Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Harry Potter est "profondément politique", selon le philosophe Milner

harry.jpgPARIS, le 29/10/07 - Le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner estime que Harry Potter est "profondément politique et qu'il parle de l'Angleterre d'aujourd'hui", dans un entretien au quotidien Libération publié vendredi, jour de la sortie en France du 7e et dernier opus de la saga.

"En le lisant, on a le sentiment que J.K.Rowling considère, comme beaucoup d'Anglais cultivés, qu'il y a eu une vraie révolution thatchérienne, catastrophique et que la seule possiblité désormais pour la culture est de survivre dans un monde occulte", écrit Jean-Claude Milner.

Faisant des parallèles entre Poudlard, l'école des sorciers, et le modèle des public schools britanniques comme Eton, le philosophe explique aussi par exemple que l'oncle et la tante d'Harry, des "moldus (ndlr: non sorciers) par excellence, vivent comme les héros du monde de Margaret Thatcher, dans un quartier propret où toutes les maisons se ressemblent".

"Or l'Angleterre contemporaine est le monde où les Moldus ont pris le pouvoir, avec Margaret Thatcher, puis Tony Blair", poursuit-il.

Jean-Claude Milner explique que "si Harry Potter a un tel succès chez les adultes et pas seulement chez les enfants, c'est sans doute parce que les Anglo-Saxons et tous ceux qui sont touchés par la mondialisation y perçoivent -consciemment ou non- une machine de guerre contre les interprétations marchandes du système démocratique".

Comparant le sorcier Voldemort à un super "spin-doctor" (ndlr: conseillers en communicalitique), le philosophe estime que "les vrais magiciens, ce ne sont pas les spin-doctors de Tony Blair, mais ceux qui savent le latin et le grec".

Des effets secondaires de la drogue sur les billets

 

 

 

billet50.jpgBERLIN - La mystérieuse substance qui a entraîné la décomposition de billets de banque en Allemagne serait liée à l'usage de drogue, rapporte la revue Der Spiegel citant les autorités.Les consommateurs de "crystal speed" inhalent la drogue par le nez en roulant les billets, note le magazine. Des chimistes ont estimé que des substances telles que des sulfates, mélangées à de la sueur, pourraient avoir créé un acide qui a attaqué les billets, ajoute-t-il.

Quelque 1.500 billets de 5 à 100 euros se sont décomposés peu après avoir été retirés dans des distributeurs automatiques, avait annoncé début novembre la Bundesbank.

Selon le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, aucun autre pays n'a signalé de problèmes similaires.

Procès Fofana: les expertises psy

Article d'Elsa Vigoureux, paru dans le Nouvel Observateur

Il  n'a pas été nécessaire de le supplier, ce mercredi. Youssouf Fofana voulait assister à l'audience. Les rapports des experts psychologues et psychiatres concernant ses co-accusés l'intéressent manifestement. Même s'il a cédé ce mercredi à quelques épisodes de somnolence.

Leïla A. est née en 1986, d'un père artisan peintre, et d'une mère d'origine kabyle devenue employée d'une chaîne hôtelière. Elle était la petite amie de Jérôme R. depuis deux ans environ lorsque Ilan Halimi a été enlevé. Elle trouvait que Jérôme R. avait changé de comportement d'un coup, elle n'arrivait plus à le joindre, il ne venait pas aux rendez-vous qu'elle lui fixait. Leïla a su à partir du 26 janvier 2006, jour où elle a revu Jérôme R., ce qui se passait. Que quatre geôliers étaient chargés de garder Ilan Halimi, que le jeune homme était séquestré dans un appartement vide de la rue Prokofiev.

Elle a été placée en garde-à-vue du 16 au 21 février 2006, puis envoyée en détention deux jours à Fleury-Mérogis. Depuis l'affaire, Leïla souffre de troubles du sommeil, prend des anxiolytiques et des somnifères.

Dans les conclusions de son rapport, la psychologue note que Leïla n'avait jamais renoncé totalement à sa relation avec Jérôme R., et n'a même jamais cru qu'il l'avait trompée avec Audrey L. Leïla a affirmé qu'elle « aurait subi des pressions de l'entourage parental du jeune homme », pour ne rien dire, se taire. Le père de Jérôme lui rappelant toujours qu'il l'aime, que c'est des erreurs de jeunesse comme on peut tous en commettre. « Actuellement, elle se défend et cherche à se disculper » de l'inculpation de non-dénonciation de crime, dont les conséquences la « font souffrir ».

« Mais elle ne semble par véritablement avoir intégré la gravité de sa position adoptée dans cette affaire », poursuit l'experte. Elle adopte une position de victime, « tant en raison d'un certain égocentrisme en lien avec sa maturité actuelle qu'en raison des sentiments qu'elle semble toujours encore éprouver pour son ami ». Et qui l'amène du coup à atténuer sa propre responsabilité,  « ainsi que celle de la personne aimée », Jérôme R., dans cette affaire.

Audrey L. s'est rendu au commissariat de Montrouge le 17 février. Elle venait dire aux policiers qu'elle n'était pas étrangère à l'affaire dont il était fait état dans la presse. Elle se reconnaissait aussi dans le portrait-robot diffusé.

Audrey L. est née en 1981, d'un père devenu maquettiste au Journal Officiel et d'une mère femme de ménage. Elle devait servir d'appât. Son rôle : aguicher des hommes dans le quartier juif, parce que ces gens ont de l'argent selon Youssouf Fofana. Audrey avait besoin d'argent, alors elle a accepté. Audrey est entrée dans un magasin de téléphonie, a demandé à un des vendeurs le numéro de l'autre, un certain Marc. Elle l'a appelé, pour lui dire qu'il lui plaisait, qu'elle allait le recontacter. Fofana l'a emmenée à Sceaux, pour lui montrer l'endroit où elle devrait attirer ces hommes. Des amis de Youssouf Fofana seraient cachés dans les buissons, ils captureraient la personne. Audrey a alors compris que sa mission serait de participer à un enlèvement. Elle a donc refusé d'aller plus loin.

Plus tard, son ami Jérôme R. lui aurait confié que quelqu'un avait été enlevé, qu'ils étaient plusieurs à le surveiller. Elle lui aurait proposé de l'aide. Il aurait refusé. Audrey ne savait pas où était séquestré le jeune homme. Elle s'est tu, parce qu'elle ne voulait pas dénoncer son copain, Jérôme R. Dans les journaux, elle a découvert la mort d'Ilan Halimi. Et s'est rendu à la police.

