Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

1939-1945 : Les Alliés ont-ils abandonné les juifs ?

drancy.jpgArticle paru dans "Le Nouvel Obs"

A l’heure des repentances, un roman relance la terrible accusation lancée contre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Roosevelt et Churchill devant le tribunal de l’Histoire.

D’abord, il y a la polémique. Celle qui a opposé Claude Lanzmann, le réalisateur de "Shoah", à Yannick Haenel, auteur d’un roman remarqué : "Jan Karski" (Gallimard). Au centre de cette controverse : le destin d’un héros de la Résistance polonaise au nazisme qui, en juillet 1943, témoigna de la solution finale devant Roosevelt. Peut-on, avec Haenel, conclure de ce témoignage que les juifs ont été abandonnés par les Alliés, qu’"il n’y a eu ni vainqueurs ni vaincus en 1945", mais seulement "des complices et des menteurs" ? "Les juifs n’étaient pas au centre du monde pendant la guerre", répondent ici Claude Lanzmann et l’historienne Annette Wieviorka, qui dénoncent une mise en scène erronée, anachronique, de l’histoire. Pour en juger, le mieux est d’en revenir aux faits. Le Nouvel Observateur publie les extraits les plus significatifs du livre de Jan Karski "Mon témoignage devant le monde", que réédite aujourd’hui Robert Laffont. Et Claude Weill présente les pièces du dossier…

1) Que savaient les Alliés ?

A question simple, réponse complexe. "Tout", ont cru pouvoir affirmer certains historiens dans les années 1970 et 1980 en se fondant sur la masse de rapports et de témoignages parvenus à Londres et à Washington relatant les persécutions commises contre les juifs d’Europe par le régime nazi. Mais, outre la difficulté qu’il y a à penser l’impensable, il convient de souligner que ces éléments, noyés dans le flot quotidien d’informations venues de tous les fronts de la Seconde Guerre mondiale, furent longtemps fragmentaires, imprécis, mêlés de faits douteux qui pouvaient passer – parfois à juste titre – pour des rumeurs ou des fantasmagories. De sorte que la question n’est pas seulement de savoir de quels renseignements disposaient les dirigeants américains et britanniques, mais à partir de quand il leur a été possible de se faire une vision claire, cohérente, "acceptable" de ce qu’on n’appelait pas encore le "génocide".
Dès l’invasion de l’URSS, les services secrets britanniques, qui ont réussi à décrypter une partie des codes utilisés par les nazis, mentionnent les exécutions massives perpétrées par l’armée allemande en territoire soviétique et identifient bientôt les populations juives comme étant les victimes principales de ces « boucheries ».

Une succession de rapports, certains lus et annotés par Churchill, décrivent quasiment au jour le jour les prémices de ce qu’on nommera beaucoup plus tard "la Shoah par balles". Dans une note de synthèse, le 12 septembre 1941, les services britanniques estiment que les chiffres collectés constituent "une preuve décisive d’une politique d’intimidation sauvage, sinon d’une extermination définitive" [des juifs] (1). Le même jour, l’état-major du Secret Intelligence Service (SIS) indique que les rapports d’exécutions ne figureront plus dans les comptes rendus destinés au Premier ministre : "Le fait que la police exécute tous les juifs qui lui tombent entre les mains devrait être suffisamment connu désormais." La priorité, pour le SIS, n’est pas là : c’est d’informer le gouvernement sur la situation militaire et la capacité de résistance de l’Armée rouge.

Les services américains n’ont pas eu connaissance des messages décryptés par le SIS. Mais les Etats-Unis, neutres jusqu’à Pearl Harbor (décembre 1941), avaient des correspondants de presse et des diplomates en Allemagne. Ceux-ci ne manquèrent pas de signaler l’aggravation de politique antisémite et les déportations de juifs allemands vers l’Est. Différents articles sur les atrocités commises en URSS parurent à l’automne 1941 dans la presse américaine. Généralement en pages intérieures, et avec les conditionnels de rigueur. L’impact sur l’opinion en fut limité. Depuis les années 1930 et la nuit de Cristal, il n’était que trop connu que les nazis haïssaient les juifs.

Le tournant de 1942 dans le traitement de la "question juive" – c’est-à-dire la mise en œuvre d’un processus industriel de mise à mort – était sans doute le secret le mieux gardé de l’Allemagne nazie. Secret assez vite éventé pourtant. Parmi différents rapports émanant de sources polonaises et juives – "pour l’essentiel corrects", reconnaîtra à l’automne 1943 un mémo interne du Département d’Etat, mais "parfois confus et contradictoires, et intégrant des histoires qui étaient manifestement des reliquats des récits horrifiques de la Première Guerre" –, deux témoignages de première main, au milieu de l’année 1942, allaient donner la juste mesure de ce qui se passait au cœur de l’Europe occupée.

Le 30 juillet, soit quelques jours après l’inspection de Himmler à Auschwitz au cours de laquelle il avait approuvé le projet d’extension du camp, un industriel allemand nommé Schulte révéla à un collègue suisse l’existence d’un plan d’extermination des juifs d’Europe et lui demanda de transmettre l’information à Churchill et à Roosevelt. Celle-ci parvint à Gerhart Riegner, représentant du Congrès juif mondial à Genève, qui la communiqua aussitôt aux consulats américain et britannique. Le télégramme de Riegner, daté du 8 août, mérite d’être cité intégralement :
"Reçu nouvelle alarmante qu’au quartier général du Führer discussion et examen d’un plan selon lequel après déportation et concentration à l’Est tous les juifs des pays occupés ou contrôlés par l’Allemagne représentant 3,5 à 4 millions de personnes doivent être exterminés d’un coup pour résoudre définitivement la question juive en Europe. Exécution prévue pour l’automne, méthodes à l’examen, y compris acide prussique". A quoi Riegner ajouta, par rigueur intellectuelle : "Transmettons information sous toutes réserves, son exactitude ne pouvant être confirmée".
Schulte ne se trompait guère que sur le calendrier : le projet n’était pas à l’examen, mais déjà en cours d’exécution. L’automne à venir ne verrait pas son achèvement, mais la montée en puissance d’un processus qui se poursuivra jusqu’à l’effondrement du Reich.
Au Foreign Office et au Département d’Etat, le message de Riegner créa d’abord doutes et embarras.

Malgré (ou à cause de ?) ce que l’on savait déjà, un tel plan passait l’entendement. Avant de songer à rendre l’information publique, les Américains décidèrent de mener des investigations complémentaires. Et Sumner Welles, sous-secrétaire d’Etat, pria fermement le rabbin Stephen Wise, président du Congrès juif américain, également destinataire du télégramme, de garder le silence jusqu’à plus ample informé. Ce qu’il accepta. L’affaire traîna en longueur. Fin novembre, enfin, Welles convoqua Wise et lui confirma que les dires de Riegner étaient fondés. Le rabbin organisa des conférences de presse à New York et à Washington. Le New York Herald Tribune reprit son récit, le 25 novembre, et titra prudemment : "Wise déclare que Hitler a donné l’ordre de tuer 4 millions de juifs en 1942". C’était la première fois qu’une telle information était livrée au grand public. Les journaux n’en firent pas leurs gros titres. L’attention de la presse américaine – y compris de la presse juive – était tournée vers les opérations militaires en Afrique du Nord et dans le Pacifique.

