Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Affaire Zeitouni : Sarkozy exclut l'extradition des deux Français

Article paru dans "Le Parisien"

Nicolas Sarkozy a exclut d'autoriser l'extradition des deux Français qui ont renversé Lee Zeitouni en Israël, le 16 septembre dernier. Invité d'honneur au dîner annuel du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, il a déclaré que les deux hommes, Claude Khayat et Eric Robic, devront « rendre des comptes ».

« Je réclame justice, pas seulement pour la famille de cette jeune fille, mais pour eux aussi », parce qu'on « ne doit pas dormir tranquillement » après ça, a ajouté le chef de l'Etat.

Le chef de l'Etat est resté inflexible sur une règle qui veut que la France n'extrade pas ses ressortissants en dehors de l'Union Européenne. « La France n'extrade pas ses nationaux, jamais. Sur ce principe là, il n'y aura pas d'exception », a affirmé Nicolas Sarkozy.

La famille de Lee Zeitouni, 25 ans, renversée par les deux Français au volant d'un 4X4, espérait pouvoir interpeller directement Nicolas Sarkozy lors du dîner du Crif pour lui demander que les meurtriers présumés de Lee Zeitouni soient déférés devant la justice israélienne. La famille de la jeune femme a manifesté devant le pavillon d'Armenonville, à l'orée du Bois de Boulogne (Paris XVIe), où se tenait le dîner, et auquel elle n'avait pas été invitée.

 « Si la famille de cette jeune fille, le gouvernement israélien venaient à déposer plainte en France, alors les coupables présumés seront immédiatement déférés devant la justice », a ajouté le chef de l'Etat.

Selon Richard Prasquier, président du Crif, «on ne peut pas faire pression sur la justice française et on ne peut pas faire pression sur le président de la République. Nous sommes dans un pays de droit, de séparation des pouvoirs».

Prasquier : « Pas de vote pour les extrêmes »

crifs.jpgArticle paru dans "Le Figaro"

INTERVIEW - Le Crif reçoit mercredi soir presque toute la classe politique pour son dîner annuel.

À l'occasion du dîner annuel du Crif mercredi soir, son président, Richard Prasquier, entend mettre en garde contre l'extrême gauche et les Verts, jugés hostiles à Israël, et le Front national. Marine Le Pen n'a pas été conviée. Nicolas Sarkozy et François Hollande sont attendus. François Bayrou a décliné l'invitation.

LE FIGARO. - En 2007, une partie de la communauté avait clairement soutenu Nicolas Sarkozy. Y a-t-il cette année un candidat favori?

Richard PRASQUIER. - Il n'y a pas de vote juif. En revanche, il y a certainement une sensibilité à deux sujets: la position de la France vis-à-vis d'Israël et l'antisémitisme. En 2007, cela a probablement plaidé en faveur de Nicolas Sarkozy. Depuis, certains se sont sentis blessés lorsque le gouvernement a soutenu la reconnaissance de la Palestine à l'Unesco. Le Crif, lui, ne donne évidemment aucune consigne de vote. Mais se tient à distance des extrêmes. Notamment les partis hostiles à Israël comme l'extrême gauche, outrancière, tout comme certains Verts. Nous rappelons que le Hamas n'est pas un mouvement d'assistantes sociales, comme certains voudraient nous faire croire, mais bien un nazisme qui prône l'extermination des Juifs. Or ce discours de haine est maintenant repris au sein de l'Autorité palestinienne.

Le vote Marine Le Pen est-il un vote comme les autres?

Ses tentatives pour appâter l'électorat juif, en feignant de s'être éloignée de l'antisémitisme, ne m'ont jamais trompé. Sa récente apparition dans une soirée à Vienne aux côtés de néonazis est venue rappeler ce qu'elle a toujours été. J'espère que cela a dessillé les plus naïfs. Et il faudrait faire l'impasse sur des choses essentielles pour envisager en tant que Juif de voter Le Pen.

Pensez-vous, comme Claude Guéant, que toutes les civilisations ne se valent pas?

