Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Les yeux de la mémoire pour Myriam Errera

Auschwitz.jpgArticle paru dans "Sud-ouest"

L'association présentera en janvier, à la médiathèque, une exposition inédite dans la région sur la Shoah. Conférences, débats et films sont prévus.
L'entrée du camp d'Auschwitz où Myriam Errera serait officiellement morte le 8 février 1944. reproduction « Sud ouest »

Josette Mélinon et Claude Chauveau sont parvenues à leurs fins : Libourne accueillera bien en janvier l'exposition « Les Yeux de la mémoire ». Ces deux sœurs sont les cousines de Myriam Errera, la jeune fille juive morte en déportation à l'âge de 19 ans, ancienne élève de l'école du Nord, dont la mémoire est honorée tous les ans par l'association qui porte son nom (1).

L'exposition itinérante que les Libournais pourront découvrir du 7 au 27 janvier a été réalisée par l'Afma (Associations fonds de mémoire d'Auschwitz). « Elle n'a jamais quitté la région parisienne, affirment les deux sœurs. Nous avons pu la faire venir à Libourne après notre visite à Drancy et, grâce à l'active collaboration des associations libournaises, notamment la Ligue des droits de l'homme, et de Claudine Chapron, conseillère municipale qui en a défendu le principe. »

Scolaires : visites guidées

Plus de 1 200 photos témoigneront ainsi de manière inédite à Libourne de la Shoah, de la politique antijuive du gouvernement de Vichy, de l'enfer d'Auschwitz, de la Résistance, les réseaux de sauvetage, de la Libération, sur les murs de la médiathèque. Elles seront accessibles aux scolaires qui bénéficieront de visites guidées par des témoins des persécutions et des déportations à Libourne.

Cette exposition sera doublée de la projection de films au Grand Écran : « La Rafle » (pour les scolaires), « Voyages » (pour tout public) et de conférences débats sur les juifs à Libourne, les réfugiés, les persécutés et les déportés, entre 1940 et 1944. Il y sera notamment question de la rafle du 10 janvier 1944 qu'ont vécue Josette Mélinon et Claude Chauveau, âgées à l'époque de 4 et 7 ans et qui habitaient avenue du Maréchal-Foch.
« Un caractère bien trempé »

« On n'oubliera jamais cette nuit-là, témoignent-elles. Elle imprègne nos mémoires de manière indélébile. On avait été prévenus de cette rafle par un employé de la sous-préfecture qui habitait le quartier et par Myriam qui l'avait appris au collège, on ne sait trop comment. On venait de finir de souper. Il était 20 h 30. Notre père était parti chez un voisin écouter la radio anglaise, quand les Allemands ont violemment frappé à la porte. Après avoir fouillé la maison, ils nous ont conduites, avec notre mère Gilberte Daguet, à la prison de Libourne qui abrite aujourd'hui le Centre des impôts. »

« Nous étions baptisées, ma sœur et moi, c'est ce qui nous a sauvées », souligne Josette. « Mon père a réussi, en effet, à prouver sa condition de catholique depuis plusieurs générations. Ma mère, qui était juive, a été transférée à Drancy et à l'hôpital Rothschild, où elle restera jusqu'à la Libération. Épouse d'un catholique, elle avait échappé aux camps. Quant à Myriam, qui était juive comme notre grand-mère maternelle Camille Torres, on ne la reverra plus. Elles sont mortes officiellement (1) toutes les deux à Auschwitz, le 8 février 1944. Mais nous avons des doutes concernant Myriam. C'était un caractère fort bien trempé, assurent les deux sœurs. Elle a dû se rebeller et, à notre avis, elle n'a pas terminé le voyage jusqu'au camp de la mort… »

(1) Myriam Errera serait officiellement décédée à Auschwitz le 8 février 1944, si l'on se réfère à un extrait d'acte de naissance de la mairie de Bordeaux datant du 5 février 1962 en possession de sa cousine Josette Mélinon

La vente des tapis-puzzle suspendue

tapispuzzle.jpgLes substance que contiennent ce tapis serait toxiques. 
La nocivité de ces décors pour enfants a été pointée du doigt. Pour l'instant les autorités françaises interdisent les ventes pour trois mois.

Très appréciés des petits enfants, les tapis-puzzle en plastique multi-colorés ne seront pas sous le sapin de Noël cette année. Dans le collimateur de la répression des fraudes en raison de leur possible nocivité, ils sont interdits à la vente en France pour trois mois depuis ce lundi. Dans un communiqué, Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat à la Consommation, a aussi appelé à la vigilance ceux qui en possèdent déjà.

C'est vendredi en Belgique qu'a commencé le débat avec la décision des autorités de ce pays de retirer de la vente tous les tapis en raison de la présence de particules nocives de formamide, un produit chimique industriel cancérigène.

Ces tapis, composés de pièces de puzzle géantes de toutes les couleurs sont fabriqués en une sorte de plastique caoutchouteux semblable à celui utilisé pour les revêtements de sol de centres aérés ou de tapis de gymnastique. Pour les rendre plus souples, on peut y adjoindre du formamide, substance qualifiée de "nocive lorsqu'elle est inhalée ou ingérée et irritante pour les yeux et la peau", comme l'avaient déjà dénoncé en 2009 des associations de consommateurs belge, italienne, portugaise et espagnole. Et, les enfants sont particulièrement vulnérables car ils goûtent et mettent en bouche facilement tout ce qu'ils trouvent.

Encore en vente ce dimanche

"Il faut absolument et immédiatement retirer les tapis-puzzle de la vente", avait affirmé Reine-Claude Mader, présidente de l'association de défense des consommateurs CLCV. "Il y a un risque", a-t-elle relevé et "ce risque est identifié", donc "il faut faire jouer le principe de précaution" qui, dans ce cas, est "tout à fait légitime". "Les doutes sont étayés par de solides études", a-t-elle ajouté en rappelant qu'une décision européenne interdit le formamide dans tous les pays de l'UE à partir de 2013.