Audrey L. a expliqué au psychiatre qu'elle avait accepté le marché : « Mes parents devaient déménager de Bagneux, j'ai toujours entendu parler de problème d'argent... Ils me payaient mes études, je voulais être infirmière... » Et quand elle a appris l'enlèvement d'Ilan Halimi, elle dit « non, je n'ai pas pu dénoncer les faits, je n'ai pas pu dénoncer le mec que j'aimais ». Elle a décidé de se rendre à la police, parce que « c'est une question de morale... le portrait robot c'était même pas moi. »

L'expert psychiatre conclut ainsi son rapport : « L'examen d'Audrey L. a mis en évidence, chez elle, l'existence d'une névrose phobique ancienne et surtout d'une personnalité névrotique où dominent l'anxiété, la suggestibilité et un sentiment de culpabilité intense avec propension à la dépréciation de soi-même. Il existe une relation de cause à effet entre ces traits de personnalité névrotique et les actes qu'elle reconnaît avoir commis ».

Muriel I. est née en 1981, d'un père aujourd'hui retraité de la SNCF, et d'une mère agent de bureau dans une banque. C'est une amie d'enfance d'Audrey L. C'est à elle que cette dernière se confie début janvier 2006. Elle lui dit qu'elle avait dû charmer deux hommes, qu'elle devrait les rappeler pour les conduire là où des garçons, dont Jérôme R., procèderaient à leurs enlèvements. Muriel I. aurait tenté de dissuader son amie de participer à de telles opérations. Mais Audrey L. ne l'aurait pas écoutée. Muriel I. a raconté à l'experte psychologue qu'Audrey L. est revenue lui confier autour du 20 janvier que son petit ami Jérôme R. avait gardé un garçon séquestré.

Le 15 février, Muriel I. découvrait le portrait-robot de son amie dans la presse. Elle l'aurait alors poussée à aller au commissariat.
Muriel I. a expliqué à la psychologue qu'elle reconnaissait sa part de responsabilités, « parce que si j'avais pu prévoir j'aurais dénoncé, mais l'erreur commise c'est d'avoir douté des propos que son ami Jérôme R. lui a rapporté. (...) Je me suis dit, il lui a dit ça pour lui faire peur, ou pour se faire mousser.

Mais si je m'étais douté de tout ça, j'aurais dénoncé. Maintenant ,c'est trop tard, et vis-à-vis de la famille de ce jeune homme, j'ai peur de me retrouver en face d'eux, j'ai peur qu'ils me prennent pour un meurtrier (...) je ne l'assume pas, ce n'est pas moi, je n'ai pas voulu faire de mal à qui que ce soit, j'ai vu le juge, je suis effrayée (...) » Et d'ajouter : « Je vis mal le regard des autres sur cette affaire. Quoi que je fasse, même le jour du procès, je vais avoir une étiquette antisémite et je ne suis pas ça. Je ne peux pas assumer ça. Ce que j'assume, c'est l'erreur de ne pas avoir prévenu à temps, mais tout ce qu'ils ont fait, ce n'est pas moi. »

Guiri N'G. est né en 1988, d'un père « navigateur, qui faisait le tour du monde », et d'une mère femme de ménage. Lorsqu'il est examiné par les experts, il est mis en examen pour deux tentatives d'enlèvements. Dont un qui a échoué, où Fofana lui demandait de mettre le feu à un camion à Cachan. Youssouf Fofana lui avait aussi présenté deux filles, les « rabatteuses ». Guiri N'G. avait reconnu par ailleurs avoir gardé quelques heures Ilan Halimi.
Mineur, Guiri N'G. a été condamné pour vols. Juste avant d'être incarcéré, Guiri N'G. voulait s'engager dans l'armée, « pour m'enfuir d'ici, quitter la ville de Bagneux... marre ».
Il reconnaît « avoir fait trois heures en présence d'Ilan Halimi, avoir mis le feu à un camion pour une diversion, avoir accompagné une fille à Paris ».

Le psychiatre Jean-Claude Archambault évoque « un sujet intelligent, qui n'est pas influençable- sachant très bien se placer dans la relation ». Guiri N'G. ne parle pas de menaces de Youssouf Fofana, « je ne peux pas dire ça ». Il se situe plutôt dans une relation de service : « le fait que ce soit un grand de ma cité... il me demande un service, je le fais ». Guiri N'G pensait aussi « qu'il allait peut-être me récompenser en me payant ». Il reste perplexe devant els actes qu'il a commis : « Franchement, on ne savait pas que ça allait être si grave ». Et : « Je ne pense pas que c'est un meurtre prémédité... je ne pense pas qu'il l'ait tué exprès, en sachant que ça lui aurait rien rapporté. »
En  conclusion, le psychiatre estime que « le sujet ne présente pas un état dangereux, au sens psychiatrique du terme ».

Cédric B-S-Y est né en 1988, d'une mère martiniquaise, technicienne de surface, et d'un père guadeloupéen qui ne l'aurait pas reconnu. Vers l'âge de 15 ans, il a bénéficié d'un suivi judiciaire éducatif. Il a gardé Ilan Halimi dans le local technique. C'est Nabil M. qui le lui aurait demandé en lui précisant qu'il y avait de l'argent à se faire. « Dès le premier jour, j'ai pu constater que l'otage présentait des traces brûlures par mégots au niveau des côtes et du dos (...) En fait, Fabrice et moi, nous avons gardé l'otage pour dépanner sans même savoir combien on allait être payé ».

Le cinquième jour, Cédric B-S-Y est retourné au local vers 11 heures, comme d'habitude. Le local était vide. « Je vais à la cabine pour appeler Fabrice qui me dit : « c'est fini, c'est bon ! » Je suis retourné dans le local de ma propre initiative afin de le nettoyer, c'était ma mission. Je l'ai exécutée. »
Il explique sa participation à la séquestration d'Ilan Halimi : « Pour moi, dès que j'ai entendu, je me suis précipité... j'ai voulu me débrouiller tout seul, pas demander toujours à la maman. » Quand il a été conduit à la cave, il dit avoir été choqué, mais n'avoir pas pu reculer, « vu que j'ai vu ».

Il dit avoir craint que sa famille ne soit menacée. Pendant ses cinq jours de garde, Cédric B-S-Y dit « c'était la pression, je pensais à plusieurs choses en même temps », la crainte de la police, sa famille. Il dit avoir désapprouvé le fait que l'otage soit blessé au cutter : « Franchement, ça m'a choqué... mon cœur a fait un truc bizarre, comme si ça montait, ça descendait... je l'ai même soigné. Après ça, j'ai dit, je veux arrêter... Là, c'était trop dur. » Quelques jours plus tard, il apprend qu'Ilan Halimi est mort.

