Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Drancy Avenir

drancyavenir.jpgUn film de Arnaud des Pallieres

A
mi chemin entre le documentaire et la fiction, Drancy Avenir est un
film sensitif sur la Shoah, qui conjugue l'Histoire au présent.

Drancy
Avenir. Deux mots qui se sont fondus dans le quotidien des Drancéens
pour désigner la station de tramway et le centre commercial qu’elle
dessert. Deux mots sourds qui s’emploient couramment, souvent sans
prendre la mesure de leur puissance. Deux mots ennemis pourtant qui,
ensemble, forment un oxymore incroyable, soulignant avec provocation
l’horreur de la Shoah. Drancy fut le camp d'internement et de transit
le plus important en France. Le passage quasi obligé pour les déportés
juifs avant leur extermination. Et c’est sur ce lieu hanté par
l’Histoire que les actuels HLM de la cité de la muette de Drancy ont
été construits.

Arnaud
de Pallières a choisi ce couple de mots bouleversant pour baptiser son
premier long-métrage, et s’interroger sur ce qui reste du génocide juif
dans les consciences. Drancy Avenir ne s’aborde pas comme un énième
film sur la Shoah. Son souci se place au delà. Le réalisateur a pensé
toute son œuvre comme une présence, celle de disparus. Drancy Avenir
est un fantôme qui chuchote, qui suggère et qui affecte. Le film
s’ouvre sur l’absence. Une pièce vide, une fenêtre ouverte, un lieu
désert. La voix d’un vieillard le présente comme « la seule mémoire
vivante de ce monde ». Elle transpire la détresse. Celle qui le rend
coupable de se sentir humain et incapable de traduire l’horreur à
laquelle il a assisté.

«
Comment faire pour que la vérité ne s’éteigne pas en même temps que le
dernier survivant des camps de concentration ? », invite à s’interroger
la scène d’ouverture. Si les « preuves » historiques disparaissent,
est-il possible de retranscrire de façon palpable le malaise que peut
susciter un tel massacre ? Arnaud de Pallières répond par
l’affirmative. En redonnant vie à un lieu de mémoire coulé dans le
quotidien d’une ville, il s’est attaché à créer un film hybride,
semi-documentaire semi-fiction, dont la trame (divisée en trois récits)
s’articule autour d’une vision poétique et sensitive de l’Histoire.

Drancy
Avenir puise sa force de sa créativité. Trois moments, trois récits
s’entrecroisent subtilement pour façonner une œuvre complète. Si les
premières scènes questionnent l’absence et la difficulté de faire vivre
une vérité, les deux autres temps du film proposent d’y apporter l’art
et l’Histoire. Une jeune étudiante en Histoire enquête sur l’ancien
camp de Drancy tandis qu’un explorateur remonte lentement une rivière
jusqu’à sa source. La métaphore du cheminement de la mémoire vient
insuffler l’énergie d’une émotion à la recherche de la vérité. Le
passage d’un récit à l’autre aurait pu s’avérer déroutant, sans les
voix (off pour la plupart) unificatrices, qui récitent sans pathos les
textes saisissants d’Anna Arendt, Georges Pérec ou encore Joseph Conrad.

Chaque
plan partage avec les autres un rapport au temps particulier. La simple
image des wagons de marchandises se séparant dans une gare de triage de
banlieue en témoigne. L’extermination des Juifs n’est pas une question
du passé, mais plus que jamais du présent. Le film s’achève sur la
jeune historienne, à l’ombre des arbres, observant des enfants de la
cité de la muette en train de jouer. Il s’achève mais ne s’arrête pas.
Cet ultime plan symbolique rappelle que la conscience est un travail de
l’ombre effectué au quotidien par tout un chacun, relayé par des
historiens mais aussi et surtout par des artistes…

Dans
la lignée de Shoah, de Claude Lanzmann, qui avait réalisé un
documentaire sur le génocide juif sans recourir à aucune image
d’archives, Drancy Avenir, en se situant à la frontière du documentaire
et de la fiction, est un film incontournable sur le sujet parce qu’il
est vrai et beau à la fois. Ineffaçable.

