Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

La jeunesse allemande répare le vandalisme nazi

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Article paru dans "Republicain-lorrain.fr"

Les jeunes ont découvert le monument érigé dans le cimetière en témoignage du vandalisme nazi. Photo R.L

En 1942, le cimetière israélite de Fénétrange a été dévasté par les nazis. Soixante-huit ans plus tard, un groupe de la jeunesse catholique allemande s’apprête à nettoyer, réhabiliter et mettre en valeur le site.

Soixante-huit ans après la profanation du cimetière israélite de Fénétrange, de jeunes Allemands s’apprêtent à redresser les pierres tombales, les restaurer, débroussailler, nettoyer et valoriser le site appartenant aux quarante-quatre cimetières israélites les plus anciens de Moselle.

Un dimanche matin de 1942, pendant l’heure de l’office religieux, le chef de la Hitlerjugend rassemble les jeunes embrigadés pour les conduire au cimetière de Fénétrange où l’ordre est donné de renverser les monuments. Ce geste est accompli à contrecœur par ces jeunes et vivement critiqué par la population.
Tombes de la famille de Marcel Dassault

Cette nécropole de soixante-dix ares, datant de 1609, regroupe plusieurs centaines de sépultures de juifs ayant habité Fénétrange, Insming, Langatte, Lhor, Mittersheim, Vergaville. Des membres de la famille de Marcel Dassault y reposent.

Avant la guerre de 1939-1945, la communauté juive de Fénétrange comptait 163 personnes. Aujourd’hui, le dernier représentant, Jean Lion, réside à Sarrebourg et veille sur le cimetière.

En deux ans, le chantier de nettoyage entrepris par des bénévoles de la localité est devenu une affaire internationale.

«  Ce cimetière devenait une décharge et nous ne pouvions plus le supporter. La commune a organisé un chantier au printemps 2008, ouvert à tous les bénévoles, pour nettoyer les lieux. Une trentaine de personnes y ont participé, dans le plus grand respect des tombes. Le consistoire israélite de Moselle est venu voir ce que nous avions fait », raconte Nicole Horvat, maire de Fénétrange.

Plus d’impact qu’à l’école

Le consistoire a souhaité aller plus loin dans la démarche et convier un groupe de la jeunesse catholique allemande pour réhabiliter ce cimetière. Ce mouvement de jeunesse intervient déjà dans l’entretien des cimetières de Créhange et Boulay.

Hier, une délégation du consistoire israélite de Moselle, présidé par Jean-Claude Michel, a montré le site à Volkmar Hafner-Koch, responsable du comité municipal de Karlsruhe et des projets internationaux dédiés à la mémoire de la période nazie.

«  Nous avons une dette envers la communauté juive concernant la période nazie », a courageusement exprimé Volkmar Hafner-Koch. «  Nous devons expliquer à nos jeunes l’Histoire de manière concrète, accomplir le devoir de mémoire. Cela a plus d’impact sur un chantier comme celui-ci qu’à l’école. »

Tim, 24 ans, et Léa, 16 ans, feront partie du groupe qui interviendra dès cet été. «  C’est intéressant pour nos jeunes d’apprendre des choses de notre Histoire, de ne pas oublier. Ce chantier est une bonne action, on va montrer ça aux jeunes de Karlsruhe », confient Tim et Léa.

Le président du consistoire israélite d’approuver : «  L’Allemagne a fait un énorme travail auprès des jeunes contre l’antisémitisme. »

Avignon : Les 422 juifs déportés ont enfin un lieu de mémoire

Article paru dans "Midi Libre"

RAPPEL : Hier une plaque commémorative a été dévoilée au rocher des Doms

« La Shoah fait partie de l'histoire du peuple juif, mais si les non-juifs oublient un jour ce crime contre l'humanité, ce sera une nouvelle forme de négationnisme. Oui, je suis juif quand je parle de la Shoah. » Hier après-midi, Bruno Tognarelli, président de l'AMEJD (lire ci-contre) qui porte ce projet depuis deux ans, a ouvert une émouvante cérémonie où se sont succédé des discours et des témoignages parfois poignants. Avant que le préfet dévoile la plaque avec les noms des 422 déportés de Vaucluse et que des collégiens lisent les noms des 54 enfants partis vers les camps de la mort.
« La Shoah, ce n'est pas six millions de morts, mais un plus un plus un... jusqu'à six millions », a rappelé Régine Lippe, qui représentait Serge et Beate Klarsfeld, avec lesquels elle travailla
des années pour donner corps au Mémorial des déportés juifs de France : 80 000 noms, dont 11 400 enfants, et 4 000 photos. « Lister ces disparus, leur rendre un visage, c'est les sortir du néant où l'Histoire a voulu les jeter. Votre mémoire est leur unique sépulture. » Rappelant « cette période sombre de l'Histoire qui ne supportait pas les différences », tous les discours ont appelé à plus de vigilance et de fraternité. Pour Claude-Benjamin Nahoum, président de l'association culturelle israélite d'Avignon, ce mur de noms sera « un lieu de recueillement ». Il doit être un message de tolérance pour les jeunes générations. Un lieu où ne pas oublier l'enfance broyée, « dans le silence complice de presque tous, y compris l'État français ». Des sanglots dans la voix, Marie-Josée Roig a dit : « Nous sommes tous responsables. La République doit défendre ses enfants quelle que soit leur race ou leur religion. » Cette plaque permettra de ne jamais dire "je ne savais pas"

Interviewexclusive de Françoise Fabian

ffabian2.gifA l'occasion de son prochain rôle dans le dernier film d'Alexandre Arcady "Comme les 5 doigts de la main", la grande, talentueuse, et élégante Françoise Fabian a accepté de répondre à nos questions: elle nous parle de ses souvenirs en Algérie, ses belles rencontres et de ses rôles magiques au cinéma.
On lui a demandé quelle effet lui avait d'acquérir le rôle d'une mère et pas n'importe laquelle: La mère juive. Réponse en audio

L.B: Dans votre très beau livre Le temps et rien d'autre (Paru aux Editions Fayard, NDLR), vous faites le parcours de toute une vie truffée de si belles rencontres. L'itinéraire  d'une enfant gâtée en quelque sorte… Nostalgie quand tu nous tiens.