Dès l'annonce du retrait de la vente de ces objets par les autorités belges, Frédéric Lefebvre a demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) "de procéder sans délai à un contrôle de toxicité des tapis-puzzle en mousse destinés aux enfants et commercialisés sur le marché français". Lefebvre a également demandé à son homologue belge de lui transmettre les résultats des analyses scientifiques faites dans ce pays. Lefebvre a demandé qu'on lui "remette les conclusions sur la conformité à la réglementation et sur les risques des tapis-puzzle en mousse commercialisés en France dans les tout prochains jours". 

Dimanche, alors que les achats de cadeaux de Noël battaient leur plein, les tapis-puzzle continuaient à se vendre normalement. Un porte-parole du magasin La Grande Récré a confirmé que, pour eux, les ventes continuaient en l'absence de directive et que "actuellement, les produits sont totalement conformes". 

Tapis-puzzles pour enfants : bientôt retirés de la vente ?

tapispuzzle.jpgVendredi 10 décembre, le débat commence en Belgique : le pays décide de retirer de la vente les tapis-en puzzle multicolores en raison de leur nocitivité. Selon les autorités de santé belges, ces tapis contiendraient un taux anormalement élevé de formamaide, "solvant chimique utilisé dans l'industrie et potentiellement cancérigène" indiquait hier le Journal du Dimanche.

Répercussion en France : Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat à la consommation, a demandé à la DGCCRF (la direction générale de la concurrence, de la consommation et la répression des fraudes) de "procéder sans délai à un contrôle de toxicité des tapis-puzzle en mousse destinés aux enfants et commercialisés sur le marché Français".

Quant à Reine-Claude Mader, présidente de l'association de défense des consommateurs, elle exige que les tapis-puzzle soient retirés de la vente puisqu'ils présentent un risque pour les enfants.

Une réunion est prévue pour que le gouvernement prenne une décision, précise France Soir. Affaire à suivre.

Sarkozy appelle Assad à agir pour la stabilité du Liban

assadsarko.jpgArticle paru dans "Le Figaro"

Nicolas Sarkozy et Bachar el-Assad lors de leur précédente rencontre à l'Élysée, le 13 novembre 2009. Crédits photo : LUDOVIC/REA/LUDOVIC/REA

Le président de la République reçoit jeudi son homologue syrien à l'Élysée.

Un an après sa dernière visite à Paris, Bachar el-Assad déjeune jeudi avec Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Le président de la République, qui a relancé la relation franco-syrienne en 2008, continue de parier sur l'influence modératrice revendiquée par Damas au Moyen-Orient.

Et d'abord au Liban, où son allié chiite, le Hezbollah, fait monter la pression à l'approche de la remise de l'acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) sur l'assassinat de l'ancien premier ministre, Rafik Hariri. Le Parti de Dieu, qui s'attend à être mis en cause par la justice internationale, a déjà prévenu qu'il «couperait la main» de toute personne qui chercherait à arrêter certains de ses membres, menaçant même de s'emparer du pouvoir si ses intérêts vitaux étaient mis en danger.

Nicolas Sarkozy veut à tout prix conjurer ce scénario, qui risquerait de plonger la région dans la confrontation. Pour Israël, en effet, «un coup de force du Hezbollah est inacceptable, et nous irons jusqu'à Beyrouth pour l'en empêcher», a récemment confié un haut responsable militaire israélien à son homologue français, tout en noircissant la pointe d'une flèche visant Beyrouth qu'il avait dessinée sur un morceau de papier.

Pour Nicolas Sarkozy, Bachar el-Assad doit tout faire pour convaincre ses alliés du Hezbollah de ne pas envenimer la situation. Le chef de l'État répétera à son hôte ce qu'il a dit, il y a dix jours, à Saad Hariri en recevant le chef du gouvernement libanais : pas question de renoncer au TSL, créé par une résolution de l'ONU, mais pas question, non plus, de laisser le Liban se déchirer de nouveau.

Scepticisme américain

Officiellement, c'est aussi l'objectif de Damas, qui est engagé dans une médiation avec l'Arabie saoudite en faveur de la stabilité du pays du Cèdre. Syriens et Saoudiens seraient parvenus «à une feuille de route qui interdit de cibler la résistance (le Hezbollah) quels que soient les motifs d'inculpation», a déclaré en début de semaine Okab Sakr, un député proche du Hezbollah. «Dans le même temps, a-t-il ajouté, le Hezbollah ne visera pas la sécurité intérieure en raison des inculpations.» Mais les détails de cette feuille de route restent à formaliser.

La visite d'Assad à Paris intervient aussi alors que la politique de la main tendue de Nicolas Sarkozy à l'égard de Damas a suscité le scepticisme des États-Unis, selon des télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks, qui déplorent un rapprochement «sans conditions» . Est-ce le fruit du hasard ? Ces derniers mois, devant certains de ses collaborateurs, le chef de l'État n'aurait pas caché sa déception face aux atermoiements syriens, selon des sources diplomatiques françaises. Jean-Claude Cousseran, l'émissaire chargé du rapprochement syro-israélien, s'est vu éconduire par Damas, qui préfère la médiation turque face à l'État hébreu. En matière nucléaire, Paris s'inquiète également du manque de coopération de la Syrie avec l'Agence internationale à l'énergie atomique, et les services de renseignements voient d'un mauvais œil le rapprochement avec l'Iran en matière de fabrication de missiles à moyenne portée.