Stella, de Sylvie Verheyde

stella1.jpgStella,
de Sylvie Verheyde (France 2008), avec Léora Barbara, Karole Rocher,
Benjamin Biolay, Melissa Rodrigues, Laëtitia Guerard, Guillaume
Depardieu, Johan Libéreau. 1h43

Pas évident d'être une fillette de 10 ans

Gladys
(Melissa Rodrigues, à gauche) et Stella (Léora Barbara, à droite).
Quand une meilleure amie vous révèle l’existence d’un autre monde.
(photo: Agora Cinéma)
Petite merveille passée par la Mostra de Venise, «Stella» de Sylvie Verheyde restitue toutes les émotions de l'enfance.

Evidemment,
il y a James Bond, Mesrine et la bande à Baader, les espions de Ridley
Scott et les frimeurs de Guy Ritchie. Mais aux poids lourds de cette
fin d'année, tous flingues dehors, on se permettra de préférer - et de
loin - une... fillette. Qui, elle, se contente de toucher en plein
cœur! Sans millions et sans effets, sans vedettes et sans publicité,
Stella est juste un de ces films d'auteur libres, réalistes et
intimistes, comme le marché n'en veut plus, mais qui font encore partie
de ce que le cinéma français a de mieux à offrir. Et quand les trajets
entre un bistrot et une école déclassent à ce point les sauts entre
pays et continents, croyez-moi, il y a aussi de quoi réfléchir sur ce
qu'est vraiment le cinéma.

Presque un ovni sur grand écran, sur n'importe quel écran, que ce Stella de Sylvie Verheyde! Enstella.jpg apparence, la chronique d'une enfance dans les années 1970, sur fond de
«tubes» d'époque et avec apprentissage à la clé. Mais c'est aussi bien
plus que cela. Une matière vivante, arrachée au réel autant que recréée
de mémoire. Un équilibre miraculeux entre immédiateté et recul. Bref,
un film tendu entre ce quotidien qu'on dit «banal» et l'émotion intense
qu'il peut susciter, revisité.

Nous sommes à Paris en 1977.
Trimballée par ses parents, tenanciers d'un bar-hôtel (zéro étoiles) du
XIIIe arrondissement, la petite Stella entre dans un lycée du XVIe où
elle ne connaît personne. Tout lui paraît étranger, les murs imposants,
les autres enfants («du genre protégés»), l'orthographe comme les
maths. Alors elle se fait toute petite, pour éviter les moqueries et
passer inaperçue - ce qui ne l'empêche pas de rentrer de sa première
journée avec un œil au beurre noir! Et comme ses parents ne sont pas du
genre à la faire plancher sur ses devoirs, elle passe le reste de son
temps au bistrot, parmi les habitués qui boivent, fument, jouent et
dansent. Heureusement, elle se fait quand même une copine, Gladys, une
petite juive d'Argentine, fille d'un psy et plutôt première de classe.
Car lorsque ses parents menacent de se séparer, il va bien falloir
trouver autre chose à quoi se raccrocher.

stella3.jpgEntre
une mère au caractère bien trempé (Karole Rocher, épatante) qui trompe
son mari, un père faible (le chanteur-compositeur Benjamin Biolay,
inattendu) qui se noie doucement dans le pastis et des clients tous
plus ou moins amochés (dont un émouvant Guillaume Depardieu
d'outre-tombe en premier roi de cœur), la petite Stella s'accroche
encore à son innocence, mais voit et devine déjà tout. Quant à ses
vacances dans le Nord (séquence magnifique) chez sa grand-mère
paternelle et sa copine Geneviève, elles la révèlent au seuil de
l'adolescence, bientôt trop Parisienne pour la province. Alors, un
jour, elle se met à lire, puis à dévorer Cocteau et Duras (Un Barrage
contre le Pacifique), qui lui ouvrent soudain des horizons
insoupçonnés...

