Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Attentat de la rue Copernic : la police canadienne très discrète

Article paru dans "Le Figaro",le 24/10/07

À l'heure où les victimes se souviennent, les chances de juger le terroriste sont presque nulles.
 
«NOUS AVONS toujours su que le chef du commando de la rue Copernic avait très peu de chances de comparaître un jour devant un tribunal. » L'aveu est signé d'un fin connaisseur d'un des plus vieux dossiers de la justice française. Deux raisons à cela : en premier lieu, le terroriste libanais a bien choisi sa terre d'accueil, le Canada, dont il a obtenu la nationalité. Ce pays est connu pour sa réticence à livrer des suspects, nationaux de surcroît.
 
Depuis dix-neuf ans, deux anciens membres d'un groupe terroriste palestinien résistent ainsi à l'expulsion. Dans l'affaire Copernic, la police canadienne s'est pour l'heure contentée de confirmer aux Français par télégramme Interpol le nom du terroriste présumé et d'indiquer sa résidence exacte. Sans se manifester ces derniers jours.
 
Autre cause d'inquiétude : s'ils n'ont jamais baissé les bras, les policiers français savent qu'il leur faudra produire des éléments de preuve matériels (empreintes, ADN...) qui, vingt-sept ans après les faits, sont difficiles à obtenir. S'ils y arrivent, il leur faudra encore entendre le suspect au Canada, flanqués d'avocats et de juristes qui n'auront de cesse de le défendre. La famille du cinéaste israélien Micha Shagrir, qui a perdu son épouse dans l'attentat, continue de réclamer justice.
 
« Je demande, avec mes deux fils, la vérité et la justice. Si quelqu'un est responsable, il doit payer. Nous allons saisir les autorités israéliennes pour en savoir plus. » Ce 3 octobre 1980, Micha Shagrir, cinéaste israélien ami de Claude Lanzmann, de Théo Klein ou de Guy de Rothschild, était en vacances à Paris avec sa femme Aliza, âgée de 42 ans, et leur benjamin Haggai, 15 ans et demi. Ce soir-là, Aliza, collaboratrice de la télévision israélienne, avait voulu passer rue Copernic avec son fils pour amener des friandises libanaises à une amie. Elle fut tuée sur le coup par l'explosion, son fils échappant à la mort par miracle.
 
Aujourd'hui, Haggai travaille au ministère des Affaires étrangères israéliens ; son frère aîné, Oron, est professeur à l'université et leur père boucle un documentaire sur deux orphelins juifs français, cachés et baptisés pendant la guerre, que l'Église catholique a longtemps refusé de restituer à leur famille juive. Vingt-sept ans plus tard, le père et ses deux fils n'ont rien oublié.
 
Enquête jamais abandonnée
 
Depuis Jérusalem où il vit, Micha se souvient de ce jour de 1982 où, engagé au Liban, un camarade lui avait proposé de rencontrer un prisonnier palestinien soupçonné d'être lié à l'attentat de la rue Copernic. « J'ai refusé - lâche le cinéaste - peut-être était-ce une erreur. » Plus tard, le Mossad lui précise que les meurtriers étaient membres du FPLP-Opérations spéciales, groupuscule terroriste palestinien. En 2001, il rencontre un policier français qui lui affirme que Paris fera tout pour retrouver les assassins et lui indique qu'on recherche deux hommes vivant en Allemagne et en Belgique.
 
Deux ans plus tard, Micha passe un coup de téléphone à son contact français. Ce dernier lui indique que rien n'a bougé mais lui répète que l'enquête ne sera jamais abandonnée. « J'ai trouvé important et émouvant qu'un policier trouve le temps de m'informer », estime aujourd'hui Micha Shagrir. Le cinéaste précise qu'il n'a jamais « eu de problème à revenir en France. Je me souviendrai toujours de la gentillesse des gens à l'époque, y compris ceux qui, alors que je devais reconnaître le corps d'Aliza, ont tout fait pour masquer les blessures causées par l'explosion ».
 

Les Juifs et les mouches

Publié par Pilar Rahola le 14/11/2007

Il y a trois choses qu'Allah n'aurait jamais du créer : "les Perses, les juifs et les mouches".
Ainsi lue, c'est cette phrase que Saddam Hussein obligeait les enfants d'Irak à répéter. Elle semble grotesque et bien entendu barbare. Dans notre Europe arrogante et civilisée, jamais nous ne dirions quelque chose de ce genre : nous n'avons rien contre les Perses, ni contre les mouches. Je dirais plus, les mouches sont agaçantes, mais s'inscrivent de telle manière dans le paysage méditerranéen qu'elles ont fini par devenir bien acceptées. Et, bien entendu, les Perses nous sont sympathiques. De sorte que nous pouvons respirer tranquillement. Seule la haine des juifs nous unit à Saddam Hussein.

Serait-ce cette haine qui a conduit tant de manifestants à brûler les drapeaux frappés de l'étoile de David pendant qu'on hurlait des slogans en faveur de Saddam ? La judéophobie serait-elle le lieu symbolique commun où Arabes et Européens se rencontrent, se reconnaissent et s'aiment ? Et, est-ce cette même judéophobie, celle qui convertit un despote corrompu et violent comme Arafat en un résistant romantique ? Serait-ce toujours elle qui transforme le nihilisme terroriste palestinien en une sorte de poésie épique libératrice ?
Je soutiens maintenant et aujourd'hui, pour le malheur de notre continent contradictoire capable de créer pour le monde les bases de la démocratie et en même temps de créer les termites les plus actifs qui tentèrent de le détruire, le stalinisme et le fascisme, je soutiens que nous sommes en train de revenir vers les vieux démons qui nous sont propres : de nos jours, sur les fondements du vieil antisémitisme exterminateur qui forme notre pensée collective la plus profonde, nous sommes en train de construire un nouvel antisémitisme actif et pervers. "Un antisémitisme sans juifs".