"Car ceci est mon sang" de Nathalie Rheims

car_ceci_est_mon_sang.jpgArticle paru dans "Le Point"

Un thriller à la fois religieux et ésotérique, comme un Dan Brown à la française.

Qu'elle soit la fille naturelle des amours croisées d'Ann Radcliffe et d'Allan Kardec, on le savait déjà. Ésotérique dans l'âme, amoureuse de l'invisible, championne des réalités transmuées, experte en nonsense, comme disent nos amis British, Nathalie Rheims s'est amusée à décrypter les secrets des manuscrits de la mer Morte, à converser avec un frère décédé ou un acteur maudit mais trop aimé (Charles Denner), tout en s'adressant, de bouleversante façon, à un amant disparu.

Si l'on a lu L'ombre des autres, Le cercle de Megiddo, Lettre d'une amoureuse morte, Les fleurs du silence, Journal intime, Le chemin des sortilèges, Lumière invisible à mes yeux ou Claude, les sentiers empruntés par Nathalie Rheims, même s'ils surprennent toujours, deviennent peu à peu familiers. Le mystère y est sinon évident, du moins toujours souverain. Prenons ici la narratrice anonyme qui ressemble à l'auteur comme une jumelle et découvre à Jérusalem, au mont des Oliviers, face à la mosquée Al-Aqsa, un ange envoyé par on ne sait quelle puissance mystérieuse.

Savant nobélisable

Le personnage rêvé s'avère être réel. Il se prénomme Damien, est comédien, joue des happenings religieux. Mais sa vraie fonction est plus réaliste : il est éducateur spécialisé dans l'autisme, opérant dans une institution abritée par une abbaye des environs d'Albi, là où vit encore la foi cathare. Juive athée, amoureuse des mystères de la Bible autant que révoltée par les horreurs de l'Inquisition, Lea narratrice, double de Nathalie, part en quête de son apparition, découvre une société technologique américaine avancée spécialisée dans les recherches sur le cerveau. Il y a là un savant nobélisable dont les fructueux travaux sur la maladie d'Alzheimer excitent les convoitises. Puis deux sectes antagonistes, toutes deux inspirées par la foi cathare et l'exigence de pureté, mais aux ambitions contradictoires. Deux journalistes vont aider notre héroïne. Un enfant va mourir si son père, si rationaliste pourtant, ne s'en remet pas à la volonté divine.

Bref, il y a là tous les éléments d'un thriller à la fois religieux et ésotérique, très Dan Brown à la française. Nathalie Rheims, qui a du métier, écrit vif, rapide, clair, cursif, sans fioritures. Et ce qui débutait comme un roman d'amour s'achève en réflexion sur le temps qui va. C'est alerte, troublant. Esprits chagrins, que la vérité d'ailleurs perturbe, passez votre chemin !

Car ceci est mon sang de Nathalie Rheims (Léo Scheer, 158 p., 15 euros).

Les questions qui ne seront pas posées à MAM

Article paru dans "Le Nouvel Obs"

Le président de la cour d'assises de Créteil, Olivier Leurent, a rendu lundi son arrêt concernant le témoignage de Michèle Alliot-Marie, ancienne Garde des Sceaux, à l'audience. Il a jugé qu'il n'y avait pas lieu que la ministre se déplace. Il a précisé qu'il n'y avait pas lieu non plus, contrairement à ce que demandaient plusieurs avocats de la défense, d'envoyer un questionnaire à MAM.

En fin de semaine dernière et suite au courrier de l'ancienne Garde des Sceaux, les avocats qui tenaient à l'entendre avaient en effet demandé l'application de l'article 654 du code de procédure pénale. Texte qui prévoit qu'un questionnaire peut être porté par le président de la cour d'appel au témoin lorsque celui-ci ne peut comparaître. Devant le refus du président, l'avocate Françoise Cotta a insisté pour que le questionnaire destiné à MAM soit versé aux débats. Son confrère Gilles Antonowicz en a donc distribué un exemplaire à chacun des jurés et assesseurs. Et en a fait la lecture. Le voici dans son intégralité :

« Sur votre connaissance du dossier

1.    Dans votre courrier du 15 novembre 2010 adressé à monsieur le président de la cour d'assises, vous écrivez : « Je n'ai aucunement été témoin dans cette affaire. Je ne peux donc apporter aucun renseignement ni sur les faits, ni sur la personnalité d'aucun des accusés, ni de la victime. » Est-ce à dire que vous n'avez aucune connaissance du dossier ?

2.    Si cependant vous avez eu connaissance du dossier, pouvez vous nous indiquer comment  et par qui, étant précisé que l'avocat général Philippe Bilger a indiqué n'avoir jamais été interrogé à son sujet, ni par sa hiérarchie, ni par la Chancellerie ?

3.    Avez-vous eu peu ou prou connaissance de cette affaire par les médias, étant précisé que toutes les informations publiées par les médias l'ont été en violation du secret de l'instruction et qu'elles l'ont été de manière scandaleusement tendancieuse ?

4.    Dans Le Point daté du 9 juillet 2009, alors que les jurés de première instance délibèrent, Bernard-Henri Lévy décrit les 24 jours de la séquestration d'Ilan Halimi durant lesquels « ces garçons et ces filles s'évertuèrent à humilier, mutiler, marquer comme un animal, incendier, saigner enfin le plus innocent des hommes au seul motif qu'il était juif », sans « s'émouvoir de ses hurlements, s'inquiéter de son corps flambé, déchiqueté au cutter, sanglant. » Pensez-vous que cette description correspond à une vision neutre et objective du dossier ?

5.    Pouvez vous nous dire si, à votre connaissance, Ilan Halimi a été « torturé à mort » par ses agresseurs, ce qui signifie qu'il serait décédé des suites des tortures subies ?

