Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Marseille : une école juive prise pour cible par un engin incendiaire

L'école juive Ort-Bramson à Marseille (Xe arrondissement) a été prise pour cible par un ou plusieurs inconnus qui ont jeté un engin incendiaire sur sa façade.

Un engin incendiaire a été jeté mardi vers 10h30 sur l'enceinte de l'institution juive d'éducation et de formation Ort-Bramson, qui est située dans le quartier de la Capelette, 10e arrondissement de Marseille.

Constitué de bombes aérosols, il s'agit manifestement d'un engin de fabrication artisanale. Heureusement, le bilan est très léger : une haie brulé et quelques vitres brisées. Les cours n'ont pas été interrompus, l'explosion n'ayant pas eu lieu a proximité d'une salle de classe mais dans des locaux annexes. Les enquêteurs s'interrogent sur le but d’une telle l'opération. Tuer? Blesser? Simplement menacer et faire parler ? En tout état de cause, aucune revendication n'a été laissée.

« Le feu n'est jamais anodin, » a déclaré hier le procureur Jacques Dallest. Il en a profité pour dénoncer « un acte gratuit et condamnable ». « On ne sait pas s'il s'agit d'un acte gratuit, d'une provocation, de représailles » a-t-il poursuivi. Le maire de Marseille, Jean Claude Godin a quant à lui dénoncé « un geste inadmissible ».

Une enquête a été ouverte. Elle a été confiée au groupe des violences urbaines (GVU) de la Sûreté départementale. Un appel a témoin a été lancé pour retrouver le ou les coupables. (04.91.39.82.86.).

Des inscriptions nazies découcertes dans une école de Saint-Claude (Jura)

Plusieurs inscriptions nazies ont été découvertes lundi matin dans une école maternelle de Saint-Claude (Jura), a-t-on appris mardi auprès de la gendarmerie.

L'école Christin a été la cible d'un "groupe de vandales" qui ont tagué plusieurs croix gammées, sigles "SS" ainsi que des croix celtiques sur les murs et le plafond de l'établissement. Les faits remontent apparemment à la nuit de vendredi à samedi.

Plusieurs meubles, ainsi que des ustensiles de cuisine et du matériel scolaire ont été déplacés et abîmés, selon la gendarmerie de Saint-Claude chargé de l'enquête. La rentrée scolaire devrait néanmoins avoir lieu normalement mercredi matin.

A la mémoire des victimes de la Shoah

Article paru dans "DNA"

Comme ils le font depuis 1955, les membres de la communauté juive, descendants des familles qui ont habité à Grussenheim avant la guerre, se sont retrouvés dimanche dernier, à 11h, au cimetière israélite de la commune.
Cette année, pour la première fois, la cérémonie a été présidée par le nouveau grand rabbin du Haut-Rhin, Claude Fihma, secondé par Israël Suissa, ministre officiant de la communauté de Colmar. Ils étaient entourés d'Yves Hemendinger, adjoint au maire de Colmar, Jean-Paul Obert, adjoint au maire de Grussenheim, d'Yvan Geismar, président du consistoire israélite du Haut-Rhin et Bernard Sulzer, responsable du cimetière de Grussenheim.  Dans le message qu'il a adressé aux participants, le grand rabbin ...

La famille d'une victime de l'AF 447 veut poursuivre Air France

La famille d'une victime de l'accident de l'Airbus A330 qui s'est abîmé en mer le 1er juin dernier réclame des poursuites judiciaires contre la compagnie Air France, déclare son avocat.

Le père et le frère de Clara Amado, 31 ans, une hôtesse de l'air qui fait partie des 228 victimes du vol AF 447 Rio-Paris disparu au large des côtes brésiliennes, se sont constitués partie civile dans ce dossier.

Selon Me Jean-Claude Guidicelli, qui assiste la famille varoise dans ses démarches, il s'agit à ce jour de la deuxième famille française à suivre la même procédure.

L'avocat a indiqué qu'il allait demander la mise en examen d'Air France avant le 24 septembre prochain, date d'une quatrième rencontre à Paris entre les familles des victimes du vol et la direction de la compagnie aérienne.

