Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : L'étude juive de Mikhtav Hadash

L'étude juive de Mikhtav Hadash

 

Quelle est la place spécifique accordée par le judaïsme à l’étude des textes ? Quelles sont les règles d’interprétation ? Quelles sont les méthodes d’étude ? Est-elle réservée à quelques savants ou bien destinée à tous ?

L'étude juive de Mikhtav Hadash

L'étude juive de Mikhtav Hadash

Surtout, dans quel but les Juifs étudient-ils les textes avec tant d’acharnement ? Est-ce seulement en vue d’établir les lois pratiques qui découlent de la Tora ?

L’étude doit-elle précéder ou accompagner la pratique des rites ? Les Juifs cherchent-ils autre chose dans cette forme d’ascèse qu’est la pratique de l’étude des textes ?

L’étude est aussi un chemin vers soi et vers Dieu. Et par-dessus tout, loin des règles figées et de la quête d’une vérité unique, l’étude passe par l’interprétation, permet de faire émerger une infinité de sens à partir des versets, des mots, des lettres et même des espaces blancs.

C’est ce questionnement collectif sans cesse reconduit qui fait vivre la tradition juive et la renouvelle librement de génération en génération.
Les auteurs de ce dossier éclairent toutes ces questions, chacun à leur manière.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Rouge Eden de Pierre J.B. Benichou

rencontre avec un vieux kabbaliste

3 janvier 1991. Quartier de haute sécurité d'un pénitencier de Floride.

Rouge Eden de Pierre J.B. Benichou

Rouge Eden de Pierre J.B. Benichou

Condamné à la peine capitale, Will Birdy a passé quinze ans de sa vie en prison. Coupable de plus de cent crimes atroces contre des jeunes femmes, le tueur n'a plus qu'une peur : que l'enfer soit sa prochaine destination.

Il lui reste une nuit en compagnie d'un prêtre pour exorciser les forces qui le dominent, expier, et comprendre qui il était vraiment. À l'aube, à moins d'une grâce de dernière minute, il sera exécuté sur la chaise électrique.

Des années plus tôt, à des milliers de kilomètres de là, un physicien soviétique est condamné par erreur, humilié, torturé et envoyé au goulag dans les pires conditions, sans savoir ce qu'il est advenu de sa famille.

À bord du train qui l'entraîne dans les ténèbres de l'injustice et de l'oubli, cet expert en physique quantique, respecté par les plus grands scientifiques de son époque, s'ouvre à d'étranges secrets grâce à sa rencontre avec un vieux kabbaliste sur le point de rendre son dernier souffle. 

Deux destins que rien ne semble lier, se croisent à contre courant dans les couloirs du temps... L'un victime et l'autre bourreau, ils finiront par entrevoir que l'enfer est sur terre et que chacun est son propre démon. 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Les Juifs au temps de Saint Louis

Les Juifs au temps de Saint Louis

 

Figure majeure de l'histoire de France, saint Louis constitue pour les juifs un symbole ambigu. D'un côté, il représente la bigoterie anti-juive puisqu'il fait brûler le Talmud, impose le port de la rouelle (l'ancêtre de l'étoile jaune), et cherche à expulser les juifs du royaume de France.

D'un autre côté, le XIIIe siècle qu'il incarne constitue pour les juifs de France un certain âge d'or, en phase avec ce moment d'apogée politique, économique et culturel que connaît la Chrétienté occidentale.

Au-delà de la figure personnelle de Louis IX – qui fut sans doute du reste un souverain plus pragmatique qu'on ne le laisse traditionnellement penser – l'auteur dresse un portrait clair de la société juive d'alors dans son rapport au pouvoir politique, dans son insertion socio-économique en cette ère de naissance du capitalisme, et dans sa vie culturelle : non seulement à travers le commentaire de la Bible et du Talmud (l'école dite des Tossafistes est encore aujourd'hui la référence absolue), mais aussi dans la réception des sciences profanes et dans l'interaction avec le monde intellectuel chrétien.

Choix de Claude Layani

Livre juif : L'oubli de la lettre

L'oubli de la lettre

 

Les « Textes sacrés » ont mauvais presse aujourd'hui, qui nourrissent des « lectures fondamentalistes ».
Or, le fondamentalisme naît précisément d'une non-lecture, dans la mesure où toute lecture est confrontation active avec un texte qui ne dit rien de lui-même. En regard, l'approche historico-critique se révèle lui aussi comme un contournement du texte biblique.

Éminent spécialiste du midrach, cette lecture juive qui demande simultanément qu'on se laisse interpeller par l'altérité du texte et qu'on produise à partir de lui de nouveaux questionnements,

David Banon déconstruit la critique biblique ainsi que la doctrine paulinienne qui en forme l'arrière-plan inconscient pour mieux nous introduire à une lecture vivante de la Bible et se confronter ainsi aux grandes questions : la création du monde, les rapports homme-femme, la filiation, le statut de l'étranger, le rôle du rite et de l'interdit ou encore la souffrance animale.