Le terme civilisation n'est pas approprié. En revanche, il est évident que les sociétés qui promeuvent l'égalité homme-femme, la liberté d'expression, les droits égaux des minorités, la démocratie sont meilleures que les autres. On a coupé la main de ceux qui blasphémaient dans le passé en France. Mais on ne le fait plus. Je suis contre le relativisme culturel qui sonne le glas de l'action politique.

Claude Lanzmann arrêté pour harcèlement sexuel

lanz.jpgArticle paru dans "Elle"

Le réalisateur Claude Lanzmann a été arrêté et brièvement interrogé mardi à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, en Israël, pour harcèlement sexuel sur une employée de sécurité, révèle le Figaro.fr. Selon les propos de la jeune femme recueillis par la direction de l’aéroport, l’auteur de la « Shoah » l’aurait « saisie par surprise » et « embrassée contre son gré » après avoir passer les contrôles de sécurité. Le cinéaste français a finalement été relâché quelques instants plus tard après avoir donné sa version des faits. Il a ensuite pris son avion en direction de la France.

Fin janvier, le réalisateur du film documentaire de neuf heures et demi consacré à l’extermination des Juifs d'Europe dans les camps nazis avait salué comme « un événement historique » la diffusion à la télévision publique en Turquie de « Shoah », estimant par ailleurs que le Parlement français légiférait « idiotement » à propos du génocide arménien.

Mort de Lee Zeitouni : "La loi sur l'extradition est modifiable"

leezetouni1.jpgArticle paru dans "France-soir"

Dans l'espoir de voir les chauffards responsables de la mort de leur fille, les parents de la jeune israélienne sont à Paris. Leur objectif : tout faire pour que les deux hommes soient jugés en Israël.
Les parents de la jeune femme veulent voir les deux chauffards français jugés en Israël. DR

Depuis le 16 septembre, ils se battent. En demandant à ce que Claude Khayat, 32 ans et Eric Robic, 38 ans, les chauffards présumés qui ont renversé leur fille Lee, une professeur de Pilates de 25 ans. En recevant le soutien de députés israéliens, celui d'un comité de soutien en France. En venant eux-mêmes en France tenter d'attirer l'attention du président de la République, lors du dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Hélas, les parents et le fiancé de la jeune femme ne pourront pas y assister. Leur avocat français, Gilles-William Goldnadel, répond aux questions que soulève cette affaire.

France-Soir : Les parents de Lee Zeitouni réclament toujours l'extradition des chauffards qui ont tué leur fille. Peuvent-ils entretenir un quelconque espoir?

Gilles-William Goldnadel : Il y a une loi, et on ne peut pas incriminer la France sur l'état du droit. D'autant que la France n'est pas le seul pays à ne pas extrader ses citoyens. Mais la loi est modifiable, et l'imaginer n'est pas absurde. Israël, par exemple, extrade ses nationaux. Et puis le système israélien, aussi bien que le notre, inspire plutôt confiance, les suspects n'ont rien à craindre. Pour la famille et les proches de Lee Zeitouni, le drame s'est passé en Israël, la jeune femme est morte là-bas, alors les responsables doivent être jugés là-bas. Et ce désir de voir la petite ne pas être oubliée est louable et légitime.

F.-S. : Quelles solutions s'offrent à eux pour espérer voir ces hommes jugés?

G.-W. G. : Pour l'instant, il n'y a pas de temps perdu : tous les éléments de l'enquête sont en Israël. Soit Israël « dénonce les faits » et la France récupère la possibilité de poursuivre ces deux hommes sur son territoire, soit Israël les juge par défaut et, s'ils sont condamnés, ils risquent de ne plus pouvoir sortir de France, sous peine de devoir répondre à un mandat d'arrêt international. Soit enfin les proches de Lee Zeitouni décident de me demander de porter plainte, en France. Mais pour le moment, ils ne le veulent pas. C'est leur choix, et je ne veux pas les influencer.

F.-S. : Les deux hommes affirment se tenir à disposition de la justice française...

