodes, bunkers, fenêtres étroites alors que le ciel est vaste, ciments nus, immeubles érigés sur des terres agricoles au nom du « social », urbanisme de la dévastation.

La crise algérienne, sa douleur se voit sur ses murs, son urbanisme catastrophique, son irrespect de la nature.

Les années 90 ont été un massacre par la pierre et le ciment.

Le « social » des années 2000 a consommé le désastre. Au fond, nous voulons tous mourir. Camper puis plier bagage. C’est tout.

Arrivée près d’une plage à Mers El Hadjadj.

Plage d’une saleté repoussante, inconcevable.

On comprend, on a l’intuition d’une volonté malsaine de détruire les bords de mer, le lieu du corps et de la nature et de le masquer par des minarets et des prières. Car il y a désormais une mosquée à chaque plage. Insidieuse culpabilisation.

Égouts en plein air. Odeurs nauséabondes. On conclut à une volonté nette de détruire ce pays et de le remplacer par une sorte de nomadisme nonchalant.

Non, c’est une évidence : on n’aime pas ce pays, on s’y venge de je ne sais quel mal intime. Tout le prouve : la pollution, le manque de sens écologique, l’urbanisme monstrueux, la saleté, les écoles où on enterre nos enfants et leurs âmes neuves pour en faire des zombies obsédés par l’au-delà.

Oui, c’est une volonté, on veut tuer cette terre. Et pendant ce meurtre, on ne trouve rien de mieux à faire que de s’attaquer à deux associations féministes à Oran. Bousculades, mots dans la tête, le cœur qui a mal, la main qui tremble sur le clavier. Tellement mal après juste une balade le long d’une route côtière.

À revisiter les villages de son enfance devenus des cités dortoirs et de mosquées défouloirs, des décharges publiques aux arbres coupés. Mais où est notre rêve de puissance et de liberté ? Pourquoi on veut tous mourir pour aller au paradis en fabricant un enfer pour nos descendants ? Pourquoi on veut tous construire des mosquées et pas un pays ?

D’où vient cette maladie qui nous a conduits à nous tuer, tuer nos différences, tuer nos enfants qui ne sont pas encore nés et tuer le temps ?

Oran.

La ville s’étend vers l’Est et mange ses terres et ses récoltes. Immeubles en cohortes. Procession vers le vide. Cannibalisme de la terre. Il y a de l’irréparable dans l’air.

Près d’une cité-dortoir, sous un feu rouge, la même affiche « occupe ton attente par la prière ! »

Le pays est une grande mosquée construite par des Chinois, meublée par l’Occident, ravagée par les racines et destinée à surveiller le corps et la lune. On y prie pendant que les Turcs travaillent, le monde creuse et conquiert, les nations se disputent les airs et les cieux.

*

Par Kamel DAOUD // Le Quotidien d’ORAN // Le 05 Mars 2018 // K. D. ///

Livre juif : Les spectateurs de Nathalie Azoulai

questionne ce premier exil.

Dans le salon d’un petit appartement, un enfant de 13 ans, sa petite sœur et ses parents regardent la télévision. Le général de Gaulle, président de la République, y donne une conférence de presse qui les sidère. Celle du 27 novembre 1967.

Les-Spectateurs-une-histoire-d-exils-par-Nathalie-Azoulai

Les-Spectateurs-une-histoire-d-exils-par-Nathalie-Azoulai

L’enfant comprend en direct qu’on peut avoir à quitter son pays natal, comme ses parents chassés de chez eux quelques années plus tôt. Bouleversé, il veut savoir comment ça s’est passé et questionne ce premier exil.

Il leur demande quand et comment on décide de partir, ce qu’on emporte dans ses valises, ce qu’on laisse derrière soi mais, à toutes ses questions, personne ne répond vraiment, comme si on lui cachait quelque chose.

Le soir même de la conférence, sa mère se confie à sa voisine Maria, une couturière qui lui confectionne toutes ses robes d’après celles que portaient les stars hollywoodiennes des années 40. Rita Hayworth, Lana Turner, Gene Tierney, des figures qui accompagnent sa vie et qu’elle invoque à tout bout de champ.

De l’autre côté du mur, l’enfant reconstitue les menaces, le départ, les adieux, et parvient à recoudre les différents pans d’une histoire qui entrelace l’amour et le secret, l’exil et le cinéma, l’Orient et l’Occident...

CHOIX DE CLAUDE LAYANI

 

Livre juif : Le nez juif de Sabyl Goussouhb

Le nez juif de Sabyl Goussouhb

Dans ce court roman très enlevé, Aleph, le narrateur, se présente comme un anti-héros, une sorte de Woody Allen inversé.