Cédric B-S-Y ne savait même pas qu'autant de personnes étaient impliquées dans cette affaire : « On dirait que j'étais un pion... Je ne savais même pas que c'était un juif, j'ai rien contre les juifs ».
Le psychiatre Jean-Claude Archambault note que le sujet a conscience de la gravité de cette affaire : « Elle est grave cette affaire, elle est super grave ». Et comme Ilan Halimi est mort : « encore plus grave que ce que je pensais ». L'expert en conclut que le sujet « ne présente pas un état dangereux pour la sécurité publique, dans le sens où il a conscience de la gravité des faits qu'il a commis ».

Fabrice P. est né en Martinique en 1986. Sa mère travaille aujourd'hui dans une maison de retraite. Son père qui ne l'a pas reconnu, a renoué avec lui, lorsqu'il avait une dizaine d'années. Il a été élevé par ses grands-parents marchands de poissons jusqu'à ses 18 ans.

A propos de la séquestration, de son rôle de geôlier: « Je l'ai fait du 2 au dimanche 5 février 2006. La semaine qui a suivi, j'étais en stage. » il passait alors tous les soirs. Il a raconté aux policiers qu'au début il n'a même pas vu Ilan par terre. Fofana lui avait juste demandé de le suivre dans les sous-sols d'un immeuble : « Youssouf m'a dit qu'il s'agissait de le surveiller et que ça ne durerait que trois jours. Moi je n'étais pas trop d'accord pour rester dans un endroit aussi petit, surtout avec la victime qui était attachée. Youssouf m'a dit que tout allait bien se passer.

Il m'a dit aussi que maintenant j'étais au courant et que si je n'acceptais pas, et qu'il y avait un problème il saurait d'où ça venait. Il ne m'a pas dit ce qu'il ferait. Mais j'ai compris que je ne pouvais pas reculer. » Fabrice P. a parlé avec Ilan Halimi : « je savais que c'était difficile pour lui. J'essayais de le rassurer en lui disant qu'il allait partir (...). Mais en même temps, j'osais pas trop lui promettre. Je lui proposais des cigarettes, je lui ai aussi acheté de la nourriture... » 

Fabrice P. a assisté à plusieurs scènes de violences infligées à Ilan Halimi. Il a vu Youssouf Fofana lui donner des coups de pieds dans le ventre. Il s'est opposé à Jean-Christophe G. qui le frappait sous prétexte qu'il était juif. Il a assisté à l'épisode du cutter. Pour les besoin d'un cliché de l'otage que Fofana voulait « gore », Samir A.A a coupé Ilan Halimi au visage avec un cutter : « Il voulait que Cédric et moi, on le fasse, mais nous n'étions pas d'accord ».

Le lendemain du départ d'Ilan Halimi, Fabrice P. a nettoyé le local. C'est Samir A.A qui le lui avait demandé, parce qu'il devait rendre les clefs au gardien.
Le psychiatre décrit lors de l'examen un jeune homme qui apparaît « anxieux, triste, en malaise ». Et ajoute : « Il fera état de sentiments de compassion à l'égard de la victime, qui nous sont apparus authentiques ». Et quand on lui demande pourquoi il n'a pas dénoncé les faits à la police, Fabrice P. répond : « j'y ai pensé, mais pour moi, c'était la crainte que les gens savent que j'ai dit ça. »
Pour l'expert, « le sujet ne présente pas un état dangereux  pour la sécurité publique dans le sens où il ne semble pas (...) avoir été l'initiateur des faits, et d'autre part il ressent un grand malaise, et se sent coupable ».

Samir A.A en 1978. Ses parents se sont séparés quand il avait 5 ans. Sa mère gère aujourd'hui un restaurant. Son père, algérien, travaillait à la fourrière. Il le voyait peu. Samir A.A a eu affaire à la justice à partir de 17 ans. Il est aujourd'hui père de trois enfants. Il fume du schitt depuis l'âge de 20 ans : « Je noyais mon amertume là-dedans et après c'était une spirale ». A l'époque des faits, Samir A.A consommait 15 joints par jours.

Samir A.A a accepté de « dépanner » Youssouf Fofana, qu'il surnommait « la crapule », et qu'il connaissait depuis l'âge de 15 ans, quand celui-ci lui a demandé de trouver un endroit où retenir quelqu'un deux ou trois jours. Quand il s'est rendu à l'appartement dont il avait fourni les clefs en demandant service au gardien Gilles S., il a découvert Ilan Halimi, allongé, menotté, les pieds attachés par du ruban adhésif, « complètement momifié ». Il a ensuite participé au transfert de l'otage vers la cave. C'est lui qui a donné un coup de cutter au visage de la victime pour une photo que Fofana voulait transmettre à la famille Halimi, afin d'obtenir la rançon espérée.

A l'expert, il confie : « cette scène là, elle me hante ». Enfin, Youssouf Fofana lui a raconté comment il avait tué Ilan Halimi, à coups de couteau dans la gorge, à la nuque, avant de l'asperger d'essence, de l'enflammer.
Samir A.A se défend devant le docteur Jean-Claude Archambault d'avoir été le second de Youssouf Fofana : « Moi je ne suis pas son second, second ça voudrait dire que je suis dans la connivence avec cette affaire là... Il n'y avait que moi qui était dans le quartier ». Alors les « petits », les geôliers, « se sont donnés le mot entre eux, ils sont venus spontanément étant donné que je ne les envoyais pas balader ».
Lors de son examen, Samir A.A a dit qu'il avait fait « n'importe quoi », qu'il avait eu « le sentiment d'avoir été abusé, j'ai un sentiment de honte, j'ai de la peine pour ce qui s'est passé, pour la victime, j'ai de la peine aussi parce que je suis séparé de ma famille, j'ai peur de ce qui peut se passer par la suite (...) Je vais prendre un truc que j'ai pas voulu et pas pour ses conneries à lui, et en tous els cas, j'ai avoué tous mes faits et gestes, je dois bien la vérité à la famille, mais je vais avoir du mal à leur faire comprendre mon état d'esprit à cette époque là. » Et il a ajouté : « Si je le libérais, j'aurais pu, mais j'aurais eu de sérieux problèmes... La rançon c'est moi qui la payais, j'aurais été une balance ». Enfin, Samir A.A a dit que Youssouf Fofana l'avait menacé, « c'est sa façon d'être (...), physiquement il est au-dessus de vous, et j'étais drogué... Il me plierait en quatre. »

Pour le psychiatre, « le sujet a de son avenir une vision dépressive » (« franchement, j'ai plus d'avenir »). Il ne présente « pas un état dangereux, au sens psychiatrique du terme ».