G.-W. G. : Ils jouent les victimes, mais les choses sont très claires : on a affaire à des types en fuite, le reste, c'est de la littérature. Fait exceptionnel, le parquet de Créteil a communiqué en décembre à l'AFP pour souligner qu'il avait tout le mal du monde à retrouver le domicile de ces deux hommes. Ce sont deux malfrats, et la justice le sait. Ils nous facilitent la tâche.

Yves Saint Laurent réédite huit parfums cultes

yslp.jpgArticle paru dans "Elle"

Avis aux fans, Yves Saint Laurent réédite huit de ses parfums stars : Y, Yvresse, Nu et In Love Again pour les féminins ; Pour Homme, Jazz, M7 Oud Absolu et Rive Gauche pour les masculins. On est enthousiastes de retrouver le cassis, le raisin muscat et le coeur rose-pivoine du jus créé en 1998 par Jean-Claude Ellena, In Love Again. Un nom comme une déclaration pour la Saint-Valentin.

Eau de toilette In Love Again, Yves Saint Laurent, 80 ml, 73 euros.

France : Esther Benbassa remporte une victoire ! impossible de devenir français ?

169479.jpgA 61 ans, Esther Benbassa, vice-présidente de la commission des lois du Sénat, enseigne à l'Ecole pratique des hautes études.
Née dans une famille juive d'Istanbul, venue en France à 22 ans "par amour pour sa tradition de liberté", elle suit depuis vingt ans l'évolution des politiques d'accueil des étrangers. Elle n'a pas la langue dans sa poche et vient de publier un essai dérangeant, De l'impossibilité de devenir français (Ed. Les Liens qui libèrent).

Le 8 décembre 2011 fut un grand jour pour la sénatrice du Val-de-Marne Esther Benbassa, affiliée Europe Ecologie-Les Verts.

Elle rapportait la proposition de loi visant à octroyer le droit de vote et l'éligibilité aux élections locales aux étrangers non européens résidant depuis longtemps en France.

Une loi qui fait polémique depuis trente ans. Défendue dès 1981 par François Mitterrand, votée le 3 mai 2000 par l'Assemblée nationale, le Sénat de droite a toujours refusé de l'examiner. Elle a été adoptée ce 8 décembre, après un débat houleux, par un Sénat passé à gauche.

Alors que le ministre de l'intérieur Claude Guéant se fut félicité d'une chute de 30 % des naturalisations d'étrangers entre 2010 et 2011.

La France enregistre une baisse de naturalisation française radicale, il devient impossible de devenir français !
Comment le gouvernement est-il parvenu à une telle baisse ?

En multipliant les lourdeurs administratives (il faut au bas mot un an pour réunir toutes les pièces légales, arriver avant 4 heures du matin dans les files d'attente, etc.),
en accordant un pouvoir de veto aux préfets - "un pouvoir suspendu par le général de Gaulle à la Libération ", rappelle Esther Benbassa - et en durcissant les critères d'obtention de la nationalité française.

Depuis juin 2011, en plus de devoir vivre depuis cinq ans en France, de s'acquitter de ses impôts, de prouver des attaches familiales, d'avoir un revenu régulier, de parler correctement le FLI (français langue d'intégration, niveau B1), l'étranger doit désormais posséder un certain bagage de "culture française", montrer une "autonomie matérielle" (un CDI, ou la connaissance d'un métier) et faire preuve de "moralité" (un délit mineur suffit à ruiner un dossier).

Qu'en pense Esther Benbassa ? D'abord, explique-t-elle, l'acquisition de la nationalité a toujours été vue en France comme un facteur d'intégration. Elle était considérée comme "un acte positif", qui changeait la vie du demandeur et enrichissait le pays d'accueil. "Aujourd'hui, tout est fait pour la décourager.

L'analyse subjective des fonctionnaires l'emporte au gré des préfectures et des directives du ministère de l'intérieur. La naturalisation est pensée comme un mal. La France se referme sur elle-même."

