Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Le silence des prophètes entretiens avec Marc Leboucher

Le silence des prophètes entretiens avec Marc Leboucher

Dans le champ intellectuel du judaïsme français, Gérard Haddad occupe une place originale et témoigne d'un parcours atypique. Né en Tunisie, il fait des études d'agronomie, pour se tourner ensuite vers la psychiatrie et la psychanalyse grâce à la rencontre décisive de Jacques Lacan.

Profondément marqué par la figure de Yeshayahou Leibowitz, il est aujourd'hui très critique de la politique sécuritaire d'Israël et de l'évolution identitaire du judaïsme français.

En évoquant son itinéraire, Gérard Haddad partage sa quête de vérité, son regard sur les grands monothéismes, sa redécouverte d'un judaïsme centré sur la confrontation au texte, au rebours de tout fondamentalisme. Il aborde aussi l'apport de la psychanalyse, si souvent décriée aujourd'hui, et qui est appelée à renouveler en profondeur ses intuitions premières. Interrogé ici par Marc Leboucher, il revient en particulier sur ce qu'il nomme le « silence des voix juives » et le profond affadissement de la tradition prophétique que celui-ci révèle.

AUTEUR Gérard Haddad, écrivain, est psychiatre et psychanalyste. Il a publié de nombreux ouvrages dont Manger le livre, Le jour où Lacan m'a adopté, Lumières des astres éteints chez Grasset et Tu honoreras le jour du sabbat chez Salvator. Marc Leboucher est écrivain et éditeur aux Éditions Salvator.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Mémorial des Judéo-Espagnols déportés de France

Mémorial des Judéo-Espagnols déportés de France

Le Mémorial des Judéo- Espagnols déportés de France écrit l’histoire de cette communauté issue de l’ancien Empire ottoman, qui a conservé la langue espagnole depuis son expulsion d’Espagne au XVe siècle. Arrivés à la fin du XIXe siècle en France, ils sont près de 35 000 à y vivre en 1939.

5 300 sont déportés, très peu reviennent. Le livre retranscrit cette histoire et consigne l’ensemble des noms des déportés judéo-espagnols depuis la France.

Dans le cadre du Salon du Livre du Mémorial de la Shoah.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Dictionnaire amoureux des Langues

Dictionnaire amoureux des Langues

 

" Dictionnaire est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens".

Personne n'est indifférent aux langues humaines, dont l'apparition, aux aurores de notre espèce, est ce qui a permis à ses membres de nouer des relations sociales qu'aucune autre espèce animale ne connaît.

Ceux et celles qui n'aiment pas les langues, parce que la difficulté d'apprendre certaines d'entre elles les rebute, trouveront dans ce Dictionnaire, sinon des raisons de les aimer, du moins assez de matière pour rester étonnés devant tout ce que les langues nous permettent de faire, de dire, et de comprendre sur notre nature.

Partout apparaît avec éclat l'ingéniosité infinie des populations humaines, confrontées au défi de dire le monde avec des moyens très limités.
" Comme tout dictionnaire, celui-ci ne requiert pas de lecture d'un bout à l'autre : il est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens. "

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Les patriotes de Sana Krasikov

Les patriotes de Sana Krasikov

Alors que les États-Unis sont frappés par la Grande Dépression, Florence Fein, à seulement 24 ans, quitte Brooklyn pour une ville industrielle de l’Oural, dans la toute jeune URSS. Elle n’y trouvera pas ce qu’elle espérait : un idéal d’indépendance et de liberté.

Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis.

Des années plus tard, en apprenant l’ouverture des archives du KGB, il revient en Russie et découvre les zones d’ombre de la vie de sa mère.

Entremêlant époques et lieux, ce premier roman magistral de Sana Krasikov nous plonge au cœur de l’affrontement Est-Ouest en explorant, à travers le destin de trois générations d’une famille juive, l’histoire méconnue de milliers d’Américains abandonnés par leur pays en pleine terreur stalinienne, et les conséquences de nos choix individuels sur la vie de nos enfants.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Le dictionnaire de ma vie de Elie Chouraqui

Le dictionnaire de ma vie de Elie Chouraqui

Quelle vie ! Lettre après lettre, Élie Chouraqui raconte son histoire comme un roman avec une liberté de parole et de ton décapante. Le récit sans langue de bois d'un parcours artistique couronné de succès envers et contre presque tout. Aucune bonne fée ne s'est en effet penchée sur le berceau de ce fils d'une modeste famille juive revenue d'Algérie.