"On veut des réponses à nos questions et connaître les causes exactes de l'accident et on veut que les responsables assument", a-t-il déclaré.

La panne des sondes Pitot, qui permettent de mesurer la vitesse de l'avion, est l'une des causes envisagées pour expliquer l'accident mais, selon le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), d'autres éléments ont pu intervenir.

"S'il y a eu des problèmes avec les sondes Pitot, il faut le dire", a ajouté Jean-Claude Guidicelli. "On ose espérer que ces sondes n'ont pas été choisies pour des raisons d'économies."

L'avocat s'étonne qu'aucune mise en examen n'ait été prononcée alors qu'une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris pour homicide involontaire.

REMPLACEMENT DES SONDES

Une porte-parole d'Air France a déclaré vendredi que la compagnie respectait le deuil et partageait la douleur de cette famille mais n'a pas voulu commenter les menaces de poursuites.

Air France coopère totalement avec les enquêteurs dans "une totale transparence", a-t-elle ajouté. "Nous voulons comprendre les causes de l'accident."

Air France a annoncé le 31 juillet le remplacement prochain sur ses A330 et A340 d'une partie des sondes de vitesse Pitot fabriquées par Thales par des modèles conçus par le groupe américain Goodrich.

Airbus (EADS), le constructeur de ces avions, a recommandé à ses clients d'équiper les A330 et A340 d'au moins deux capteurs de vitesse Goodrich sur trois.

L'Airbus A330 qui assurait le vol AF447 était équipé de sondes fabriquées par le groupe français Thales. Selon un porte-parole d'Airbus, environ 200 des mille A330 et A340 en service dans le monde sont équipés de capteurs Thales.

L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a fait savoir qu'elle recommandait l'interdiction du plus ancien des capteurs de vitesse Thales, lequel équipait le vol AF447.

De son côté, le BEA a annoncé jeudi l'arrêt des opérations de recherches sous-marines des boîtes noires du vol Rio-Paris.

Une première phase de recherches acoustiques des enregistreurs de vol de l'Airbus 330 avait pris fin à la mi-juillet, date à laquelle leurs balises devaient cesser d'émettre.

La deuxième phase a été menée par le Pourquoi Pas, navire de l'Institut français de la recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), avec deux véhicules de plongée, le sous-marin Nautile et le robot Victor.

Une centenaire décédée lègue plus d'un million d'euros à sa commune dans l'Indre

PELLEVOISIN,le 04/01/08- Une femme décédée à l'âge de 100 ans en juin, a légué sa fortune, plus d'un million d'euros, à son village natal, Pellevoisin, une petite commune de près de 900 habitants dans l'Indre où elle a passé sa retraite, a-t-on appris vendredi auprès de la mairie.

Hélène Louart, née le 16 mai 1907, a mentionné dans un testament déposé chez notaire, son désir que tous ses biens, une maison, des pièces d'or, deux comptes-titres, soit 1,15 million d'euros, soient légués à cette commune de 885 habitants située à 35 kilomètres au nord-ouest de Châteauroux.

Elle a toutefois exigé que cet argent qui représente la totalité du budget de la commune, serve à construire des logements sociaux. Elle a demandé que sa maison soit vendue à des Parisiens et qu'on donne son nom à une rue du village.

Mme Louart n'avait pas d'enfant et avait déshérité le reste de sa famille dans son testament, toujours de même source.

"Nous allons trouver une solution pour construire des logements, ce qui est normalement une compétence de la communauté de communes. Nous donnerons vraisemblablement le nom Hélène Louart à un ensemble résidentiel", a indiqué le maire, Claude Roux.

Monet n'était pas abstrait, il voyait mal, selon un ophtalmologue américain

WASHINGTON, le 21/05/07 - Le père de l'impressionnisme, Claude Monet, n'était pas proche de l'abstraction à la fin de sa vie, il souffrait simplement de cataracte, montre une expérience menée par un ophtalmologue américain.