Elle en voit la preuve dans la "circulaire Guéant" du 31 mai, qui restreint les possibilités, pour les étudiants étrangers ayant fini leurs études en France, d'y rester pour travailler : "Selon une enquête de 2005, 17,5 % des postdoctorants étrangers formés en France et partis aux Etats-Unis ne rentrent pas.

Avec ces dispositions, qui prendra le risque de venir étudier chez nous ?" Il a fallu que les étudiants manifestent, que les directeurs de grandes écoles et d'université protestent, que le Medef, dans Le Figaro Magazine, mette en garde contre "la fermeture du pays", pour que la directive soit assouplie début janvier.

Mais le mal est fait. Les préfectures, accablées de directives de défiance, bloquent les dossiers. Le 18 janvier, Esther Benbassa a lu au Sénat la lettre inquiète du patron d'une PME de Toulouse qui a dû licencier une jeune Algérienne diplômée d'un master en gestion, et formée par ses soins.

Elle ajoute avec tristesse : "On sent chez cette droite un mépris des autres. Pourtant, beaucoup d'étudiants, d'artistes immigrés ont contribué à la renommée de la France, qu'ils soient venus de l'Est comme Marie Curie, Georges Charpak ; du Sud comme Picasso, Yves Montand, Coluche ; ou d'Afrique comme tant de musiciens, de sportifs. Aujourd'hui, Modigliani ou Zidane ne seraient pas naturalisés. Impossible est devenu français."

source Le Monde Pour en savoir plus

 

Quatre ans sans sa fille, séquestrée par son père dans un palais saoudien

candicetetaya.jpgArticle paru dans "Le Nouvel Obs"

- Voir article sur le même sujet avec Hemla

Sattam a envoûté Candice, avant de la retenir dans son royaume avec leur fille. La mère a réussi à s'échapper. Récit d'une affaire devenue diplomatique.
Candice Ahnine-Cohen, avec sa fille, Aya, en 2008. (DR)

C'est une ombre sur la belle entente franco-saoudienne. Un conflit conjugal à hauts risques où l'amour se mêle à l'argent, à la politique et à la religion. Elle est française, juive, sans grande fortune. Il est saoudien, prince héritier de la famille fondatrice du royaume. Au bras de son altesse Sattam al-Saoud, Candice Ahnine-Cohen a vécu un conte de fées oriental, qui, peu à peu, s'est transformé en film noir.
Privée de sa fille depuis 2008

Depuis l'automne 2008, la jeune femme est privée de sa fille, Aya, aujourd'hui âgée de 10 ans. Son père la retient dans son palais à Riyad. Jusqu'ici, rien n'a pu lui faire entendre raison, ni la pression des diplomates, ni les discrètes interventions menées auprès du roi d'Arabie saoudite, de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et du président de la République.

"Qu'en ai-je à faire de Sarkozy ?, disait le prince. S'il le faut, j'irai comme Ben Laden me cacher dans les montagnes avec Aya." Après trois ans de combats, Candice a obtenu une première victoire. Le 12 janvier, le tribunal de grande instance de Paris lui a accordé la garde entière de sa fille. "Il faut y croire, souffle la mère. Sinon, la vie s'arrête."

Et dire qu'à 20 ans elle était si belle. En un regard ou presque, Sattam l'avait transformée. C'était en juillet 1997, lors de vacances à Londres entre cousines. Il s'assoit dans ce club chic, le Brown's, longue silhouette, port de tête altier. Autour de lui, toute une cour, copains d'études anglais et saoudiens, chauffeurs, gardes du corps...
"Offert par le prince Sattam"

Candice est là, poupée candide et dorée. Un serveur lui porte un magnum de Cristal Roederer : "Offert par le prince Sattam." Il y aura aussi des brassées de roses, une virée McDonald's en Jaguar, un dîner dans le restaurant favori de Lady Di... Candice se laisse séduire, loin de ses soucis d'orientation depuis ce bac raté, des petits boulots dans les sandwicheries de son père.