Le phénomène est en train de s'élaborer en parallèle avec deux attitudes complémentaires, les deux également suicidaires : l'anti-américanisme et l'indifférence face à l'apparition et l'installation d'un nouveau totalitarisme : l'intégrisme islamique. Telles sont les flèches tirées dans une même direction préoccupante : l'apparition du conformisme de la pensée européenne capable de mobiliser les rues et les consciences d'Europe et qui se fonde sur des piliers qui portent le germe de la destruction.

Selon moi, ce qu'il y a de plus grave, et à la lumière de mon propre militantisme progressiste, est que cette pensée unique est de gauche. De gauche le nouvel antisémitisme européen maquillé en anti-sionisme, de gauche le panarabisme romantique qui en arrive à minimiser le terrorisme; et partagé avec une certaine droite, c'est à la gauche qu'appartient l'anti-américanisme farouche dont nous souffrons. Si nous sommes d'accord pour admettre que c'est la gauche qui modèle les idées les plus prestigieuses de notre société et que les intellectuels de gauche sont les défenseurs du progrès, alors nous tomberons d'accord sur le grave problème qui est le nôtre. Parlons de celui-ci, du nouvel antisémitisme et des deux pattes velues qui l'accompagnent.

Les nouveaux antisémites ne se reconnaissent pas comme tels. L'antisémitisme est une expression classique de l'extrême droite et pour autant la gauche le déteste et le récuse. Néanmoins le parapluie de l'anti-sionisme ou directement de l'anti-israélisme est beaucoup plus facile à porter. Il protège bien de la pluie de la critique et permet de porter un masque dont on peut se nourrir intellectuellement.

C'est Martin Luther King qui écrivit cette phrase à un ami anti-sioniste : "Les temps ne permettent plus de manifester ouvertement une impopulaire haine des juifs; ceci étant, l'antisémite cherche de nouvelles formes et de nouveaux forums où il pourra distiller son venin. Maintenant, il le cache derrière un nouveau masque, maintenant il ne déteste plus les juifs, il est seulement anti-sioniste".

Trente-six ans après, cette phrase est plus d'actualité que jamais, de sorte que l'anti-sionisme et la démonisation féroce d'Israel se sont converties en un passage obligé pour la pensée de gauche. Comme si dans le catéchisme non écrit de la gauche il existait un dogme inébranlable : ou tu es anti-sioniste, ou tu n'es pas de gauche. Moi-même, dans mon pays, je suis expulsée du paradis de la gauche par certains gourous du dogme chaque fois que je ne pratique pas le tir intellectuel contre le juif, pardon, contre le sioniste, pardon, contre l'Israélien. Mais tout cela n'a-t-il pas le même sens dans la grammaire antis?mite ?

Le résultat est celui qui s'offre à nos yeux dans sa forme la plus tangible : la douloureuse agression que subissent les communautés juives dans divers pays. Depuis des vetos personnalisés - ce qui permettrait d'expliquer des situations durcies en Espagne - jusqu'à la violence physique qu'eurent à subir les juifs pacifistes dans la célèbre manifestation. Mais l'enracinement le plus profond du nouvel antisémitisme se situe au coeur de la Terre sainte et on tire sur Israél comme on tire aux pigeons. Israel est actuellement une authentique obsession pour la gauche européenne et l'exemple le plus remarquable des tics fascistes que la gauche peut présenter.

Voici quelles sont mes accusations.
· manipulation informative
· criminalisation de la légitimité de l'Etat d'Israel
· minimisation des victimes juives
· banalisation de la Shoah
· et indifférence, lorsqu'il n'y a pas applaudissement, devant les ravages terroristes de l'intégrisme.

D'abord, j'accuse la gauche d'assassiner l'information à coup de propagande
La manipulation de l'information de ce qui se passe au Moyen-Orient est si grossière et excessive qu'elle passera dans les annales du journalisme comme exemple d'intoxication de masse.

Combien de principes du journalisme font faillite dans l'information que sert la majorité des media européens : absence de contrôle des sources, interprétation tendancieuse et manipulation des faits, ridiculisation du principe d'objectivité, indifférence devant ce qui devrait être le désir ardent de tout informateur : la vérité.

Je sais qu'on me dira que l'objectivité n'existe pas, et encore moins dans le journalisme, mais entre l'objectivité pure et la subjectivité militante, il y a un large fossé qu'un journalisme sérieux pourrait combler, et qu'il ne comble pas dès qu'il s'agit du Moyen-Orient. La grammaire de ce nouveau journalisme se soumet au jour le jour à la presse influente d'Europe occidentale, et cette dernière est si puissante que la grammaire en question ne saurait même se déprendre de la célèbre et mythifiée BBC.

Cette grammaire a ses règles précises :
il ne saurait être question de terroristes mais de miliciens.
il n'y a jamais de victimes juives
toute action palestinienne est naturellement bonne et a priori défensive

toute action israélienne est entachée de criminalité
il n'existe pas de bourreaux palestiniens
il n'existe pas d'ingérence internationale
la corruption d'Arafat n'existe pas
et comme elle n'existe pas, son passé violent n'existe pas davantage
et, évidemment, la démocratie isra?lienne n'existe pas.

L'attentat quotidien que l'information subit du fait de la propagande, avec la plus totale impunité, n'est ni fortuit, ni spontané. J'accuse donc la presse européenne de manipuler, de mentir et de changer les règles de l'information au Moyen-Orient. Sa neutralité est sans aucun doute une neutralité pro-palestinienne.