Françoise Fabian: Je suis faite des autres. Comme vous l'avez fort justement constaté je ne parle de moi qu'au travers de mes rencontres: ce sont elles qui ont fait la femme que je suis aujourd'hui. Je ne possède pas un égo surdimensionné comme certains. Ce que j'ai fait, je le sais et ça m'est complètement égal. Mais ce que les autres ont fait de leur vie (avec moi) me passionne.
Je reconnais que j'ai beaucoup de chance d'avoir eu une enfance très chaleureuse, grâce à une famille très aimante. J'étais très aimé de mon père et de ma mère, et c'était réciproque. J'ai eu une enfance privilégiée qui se passait en Algérie où il y avait une facilité de vie que l'on a plus eue après. Aujourd'hui, la nostalgie de cette enfance en Algérie est ancrée dans ma mémoire; je peux vous dire que je ne m'en guérirai jamais. C'est la mémoire involontaire. J'aime tout ce qui me rappelle la Méditerranée: dans mes goûts, dans ma culture, dans mes inspirations, je me sens profondément méditerranéenne. Je vais constamment dans le Sud: je vais au Maroc, en Egypte,...J'aime le désert...

L.B: Connaissez-vous Israël?

F.F:...Oui, j'aimerai y retourner, paraît-il que ça a beaucoup changé. J'y avais été pour un festival à Tel Aviv où l'on présentait Trafic (de Jacques Tati, 1971). C'était un souvenir mémorable pour nous contrairement aux organisateurs, puisque nous passions notre temps à visiter le pays plutôt que d'aller au cinéma (on survolait le Néguev en compagnie des avions de l'armée…!)

L.B: Vous avez tourné avec une belle partie des réalisateurs de la Nouvelle Vague (Louis Malle, Eric Rohmer, Claude Lelouch…). Qu'est ce qu'il y a changé selon vous plus de 50ans après? 

F.F: On en fait beaucoup plus de films d'il y a quelques années. La passion cependant reste la même. Mais on prend moins de temps. On a moins d'argent. Il y a quelques restrictions. Par exemple, je sais à quel point il est difficile de s'acquérir n'importe quel costume, des sujets, de bons acteurs; on calcule sans arrêt; on doit faire attention à la moindre dépense, etc. Je me souviens de Claude Lelouch qui enchainait films sur films avec brio. Il tournait des films en 25/28jours. C'est devenu quelque chose d'impensable aujourd'hui!

L.B: Vous avez un point commun avec Alexandre Arcady: l'Algérie et plus particulièrement Alger, votre ville natale à tous les deux. Y a-t-il eu un rapport de mère/fils?

F.F: C'est moi qui ai voulu me retrouver dans sa mère. Vous savez que lorsque l'on s'attaque à un scénario, bien écrit de surcroit, on a plus qu'à rajouter, nous comédiens, notre gestuelle, nos mouvements afin de retrouver le résultat demandé par notre metteur en scène. Et si c'est bien joué, c'est réussi.

L.B: On remarque que depuis un certains temps, vous interprétez régulièrement le rôle d'une mère mais une mère avec un ton particulier. Il y a comme de l'ironie dans vos personnages, voire du décalage (cf. 5 X2, L.O.L, RAPT…).

F.F: Cela peut paraitre en effet dramatique mais les personnages que je joue sont plutôt lucides par rapport à la vie. Ils ont un regard particulier sur cette dernière; mes personnages comme pour moi d'ailleurs. J'ai toujours vu les choses avec une certaine légèreté, un certain humour malgré mon caractère!  Maintenant, j'ai la chance de jouer des rôles totalement différents: de vraies partitions opposées les unes par rapport aux autres. C'est exactement comme si l'on me donnait plusieurs opéras à jouer où je le chanterai autrement mais toujours avec ma voix.

L.B: Pouvez-vous nous parler de votre prochain rôle au cinéma en compagnie du réalisateur Bruno Chiche?

F.F: C'est un réalisateur tres talentueux. Je tournerais aux côtés de Gérard Depardieu et de Nathalie Baye. Il s'agira d'un rôle complètement opposé à celui de la mère Arcadyenne. Ce sera plutôt une grande bourgeoise, richissime monstrueuse un peu à la manière d'une Bette Davis. Mais où il y aura toujours un peu d'humour; il ne faut jamais se prendre au sérieux!

Laurent Bartoleschi

Pour écoutez Françoise Fabian dans l'interview accordée à Alliance

cliquez en dessous.
Nous remercions particulièrement Laurent Bartoleschi



Le Festival du film juif de Toronto sourit aux francophones

Article paru dans "LE MÉTROPOLITAIN"

Le Festival du film juif de Toronto, du 17 au 25 avril prochains, réserve de bons moments aux cinéphiles francophones. En tout, huit films en français vont être projetés. Parmi des oeuvres de genres variés (de la comédie à la fresque historique en passant par le documentaire), on pourra découvrir en grande première nord-américaine du film français Claude Lanzmann, il n’y a que la vie (2009) par Sylvain Roumette.

Il s’agit d’un beau portrait du cinéaste bien connu pour son œuvre documentaire monumentale Shoah, sortie en 1985. La parole est surtout donnée à Claude Lanzmann que la caméra suit dans son activité d’intellectuel et de personnalité publique, mais aussi lors des séances de rédaction de son autobiographie.

L’enquête sereine dans le passé de l’auteur passe par sa jeunesse à Clermont-Ferrand, en Auvergne, où pendant la Seconde Guerre mondiale, Claude Lanzmann a étudié la littérature et surtout mis en place un réseau local de la Résistance en assurant un trafic d’armes secret à partir de la gare.

En seulement 52 minutes, le film éclaire un peu le parcours d’un homme qui se veut le témoin de la communauté juive à travers le monde, que ce soit en Israël, en Allemagne ou en France. L’humanisme du personnage est combatif et son attachement à la culture paraît très inspirant. On découvre aussi un peu de sa vie intime dans sa relation à la grande écrivaine Simone de Beauvoir.

Face au défi de rendre compte de la vie d’un homme à travers quelques contrastes, le long de quelques lignes de force, la réalisation de Sylvain Roumette parvient à donner une impression de sincérité et d’honnêteté. Les scènes s’enchaînent très bien par un fil conducteur discret, sans annonces du découpage. Le documentaire est donc une véritable réussite. Il s’amuse même un instant à imiter un extrait d’un film de Claude Lanzmann, ce que ce dernier souligne avec malice, en appréciant ouvertement la mise en abîme.

Claude Lanzmann, il n’y a que la vie sera projeté le 22 avril prochain à midi, au Al Green Theatre (750, ave. Spadina).