Selon le Centre Médical de l'université de Stanford (Etats-Unis), une expérience menée par Michael Marmor, professeur d'ophtalmologie de cette université, montre que les peintres Claude Monet (1840-1926) et Edgar Degas (1834-1917) ne voulaient pas changer de style à la fin de leur vie et s'approcher de l'abstraction, mais souffraient de maladies des yeux liées à l'âge. Degas souffrait de dégénérescence maculaire et Monet de cataracte, selon le professeur qui a recréé par ordinateur, par un système de filtres et en s'appuyant sur des documents d'époque, les images que voyaient les deux peintres, indique l'université dans un communiqué de presse. Selon le professeur, qui décrit son expérience dans une revue spécialisée, The Archives of Ophtalmology, "les contemporains des deux peintres avaient noté que leurs oeuvres, à la fin de leur vie, étaient de facture grossière, contrairement à ce qu'ils avaient produit auparavant".

 

Degas dont la vue s'est détériorée de 1860 à 1910, peignait de manière de plus en plus fruste, la maladie faisant que les contrastes étaient de moins en moins distincts. Pour Monet - qui fut finalement opéré à la fin de sa vie - "la cataracte rend la vision floue mais peut aussi affecter la capacité de distinguer les couleurs", écrit le professeur, et les "couleurs deviennent jaunes et sombres".

Jugée pour dégradation d'une peinture, elle dit : "J'ai fait juste un bisou"

AVIGNON, le 09/10/07- Rindy Sam, jugée mardi pour dégradation d'oeuvre d'art après avoir laissé la trace de son rouge à lèvres sur une toile entièrement blanche du peintre américain Cy Twombly exposée à Avignon en juillet, a minimisé son geste, expliquant au tribunal correctionnel : "J'ai fait juste un bisou".

Visiblement dépassée par l'ampleur des retombées de son acte, la jeune femme de 30 ans et de nationalité cambodgienne, Rmiste, a déclaré qu'il s'agissait d'"un geste d'amour": "Quand je l'ai embrassé, je n'ai pas réfléchi, je pensais que l'artiste, il aurait compris..."

Le hic, c'est que Cy Twombly, peintre américain de renommée internationale, a été "horrifié" par le baiser de la jeune femme, comme l'a expliqué son avocate, Me Agnès Tricoire.

La Collection Lambert qui abritait l'oeuvre, et le propriétaire du tableau, Yvon Lambert, ont réagi de même.

Et si l'artiste ne réclame qu'un euro symbolique de dommages-intérêts, la Collection demande 33.440 euros pour compenser les frais d'expertise déjà engagés en vue de la restauration et M. Lambert, la somme de deux millions d'euros, correspondant à la valeur annoncée du tableau, au titre de son préjudice moral.

"C'est aussi difficile de restaurer un coup de poing qu'un baiser", a fait remarquer Me Tricoire, faisant allusion à la dégradation du tableau de Claude Monet, "Le pont d'Argenteuil", dans la nuit de samedi à dimanche au musée d'Orsay, par une bande de cinq personnes, visiblement éméchées et entrées par effraction.

L'avocate a souligné que la Collection avait reçu des messages de soutien de plusieurs grands musées et salles d'exposition, comme le Museum of Modern Art (Moma) de New York ou la fondation Guggenheim.

Parfois au bord des larmes au cours de l'audience, la prévenue, silhouette menue vêtue d'un jean et d'un pull-over blanc, a insisté sur le caractère spontané de son "bisou". "Je ne suis pas fière (ndlr: de ce geste), ce serait prétentieux", a-t-elle dit.

"Mais vous n'avez pas le sentiment d'avoir commis un geste imbécile", l'interroge le président Dominique Boisselet. "Non", lui répond benoîtement la jeune femme.

Le représentant du parquet, le vice-procureur Yves Micolet, a requis à son encontre une amende de 4.500 euros, assortie d'un stage de citoyenneté, au titre de peine complémentaire.

"Il faut rappeler la loi mais aussi éduquer la prévenue", selon M. Micolet qui a rappelé que cette affaire faisait appel à deux impératifs: "la nécessité de préserver le patrimoine commun, comme le rappelle ce qui s'est passé au musée d'Orsay, et celle de protéger Rindy Sam qui n'a visiblement pas conscience de ce qu'elle a fait".