En second lieu, j'accuse la gauche de banaliser la Shoah, fait qu'on ne peut considérer en aucun cas comme mineur. L'attitude de nombreux collectifs activistes parfaitement repérables dans les manifestations pacifistes de ces derniers jours, tout comme l'action de nombreux intellectuels de gauche qui se sont servis de la tragédie de l'Holocauste comme d'une arme contre Israel, tout cela restera inscrit sur les murs de la honte européenne.

Le point culminant de ce mépris profondément cruel, à savoir utiliser contre les victimes de la Shoah leur propre martyre est une manière de les tuer deux fois. Et c'est le cas des déclarations de Saramago à Djénine. A ce propos, voilà ce que j'ai à dire. Saramago constitue l'exemple le plus emblématique d'une affirmation innommable - quelqu'un peut écrire de façon angélique et penser de manière démoniaque.

En 1884, Auguste Bébel avait déjà appelé cela "le socialisme des imbéciles". Mais cela n'est pas seulement une imbécillité. Le hasard, si étonnamment poétique parfois, fait que j'écris ces lignes alors que je suis encore sous le choc de la visite du musée de l'Holocauste à Washington. Comme le dit ce grand bâtisseur de la mémoire qu'est Claude Lanzmann, la Shoah est "la mort de l'âme humaine". Face à son souvenir, aucun citoyen du monde ne peut rester indifférent, mais par dessus tout, aucun Européen ne peut être étranger à cet événement.

L'Europe a créé cette pensée totalitaire du christianisme qui convertit tout un peuple en déicide (après avoir entendu les âneries de Mel Gibson je suppose qu'on n'ira jamais plus le voir au cinéma).
L'Europe, ce fut l'Inquisition espagnole, ce fut Luther qui tenait les juifs comme une plaie au coeur de la terre.
L'Europe, ce fut la démonisation, la persécution, la culpabilisation de la mort de ce qu'elle avait de meilleur dans son propre corps : son âme juive.

L'Europe, ce fut le Vatican et ses collaborateurs avec les nazis.
Auschwitz n'est pas une contingence tragique de l'histoire, une espèce d'erreur perverse. Auschwitz est la dernière étape d'un long processus de destruction, et en cela, il n'est pas exagéré d'affirmer que l'Europe si profondément juive, se détruisit elle-même avec la Shoah. Ce qui reste aujourd'hui de l'Europe, ce sont les restes du naufrage, un continent séquestré par ses propres démons et qui a perdu sa dignité. C'est pourquoi banaliser la Shoah est quelque chose de bestial et de pervers. Et qui plus est, que ce soit la gauche qui en soit responsable, elle qui a pour vocation d'être la gardienne la plus fidèle de la justice et de la liberté, est un acte de trahison, de trahison à la mémoire tragique de l'Europe. Est-ce là le symptôme du nouvel antisémitisme ?

Sans doute aucun : en minimisant l'Holocauste, on en réduit la dimension tragique, on relativise la faute de l'Europe et le juif redevient soupçonnable, puissant et dangereux. La victime juive n'existe plus, seul existe le soldat israélien qui tue des enfants? Belle, métaphore moderne du juif médiéval qui buvait le sang des enfants chrétiens. Ce lien entre le juif médiéval maudit et le soldat israélien maudit vient bien heureusement pour disculper la faute de l'Europe.

La gauche établit cette relation, même de façon inconsciente, de sorte que nous pouvons dire que l'orthodoxie chrétienne et la gauche orthodoxe cohabitent avec bonheur sur le territoire inhospitalier de l'antisémitisme.
J'accuse donc la gauche d'avoir trahi la mémoire tragique de l'Europe.

Troisièmement, j'accuse la gauche de minimiser, de justifier, voire de célébrer un nouveau totalitarisme qui menace gravement la liberté : le nihilisme terroriste islamique. Les exemples sont scandaleux : indifférence devant des attentats aussi graves que la bombe de Amia en Argentine ou l'attentat contre les tours jumelles considéré d'une certaine manière par la gauche comme relevant de la responsabilité américaine à cause de sa politique extérieure, à laquelle il faut associer la faute juive.

L'exaltation du terrorisme palestinien comme formule de lutte légitime a une conséquence : considérer comme légitime d'inculquer à la société palestinienne, et globalement à de nombreuses sociétés islamiques, une culture fataliste de la haine et de la mort, culture à l'évidence totalitaire. Le bon ami Marcos Aguinis appelle cela "la régression de la gauche vers l'anti-modernité".

Pendant qu'elle pardonne les bombes du Hamas ou se répand dans les rues contre l'intervention américaine en Irak, cette même gauche ne s'est jamais manifestée contre l'intégrisme qui a tué plus de quatre mille personnes à New York ou contre celui qui est responsable d'un million de morts dans sa guerre au Soudan. Je n'ai jamais vu non plus une ONG qui voudrait envoyer des boucliers humains dans les cafétérias de Tel-Aviv. Il y a une solidarité sélective dérivée d'un manichéisme pervers qui convertit les terroristes en victimes et les victimes en coupables.

L'intégrisme islamique est l'héritier naturel des grands totalitarismes de l'humanité a connus : le nazisme et le stalinisme. Comme eux, ils sont fondamentalement antisémites et comme eux, présentent un corps doctrinal basé sur la terreur, la récusation de tout principe de liberté et l'expansionnisme sanglant. Comme eux aussi, il agit dans l'indifférence ou la complicité européennes.
De ce fait, j'accuse la gauche de trahir la démocratie, laissant libre cours au nihilisme terroriste. Néanmoins rien de neuf sous le soleil en ce qui concerne une gauche qui s'est amourachée de nombreux dictateurs que l'histoire a fournis : Staline, Pol Pot, Fidel et maintenant Arafat. Dépourvue d'épopées qui lui soient propres, déconcertée et traînant avec elle une valise pleine de rêves brisés, la gauche regarde le monde arabe, à la recherche des échos de Lawrence d'Arabie.