Attentat de la rue Copernic : la police canadienne très discrète

Article paru dans "Le Figaro",le 24/10/07

À l'heure où les victimes se souviennent, les chances de juger le terroriste sont presque nulles.
 
«NOUS AVONS toujours su que le chef du commando de la rue Copernic avait très peu de chances de comparaître un jour devant un tribunal. » L'aveu est signé d'un fin connaisseur d'un des plus vieux dossiers de la justice française. Deux raisons à cela : en premier lieu, le terroriste libanais a bien choisi sa terre d'accueil, le Canada, dont il a obtenu la nationalité. Ce pays est connu pour sa réticence à livrer des suspects, nationaux de surcroît.
 
Depuis dix-neuf ans, deux anciens membres d'un groupe terroriste palestinien résistent ainsi à l'expulsion. Dans l'affaire Copernic, la police canadienne s'est pour l'heure contentée de confirmer aux Français par télégramme Interpol le nom du terroriste présumé et d'indiquer sa résidence exacte. Sans se manifester ces derniers jours.
 
Autre cause d'inquiétude : s'ils n'ont jamais baissé les bras, les policiers français savent qu'il leur faudra produire des éléments de preuve matériels (empreintes, ADN...) qui, vingt-sept ans après les faits, sont difficiles à obtenir. S'ils y arrivent, il leur faudra encore entendre le suspect au Canada, flanqués d'avocats et de juristes qui n'auront de cesse de le défendre. La famille du cinéaste israélien Micha Shagrir, qui a perdu son épouse dans l'attentat, continue de réclamer justice.
 
« Je demande, avec mes deux fils, la vérité et la justice. Si quelqu'un est responsable, il doit payer. Nous allons saisir les autorités israéliennes pour en savoir plus. » Ce 3 octobre 1980, Micha Shagrir, cinéaste israélien ami de Claude Lanzmann, de Théo Klein ou de Guy de Rothschild, était en vacances à Paris avec sa femme Aliza, âgée de 42 ans, et leur benjamin Haggai, 15 ans et demi. Ce soir-là, Aliza, collaboratrice de la télévision israélienne, avait voulu passer rue Copernic avec son fils pour amener des friandises libanaises à une amie. Elle fut tuée sur le coup par l'explosion, son fils échappant à la mort par miracle.
 
Aujourd'hui, Haggai travaille au ministère des Affaires étrangères israéliens ; son frère aîné, Oron, est professeur à l'université et leur père boucle un documentaire sur deux orphelins juifs français, cachés et baptisés pendant la guerre, que l'Église catholique a longtemps refusé de restituer à leur famille juive. Vingt-sept ans plus tard, le père et ses deux fils n'ont rien oublié.
 
Enquête jamais abandonnée
 
Depuis Jérusalem où il vit, Micha se souvient de ce jour de 1982 où, engagé au Liban, un camarade lui avait proposé de rencontrer un prisonnier palestinien soupçonné d'être lié à l'attentat de la rue Copernic. « J'ai refusé - lâche le cinéaste - peut-être était-ce une erreur. » Plus tard, le Mossad lui précise que les meurtriers étaient membres du FPLP-Opérations spéciales, groupuscule terroriste palestinien. En 2001, il rencontre un policier français qui lui affirme que Paris fera tout pour retrouver les assassins et lui indique qu'on recherche deux hommes vivant en Allemagne et en Belgique.
 
Deux ans plus tard, Micha passe un coup de téléphone à son contact français. Ce dernier lui indique que rien n'a bougé mais lui répète que l'enquête ne sera jamais abandonnée. « J'ai trouvé important et émouvant qu'un policier trouve le temps de m'informer », estime aujourd'hui Micha Shagrir. Le cinéaste précise qu'il n'a jamais « eu de problème à revenir en France. Je me souviendrai toujours de la gentillesse des gens à l'époque, y compris ceux qui, alors que je devais reconnaître le corps d'Aliza, ont tout fait pour masquer les blessures causées par l'explosion ».
 

Les Juifs et les mouches

Publié par Pilar Rahola le 14/11/2007

Il y a trois choses qu'Allah n'aurait jamais du créer : "les Perses, les juifs et les mouches".
Ainsi lue, c'est cette phrase que Saddam Hussein obligeait les enfants d'Irak à répéter. Elle semble grotesque et bien entendu barbare. Dans notre Europe arrogante et civilisée, jamais nous ne dirions quelque chose de ce genre : nous n'avons rien contre les Perses, ni contre les mouches. Je dirais plus, les mouches sont agaçantes, mais s'inscrivent de telle manière dans le paysage méditerranéen qu'elles ont fini par devenir bien acceptées. Et, bien entendu, les Perses nous sont sympathiques. De sorte que nous pouvons respirer tranquillement. Seule la haine des juifs nous unit à Saddam Hussein.

Serait-ce cette haine qui a conduit tant de manifestants à brûler les drapeaux frappés de l'étoile de David pendant qu'on hurlait des slogans en faveur de Saddam ? La judéophobie serait-elle le lieu symbolique commun où Arabes et Européens se rencontrent, se reconnaissent et s'aiment ? Et, est-ce cette même judéophobie, celle qui convertit un despote corrompu et violent comme Arafat en un résistant romantique ? Serait-ce toujours elle qui transforme le nihilisme terroriste palestinien en une sorte de poésie épique libératrice ?
Je soutiens maintenant et aujourd'hui, pour le malheur de notre continent contradictoire capable de créer pour le monde les bases de la démocratie et en même temps de créer les termites les plus actifs qui tentèrent de le détruire, le stalinisme et le fascisme, je soutiens que nous sommes en train de revenir vers les vieux démons qui nous sont propres : de nos jours, sur les fondements du vieil antisémitisme exterminateur qui forme notre pensée collective la plus profonde, nous sommes en train de construire un nouvel antisémitisme actif et pervers. "Un antisémitisme sans juifs".

Le phénomène est en train de s'élaborer en parallèle avec deux attitudes complémentaires, les deux également suicidaires : l'anti-américanisme et l'indifférence face à l'apparition et l'installation d'un nouveau totalitarisme : l'intégrisme islamique. Telles sont les flèches tirées dans une même direction préoccupante : l'apparition du conformisme de la pensée européenne capable de mobiliser les rues et les consciences d'Europe et qui se fonde sur des piliers qui portent le germe de la destruction.

