Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Israël, mon amour

israelmonamour.jpgCharles et Clara Spodek soignent les maux de dents. Ils sont juifs. Une de leurs filles a disparu en déportation. L’autre, recluse dans un couvent, ne donne plus signe de vie. Ce n’est pas dans la religion qu’ils trouvent la consolation : « Je crois que je ne crois pas », dit le dentiste. Plus rien ne les retient, alors ils partent en Israël. Vers quel espoir ? Tel est le cadre de cette « tragédie dentaire » où Jean-Claude Grumberg nous embarque dans une « vraie histoire » avec émotion, humour et tendresse.
Jean-Claude Grumberg est né en 1939. Il est l’auteur d’une trentaine de pièces, dont l’Atelier. Scénariste, il collabore entre autres avec François Truffaut et Costa Gavras.
En français avec sous-titres en hébreu du 1er au 4 avril (troupe du théâtre de la Manufacture, Nancy)
«  Vers toi, terre promise », pièce écrite par Jean-Claude Grumberg et mise en scène : Charles Tordjman .
au Théatre Caméri, 19 bd Shaul Hamelech, Tel Aviv
Réservations : 03-6060900/960 code réduction 2047

DVD : Police squad

policesquadhaut.jpgCa y est enfin, elle sort en DVD, la série invisible (sauf pour les plus chanceux qui l'aurait vu lors de la soirée la plus nulle sur Canal plus en 1989) des ZAZ (Zucker-Abrahams Zucker), Police squad !

Soit, 6 épisodes de 40/50 minutes de pur burlesque, de gags visuels brefs d'humour à la "y a-t-il…" où l'on découvre les premiers pas de Franck Drebin, interprété par le légendaire Leslie Nielsen sur un écran. En effet cette série était, les  prémices de " y a-t-il un flic pour sauver la reine et le président ? ". Ils sont désormais  disponibles en France grâce à Universal vidéo avec à la clé des bonus ultra inédits (de toute façon la série elle-même était un élément inédit) .

La reconnaissance viendra au fil des années grâce à la télévision mais surtout à l'immense succès des "naked gun". C'est une série qui regorge de gags plus succulents les uns que les autres mêlant absurde et parodie de films de genre style années 50. Elle est constituée de seulement une saison avec 6 épisodes.
Juste pour donner une info complète, l'excellent doubleur Jean-Claude Michel qui faisait la voix de Leslie Nielsen (aussi Sean Connery et Clint Eastwood) est décédé ce qui explique le changement de voix sur le doublage; un peu dommage, en effet.
Donc, courrez vite vous procurer police squad, in color, chez universal vidéo !!!

 

Exposition Maureen Rosilio

Cinquante toiles sur Les stars Américaines
au cercle Bernard Lazare 10 rue Saint claude 75003 Paris
tous renseignements : maureen 0663606338

Exposition pour le mois de fevrier et mi-Mars 2009 de Maureen Rosilio au cercle Bernard Lazare
au 10 rue Saint claude 75003 Paris
Une cinquantaine de toiles sur Les stars Américaines
paris et paris la belle époque ; Surtout exosition rare à ne pas râter!!
pour tout renseignements : maureen 0663606338

Gilles Bernheim devient officiellement Grand rabbin de France

gbein2.jpgGilles Bernheim, Grand rabbin de France, a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions dimanche au cours d'une cérémonie à la synagogue de la rue de la Victoire (IXe arrondissement), entouré de quelque 1.800 personnes serrées dans les travées de l'édifice.

Très applaudi quand il est monté à la tribune, le Grand rabbin a dit sa "responsabilité à l'égard de la communauté juive et à l'égard de la communauté nationale".

La communauté juive, a-t-il déclaré, ne doit pas renoncer à ses traditions mais ne doit pas ignorer les problèmes du temps, et il a souhaité former des rabbins capables d'aider les membres de la communauté à "être juifs et citoyens".