La gauche s'amourache des guerres totales, des chants tribaux de la révolution, peut-être convaincue qu'entre la "révolution ou la mort du Che" et le "vive la mort" du Hamas, il n'y a pas grande différence. La gauche cherche Lawrence d'Arabie pour le plus grand malheur de tous, sans s'apercevoir que ce qu'elle a découvert, c'est Ben Laden et Arafat, autre vieux dictateur corrompu et sanglant.

J'accuse donc la gauche de ne pas tenir compte des victimes du terrorisme, de ne pas comprendre la menace que constitue le nihilisme et de trahir par son aveuglement la démocratie. Je l'accuse de pleurer seulement avec l'oeil gauche... un oeil gauche qui, à présent est délibérément antisémite.

Puis-je avancer le bel exemple du forum de Porto Alegre ou de Durban ? Les résidus des révolutions frustrées du monde firent là-bas leur beau sabbat. Et l'objet de la fête ? Bien évidemment les juifs. En effet, la faute aux juifs se vend toujours très bien sur les marchés de la démagogie.

Alors, est-ce qu'aujourd'hui l'Europe est plus antisémite qu'avant ? Est-ce le cas de la France ? Aujourd'hui, l'Europe et la France sont en train de réinventer l'antisémitisme. Il est réinventé par quelques populismes de droite avec des assises catholiques. Il est réinventé par la gauche qui donne brio et prestige à ce qui n'était autrefois qu'une pure rhétorique d'extrême droite.

Ce nouvel antisémitisme s'emploie efficacement à faire oublier et à banaliser la Shoah, sachant que l'oubli est toujours un choix. De fait, oublier, c'est avoir une bonne mémoire. Sans aucun doute, la gauche européenne a une très bonne mauvaise mémoire. Et avec l'oubli bien ancré dans l'idéologie, la gauche oublie également les origines de la création de l'Etat d'Israél. La gauche jette le soupçon sur sa légitimité et criminalise ses actes. Israel est sans doute un des Etats dont la création a plus de fondement moral que la plupart des Etats existants, et pourtant c'est l'unique Etat au monde qui, chaque jour, doit demander pardon d'exister.

Sans doute aucun donc, j'accuse la gauche de mettre en question la légitimité de l'Etat d'Israél, ce qui a pour conséquence de tenir toutes ses actions pour naturellement coupables. Ne peut-on voir un lien entre cette attitude et l'aveuglement du parlement européen, indifférent à l'usage que l'ALP fait de l'argent public européen ?

Au nom de la démocratie, je me demande comment il se fait que ce soit de l'argent européen qui finance les écoles de la haine où les enfants palestiniens sont endoctrinés en vue d'un fanatisme suicidaire. En étant indifférents, nous sommes irrévocablement responsables de séquestrer la tolérance et la modernité et de permettre que s'enclenche une spirale de haine d'impuissance, de vengeance destinée à des générations entières de Palestiniens.

Nous le permettons, nous le finançons et nous allons même jusqu'à le justifier. Ce qui nous ramène à nouveau à l'Histoire. Que l'on se souvienne d'Hermann Broch! L'indifférence, cette forme de violence. Et tout cela parce que la haine des juifs n'a pas donné des boutons à la délicate peau de l'Europe. Tout est permis aux catholiques, aux protestants, aux homosexuels, aux citoyens noirs, mais aux juifs...
EST UN NOUVEL ANTISEMITE :

- celui qui n'est pas horrifié que le Mein kampf d'Hitler et les abominables Protocoles des Sages de Sion soient des best sellers dans le monde arabe.
- celui qui répète les vieilles antiennes qui font des juifs des êtres démoniaques, et spécialement à partir d'énoncés intellectuels.
- celui qui s'amourache de la poésie épique du terrorisme palestinien et qui, porté par un anti-américanisme pathologique, refuse de voir les dangers de l'intégrisme islamique.
- celui qui a fait d'Israel un nouveau parapluie pour un vieux démon.

J'en termine avec cette conviction : le puzzle de l'antisémitisme retrouve une nouvelle vigueur. Et en voici les pièces :
La première pièce est le subconscient européen résistant aux leçons de l'histoire et insensible aux vaccins qui tentent de tuer définitivement le virus antisémite. L'Europe s'est débarrassée de sa peau juive, mais elle n'a pu se défaire de sa vieille haine.

La deuxième pièce est un néo-catholicisme populiste plus ou moins extrêmiste qui s'enracine dans la judéophobie.

La troisième pièce est une pensée de gauche qui, sans avoir liquidé son passé totalitaire, s'amourache de nouvelles épopées, elles aussi totalitaires. Elle crée ainsi les fondements d'un antisémitisme plus dangereux parce que la gauche lui donne du prestige, lui offre une couverture intellectuelle et lui donne des armes idéologiques.

La quatrième pièce est l'anti-américanisme européen issu d'un double complexe que traîne l'Europe : un grand complexe de supériorité - ce n'est pas en vain qu'elle est le trouver une solution à une seule de ses propres tragédies. Bien évidemment l'anti-américanisme est par définition anti-sioniste.

La cinquième pièce est l'intégrisme islamiste, idéologie totalitaire et nihiliste, ouvertement ennemi de la modernité et dont le fondement est l'antisémitisme. Il faut admettre que berceau ]de la modernité - un énorme complexe d'infériorité car elle est incapable de l'existence d'un million deux cent mille musulmans dans des tyrannies théocratiques ne facilite en rien la lutte contre la judéophobie.