Selon moi, ce qu'il y a de plus grave, et à la lumière de mon propre militantisme progressiste, est que cette pensée unique est de gauche. De gauche le nouvel antisémitisme européen maquillé en anti-sionisme, de gauche le panarabisme romantique qui en arrive à minimiser le terrorisme; et partagé avec une certaine droite, c'est à la gauche qu'appartient l'anti-américanisme farouche dont nous souffrons. Si nous sommes d'accord pour admettre que c'est la gauche qui modèle les idées les plus prestigieuses de notre société et que les intellectuels de gauche sont les défenseurs du progrès, alors nous tomberons d'accord sur le grave problème qui est le nôtre. Parlons de celui-ci, du nouvel antisémitisme et des deux pattes velues qui l'accompagnent.

Les nouveaux antisémites ne se reconnaissent pas comme tels. L'antisémitisme est une expression classique de l'extrême droite et pour autant la gauche le déteste et le récuse. Néanmoins le parapluie de l'anti-sionisme ou directement de l'anti-israélisme est beaucoup plus facile à porter. Il protège bien de la pluie de la critique et permet de porter un masque dont on peut se nourrir intellectuellement.

C'est Martin Luther King qui écrivit cette phrase à un ami anti-sioniste : "Les temps ne permettent plus de manifester ouvertement une impopulaire haine des juifs; ceci étant, l'antisémite cherche de nouvelles formes et de nouveaux forums où il pourra distiller son venin. Maintenant, il le cache derrière un nouveau masque, maintenant il ne déteste plus les juifs, il est seulement anti-sioniste".

Trente-six ans après, cette phrase est plus d'actualité que jamais, de sorte que l'anti-sionisme et la démonisation féroce d'Israel se sont converties en un passage obligé pour la pensée de gauche. Comme si dans le catéchisme non écrit de la gauche il existait un dogme inébranlable : ou tu es anti-sioniste, ou tu n'es pas de gauche. Moi-même, dans mon pays, je suis expulsée du paradis de la gauche par certains gourous du dogme chaque fois que je ne pratique pas le tir intellectuel contre le juif, pardon, contre le sioniste, pardon, contre l'Israélien. Mais tout cela n'a-t-il pas le même sens dans la grammaire antis?mite ?

Le résultat est celui qui s'offre à nos yeux dans sa forme la plus tangible : la douloureuse agression que subissent les communautés juives dans divers pays. Depuis des vetos personnalisés - ce qui permettrait d'expliquer des situations durcies en Espagne - jusqu'à la violence physique qu'eurent à subir les juifs pacifistes dans la célèbre manifestation. Mais l'enracinement le plus profond du nouvel antisémitisme se situe au coeur de la Terre sainte et on tire sur Israél comme on tire aux pigeons. Israel est actuellement une authentique obsession pour la gauche européenne et l'exemple le plus remarquable des tics fascistes que la gauche peut présenter.

Voici quelles sont mes accusations.
· manipulation informative
· criminalisation de la légitimité de l'Etat d'Israel
· minimisation des victimes juives
· banalisation de la Shoah
· et indifférence, lorsqu'il n'y a pas applaudissement, devant les ravages terroristes de l'intégrisme.

D'abord, j'accuse la gauche d'assassiner l'information à coup de propagande
La manipulation de l'information de ce qui se passe au Moyen-Orient est si grossière et excessive qu'elle passera dans les annales du journalisme comme exemple d'intoxication de masse.

Combien de principes du journalisme font faillite dans l'information que sert la majorité des media européens : absence de contrôle des sources, interprétation tendancieuse et manipulation des faits, ridiculisation du principe d'objectivité, indifférence devant ce qui devrait être le désir ardent de tout informateur : la vérité.

Je sais qu'on me dira que l'objectivité n'existe pas, et encore moins dans le journalisme, mais entre l'objectivité pure et la subjectivité militante, il y a un large fossé qu'un journalisme sérieux pourrait combler, et qu'il ne comble pas dès qu'il s'agit du Moyen-Orient. La grammaire de ce nouveau journalisme se soumet au jour le jour à la presse influente d'Europe occidentale, et cette dernière est si puissante que la grammaire en question ne saurait même se déprendre de la célèbre et mythifiée BBC.

Cette grammaire a ses règles précises :
il ne saurait être question de terroristes mais de miliciens.
il n'y a jamais de victimes juives
toute action palestinienne est naturellement bonne et a priori défensive

toute action israélienne est entachée de criminalité
il n'existe pas de bourreaux palestiniens
il n'existe pas d'ingérence internationale
la corruption d'Arafat n'existe pas
et comme elle n'existe pas, son passé violent n'existe pas davantage
et, évidemment, la démocratie isra?lienne n'existe pas.

L'attentat quotidien que l'information subit du fait de la propagande, avec la plus totale impunité, n'est ni fortuit, ni spontané. J'accuse donc la presse européenne de manipuler, de mentir et de changer les règles de l'information au Moyen-Orient. Sa neutralité est sans aucun doute une neutralité pro-palestinienne.

En second lieu, j'accuse la gauche de banaliser la Shoah, fait qu'on ne peut considérer en aucun cas comme mineur. L'attitude de nombreux collectifs activistes parfaitement repérables dans les manifestations pacifistes de ces derniers jours, tout comme l'action de nombreux intellectuels de gauche qui se sont servis de la tragédie de l'Holocauste comme d'une arme contre Israel, tout cela restera inscrit sur les murs de la honte européenne.

Le point culminant de ce mépris profondément cruel, à savoir utiliser contre les victimes de la Shoah leur propre martyre est une manière de les tuer deux fois. Et c'est le cas des déclarations de Saramago à Djénine. A ce propos, voilà ce que j'ai à dire. Saramago constitue l'exemple le plus emblématique d'une affirmation innommable - quelqu'un peut écrire de façon angélique et penser de manière démoniaque.

En 1884, Auguste Bébel avait déjà appelé cela "le socialisme des imbéciles". Mais cela n'est pas seulement une imbécillité. Le hasard, si étonnamment poétique parfois, fait que j'écris ces lignes alors que je suis encore sous le choc de la visite du musée de l'Holocauste à Washington. Comme le dit ce grand bâtisseur de la mémoire qu'est Claude Lanzmann, la Shoah est "la mort de l'âme humaine". Face à son souvenir, aucun citoyen du monde ne peut rester indifférent, mais par dessus tout, aucun Européen ne peut être étranger à cet événement.