Yom haShoah : Du dimanche 11 avril, 19h30 au lundi 12 avril 2010, 18h45

Lecture des noms Du dimanche 11 avril, 19h30 au lundi 12 avril 2010, 18h45

Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy-L'Asnier 75004 Paris
M° Saint Paul ou Pont Marie

À l’occasion de Yom HaShoah, le Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) et le Mémorial de la Shoah organisent, en partenariat avec l’association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France, la lecture des noms des déportés juifs de France.

La lecture des noms débutera par le convois n° 25 et se poursuivra sans interruption jusqu'au convoi n° 66.

Cette manifestation est placée sous le haut patronage de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, et sous l’égide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Cérémonie officielle au Mémorial de la Shoah

Dimanche 11 avril, 19h30

La cérémonie pourra être suivie sur des écrans depuis l'Allée des Justes qui longe le Mémorial.

- Allumage des six bougies du souvenir par d'anciens déportés et des enfants du Talmud Torah

- Allocution de Henri Zajdenwerger, ancien déporté, membre des Fils et Filles de Déportés Juifs de France

- Lecture des noms du convoi n° 25 par des enfants puis des personnalités politiques, diplomatiques et religieuses.

La cérémonie officielle s'achèvera vers 20h30. L'accès au Mémorial sera alors libre. La lecture des noms se poursuivra jusqu'au lendemain sans interruption.

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Office solennel du Consistoire de Paris

Lundi 12 avril - 20h
Temple des Vosges, Synagogue Charles Liché
14, place des Vosges Paris, 4e arr.

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Projections et rencontres au Mémorial de la Shoah

Dimanche 11 avril

21h - Le regard des enfants - un film de Nicolas Ribowski

Projection suivie d'une rencontre avec Olivier Lalieu, historien, responsable de l'aménagement des lieux de mémoire et des projets externes au Mémorial de la Shoah - Rencontre animée par Zaccharie Hassoun, des Eclaireurs et éclaireuses israélites de France

Lundi 12 avril

11h - Yom HaShoah. Genève 20 avril 2009 - un film d'Isabelle Filleul de Brohy

14h - Edda Maillet, Lehaïm, à la vie - un film de Claude Bochurberg

Projection suivie d'une avec Claude Bochurberg, réalisateur et journaliste et Edda Maillet, secrétaire générale de l'association des Amis de Jeanne et Otto Freundlich

15h30 - The Cemetery Club - de Tali Shemesh

Entrée libre - Réservation conseillée au 01 53 01 17 42

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Offices

Paris (9e arr.) - Synagogue de la Rue Buffault - Lundi 12 avril - 18h30

Paris (12e arr.) - Centre communautaire de Chivte Israël - 12 cité Moynet - M° Mongallet - Dimanche 11 avril - 17h30

Paris (13e arr.) - Synagogue Sidi Fredj Halimi - 61-65 rue Vergniaud - Dimanche 11 avril - 19h - Min'ha suivi de Arbit

Paris (15e arr.) - MJLF Beaugrenelle - 11 rue Gaston de Cavaillet - Dimanche 11 avril - 15h30 - Lecture du Sefer HaShoah - 17h30 : Office de Yom HaShoah

Meaux (77) - Synagogue Rabbi Yehiel - 11 rue Paul Barennes - Dimanche 11 avril - 18h
Prières : rituel pour la transmission de la Mémoire / Lecture des noms des déportés juifs de la région de Meaux et allumage des bougies / Lecture de poèmes / Témoignages / Présentation d'ouvrages sur la déportation / Buffet

Boulogne (92) - Synagogue de Boulogne - 43, rue des Abondances - Lundi 12 avril - 19h30 - Office suivi d'un témoignage et/ou d'une projection

Nanterre (92) - Centre communautaire juif de Nanterre - 13, rue du Castel Marly - Dimanche 11 avril - 19h - Cérémonie en présence de personnalités politiques et communautaires

Vincennes - Saint Mandé (94) - 30 rue Céline Robert, Vincennes - Dimanche 11 avril - 19h - Office avec lecture des noms des déportés de Vincennes - Saint Mandé

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Cérémonies

Aix-en-Provence (13) - Centre Darius Milhaud - Centre culturel et communautaire juif d'Aix-en-Provence - 3, bis rue de Jérusalem - Dimanche 11 avril à 16h et lundi 26 avril à 18h30.

Commémoration organisée en partenariat avec l'Amitié judéo-chretienne d'Aix-en-Provence et avec le soutien du FSJU, du Conseil Général des Bouches du Rhône et du Conseil Régional PACA.

Entrée libre - Renseignements : 04 42 27 37 94 ou centremilhaud@hotmail.fr
www.centredariusmilhaud.org

Toulouse (31) - Cérémonie au Mémorial de la Shoah - Esplanade Alain Savary - Dimanche 11 avril, 11h

Cérémonie unitaire organisée par le Crif Toulouse Midi-Pyrénées en présence des autorités civiles et religieuses

Montpellier (34) - Commémoration du Yom HaShoah - Dimanche 11 avril à 18h30 - Devant le monument aux martyrs de la Résistance et de la Déportation, Place de la Légion d’Honneur

Cérémonie organisée par le CRIF Languedoc-Roussillon, le comité régional de Yad Vashem et le Centre culturel juif de Montpellier.

- Allocution d’Edith Moscovic, enfant cachée et président du comité régional de Yad Vashem.

- Allocution d’Hubert Allouche, président du CRIF Languedoc-Roussillon.

- Office à la synagogue Ben Zakaï de Montpellier

- La lecture des noms des enfants déportés de France, victimes de la barbarie nazie, se déroulera sans interruption du samedi 10 avril à 21h30 au dimanche 11 avril à 18h30.