A l'évidence, la cinéaste connaît intimement ce
dont elle parle. Tant sa direction de la petite Léora Barbara que son
évocation des lieux, des milieux sociaux et de l'époque en témoignent.
Tout ici sonne vrai, jusqu'à cette narration en voix off par la petite
fille elle-même. Le grain de la photo, mais aussi le refus d'évacuer ce
que d'autres considéreraient comme «déplaisant» signalent quant à eux
une fille de Cassavetes et de Pialat, comme la France en a connu un
certain nombre. Sauf que dix ans après son premier essai prometteur, Un
frère (1997), Sylvie Verheyde a persisté sur cette voie. Malgré un
polar incompris (Princesses), deux films de télévision trop peu vus (Un
amour de femme, Sang froid) et le temps perdu sur un film de boxe
abandonné (Scorpion, de Julien Seri).

Ce qu'elle a réussi là,
c'est un de ces rares films vraiment filmés «à hauteur d'enfant», comme
Les 400coups (François Truffaut), L'Enfance nue (Maurice Pialat) ou
L'Effrontée (Claude Miller), capables de vous remuer comme peu
d'autres. Souvent, on croit en avoir fini avec l'enfance, fait la paix
et oublié. Et puis arrive un film comme celui-ci, et tout ressurgit
d'un coup, à la fois merveilleux et terrible, dérisoire et essentiel.
Car même si on n'a jamais été une petite fille de 10 ans dans un bar,
tout le monde se souvient de la relativisation du cocon familial, du
trouble des premiers émois, de l'excitation face au premier livre qui
nous a emporté, de l'angoisse de ne pas y arriver. Toutes choses que
Stella résumera par un bouleversant: «Moi, j'ai peur de tout!»

C'est
de tout cela que parle Stella, sans mièvrerie ni nostalgie facile, sans
misérabilisme ni artifice. Bien mieux que les récents Je m'appelle
Elisabeth (Jean-Pierre Améris), La Faute à Fidel! (Julie Gavras) ou La
Tête de maman (Carine Tardieu), autres chroniques de fin d'enfance
estimables mais qui n'en possédaient pas l'immédiate sincérité. Avec en
prime un éloge inattendu de l'école publique, seule capable d'effacer
certaines inégalités de départ, malgré tous ses défauts.

Enfants terribles…

enfantsterribles.jpgDans « Ahim letchuka » (frères de désir), traduction hébreu du livre « Camille et Paul, la passion Claudel », Dominique Bona revient sur les liens passionnels qui unirent Camille Claudel à Paul, son frère. Jusqu'à la folie. Elle a retracé la vie de Romain Gary, de Berthe Morisot et d'André Maurois. Devenue experte dans l'autopsie des passions d'artistes, Dominique Bona s'attaque, cette fois, à un double monument. Difficile, en effet, d'analyser séparément les vocations tourmentées de Camille la sculptrice et de Paul le poète. L'auteur raconte pour la première fois leurs rapports fusionnels, violemment ambigus, et montre à quel point leur art s'en est nourri.

« Ahim letchuka », éditions Maariv, 89 shekels.
« Camille et Paul, la passion Claudel », chez Grasset,   1 9 , 80 euros   
                                                                                                                                                       

Paris occupée

parisoccupé.jpgLe 8 janvier prochain, Gaumont inaugurera dans toutes les salles de l’hexagone la reprise d’un grand classique des années cinquante, « La Traversée de Paris », un film de Claude Autant-Lara qui réunit les géants Bourvil, Jean Gabin et Louis de Funès. Ce long métrage fut l’un des premiers à avoir le courage de traiter le sujet difficile de la collaboration française. L’histoire est celle de Martin, un brave homme au chômage, qui doit convoyer quatre valises pleines de porc à l'autre bout d’un Paris en pleine occupation. Son acolyte habituel ayant été arrêté, Martin fait appel à un inconnu, Grandgil… Une comédie dramatique à voir ou à revoir…

« La Traversée de Paris », de Claude Autant-Lara, à partir du 8 janvier 2009, cinémas Gaumont-Pathé

Des salariés de Motorola chantent sur Youtube pour trouver un nouveau patron

Pour séduire un nouveau patron et éviter la fermeture programmée de leur site, des ingénieurs de Motorola Rennes vantent leurs qualités en revisitant des tubes comme "Le téléphone pleure" (...) ou "Thriller" dans des vidéos hilarantes postées sur le site Youtube.