Les avocats de la défense, Mes Patrick Gontard et Jean-Michel Ambrosino, ont plaidé la relaxe: "Si on donne un coup de marteau sur un urinoir (ndlr: comme cela a été le cas sur l'urinoir de Marcel Duchamps), si on donne un coup de poing sur une toile, on sait qu'on va le détruire. Ce n'est pas la même chose avec un baiser", a souligné Me Gontard.

"Je ne considère pas que le baiser d'une femme puisse être considéré comme un acte violent", a-t-il ajouté.

De son côté, Me Ambrosino a jugé les demandes de dommages-intérêts des parties civiles "ridicules" et demandé la désignation d'un expert judiciaire pour évaluer le préjudice.

Jugement le 16 novembre.

Harry Potter est "profondément politique", selon le philosophe Milner

harry.jpgPARIS, le 29/10/07 - Le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner estime que Harry Potter est "profondément politique et qu'il parle de l'Angleterre d'aujourd'hui", dans un entretien au quotidien Libération publié vendredi, jour de la sortie en France du 7e et dernier opus de la saga.

"En le lisant, on a le sentiment que J.K.Rowling considère, comme beaucoup d'Anglais cultivés, qu'il y a eu une vraie révolution thatchérienne, catastrophique et que la seule possiblité désormais pour la culture est de survivre dans un monde occulte", écrit Jean-Claude Milner.

Faisant des parallèles entre Poudlard, l'école des sorciers, et le modèle des public schools britanniques comme Eton, le philosophe explique aussi par exemple que l'oncle et la tante d'Harry, des "moldus (ndlr: non sorciers) par excellence, vivent comme les héros du monde de Margaret Thatcher, dans un quartier propret où toutes les maisons se ressemblent".

"Or l'Angleterre contemporaine est le monde où les Moldus ont pris le pouvoir, avec Margaret Thatcher, puis Tony Blair", poursuit-il.

Jean-Claude Milner explique que "si Harry Potter a un tel succès chez les adultes et pas seulement chez les enfants, c'est sans doute parce que les Anglo-Saxons et tous ceux qui sont touchés par la mondialisation y perçoivent -consciemment ou non- une machine de guerre contre les interprétations marchandes du système démocratique".

Comparant le sorcier Voldemort à un super "spin-doctor" (ndlr: conseillers en communicalitique), le philosophe estime que "les vrais magiciens, ce ne sont pas les spin-doctors de Tony Blair, mais ceux qui savent le latin et le grec".

Des effets secondaires de la drogue sur les billets

 

 

 

billet50.jpgBERLIN - La mystérieuse substance qui a entraîné la décomposition de billets de banque en Allemagne serait liée à l'usage de drogue, rapporte la revue Der Spiegel citant les autorités.Les consommateurs de "crystal speed" inhalent la drogue par le nez en roulant les billets, note le magazine. Des chimistes ont estimé que des substances telles que des sulfates, mélangées à de la sueur, pourraient avoir créé un acide qui a attaqué les billets, ajoute-t-il.

Quelque 1.500 billets de 5 à 100 euros se sont décomposés peu après avoir été retirés dans des distributeurs automatiques, avait annoncé début novembre la Bundesbank.

Selon le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, aucun autre pays n'a signalé de problèmes similaires.

Procès Fofana: les expertises psy

Article d'Elsa Vigoureux, paru dans le Nouvel Observateur

Il  n'a pas été nécessaire de le supplier, ce mercredi. Youssouf Fofana voulait assister à l'audience. Les rapports des experts psychologues et psychiatres concernant ses co-accusés l'intéressent manifestement. Même s'il a cédé ce mercredi à quelques épisodes de somnolence.

Leïla A. est née en 1986, d'un père artisan peintre, et d'une mère d'origine kabyle devenue employée d'une chaîne hôtelière. Elle était la petite amie de Jérôme R. depuis deux ans environ lorsque Ilan Halimi a été enlevé. Elle trouvait que Jérôme R. avait changé de comportement d'un coup, elle n'arrivait plus à le joindre, il ne venait pas aux rendez-vous qu'elle lui fixait. Leïla a su à partir du 26 janvier 2006, jour où elle a revu Jérôme R., ce qui se passait. Que quatre geôliers étaient chargés de garder Ilan Halimi, que le jeune homme était séquestré dans un appartement vide de la rue Prokofiev.