Grenoble (38) - Commémoration du Yom HaShoah - Dimanche 11 avril - de 10h à 12h30 - Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère - 14, rue Hébert

Commémoration organisée par le Crif Grenoble-Isère, sous la Présidence de Mme Edwige Elkaim-Sebban, en présence de personnalités politiques

- Visite pédagogique du Musée de la Résistance et de la Déportation pour les enfants de 8 à 12 ans - commentée par le Conservateur en chef du Musée M. Jean-Claude Duclos

- Lecture des noms des enfants juifs isérois déportés par des élèves des écoles juives et laïques grenobloises

- Allumage de 6 bougies symbolisant les 6 millions de victimes de la Shoah par des anciens déportés et des enfants

Le 6 avril à 20 h00 : Conférence du Père DESBOIS sur le thème de LA SHOAH PAR BALLES

desbois.jpegKadima France vous invite à écouter la conférence du Père DESBOIS sur le
thème de LA SHOAH PAR BALLES , qui aura lieu le 6 avril à la Clinique
Petrarque du Dr Sidney Ohana , Square Pétrarque 75016 à 20 h00 , un cocktail clôturera la soirée.
La participation aux frais est laissée à votre discrétion . L'argent sera intégralement versé a l'action magnifique du Père Desbois.
Vous pouvez profiter de l'occasion pour adhérer , ou réitérer votre adhésion
à KADIMA FRANCE. Des formulaires en ce sens seront à votre disposition à l'entrée du salon de
conférences .
ATTENTION : les entrées seront conditionnées à l'inscription préalable

Claude SOLARZ
Président KADIMA FRANCE
manine@libertysurf.fr

L'Immortel

limmortel.jpgFilm réalisé par Richard Berry

Avec Jean Reno, Kad Merad, Jean-Pierre Darroussin, Mariane Foïs, Joe Star, Richard Berry, Philippe Magnan, Claude Gensac, Fani Kolarova

Long-métrage français. Genre Policier
Durée 1 h 55 min
Distribution : EuropaCorp Distribution

Sortie : 24 mars 2010

Charly Matteï a tourné la page de son passé de hors la loi. Depuis trois ans, il mène une vie paisible et se consacre à sa femme et ses deux enfants. Pourtant, un matin d'hiver, il est laissé pour mort dans le parking du vieux port à Marseille avec 22 balles dans le corps. Contre toute attente, il ne va pas mourir... Cette histoire est inspirée de faits réels, mais où tout est inventé, au coeur du Milieu marseillais.

Béatrice Rosen, une Française à Hollywood

beatricerosen.jpgArticle paru dans " L'Express"

A Hollywood, on la surnomme "la petite Française atomique". Cette jeune comédienne fait décidément parler d'elle. Héroïne de 2012, elle est aussi la nouvelle égérie de Lancel.

Longs cheveux en bataille, jean slim noir, elle gambade comme une gamine dans la boutique Lancel des Champs-Elysées pour attraper Noa, son chihuahua, qui s'est caché dans un sac de cuir rose fuchsia. Sculpturale, irrésistible blonde aux yeux miel, Béatrice Rosen, 25 ans, est drôle, fonceuse, passionnée de Tchekhov... Après plusieurs apparitions dans le cinéma français - Bienvenue chez les Rozes, Cravate Club... - l'ancienne étudiante du cours Florent est partie vivre à Los Angeles et s'est imposée à Hollywood. Copine de Batman dans The Dark Knight, héroïne qui tente de survivre à l'apocalypse dans 2012, de Roland Emmerich, Béatrice rêve encore de conquérir la France. A la rentrée, la comédienne interprétera le rôle de Marilyn Monroe, aux côtés de Bernard Tapie, dans la pièce Sept Ans de réflexion, adaptée du film de Billy Wilder. Elle se raconte à L'Express Styles.

Pourquoi, il y a cinq ans, avez-vous quitté la France?

On ne me prenait pas au sérieux. On me proposait des rôles de "sois belle et tais-toi". Mais ce n'est pas ce que je suis! J'ai toujours voulu être comédienne. A 10 ans, j'ai monté une troupe de théâtre à l'école: on jouait des pièces de Tristan Bernard et de Tchekhov dans des clubs du troisième âge et des petites salles. A 16 ans, malgré les réticences de mes parents, j'ai commencé le cours Florent... Quand je suis arrivée aux Etats-Unis, tout a changé. Je me souviens du casting de The Dark Knight: le personnage principal est une danseuse étoile russe. Je me suis retrouvée au milieu de 100 top-modèles slaves. Et là, l'inespéré: Christopher Nolan, le réalisateur, m'a choisie. Je parle le russe couramment et j'ai fait dix ans de ballet classique.

Votre côté "bimbo" vous a donc desservie?

En France, oui! Je suis blonde, j'adore porter des robes décolletées, des minijupes avec des bottes. Je trouve regrettable que, dans notre cinéma, on n'ait pas envie de voir des femmes un peu glamour. Mais je ne désespère pas, je rêve du retour des blondes! J'adorerais travailler plus ici, car je me sens profondément française. Je voudrais tourner avec Claude Lelouch, et surtout Jean-Pierre Jeunet... J'aime son sens de l'esthétisme, son travail sur la matière et les couleurs.

Que vous a apporté de travailler avec le réalisateur de 2012, Roland Emmerich?

Avec lui, on apprend à être perfectionniste: tout est organisé à la virgule près. Mais Roland m'a aussi appris à rêver: quand on joue devant un écran bleu, sans décor, comme c'était le cas, il n'y a que l'imagination qui vous permette de mettre en scène des émotions, des situations que vous ne vivrez jamais... Cela fait partie de ce que j'aime à Hollywood: le côté bosseur mais ludique, encore ancré dans le rêve américain. Depuis que je vis là-bas, je râle dix fois moins, je vois la vie en rose. Cela dit, il y a des choses qui m'énervent... J'ai dû changer mon nom, Rosenblatt, d'origine juive ashkénaze, parce qu'il était "trop compliqué". Je l'ai gardé dans ma vie privée.

Vous allez vous mesurer à Marilyn Monroe... Comment est né ce projet ?

J'ai été présentée à Bernard Tapie, qui cherchait une partenaire pour sa pièce adaptée de Sept Ans de réflexion. Nous avons longuement discuté. Bernard ne souhaitait pas une pâle copie de Marilyn - on ne peut pas rivaliser avec la légende! - mais une personnalité enjouée, charmante et charnelle. Je ne serai ni coiffée ni maquillée comme elle. Je porterai des costumes contemporains... J'aimerais simplement m'approcher de l'essence de Marilyn: cette lumière qu'elle avait dans les yeux, ce sourire intérieur. Une magie qui va bien au-delà du physique!

Etes-vous une vraie blonde ?

Bien sûr que non! Comme Marilyn et Blondie...

Vous avez aussi enregistré une chanson en France avec le chanteur compositeur Stanislas. Avez-vous des projets musicaux?

Je travaille sur un album de pop, dans le style des Cardigans. J'ai une voix de soprano et je prends des cours de chant lyrique depuis l'enfance - ma mère est une passionnée d'opéra. A 16 ans, j'avais monté un groupe musical itinérant... L'expérience du duo avec Stanislas, très inspiré de Gainsbourg, m'a donné envie de poursuivre l'aventure.