Territoire commun de plus d'un dogmatisme manichéen, la judéophobie actuelle trouve de nouveaux camouflages; elle croit et prospère. Aujourd'hui ici, devant l'UNESCO, protégée par cet exemple d'héroïque ténacité et de dignité que constitue le centre Simon Wiesenthal, j'accuse la gauche européenne, ma gauche, de servir de couverture intellectuelle au nouvel antisémitisme qui existe en Europe, une gauche qui s'est trahie elle-même en trahissant la démocratie.

A nouveau, en Europe, il est difficile d'être juif, alors que l'Europe la plus européenne qui ait jamais existé n'a jamais été l'Europe juive. Notre tendance au suicide est malheureusement pathologique. Je l'affirme parce que je suis européenne, et comme telle, je me sens juive face à l'antisémitisme, seule position morale qui puisse rédimer un Européen de son passé honteux.
Merci pour m'avoir invitée.

CONFERENCE A L'UNESCO PARIS
Pilar Rahola, est écrivain, ex-députée du Parti Socialiste Espagnol (démissionnaire a cause de la politique menée par le PSOE et IU de Catalogne)

Unanimité pour mieux enseigner la Shoah, mais sans les parrainages souhaités par Sarkozy

PARIS ,le 28/02/08 - Le souhait de Nicolas Sarkozy que tous les élèves de CM2 se voient "confier la mémoire" d'un enfant mort durant la Shoah a été abandonné mercredi au profit de pistes pédagogiques à élaborer, selon des participants à une rencontre au ministère de l'Education sur le sujet.

Tous les participants au tour de table - Simone Veil, Serge Klarsfeld et Claude Lanzmann mais aussi les représentants d'institutions engagées dans la transmission de la mémoire de la Shoah - ont convenu "unanimement" de l'importance de mieux enseigner cette période sombre de l'Histoire.

Le parrainage était "enterré avant même qu'on se réunisse, ce n'était pas praticable car il y a 11.400 enfants juifs de France et 600.000 élèves en CM2", a argumenté l'historien et cinéaste Claude Lanzmann, pour qui cette idée était "partie d'une sincère émotion du président".

M. Sarkozy l'avait lancé le 13 février lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), provoquant un tollé des enseignants, parents d'élèves, psychologues et même de personnalités comme Mme Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée.

Dès lors, le gouvernement a entrepris une marche arrière, annonçant d'abord une "mission pédagogique" confiée à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la maison des enfants d'Izieu, puis en évoquant la possibilité d'un parrainage par classe, avant finalement d'aboutir à un projet pédagogique.

Le "principal objectif" de Mme Waysbord-Loing est de "faciliter la compréhension de la période de l'occupation et de l'extermination", écrit le Xavier Darcos (Education), dans sa lettre de mission.

Ce travail "comportera une dimension européenne et contribuera à l'apprentisage des valeurs de la République et de la responsabilité individuelle", ajoute-t-il.

A l'issue de la réunion, M. Darcos a souligné que le chef de l'Etat avait "donné une direction juste, que, d'ailleurs, au fond, personne ne discute dans ses intentions".

Mme Veil a plaidé pour des travaux en petits groupes d'élèves, "non pas vers un enfant en particulier mais vers telle situation, dans telle ville".

"Il y a la volonté de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs" enseignant la Shoah depuis 2002 en primaire, a-t-elle insisté.

Pour Mme Waysbord-Loing, qui va faire des propositions d'ici deux mois, "il ne faut pas faire de la commémoration, du rituel, parce que l'école n'est pas le lieu de cela". Pour elle, la nouveauté sera "la mise à disposition de documents de référence et d'un inventaire de toutes les sources disponibles" pour parler de la Shoah.

"L'important, c'est l'initiative du président parce que, sans cela, il n'y aurait pas eu d'adaptation pédagogique", a affirmé Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France.

"Dans quelques années, la France sera le seul pays au monde où on se souviendra des enfants juifs déportés", a-t-il pronostiqué.

"C'était une excellente réunion parce que tous les participants, dont certains avaient réagi très violemment, se sont mis d'accord sur la façon de décliner cette proposition", a estimé Anne-Marie Revcolevschi, directrice de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

"Transmettre la mémoire de la Shoah, c'est se souvenir qu'une société peut potentiellement se transformer en une société de bourreaux. Pour cette raison, il faut lutter ardemment contre le racisme et l'antisémitisme", a jugé Raphaël Haddad (Union des étudiants juifs de France).

PSG: des insultes racistes et antisémites à l'origine du drame

PARIS - La question de la légitime défense se pose pour les enquêteurs vendredi après le décès jeudi soir à l'issue du match PSG-Hapoël Tel Aviv d'un supporter du club parisien tué par un policier qui tentait de protéger un supporter français du club israélien, a indiqué le procureur de la République de Paris.

En effet, l'article 112-5 du Code pénal prévoit que "n'est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense".

L'Inspection générale des services (IGS), la police des polices parisienne, a été saisie de l'enquête de flagrance pour éclaircir les circonstances de ce drame survenu vers 23 heures à l'issue d'une rencontre humiliante pour le club. Le policier, Antoine Granomort, est en garde à vue.

Après le match, un groupe d'ultras du PSG s'en prennent à quatre jeunes gens qu'ils pensent être des supporters du club israélien avant d'en poursuivre un. Celui-ci se réfugie auprès d'un policier en civil du Service régional de la police des transports (SRPT) qui surveillait les véhicules de police à proximité d'un fast-food, Porte de Saint-Cloud dans le XVIe arrondissement.