Rien ne le prédestinait à devenir athlète de haut niveau, scénariste, réalisateur de cinéma, auteur, metteur en scène de comédie musicale, sinon l'amour d'une mère adorée et trop tôt disparue et une audace faite de mille angoisses. Avec une extrême sensibilité qui éclaire aussi son talent et ses succès à l'écran ou à la scène, Élie Chouraqui ne dissimule rien de ses désarrois intimes, de ses passions et de ses colères.

Cette mise à nue, écrite dans un style à la fois séduisant et très original, une plume d'écrivain, est souvent bouleversante et fait tomber le masque d'un homme qui, jusqu'alors, s'est protégé par l'humour. Rien ne l'a épargné, un accident de jeunesse qui déforme son visage, la mort trop précoce de sa mère, le regard jamais indulgent de la critique !

Mais sa vie est aussi faite de rencontres exceptionnelles. Ce sont plus de quarante années qui défilent ainsi sous nos yeux étonnés par cette énergie, ce goût des autres, cette recherche du bonheur, cette part de tragique, cette nécessité de créer, ce refus du renoncement..

Choix de Claude Layani

Livre juif : Dictionnaire amoureux de Joseph Kessel par Olivier Weber

Dictionnaire amoureux de Joseph Kessel par Olivier Weber

À l'occasion des 40 ans de la disparition de Joseph Kessel, Olivier Weber livre son Dictionnaire amoureux du "Lion", ce voyageur révolté au faciès de baroudeur et au regard tendre ; un témoin parmi les hommes.

« Les sentiments en bataille qui parcourent les livres de Joseph Kessel ne sont que le reflet d'une âme chavirée, mais qui demeure d'abord un cœur pur, où l'amitié des hommes compte autant que le goût du baroud. Plus que reporter au long cours, chantre de la grandeur humaine, il fut chroniqueur du monde, dans le fracas des guerres et le tourment des sentiments.

Conteur des steppes, "Jef", ainsi que le surnomment ses amis, reste un témoin parmi les hommes, un marcheur dans le siècle traversé avec passion, un compagnon des aventures les plus improbables, un coureur d'horizons qui en aurait trop vu, un chantre de la souffrance et du bonheur des êtres, quels qu'ils soient.

Pour Kessel, la vie somme toute n’aura été qu’un perpétuel mouvement de balancier. Des steppes argentines où il est né en 1898 aux ors de l’Académie française, des maquis improbables aux salons littéraires, « Jef le Lion » voulait autant traîner ses guêtres « là-bas » que témoigner « ici ».

Éternelle soif de l’ailleurs et de l’autre qui ne fut étanchée que dans le désir d’écrire, non moins éternel. L’aventure était pour lui une maîtresse insatiable. Écrivain, grand reporter, Kessel demeure avant tout un homme de légende qui aura traversé deux conflits mondiaux, la révolution russe, maintes guerres civiles.

Le monde était sa demeure, envahie par un vent entêtant, celui de l’appel au voyage. Chroniqueur des drames et spectateur engagé, fils d’un médecin juif d’origine russe, il était le frère des souffrants, au point qu’au soir de sa vie, infatigable révolté, romancier dostoïevskien, il prononça ces mots : « Ce que je n’aime pas, c’est l’injustice. » Superbe épitaphe pour les générations futures, reporters, écrivains et voyageurs. »
Olivier Weber
Choix d Claude Layani

Livre juif : Bioéthique et demandes sociétales de Elie Botbol

Bioéthique et demandes sociétales de Elie Botbol

La lecture de ce bel essai nous invite à réfléchir sur la place de l'éthique en général, et, partant, de l'éthique juive dans la cité contemporaine. Une éthique qui ne serait pas la servante docile et irréfléchie des modes et tendances de notre temps.

Une éthique qui ne serait pas, non plus, l'ennemie hargneuse de la société actuelle, la rêveuse nostalgique du monde d'hier. Bref, une éthique capable d'être, à la fois, dans son époque et contre son époque.

Dans son époque : c'est-à-dire, sensible aux interrogations dramatiques et aux défis douloureux de la cité contemporaine. Contre son époque : dans le refus résolu des tentations dangereuses, des dérives totalitaires qui se font jour dans la société.
La lecture du livre d'Elie Botbol est une invitation à construire et à imaginer cette double mission de la pensée contemporaine.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Comment Ils vivaient, à la recherche des derniers Juifs de Lituanie

37 346 c'est le nombre de Juifs assassinés

 37 346 c'est le nombre de Juifs assassinés en cinq mois par le colonel SS Karl Jäger, responsable des Einsatzgruppen de Lituanie.