"Dis-lui, je t'en prie, qu'il faut se grouiller, que ça va fermer, qu'on va dégager!" chante ainsi l'un des ingénieurs, costume rose et perruque blonde, dans une nouvelle version du "téléphone pleure" de Claude François, visible sur le site http://rd.center.free.fr, qui renvoie sur le site de partage de vidéos Youtube.

"Dis donc t'en connais un rayon, c'est vrai que dans le high-tech, on est super bon... le téléphone pleure, good bye Motorola, la R&D bretonne ferme ses portes, il faut un repreneur", poursuit-il.

Dans une parodie du tube interplanétaire "Thriller", l'ingénieur-chanteur lance un appel sans ambiguïté: "call us quicker, faster, toniiiiiiiight!" (appellez au nous plus vite, ce soir!).

Spécialisé dans la recherche et le développement des produits de téléphonie mobile, le site Motorola Rennes, 140 salariés, devrait fermer d'ici quelques semaines, conséquence d'un "recentrage" annoncé début novembre par sa maison mère américaine.

Depuis, tous les projets ont été stoppés, laissant du temps à l'équipe, raconte Christophe Foucault, l'un des concepteurs des vidéos.

Un +brainstorming+ plus tard, germe entre autres l'idée de clips pour "montrer la créativité de la recherche et développement dans quelque chose de décalé", avec l'idée de "faire du bruit", dit-il. "On voulait véhiculer une image enthousiaste", renchérit un autre des auteurs, Daniel Lucas Hirtz.

Mais, sous la loufoquerie de ces parodies, tout est assez réfléchi. "On s'est auto-censuré, et il y a eu aussi pas mal de négociations", explique M. Lucas-Hirtz.

De son côté, la direction a donné un accord de principe et demandé un visionnage avant diffusion. "Nous avons fait attention à ne pas abîmer la marque Motorola", tient à préciser M. Lucas Hirtz.

Un oeil averti, explique-t-il aussi, peut même repérer dans la parodie de Cloclo les équipements de pointe dont dispose le centre, comme "une chambre anéchoïde", destinée à mesurer les ondes.

Après le "buzz", la prochaine étape sera des plus "sérieuses". En effet, ces "experts depuis quinze ans dans la téléphonie mobile" tournent une vidéo sur leurs compétences techniques, parce qu'ils ne veulent pas passer uniquement pour des fantaisistes.

En 2005, le centre, alors Mitsubishi, avait déjà échappé de justesse à un plan social, souligne aussi M. Foucault.

En attendant, le pari semble gagné en interne. "Il paraît" que le service de communication de Motorola veut les embaucher, ironise l'un des paroliers, Grégory Lemeunier.

Vies juives

VIEJUIVE.jpgRendez-vous de la médiathèque : conférence de Judith Hemmendinger autour de son ouvrage « La vie d’une juive errante » (L’Harmattan). Elle sera présentée par Professeur Benjamin Gross.
« J'ai quatre-vingt quatre ans, et j'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs vies ». Toujours optimiste, Judith Hemmendinger livre ici ses pérégrinations. D'abord l'Allemagne, où elle est née, puis la France et enfin la Suisse. De retour en France après la guerre, elle dirige, à 21 ans, une maison de jeunes rescapés, dont Elie Wiesel. Ensuite, Londres et son mariage avec Claude. Israël, et encore la France, avec diverses expériences professionnelles. Enfin, le retour à Jérusalem, où son emploi d'assistante sociale lui fait côtoyer juifs et arabes de tous horizons.
Entrée libre
Lundi 29 décembre à 19h30
Au Centre culturel français Romain Gary 9, kikar Safra – tél. 02.6243156

Le 28/11/08, Journée spéciale pour le centenaire de Lévi-Strauss

A l'occasion du centenaire de Claude Lévi-Strauss, le musée du Quai Branly organise vendredi une journée de manifestations gratuites en hommage au célèbre anthropologue. Lectures, projections, visites guidées se succéderont dans tout le musée, gratuitement, de 11h à 21h.