Rappelant son "indéfectible" soutien à Israël, il a évoqué le conflit à Gaza, y voyant "une guerre entre Israël et le Hamas". Il a dit "penser aux victimes de cette guerre, israéliennes et palestiniennes", et invité les "fidèles de toutes les religions à construire leur fraternité dans ce pays quelles que soient leurs opinions sur ce conflit".

Avant lui, Joël Mergui, président du Consistoire central, avait souligné sa volonté de travailler avec Gilles Bernheim pour que "chaque juif, quelle que soit sa pratique, se sente concerné par l'action du Consistoire".

Lui aussi a fait une allusion à l'actualité, en l'occurrence aux propos de l'évêque intégriste Richard Williamson, déclarant que "le négationnisme doit être condamné sans discussion".

L'essentiel des discours était marqué par un désir évident de tourner la page après la campagne très tendue pour l'élection du Grand rabbin. Le sortant, Joseph Haïm Sitruk, a rappelé qu'il connaissait et appréciait Gilles Bernheim "depuis les pentes de ski", quand ils étaient tous deux animateurs de groupes de jeunes. Gilles Bernheim lui a rendu hommage, soulignant son "exceptionnel charisme".

A l'issue de la cérémonie, rythmée par les interventions des cantors (chanteurs attachés à la synagogue), le Grand rabbin ashkénaze d'Israël Yona Metzger a donné sa bénédiction à Gilles Bernheim, puis ont été dites les prières "pour la République" et "pour Israël", en hébreu puis en français.

Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur chargée des Cultes, y assistait, ainsi que le ministre du Budget Eric Woerth, et une dizaine de parlementaires.

Plusieurs représentants de l'Eglise catholique étaient présents, dont le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, Mgr Jérôme Beau, qui représentait le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France (CEF). Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, et le recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur faisaient partie de l'assistance.

Gilles Bernheim et Joël Mergui ont tous les deux été élus le 22 juin, respectivement pour 7 et 4 ans. Il s'agissait de la première cérémonie d'investiture du Grand rabbin de France en 21 ans, M. Sitruk ayant accompli trois mandats.

Le Consistoire, créé il y a 200 ans par Napoléon, s'occupe de tout ce qui concerne le culte (formation des rabbins, enseignement religieux, gestion des synagogues), les aspects laïques relevant du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France)

La communauté juive de France, la plus importante d'Europe, compte actuellement entre 500.000 et 600.000 personnes.

L'émissaire américain George Mitchell reçu lundi à l'Elysée

L'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell, de retour de sa première tournée régionale, rencontrera lundi à 11H45 à l'Elysée le président Nicolas Sarkozy et le secrétaire général de la présidence Claude Guéant, a annoncé l'Elysée.

Nommé par le président Barack Obama, M. Mitchell a achevé dimanche sa tournée par une étape en Arabie saoudite, après des étapes en Israël, en Cisjordanie, en Egypte et en Jordanie.

Ce premier déplacement est intervenu alors que règne depuis le 18 janvier un cessez-le-feu fragile dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes palestiniens du Hamas, après une offensive israélienne de 22 jours qui a fait plus de 1.330 morts palestiniens et dévasté le territoire.

Lors de sa visite à Jérusalem vendredi, l'émissaire américain avait réaffirmé l'engagement des Etats-Unis à oeuvrer "activement et avec pugnacité" en vue d'un règlement de paix au Proche-Orient, tout en se disant conscient des "revers à venir".

George Mitchell reçu à l'Elysée

L'émissaire du président Barack Obama au Proche-Orient, George Mitchell, a été reçu lundi matin à l'Elysée, pour un entretien avec le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant au cours duquel il devait également s'entretenir avec Nicolas Sarkozy, a-t-on appris à l'Elysée.

Raccompagné par M. Guéant, M. Mitchell a quitté l'Elysée sans faire de commentaires.
Le nouvel émissaire américain achève une tournée au Proche-Orient, entamée une semaine après l'investiture de Barack Obama, marquant la volonté de la nouvelle administration américaine de s'impliquer plus directement en faveur de la paix dans la région.