Vous êtes désormais l'égérie de Lancel. Qu'est-ce qui vous rapproche de cette marque?

C'est une maison qui travaille encore avec des valeurs. Ses pièces ont une vraie qualité. Mes sacs débordent toujours de mille objets - ordinateur, livres, vêtements, maquillages...- et souvent ils craquent au beau milieu d'un voyage. Ce n'est pas le cas des sacs de Lancel! J'aime leur côté sophistiqué, égayé par une gamme de couleurs: le rose, l'orange, le bleu roi... Ma pièce culte? Le sac Adjani, rose fuchsia, avec vingt poches. Je le porte en bandoulière, et, regardez, je peux même y mettre mon chien, Noa. Il semble approuver, non?

1939-1945 : Les Alliés ont-ils abandonné les juifs ?

drancy.jpgArticle paru dans "Le Nouvel Obs"

A l’heure des repentances, un roman relance la terrible accusation lancée contre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Roosevelt et Churchill devant le tribunal de l’Histoire.

D’abord, il y a la polémique. Celle qui a opposé Claude Lanzmann, le réalisateur de "Shoah", à Yannick Haenel, auteur d’un roman remarqué : "Jan Karski" (Gallimard). Au centre de cette controverse : le destin d’un héros de la Résistance polonaise au nazisme qui, en juillet 1943, témoigna de la solution finale devant Roosevelt. Peut-on, avec Haenel, conclure de ce témoignage que les juifs ont été abandonnés par les Alliés, qu’"il n’y a eu ni vainqueurs ni vaincus en 1945", mais seulement "des complices et des menteurs" ? "Les juifs n’étaient pas au centre du monde pendant la guerre", répondent ici Claude Lanzmann et l’historienne Annette Wieviorka, qui dénoncent une mise en scène erronée, anachronique, de l’histoire. Pour en juger, le mieux est d’en revenir aux faits. Le Nouvel Observateur publie les extraits les plus significatifs du livre de Jan Karski "Mon témoignage devant le monde", que réédite aujourd’hui Robert Laffont. Et Claude Weill présente les pièces du dossier…

1) Que savaient les Alliés ?

A question simple, réponse complexe. "Tout", ont cru pouvoir affirmer certains historiens dans les années 1970 et 1980 en se fondant sur la masse de rapports et de témoignages parvenus à Londres et à Washington relatant les persécutions commises contre les juifs d’Europe par le régime nazi. Mais, outre la difficulté qu’il y a à penser l’impensable, il convient de souligner que ces éléments, noyés dans le flot quotidien d’informations venues de tous les fronts de la Seconde Guerre mondiale, furent longtemps fragmentaires, imprécis, mêlés de faits douteux qui pouvaient passer – parfois à juste titre – pour des rumeurs ou des fantasmagories. De sorte que la question n’est pas seulement de savoir de quels renseignements disposaient les dirigeants américains et britanniques, mais à partir de quand il leur a été possible de se faire une vision claire, cohérente, "acceptable" de ce qu’on n’appelait pas encore le "génocide".
Dès l’invasion de l’URSS, les services secrets britanniques, qui ont réussi à décrypter une partie des codes utilisés par les nazis, mentionnent les exécutions massives perpétrées par l’armée allemande en territoire soviétique et identifient bientôt les populations juives comme étant les victimes principales de ces « boucheries ».

Une succession de rapports, certains lus et annotés par Churchill, décrivent quasiment au jour le jour les prémices de ce qu’on nommera beaucoup plus tard "la Shoah par balles". Dans une note de synthèse, le 12 septembre 1941, les services britanniques estiment que les chiffres collectés constituent "une preuve décisive d’une politique d’intimidation sauvage, sinon d’une extermination définitive" [des juifs] (1). Le même jour, l’état-major du Secret Intelligence Service (SIS) indique que les rapports d’exécutions ne figureront plus dans les comptes rendus destinés au Premier ministre : "Le fait que la police exécute tous les juifs qui lui tombent entre les mains devrait être suffisamment connu désormais." La priorité, pour le SIS, n’est pas là : c’est d’informer le gouvernement sur la situation militaire et la capacité de résistance de l’Armée rouge.

Les services américains n’ont pas eu connaissance des messages décryptés par le SIS. Mais les Etats-Unis, neutres jusqu’à Pearl Harbor (décembre 1941), avaient des correspondants de presse et des diplomates en Allemagne. Ceux-ci ne manquèrent pas de signaler l’aggravation de politique antisémite et les déportations de juifs allemands vers l’Est. Différents articles sur les atrocités commises en URSS parurent à l’automne 1941 dans la presse américaine. Généralement en pages intérieures, et avec les conditionnels de rigueur. L’impact sur l’opinion en fut limité. Depuis les années 1930 et la nuit de Cristal, il n’était que trop connu que les nazis haïssaient les juifs.

Le tournant de 1942 dans le traitement de la "question juive" – c’est-à-dire la mise en œuvre d’un processus industriel de mise à mort – était sans doute le secret le mieux gardé de l’Allemagne nazie. Secret assez vite éventé pourtant. Parmi différents rapports émanant de sources polonaises et juives – "pour l’essentiel corrects", reconnaîtra à l’automne 1943 un mémo interne du Département d’Etat, mais "parfois confus et contradictoires, et intégrant des histoires qui étaient manifestement des reliquats des récits horrifiques de la Première Guerre" –, deux témoignages de première main, au milieu de l’année 1942, allaient donner la juste mesure de ce qui se passait au cœur de l’Europe occupée.

Le 30 juillet, soit quelques jours après l’inspection de Himmler à Auschwitz au cours de laquelle il avait approuvé le projet d’extension du camp, un industriel allemand nommé Schulte révéla à un collègue suisse l’existence d’un plan d’extermination des juifs d’Europe et lui demanda de transmettre l’information à Churchill et à Roosevelt. Celle-ci parvint à Gerhart Riegner, représentant du Congrès juif mondial à Genève, qui la communiqua aussitôt aux consulats américain et britannique. Le télégramme de Riegner, daté du 8 août, mérite d’être cité intégralement :
"Reçu nouvelle alarmante qu’au quartier général du Führer discussion et examen d’un plan selon lequel après déportation et concentration à l’Est tous les juifs des pays occupés ou contrôlés par l’Allemagne représentant 3,5 à 4 millions de personnes doivent être exterminés d’un coup pour résoudre définitivement la question juive en Europe. Exécution prévue pour l’automne, méthodes à l’examen, y compris acide prussique". A quoi Riegner ajouta, par rigueur intellectuelle : "Transmettons information sous toutes réserves, son exactitude ne pouvant être confirmée".
Schulte ne se trompait guère que sur le calendrier : le projet n’était pas à l’examen, mais déjà en cours d’exécution. L’automne à venir ne verrait pas son achèvement, mais la montée en puissance d’un processus qui se poursuivra jusqu’à l’effondrement du Reich.
Au Foreign Office et au Département d’Etat, le message de Riegner créa d’abord doutes et embarras.