Elle a été placée en garde-à-vue du 16 au 21 février 2006, puis envoyée en détention deux jours à Fleury-Mérogis. Depuis l'affaire, Leïla souffre de troubles du sommeil, prend des anxiolytiques et des somnifères.

Dans les conclusions de son rapport, la psychologue note que Leïla n'avait jamais renoncé totalement à sa relation avec Jérôme R., et n'a même jamais cru qu'il l'avait trompée avec Audrey L. Leïla a affirmé qu'elle « aurait subi des pressions de l'entourage parental du jeune homme », pour ne rien dire, se taire. Le père de Jérôme lui rappelant toujours qu'il l'aime, que c'est des erreurs de jeunesse comme on peut tous en commettre. « Actuellement, elle se défend et cherche à se disculper » de l'inculpation de non-dénonciation de crime, dont les conséquences la « font souffrir ».

« Mais elle ne semble par véritablement avoir intégré la gravité de sa position adoptée dans cette affaire », poursuit l'experte. Elle adopte une position de victime, « tant en raison d'un certain égocentrisme en lien avec sa maturité actuelle qu'en raison des sentiments qu'elle semble toujours encore éprouver pour son ami ». Et qui l'amène du coup à atténuer sa propre responsabilité,  « ainsi que celle de la personne aimée », Jérôme R., dans cette affaire.

Audrey L. s'est rendu au commissariat de Montrouge le 17 février. Elle venait dire aux policiers qu'elle n'était pas étrangère à l'affaire dont il était fait état dans la presse. Elle se reconnaissait aussi dans le portrait-robot diffusé.

Audrey L. est née en 1981, d'un père devenu maquettiste au Journal Officiel et d'une mère femme de ménage. Elle devait servir d'appât. Son rôle : aguicher des hommes dans le quartier juif, parce que ces gens ont de l'argent selon Youssouf Fofana. Audrey avait besoin d'argent, alors elle a accepté. Audrey est entrée dans un magasin de téléphonie, a demandé à un des vendeurs le numéro de l'autre, un certain Marc. Elle l'a appelé, pour lui dire qu'il lui plaisait, qu'elle allait le recontacter. Fofana l'a emmenée à Sceaux, pour lui montrer l'endroit où elle devrait attirer ces hommes. Des amis de Youssouf Fofana seraient cachés dans les buissons, ils captureraient la personne. Audrey a alors compris que sa mission serait de participer à un enlèvement. Elle a donc refusé d'aller plus loin.

Plus tard, son ami Jérôme R. lui aurait confié que quelqu'un avait été enlevé, qu'ils étaient plusieurs à le surveiller. Elle lui aurait proposé de l'aide. Il aurait refusé. Audrey ne savait pas où était séquestré le jeune homme. Elle s'est tu, parce qu'elle ne voulait pas dénoncer son copain, Jérôme R. Dans les journaux, elle a découvert la mort d'Ilan Halimi. Et s'est rendu à la police.

Audrey L. a expliqué au psychiatre qu'elle avait accepté le marché : « Mes parents devaient déménager de Bagneux, j'ai toujours entendu parler de problème d'argent... Ils me payaient mes études, je voulais être infirmière... » Et quand elle a appris l'enlèvement d'Ilan Halimi, elle dit « non, je n'ai pas pu dénoncer les faits, je n'ai pas pu dénoncer le mec que j'aimais ». Elle a décidé de se rendre à la police, parce que « c'est une question de morale... le portrait robot c'était même pas moi. »

L'expert psychiatre conclut ainsi son rapport : « L'examen d'Audrey L. a mis en évidence, chez elle, l'existence d'une névrose phobique ancienne et surtout d'une personnalité névrotique où dominent l'anxiété, la suggestibilité et un sentiment de culpabilité intense avec propension à la dépréciation de soi-même. Il existe une relation de cause à effet entre ces traits de personnalité névrotique et les actes qu'elle reconnaît avoir commis ».