Par un hasard de l’histoire, ce même 25 novembre arrivait à Londres le résistant polonais Jan Kozielewski. Jan Karski – son nom de code – a réussi à pénétrer dans le ghetto de Varsovie et a assisté à une exécution de masse près du camp de Belzec. Il est un des rares témoins directs de l’extermination. Le seul qui ait jamais pu rapporter aux dirigeants alliés ce qu’il a vu de ses propres yeux. D’abord à Anthony Eden, ministre britannique des Affaires étrangères. Puis, le 28 juillet 1943, à Roosevelt lui-même. Il existe plusieurs comptes rendus des entretiens que Karski eut à Londres avec différentes personnalités britanniques et polonaises. Le plus détaillé émane de deux représentants juifs du Conseil national polonais à Londres. Il fait plus que corroborer le télégramme de Riegner : Karski désigne nommément les camps d’extermination de Belzec, Treblinka et Sobibor et donne des indications chiffrées : "Sur les 3,5 millions de juifs de Pologne et 500.000 à 700.000 qui avaient été amenés là des autres pays conquis par les nazis, seul un petit nombre ont survécu".

Un dernier document, bien plus tardif, achèvera de donner un tableau à peu près complet de la solution finale : il a été rédigé au printemps 1944 par Rudolf Vrba et Alfred Wetzler. Ces deux déportés slovaques ont réussi à s’évader d’Auschwitz le 7 avril 1944. Leur rapport, d’une trentaine de pages, est achevé à la fin du mois et aussitôt traduit en plusieurs langues. Remis en Suisse au représentant de l’OSS (Office of Strategic Services, ancêtre de la CIA), il parvient aux Etats-Unis à la mi-juin. Il décrit avec précision l’activité et le modus operandi de la plus grande usine de mort jamais conçue : la sélection, les chambres à gaz, le calendrier des déportations, tout est là. Mais il est bien tard...

2) Pourquoi les Alliés n’ont-ils pas alerté l’opinion ?

Ils l’ont fait. Mais avec retard, et souvent d’une manière allusive et vague. Pour des raisons que l’on ne peut comprendre si l’on analyse la psychologie et la politique des acteurs d’alors avec le regard d’aujourd’hui.
Lorsque Churchill, en août 1941, dénonça les "exécutions perpétrées de sang-froid contre les patriotes russes qui défendent leur terre natale", il ignorait encore que ce "crime sans nom" visait principalement les juifs. Le fait devint bientôt évident et le ministère de l’Information ouvrit un dossier spécial intitulé "Rapports sur les juifs". Dans le rapport du 22 janvier 1942, on peut lire : "Les Allemands poursuivent clairement une politique d’extermination envers les juifs". Les Britanniques s’en tinrent pourtant à la ligne qu’ils s’étaient fixée : concernant la divulgation des crimes nazis, "l’horreur [devait] être utilisée avec beaucoup de modération", en évitant de se centrer sur les victimes juives (note du ministère de l’Information, juillet 1941).
En novembre, le Premier ministre laissa entrevoir la vérité dans un message au "Jewish Chronicle" : "Personne n’a subi plus cruellement que les juifs ces fléaux innommables répandus par Hitler". Mais, pour des mois encore, Londres ne jugea utile ni souhaitable de livrer à l’opinion britannique et internationale les faits précis en sa possession. Et la Grande-Bretagne ne faisait pas exception. Les gouvernements alliés réunis en juin 1942 au Saint-James Palace de Londres signèrent une motion commune appelant à ce que les responsables de crimes contre les civils soient jugés après la guerre. Le sort des juifs n’y était pas expressément mentionné.
Les historiens se sont employés à identifier les raisons de cette "discrétion". Incapacité à penser la question juive dans sa singularité, parmi les innombrables malheurs du temps. Répugnance à distinguer parmi les victimes du nazisme. Volonté de ne pas retomber dans les erreurs de la guerre de 1914, en répandant des récits qui paraîtraient peu fiables – et nombre de responsables restaient d’ailleurs convaincus que les Polonais et les juifs exagéraient "pour faire monter la pression". Mais aussi crainte d’affaiblir politiquement la cause des Alliés : le régime nazi devait être présenté comme l’ennemi du genre humain tout entier. Se focaliser sur les souffrances des juifs, alors que l’antisémitisme était encore vivace en Europe et aux Etats-Unis, risquait de lézarder l’union sacrée. Pis : de donner prise à la propagande nazie selon laquelle les Alliés faisaient la guerre pour le compte des juifs – ce qui avait été un leitmotiv de l’extrême-droite isolationniste américaine dans sa campagne contre Roosevelt et le "Jew Deal". Sur le plan international, enfin, il était crucial pour Londres et Washington de montrer qu’ils portaient une égale attention à tous les peuples opprimés par les nazis.
A mesure que les informations s’accumulaient, le mur du silence se fissura. Tour à tour, le New York Times, la BBC, le Daily Telegraph, le Times relatèrent l’ampleur des persécutions antijuives. Le 21 juillet, le président Roosevelt exprima la sympathie du peuple américain envers ses « concitoyens juifs » et employa pour la première fois le mot « exterminer ». Mais en des termes ambigus qui ne distinguaient pas nettement les juifs parmi "toutes les victimes des crimes nazis". Dans la même veine, il déclarera le 21 août que la politique nazie "pouvait même conduire à l’extermination de certaines populations". On était alors dans l’attente d’une vérification du télégramme de Riegner. Avec sa divulgation, un verrou sauta.
Le 2 décembre 1942, le New York Times publiait en une un éditorial annonçant que 5 millions de juifs étaient concernés par l’extermination. Le même jour, l’ambassadeur soviétique à Washington se prononçait, de son propre chef, en faveur d’une déclaration des Alliés. Le gouvernement polonais plaidait dans le même sens. Le 7, Eden câbla à son ambassadeur à Washington qu’il avait désormais peu de doutes sur le fait que les Allemands avaient bien planifié d’exterminer les juifs. Et le 8, Londres transmit à Washington la première version de ce qui devait être la déclaration du 17 décembre, par laquelle les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’URSS, au plus haut niveau, reconnaissaient la réalité de la solution finale et s’engageaient à châtier les coupables. Eden lut la déclaration à la Chambre des Communes, qui observa une minute de silence.
Le retentissement fut "beaucoup plus impressionnant que je ne l’aurais cru", note Eden dans son journal. Consigne fut donnée à la BBC d’accorder le plus large écho à la déclaration. Le service européen la diffusa pendant une semaine, plusieurs fois par jour, en direction des pays occupés. En janvier 1943, la Royal Air Force largua au-dessus de l’Allemagne 1,2 million de tracts décrivant le programme d’extermination nazi. Aux Etats-Unis, CBS y consacra deux émissions. Le monde désormais savait – même si beaucoup continuèrent de refuser cette vérité ("J’ai la certitude que nous faisons une erreur en ajoutant foi publiquement à cette histoire de chambres à gaz", écrira encore en août 1943 le président du British Joint Intelligence Committee Victor Cavendish-Bentinck) ; même s’il faudrait encore des années, le choc de la libération des camps, le patient travail des historiens, avant que les esprits ne finissent par penser l’impensable.