L'Europe a créé cette pensée totalitaire du christianisme qui convertit tout un peuple en déicide (après avoir entendu les âneries de Mel Gibson je suppose qu'on n'ira jamais plus le voir au cinéma).
L'Europe, ce fut l'Inquisition espagnole, ce fut Luther qui tenait les juifs comme une plaie au coeur de la terre.
L'Europe, ce fut la démonisation, la persécution, la culpabilisation de la mort de ce qu'elle avait de meilleur dans son propre corps : son âme juive.

L'Europe, ce fut le Vatican et ses collaborateurs avec les nazis.
Auschwitz n'est pas une contingence tragique de l'histoire, une espèce d'erreur perverse. Auschwitz est la dernière étape d'un long processus de destruction, et en cela, il n'est pas exagéré d'affirmer que l'Europe si profondément juive, se détruisit elle-même avec la Shoah. Ce qui reste aujourd'hui de l'Europe, ce sont les restes du naufrage, un continent séquestré par ses propres démons et qui a perdu sa dignité. C'est pourquoi banaliser la Shoah est quelque chose de bestial et de pervers. Et qui plus est, que ce soit la gauche qui en soit responsable, elle qui a pour vocation d'être la gardienne la plus fidèle de la justice et de la liberté, est un acte de trahison, de trahison à la mémoire tragique de l'Europe. Est-ce là le symptôme du nouvel antisémitisme ?

Sans doute aucun : en minimisant l'Holocauste, on en réduit la dimension tragique, on relativise la faute de l'Europe et le juif redevient soupçonnable, puissant et dangereux. La victime juive n'existe plus, seul existe le soldat israélien qui tue des enfants? Belle, métaphore moderne du juif médiéval qui buvait le sang des enfants chrétiens. Ce lien entre le juif médiéval maudit et le soldat israélien maudit vient bien heureusement pour disculper la faute de l'Europe.

La gauche établit cette relation, même de façon inconsciente, de sorte que nous pouvons dire que l'orthodoxie chrétienne et la gauche orthodoxe cohabitent avec bonheur sur le territoire inhospitalier de l'antisémitisme.
J'accuse donc la gauche d'avoir trahi la mémoire tragique de l'Europe.

Troisièmement, j'accuse la gauche de minimiser, de justifier, voire de célébrer un nouveau totalitarisme qui menace gravement la liberté : le nihilisme terroriste islamique. Les exemples sont scandaleux : indifférence devant des attentats aussi graves que la bombe de Amia en Argentine ou l'attentat contre les tours jumelles considéré d'une certaine manière par la gauche comme relevant de la responsabilité américaine à cause de sa politique extérieure, à laquelle il faut associer la faute juive.

L'exaltation du terrorisme palestinien comme formule de lutte légitime a une conséquence : considérer comme légitime d'inculquer à la société palestinienne, et globalement à de nombreuses sociétés islamiques, une culture fataliste de la haine et de la mort, culture à l'évidence totalitaire. Le bon ami Marcos Aguinis appelle cela "la régression de la gauche vers l'anti-modernité".

Pendant qu'elle pardonne les bombes du Hamas ou se répand dans les rues contre l'intervention américaine en Irak, cette même gauche ne s'est jamais manifestée contre l'intégrisme qui a tué plus de quatre mille personnes à New York ou contre celui qui est responsable d'un million de morts dans sa guerre au Soudan. Je n'ai jamais vu non plus une ONG qui voudrait envoyer des boucliers humains dans les cafétérias de Tel-Aviv. Il y a une solidarité sélective dérivée d'un manichéisme pervers qui convertit les terroristes en victimes et les victimes en coupables.

L'intégrisme islamique est l'héritier naturel des grands totalitarismes de l'humanité a connus : le nazisme et le stalinisme. Comme eux, ils sont fondamentalement antisémites et comme eux, présentent un corps doctrinal basé sur la terreur, la récusation de tout principe de liberté et l'expansionnisme sanglant. Comme eux aussi, il agit dans l'indifférence ou la complicité européennes.
De ce fait, j'accuse la gauche de trahir la démocratie, laissant libre cours au nihilisme terroriste. Néanmoins rien de neuf sous le soleil en ce qui concerne une gauche qui s'est amourachée de nombreux dictateurs que l'histoire a fournis : Staline, Pol Pot, Fidel et maintenant Arafat. Dépourvue d'épopées qui lui soient propres, déconcertée et traînant avec elle une valise pleine de rêves brisés, la gauche regarde le monde arabe, à la recherche des échos de Lawrence d'Arabie.

La gauche s'amourache des guerres totales, des chants tribaux de la révolution, peut-être convaincue qu'entre la "révolution ou la mort du Che" et le "vive la mort" du Hamas, il n'y a pas grande différence. La gauche cherche Lawrence d'Arabie pour le plus grand malheur de tous, sans s'apercevoir que ce qu'elle a découvert, c'est Ben Laden et Arafat, autre vieux dictateur corrompu et sanglant.

J'accuse donc la gauche de ne pas tenir compte des victimes du terrorisme, de ne pas comprendre la menace que constitue le nihilisme et de trahir par son aveuglement la démocratie. Je l'accuse de pleurer seulement avec l'oeil gauche... un oeil gauche qui, à présent est délibérément antisémite.

Puis-je avancer le bel exemple du forum de Porto Alegre ou de Durban ? Les résidus des révolutions frustrées du monde firent là-bas leur beau sabbat. Et l'objet de la fête ? Bien évidemment les juifs. En effet, la faute aux juifs se vend toujours très bien sur les marchés de la démagogie.

Alors, est-ce qu'aujourd'hui l'Europe est plus antisémite qu'avant ? Est-ce le cas de la France ? Aujourd'hui, l'Europe et la France sont en train de réinventer l'antisémitisme. Il est réinventé par quelques populismes de droite avec des assises catholiques. Il est réinventé par la gauche qui donne brio et prestige à ce qui n'était autrefois qu'une pure rhétorique d'extrême droite.

Ce nouvel antisémitisme s'emploie efficacement à faire oublier et à banaliser la Shoah, sachant que l'oubli est toujours un choix. De fait, oublier, c'est avoir une bonne mémoire. Sans aucun doute, la gauche européenne a une très bonne mauvaise mémoire. Et avec l'oubli bien ancré dans l'idéologie, la gauche oublie également les origines de la création de l'Etat d'Israél. La gauche jette le soupçon sur sa légitimité et criminalise ses actes. Israel est sans doute un des Etats dont la création a plus de fondement moral que la plupart des Etats existants, et pourtant c'est l'unique Etat au monde qui, chaque jour, doit demander pardon d'exister.