Muriel I. est née en 1981, d'un père aujourd'hui retraité de la SNCF, et d'une mère agent de bureau dans une banque. C'est une amie d'enfance d'Audrey L. C'est à elle que cette dernière se confie début janvier 2006. Elle lui dit qu'elle avait dû charmer deux hommes, qu'elle devrait les rappeler pour les conduire là où des garçons, dont Jérôme R., procèderaient à leurs enlèvements. Muriel I. aurait tenté de dissuader son amie de participer à de telles opérations. Mais Audrey L. ne l'aurait pas écoutée. Muriel I. a raconté à l'experte psychologue qu'Audrey L. est revenue lui confier autour du 20 janvier que son petit ami Jérôme R. avait gardé un garçon séquestré.

Le 15 février, Muriel I. découvrait le portrait-robot de son amie dans la presse. Elle l'aurait alors poussée à aller au commissariat.
Muriel I. a expliqué à la psychologue qu'elle reconnaissait sa part de responsabilités, « parce que si j'avais pu prévoir j'aurais dénoncé, mais l'erreur commise c'est d'avoir douté des propos que son ami Jérôme R. lui a rapporté. (...) Je me suis dit, il lui a dit ça pour lui faire peur, ou pour se faire mousser.

Mais si je m'étais douté de tout ça, j'aurais dénoncé. Maintenant ,c'est trop tard, et vis-à-vis de la famille de ce jeune homme, j'ai peur de me retrouver en face d'eux, j'ai peur qu'ils me prennent pour un meurtrier (...) je ne l'assume pas, ce n'est pas moi, je n'ai pas voulu faire de mal à qui que ce soit, j'ai vu le juge, je suis effrayée (...) » Et d'ajouter : « Je vis mal le regard des autres sur cette affaire. Quoi que je fasse, même le jour du procès, je vais avoir une étiquette antisémite et je ne suis pas ça. Je ne peux pas assumer ça. Ce que j'assume, c'est l'erreur de ne pas avoir prévenu à temps, mais tout ce qu'ils ont fait, ce n'est pas moi. »

Guiri N'G. est né en 1988, d'un père « navigateur, qui faisait le tour du monde », et d'une mère femme de ménage. Lorsqu'il est examiné par les experts, il est mis en examen pour deux tentatives d'enlèvements. Dont un qui a échoué, où Fofana lui demandait de mettre le feu à un camion à Cachan. Youssouf Fofana lui avait aussi présenté deux filles, les « rabatteuses ». Guiri N'G. avait reconnu par ailleurs avoir gardé quelques heures Ilan Halimi.
Mineur, Guiri N'G. a été condamné pour vols. Juste avant d'être incarcéré, Guiri N'G. voulait s'engager dans l'armée, « pour m'enfuir d'ici, quitter la ville de Bagneux... marre ».
Il reconnaît « avoir fait trois heures en présence d'Ilan Halimi, avoir mis le feu à un camion pour une diversion, avoir accompagné une fille à Paris ».

Le psychiatre Jean-Claude Archambault évoque « un sujet intelligent, qui n'est pas influençable- sachant très bien se placer dans la relation ». Guiri N'G. ne parle pas de menaces de Youssouf Fofana, « je ne peux pas dire ça ». Il se situe plutôt dans une relation de service : « le fait que ce soit un grand de ma cité... il me demande un service, je le fais ». Guiri N'G pensait aussi « qu'il allait peut-être me récompenser en me payant ». Il reste perplexe devant els actes qu'il a commis : « Franchement, on ne savait pas que ça allait être si grave ». Et : « Je ne pense pas que c'est un meurtre prémédité... je ne pense pas qu'il l'ait tué exprès, en sachant que ça lui aurait rien rapporté. »
En  conclusion, le psychiatre estime que « le sujet ne présente pas un état dangereux, au sens psychiatrique du terme ».

Cédric B-S-Y est né en 1988, d'une mère martiniquaise, technicienne de surface, et d'un père guadeloupéen qui ne l'aurait pas reconnu. Vers l'âge de 15 ans, il a bénéficié d'un suivi judiciaire éducatif. Il a gardé Ilan Halimi dans le local technique. C'est Nabil M. qui le lui aurait demandé en lui précisant qu'il y avait de l'argent à se faire. « Dès le premier jour, j'ai pu constater que l'otage présentait des traces brûlures par mégots au niveau des côtes et du dos (...) En fait, Fabrice et moi, nous avons gardé l'otage pour dépanner sans même savoir combien on allait être payé ».