3) Les juifs ont-ils été "abandonnés" ?

A l’heure de la victoire, on aurait sans doute stupéfié les dirigeants alliés si on leur avait dit qu’ils devraient un jour comparaître devant le tribunal de l’Histoire pour « Abandon des juifs », selon le titre du livre-réquisitoire publié en 1984 par David Wyman (2). Et, plus étonnant encore, que leurs successeurs plaideraient plus ou moins coupables, à l’image de Bill Clinton déclarant, lors de l’inauguration du Musée du Mémorial de Washington : Les Etats-Unis "ont fait beaucoup trop peu".
La majorité des historiens, pourtant, sont aujourd’hui enclins à accorder aux Alliés de larges circonstances atténuantes. Examinons l’acte d’accusation.
– La mollesse de la politique de sauvetage. Après le 17 décembre 1942, les pressions s’intensifièrent sur le gouvernement britannique, émanant notamment de l’archevêque de Canterbury et de membres du Parlement, afin qu’il prenne des dispositions pour sauver ceux qui pouvaient encore l’être. Un nouveau comité du cabinet de guerre fut chargé d’étudier les mesures envisageables pour l’accueil des réfugiés. Sa première réunion, le 31 décembre, permit surtout de lister les problèmes que poserait un exode de réfugiés (juifs et non-juifs, car on redoutait que les actions entreprises en faveur des juifs ne provoquent un effet de contagion dans les pays occupés). Le Foreign Office, de son côté, faisait valoir qu’un afflux de juifs en Palestine ne manquerait pas de créer de grandes difficultés avec les Arabes. Dans une lettre à lady Reading, en janvier 1943, Churchill ne cherche pas à farder la réalité : "Quand bien même obtiendrions-nous la permission de faire sortir tous les juifs, le transport à lui seul présente un problème dont la solution sera difficile. Les voies d’acheminement passent presque entièrement à travers des zones de guerre où les exigences militaires prédominent et qui doivent donc, dans l’intérêt de la victoire finale, recevoir la priorité". Sa conclusion – "Nous ferons tout ce que nous pourrons" – sonne comme un aveu d’impuissance. En fait, dès ce moment, la conviction des Britanniques était que le sort des juifs était lié au sort des armes, et que le salut des survivants passait par une victoire rapide et totale sur l’Allemagne nazie. C’était aussi le point de vue du Département d’Etat, dont un mémo interne notait froidement que le nombre des morts était en définitive secondaire en regard du "dessein primordial [qui] est de gagner la guerre, et toutes autres considérations doivent y être subordonnées".
C’est dans cet état d’esprit que les deux administrations accueillirent les multiples démarches, souvent peu consistantes, voire naïves (un appel à Hitler pour qu’il libère tous les juifs, par exemple), les pressant de « faire quelque chose ». Que faire – dès lors qu’il était à la fois exclu de discuter avec Hitler et de desserrer le blocus pour envoyer de la nourriture aux affamés ? Après s’être renvoyé la balle, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis décidèrent de se concerter lors d’une conférence spéciale qui se tint aux Bermudes mi-avril. Dans une note à Anthony Eden, le sous-secrétaire d’Etat britannique Law résuma crûment la tonalité des discussions : "Le mieux que je puisse espérer [...] est un accord formel sur ce qui est impossible". Des Bermudes, il ne sortit que de maigres recommandations. Et un accord si modeste qu’on préféra le tenir secret...
On ne saurait dresser la liste des initiatives, propositions d’échanges ou de rançons, qui émaillèrent les années 1943 et 1944. Elles furent généralement perçues comme irréalistes, politiquement inacceptables ou interprétées comme des manœuvres destinées à créer la division entre Occidentaux et Soviétiques – ce que certaines étaient à l’évidence. Elles furent le plus souvent explorées avec peu de conviction. La plus célèbre est le marché proposé par Eichmann en mai 1944 : il offrait d’épargner les juifs hongrois, dont la déportation battait son plein, en échange de 10.000 camions (destinés au front de l’Est), de thé, de café, de cacao et de savon. Convaincus d’avoir affaire à un leurre, les Alliés ne donnèrent pas suite.
Nul ne saura jamais le coût humain des occasions manquées. L’action du War Refugee Board, tardivement créé par les Etats-Unis en janvier 1944 afin de porter secours aux "victimes menacées de mort imminente" ("à condition que cela n’entrave pas la poursuite de la guerre"), porta quelques fruits. Le bombardement de Budapest, le 2 juillet, les intimidations exercées sur le régent Horthy et les pressions sur les pays tiers (Espagne et Amérique latine) pour qu’ils délivrent de vrais-faux passeports permirent se sauver quelques milliers de juifs hongrois. Combien d’autres auraient pu être épargnés si les Alliés avaient accepté en certaines occasions de déroger à la doctrine "tout pour la guerre" ? L’histoire n’est pas un laboratoire expérimental.
– Le refus des représailles ciblées. Au lendemain de la déclaration du 17 décembre 1942, Churchill ouvrit le débat lors d’une réunion des chefs d’état-major : fallait-il, comme le proposait le Premier ministre polonais Sikorski, organiser des bombardements, en Pologne et en Allemagne, en les liant explicitement à la persécution des Polonais et des juifs ? Le chef de l’armée de l’air Charles Portal fit valoir qu’une telle tactique remettrait en question la légitimité des raids "normaux" sur les villes considérées comme des cibles militaires. En vérité, ces raids étaient déjà meurtriers. Mais renoncer à la fiction que les Alliés ne visaient que des objectifs militaires, c’était aligner leurs standards moraux sur ceux des nazis. Churchill n’insista pas. L’idée de bombardements de représailles fut écartée.
– Le non-bombardement d’Auschwitz. Depuis l’article de David Wyman intitulé "Pourquoi Auschwitz ne fut pas bombardé" (1978), ce point est devenu, pour les tenants de la théorie de l’abandon, la preuve de la coupable indifférence des Alliés. Leurs arguments n’emportent pourtant pas la conviction.
Jusqu’au printemps 1944, une telle mission était difficilement réalisable : pour les bombardiers stationnés en Grande-Bretagne, cela représentait un vol aller-retour de 3 200 kilomètres au-dessus du territoire ennemi. Une fois l’Italie libérée, en revanche, Auschwitz se trouva à la portée des ailes alliées. Entre le 7 juillet et le mois de novembre, l’US Air Force pilonna à dix reprises des installations industrielles proches d’Auschwitz-Birkenau. C’est dans cet intervalle que s’inscrivirent les appels, rares et timides, à bombarder. "Une telle opération serait d’une efficacité douteuse", trancha John McCloy, secrétaire d’Etat adjoint à la Guerre.
Bombarder quoi, au fait ? Les voies ? Aucun intérêt, plaidèrent les militaires. Sitôt détruites, sitôt réparées. Les chambres à gaz et les crématoires ? En admettant qu’on ait su les localiser sur les clichés de repérage (ce qui est douteux), les bombardiers d’altitude ne pouvaient frapper avec une telle précision. Au demeurant, si les usines de mort étaient détruites, rien n’empêchait les nazis de revenir aux techniques "classiques" d’exécution. Bombarder le camp où se trouvaient alors 135 000 prisonniers ? On imagine le massacre qui pouvait en résulter – et les arguments que les nazis n’auraient pas manqué d’en tirer.
En fait, les modalités d’une telle opération ne furent pas vraiment étudiées. L’opposition radicale de McCloy tenait d’abord à cette raison simple qu’« elle ne pourrait être menée à bien qu’en détournant une partie considérable des forces aériennes actuellement engagées ailleurs dans des opérations décisives ». On était à l’été 1944. La bataille de France faisait rage. Les raffineries de Silésie étaient un objectif stratégique. Pas Auschwitz-Birkenau. Ajoutons qu’à ce moment 80% des juifs d’Europe avaient été assassinés, avant et ailleurs. Et qu’à Auschwitz même les "moulins de la mort (Churchill) avaient déjà broyé 1 million d’innocents.