Quatre skinheads interpellés

Article paru dans "20 Minutes"

C'est une hypothèse que les policiers n'avaient pas exclue. A raison. Quatre jeunes, proches de la mouvance skinhead néo-nazie, ont été interpellés, hier matin, dans le cadre de l'enquête sur la dégradation de la synagogue de Lille. Trois d'entre eux ont reconnu avoir jeté des pierres dans le vitrail central et avoir tagué des inscriptions antisémites sur la façade. Les lettres ZOG, acronyme de Zionist Occupation Government (Gouvernement d'occupation sioniste), suivies d'une croix gammée, peintes en rouge à côté du porche d'entrée, avaient été découvertes le 13 janvier vers 21 h.

Selon Philippe Lemaire, procureur de Lille, ils ont « profité de la situation difficile à Gaza pour jeter de l'huile sur le feu. Nous n'étions pas dans un affrontement de communautés. »

Directeur de la sécurité publique, Jean-Claude Menault confirme : « Au lendemain des faits, on s'est demandé si les coupables étaient vraiment ceux qu'on croyait. » Les quatre jeunes que la sûreté départementale est allée cueillir, hier à 6 h, sont âgés de 18 ans ou presque. « Déscolarisés et désoeuvrés », détaille Philippe Lemaire. A leur domicile, les policiers ont retrouvé des insignes nazis, de la documentation sur la Seconde Guerre mondiale et une arme. Les disques durs de leurs ordinateurs sont en cours d'analyse pour déterminer s'ils font partie d'un mouvement de plus grande ampleur.

En attendant, ils ont été placés en garde à vue et devraient être déférés au parquet aujourd'hui ou demain pour « dégradations d'un lieu de culte ». Des faits passibles de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. ■

Le bug avec Ave Eric Savin , Arié Elmaleh , Edith Vernes , Joséphine de Meaux

bug.jpgDu 20 janvier au 28 février 2009
Pièce de Richard Strand
Montée par Beata Nilska

Avec Eric Savin , Arié Elmaleh , Edith Vernes , Joséphine de Meaux

La Bruyère
5, rue La Bruyère - Paris (75009)

Représentations : mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 21H00 - samedi à 16H30.
Tarifs : 23-43,5 €
Location : 01.48.74.76.99

Dennis Post est employé dans une grande entreprise ultramoderne d’aujourd’hui. Il craint d’être
transféré dans l’une des filiales du groupe. Rongé par une angoisse grandissante, il décide d’interroger le P.D.G. Mr Kropp , sur son avenir.
Cette question, apparemment très simple, perturbe le système de fonctionnement de l’entreprise et s’avère être le déclencheur d’une suite d’évènements de plus en plus surprenants.

Qui est réellement Dennis Post ?
Va t-il arriver à ses fins ?
L’être humain peut-il encore contrôler l’absurdité des dysfonctionnements du système ?
Une grande entreprise d’aujourd’hui peut-elle fonctionner dans une totale transparence ? Y a-t-il un bug dans le système ?

Avec l'aimable participation de Claude Brasseur et Delphine Depardieu.

Traduction de Marianne Groves. Adaptation de Beata Nilska.

Le caricaturiste Siné se défend de tout antisémitisme...

Deux hommes, deux styles, deux générations, deux manières d'être journaliste. L'ancien dessinateur de Charlie Hebdo, Siné, 80 ans, et Claude Askolovitch, 46 ans, rédacteur en chef du Journal du dimanche et chroniqueur politique sur Europe 1, se sont retrouvés, mardi 20 janvier, devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Le premier poursuivait le second pour "diffamation".

La justice se penchera à nouveau sur "l'affaire Siné", le 27 janvier à Lyon, suite à une plainte de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) contre le dessinateur pour "incitation à la haine raciale".