6.    Savez-vous que seul Youssouf Fofana était poursuivi pour l'assassinat d'Ilan Halimi ?

7.    Savez vous qu'il est le seul à avoir été condamné pour cela ?
 
Sur les circonstances dans lesquelles ordre a été donné au Parquet général d'interjeter appel.

8.    Dans votre courrier du 15 novembre, vous justifiez ainsi l'ordre donné au parquet général : « J'ai considéré que la brièveté des peines prononcées à l'encontre de certains accusés malgré l'extrême gravité des faits, était de nature à encourager la banalisation de la violence, à troubler la paix publique et à raviver la douleur des proches de la victime ». Pensez-vous comme indiqué par Alexandre Adler dans une chronique parue dans Le Figaro que Youssouf Fofana aurait pu « être condamné plus lourdement », étant précisé qu'il a été condamné à la perpétuité assortie d'une peine de sureté de 22 ans, soit à notre connaissance la peine la plus lourde prévue par notre code pénal ?

9.    Pensez-vous que des peines comprises entre 10 et 18 années de réclusion criminelles prononcées à l'encontre des personnes ayant participé de près ou de loin à l'enlèvement ou à la séquestration d'Ilan Halimi tout en demeurant totalement étrangères à son assassinat soient des peines « brèves » ?

10.                                                                                                                                                                                              Pensez-vous que les peines de 15 années de réclusion criminelle et de 9 années d'emprisonnement prononcées à l'encontre des deux mineurs concernés par ce dossier puissent être qualifiées de « brèves » ?

11.                                                                                                                                                                                              Qu'est ce qui vous a permis de penser que le peuple français incarné par le jury de première instance n'avait pas fait son travail à l'issue du premier procès, après avoir siégé pendant 11 semaines et délibéré pendant trois jours ?

12.                                                                                                                                                                                              En quoi ce procès vous a-t-il semblé d'une nature et d'une importance telles qu'il imposait une prise de parole du ministre de la justice sur le perron de l'Elysée à la sortie du conseil des ministres pour remettre en cause le verdict rendu par un jury populaire ?

13.                                                                                                                                                                                              Connaissez-vous un précédent sous la V° République ?

14.                                                                                                                                                                                              Quels étaient vos éléments d'appréciation pour donner l'ordre au Parquet d'interjeter appel alors que les peines prononcées étaient égales ou très légèrement inférieures à celle requises par l'avocat général Bilger, étant rappelé que, dans le courrier adressé par vous même au procureur général le 13 juillet 2009, vous estimiez que ses « réquisitions orales procédaient d'une analyse rigoureuse et approfondie des responsabilités de chacun » ?

15.                                                                                                                                                                                              Est-il habituel de voir un ministre de la justice ordonner un appel au Parquet général contre l'avis de l'avocat général ayant siégé à l'audience ?
 
16.                                                                                                                                                                                              Pouvez-vous indiquer des précédents ?

17.                                                                                                                                                                                              Avez-vous pris contact avec l'avocat général Bilger pour disposer d'éléments d'information avant de prendre votre décision ?

18. Le verdict a été rendu le vendredi 10 juillet. Vous avez annoncé votre volonté d'interjeter appel à la sortie du conseil des ministres le 13 juillet alors que vous disposiez de dix jours pour cela. Pourquoi cette précipitation ? Pourquoi ne pas avoir pris le temps de la réflexion ?
 
Sur les pressions exercées par certaines associations

19.                                                                                                                                                                                       D'après votre connaissance du dossier, la plupart des protagonistes étaient-ils animés de motivations antisémites ?

20.                                                                                                                                                                                           Que pensez-vous des déclarations du procureur Jean Claude Marin affirmant quatre jours après la découverte du corps d'Ilan Halimi qu' « aucun élément ne permet de rattacher ce meurtre à une action antisémite... Ce n'est pas en tant que juif que ce jeune homme s'est fait kidnapper, le mobile antisémite n'est pas avéré, le mobile affiché était d'obtenir de l'argent », argumentant ces propos sur le fait que « certaines victimes ne sont pas juives » et qu'il n'y a « jamais eu d'insultes ni de revendications antisémites dans les SMS ou autres messages envoyés à la famille » ?

21.                                                                                                                                                                                              Savez-vous que seuls Youssouf Fofana et un autre accusé sur les 27 comparaissant en première instance ont été renvoyés devant la cour d'assises pour y répondre de la circonstance aggravante liée à des motivations antisémites ?

22.                                                                                                                                                                                              Avez-vous été sensible aux pressions exercées par certaines associations telles que le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), l'Union des Etudiants juifs de France ou le Fonds Social juif unifié appelant notamment à une manifestation prévue pour le lundi 13 juillet au soir place Vendôme ? Y aurait-il un lien entre l'annonce de cette manifestation et la précipitation avec laquelle vous avez décidé le matin même d'ordonner l'appel ?

23.                                                                                                                                                                                              Savez vous que des tracts signés d'un « Comité pour un jugement à la hauteur du meurtre » appelant à cette manifestation circulaient dans la salle de la cour d'assises et dans les couloirs du Palais de justice de Paris avant même que le verdict  ne soit rendu?