Claude Weill

(1) Lire notamment : "Secrets officiels. Ce que les nazis planifiaient, ce que les Britanniques et les Américains savaient", par Richard Breitman (Calmann-Lévy 2005).
(2) Flammarion, 1987.

Delon/Belmondo, l'Etoffe des Héros

beldel.jpgEtude parallèle de la vie et de la carrière des deux monstres sacrés du cinéma français. Delon, Belmondo, L'Etoffe des Héros, d'Olivier Rajchman qui vient tout juste de paraitre aux éditions Timée comblera tout fan de ces deux grands acteurs.

On y retrouve aussi bien des photos tirées de leurs plus grands films que des images emblématiques de leur vie privée, ainsi que des anecdotes méconnues. ils ont tous les deux accédé à la consécration grâce à des choix judicieux, l'un optant pour la nouvelle vague avec des films tels qu' A bout de souffle de Jean Luc Godard ou encore Deux ou trois choses que je sais d'elle du même réalisateur, entouré d'Anna Karina et de Jean Claude Brialy; tandis que l'autre se dirige vers des metteurs en scène italiens de renommée internationale tels qu'Antonioni ou encore Visconti. Apres la sortie de Borsalino en 1969, ils n'ont cessé de se disputer la première place du podium.

Durant les deux décennies qui suivront ce film culte, il y avait les pros Delon et les pros beldel2.jpgBelmondo. Il est vrai que les deux acteurs œuvraient dans un registre différent. Alors Que Bebel incarnait des personnages plutôt sympathiques, Delon lui, multipliait les rôles plus froids, plus solitaires, souvenez vous du Samouraï qui lui collera longtemps à la peau. Du coup les comédies, ne seront pas la tasse de thé de ce dernier. Leur point commun, ils ont tourné séparément avec les mêmes réalisateurs: de Lautner à Giovanni, de Louis Malle à Jacques Deray sans oublier Jean Pierre Melville.

Dans un genre –le polar musclé- explique Olivier Rajchman, Belmondo et Delon sont les seuls à oser, sans démériter, la comparaison avec les Américains. Tour à tour flic ou voyou, toubib ou marginal, gitan ou mafieux Jean Paul Belmondo et Alain Delon sont de vrais professionnels d'une époque du cinéma de genre français. Les acteurs de la nouvelle génération, ne cessent de proclamer leur reconnaissance. 

Laurent Bartoleschi

Je dors donc je maigris

dormir-fait-maigrir-536332.jpgArticle paru dans "Top santé"

Qui dort peu risque de grossir et qui est trop gros de mal dormir !

Un cercle vicieux qui attire l’attention des chercheurs sur une « conduite à risque » de la société moderne : le manque de sommeil.
Trop de calories, pas assez d’exercice, mais peut-être aussi pas assez de sommeil : voici un tout nouveau « responsable », soupçonné de participer à l’épidémie d’obésité. Une trentaine d’études épidémiologiques à travers le monde montrent une relation entre un temps de sommeil court et un indice de masse corporelle (IMC) élevé, a indiqué Karine Spiegel, chercheur à l’Inserm, lors d’une conférence de l’Institut français pour la nutrition.

On vient de découvrir que le manque de sommeil agit sur deux hormones impliquées dans la régulation du comportement alimentaire : il diminue la sécrétion de leptine (qui induit la satiété) et augmente la sécrétion de ghréline (qui stimule l’appétit). Avec comme conséquence une augmentation de la faim et de l’appétence pour la nourriture. Et un penchant pour les aliments riches en gras et en sucre comme les confiseries, les cacahuètes, les biscuits et les gâteaux…, autrement dit, la malbouffe, rappelle Karine Spiegel !
Ainsi, le manque de sommeil rejoindrait l’excès de calories et la sédentarité pour expliquer en partie le développement du surpoids. Les impératifs de la vie professionnelle, familiale, sociale, allongent nos journées et raccourcissent nos nuits. En France, d’après une récente enquête INPES, 45% des 25-45 ans pensent ne pas dormir assez et 17 % disent accumuler une dette chronique de sommeil. Certains chercheurs observent par ailleurs que les personnes qui ont des problèmes de sommeil ont tendance à diminuer leur activité physique.

Or l’obésité à son tour crée des problèmes respiratoires qui retentissent sur le sommeil, explique un autre chercheur de l’Inserm, le Pr Patrick Lévy. Le syndrome d’apnée du sommeil est d’autant plus fréquent que le poids augmente. Il se caractérise, pendant le sommeil, par de nombreux arrêts de la respiration de plus de 10 secondes ! Aux Etats-Unis, 60 à 70 % des personnes atteintes de ce syndrome sont obèses. L’apnée diminue la qualité du sommeil : elle fatigue et empêche de « récupérer » créant un cercle vicieux.

Face aux exigences de « l’homme pressé », l’hygiène de vie (équilibre alimentaire, exercice physique et sommeil) mérite sans doute d’être préservée si l’on veut limiter les maladies de civilisation comme l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Un retour à un certain bon sens ? (Nutrinews Hebdo)
- Patrick Lévy est professeur de physiologie, directeur du laboratoire hypoxie physiopathologie HP2, Inserm ERI 17, directeur du pôle rééducation et physiologie, CHU de Grenoble.
- Karine Spiegel est docteur en neurosciences, chercheur à l’Inserm/UCBL U628, département de médecine expérimentale, Faculté de médecine, Université Claude Bernard Lyon 1.