Des insultes racistes et antisémites comme "sale nègre" et "sale juif" sont alors proférées à l'encontre des deux hommes, selon le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, qui précise que les agresseurs auraient effectué des saluts nazis et également crié "Le Pen président".

Le policier, qui a priori ne portait pas de brassard, annonce appartenir aux forces de l'ordre, et sort sa bombe lacrymogène pour écarter les agresseurs, au nombre d'une centaine, selon M. Marin, le jeune homme pourchassé se trouvant derrière lui.

Les agresseurs tentent de les frapper avec leur ceinture, les deux hommes reculant vers un fast-food situé à quelques mètres. Le policier tombe, il est frappé au visage et au ventre, selon les premiers éléments de l'enquête donnés par le procureur.

Les investigations devront déterminer si le policier a sorti son arme de service, un Sig Sauer, avant ou après sa chute. Celui-ci a indiqué aux enquêteurs de l'IGS avoir tiré un seul coup de feu, alors qu'il était assis, en direction d'un homme chevelu. Des témoins disent avoir entendu de deux à quatre coups de feu.

Une personne chevelue a été blessé au poumon tandis qu'une autre est morte d'une balle dans le coeur. L'expertise médico-légale devra déterminer l'angle de tir et préciser si la balle qui a touché les deux hommes est la même, a expliqué le procureur de la République.

L'homme décédé, Julien Quemener, 25 ans, au crâne rasé, était membre des "Boulogne boys", selon le parquet, un groupe d'ultras proche des milieux d'extrême-droite.

"Il faut éradiquer ces gens-là. On n'a pas le droit de tenir de tels propos xénophobes", a réagi Joaquin Massanet, secrétaire général de l'UNSA-Police. "Il était en état de légitime défense, il n'avait pas à faire de tir de sommation", a renchéri Luc Poignant, délégué parisien du Syndicat général de la police-Force Ouvrière (SGP-FO).

Le policier et son protégé ont ensuite réussi à pénétrer dans le fast-food, d'en fermer les portes avant qu'il se soit attaqué par une centaine de personnes. Les CRS sont intervenus peu après avoir été prévenus par M. Granomort.

Le policier qui a protégé un supporter Israëlienprésenté à un juge

PARIS  - Le policier qui a tué par balle un supporter du Paris Saint-Germain jeudi devait être présenté dans la journée à un juge d'instruction en vue de sa probable mise en examen, apprend-on de source judiciaire.

La même mesure devait être prise à l'encontre de plusieurs supporters du PSG impliqués dans les violences survenues en marge de ce drame, qui s'est déroulé près du Parc des Princes après un match de Coupe de l'UEFA perdu 4-2 par l'équipe parisienne face à l'Hapoel Tel Aviv.

Antoine Granomort, un agent en civil de la police régionale des transports, d'origine antillaise, est en garde à vue à l'Inspection générale des services (IGS, la "police des polices").

Il a dit avoir ouvert le feu une seule fois pour protéger un supporter français du club israélien, Yanniv Hazout, poursuivi par une centaine de fans du club parisien hurlant des injures racistes et antisémites.

Selon les premières constatations, la balle a tué Julien Quemener, 25 ans, atteint au coeur, après avoir blessé Mounir Bouchaer, 26 ans, dont le poumon a été transpercé. Ce dernier a été hospitalisé et sa vie n'est pas en danger.

Le monde politique, le président Jacques Chirac, en tête, a été unanime à dénoncer les violences commises par des supporters du PSG, phénomène qui existe depuis des années.

Pour le quotidien sportif L'Equipe, la mort de ce supporter "rappelle tragiquement que le football français n'a pas su éradiquer la violence et le racisme présents dans les tribunes de quelques clubs".

"Impardonnable", ajoute le journal sous un gros titre à la "une" sur fond noir : "Quand le football tue".

"Footeurs de haine", titre pour sa part Libération alors que Le Figaro, qui note que "depuis des décennies, le club parisien vit au rythme des violences", écrit "Hooligans : le scandale".

SARKOZY RECOIT LE PSG

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé en janvier dernier sa volonté d'attaquer de fond le problème de la violence dans les stades de football, devait recevoir à la mi-journée le président du PSG, Alain Cayzac, les associations de supporters du club et le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez.

S'agissant du policier, l'ouverture d'une information judiciaire pour "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" est prévue, a déclaré le procureur de Paris, Jean-Claude Marin.

La mise en examen du policier est une mesure technique nécessaire pour que la procédure visant à vérifier qu'il était bien en état de légitime défense soit menée à bien, a précisé le magistrat lors d'une conférence de presse vendredi soir.

Cet état de légitime défense, qualifié de "très vraisemblable" par le procureur, exonère le policier de toute responsabilité pénale. Si l'hypothèse est confirmée par l'instruction, il ne sera donc pas jugé.

Le parquet a aussi prévu l'ouverture d'une autre information judiciaire sur les violences qui ont entouré l'épisode autour du Parc des Princes.

"Moins d'une dizaine" de supporters du PSG étaient toujours en garde à vue dans ce cadre vendredi soir, selon le parquet.

La procédure visera notamment l'attaque du restaurant McDonald's de la porte de Saint-Cloud, où le policier et le jeune supporter de Tel Aviv s'étaient retranchés après le coup de feu. L'endroit a été mis à sac avant l'intervention des CRS.

Le procureur a précisé que l'enquête pourrait aussi viser l'agression et les injures racistes qui ont été proférées. Il est fait état par des témoins de cris de singes, de saluts nazis des mots "sale nègre", "sale juif" et de menaces de mort.

Jean-Claude Marin a aussi dit avoir "la preuve" par des témoignages que le slogan "Le Pen président" avait été scandé par les assaillants du restaurant McDonald's, allusion au président du Front national, Jean-Marie Le Pen.