24.                                                                                                                                                                                              Que pensez-vous des propos tenus par Théo Klein, ancien président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), condamnant les pressions exercées par certaines associations juives ? « Il ne faut pas interpréter faussement les faits. Ce n'est pas parce qu'un juif est concerné qu'il s'agit obligatoirement d'antisémitisme. On peut considérer {dans le dossier Fofana} qu'il y a de l'antisémitisme, mais il y a surtout un tel niveau de bassesse, de stupidité, de cruauté que je regrette que le secondaire devienne l'essentiel. (...) Cette affaire indique une pauvreté de la morale, de l'intelligence, de la part des protagonistes qui est effrayante pour la communauté française, beaucoup plus que pour la communauté juive[1]. (...) La meilleure justice est celle qui respecte les décisions rendues. Critiquer la décision prise par le jury populaire qui a suivi les débats d'un bout à l'autre me paraît mal fondé. La critique émane de personnes qui n'ont pas assisté aux débats et qui succombent à l'émotion.[2] (...) Tous les intervenants qui ont cherché à mettre en doute la marche normale de cette affaire ont eu tort et ont introduit un désordre parfaitement inutile. »[3]

25.                                                                                                                                                                                              Que pensez-vous de l'appréciation de Felix Rome parue dans le recueil Dalloz ? « L'appel imposé par la Garde des Sceaux accréditera fatalement la thèse immonde que Fofana soutient, (...) thèse selon laquelle tous les centres du pouvoir sont aux mains du lobby juif ; or c'est bien sous la pression de la communauté juive que la décision d'interjeter appel a été prise au plus haut niveau de l'Etat. CQFD. »

26.                                                                                                                                                                                            N'avez-vous pas le sentiment par votre intervention d'avoir pris le risque de nourrir l'antisémitisme ?

 
Sur l'influence du conseil de la famille Halimi.

27.                                                                                                                                                                                              Connaissez-vous personnellement l'avocat de la famille Halimi, maître Francis Szpiner ?

 

28.                                                                                                                                                                                              Maître Szpiner était-il l'avocat du RPR au temps où vous en étiez la présidente ?

29.                                                                                                                                                                                              Avez-vous eu des contacts avec lui au cours du procès ?

30.                                                                                                                                                                                              Avez-vous eu connaissance de certains éléments du dossier par son intermédiaire ?

31.                                                                                                                                                                                              Que pensez-vous des propos de maître Szpiner annonçant publiquement, avant même que la cour d'assises de Paris ne se retire pour délibérer, que, quelque soit le verdict, il obtiendrait du garde des sceaux qu'il soit fait appel de ce verdict ?

 

32.                                                                                                                                                                                               Que pensez-vous des propos de maître Szpiner annonçant publiquement, avant même que la cour d'assises de Paris ne se retire pour délibérer, qu'il ferait modifier la loi de sorte que le second procès soit public, ce qu'il a affectivement tenté de faire via les députés François Baroin et Jack Lang qui, le 8 juillet, soit la veille du verdict, ont déposé sur le bureau de l'assemblée nationale une proposition de loi supprimant la règle du huis clos devant la cour d'assises des mineurs ?

 

33.                                                                                                                                                                                              N'avez-vous pas l'impression que l'entregent revendiqué de cet avocat a créé un profond déséquilibre entre la partie civile et la défense, portant atteinte, ce faisant, aux droits de la défense ?

 

 

Sur les propos de l'avocat général Philippe Bilger

 

Propos du 11 juillet 2009 tenus par monsieur Bilger sur son blog avant que vous ne preniez la décision d'ordonner appel :

« Maintenant que le très long procès de Youssouf Fofana et de vingt-six autres accusés est terminé, puis-je me permettre l'expression d'un immense soulagement à la suite de débats et d'un arrêt qui ont manifesté de manière éclatante la réussite d'une justice criminelle souvent mise à mal ces derniers mois. (...) Ce blog n'est évidemment pas fait pour expliquer, analyser, légitimer ou répondre aux polémiques que d'aucuns se sont plu à nourrir jour après jour, avant et après le verdict (...). En revanche, une exception m'est permise et elle concerne précisément Bernard-Henri Lévy  qui dans son bloc-notes du Point paru le 9 juillet, alors que les jurés étaient en train de délibérer depuis la veille, a lancé de manière étrange une charge à la fois sommaire et vindicative (...) Quelle partialité pouvait-elle le pousser à cibler, outre Fofana, quatre accusés en particulier dont les avocats portaient un regard critique sur Me Szpiner et sa stratégie médiatico-judiciaire ? Quelle pulsion l'a poussé à se déchaîner pour tenter de démontrer que l'antisémitisme, retenu comme circonstance aggravante à l'encontre de deux accusés seulement, était partout dans cette tragique affaire et  que même le "crapuleux" l'était ? »

34.                                                                                                                                                                                              Avez-vous eu connaissance de la tribune publiée par Bernard-Henri Lévy dans Le Point le 9 juillet 2009 dont lecture d'extrait vous a été faite à la question n°4 ?

 

35.                                                                                                                                                                                              Sa prise de position a-t-elle pu influencer votre décision ?

 

 

Propos du 13 juillet 2009 tenus par monsieur Bilger sur son blogle jour où vous avez ordonné appel :

Eloge du calme

« Madame Ruth Halimi a déclaré que "si le débat avait été public", on se serait rendu compte que la Shoah recommence en France. Restons calme.

Patrick Devedjian, ministre du Plan de relance, avocat, ami de Me Francis Szpiner, critique l'existence d'un double antisémitisme à laquelle j'ai fait allusion dans mes réquisitions. L'un banal, ordinaire, diffus, préoccupant, mais sans commune mesure avec celui de violence, de torture et de mort qui a entraîné la mort d'Ilan Halimi. Evidence, à mon sens. Plus étonnant de sa part, il reprend mot pour mot les propos de Me Szpiner sur "l'appât", mineure lors des faits, qualifiée de "la jeune fille et la mort". Le lien est tout sauf établi mais peu importe. Il renchérit sur la sanction qu'il juge très indulgente. Que faire contre une telle coalition (...)? Mais restons calme.

Le garde des Sceaux a ordonné au procureur général d'interjeter appel pour toutes les condamnations inférieures à mes réquisitions. Il convient de rester calme.