- Une centaine de personnalités (penseurs, artistes, ethnologues) liront des textes de Claude Lévi-Strauss au milieu des collections permanentes, dans une mise en espace de Daniel Mesguich. Parmi les lecteurs, le philosophe Bernard-Henri Lévy, les écrivains Erik Orsenna, Patrick et Olivier Poivre-d'Arvor, Julia Kristeva, la ministre de la Recherche Valérie Pécresse, la ministre de la Culture Christine Albanel... De 13h à 21h.

- Des photographies de Claude Lévi-Strauss, prises lors de ses missions et conservées au musée du Quai Branly, seront projetées dans le hall du musée. La plus grande part de cette collection de 224 tirages représente différents aspects de la vie des indiens Bororo, Caduveo, Guarani et Kaingang du Brésil, en 1935-1936. Les autres photos ont été prises en 1950, dans l'actuel Bangladesh (région de Chittagong).

- Six documentaires sur Claude Lévi-Strauss seront projetés dans la salle de cinéma du musée, à partir de 13h. La projection sera lancée, à 12h, par deux films sur des masques collectés ou connus par M. Lévi-Strauss.

- Des visites guidées thématiques seront proposées par les conservateurs du musée du Quai Branly, autour des objets rapportés de ses missions par Claude Lévi-Strauss. Il s'agit notamment d'objets du Brésil, d'Alaska et de Colombie britannique. Durée: 1h.

- Une table ronde autour du volume des "Oeuvres", publié dans La Pléiade, réunira plusieurs spécialistes de Lévi-Strauss: Marie Mauzé, Philippe Descola, Martin Rueff, Pierre Maranda et Vincent Debaene, à 19h.

- A partir de vendredi, et pendant un mois, le musée expose tous les titres de Claude Lévi-Strauss dans leurs éditions originales, les photographies de terrain qu'il réalisa lors de ses missions et dont il a fait don au musée, ainsi que plusieurs objets lui ayant appartenu.

L'anthropologue avait "soutenu le projet du quai Branly dès son origine", rappelle le musée, qui a donné le nom de "théâtre Claude Lévi-Strauss" à sa salle de 500 places.

Site internet: http://www.quaibranly.fr

Téléphone: 01 56 61 70 00

La radio RFI se déplace au musée du Quai Branly, vendredi, pour des émissions en public et en direct de la mezzanine multimédia du musée.

La chaîne de télévision ARTE organise également une journée spéciale "Claude Lévi-Strauss", jeudi. De midi à minuit se succéderont à l'antenne documentaires, films et entretiens en hommage au grand anthropologue.

Soirée le 6 Décembre 2008

Le SAMEDI 6 DECEMBRE 2008 A 20H30

Après un grand succès à la MJC de Neuilly le 18 novembre, les GEFILTE SWING, jazz klezmer Band « entre tradition et modernité », se produiront à nouveau Au CERCLE BERNARD LAZARE

10 Rue Saint-Claude – 75003 Paris (M° : St Sébastien Froissart  - Bus : 20 – 65)

Tarifs : 15 et 12 €
Réservations :  01 42 71 68 19

bernardlazare@noos.fr ou anima.cie@gmail.com - 06 63 45 93 77
www.fnac.com - www.billetreduc.com

L'orchestre puise son répertoire à travers ceux de nombreux musiciens qui ont su enregistrer, préserver ou modifier les thèmes de musique klezmer.

Parmi ceux-ci nous pouvons trouver le clarinettiste klezmer Dave Tarras (1897-1989) ainsi que le clarinettiste de swing Benny Goodman (1909-1986). Mais aussi les chanteuses comme les Barry Sisters ou Billie Holliday.

Formés en décembre 1999, les Gefilte Swing ont beaucoup évolué, passant d'un son "manouche" à une sonorité plus proche des orchestres Klezmer et des petites formations swing des années trente.

Depuis octobre 2005, et au hasard des rencontres, le groupe s'est agrandi et se compose maintenant de six membres : une chanteuse (Muriel Hirschman), un trompettiste (Laurent Vassort), un clarinettiste /saxophone alto, direction musicale (Alexandre Litwak), un accordéoniste (Yann Cotty), un tubiste (Yann Quéméré) et une percussionniste (Laure Berthaume). Cinq instrumentistes et une chanteuse venus tous d'horizons différents, qui vous proposent un voyage entre Odessa et New York, accommodant les différentes sauces musicales de ces contrées.