Malgré (ou à cause de ?) ce que l’on savait déjà, un tel plan passait l’entendement. Avant de songer à rendre l’information publique, les Américains décidèrent de mener des investigations complémentaires. Et Sumner Welles, sous-secrétaire d’Etat, pria fermement le rabbin Stephen Wise, président du Congrès juif américain, également destinataire du télégramme, de garder le silence jusqu’à plus ample informé. Ce qu’il accepta. L’affaire traîna en longueur. Fin novembre, enfin, Welles convoqua Wise et lui confirma que les dires de Riegner étaient fondés. Le rabbin organisa des conférences de presse à New York et à Washington. Le New York Herald Tribune reprit son récit, le 25 novembre, et titra prudemment : "Wise déclare que Hitler a donné l’ordre de tuer 4 millions de juifs en 1942". C’était la première fois qu’une telle information était livrée au grand public. Les journaux n’en firent pas leurs gros titres. L’attention de la presse américaine – y compris de la presse juive – était tournée vers les opérations militaires en Afrique du Nord et dans le Pacifique.

Par un hasard de l’histoire, ce même 25 novembre arrivait à Londres le résistant polonais Jan Kozielewski. Jan Karski – son nom de code – a réussi à pénétrer dans le ghetto de Varsovie et a assisté à une exécution de masse près du camp de Belzec. Il est un des rares témoins directs de l’extermination. Le seul qui ait jamais pu rapporter aux dirigeants alliés ce qu’il a vu de ses propres yeux. D’abord à Anthony Eden, ministre britannique des Affaires étrangères. Puis, le 28 juillet 1943, à Roosevelt lui-même. Il existe plusieurs comptes rendus des entretiens que Karski eut à Londres avec différentes personnalités britanniques et polonaises. Le plus détaillé émane de deux représentants juifs du Conseil national polonais à Londres. Il fait plus que corroborer le télégramme de Riegner : Karski désigne nommément les camps d’extermination de Belzec, Treblinka et Sobibor et donne des indications chiffrées : "Sur les 3,5 millions de juifs de Pologne et 500.000 à 700.000 qui avaient été amenés là des autres pays conquis par les nazis, seul un petit nombre ont survécu".

Un dernier document, bien plus tardif, achèvera de donner un tableau à peu près complet de la solution finale : il a été rédigé au printemps 1944 par Rudolf Vrba et Alfred Wetzler. Ces deux déportés slovaques ont réussi à s’évader d’Auschwitz le 7 avril 1944. Leur rapport, d’une trentaine de pages, est achevé à la fin du mois et aussitôt traduit en plusieurs langues. Remis en Suisse au représentant de l’OSS (Office of Strategic Services, ancêtre de la CIA), il parvient aux Etats-Unis à la mi-juin. Il décrit avec précision l’activité et le modus operandi de la plus grande usine de mort jamais conçue : la sélection, les chambres à gaz, le calendrier des déportations, tout est là. Mais il est bien tard...

2) Pourquoi les Alliés n’ont-ils pas alerté l’opinion ?

Ils l’ont fait. Mais avec retard, et souvent d’une manière allusive et vague. Pour des raisons que l’on ne peut comprendre si l’on analyse la psychologie et la politique des acteurs d’alors avec le regard d’aujourd’hui.
Lorsque Churchill, en août 1941, dénonça les "exécutions perpétrées de sang-froid contre les patriotes russes qui défendent leur terre natale", il ignorait encore que ce "crime sans nom" visait principalement les juifs. Le fait devint bientôt évident et le ministère de l’Information ouvrit un dossier spécial intitulé "Rapports sur les juifs". Dans le rapport du 22 janvier 1942, on peut lire : "Les Allemands poursuivent clairement une politique d’extermination envers les juifs". Les Britanniques s’en tinrent pourtant à la ligne qu’ils s’étaient fixée : concernant la divulgation des crimes nazis, "l’horreur [devait] être utilisée avec beaucoup de modération", en évitant de se centrer sur les victimes juives (note du ministère de l’Information, juillet 1941).
En novembre, le Premier ministre laissa entrevoir la vérité dans un message au "Jewish Chronicle" : "Personne n’a subi plus cruellement que les juifs ces fléaux innommables répandus par Hitler". Mais, pour des mois encore, Londres ne jugea utile ni souhaitable de livrer à l’opinion britannique et internationale les faits précis en sa possession. Et la Grande-Bretagne ne faisait pas exception. Les gouvernements alliés réunis en juin 1942 au Saint-James Palace de Londres signèrent une motion commune appelant à ce que les responsables de crimes contre les civils soient jugés après la guerre. Le sort des juifs n’y était pas expressément mentionné.
Les historiens se sont employés à identifier les raisons de cette "discrétion". Incapacité à penser la question juive dans sa singularité, parmi les innombrables malheurs du temps. Répugnance à distinguer parmi les victimes du nazisme. Volonté de ne pas retomber dans les erreurs de la guerre de 1914, en répandant des récits qui paraîtraient peu fiables – et nombre de responsables restaient d’ailleurs convaincus que les Polonais et les juifs exagéraient "pour faire monter la pression". Mais aussi crainte d’affaiblir politiquement la cause des Alliés : le régime nazi devait être présenté comme l’ennemi du genre humain tout entier. Se focaliser sur les souffrances des juifs, alors que l’antisémitisme était encore vivace en Europe et aux Etats-Unis, risquait de lézarder l’union sacrée. Pis : de donner prise à la propagande nazie selon laquelle les Alliés faisaient la guerre pour le compte des juifs – ce qui avait été un leitmotiv de l’extrême-droite isolationniste américaine dans sa campagne contre Roosevelt et le "Jew Deal". Sur le plan international, enfin, il était crucial pour Londres et Washington de montrer qu’ils portaient une égale attention à tous les peuples opprimés par les nazis.
A mesure que les informations s’accumulaient, le mur du silence se fissura. Tour à tour, le New York Times, la BBC, le Daily Telegraph, le Times relatèrent l’ampleur des persécutions antijuives. Le 21 juillet, le président Roosevelt exprima la sympathie du peuple américain envers ses « concitoyens juifs » et employa pour la première fois le mot « exterminer ». Mais en des termes ambigus qui ne distinguaient pas nettement les juifs parmi "toutes les victimes des crimes nazis". Dans la même veine, il déclarera le 21 août que la politique nazie "pouvait même conduire à l’extermination de certaines populations". On était alors dans l’attente d’une vérification du télégramme de Riegner. Avec sa divulgation, un verrou sauta.
Le 2 décembre 1942, le New York Times publiait en une un éditorial annonçant que 5 millions de juifs étaient concernés par l’extermination. Le même jour, l’ambassadeur soviétique à Washington se prononçait, de son propre chef, en faveur d’une déclaration des Alliés. Le gouvernement polonais plaidait dans le même sens. Le 7, Eden câbla à son ambassadeur à Washington qu’il avait désormais peu de doutes sur le fait que les Allemands avaient bien planifié d’exterminer les juifs. Et le 8, Londres transmit à Washington la première version de ce qui devait être la déclaration du 17 décembre, par laquelle les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’URSS, au plus haut niveau, reconnaissaient la réalité de la solution finale et s’engageaient à châtier les coupables. Eden lut la déclaration à la Chambre des Communes, qui observa une minute de silence.
Le retentissement fut "beaucoup plus impressionnant que je ne l’aurais cru", note Eden dans son journal. Consigne fut donnée à la BBC d’accorder le plus large écho à la déclaration. Le service européen la diffusa pendant une semaine, plusieurs fois par jour, en direction des pays occupés. En janvier 1943, la Royal Air Force largua au-dessus de l’Allemagne 1,2 million de tracts décrivant le programme d’extermination nazi. Aux Etats-Unis, CBS y consacra deux émissions. Le monde désormais savait – même si beaucoup continuèrent de refuser cette vérité ("J’ai la certitude que nous faisons une erreur en ajoutant foi publiquement à cette histoire de chambres à gaz", écrira encore en août 1943 le président du British Joint Intelligence Committee Victor Cavendish-Bentinck) ; même s’il faudrait encore des années, le choc de la libération des camps, le patient travail des historiens, avant que les esprits ne finissent par penser l’impensable.