Le calme : une ascèse nécessaire pour temps démocratiques troublés. »

36.                      Qu'en pensez vous ?

 

37.                      Que pensez-vous de l'intervention de Patrick Devedjan ?

 
Propos du 14 octobre 2009 tenus par monsieur Bilger sur son blog :

« J'ai réagi, après l'arrêt criminel dans l'affaire Fofana et autres, à un bloc-notes perfide de Bernard-Henri Lévy  publié alors même que le procès n'était pas terminé. (...) La famille Halimi et son avocat -  l'expérience et le bloc-notes du Point ont démontré comme Bernard-Henri Lévy  et lui étaient proches - m'imputent "un réquisitoire indulgent" dans l'affaire Fofana et autres. Il est inutile de répéter, sanctions à l'appui, comme cette accusation est grotesque. »

Philippe Bilger indique ensuite que vous auriez confié à un journaliste, Mathieu Delahouse, qui le rapporte dans un livre intitulé Justice, le ministère infernal paru l'an passé aux Éditions Flammarion, que c'est votre directeur de cabinet qui vous aurait « soufflé cette idée absurde. »

38.                                                                                                                                                                                              Votre directeur de cabinet vous a-t-il effectivement « soufflé cette idée absurde » ?

 

39.                                                                                                                                                                                              Si tel est le cas, pouvez vous nous indiquer les éléments sur lesquels votre directeur de cabinet s'est fondé pour vous souffler « cette idée absurde » ?

 

40.                                                                                                                                                                                              Comment a-t-il eu connaissance du dossier et par qui ?

 

Propos du 28 décembre 2009 tenus par monsieur Bilger sur son blog :

 
« L'appel, dans l'affaire Fofana, aurait été décidé par Michèle Alliot-Marie sur l'étrange conseil de son directeur de cabinet ou, selon Christine Clerc faisant monologuer Nicolas Sarkozy, par ce dernier alerté et sollicité par le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). »

41.                                                                                                                                                                                              Nicolas Sarkozy est-il intervenu dans cette affaire ?
 

42.                                                                                                                                                                                              Existe-t-il à votre connaissance des liens entre Nicolas Sarkozy ou son entourage et Bernard-Henri Lévy ?

Propos du 4 février 2010 tenus par monsieur Bilger sur son blog relatifs à la proposition de loi François Baroin-Jack Lang modifiant la loi imposant la publicité restreinte devant la cour d'assises des mineurs :

« Il est dommage que la commission des lois de l'Assemblée Nationale n'ait pas estimé nécessaire d'être renseignée sur le cours des audiences du procès Fofana et sur les attitudes des uns et des autres. Elle aurait ainsi pu constater que "l'immense émotion" sur laquelle François Baroin s'est fondé, n'avait pas été le ressort fondamental de la demande de publicité présentée par l'avocat de la famille Halimi. Celle-ci, paraît-il, souhaitait cette transparence et son conseil a plaidé en ce sens, sachant toutefois que la cour n'avait pas d'autre choix juridique que de la refuser dès lors que l'accusée concernée (...) avait désiré le maintien du huis clos. Par la suite, au moins à deux ou trois reprises, cette accusée s'est vu menacer de foudres parce qu'elle avait empêché la publicité des débats au point qu'à la longue on finissait par se demander si on lui reprochait un crime ou seulement cette opposition. Comme par hasard, c'est cette seule accusée dont la condamnation est apparue insuffisante à l'avocat Szpiner qui, je ne sais par quel moyen, a obtenu qu'une injonction politique soit adressée au procureur général pour qu'appel soit interjeté d'un arrêt pourtant reconnu exemplaire par la plupart des observateurs et analystes de bonne foi.

J'ajoute, pour n'omettre aucune des facettes de ce procès médiatiquement rapporté à sa manière chaque soir par l'avocat de la famille Halimi, que celui-ci n'avait pas hésité à se vanter, lors des débats, d'avoir "dans sa manche" François Baroin et Jack Lang pour faire lever, à l'avenir, le huis clos dont je me permets de rappeler qu'il est de droit d'abord pour protéger les mineurs même si devenus majeurs ils ont la faculté de ne plus l'exiger. Dans l'espace judiciaire, ces noces obscènes de la pression politique avec le ressentiment personnel à l'égard d'une Cour remarquable m'ont alors scandalisé même si j'avais dû faire silence sur ce plan. Ces noms de députés jetés en pleine audience comme des obligés de l'avocat, quelle médiocrité! »

43.  Que pensez-vous de l'influence d'un avocat qui se vante de pouvoir faire changer une loi parce qu'elle ne lui convient pas pour les besoins d'un procès dans lequel il intervient en qualité de représentant de la partie civile ?

 

44.    Cela vous parait-il compatible avec un exercice normal de la démocratie ?

Sur l'indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs et quelques autres principes

 
45.                                                                                                                                                                                         Quel est à votre sens la place que doit occuper la partie civile dans un procès pénal ?

 
46.Que pensez-vous de la réaction de l'avocat Thierry Lévy déclarant au Monde le 15 juillet 2009 : « après avoir disposé pleinement des facilités de l'audience, avoir développé ses arguments comme il a voulu, avoir demandé des condamnations qu'il n'a pas obtenues, face à cet échec, (l'avocat de la partie civile) est allé supplier les responsables politiques de faire ce qu'il n'avait pas réussi à faire. (...) La Garde des Sceaux n'a pas assisté aux débats, elle n'a entendu ni les parties, ni les témoins, ni les arguments échangés. Sa décision allant à l'encontre de celle de l'avocat général s'est évadée de la réalité concrète du dossier, elle a pris un caractère nécessairement politique. Les parties civiles auront désormais la voie ouverte pour s'adresser au gouvernement quand les décisions de cour d'assises ne leur plaisent pas, ce qui est inévitable dans un très grand nombre de cas. Ce précédent les invite à contourner par la voie politique la loi qui leur interdit de faire appel. La politique des intérêts particuliers s'est introduite dans les prétoires. » ?