Le cinquième jour, Cédric B-S-Y est retourné au local vers 11 heures, comme d'habitude. Le local était vide. « Je vais à la cabine pour appeler Fabrice qui me dit : « c'est fini, c'est bon ! » Je suis retourné dans le local de ma propre initiative afin de le nettoyer, c'était ma mission. Je l'ai exécutée. »
Il explique sa participation à la séquestration d'Ilan Halimi : « Pour moi, dès que j'ai entendu, je me suis précipité... j'ai voulu me débrouiller tout seul, pas demander toujours à la maman. » Quand il a été conduit à la cave, il dit avoir été choqué, mais n'avoir pas pu reculer, « vu que j'ai vu ».

Il dit avoir craint que sa famille ne soit menacée. Pendant ses cinq jours de garde, Cédric B-S-Y dit « c'était la pression, je pensais à plusieurs choses en même temps », la crainte de la police, sa famille. Il dit avoir désapprouvé le fait que l'otage soit blessé au cutter : « Franchement, ça m'a choqué... mon cœur a fait un truc bizarre, comme si ça montait, ça descendait... je l'ai même soigné. Après ça, j'ai dit, je veux arrêter... Là, c'était trop dur. » Quelques jours plus tard, il apprend qu'Ilan Halimi est mort.

Cédric B-S-Y ne savait même pas qu'autant de personnes étaient impliquées dans cette affaire : « On dirait que j'étais un pion... Je ne savais même pas que c'était un juif, j'ai rien contre les juifs ».
Le psychiatre Jean-Claude Archambault note que le sujet a conscience de la gravité de cette affaire : « Elle est grave cette affaire, elle est super grave ». Et comme Ilan Halimi est mort : « encore plus grave que ce que je pensais ». L'expert en conclut que le sujet « ne présente pas un état dangereux pour la sécurité publique, dans le sens où il a conscience de la gravité des faits qu'il a commis ».

Fabrice P. est né en Martinique en 1986. Sa mère travaille aujourd'hui dans une maison de retraite. Son père qui ne l'a pas reconnu, a renoué avec lui, lorsqu'il avait une dizaine d'années. Il a été élevé par ses grands-parents marchands de poissons jusqu'à ses 18 ans.

A propos de la séquestration, de son rôle de geôlier: « Je l'ai fait du 2 au dimanche 5 février 2006. La semaine qui a suivi, j'étais en stage. » il passait alors tous les soirs. Il a raconté aux policiers qu'au début il n'a même pas vu Ilan par terre. Fofana lui avait juste demandé de le suivre dans les sous-sols d'un immeuble : « Youssouf m'a dit qu'il s'agissait de le surveiller et que ça ne durerait que trois jours. Moi je n'étais pas trop d'accord pour rester dans un endroit aussi petit, surtout avec la victime qui était attachée. Youssouf m'a dit que tout allait bien se passer.

Il m'a dit aussi que maintenant j'étais au courant et que si je n'acceptais pas, et qu'il y avait un problème il saurait d'où ça venait. Il ne m'a pas dit ce qu'il ferait. Mais j'ai compris que je ne pouvais pas reculer. » Fabrice P. a parlé avec Ilan Halimi : « je savais que c'était difficile pour lui. J'essayais de le rassurer en lui disant qu'il allait partir (...). Mais en même temps, j'osais pas trop lui promettre. Je lui proposais des cigarettes, je lui ai aussi acheté de la nourriture... » 

Fabrice P. a assisté à plusieurs scènes de violences infligées à Ilan Halimi. Il a vu Youssouf Fofana lui donner des coups de pieds dans le ventre. Il s'est opposé à Jean-Christophe G. qui le frappait sous prétexte qu'il était juif. Il a assisté à l'épisode du cutter. Pour les besoin d'un cliché de l'otage que Fofana voulait « gore », Samir A.A a coupé Ilan Halimi au visage avec un cutter : « Il voulait que Cédric et moi, on le fasse, mais nous n'étions pas d'accord ».