Choix de Claude Layani

Livre : 2017 dernière chance avant le grand remplacement

2017 Dernière chance avant le grand remplacement

2017, dernière chance avant le Grand Remplacement.Changer de peuple ou changer de politique ?

Renaud Camus. Entretiens avec Philippe Karsenty

Fantasme ou réalité, concept ou phénomène observé, le Grand Remplacement, néologisme forgé par Renaud Camus, serait la substitution progressive, en quelques décennies, de la population historique de notre pays par des populations issues de l’immigration, majoritairement extra-européenne.

Le Grand Remplacement est contesté par une grande partie des politiques et des médias français mais il est en même temps de plus en plus dénoncé par l’opinion publique. Remplacement, remplacés, remplaçants, Renaud Camus s’explique tout en démasquant les complices de ce processus : médias, politiques, sociologues et intellectuels.

Pour Renaud Camus, Le Grand Remplacement est une réalité dangereuse qui doit être combattue, au même titre que les grands mythes historiographiques qui le rendent possible.
Ce livre d’entretien permet de comprendre et appréhender ce qui se déroule sous nos yeux depuis plusieurs décennies en France, et plus généralement en Europe.

Dans ce livre corrosif, Renaud Camus répond aux questions de Philippe Karsenty.

Intellectuel français souvent classé à la droite de la droite, Renaud Camus affirme que son idéal culturel, politique et civilisationnel est Winston Churchill. Auteur du néologisme politique « Le Grand Remplacement », il est souvent contesté mais ne laisse jamais indifférent.

Editeur, homme d’affaires et élu français, Philippe Karsenty participe aux débats politiques français et internationaux depuis le début des années 2000.

Choix de Claude Layani

Livre : La chute de l'empire américain par Alexandre Adler

La chute de l'empire américain

 

« L’élection de Donald Trump envoie un message définitif à l’establishment américain. L’expulsion des loyalistes en 1780 avait signifié le caractère irréconciliable de la rupture définitive avec la métropole britannique.

Livre : La chute de l'empire américain par Alexandre Adler

Livre : La chute de l'empire américain par Alexandre Adler

La violence sanguinaire de la guerre de Sécession avait rendu définitivement inacceptable la poursuite de l’esclavage. Le reste mit un bon siècle à accoucher mais, dès cette époque, la citoyenneté était ouverte à tous les habitants noirs et, plus tard, indiens et asiatiques du pays. « Your huddled masses yearning to breathe free » (Vos masses en rang serrés aspirant à vivre libres), proclame fièrement la Statue de la Liberté du frère franc-maçon et français Bartholdi dans les vers magnifiques de la poétesse juive new-yorkaise Emma Lazarus.

Aujourd’hui, malheureusement, la leçon joue dans l’autre sens : n’abandonnez pas le peuple au profit d’une culture que nous rejetons, disent les électeurs de Donald Trump.

Mais que s’est-il passé au cœur de la société américaine pour que nous en soyons là ? Stupéfait moi aussi de cette élection, je questionne ici l’Empire américain, l’histoire de ses héros, réels ou symboliques ; les racines de la contre-révolution ; et bien sûr les inquiétantes relations internationales… 

Choix de Claude Layani

Paracha de la semaine : Yitro la Thora notre titre de gloire

Yitro la Thora notre titre de gloire

Yitro la Thora notre titre de gloire

Yitro la Thora notre titre de gloire

Yitro La Thora notre titre de gloire

Nos ancêtres en recevant les Dix Commandements se trouvaient en plein désert face à face avec D.ieu. Mais en ce jour, D.ieu fit une alliance avec Israël et toute l’humanité.

Israël ne doit pas rester l’unique propriétaire du trésor divin, il n’en est que le dépositaire charger de le semer sur sa route à travers les siècles. Quelques citations tirées des Pirké Avoth, les maximes des Pères de la Synagogue ne nous laisse aucun doute sur cette mission. « La voix entendue au Mont Sinaï s’est répercutée dans toutes les directions, elle a eu soixante-dix échos. La Torah a été donnée aux Juifs pour être communiquée par eux aux soixante dix nations à savoir à toute l’humanité.

La Torah est notre titre de naissance et notre arbre généalogique. Elle nous dit de qui nous descendons et qui nous sommes. Elle est aussi notre titre de noblesse puisqu’elle est la charte de l’alliance entre D.ieu et Israël qui, en l’acceptant, a été promu du rang de peuple esclave à celui de peuple prêtre. Bien plus, elle est l’être de notre être. Elle est notre élément naturel comme l’eau pour le poisson. Nous lui devons notre vie et notre survie. Elle nous a permis de résister victorieusement non seulement aux ferments de dissolution qui ont eu raison de civilisations plus brillantes et des empires plus puissants, mais aussi aux entreprises les plus démoniaques qui, à travers, les âges et particulièrement dans un passé récent ont tout mis en oeuvre pour nous dégrader, nous avilir, nous déshumaniser.