Depuis tout petit, sa mère lui répète : « T’es moche, j’espère que tu te referas le nez quand tu grandiras. Et en plus tu ressembles à un juif. » Mais Aleph sort en boîte, séduit les filles, se fait des amis. Il s’engage, il voyage. Beaucoup au Liban. Il tombe amoureux, se retrouve dans le cinéma et rien ne se passe jamais comme prévu.

Entre Paris et Beyrouth, la Palestine et Israël, le Hezbollah et le Mossad, Aleph doit faire des choix. Arabe sous une peau de Juif, il est en quête permanente d’identité..

Extrait du roman

« Elle m’a expliqué pourquoi sa dernière relation avec un New-Yorkais n’avait pas duré.

– Le problème, c’est qu’il était juif. Pourtant, je le trouvais séduisant. Il faisait du skateboard et j’adore les mecs qui font du skate ! Mais juif, c’est pas possible. Et toi, ton ex ?

Et moi ? Moi, qu’est-ce que j’allais lui répondre, à Layal ? Que justement ma dernière copine à Paris était juive ?

– Une Brésilienne, on est restés quatre mois ensemble, puis elle en a eu marre de moi.

– Ah bon, pourquoi ?

– Elle me trouvait trop compliqué.

– Pourtant, t’as l’air facile comme garçon.  »

 Choix de Claude Layani

 

 

Livre juif : Histoire d'Israël Michel Abitbol

Histoire d'Israël Michel Abitbol

Un ouvrage appelé à devenir la synthèse de référence sur l'histoire d'Israël, depuis les premières migrations en Terre Sainte jusqu'à nos jours.

Dans cette vaste synthèse, Michel Abitbol retrace l'histoire d'Israël, de sa naissance, en 1948, à nos jours. Après avoir analysé les origines du nationalisme juif et du sionisme, il décrypte l'arrière-plan historique de la déclaration Balfour de 1917 et la résolution de l'ONU du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe.

L'auteur évoque ensuite les sources du conflit entre Juifs et Arabes, puis suit, pas à pas, l'évolution du mandat britannique dans ses atermoiements et ses contradictions, l'édification d'un Etat juif démocratique en même temps que l'émergence d'une " nation " israélienne et d'une culture hébraïque moderne nées du brassage des vagues successives d'immigrants.

Le " retour des exilés ", marqué par des réussites exceptionnelles, aboutit à des clivages économiques, sociaux, religieux et culturels mettant à mal la cohésion de la jeune société israélienne dans un contexte de guerres meurtrières auquel ni la victoire de juin 1967 ni les accords d'Oslo avec les Palestiniens en 1993 ne mirent un terme.

La montée des extrémismes rend plus incertaine que jamais l'établissement d'une paix durable dans la région.
S'appuyant sur des sources variées et solides, Michel Abitbol apporte les éléments indispensables permettant d'appréhender dans toute sa complexité l'histoire sans pareille de l'Etat juif.

Michel Abitbol, orientaliste de réputation internationale, a notamment publié chez Perrin Le Passé d'une discorde , couronné par le prix Thiers de l'Académie française, Les Deux Terres promises, une Histoire du Maroc et une Histoire des juifs.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Israël mode d'emploi de Jacques Bendelac

jacques Bendelac bendelac Israël mode d'emploi

Bienvenue en Israël ! En descendant de l'avion, le visiteur est vite confronté aux stéréotypes de l'Israélien : sa houtspa (son culot) légendaire, son incivilité chronique, sa tenue vestimentaire décontractée, sa fascination pour les gadgets électroniques, son goût pour la tomate au petit déjeuner, etc.

Certes, l'Israélien a beaucoup changé : en sept décennies, il a modifié ses valeurs et s'est choisi de nouvelles références. Pour la jeune génération d'Israéliens, Ben Gourion n'est plus le fondateur de l'État juif, mais le nom d'un aéroport international ,Rothschild n'est plus une lignée de philanthropes juifs, mais un célèbre boulevard de Tel Aviv, Léviathan ne rappelle plus un monstre marin évoqué dans la Bible, mais un champ gazier aux larges des côtes israéliennes.

Même les icônes culturelles, politiques et économiques des Israéliens, se sont transformées: la Nation start-up a remplacé l'Etat kibboutz, le sushi le falafel, et le corps du mannequin Bar Refaeli est préféré au visage souriant des premiers immigrants.