Sattam a 20 ans comme elle et vit au gré de ses affaires, mystérieuses, entre ses palais saoudiens, Londres, Beyrouth, Le Caire... Il dit qu'il est fou d'elle et il ajoute : "Rien ne s'oppose à notre amour puisque je suis juif. Mais chut, c'est un secret de famille." Candice est envoûtée. Sa nouvelle vie est faite de longues absences, et d'appels salvateurs quand le business est fini : Rejoins-moi."
Palaces, shopping, bringues, champagne et coke à volonté

Extase, palaces, shopping, bringues à tout casser, champagne et coke à volonté. Elle succombera à tous les mirages : " On était tout l'un pour l'autre, des frangins, des amis, des amants. " Quand il est là, Sattam sort le grand jeu, chansons d'amour, poèmes, billets pour Ibiza posés sur la couette : "Le soleil te manque ma chérie." Parfois, le prince parle de son envie de vivre libre, loin du royaume et de ses faux-semblants.

En vacances à Cannes, il appelle le père de Candice "papa", met la kippa pour shabbat, prépare les brochettes à la libanaise. Soirées magiques et paroles de miel qui effacent les absences et les épisodes sombres, comme cet avortement imposé à Candice, au Caire, peu de temps après leur rencontre.
Aya, "le miracle" en hébreu

En 2001, nouvelle grossesse, cette fois, le prince est ravi. Mais le jour de l'accouchement, pas de Sattam. Candice tente de le joindre, appelle sa mère, Mme Al-Saoud. "Quoi ?, répond-elle, un enfant ? Tu ne peux pas nous faire ça !" Plus tard, Sattam finit par débarquer, les yeux injectés de sang : il sort de discothèque. "Il n'y a de Dieu que Dieu, et Mohammed est son prophète ", murmure-t-il au-dessus du berceau. A la mairie d'Hyères, le prince déclare sa fille, Aya, "le miracle" en hébreu.

Finie la fiesta, Candice vit chez ses parents, Sattam est reparti. Son rôle de père se limite à des virements de 5.000, 10.000, 20.000 euros selon les mois. Le couple connaît encore des parenthèses enchantées - des vacances à Beyrouth, et même une tentative de vivre là-bas, puis un séjour à la cour d'Arabie saoudite. Aya, alors âgée de 5 ans, est présentée au roi. Son père annonce à Candice : "J'ai un problème, on me demande d'épouser ma cousine."
"Si tu ne reviens pas, je te bute"

La fille du futur prétendant au trône doit permettre de redorer le blason de la famille de Sattam, qui traîne la réputation de n'engendrer que des ratés. Le prince voudrait garder Candice comme seconde épouse. Elle hurle, puis refuse ses avances : il la viole. "En islam, une bonne épouse doit satisfaire tous les besoins de son mari, dit la belle-mère. Allez, maintenant, tu dois partir et nous laisser Aya."

Candice réussit à rapatrier sa fille en France. "Si tu ne reviens pas, je te bute", gronde le prince. La mère enregistre les menaces et dépose plainte pour harcèlement. Aya fête ses 6 ans, l'année scolaire passe, Sattam réapparaît, doux comme un agneau : "Pardonne-moi, j'ai changé." Il s'excuse auprès des parents de Candice, emmène Aya à Eurodisney, l'appelle tous les jours. Même Mme Al-Saoud l'assure : "Dès qu'il le pourra, il divorcera, il t'aime." Candice tombe dans le panneau. A la fin de l'été 2008, Sattam la supplie de venir en Arabie saoudite "rien qu'une semaine". Malgré les avertissements de sa famille, de ses amis, elle cède. Et dès l'atterrissage à Riyad, le piège se referme.
Message Facebook : "Aidez-moi, je suis séquestrée avec ma fille…"

Aya est conduite au palais, sa mère jetée dans une petite chambre isolée. "Sale juive, pourriture", crache la sœur de Sattam avec qui Candice dansait jadis. Grâce à son portable, miraculeusement conservé, la jeune femme envoie un message sur Facebook : "Aidez-moi, je suis séquestrée avec ma fille de 6 ans en Arabie Saoudite. SVP contactez ma famille au .."