C’est bien grâce à la Torah si nous n’avons pas perdu la raison, si nous avons continué à nier l’absurde et conservé une foi intacte dans l’avenir, dans les valeurs morales, dans l’homme.

La Torah vient de D.ieu, elle nous renvoie indéfiniment à Lui. C’est ce que nous indique le texte sacré, quand il nous montre la Che’hina, Sa présence entre les Chérubins, placés au-dessus de l’Arche qui renfermait les Tables de la Loi. Son caractère infini ne saurait donc être entamé par Sa Révélation. Celle-ci assure à la Torah une fécondité inépuisable.

« Approfondis-la sans cesse et en tout sens, car tout est en elle ». nous conseille Ben Bag Bag dans les Pirqé Avoth. La Torah est un appel, une invitation à une ascension. Elle est une règle de vie pour l’homme.

Elle nous a été donnée non pas pour nous renseigner sur la nature métaphysique de D.ieu, qui est au-dessus de l’entendement humain, mais pour nous éclairer sur le sens de sa volonté. Si la Torah a été révélée dans le désert sur le Mont Sinaï, si Israël ne peut suffire à la contenir ou à la monopoliser, il en est, et en sera de plus en plus le principal émetteur, comme l’indique le verset en apparence banal, que nous récitons trop machinalement mais auquel nous devrions donner son sens plein: « Ki mitziyon tétsé Torah oudvar Adon. mirouchalayim » c’est de Sion que sortira la Torah, l’enseignement et la parole de D.ieu de Jérusalem.

Cela a été vrai dans le passé, c’est manifestement vrai aujourd’hui et ce sera encore plus vrai dans l’avenir. Restons donc branchés en permanence sur cet émetteur de foi, de courage, de lumière et d’espérance.

Claude LAYANI

Livre juif : Une patrie portative de Daniel Boyarim

Une patrie portative de Daniel Boyarim

Imprégné de mélancolie, le terme « diaspora » a souvent été utilisé pour décrire la dispersion du peuple juif à travers les nations et la fin d’une identité – certes problématique – entre le peuple d’Israël et la Terre promise qui l’a porté.
Et si les Juifs, dispersés parmi les Nations, avaient trouvé dans le Talmud de Babylone un « lieu » où se construit leur identité : une patrie « portative » en quelque sorte ?

C’est la thèse que développe ici Daniel Boyarin. Le Talmud serait ce lieu sans lieu où l’être juif se constituerait au fil de son histoire, un texte qui serait devenu au fil du temps un espace sans frontière pour la reconnaissance d’une judéité et ce d’une manière beaucoup plus intime qu’un rapport à un territoire bien défini.

Avec la science qu’on lui connaît, Daniel Boyarin nous initie à l’étude du Talmud en montrant comment Israël a pour premier lieu le livre.

Professeur à Berkeley, juif orthodoxe, spécialiste du Talmud, Daniel Boyarin est mondialement connu pour ses travaux novateurs, dont La partition du judaïsme et du christianisme (2011) ou Le Christ juif (2013), publiés aux Éditions du Cerf.

Traduit par
Marc Rastoin avec la collaboration de Cécile Rastoin

Choix de Claude Layani

Livre juif : Une étrange rencontre de Nathalie Cohen

Une étrange rencontre de Nathalie Cohen

 

Comment Jérusalem, Athènes et Rome se sont-elles rencontrées dans cette Antiquité qui a décidé de la culture européenne ? Pourquoi une fille de juifs tunisiens immigrés en France se met-elle en quête de ses racines en devenant helléniste ?

Ces deux questions n’en font qu’une pour Nathalie Cohen qui tisse ici son histoire personnelle dans l’histoire des idées. C’est à un voyage vers Alexandrie, la cité de celui qui le premier se rêva empereur du monde, que nous invite cet essai intimiste et érudit. Une ville hantée par la confrontation de Moïse et de Platon, où le sacré se rêva néanmoins un temps métissé.

Convoquant la Torah, le Talmud et les Évangiles aussi bien que les rabbins de Palestine et les rédacteurs de la Septante, les polémistes païens et les apologètes hellénistiques ou romains, Philon d’Alexandrie et Flavius Josèphe, sans oublier Paul de Tarse, ce livre interroge les sources pour mieux questionner la mode actuelle du « judéo-christianisme ».

Et si ce fastueux passé incitait à redécouvrir que le dialogue n’a d’autre vrai fondement que la reconnaissance des différences ? Que l’enseignement des religions n’est pas un tribut à hier mais un gage pour demain ?