Au cours de l'audience parisienne, il fut question d'antisémitisme mais aussi de "complot", d'"amalgame", de "conflit israélo-palestinien" et de "la difficulté de la presse à traiter certaines questions", dont, selon le mot de Claude Askolovitch, "la question magique : la question juive".

Le 8 juillet 2008, au cours de l'émission "On refait le monde" sur RTL, Claude Askolovitch avait jugé "antisémite" un article de Siné publié six jours auparavant dans l'hebdomadaire satirique. Il avait assuré aux auditeurs que Philippe Val, directeur du magazine, s'apprêtait à "faire un éditorial pour expliquer que Siné est une ordure, qu'il a dérapé et qu'il devrait partir".

Dans l'article incriminé, Siné ironisait sur le parcours de Jean Sarkozy, fils cadet du président de la République, et sur la relaxe dont il venait de bénéficier dans une affaire de délit de fuite face à un "plaignant arabe". Il évoquait aussi sa possible "conversion au judaïsme pour épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty", concluant : "Il fera du chemin dans la vie ce petit." Siné a reconnu avoir voulu pointer "l'arrivisme" de Jean Sarkozy, "la fascination de la famille Sarkozy pour le fric" et "la conversion à une religion (…) pour du blé", mais a récusé tout antisémitisme.

"COUP DE BOULE"

"Quand j'ai entendu qu'on me traitait d'antisémite, mon sang n'a fait qu'un tour", a témoigné l'ex-chroniqueur de Charlie Hebdo, visiblement affecté par cette accusation. "Si je l'avais eu [M. Askolovitch] en face de moi, ce n'est pas un procès qu'il aurait eu, c'est un coup de boule", a lancé le caricaturiste, en affirmant avoir "reçu des condamnations à mort à cause de ce rigolo". "Je me vois associé à Faurisson ou Le Pen, à des gens que je hais", s'est emporté Siné. Claude Askolovitch, "c'est un grossier personnage que j'ai envie de tuer", a-t-il déclaré, provoquant par sa gouaille et ses écarts de langage les rires du public et les sourires des avocats. Puis il s'est repris. A sa manière : "Enfin, le tuer c'est beaucoup mais en tout cas le faire souffrir."

Sûr de lui, Claude Askolovitch s'est défendu en invoquant sa bonne foi et la liberté d'expression : "Siné est libre d'écrire des insanités, je suis libre de les signaler." "Je n'ai jamais traité Siné d'antisémite, j'ai analysé sa chronique comme étant antisémite", a-t-il martelé, évoquant les préjugés sur "l'argent et les juifs" et les "avantages" dont jouiraient "les juifs par rapport aux arabo-musulmans en France".

Cité comme témoin par Patrick Klugman et Jean-Pierre Mignard, les avocats de M. Askolovitch, le sociologue Michel Wieviorka, spécialiste de l'antisémitisme, a conforté cette lecture en reprenant l'idée du "deux poids, deux mesures". "Le nouvel antisémitisme en France repose sur l'idée que les juifs réussissent dans la société alors que ce n'est pas le cas des arabo-musulmans", a-t-il rappelé, en ajoutant : "S'il faut dire qu'un propos est antisémite, c'est parce que tous ces propos amalgamés constituent un terreau favorable au drame."

Thierry Lévy et Dominique Tricaud, les avocats de Siné, ont estimé que "cette affaire avait été utilisée par les uns et les autres pour servir d'autres intérêts". "J'aurais provoqué l'affaire Siné pour entrer dans les grâces du président [de la République] ? Insanités", a répliqué M. Askolovitch. Selon les avocats de Siné, Philippe Val, cité par la partie civile mais absent au procès, "aurait profité de l'affaire" pour se débarrasser de Siné. La polémique a entraîné le départ du dessinateur de Charlie Hebdo et la création de Siné Hebdo.

La procureure a demandé la relaxe de M. Askolovitch au nom de la liberté d'expression. Jugement le 3 mars.

Drancy Avenir

drancyavenir.jpgUn film de Arnaud des Pallieres

A
mi chemin entre le documentaire et la fiction, Drancy Avenir est un
film sensitif sur la Shoah, qui conjugue l'Histoire au présent.