Le Quai-d'Orsay est alerté mais le consul alors en poste à Riyad rapporte qu'il s'agit d'une banale affaire de divorce entre un prince et une petite Française cupide. Personne ne sait que la diplomate, amie de la famille de Sattam, tente de convaincre Candice d'abandonner sa fille. "Tu sais, ça coûte cher d'élever un enfant", ose-t-elle.

La mère, aidée par une bonne philippine, parvient à s'échapper et gagne l'ambassade de France. S'il n'y avait toutes ces preuves enregistrées - les menaces de sa belle-famille, les vidéos d'Aya en larmes -, qui aurait cru à son histoire ? "On l'écoutait ahuris, avec l'impression de vivre un remake de 'Jamais sans ma fille'", se souvient-on à l'ambassade. Candice n'a pas lu le livre de Betty Mahmoody mais elle répète, anéantie par la culpabilité :
Je ne partirai pas de ce pays sans mon enfant."

Grâce à internet, elle alerte les médias, les autorités juives de France, la terre entière... A Paris, on craint l'embrasement, Candice est priée de se taire et de regagner le palais des Al-Saoud, le temps de laisser agir les diplomates. Sous leurs pressions, ses conditions de vie s'améliorent. Elle a même droit à du shampooing, et quelques échanges avec sa fille. "Maman, on m'interdit de t'appeler maman, sanglote l'enfant. Ils disent que tu es folle."

L'éducation d'Aya, qui n'interdit pas les brimades, est assurée par les sœurs et la mère de Sattam. Lui n'apparaît que le jour de la médiation organisée au ministère des Affaires étrangères saoudien, en janvier 2009. Il tombe dans les bras des parents de Candice, venus de Paris avec un magistrat spécialiste des enlèvements d'enfants. "Papa, maman, comment ça va ?" Bon prince, il est même prêt à offrir à son ex-compagne une vie de rêve, mais à Riyad : "Aya reste ici." Les diplomates observent, désolés, ce môme de 1,96 mètre aux pupilles étrangement dilatées dicter sa loi.
La peine capitale

Pour quelques minutes hebdomadaires avec sa fille, Candice retourne chez ses geôliers. Sans doute y serait-elle encore si la famille de Sattam n'avait sorti l'artillerie lourde : un document attestant que Candice a renié la religion musulmane pour se convertir au judaïsme. Pour ce "crime", la jeune femme risque la peine capitale. Cette fois, elle n'a plus le choix.

Avant de rejoindre Paris, en juin 2009, elle a pu mettre au point un code avec Aya : si l'enfant voyage au Liban, elle dira que le soleil est vert. Depuis ce jour, Candice survit grâce aux quelques échanges téléphoniques avec sa fille, consentis par la famille princière. Un jour, le soleil est annoncé vert. Candice prévient le Quai-d'Orsay, et s'envole, avec une barbouze, pour Beyrouth. Après quelques jours de planque, elle aperçoit Aya. Trois secondes de bonheur, avant qu'un garde du corps empoigne l'enfant. Retour à la case départ.
La France contre le royaume saoudien ?

Candice flanche. Son avocate la lâche, ses parents se désespèrent, les fonctionnaires du Quai-d'Orsay sont las. "Allez, vous êtes jeune et jolie, pensez un jour à refaire votre vie...", suggère l'un d'eux.

Sur Facebook, la mère voit Aya poser en burqa et jouer avec les armes de son père. Elle amasse les preuves, impuissante. Alerté par la communauté juive, le paparazzi Jean-Claude Elfassi la convainc d'écrire un livre ("Rendez-moi ma fille", Editions de l'Archipel) et de changer d'avocate. La bataille juridique continue au Liban et dans l'Hexagone, où Sattam, poursuivi pour séquestration, devrait faire l'objet d'un mandat de recherche international.