Le lendemain du départ d'Ilan Halimi, Fabrice P. a nettoyé le local. C'est Samir A.A qui le lui avait demandé, parce qu'il devait rendre les clefs au gardien.
Le psychiatre décrit lors de l'examen un jeune homme qui apparaît « anxieux, triste, en malaise ». Et ajoute : « Il fera état de sentiments de compassion à l'égard de la victime, qui nous sont apparus authentiques ». Et quand on lui demande pourquoi il n'a pas dénoncé les faits à la police, Fabrice P. répond : « j'y ai pensé, mais pour moi, c'était la crainte que les gens savent que j'ai dit ça. »
Pour l'expert, « le sujet ne présente pas un état dangereux  pour la sécurité publique dans le sens où il ne semble pas (...) avoir été l'initiateur des faits, et d'autre part il ressent un grand malaise, et se sent coupable ».

Samir A.A en 1978. Ses parents se sont séparés quand il avait 5 ans. Sa mère gère aujourd'hui un restaurant. Son père, algérien, travaillait à la fourrière. Il le voyait peu. Samir A.A a eu affaire à la justice à partir de 17 ans. Il est aujourd'hui père de trois enfants. Il fume du schitt depuis l'âge de 20 ans : « Je noyais mon amertume là-dedans et après c'était une spirale ». A l'époque des faits, Samir A.A consommait 15 joints par jours.

Samir A.A a accepté de « dépanner » Youssouf Fofana, qu'il surnommait « la crapule », et qu'il connaissait depuis l'âge de 15 ans, quand celui-ci lui a demandé de trouver un endroit où retenir quelqu'un deux ou trois jours. Quand il s'est rendu à l'appartement dont il avait fourni les clefs en demandant service au gardien Gilles S., il a découvert Ilan Halimi, allongé, menotté, les pieds attachés par du ruban adhésif, « complètement momifié ». Il a ensuite participé au transfert de l'otage vers la cave. C'est lui qui a donné un coup de cutter au visage de la victime pour une photo que Fofana voulait transmettre à la famille Halimi, afin d'obtenir la rançon espérée.

A l'expert, il confie : « cette scène là, elle me hante ». Enfin, Youssouf Fofana lui a raconté comment il avait tué Ilan Halimi, à coups de couteau dans la gorge, à la nuque, avant de l'asperger d'essence, de l'enflammer.
Samir A.A se défend devant le docteur Jean-Claude Archambault d'avoir été le second de Youssouf Fofana : « Moi je ne suis pas son second, second ça voudrait dire que je suis dans la connivence avec cette affaire là... Il n'y avait que moi qui était dans le quartier ». Alors les « petits », les geôliers, « se sont donnés le mot entre eux, ils sont venus spontanément étant donné que je ne les envoyais pas balader ».
Lors de son examen, Samir A.A a dit qu'il avait fait « n'importe quoi », qu'il avait eu « le sentiment d'avoir été abusé, j'ai un sentiment de honte, j'ai de la peine pour ce qui s'est passé, pour la victime, j'ai de la peine aussi parce que je suis séparé de ma famille, j'ai peur de ce qui peut se passer par la suite (...) Je vais prendre un truc que j'ai pas voulu et pas pour ses conneries à lui, et en tous els cas, j'ai avoué tous mes faits et gestes, je dois bien la vérité à la famille, mais je vais avoir du mal à leur faire comprendre mon état d'esprit à cette époque là. » Et il a ajouté : « Si je le libérais, j'aurais pu, mais j'aurais eu de sérieux problèmes... La rançon c'est moi qui la payais, j'aurais été une balance ». Enfin, Samir A.A a dit que Youssouf Fofana l'avait menacé, « c'est sa façon d'être (...), physiquement il est au-dessus de vous, et j'étais drogué... Il me plierait en quatre. »

Pour le psychiatre, « le sujet a de son avenir une vision dépressive » (« franchement, j'ai plus d'avenir »). Il ne présente « pas un état dangereux, au sens psychiatrique du terme ».