Pour en savoir plus : www.gefilte-swing.fr
Annie Rapoport Rayski
Anima & Cie
anima.cie@gmail.com
06 63 45 93 77

Claude Lévi-Strauss, 100 ans d'humanité

Il est né le 28 novembre 1908 et va être célébré, vendredi, de son vivant, comme le dernier géant de la pensée française et le maître de l'anthropologie moderne. Hommage à Claude Lévi-Strauss.

Un siècle. Un autre monde. Claude Lévi-Strauss avait sept  ans quand son père, peintre de portraits ruiné par la photographie, a été mobilisé, en 1914. Son grand-père, rabbin à Versailles, ne cessait de célébrer la mémoire d'Isaac Strauss (1806-1875), musicien juif devenu chef des bals de la Cour et de l'Opéra sous Louis-Philippe, puis Napoléon III. Le petit-fils en a conservé le goût de la musique, moins celui de la religion.

Claude Lévi-Strauss a 26 ans, en 1935, quand, jeune ethnologue, il arpente les hauts plateaux du Mato Grosso. À l'époque, il faut « dix-neuf jours de cargo » pour arriver au Brésil et autant de pirogue et de marche pour atteindre les villages des Indiens Caduveo et Bororo. En 1985, au gré d'un voyage diplomatique avec François Mitterrand, il y découvre une route d'asphalte, des pistes aériennes et Brasilia, une capitale toute neuve...

Claude Lévi-Strauss a 30 ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Affecté au service des PTT, puis démobilisé, le professeur juif se rend ¯ « inconscient », selon ses propres termes ¯ à Vichy, demander des nouvelles de son affectation au lycée Henri IV, à Paris. Un fonctionnaire lui fait comprendre le risque qu'il encourt. On lui écrit des États-Unis. Robert H. Lowie ¯ l'Américain qui lui a donné le goût de l'ethnologie ¯ l'inscrit dans le plan de sauvetage des savants européens organisé par la fondation Rockfeller. À New York, il rejoint les intellectuels français, dont le surréaliste André Breton, avec lequel il aime à fouiner chez l'antiquaire Carlebach, spécialisé dans les « arts premiers ».

Claude Lévi-Strauss a 60 ans, en 1968, quand les étudiants se déchaînent et jettent aux orties la laïcité intellectuelle, façon IIIe République, de ce maître qui préférait les cours didactiques aux conversations à la télévision.

Claude Lévi-Strauss a déjà 99 ans, en 2007, lorsque la Déclaration des droits des peuples autochtones, censée endiguer l'extermination des Indiens qu'il a connus, est adoptée à l'Onu.

Une vie, une expérience qui donne à l'anthropologue, au philosophe, la légitimité et le temps d'analyser l'humain. Il est celui qui « a tranché les racines coloniales et racistes de l'anthropologie française d'avant-guerre », indique la philosophe Catherine Clément.

Il a aussi contribué à abolir cette notion de « société primitive », qui sous-entendait que tous les groupes humains organisés en société allaient évoluer jusqu'à « atteindre le degré de civilisation occidentale ». Selon lui « tous les hommes sont modernes » à leur façon, et la véritable civilisation consiste à faire coexister des cultures ayant le maximum de diversité entre elles.

Même s'il a toujours décrit la diversité non comme un obstacle au progrès mais comme un patrimoine précieux à conserver, Claude Lévi-Strauss s'est heurté aux penseurs chrétiens (tel Paul Ricoeur). Pour eux, il incarne ce « fantasme contemporain » qui consiste à étudier un univers humain autoconstruit (sans Dieu créateur). Pour d'autres, ethnologues comme lui, il n'est pas allé assez loin.

Lui, fort d'un siècle au cours duquel il a digéré la psychanalyse de Freud et le marxisme, explique que tant qu'il y a aura des hommes différents sur la Terre, le monde aura besoin d'anthropologues pour expliquer, analyser ces différences. Il aimait l'idée d'un ethnologue noir, africain, qui mène son enquête sur l'Occident, blanc. Il prédisait, précurseur de l'écologie marquée par l'épisode de la vache folle, un monde « où l'on serait choqué de manger de l'animal ».