3) Les juifs ont-ils été "abandonnés" ?

A l’heure de la victoire, on aurait sans doute stupéfié les dirigeants alliés si on leur avait dit qu’ils devraient un jour comparaître devant le tribunal de l’Histoire pour « Abandon des juifs », selon le titre du livre-réquisitoire publié en 1984 par David Wyman (2). Et, plus étonnant encore, que leurs successeurs plaideraient plus ou moins coupables, à l’image de Bill Clinton déclarant, lors de l’inauguration du Musée du Mémorial de Washington : Les Etats-Unis "ont fait beaucoup trop peu".
La majorité des historiens, pourtant, sont aujourd’hui enclins à accorder aux Alliés de larges circonstances atténuantes. Examinons l’acte d’accusation.
– La mollesse de la politique de sauvetage. Après le 17 décembre 1942, les pressions s’intensifièrent sur le gouvernement britannique, émanant notamment de l’archevêque de Canterbury et de membres du Parlement, afin qu’il prenne des dispositions pour sauver ceux qui pouvaient encore l’être. Un nouveau comité du cabinet de guerre fut chargé d’étudier les mesures envisageables pour l’accueil des réfugiés. Sa première réunion, le 31 décembre, permit surtout de lister les problèmes que poserait un exode de réfugiés (juifs et non-juifs, car on redoutait que les actions entreprises en faveur des juifs ne provoquent un effet de contagion dans les pays occupés). Le Foreign Office, de son côté, faisait valoir qu’un afflux de juifs en Palestine ne manquerait pas de créer de grandes difficultés avec les Arabes. Dans une lettre à lady Reading, en janvier 1943, Churchill ne cherche pas à farder la réalité : "Quand bien même obtiendrions-nous la permission de faire sortir tous les juifs, le transport à lui seul présente un problème dont la solution sera difficile. Les voies d’acheminement passent presque entièrement à travers des zones de guerre où les exigences militaires prédominent et qui doivent donc, dans l’intérêt de la victoire finale, recevoir la priorité". Sa conclusion – "Nous ferons tout ce que nous pourrons" – sonne comme un aveu d’impuissance. En fait, dès ce moment, la conviction des Britanniques était que le sort des juifs était lié au sort des armes, et que le salut des survivants passait par une victoire rapide et totale sur l’Allemagne nazie. C’était aussi le point de vue du Département d’Etat, dont un mémo interne notait froidement que le nombre des morts était en définitive secondaire en regard du "dessein primordial [qui] est de gagner la guerre, et toutes autres considérations doivent y être subordonnées".
C’est dans cet état d’esprit que les deux administrations accueillirent les multiples démarches, souvent peu consistantes, voire naïves (un appel à Hitler pour qu’il libère tous les juifs, par exemple), les pressant de « faire quelque chose ». Que faire – dès lors qu’il était à la fois exclu de discuter avec Hitler et de desserrer le blocus pour envoyer de la nourriture aux affamés ? Après s’être renvoyé la balle, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis décidèrent de se concerter lors d’une conférence spéciale qui se tint aux Bermudes mi-avril. Dans une note à Anthony Eden, le sous-secrétaire d’Etat britannique Law résuma crûment la tonalité des discussions : "Le mieux que je puisse espérer [...] est un accord formel sur ce qui est impossible". Des Bermudes, il ne sortit que de maigres recommandations. Et un accord si modeste qu’on préféra le tenir secret...
On ne saurait dresser la liste des initiatives, propositions d’échanges ou de rançons, qui émaillèrent les années 1943 et 1944. Elles furent généralement perçues comme irréalistes, politiquement inacceptables ou interprétées comme des manœuvres destinées à créer la division entre Occidentaux et Soviétiques – ce que certaines étaient à l’évidence. Elles furent le plus souvent explorées avec peu de conviction. La plus célèbre est le marché proposé par Eichmann en mai 1944 : il offrait d’épargner les juifs hongrois, dont la déportation battait son plein, en échange de 10.000 camions (destinés au front de l’Est), de thé, de café, de cacao et de savon. Convaincus d’avoir affaire à un leurre, les Alliés ne donnèrent pas suite.
Nul ne saura jamais le coût humain des occasions manquées. L’action du War Refugee Board, tardivement créé par les Etats-Unis en janvier 1944 afin de porter secours aux "victimes menacées de mort imminente" ("à condition que cela n’entrave pas la poursuite de la guerre"), porta quelques fruits. Le bombardement de Budapest, le 2 juillet, les intimidations exercées sur le régent Horthy et les pressions sur les pays tiers (Espagne et Amérique latine) pour qu’ils délivrent de vrais-faux passeports permirent se sauver quelques milliers de juifs hongrois. Combien d’autres auraient pu être épargnés si les Alliés avaient accepté en certaines occasions de déroger à la doctrine "tout pour la guerre" ? L’histoire n’est pas un laboratoire expérimental.