La France risquera-t-elle de se mettre à dos le royaume saoudien ? A Riyad, le père ne s'en fait pas. "La vie de mon enfant est ici, dit-il à "l'Obs", dans un anglais lustré. Je vous rappelle que ma fille est une descendante de la famille royale saoudienne." Comme si les princesses n'avaient pas le droit d'avoir une mère.

(Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 26 janvier 2012)

Claude Lanzmann sur le génocide arménien: le Parlement légifère "idiotement"

Le réalisateur Claude Lanzmann, saluant comme "un événement historique" la diffusion à la télévision publique en Turquie du film "Shoah" à partir de jeudi, estime que le Parlement français légifère "idiotement" à propos du génocide arménien.

QUESTION: "Comment interprétez-vous la diffusion de "Shoah" en Turquie?

REPONSE: C'est un événement proprement historique. A partir de jeudi soir, la Turquie sera le premier pays à population musulmane à diffuser "Shoah", un film d'une durée de 9H30, sur TRT, la plus grande chaîne publique de télévision. Il faut saluer la détermination et le courage des Turcs qui font là une oeuvre pionnière. Je salue également les gens qui ont initié le projet Aladin qui consiste à faire connaître les Arabes aux Juifs et les Juifs aux Arabes.

J'ai eu l'occasion de donner des Master Class sur "Shoah", diffusé en France pour la première fois en 1985, à des étudiants turcs. J'ai été ébloui par leur sérieux, leur compréhension et leur intelligence et par quelque chose qui est très profondément démocratique dans ce pays. La Turquie est un pays que les gens ne connaissent pas et comprennent très mal.

QUESTION: Cette "première" s'inscrit dans une relation tendue entre la France et la Turquie. Est-ce un problème?

REPONSE: Malgré toutes les histoires qui se passent actuellement avec la France et le Parlement français à propos du génocide arménien, les organisateurs turcs ont tenu bon et diffuseront Shoah, sous-titré en turc, comme prévu.

Le Parlement français légifère idiotement sur ce qui s'est passé en 1915, alors qu'il est tout à fait clair, au vu de la démarche que prend la Turquie aujourd'hui, que les Turcs ne sont pas des gens qui se laissent impressionner par le revolver sur la nuque.

Quand ils décideront eux-mêmes de se confronter à leur propre passé, ils le feront et ils le feront sans fioritures.

QUESTION: Serez-vous présent lors de la présentation de Shoah en Turquie?

REPONSE: Je suis cloué au lit par une bronchite, mais j'ai enregistré un texte, qui a été filmé et qui sera retransmis lors de la cérémonie d'ouverture à Istanbul.

J'y rappelle que nombreux sont ceux qui ne reconnaissaient pas la portée universelle des leçons de l'Holocauste, où six millions de Juifs ont été exterminés par les nazis.

J'y ajoute que si je peux pleurer devant un chef d'oeuvre du réalisateur turc Yilmaz Güney, je ne vois pas pourquoi les Turcs ne pourraient pas pleurer devant "Shoah" comme s'il s'agissait de leur propre histoire, car cela touche à ce qu'il y a d'humain en nous".

La TV turque diffusera le film "Shoah"

La télévision publique turque (TRT) diffusera le film "Shoah" de Claude Lanzmann, consacré à l'extermination des juifs d'Europe dans les camps nazis, a-t-on appris aujourd'hui de la direction de la TRT, qui n'a pas précisé la date de diffusion.

Deux chaînes ont été choisies pour la diffusion, a-t-on précisé de même source, ajoutant que "le fil sera diffusé lorsque l'instruction en aura été donnée".
La diffusion du documentaire doit se faire à l'initiative du Projet Aladin, une association qui oeuvre au rapprochement interculturel, en particulier entre juifs et musulmans.

Selon ses organisateurs, le documentaire, pour la première fois sous-titré en turc, en arabe et en persan, doit être diffusé jeudi sur la TRT dans sa version intégrale, d'une durée de neuf heures. Claude Lanzmann a consacré onze ans de sa vie à la réalisation de ce film.