Agrégée des lettres classiques, Nathalie Cohen a effectué des recherches en judaïsme hellénistique et en patristique grecque, sans cesser de se pencher sur le monde séfarade dont elle est issue.

Choix de Claude Layani

Paracha de la semaine : BECHALA’H Le miracle de la Mer Rouge

BECHALA’H Le miracle de la Mer Rouge

BECHALA’H Le miracle de la Mer Rouge

Alors que les notes d’allégresse chantée après le miracle de la Mer Rouge résonnaient encore, tandis que les Hébreux venaient de se « convaincre » de la véracité de la mission de Moïse puisqu’ils « eurent foi en l’Eternel et en Moïse, son serviteur »(XIV,30), la première épreuve du désert est un échec.

« ... ils marchèrent trois jours sans trouver d’eau... ils ne purent boire l’eau de Marah, car elle était trop amère...

Le peuple murmura contre Moïse... il implora le Seigneur... l’eau s’adoucit ».

Si nous suivons l’interprétation de nos Sages (Baba Kama 82a) l’absence d’eau serait une pénurie de « Limoud Hatorah ». Le manque d’études de Thorah au bout de trois jours provoqua l’évanouissement de toute la foi antécédente et transforma toute autre « aliment » spirituel du monde environnant en « eau amère » entraînant la rébellion.

C’est pourquoi, en quelque sorte en « avant première » à la révélation du Sinaï, le texte poursuit: « Là-bas, il lui imposa un principe et une loi et là-bas il le mit à l’épreuve », c’est-à-dire que non seulement une certaine pratique mais aussi une étude régulière furent imposées, concernant essentiellement le Chabbat, le respect des parents et la justice sociale.

BECHALA’H Le miracle de la Mer Rouge

BECHALA’H Le miracle de la Mer Rouge

Dans le cadre restreint de notre réflexion nous nous contenterons de relever la gravité de « marcher trois jours sans Thorah » et l’importance de l’étude qui nécessitera peut-être la réelle promulgation anticipée de lois qui seront son objet et vecteur de méditation.

Pour que les Enfants d’Israël ne sombrent pas et pour que le peuple juif se perpétue, l’impératif du « limoud » sera dès les origines, et sans cesse rappelé.

Nos commentateurs font remarquer qu’après le miracle et le Cantique de la Mer rouge, le récit nous plonge dans un univers complètement différent, comme si rien ne s’était produit, ni le passage de la Mer Rouge, ni D.ieu qui se révèle, ni le Cantique ni la foi nouvelle. De tout cela, il n’est même plus fait mention.

Nous trouvons à deux reprises au lieu des mots « ils crurent », ceux de: « ils murmurèrent » (15,24), et à la place du lyrisme du Cantique la grisaille prosaïque de l’existence, l’eau de la boisson et cette eau est amère, le pain que l’on ne trouve pas. Certes, un miracle à nouveau survient, celui de la manne céleste.

Mais il se produit dans un monde qui n’est plus celui du chant mais de la tentation (massa) et des conflits (mériba). En outre, le peuple a perdu la foi et ose demander (18,7): « Nous verrons si l’Eternel est avec nous ou non ».

La sidra Bechala’h nous enseigne quelque chose de fondamental à savoir que le miracle, la Révélation qui inspire à l’homme un cantique, toutes ces manifestations ne sont que des épisodes transitoires, sans influence sur la suite des événements. Mais ce qui dure, ce n’est pas la poésie de la vie, mais sa prose. Et c’est précisément dans le cadre de cette prose de la vie - « ils murmurèrent » que s’opère le don de la Torah à Israël.

Avant même ce don de la Torah, le shabbat fut proclamé comme institution centrale de l’existence juive.Cet enseignement est d’une portée inestimable.

Tout miracle ou facteur surnaturel se révèle sans portée du point de vue religieux et de toute manière efficace pour fonder la foi. La génération qui a vu les miracles et les prodiges n’a pas cru.

Quant au verset « ils crurent en D.ieu et son serviteur Moïse », il nous parle de la foi instantanée éprouvée sous l’empire du danger présent. L’instant après « ils murmurèrent » et ont déjà oublié le grand miracle du passage de la Mer Rouge.

Un midrach va jusqu’à dire que les Hébreux à peine arrivés sur l’autre rive et voyant les Egyptiens morts s’exclamèrent: « fabriquons une idole et retournons en Egypte, car l’idolâtrie est bien plus confortable que le service du D.ieu d’Israël. Et pourtant il se trouvait de nombreuses générations après cet échec qui sont restés fidèles à D.ieu malgré les souffrances et ils y ont cru d’un foi profonde.La foi ne saurait être donnée, chose impossible, de l’extérieur. Elle ne peut croître que grâce aux efforts de l’homme, par ses décisions et son libre arbitre.

Claude Layani