47.                                                                                                                                                                                              Que pensez-vous du principe de l'individualisation des peines ?

48.                                                                                                                                                                                              Lorsque les juges et les jurés prononcent une condamnation, pensez vous qu'ils doivent prendre en considération la manière dont cette peine pourra éventuellement être exécutée ? Ou pensez vous qu'il s'agit là de deux questions absolument différentes, la seconde ne devant en aucun cas influencer la première ?

 

49.                      Que pensez-vous de la réaction de l'USM considérant que si « le Parquet se met à faire appel lorsque la durée des peines prononcées est égale ou inférieure de quelques années aux réquisitions, il va falloir faire appel dans les trois quarts des affaires pénales de cours d'assises » ?

 

50. Que pensez-vous de la réaction du syndicat de la magistrature qualifiant votre décision d'« inquiétante » ?

51. Que pensez-vous de l'adage « Quand la politique entre dans les prétoires, la justice en sort ? »

52.                                                                                                                                                                                              Que pensez vous des formules habituellement servies par la classe politique lorsqu'une affaire judiciaire la concerne, telles que « Il faut laisser la justice faire son travail » ou bien encore « je ne commente pas une décision de justice » ?

53.                                                                                                                                                                                              Ne trouvez vous pas étonnant qu'un appel ait été interjeté le 13 juillet dans ce dossier où avaient été obtenues peu ou prou les peines réclamées par le Parquet alors que ce ne fut pas le cas dans un autre dossier où un sénateur UMP jugé pour le viol de sa belle fille avait été acquitté le 8 juillet alors que le Parquet avait réclamé à son encontre entre 6 et 8 ans d'emprisonnement ? N'y a-t-il pas là deux poids deux mesures ?

 

54.                                                                                                                                                                                          Quel est à votre avis le coût de ce second procès pour le contribuable?

55.                                                                                                                                                                                           N'avez-vous pas eu le sentiment, en ordonnant l'appel, d'avoir porté atteinte à l'indépendance de la justice ?

56.                                                                                                                                                                                              Avez-vous le sentiment que votre intervention est en adéquation avec les principes affirmés par vous-même dans la tribune libre publiée par Le Monde le 30  juillet dernier dans lequel vous écriviez notamment : « Il n'est pas de République sans une justice respectée. (...) Quelle médiocrité de la part de ceux qui, par ignorance, inculture ou opportunisme politicien, agitent le soupçon d'un parquet aux ordres du gouvernement. (...) Comment peut-on dénoncer d'imaginaires interventions de l'exécutif dans le judiciaire ? (...) Que les choses soient claires : une telle intrusion du garde des sceaux dans une procédure en cours est strictement incompatible avec la vision que je me fais de la justice et de ma propre fonction. (...) La justice doit être protégée des contingences médiatiques, politiciennes voire personnelles. (...) La justice est l'un des piliers de la République. Elle est rendue au nom du peuple français. Le parquet enquête, parle et défend les intérêts non de tel ou tel mais de la société. Il est de mon devoir de préserver la justice de toute pression, qu'elle soit hiérarchique, politique ou médiatique. Au nom de l'indépendance de la justice, je ne commente ni n'interviens dans les procédures en cours. Les mêmes raisons me conduisent naturellement à m'opposer à toute tentative, d'où quelle vienne, d'influer sur le cours de la justice. La justice n'appartient ni au gouvernement ni à une poignée de spécialistes du bruit médiatique. (...) Une justice sereine, impartiale, indépendante doit être à l'abri de l'intervention des individus et des tumultes de la conjoncture. C'est ma conviction. »

Estimez vous qu'il existe un décalage entre vos déclarations et vos actes ? »

L'avocat Didier Seban a tenu à mettre en garde les jurés contre « un procès qui ne peut être l'équivalent du premier, dans la mesure où Youssouf Fofana n'y est même pas présent ». Pour lui, la cour « va devoir comprendre une affaire dont elle n'a pas la présentation dans son intégralité. C'est comme s'il lui manquait la moitié du film ».

La cour a aussi entendu une interview de l'avocat général Philippe Bilger, diffusée sur France Inter en juillet 2009, au lendemain du délibéré du procès de première instance. Alors que des associations juives dénonçaient à l'époque un verdict « dérisoire », « insupportable », « indulgent », le magistrat défend au contraire à l'antenne « une décision exemplaire », et évoque un procès qui a établi des responsabilités, et une hiérarchie dans les culpabilités. En réponse à la diffusion de cette émission à l'audience, l'avocat de la famille d'Ilan Halimi, Maître Francis Szpiner, a distribué à son tour des extraits du blog de Philippe Bilger, où le magistrat donne son sentiment concernant Dieudonné, ou certaines déclarations d'Eric Zemmour.

Un geste qui a provoqué l'ire de l'avocat général. Jean-Paul Content s'est adressé à la cour en lui demandant que les débats se poursuivent de manière sereine. Il a ajouté qu'il n'acceptait pas les attaques personnelles contre les uns, ou contre les autres, d'autant que son confrère Philippe Bilger n'était pas dans la salle pour se défendre. Le magistrat a aussi rappelé les jurés à leur mission, la question qui doit les préoccuper désormais est celle de ce deuxième procès : ils doivent aujourd'hui rejuger dix-sept personnes, en toute indépendance.

Un retraité en possession de 271 oeuvres inédites de Picasso

picassop.jpgUn électricien retraité, âgé de 70 ans, demeurant sur la Côte-d’Azur, serait en possession de pas moins de 271 œuvres de Pablo Picasso.

Des tableaux, carnets et dessins des années 1900 à 1932, la période la plus riche du maître, d’une valeur estimée à une soixantaine de millions d’euros, indique Libération.