Drancy
Avenir. Deux mots qui se sont fondus dans le quotidien des Drancéens
pour désigner la station de tramway et le centre commercial qu’elle
dessert. Deux mots sourds qui s’emploient couramment, souvent sans
prendre la mesure de leur puissance. Deux mots ennemis pourtant qui,
ensemble, forment un oxymore incroyable, soulignant avec provocation
l’horreur de la Shoah. Drancy fut le camp d'internement et de transit
le plus important en France. Le passage quasi obligé pour les déportés
juifs avant leur extermination. Et c’est sur ce lieu hanté par
l’Histoire que les actuels HLM de la cité de la muette de Drancy ont
été construits.

Arnaud
de Pallières a choisi ce couple de mots bouleversant pour baptiser son
premier long-métrage, et s’interroger sur ce qui reste du génocide juif
dans les consciences. Drancy Avenir ne s’aborde pas comme un énième
film sur la Shoah. Son souci se place au delà. Le réalisateur a pensé
toute son œuvre comme une présence, celle de disparus. Drancy Avenir
est un fantôme qui chuchote, qui suggère et qui affecte. Le film
s’ouvre sur l’absence. Une pièce vide, une fenêtre ouverte, un lieu
désert. La voix d’un vieillard le présente comme « la seule mémoire
vivante de ce monde ». Elle transpire la détresse. Celle qui le rend
coupable de se sentir humain et incapable de traduire l’horreur à
laquelle il a assisté.

«
Comment faire pour que la vérité ne s’éteigne pas en même temps que le
dernier survivant des camps de concentration ? », invite à s’interroger
la scène d’ouverture. Si les « preuves » historiques disparaissent,
est-il possible de retranscrire de façon palpable le malaise que peut
susciter un tel massacre ? Arnaud de Pallières répond par
l’affirmative. En redonnant vie à un lieu de mémoire coulé dans le
quotidien d’une ville, il s’est attaché à créer un film hybride,
semi-documentaire semi-fiction, dont la trame (divisée en trois récits)
s’articule autour d’une vision poétique et sensitive de l’Histoire.

Drancy
Avenir puise sa force de sa créativité. Trois moments, trois récits
s’entrecroisent subtilement pour façonner une œuvre complète. Si les
premières scènes questionnent l’absence et la difficulté de faire vivre
une vérité, les deux autres temps du film proposent d’y apporter l’art
et l’Histoire. Une jeune étudiante en Histoire enquête sur l’ancien
camp de Drancy tandis qu’un explorateur remonte lentement une rivière
jusqu’à sa source. La métaphore du cheminement de la mémoire vient
insuffler l’énergie d’une émotion à la recherche de la vérité. Le
passage d’un récit à l’autre aurait pu s’avérer déroutant, sans les
voix (off pour la plupart) unificatrices, qui récitent sans pathos les
textes saisissants d’Anna Arendt, Georges Pérec ou encore Joseph Conrad.

Chaque
plan partage avec les autres un rapport au temps particulier. La simple
image des wagons de marchandises se séparant dans une gare de triage de
banlieue en témoigne. L’extermination des Juifs n’est pas une question
du passé, mais plus que jamais du présent. Le film s’achève sur la
jeune historienne, à l’ombre des arbres, observant des enfants de la
cité de la muette en train de jouer. Il s’achève mais ne s’arrête pas.
Cet ultime plan symbolique rappelle que la conscience est un travail de
l’ombre effectué au quotidien par tout un chacun, relayé par des
historiens mais aussi et surtout par des artistes…

Dans
la lignée de Shoah, de Claude Lanzmann, qui avait réalisé un
documentaire sur le génocide juif sans recourir à aucune image
d’archives, Drancy Avenir, en se situant à la frontière du documentaire
et de la fiction, est un film incontournable sur le sujet parce qu’il
est vrai et beau à la fois. Ineffaçable.