– Le refus des représailles ciblées. Au lendemain de la déclaration du 17 décembre 1942, Churchill ouvrit le débat lors d’une réunion des chefs d’état-major : fallait-il, comme le proposait le Premier ministre polonais Sikorski, organiser des bombardements, en Pologne et en Allemagne, en les liant explicitement à la persécution des Polonais et des juifs ? Le chef de l’armée de l’air Charles Portal fit valoir qu’une telle tactique remettrait en question la légitimité des raids "normaux" sur les villes considérées comme des cibles militaires. En vérité, ces raids étaient déjà meurtriers. Mais renoncer à la fiction que les Alliés ne visaient que des objectifs militaires, c’était aligner leurs standards moraux sur ceux des nazis. Churchill n’insista pas. L’idée de bombardements de représailles fut écartée.
– Le non-bombardement d’Auschwitz. Depuis l’article de David Wyman intitulé "Pourquoi Auschwitz ne fut pas bombardé" (1978), ce point est devenu, pour les tenants de la théorie de l’abandon, la preuve de la coupable indifférence des Alliés. Leurs arguments n’emportent pourtant pas la conviction.
Jusqu’au printemps 1944, une telle mission était difficilement réalisable : pour les bombardiers stationnés en Grande-Bretagne, cela représentait un vol aller-retour de 3 200 kilomètres au-dessus du territoire ennemi. Une fois l’Italie libérée, en revanche, Auschwitz se trouva à la portée des ailes alliées. Entre le 7 juillet et le mois de novembre, l’US Air Force pilonna à dix reprises des installations industrielles proches d’Auschwitz-Birkenau. C’est dans cet intervalle que s’inscrivirent les appels, rares et timides, à bombarder. "Une telle opération serait d’une efficacité douteuse", trancha John McCloy, secrétaire d’Etat adjoint à la Guerre.
Bombarder quoi, au fait ? Les voies ? Aucun intérêt, plaidèrent les militaires. Sitôt détruites, sitôt réparées. Les chambres à gaz et les crématoires ? En admettant qu’on ait su les localiser sur les clichés de repérage (ce qui est douteux), les bombardiers d’altitude ne pouvaient frapper avec une telle précision. Au demeurant, si les usines de mort étaient détruites, rien n’empêchait les nazis de revenir aux techniques "classiques" d’exécution. Bombarder le camp où se trouvaient alors 135 000 prisonniers ? On imagine le massacre qui pouvait en résulter – et les arguments que les nazis n’auraient pas manqué d’en tirer.
En fait, les modalités d’une telle opération ne furent pas vraiment étudiées. L’opposition radicale de McCloy tenait d’abord à cette raison simple qu’« elle ne pourrait être menée à bien qu’en détournant une partie considérable des forces aériennes actuellement engagées ailleurs dans des opérations décisives ». On était à l’été 1944. La bataille de France faisait rage. Les raffineries de Silésie étaient un objectif stratégique. Pas Auschwitz-Birkenau. Ajoutons qu’à ce moment 80% des juifs d’Europe avaient été assassinés, avant et ailleurs. Et qu’à Auschwitz même les "moulins de la mort (Churchill) avaient déjà broyé 1 million d’innocents.

Claude Weill

(1) Lire notamment : "Secrets officiels. Ce que les nazis planifiaient, ce que les Britanniques et les Américains savaient", par Richard Breitman (Calmann-Lévy 2005).
(2) Flammarion, 1987.

Delon/Belmondo, l'Etoffe des Héros

beldel.jpgEtude parallèle de la vie et de la carrière des deux monstres sacrés du cinéma français. Delon, Belmondo, L'Etoffe des Héros, d'Olivier Rajchman qui vient tout juste de paraitre aux éditions Timée comblera tout fan de ces deux grands acteurs.

On y retrouve aussi bien des photos tirées de leurs plus grands films que des images emblématiques de leur vie privée, ainsi que des anecdotes méconnues. ils ont tous les deux accédé à la consécration grâce à des choix judicieux, l'un optant pour la nouvelle vague avec des films tels qu' A bout de souffle de Jean Luc Godard ou encore Deux ou trois choses que je sais d'elle du même réalisateur, entouré d'Anna Karina et de Jean Claude Brialy; tandis que l'autre se dirige vers des metteurs en scène italiens de renommée internationale tels qu'Antonioni ou encore Visconti. Apres la sortie de Borsalino en 1969, ils n'ont cessé de se disputer la première place du podium.

Durant les deux décennies qui suivront ce film culte, il y avait les pros Delon et les pros beldel2.jpgBelmondo. Il est vrai que les deux acteurs œuvraient dans un registre différent. Alors Que Bebel incarnait des personnages plutôt sympathiques, Delon lui, multipliait les rôles plus froids, plus solitaires, souvenez vous du Samouraï qui lui collera longtemps à la peau. Du coup les comédies, ne seront pas la tasse de thé de ce dernier. Leur point commun, ils ont tourné séparément avec les mêmes réalisateurs: de Lautner à Giovanni, de Louis Malle à Jacques Deray sans oublier Jean Pierre Melville.

Dans un genre –le polar musclé- explique Olivier Rajchman, Belmondo et Delon sont les seuls à oser, sans démériter, la comparaison avec les Américains. Tour à tour flic ou voyou, toubib ou marginal, gitan ou mafieux Jean Paul Belmondo et Alain Delon sont de vrais professionnels d'une époque du cinéma de genre français. Les acteurs de la nouvelle génération, ne cessent de proclamer leur reconnaissance. 

Laurent Bartoleschi