Des œuvres dont personne ne connaissait l’existence.

Les héritiers de Pablo Picasso ont porté plainte contre X pour recel.

L’électricien, qui aurait travaillé pour Pablo Picasso, souhaitait obtenir des certificats d’authenticité du fils du peintre, Claude Picasso, administrateur de la succession, précise Le Figaro.

Voici la liste des gagnantspour les livres pour les petits

pompier1.jpgVoici la liste des gagnants  Alliance et les Editions Usborne qui vont recevoir des livres pour les petits avec  :

- Le train avec un petit train à remonter

- Bible pour les petits - livre puzzle

- Livres sonores avec jouet : Le camion de pompiers

- Les bâtiments célèbres

Alors à vous de jouer !!

 Le train avec un petit train à remonter

- Henry nathalie  77450 montry

- Degache vincent 07430 Davezieux

- Daniel Stéphane 67120 Molsheim

- Leonard Claudette 78140 Vélizy villacoublay

- Borne Joelle  84600 Valreas

Bible pour les petits - livre puzzle


- MULLER Hubert 85180 Le Chateau D Olonne

- Maury  Jean Michel 55000 Bar Le Duc


- LE BIEZ Hervé 78570 ANDRESY


- Truffer Denise  22450 Pouldouran

- Florence Emmanuelle 78220 Viroflay


Livres sonores avec jouet : Le camion de pompiers

- Bachiri Stéphanie 240 rue de ravenne 54240 Joeuf

- Raphel Nathalie 3300 Salon de provence

- Loutrage Myriam 07000 PRIVAS

- Meyers isabelle 4020 Wandre;Belgique

- Meresse Valerie 77680 roissy en brie


Les bâtiments célèbres


- Rondeau  Marie-Noëlle  85590 Saint Mars  La  Reorthe

- Pelletier Christophe  62190 Lillers

- Mercier Laure  41000 blois France

- DODEMAN Carole 38240 Meylan

- BELLAMAN Nadine 34250 Palavas  Les Flots

Exposition à Paris sur les «Synagogues en Tunisie»

Une exposition intitulée «A la redécouverte d’un patrimoine juif en terre d’Islam: les synagogues de Tunisie» a été inaugurée le 14 novembre, au Centre communautaire de Paris.

À l’occasion de la parution de leur monumental ouvrage aux Éditions Esthétiques du Divers, Colette Bismuth-Jarrassé et Dominique Jarrassé présentent leur livre et exposent au Centre Communautaire de Paris (sis au 119, rue La Fayette 75010 Paris) une vingtaine de photos originales qui retracent leur parcours de recherches pendant sept ans à travers les synagogues de toute la Tunisie.
Egalement au programme: une conférence et une séance dédicace de l’ouvrage dédié à l’exposition.

‘‘Les Synagogues en Tunisie’’ est un livre-guide qui dresse l’inventaire complet de ces lieux de culte juifs en Tunisie à travers plus de 700 photos, plans et documents. C’est un voyage à la découverte de la diversité de ces synagogues, qui se caractérisent, à Tunis et Bizerte, par leur modernité et leur monumentalité. Au sud, cependant, les oasis, les montagnes et l’île de Djerba offrent des exemples fascinants d’architecture traditionnelle, troglodytes de Matmata, villages juifs de Djerba recelant plus de vingt synagogues, en passant par celles dans les médinas de Kairouan, Sousse ou Nabeul…
«Ce qui frappe dans la plupart de ces synagogues, c’est leur intégration au cadre traditionnel et leurs liens avec la culture locale», souligne Dominique Jarrassé, professeur d’histoire de l’art, qui fera une conférence à ce sujet.
Colette Bismuth-Jarrassé, diplômée de littérature comparée de  Paris IV-Sorbonne, professeur de lettres et de communication et éditrice, est née à Tunis. C’est elle qui a entrepris cette étude pour contribuer à la préservation du patrimoine juif tunisien. Son époux, et co-auteur, Dominique Jarrassé, est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université de Bordeaux, à l’École du Louvre et à l’Institut Universitaire Elie Wiesel.
La manifestation est organisée en partenariat avec la Société d’histoire des Juifs de Tunisie (Shjt), présidée par un autre natif de Tunisie, Claude Nataf, lui aussi professeur d’histoire.

Cycle: "Paris or Not Paris?"



parisornotparis.jpgEn septembre dernier, Claude Chabrol, figure de proue de la Nouvelle Vague du cinéma français nous quittait. L'Institut français de Tel-Aviv a décidé de rendre hommage à ce grand cinéaste dans le cadre de son cycle “Paris or Not Paris”. L'adaptation du célèbre roman de Flaubert “Madame Bovary” sera ainsi projeté. Pour vous accompagner dans la (re)découverte de Chabrol, la critique de cinéma M. Avner Shavit (Université de Tel Aviv)  fera une intervention en hébreu au cours de la soirée.
...Celle-ci se terminera par un débat entre la salle et M. Shavit et sera suivie d’un cocktail.

 L'hisoire de Madame Bovary?

Au XIXe siècle, Emma, fille de paysan, épouse un officier de santé. Idéaliste et romanesque, elle perd rapidement ses illusions de bonheur face à la grossièreté des petits bourgeois normands. Emma Bovary se perd dans des lectures romanesques, et tente de tromper cet ennui en trompant son mari…

A l'affiche :  Isabelle Huppert, Jean-François Balmer, Christophe Malavoy, Jean Yanne…

Quand : le 16 Novembre 2010 de 19h00 à 22h00
Où : à l'Institut français de Tel-Aviv, 7 rue Rotschild
PAF: 20 NIS

Plus d'informations : http://www.ambafrance-il.org/-Accueil-Francais-.html