Au passage, l'Israélien a même fini par oublier d'où il vient : le Peuple du Livre est devenu le Peuple de l'Internet, et ce qui reste des rescapés de la Shoah vit dans le dénuement alors que le capitalisme sauvage a remplacé le collectivisme solidaire.

Autant de nouveaux mythes qui symbolisent l'évolution de la culture de masse de 1948 à nos jours, c'est-à-dire soixante-dix ans depuis la création de l'état d'Israël.

Ce livre est conçu comme un dictionnaire, même s'il ne prétend pas être une somme encyclopédique : une centaine d'entrées couvrent les principales caractéristiques de la société israélienne.

À la manière des « Mythologies » de Roland Barthes, il se veut un outil de compréhension pour ceux qui cherchent à déchiffrer l'évolution du pays au cours des sept dernières décennies.

L'AUTEUR Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem où il vit depuis 1983.

Il a publié de nombreux essais et articles consacrés à la société contemporaine en Israël et aux relations israélo-palestiniennes. Il commente régulièrement l'actualité économique et sociale en Israël dans les médias français et israéliens.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Juifs sans argent de Michael Gold

Juifs sans argent de Michael Gold

JUIFS SANS ARGENT

Michael GOLD

Lower East Side, Manhattan, 1900. L'envers du rêve américain. Dans les taudis, les immigrés juifs, irlandais, italiens s'entassent et se tuent à la tâche. Dans la rue, les gamins grandissent entre prostituées, gangsters, vendeurs ambulants et travailleurs exploités. Parmi eux, le jeune Mike fait ses premières expériences de la vie.

« Effervescence, crasse, bagarres, chaos ! La rumeur de ma rue montait comme le grondement d’une fête foraine, comme l’onde de choc d’une catastrophe. Ce bruit résonnait constamment à mes oreilles. Même dans mon sommeil, je l’entendais ; je l’entends encore aujourd’hui. »

Michael Gold, fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est, chef de file de la littérature prolétarienne américaine et militant communiste, nous plonge, avec ce roman, dans le quotidien d'un quartier populaire de New York.

Choix de Claude Layani

Livre juif : A l'heure d'Israël de Léon Askénazi et André Chouraqui

A l'heure d'Israël

Durant l’été 1987, près de quarante ans après la fondation de l’État d’Israël, deux géants du judaïsme français, Léon Askénazi et André Chouraqui eurent des entretiens à Jérusalem sur le destin de leur peuple, du sionisme et de leur religion. Trente ans plus tard, ce document unique est rendu accessible pour la première fois au public, présenté et annoté par l’historien des idées Denis Charbit.

Dans son essai introductif, celui-ci décrit le contexte intellectuel et politique dans lequel eurent lieu ces conversations amicales. André Chouraqui (1917-2007), traducteur de la Bible hébraïque, des Evangiles et du Coran, prophète inlassable du dialogue entre les trois monothéismes abrahamiques, était a priori bien différent du maître talmudique visionnaire que fut Léon Askénazi (1922-1996), connu de plusieurs générations d’élèves sous le surnom : « Manitou ».

Mais les deux hommes étaient tous deux issus du judaïsme algérien, tous deux avaient été formés dans l’esprit républicain français, tous deux avaient fait ensuite leur alya et étaient animés d’une commune ferveur sioniste. Sur quels fondements judaïques une telle ferveur s’appuyait-elle, comment chacun des deux interlocuteurs faisait-il le lien entre les dimensions spirituelle et temporelle, quelles conséquences politiques en tirait-il ? Avec trente ans de recul, le lecteur d’aujourd’hui peut relire ces échanges passionnés à la lumière de l’Histoire. LES AUTEURS Léon Askénazi (1922-1996), dit « Manitou », et André Chouraqui (1917-2007) furent deux immenses figures du judaïsme francophone contemporain.

Ils ont exercé une influence décisive sur la pensée juive en France, le premier par son enseignement philosophique à travers la célèbre « école d’Orsay », le second par sa traduction de la Bible hébraïque, mais aussi du Nouveau Testament et du Coran. Tous deux sont ensuite partis s’installer à Jérusalem – André Chouraqui sera même vice-maire de la ville. Denis Charbit est un universitaire israélien, historien des idées politiques au XXème siècle, et notamment du sionisme. Il a publié entre autres chez Albin Michel Sionistes. Textes fondamentaux (1998) et Qu’est-ce que le sionisme ? (Présences du judaïsme poche, 2007). Il a été un des contributeurs de l’Histoire des relations entre juifs et musulmans des origines à nos jours (Albin Michel, 2013).
Choix de Claude Layani