Sans doute aucun donc, j'accuse la gauche de mettre en question la légitimité de l'Etat d'Israél, ce qui a pour conséquence de tenir toutes ses actions pour naturellement coupables. Ne peut-on voir un lien entre cette attitude et l'aveuglement du parlement européen, indifférent à l'usage que l'ALP fait de l'argent public européen ?

Au nom de la démocratie, je me demande comment il se fait que ce soit de l'argent européen qui finance les écoles de la haine où les enfants palestiniens sont endoctrinés en vue d'un fanatisme suicidaire. En étant indifférents, nous sommes irrévocablement responsables de séquestrer la tolérance et la modernité et de permettre que s'enclenche une spirale de haine d'impuissance, de vengeance destinée à des générations entières de Palestiniens.

Nous le permettons, nous le finançons et nous allons même jusqu'à le justifier. Ce qui nous ramène à nouveau à l'Histoire. Que l'on se souvienne d'Hermann Broch! L'indifférence, cette forme de violence. Et tout cela parce que la haine des juifs n'a pas donné des boutons à la délicate peau de l'Europe. Tout est permis aux catholiques, aux protestants, aux homosexuels, aux citoyens noirs, mais aux juifs...
EST UN NOUVEL ANTISEMITE :

- celui qui n'est pas horrifié que le Mein kampf d'Hitler et les abominables Protocoles des Sages de Sion soient des best sellers dans le monde arabe.
- celui qui répète les vieilles antiennes qui font des juifs des êtres démoniaques, et spécialement à partir d'énoncés intellectuels.
- celui qui s'amourache de la poésie épique du terrorisme palestinien et qui, porté par un anti-américanisme pathologique, refuse de voir les dangers de l'intégrisme islamique.
- celui qui a fait d'Israel un nouveau parapluie pour un vieux démon.

J'en termine avec cette conviction : le puzzle de l'antisémitisme retrouve une nouvelle vigueur. Et en voici les pièces :
La première pièce est le subconscient européen résistant aux leçons de l'histoire et insensible aux vaccins qui tentent de tuer définitivement le virus antisémite. L'Europe s'est débarrassée de sa peau juive, mais elle n'a pu se défaire de sa vieille haine.

La deuxième pièce est un néo-catholicisme populiste plus ou moins extrêmiste qui s'enracine dans la judéophobie.

La troisième pièce est une pensée de gauche qui, sans avoir liquidé son passé totalitaire, s'amourache de nouvelles épopées, elles aussi totalitaires. Elle crée ainsi les fondements d'un antisémitisme plus dangereux parce que la gauche lui donne du prestige, lui offre une couverture intellectuelle et lui donne des armes idéologiques.

La quatrième pièce est l'anti-américanisme européen issu d'un double complexe que traîne l'Europe : un grand complexe de supériorité - ce n'est pas en vain qu'elle est le trouver une solution à une seule de ses propres tragédies. Bien évidemment l'anti-américanisme est par définition anti-sioniste.

La cinquième pièce est l'intégrisme islamiste, idéologie totalitaire et nihiliste, ouvertement ennemi de la modernité et dont le fondement est l'antisémitisme. Il faut admettre que berceau ]de la modernité - un énorme complexe d'infériorité car elle est incapable de l'existence d'un million deux cent mille musulmans dans des tyrannies théocratiques ne facilite en rien la lutte contre la judéophobie.

Territoire commun de plus d'un dogmatisme manichéen, la judéophobie actuelle trouve de nouveaux camouflages; elle croit et prospère. Aujourd'hui ici, devant l'UNESCO, protégée par cet exemple d'héroïque ténacité et de dignité que constitue le centre Simon Wiesenthal, j'accuse la gauche européenne, ma gauche, de servir de couverture intellectuelle au nouvel antisémitisme qui existe en Europe, une gauche qui s'est trahie elle-même en trahissant la démocratie.

A nouveau, en Europe, il est difficile d'être juif, alors que l'Europe la plus européenne qui ait jamais existé n'a jamais été l'Europe juive. Notre tendance au suicide est malheureusement pathologique. Je l'affirme parce que je suis européenne, et comme telle, je me sens juive face à l'antisémitisme, seule position morale qui puisse rédimer un Européen de son passé honteux.
Merci pour m'avoir invitée.

CONFERENCE A L'UNESCO PARIS
Pilar Rahola, est écrivain, ex-députée du Parti Socialiste Espagnol (démissionnaire a cause de la politique menée par le PSOE et IU de Catalogne)

Unanimité pour mieux enseigner la Shoah, mais sans les parrainages souhaités par Sarkozy

PARIS ,le 28/02/08 - Le souhait de Nicolas Sarkozy que tous les élèves de CM2 se voient "confier la mémoire" d'un enfant mort durant la Shoah a été abandonné mercredi au profit de pistes pédagogiques à élaborer, selon des participants à une rencontre au ministère de l'Education sur le sujet.

Tous les participants au tour de table - Simone Veil, Serge Klarsfeld et Claude Lanzmann mais aussi les représentants d'institutions engagées dans la transmission de la mémoire de la Shoah - ont convenu "unanimement" de l'importance de mieux enseigner cette période sombre de l'Histoire.

Le parrainage était "enterré avant même qu'on se réunisse, ce n'était pas praticable car il y a 11.400 enfants juifs de France et 600.000 élèves en CM2", a argumenté l'historien et cinéaste Claude Lanzmann, pour qui cette idée était "partie d'une sincère émotion du président".

M. Sarkozy l'avait lancé le 13 février lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), provoquant un tollé des enseignants, parents d'élèves, psychologues et même de personnalités comme Mme Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée.

Dès lors, le gouvernement a entrepris une marche arrière, annonçant d'abord une "mission pédagogique" confiée à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la maison des enfants d'Izieu, puis en évoquant la possibilité d'un parrainage par classe, avant finalement d'aboutir à un projet pédagogique.

Le "principal objectif" de Mme Waysbord-Loing est de "faciliter la compréhension de la période de l'occupation et de l'extermination", écrit le Xavier Darcos (Education), dans sa lettre de mission.

Ce travail "comportera une dimension européenne et contribuera à l'apprentisage des valeurs de la République et de la responsabilité individuelle", ajoute-t-il.

A l'issue de la réunion, M. Darcos a souligné que le chef de l'Etat avait "donné une direction juste, que, d'ailleurs, au fond, personne ne discute dans ses intentions".

Mme Veil a plaidé pour des travaux en petits groupes d'élèves, "non pas vers un enfant en particulier mais vers telle situation, dans telle ville".