Affaire PSG: Le Pen va porter plainte contre le procureur

PARIS- Jean-Marie Le Pen a annoncé qu'il allait porter plainte pour diffamation contre le procureur de la République de Paris pour avoir déclaré que certains supporters du PSG impliqués dans les incidents mortels de jeudi avaient crié des slogans favorables au président du Front national.

"Je porterai plainte contre le procureur", a-t-il dit lors de l'émission "Ripostes" sur France 5, en soulignant que le magistrat n'avait pas été lui-même témoin des faits.

Le Front national a nié vendredi toute implication dans les échauffourées qui se sont soldées par la mort d'un supporter du PSG jeudi soir et critiqué le procureur Jean-Claude Marin, qui a fait état de slogans pro-Le Pen scandés par les supporters extrémistes du PSG.

"Le Front National n'est impliqué en aucune manière, ni dans ces incidents, ni d'ailleurs dans ce que l'on appelle le 'Kop de Boulogne' (les supporters extrémistes du PSG-NDLR). Il poursuivra en justice toute tentative d'amalgame", a dit le parti de Jean-Marie le Pen dans un communiqué.

Sur la base des dépositions recueillies par la police, le procureur de Paris a relaté que la foule, qui a agressé un jeune supporter français de Tel Aviv protégé par un policier noir, scandait "Le Pen président", "sale nègre", "sale juif", faisait des saluts nazis et poussait des cris de singe.

Malgré les protestations du FN, le procureur a réitéré son récit. "Nous en avons la preuve par des témoignages", a-t-il dit.

Le 23/01/07, Heidegger: des universitaires démontent les accusations de nazisme

hm.jpgPARIS, le 23/01/07 - Un groupe d'experts publie, sous le titre "Heidegger à plus forte raison" (Fayard), une vive réplique à un ouvrage d'Emmanuel Faye qui avait dénoncé en 2005 les liens de Martin Heidegger avec le nazisme, et relance le débat sur l'attitude du philosophe allemand.

Dans "Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie" (Albin Michel), publié en mars 2005, Emmanuel Faye, professeur de philosophie à Paris X-Nanterre, expliquait comment l'intellectuel allemand (1889-1976) avait mis sa pensée au service de la diffusion des fondements du nazisme, à travers notamment des séminaires professés entre 1933 et 1935. La thèse avait provoqué une violente querelle d'intellectuels, entre accusateurs et défenseurs d'Heidegger. Les partisans du philosophe allemand avaient notamment adressé un mail en 13 langues à plus de 3.000 universités dans le monde, sur des sites culturels et à des médias internationaux, pour dénoncer "l'essai délirant" d'Emmanuel Faye.

 

D'autres, parmi lesquels les historiens Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet ou l'avocat Serge Klarsfeld, avaient défendu le livre. La polémique avait également eu un impact en Allemagne et en Italie. "Heidegger à plus forte raison", qui sort cette semaine, rassemble les contributions de onze universitaires français, suisse et italien, sous la direction de François Fédier, professeur de philosophie et traducteur d'Heidegger. L'ouvrage avait d'abord été annoncé au printemps 2006 chez Gallimard. Mais l'éditeur avait renoncé à le publier, après notamment la publication dans la presse d'un texte d'Emmannuel Faye accusant l'ouvrage de "négationnisme". Claude Durand, PDG de Fayard, avait aussitôt repris le projet.

 

Le livre qui paraît aujourd'hui "se comprend donc d'abord comme une réplique", écrivent ses auteurs, qui entendent montrer "que la thèse scandaleuse" se réduit "à un tissu d'approximations, d'erreurs, de contresens". Une position contraire de celle d'Emmanuel Faye, que François Fédier formule ainsi: "malgré un engagement résolu en faveur d'un régime dont il n'a malheureusement pas su pressentir le potentiel de nocivité, Heidegger s'en est désengagé, et il a entrepris une critique fondamentale de ce qui en fait un régime suprêmement dangereux". Disciple d'Edmund Husserl, auquel il succéda en 1928 à l'université de Fribourg-en-Brisgau, Heidegger fut vivement critiqué après la chute du nazisme pour son attitude envers le régime hitlérien auquel il apporta d'abord son soutien avant d'adopter une attitude critique.

 

Il ne reprit son enseignement à Fribourg qu'en 1956. ("Heidegger à plus forte raison", sous la direction de François Fédier - Fayard - 536 p. - 28 euros

Raymond Barre scandalise la communauté juive

PARIS, le 07/03/07 - Raymond Barre scandalise la communauté juive et les associations de défense des droits de l'homme pour avoir récemment défendu dans une interview Maurice Papon et Bruno Gollnisch, et de s'en être pris à un "lobby juif capable de monter des opérations indignes".

En 1980, le "meilleur économiste de France", alors Premier ministre, avait fait un faux pas lors de l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, en déclarant qu'il avait tué "trois Français innocents". Un quart de siècle plus tard, il a jugé dans une interview à France Culture, le 1er mars, qu'on lui avait fait un mauvais procès dans cette affaire, se présentant en victime d'un "lobby juif" qui est "capable de monter des opérations indignes".