Dans un rapport glaçant, daté du 1er décembre 1941, ces meurtres sont consignés en détail. Jean Grégor, lorsqu'il découvre le rapport, refuse l'idée que des vies soient réduites à une ligne dans un document administratif. Il décide alors avec son père, Pierre Péan, de reconstituer le monde perdu de ces Juifs, englouti par la machine à broyer nazie. 

Partant de témoignages des descendants, des survivants, de souvenirs intimes, de photos et de lettres, ils cheminent entre l'histoire des victimes et celle des bourreaux, pour mieux appréhender ce moment unique de l'histoire du génocide des Juifs. Quelles étaient les motivations des assassins ? Dans quel plan dément se situe ces meurtres de masse ? Pourquoi l'histoire n'a pas retenu ceux qui furent anéantis avant la mise en place de l'industrie de la mort symbolisée par Auschwitz ? Telles sont les questions auxquelles père et fils tentent de répondre ensemble, interrogeant historiens, yiddishistes, procureurs, qui jouent tous ici le rôle de passeurs et de guides. C'est l'image d'un peuple amoureux des livres, des langues et de la culture qui revit, nous rappelant, de manière frappante, à quel point ces gens assassinés nous ressemblaient.

Choix de Claude Layani

Livre juif : La Torah n'est pas au ciel nature et fonction de la loi juive Eliezer Berkovits

Eliezer Berkovits la torah n'est pas au ciel

Dans cette synthèse magistrale, Eliezer Berkovits (1908-1992), un des grands rabbins et philosophes juifs du XXe siècle, analyse avec clarté les enjeux profondément humains de la Loi juive, la halakhah. Sa réflexion est nourrie de ses responsabilités de grand rabbin de Berlin en 1939, où il mesura comment une application trop rigide de la loi avait des effets catastrophiques pour certains Juifs mis dans l’incapacité d’émigrer. Ces impasses le hanteront et inspireront une bonne partie de son œuvre ultérieure, qu’elle porte sur le get (acte de divorce) et la condition des femmes ou le statut de la halakhah dans le contexte de la Shoah.

Explorant les diverses techniques d’exégèse employées par les rabbins pour faire évoluer le droit, il s’interroge sur la notion d’autorité et la place de la halakhah dans une société démocratique. Il montre, dans le droit fil de la tradition rabbinique, que la Loi juive est toujours en construction puisque, suivant un fameux passage du Talmud, "la Torah n’est pas au ciel".

Ces pages posent admirablement le problème de la dimension éthique de la vie juive et insistent sur la dimension humaniste de la Loi. La halakhah, comme l’indique la racine du mot haloch ("marcher"), est ce "pont par lequel la Torah passe de l’écrit à l’acte vivant". Puisque la vie est en perpétuel changement, le droit est toujours une négociation entre l’absolu juridique et les circonstances variables, et doit constamment faire appel à une "interprétation créatrice".

Choix de Claude Layani

 

Livre juif : Treblinka 1942-1943 de Michal Hausser-Gans

Treblinka est, derrière Auschwitz,  le plus meurtrier des camps de la mort. Nazie Allemagne

 

Michèle Hausser-Gans entraîne le lecteur au plus profond de l’horreur du camp de la mort de Treblinka. Ce n’est pas par sa durée de fonctionnement que ce camp se singularise : il est le troisième à être créé, après Belzec et Sobibor, dans les frontières du Gouvernement général. Mais, avec un bilan de 750 000 à 900 000 morts, Treblinka est, derrière Auschwitz, le plus meurtrier des camps de la mort nazis.

À mi-chemin entre Varsovie et Byalistok, le camp de travail initial, destiné aux prisonniers polonais, est augmenté en 1942 d’un nouvel enclos, consacré à l’entreprise génocidaire de l’Aktion Reinhard. D’abord confié à Imfried Eberl, il est repris en main par Franz Stangl, sous la supervision de Christian Wirth, avant d’être démantelé au lendemain de la révolte des prisonniers, le 2 août 1943.

Michèle Hausser-Gans s’est penchée sur des sources nombreuses et variées pour décrire non seulement les grandes étapes de l’existence de ce camp, les transformations qu’il a subies, dans une optique d’amélioration de l’efficacité de la machine de mort (des chambres à gaz jusqu’à la disparition complète des corps), mais aussi le quotidien des « brigades » juives chargées d’assurer son bon fonctionnement.

Le témoignage des très rares personnes qui ont survécu sert de matière pour nous faire percevoir la déshumanisation absolue qui régnait. Étrangement, peu d’études en français ont été jusqu’ici consacrées à ce camp. Cet ouvrage, tiré de la thèse de Michèle Hausser-Gans, très documenté et très bien rédigé, ouvre donc un nouveau pan de la recherche.

Choix de Claude Layani