Source : Cerin.org

Dan et Aaron, Two Brothers

brothers.jpg-  Durée : 1h56mn
-  Titre original : Two brothers

Site officiel du film - http://brothers-film.com/index.html
Réalisateur - Igaal Niddam
Avec - Orna Pitussi - Micha Celektar - Baruch Brener  ...Plus
Genre - Drame
Nationalité - Suisse
Date de sortie 21 avril 2010

Dan et Aaron représente une tendance actuelle politique, sociale et religieuse en Israël. En ouverture et quasiment en fermeture de ce long-métrage, le soleil se lève, illuminant d’une chaleur orangée la terre qui s’étend sur l’horizon. L’image aurait tout du cliché si elle n’était pas intégrée dans une narration aussi engagée : pour Igaal Niddam, le soleil se lève deux fois en Israël. L’espoir est permis. L’espoir est voulu.

 - La critique
          
Deux frères que tout sépare, sauf le fait d’être nés juifs, se retrouvent en Israël après des années de silence.
Dan, qui a choisi le monde du travail et de la terre, vit dans un kibboutz au sud -d’Israël. Aharon, son frère, docteur en droit et en philosophie, grand érudit de la Torah, arrive des Etats-Unis à Jérusalem pour défendre les droits des étudiants de la Torah. Le conflit qui oppose les deux frères est le reflet d’une société déchirée entre ses convictions religieuses et politiques. Avec les interdits et les injustices qui se multiplient, Israël est aujourd’hui au bord de la guerre civile. Ce film ouvre un débat nuancé et essentiel sur la question de la séparation de l’Etat et de la religion en Israël.

L’argument :
Deux frères que tout sépare, sauf le fait d’être nés juifs, se retrouvent en Israël après des années de silence. Dan, qui a choisi le monde du travail et de la terre, vit dans un brothers_07.jpgkibboutz au sud -d’Israël. Aharon, son frère, docteur en droit et en philosophie, grand érudit de la Torah, arrive des Etats-Unis à Jérusalem pour défendre les droits des étudiants de la Torah. Le conflit qui oppose les deux frères est le reflet d’une société déchirée entre ses convictions religieuses et politiques. Avec les interdits et les injustices qui se multiplient, Israël est aujourd’hui au bord de la guerre civile. Ce film ouvre un débat nuancé et essentiel sur la question de la séparation de l’Etat et de la religion en Israël.

Notre avis : Ce troisième long-métrage d’Igaal Niddam, après Le Troisième Cri et Nous sommes des juifs arabes en Israël, rend compte des retrouvailles de deux frères qui ne se sont pas vus pendant trente ans. La distance et le temps ont eu raison de leur proximité affective, de leurs points communs originels ; leurs modes de vie respectifs n’ont plus rien en commun. Aaron étudie assidument la Torah quand Daniel entretient une bergerie, dans un kibboutz. Deux visions d’Israël singulières et opposées. Comme le dit le second, l’un voit en ce pays la Terre Sainte quand l’autre y voit sa Patrie. Sous l’allure d’une phrase vite dite, emplie de lieux communs quelques peu simplificateurs, il se dégage néanmoins la non moins incontournable question de l’association de la religion et de l’Etat en Israël.

Dan et Aaron va donc au-delà d’une histoire mal réglée de famille. Ces frères que tout oppose, Caïn et Abel du XXIème siècle, sont à l’image des tensions antagonistes qui divisent l’ancienne terre de Canaan. En tant qu’avocat, Aaron se rend à Jérusalem pour défendre le rabbin d’une Yeshiva accusé d’empêcher ses étudiants d’honorer leur convocation militaire par Tsahal. Ce procès devient l’objet d’un vaste débat national qui attise les tensions entre populations orthodoxes (et ultra-orthodoxes) et les laïques modérés. Igaal Niddam pose la question de l’identité israélienne et retranscrit les conflits idéologiques en lieu et place : en tant qu’Etat-nation pour le peuple juif, Israël doit-il faire du judaïsme la religion d’état ? Cette question essentielle soulevée, le procès devient la scène de la mise en place d’un discours sur une démocratie où l’État et la Religion seraient séparés. En 1973, Ygal Yadin (chef d’état major de l’armée de 1948 à 1951), témoignant dans Pourquoi Israël de Claude Lanzmann, affirmait « Nous [le peuple d’Israël] sommes encore en devenir » parce que le pays devait organiser l’immigration des juifs du monde entier (et particulièrement de Russie) sur leur territoire. En 2010, l’attention se porte sur la gestion de la religion dans l’organisation étatique.

Entre Dan et Aaron, les différends semblent irrémédiables - le premier ne pouvant admettre la façon de vivre de son cadet. Le cinéaste se concentre plus précisément sur la personnalité de l’avocat religieux, sur son argumentation basée sur ses convictions plus que sur des considérations légales, sur sa découverte de cette nation qu’il ne découvre que tardivement, faisant valoir la Loi du Retour (droit de tous les juifs de venir vivre sur le territoire d’Israël). L’intérêt se porte sur l’appréhension de cet homme de ce pays qui, bien qu’étant la terre du peuple juif, revendique de plus en plus fort le principe de laïcité. Que l’on soit pratiquant, croyant, laïc ou athée, la question reste indéniablement délicate en Israël. Confronté au manque d’écoute, Aaron se ressource régulièrement et prie. Nous, spectateurs, entendons parfois ses méditations. Seulement lorsque la situation lui parait inextricable et qu’il ne trouve pas de solution à cette impasse. L’espace d’un instant, cet homme n’est plus seul : ses pensées sont partagées, écoutées, entendues. Avec un brin d’impertinence, il n’est d’ailleurs pas difficile de lui trouver, de profil, quelque ressemblance avec Robert Powell incarnant Jésus de Nazareth dans le film éponyme de Franco Zeffirelli...

Le Mali libère quatre islamistes réclamés par Al-Qaida

Carte_Mali.jpgQuatre islamistes, dont Al-Qaida exigeait la libération contre celle d'un otage français, ont été relâchés au Mali dans la nuit de dimanche à lundi, suscitant les protestations immédiates de la Mauritanie qui a rappelé son ambassadeur à Bamako. La libération des quatre hommes – deux Algériens, un Burkinabè et un Mauritanien arrêtés en avril 2009 dans le nord du Mali – risque également de mécontenter l'Algérie, qui accuse ses deux ressortissants relâchés d'avoir mené des attaques sur son territoire.

Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui séquestre au total six Européens dans la zone désertique du nord du Mali, avait menacé de tuer le Français Pierre Camatte avant le 20 février si elle n'obtenait pas la libération des quatre islamistes et leur transfèrement dans le nord du pays. "Nous étions confronté à un problème : comment tout faire pour sauver la vie du Français", a déclaré lundi un conseiller du président Amadou Toumani Touré.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, avait effectué deux visites à Bamako, les 1er et 13 février, et le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, s'était aussi déplacé pour le deuxième voyage. Un membre de la cellule de crise installée dans le nord du Mali pour gérer l'affaire des otages a par ailleurs déclaré : "Nous espérons que, bientôt, l'otage français et tous les otages seront libérés".