Sa diffusion interviendra alors que la Turquie et Israël, qui entretenaient jadis d'excellentes relations, traversent une crise diplomatique. Ankara exige des excuses et compensations d'Israël pour son abordage en mai 2010 d'un ferry humanitaire turc en route pour la Bande de Gaza qui avait coûté la vie à neuf activistes turcs.

La Turquie est dirigée depuis 2002 par un parti issu de la mouvance islamiste dont le chef, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, est un ardent défenseur de la cause palestinienne et critique régulièrement les dirigeants israéliens.

69ème anniversaire de l’évacuation et de la déportation des populations des quartiers

du Vieux-Port et de l’Opéra de Marseille, le 22 janvier 2012
Pr Hagay Sobol

Il faisait doux et le soleil baignait de ses rayons les marseillais qui étaient venus assister à ce rendez-vous traditionnel place de l’Opéra. C’est la Chorale Rénanim qui a ouvert la cérémonie placée sous la Présidence de Jean-Claude Gaudin Maire de Marseille, Sénateur des Bouches du Rhône et sous les auspices des associations de déportés l’ADRIP, l’AFMD, les Amicales de Sachsenhausen, et des Déportés d’Auschwitz, l’Association Fonds Mémoire d’Auschwitz, le Comité Français pour Yad Vashem France Sud, le CIM, le FSJU et le CRIF Marseille Provence.

Puis les notes de musique ont laissé la place à un silence empreint d’émotion que seuls les mots du poème « Hantise » récité par Denise  Toros Marter, Présidente de l’Amicale des Déportés d’Auschwitz, sont venus combler.

Les prises de parole ont ensuite débuté avec Caroline Pozementier qui a lu l’allocution d’Ida Palombo, Présidente de l’Association Fonds Mémoire d’Auschwitz qui n’a pu être présente, suivi par Bruno Benjamin, Président délégué du CIM, et de Michèle Teboul, Présidente du Crif Marseille provence.

Ensuite, ce fut au tour des élus. José Allegrini, adjoint au Maire représentant Jean-Claude Gaudin a fait un discours sans aucune note plein de distinction mais dont chaque mot a touché l’assistance. Puis Eugène Caselli, Président de la Communauté Urbaine de Marseille Provence Métropole a pris le micro avec une allocution toute en nuance et juste, suivi par Patrick Menucci, vice-Président du Conseil régional, Maire du 1er secteur de Marseille. Parlant à deux voix en son nom propre et en celui de Michel Vauzelle, Député des BDR, Président du Conseil Régional PACA, il a fait un discours vrai qui a pénétré les cœurs. Enfin, Jean-Noël Guerini, Président du Conseil Général 13, Sénateur des BDR s’est exprimé avant que le chant « Nuit et brouillard » ne soit entonné.

Les enfants des écoles et des mouvements de jeunesse accompagnés par les témoins des associations de déportés et pour la mémoire ont alors déposé des gerbes de fleurs sous la plaque de la Pharmacie de l’Opéra. Avant de clore la cérémonie, le Grand Rabbin de Marseille, le Rav Ohana, a récité les prières d’usage à l’unisson de tous les présents qui se sont ensuite recueilli durant une minute de silence.

Cette année il y avait un peu moins de monde qu’à l’accoutumée, et travaux de l’Opéra obligent, le dispositif avait été quelque peu modifié. Les officiels étaient directement en contact avec le public, ce qui a rajouté une touche d’intimité bien en phase avec la gravité et l’actualité du propos. On pouvait ainsi entendre les commentaires durant les allocutions. Si la majorité des présents s’est sentie proche de ce qu’ont exprimé les élus et étaient honorés qu’ils soient venus si nombreux, avec ou sans prise parole comme Evelyne Sitruk, Séréna Zouaghi, Solange Biaggi, Clément Yana ou Daniel Sperling, certains auraient préféré comme c’était autrefois l’usage, que pour les institutions juives il n’y ait qu’un seul discours symbolisant l’union de tous sur un sujet aussi fondamental. Une proposition à retenir pour l’année prochaine ?

Pr Hagay Sobol
Pour l’Association AVEC Hagay.sobol@gmail.com