En 2005, il ne se sent déjà plus de ce monde, qu'il a connu à 1,5 milliard d'êtres humains contre 6 milliards aujourd'hui, bientôt 9. Mais le corps a décidé de résister. Heureusement, car la construction du musée du Quai Branly, lieu qui symbolise son héritage, s'éternise. Et, lorsque celui-ci est achevé, l'ethnologue téléphone au directeur Stéphane Martin : « Je suis passé devant en voiture ! C'est magnifique ! » et le voilà qui débarque, contre toute attente à l'inauguration, en juin 2006.

Son secret ? « Si je suis encore vivant, c'est par inadvertance. » Vivant, contesté et sacré. C'est rare. Surtout dans cet ordre.

Simone Veil élue au premier tour à l'Académie française

simoneveil.jpgSimone Veil, ancienne ministre et présidente du Parlement européen, a été élue jeudi à l'Académie française, au fauteuil de l'ancien Premier ministre Pierre Messmer, a annoncé l'institution.

Mme Veil, 81 ans, a été élue au pemier tour de scrutin, avec 22 voix sur 29 votants, cinq bulletins blancs et deux marqués d'une croix, signifiant le refus de tous les candidats.

Une élection sans bavures pour celle dont le nom circulait depuis plusieurs mois pour rejoindre l'Académie. Elle avait en effet choisi l'élection au fauteuil de Pierre Messmer, décédé le 29 août 2007, pour inscrire sa candidature dans la continuité de celles des politiques qui siègent régulièrement sous la Coupole.

C'est "un très grand honneur qui m'étonne encore aujourd'hui, parce que je ne vois pas les raisons pour lesquelles je me trouve dans cette situation. Evidemment, je suis très émue et très heureuse", a-t-elle déclaré sur RTL.

Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a rendu hommage "au nom de la République, à la +femme d'État+ toujours au service de la France et à son perpétuel courage dans ses combats pour la liberté des femmes, pour l'Europe ou pour la mémoire de la Shoah". En 2007, la nouvelle académicienne avait soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle.

Née Simone Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, Mme Veil a été déportée au camp de concentration d'Auschwitz en 1944 avec sa famille.

Entrée en politique en 1974 comme ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, elle a fait voter la loi de 1975 qui porte son nom légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Pendant plus de 30 ans, Simone Veil a ensuite été une figure majeure de la vie politique française et européenne et l'une des personnalités les plus populaires auprès des Français.

Plusieurs fois ministre, puis ministre d'Etat, de 1974 à 1995, elle a présidé le Parlement européen de 1979 à 1982 et siégé au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, elle a publié en 2007 son autobiographie, "Une vie" (Stock), vendue à plus de 550.000 exemplaires, dans lequel elle raconte son destin de rescapée des camps, son athéisme et son féminisme.

L'élection de Simone Veil, porte à cinq le nombre de femmes élues à l'Académie, où siégeaient déjà l'helléniste Jacqueline de Romilly, élue en 1988, l'historienne Hélène Carrère d'Encausse (1990) et les écrivains Florence Delay (2000) et Assia Djebar (2005).

Simone Veil rejoint également celui qui fut à l'origine de sa carrière politique, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, élu en 2003.

Trois auteurs confidentiels également candidats jeudi n'ont obtenu aucune voix. L'Académie française, qui avait enregistré un nombre inhabituel de décès, a peu à peu reconstitué ses rangs depuis janvier. Après le scrutin de jeudi, un seul fauteuil reste en effet à pourvoir à l'Académie, qui compte normalement 40 membres. Celui de l'écrivain Alain Robbe-Grillet, décédé le 18 février 2008.

Le philosophe Jean-Luc Marion, l'écrivain Jean-Christophe Rufin, l'historien de l'art Jean Clair, l'évêque d'Angoulême Claude Dagens, le parolier Jean-Loup Dabadie, élus ces derniers mois, n'ont pas été "reçus" et ne siègent pas encore sous la Coupole.