Outre Pierre Camatte, Aqmi retient trois Espagnols capturés le 29 novembre et un couple d'Italiens kidnappés le 17 décembre, tous en Mauritanie. A Nouakchott, la libération des islamistes a été très mal accueillie. "La Mauritanie, tout en exprimant sa dénonciation et son rejet de cette mesure, a décidé de rappeler son ambassadeur à Bamako pour consultation", a annoncé le ministère des affaires étrangères. Qualifiant de "surprenante" la décision malienne de "remettre à une partie terroriste un Mauritanien réclamé par la justice mauritanienne", le ministère juge que "cette mesure non cordiale (...) porte atteinte aux relations séculaires existant entre les deux pays".

Voisine de l'Algérie et du Mali, la Mauritanie a subi ces trois dernières années une série d'attaques meurtrières revendiquées par Aqmi. Le pays présidé depuis juillet 2009 par l'ex-général putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz cherche actuellement à réaffirmer son autorité sur son vaste territoire.

Nicolas Sarkozy en visite de quatre heures à Haïti

Sarkozy_rageur.jpgNicolas Sarkozy s'efforcera ce mercredi, lors d'une visite de quatre heures à Port-au-Prince, de tourner une page de trois siècles d'histoire douloureuse entre la France et son ancienne colonie de Haïti, francophone mais désormais plus tournée vers le grand voisin américain.

Le séisme du 12 janvier - 210.000 morts et 1,2 million de sans-abris - a fourni l'occasion de cette première visite d'un président français à Haïti, qui se partage avec la République dominicaine la plus grande île des Caraïbes, Hispaniola.

"C'est l'occasion de montrer que la France se mobilise pour rendre aux Haïtiens le contrôle de leur destin mais aussi de solder les comptes du passé", explique l'entourage présidentiel.

Occupé à la fin du XVIIe siècle, "Haïti a été pour la France une colonie surexploitée", reconnaît l'Elysée, un peu plus de deux siècles après la proclamation d'indépendance haïtienne le 1er janvier 1804, à l'issue d'une révolte d'esclaves.

Après une longue phase d'oubli, les relations ont repris progressivement à partir des années 1960 mais ont longtemps été entravées par la dictature des Duvalier père et fils entre 1957 et 1986, puis par les convulsions politiques qui ont suivi.

Aujourd'hui, 2,3 millions de Haïtiens vivent aux Etats-Unis et au Canada. Ils ne sont que 60.000 en France, où le dictateur "Baby doc" - Jean-Claude Duvalier - a trouvé exil en 1986.

CONTRIBUTION FRANÇAISE

Après un survol, en tout début de matinée, des zones dévastées par le tremblement de terre du 12 janvier, Nicolas Sarkozy évoquera avec le président haïtien René Préval et le Premier ministre Jean-Marc Bellerive la reconstruction de ce pays de 10 millions d'âmes, un des plus pauvres au monde.

Il annoncera la contribution de la France au plan qui sera au centre d'une conférence internationale le 31 mars à New York.

Cette contribution sera "extrêmement significative d'un point de vue financier", déclare l'Elysée, sans préciser sa nature et son montant mais en l'inscrivant dans les quatre axes aujourd'hui privilégiés par les pays donateurs :

- relever au plus vite l'Etat haïtien et renforcer ses capacités administratives, matérielles et humaines ;

- accompagner la reconstruction de Port-au-Prince, où sont concentrés deux millions d'habitants, par le développement du reste du territoire pour y fixer les populations ;

- garantir qu'elle profite à tous les Haïtiens, en particulier aux sinistrés, notamment par le biais d'un volet social, afin d'éviter que le pays ne plonge dans l'anarchie ;

- promouvoir un développement endogène en relançant le système éducatif et la formation des cadres et en investissant dans des activités fortement créatrices d'emplois.

"Nous avons le souhait de réfléchir à un nouveau départ", souligne un conseiller de Nicolas Sarkozy, selon qui la France compte sur "l'électrochoc" provoqué par le séisme.

FRICTIONS

Le tremblement de terre a détruit 225.000 maisons, 25.000 commerces et presque tous les édifices publics. Les destructions matérielles représentent au moins 55% du PIB haïtien.

Des centaines de milliers d'emplois ont disparu, 40% des fonctionnaires manquent à l'appel et les autorités haïtiennes sont de plus en plus critiquées par la population.

Nicolas Sarkozy pourrait annoncer une aide d'urgence française supplémentaire pour faire face aux besoins à l'arrivée de la saison des pluies, et confirmera l'annulation de la dette de Haïti envers Paris (56 millions d'euros).

La France est aujourd'hui avec les Etats-Unis, le Canada et le Brésil un des quatre pays les plus présents à Haïti.

Nicolas Sarkozy aura notamment été précédé à Port-au-Prince par la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Le déploiement massif des secours américains et la mainmise des Etats-Unis sur l'organisation de cette aide les premiers jours après le séisme ont suscité quelques frictions.

Le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet s'est ainsi plaint du déroutement d'un avion français transportant un hôpital de campagne. "Il s'agit d'aider Haïti, il ne s'agit pas d'occuper Haïti", a-t-il lancé - allusion implicite à l'occupation américaine de ce pays, situé à moins de 900 km des côtes de Floride, pendant les années 1915-1934.

Nicolas Sarkozy a cependant multiplié depuis lors les déclarations faisant l'éloge de l'intervention américaine et de la coopération entre la France et les Etats-Unis.

"Canto perche non so nuotare…da 40 anni" , Massimo Ranieri

ranier.jpgMusarm productions présente en accord avec Levon Sayan "Canto perche non so nuotare…da 40 anni", un concert unique à ne pas manquer du grand Massimo Ranieri le lundi 15 fevrier 2010 à l'Olympia à 20h30.
Nostalgia, quand tu nous tiens… Depuis plus de 40ans Massimo Ranieri reste une valeur sure de la chanson italienne, une des plus belles voix en tout cas. On lui doit des titres comme Rose rosse per te ou encore chi sara con te,qui était une des révélations de l'Eurovision  de 1973. Massimo Ranieri et ses musiciens visiteront pour notre plus grand plaisir les grands répertoires de la danse napolitaine, ainsi que les chansons nostalgiques et romantiques. Ce que l'on distingue et que l'on apprécie tout particulièrement chez lui reste sans aucun doute ses paroles mais aussi et surtout sa belle voix rocailleuse qui ne risque pas de nous bluffer.

Voix enraillée pour une personnalité discrète, il est un de ces artistes modestes qui de sa ville fétiche et natale, Naples, nous envoie quelques messages élégamment languissants qui sont devenus autant de tubes. Mais, mise à part ses talents musicaux, Ranieri possède des talents de comédiens; en effet, il a tourné pour Mauro Bolognini ou joué aux côtés de Laura Antonelli  ou encore Yul Brynner. Si son visage vous reste familier, c'est tout simplement qu'il a tourné en 2005 pour Claude Lelouch, dans le Courage d'aimer où il interprète la chanson titre. Donc, une bien belle occasion d'aller (re)découvrir le temps d'un soir à l'Olympia, le lundi 15 février 2010 à 20h30  .