Dans cet entretien, M. Barre dédouane par ailleurs Maurice Papon pour son rôle sous l'Occupation: Papon a eu raison, dit-il, de rester à son poste à la préfecture de Gironde parce qu'il fallait "faire fonctionner la France", affirmant que seul un sujet d'"un intérêt national majeur" eût justifié une démission, semblant ainsi considérer que le sort des Juifs ne relevait pas de cette catégorie. Même tolérance pour Bruno Gollnisch, élu FN condamné pour des propos négationnistes: il "a ses opinions", fait valoir Raymond Barre, qui le voit comme "quelqu'un de bien". Mardi sur RTL, il s'est dit victime d'une "clique qui, depuis 1979, (le) poursuit pour le faire apparaître antisémite" Mardi également, dans une tribune publiée par Libération, Claude Lanzmann, réalisateur de "Shoah" s'est insurgé: "J'accuse M. Raymond Barre d'être un antisémite. Plus encore: je l'accuse de se faire le héraut de cette passion immonde, de la propager, de s'en glorifier, délit qui tombe sous le coup de la loi".

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avait été le premier vendredi à se dire "scandalisé" par de tels propos, estimant que Raymond Barre avait "rejoint l'extrême droite". La Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) et La Ligue internationale contre la racisme et l'antisémitisme (Licra) ont dénoncé des "propos déshonorants". Le Parti socialiste a jugé ses "propos indignes d'un ancien Premier ministre de la République, (...) censé rester une référence" et François Bayrou les a qualifiés de "purement et simplement inacceptables".

Enfin, SOS Racisme a demandé au ministre de la Justice que des poursuites judiciaires soient engagées contre Raymond Barre. Pour Joël Mergui, président du Consistoire de Paris, de telles déclarations, "venant d'un personnage qui a été Premier ministre, font partie des choses qui peuvent angoisser la communauté juive". "Ses propos sont d'autant plus angoissants que Raymond Barre récidive dans une période d'antisémitisme", a-t-il souligné. En 2006, le nombre d'actions et menaces antisémites a augmenté globalement de 24%, mais les agressions physiques ont augmenté de 45%, selon le Crif (Conseil représentatif des institutions juives).

Cette polémique intervient à quelques jours de la célébration du bicentenaire du Consistoire, l'organisme cultuel représentatif des Juifs de France, que Napoléon avait mis en place en 1807 pour qu'ils aient les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres citoyens.

Réflexion sur la barbarie

littel.jpgL’Université hébraïque de Jérusalem accueille un colloque international, le premier, consacré au prix Goncourt et au Prix de l’Académie française 2006 : « Les Bienveillantes » de l’écrivain américain d’expression française Jonathan Littell. Ce roman est l’autobiographie fictive d’un bourreau nazi. Interrogé sur ce qui l’a incité à écrire un roman sur le massacre des Juifs, Littell évoque la photographie saisissante, découverte en 1989, d’une partisane russe, Zoïa Kosmodemianskaïa, pendue par les nazis. Plus tard, la découverte du film Shoah de Claude Lanzmann et la lecture de plusieurs ouvrages, dont La Destruction des Juifs d’Europe de Raul Hilberg et Les Jours de notre mort de David Rousset, l’ont influencé et ont donné une orientation plus précise à son projet. L’auteur reconnaît que la portée de l’œuvre dépasse le seul génocide des Juifs pour revêtir une dimension plus universelle.

Il révèle que « ce qui [l]’intéressait, c’était la question des bourreaux, du meurtre d’État. » Il précise : « ..., j'aurais pu prendre des exemples plus récents que j'ai vécus de près, au Congo, au Rwanda, en Tchétchénie. Mais j'ai pris les nazis pour prendre un cas de figure où le lecteur ne pourra pas se défausser en prétextant que “Ah ! ce sont des Noirs ou des Chinois”. Il fallait ancrer ce récit chez des gens comme nous pour empêcher le lecteur de prendre de la distance. »Le livre est paru en 2008 en hébreu (édition Kineret Zmora BItan). Le colloque réunira des chercheurs israéliens, français, allemands et américains.
Jusqu’au mardi 23 juin En français et en anglais Université hébraïque de Jérusalem – Mont Scopus Rabin Building Informations : 03-7968000

DVD : Sueurs froides

dvdsueurs.jpgC'était à la fin des années 80 que la chaine Canal plus diffusait pour la première fois, Sueurs Froides (chez One Plus One vidéo). Vous l'aurez compris, il ne s'agit absolument pas du film de 1958, quoique l'utilisation du titre n'est pas un hasard, n'est ce pas Monsieur Chabrol?
Au programme, 18 films de 22minutes chacun, signés par des réalisateurs très tendance durant cette fin de décennie (Patrice Leconte, Hervé Palud, Josée Dayan, Pierre Jolivet, Romain Goupil…). Claude Chabrol quant à lui s'inspire évidemment de la collection culte Alfred Hitchcock présente… A l'instar du maitre de suspense, le réalisateur de La Femme Infidèle apparait en préambule de chaque épisode pour planter le décor avec humour, noir de préférence.

Autour de cette mini série dira t on, s'est donné rendez vous une très grande partie du gratin artistique de l'époque, de Clémentine Célarié, François Cluzet, Zabou en passant part Jean Rochefort ou encore Veronique Genest, pour ne citer qu'eux.

Tous se retrouvant à contre emploi de leurs rôles habituels: aussi, ne trouvons nous pas un Guy Marchand dans la peau d'un boucher amateur de la chaire de sa chère et tendre épouse, Thierry Lhermitte dans celui d'un mari trompé prêt à tout pour faire parler sa femme, ou encore un Jean Carmet en journaliste(!) détenant une effroyable vérité. Bref tout ce joli monde dans une atmosphère typiquement Hitchcockienne, où tous les thèmes du maitre y sont présentés, comme le crime (im)parfait, le voyeurisme, la femme fatale, angoisse, etc. Si vous désirez (re)trouver ce feuilleton(disponible chez One Plus One Vidéo en coffret 3 dvd), rarement diffusé à la télévision, procurez le vous et comme dirait le Maitre de cérémonie Claude Chabrol: Bonjour chez vous!