Laurent Bartoleschi

Ils braquent La Poste en burqa: "J'ai d'abord cru que c'étaient des femmes"

laposte.jpgArticle paru dans "Le Post"

Voilà un braquage qui n'est pas passé inaperçu. Hier matin, samedi, deux hommes se sont attaqués à un bureau de Poste d'Athis-Mons, dans l'Essonne, revêtus d'une... burqa.

Les témoins de la scène n'en ont pas cru leurs yeux.

"J'ai d'abord cru que c'étaient des femmes", confie Sonia, qui a assisté au braquage, interrogée par Le Parisien. "Et en les voyant courir sous leur burqa noire, avec leurs baskets, j'ai compris que c'étaient des hommes."

"Les gens criaient Police ! Mais personne n'a tenté de les arrêter. Personne ne comprenait vraiment…", raconte un autre témoin cité par Le Parisien.

Il faut dire que le costume avait de quoi surprendre... Les braqueurs ont apparemment agi dans le calme, sans faire de blessés.

"Une fois à l'intérieur, une des deux personnes a sorti une arme de poing et s'est précipitée sur un employé, lui mettant l'arme sur la tête, et demandant la caisse", explique le patron de la police de l'Essonne, Jean-Claude Borel-Garin, sur RTL. "Ils sont repartis comme ils étaient venus, à pied."

Montant du butin : 4.500 euros.

Que fait la police ?

Elle est arrivée rapidement sur les lieux, alertée par des employés du bureau de Poste. Une enquête est en cours, mais les braqueurs sont toujours en fuite.

L'avant-première de « H.H »

HH.gifLa première de leur nouveau spectacle approche, la troupe de comédiens amateurs se prépare.

Pas de conférence de presse traditionnelle au Théâtr'O, la meilleure façon de se vendre étant de montrer son talent. Alors, cette année encore, la troupe a accueilli ses invités sur la scène de l'espace culturel Paul-Claudel (ECPD). Une petite pièce enlevée pour mettre en appétit tous les amateurs de théâtre.
Une façon aussi judicieuse de présenter l'association issue de l'activité théâtrale de la Maison des Jeunes et de la Culture de Château-Thierry, devenue Théâtr'O en 1975. Une quarantaine d'amateurs bénévoles passionnés de théâtre font tourner la boutique depuis trente ans et avec succès.

Pièce dramatique

« Le Théâtr'O est une association ouverte, assure son président, Jean-Marc Quintin. Pour nous rejoindre, point d'audition, ni d'examen d'entrée, il suffit d'avoir envie. Chacun trouve sa place sur scène, mais aussi aux éclairages, au son, à la conception et à la réalisation des décors ou bien à la promotion, à l'administration ou à l'accueil. » Ateliers jeunes et adultes, répétitions ponctuent l'année de la compagnie.
La création annuelle de la troupe est toujours un événement. Du 12 mars au 3 avril, le Théâtr'O présentera H.H, pièce dramatique de Jean-Claude Grumberg. « Notre auteur fétiche », confie le président, qui n'hésite pas à descendre sur scène. Un auteur qui entreprend de mettre en scène

l'Histoire et sa violence, comme l'affaire Dreyfus, ou encore le génocide.

Pour les inconditionnels de la petite salle de l'ECPD, ils auront déjà vu Amorphe d'Ottenburg, En r'venant d'l'expo, et Chez « Pierrot » de l'auteur. La nouvelle pièce, mise en scène par Ludovic Farcé, raconte un conseil municipal en Bavière, dans les années trente à quarante, qui doit attribuer un nom à un collège. Heinrich Heine, poète et journaliste allemand d'origine juive, est d'abord choisi, avant d'être rediscuté.
Débat sur la scène
Les initiales « H.H » déjà gravées sont prêtes à être installées. Les élus recherchent une autre personnalité ayant les mêmes initiales. Heinrich Himmler, grand maître des SS et grand artisan de la solution finale pendant la Seconde Guerre mondiale est cité.
« Grumberg est un acrobate de la phrase qui tue, il excelle dans l'ironie grinçante, annonce la Cie, et si l'on comparait les mérites littéraires respectifs des deux écrivains ? » Le rendez-vous est pris, pour la première, le vendredi 12 mars.

Représentations : les vendredis 12, 19, 26 mars et 2 avril ; les samedis 13, 20, 27 mars et 3 avril ; et le mardi 23 mars à 20 h 45. Le dimanche 21 mars à 15 h 30. Tarif : 10 euros, 6 euros tarif réduit. Possibilité de dîner après le spectacle pour 8 euros. Renseignement au 03.23.69.20.78. Réservations au 03.23.83.42.92 ou sur place deux heures avant le début du spectacle.

27 janvier 2010 : 65ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz

Auschwitz.jpgArticle paru dans "RFI"
« Beaucoup d’entre nous, individus ou peuples,sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente,que « l’étranger, c’est l’ennemi ».(…)Puisse l’histoire des camps d’extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme. »

Primo Levi, Si c’est un homme.

A l’occasion du 65ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, le 27 janvier 1945, le Conseil général des Alpes-Maritimes, présidé par Eric Ciotti, a organisé le 18 janvier 2010 un « voyage de la mémoire » sur les sites de Auschwitz et Birkenau. Par cette action, Eric Ciotti souhaite sensibiliser les jeunes générations aux horreurs commises par les nazis et leur permettre d’approcher avec lucidité et courage les conditions dans lesquelles l’irréparable, l’indicible a été commis.

Initiative unique en France de par son ampleur et sa constance : En 2004, dans le cadre de la commémoration du 60ème anniversaire de la Shoah, le Conseil général des Alpes maritimes a initié les premiers voyages de la mémoire : 23 au total avec une participation de 2600 collégiens. Une initiative qui aurait pu être sans suite. Mais, en bon pédagogue, le Conseil général a décidé de poursuivre son action. Et depuis, afin de sensibiliser les jeunes générations, il renouvelle ces déplacements en leur consacrant un budget conséquent. En 2009, par exemple, un million d’euros (somme importante mais équivalente à la réalisation d’un carrefour giratoire), et 700 000 euros en 2010 pour 5 voyages auxquels vont participer 44 collèges. Ainsi, depuis 2004, c’est 8000 collégiens qui se sont rendus sur les sites d’Auschwitz-Birkenau.

Au cœur de la délégation : Charles Gottlieb. Né à Nancy en 1925, entré en résistance à l’âge de 17 ans, il intégra le réseau Carmagnole, fut arrêté et interrogé par les services Barbie, puis déporté à Auschwitz le 14 août 1944. Son convoi, le 78, comptait environ 700 personnes. Après la sélection faite avec le pouce ou une badine par un officier, une centaine fut retenue pour travailler, les autres (le plus souvent les hommes âgés, les vieillards, les femmes, les enfants et les malades) furent directement envoyés à la mort .

Deux fois tatoué par les Nazis (une première fois comme résistant sous le numéro 193189 et une seconde comme juif sous le numéro 13 96 64), Charles Gottlieb quitta le camp le 18 janvier 1945 pour le camp autrichien de Ebensee quand les nazis, menacés par l’avancée des troupes soviétiques, commencèrent à fuir. Il était entré à Auschwitz en 45 avec 700 personnes. En 1945, 32 avaient survécu, dont 16 femmes. Aujourd’hui, comme le font plusieurs déportés, Charles Gottlieb sillonne le département des Alpes-Maritimes pour communiquer son douloureux passé dans les collèges et les lycées.

Comment ne pas penser ici à la scène bouleversante racontée par Elie Wiesel dans La nuit et que rappelle Elisabeth Roudinesco dans « Retour sur la question juive » ? Un jour, à Auschwitz, les SS pendirent un enfant, pour la simple jouissance de l’acte. Un petit Pipel de 12 ans qui, ne pesant pas assez lourd pour que le poids de son corps brise sa nuque, agonise lentement. Les prisonniers du camp sont obligés d’assister au spectacle. Eliezer (Elie Wiesel), passant devant lui comme l’exige le cérémonial, voit sa langue rose, ses yeux toujours clairs et pleure. « Où est donc Dieu ? » demanda un homme. Et le jeune déporté qui avait perdu la foi se dit en lui-même : « Le voici – il est pendu ici, à cette potence. »

Auschwitz-Birkenau est le plus grand camp de concentration et d’extermination du Troisième Reich. Créé en mai 1940, il fut libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, entre 1,1 et 1,5 million d’hommes, de femmes et d’enfants y meurent, dont 900 000 immédiatement à leur sortie des trains qui les y amenaient. 90% de ces personnes étaient juives. Auschwitz est considéré comme le symbole des meurtres en masse commis par les nazis, et plus particulièrement celui du génocide des juifs dans lequel près de six millions d’entre eux sont assassinés.

Auchwitz I
Ouvert le 20 mai 1940, Auschwitz I fut créé sur l’emplacement d’anciennes casernes polonaises, vides depuis que la région a été annexée par le Reich. A l’origine camp de concentration et de travail forcé, il accueille les hommes politiques et les intellectuels opposés au régime nazi, puis des prisonniers de guerre soviétiques, des criminels allemands, des prisonniers politiques, ainsi que des « éléments asociaux » (vocable nazi) tels que les Tziganes, les prostitués, les homosexuels, les handicapés, les témoins de Jéhovah et les Juifs. L’entrée dans le camp se fait par un portail qui porte l’inscription, reprise de Dachau, Arbeit macht frei : « Le travail rend libre ». Volée le vendredi 18 décembre 2009 au matin, remplacée immédiatement par une copie fabriquée au moment de la restauration de l’original, cette pièce en acier d’environ 5 mètres de long (réalisée par un groupe de prisonniers) a été retrouvée quelques jours plus tard, découpée en trois morceaux. La volonté des responsables du musée est de remettre l’original à sa place au plus vite.

Auschwitz II (Birkenau)
Ce que beaucoup nomment Auschwitz est en fait le camp de Birkenau, qui comprend le centre d’extermination ainsi qu’un gigantesque camp de travail forcé. D’une superficie de 170 hectares, c’est là que périrent au moins 1,1 millions d’individus, principalement des Juifs et des Tsiganes. Et, à partir de mai 1944, des Juifs hongrois. Les chambres à gaz pouvaient recevoir près de 2000 personnes à la fois. Les corps étaient ensuite brûlés dans les crématoires. Vers la fin de la guerre, alors que les crématoires tournaient à plein régime, les nazis tuèrent encore plus et brûlèrent les camps dans des fosses.

C’est en 1947 que le Parlement polonais décide de faire d’Auschwitz un musée à la mémoire des victimes. Auschwitz I est devenu à proprement parler un musée. Auschwitz II, lui, a été volontairement laissé en l’état comme témoin de l’ampleur du crime. Seule une rangée des baraques en bois du camp de quarantaine des hommes a été reconstruite. Un monument international à la mémoire des victimes, situé entre les crématoires II et III, a été inauguré en 1967. Il est un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l’histoire de l’humanité.

Le mercredi 16 décembre 2009, l’Allemagne a pris une décision historique pour préserver le camp d’extermination d’Auschwitz II-Birkenau. Le pays a accepté de verser 60 millions d’euros à la Fondation spécialement créée en janvier de la même année pour assurer la pérennité du lieu. Ces 60 millions d’euros représentent la moitié de la somme que doit récolter la fondation. Près de 40 pays ont été sollicités en ce sens par le premier ministre polonais, Donald Tusk.

On peut lire…

« Le voyage des lycéens. Des Jeunes de cité découvrent la Shoah », Samia Essabaa et Cyril Azouvi, Editions Stock, 2009, Paris.
Tout le monde n’a pas déploré les attentats du 11 septembre. Ainsi, plusieurs élèves de Samia Essabaa ont crié : « C’est bien fait pour eux ! Dans ces tours, il y avait plein de Juifs, c’est normal, les Juifs sont tous riches. » Que faire ? Samia Essabaa a décidé de frapper fort en emmenant ses élèves à Auschwitz. Des élèves majoritairement musulmans et issus de l’immigration. Et c’est ce voyage qu’elle raconte. Et la transformation des élèves face à l’horreur qu’ils découvrent.

« La destruction des Juifs d’Europe », Raul Hilberg, Editions Gallimard, 2006, Paris (trois volumes).

« Auschwitz, 60 ans après », Annette Wieviorka, Editions Robert Laffont, 2005, Paris.

« La Nuit », Elie Wiesel, Editions de Minuit, 2007, Paris.

« Retour sur la question juive », Elisabeth Roudinesco, Editions Albin Michel, 2009, Paris.

On peut voir…

« Shoah », film de Claude Lanzmann, France, 1985, (9 heures et demie).

« Auschwitz, l’album de la mémoire », film d’Alain Jaubert, DVD distribué par les Editions Montparnasse.

A voir : L'Institut Lumière, à Lyon est un musée du cinéma ainsi qu'une cinémathèque qui programme des rétrospectives de grands cinéastes.

Actuellement, il se consacre à Claude Lanzmann, dans un cycle qui débutera demain, date de l'anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, par une soirée exceptionnelle en présence de Martin Goutte, historien du cinéma, avec la projection du film Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures. A l'Institut Lumière, Lyon, soirée d'ouverture du cycle Claude Lanzmann, en présence de Martin Goutte, (historien du cinéma): 20h30 Présentation et projection du film Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures de Claude Lanzmann (1h35)

Institut Lumière
25 rue du Premier-Film BP 8051
69352 Lyon cedex 08
Tél. 04 78 78 18 98 - Fax. 04 78 78 36 56
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