"Il y a la volonté de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs" enseignant la Shoah depuis 2002 en primaire, a-t-elle insisté.

Pour Mme Waysbord-Loing, qui va faire des propositions d'ici deux mois, "il ne faut pas faire de la commémoration, du rituel, parce que l'école n'est pas le lieu de cela". Pour elle, la nouveauté sera "la mise à disposition de documents de référence et d'un inventaire de toutes les sources disponibles" pour parler de la Shoah.

"L'important, c'est l'initiative du président parce que, sans cela, il n'y aurait pas eu d'adaptation pédagogique", a affirmé Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France.

"Dans quelques années, la France sera le seul pays au monde où on se souviendra des enfants juifs déportés", a-t-il pronostiqué.

"C'était une excellente réunion parce que tous les participants, dont certains avaient réagi très violemment, se sont mis d'accord sur la façon de décliner cette proposition", a estimé Anne-Marie Revcolevschi, directrice de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

"Transmettre la mémoire de la Shoah, c'est se souvenir qu'une société peut potentiellement se transformer en une société de bourreaux. Pour cette raison, il faut lutter ardemment contre le racisme et l'antisémitisme", a jugé Raphaël Haddad (Union des étudiants juifs de France).

Le policier qui a protégé un supporter Israëlienprésenté à un juge

PARIS  - Le policier qui a tué par balle un supporter du Paris Saint-Germain jeudi devait être présenté dans la journée à un juge d'instruction en vue de sa probable mise en examen, apprend-on de source judiciaire.

La même mesure devait être prise à l'encontre de plusieurs supporters du PSG impliqués dans les violences survenues en marge de ce drame, qui s'est déroulé près du Parc des Princes après un match de Coupe de l'UEFA perdu 4-2 par l'équipe parisienne face à l'Hapoel Tel Aviv.

Antoine Granomort, un agent en civil de la police régionale des transports, d'origine antillaise, est en garde à vue à l'Inspection générale des services (IGS, la "police des polices").

Il a dit avoir ouvert le feu une seule fois pour protéger un supporter français du club israélien, Yanniv Hazout, poursuivi par une centaine de fans du club parisien hurlant des injures racistes et antisémites.

Selon les premières constatations, la balle a tué Julien Quemener, 25 ans, atteint au coeur, après avoir blessé Mounir Bouchaer, 26 ans, dont le poumon a été transpercé. Ce dernier a été hospitalisé et sa vie n'est pas en danger.

Le monde politique, le président Jacques Chirac, en tête, a été unanime à dénoncer les violences commises par des supporters du PSG, phénomène qui existe depuis des années.

Pour le quotidien sportif L'Equipe, la mort de ce supporter "rappelle tragiquement que le football français n'a pas su éradiquer la violence et le racisme présents dans les tribunes de quelques clubs".

"Impardonnable", ajoute le journal sous un gros titre à la "une" sur fond noir : "Quand le football tue".

"Footeurs de haine", titre pour sa part Libération alors que Le Figaro, qui note que "depuis des décennies, le club parisien vit au rythme des violences", écrit "Hooligans : le scandale".

SARKOZY RECOIT LE PSG

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé en janvier dernier sa volonté d'attaquer de fond le problème de la violence dans les stades de football, devait recevoir à la mi-journée le président du PSG, Alain Cayzac, les associations de supporters du club et le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez.

S'agissant du policier, l'ouverture d'une information judiciaire pour "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" est prévue, a déclaré le procureur de Paris, Jean-Claude Marin.

La mise en examen du policier est une mesure technique nécessaire pour que la procédure visant à vérifier qu'il était bien en état de légitime défense soit menée à bien, a précisé le magistrat lors d'une conférence de presse vendredi soir.

Cet état de légitime défense, qualifié de "très vraisemblable" par le procureur, exonère le policier de toute responsabilité pénale. Si l'hypothèse est confirmée par l'instruction, il ne sera donc pas jugé.

Le parquet a aussi prévu l'ouverture d'une autre information judiciaire sur les violences qui ont entouré l'épisode autour du Parc des Princes.

"Moins d'une dizaine" de supporters du PSG étaient toujours en garde à vue dans ce cadre vendredi soir, selon le parquet.

La procédure visera notamment l'attaque du restaurant McDonald's de la porte de Saint-Cloud, où le policier et le jeune supporter de Tel Aviv s'étaient retranchés après le coup de feu. L'endroit a été mis à sac avant l'intervention des CRS.

Le procureur a précisé que l'enquête pourrait aussi viser l'agression et les injures racistes qui ont été proférées. Il est fait état par des témoins de cris de singes, de saluts nazis des mots "sale nègre", "sale juif" et de menaces de mort.

Jean-Claude Marin a aussi dit avoir "la preuve" par des témoignages que le slogan "Le Pen président" avait été scandé par les assaillants du restaurant McDonald's, allusion au président du Front national, Jean-Marie Le Pen.

Affaire PSG: Le Pen va porter plainte contre le procureur

PARIS- Jean-Marie Le Pen a annoncé qu'il allait porter plainte pour diffamation contre le procureur de la République de Paris pour avoir déclaré que certains supporters du PSG impliqués dans les incidents mortels de jeudi avaient crié des slogans favorables au président du Front national.

"Je porterai plainte contre le procureur", a-t-il dit lors de l'émission "Ripostes" sur France 5, en soulignant que le magistrat n'avait pas été lui-même témoin des faits.

Le Front national a nié vendredi toute implication dans les échauffourées qui se sont soldées par la mort d'un supporter du PSG jeudi soir et critiqué le procureur Jean-Claude Marin, qui a fait état de slogans pro-Le Pen scandés par les supporters extrémistes du PSG.

"Le Front National n'est impliqué en aucune manière, ni dans ces incidents, ni d'ailleurs dans ce que l'on appelle le 'Kop de Boulogne' (les supporters extrémistes du PSG-NDLR). Il poursuivra en justice toute tentative d'amalgame", a dit le parti de Jean-Marie le Pen dans un communiqué.

Sur la base des dépositions recueillies par la police, le procureur de Paris a relaté que la foule, qui a agressé un jeune supporter français de Tel Aviv protégé par un policier noir, scandait "Le Pen président", "sale nègre", "sale juif", faisait des saluts nazis et poussait des cris de singe.

Malgré les protestations du FN, le procureur a réitéré son récit. "Nous en avons la preuve par des témoignages", a-t-il dit.

Le 23/01/07, Heidegger: des universitaires démontent les accusations de nazisme

hm.jpgPARIS, le 23/01/07 - Un groupe d'experts publie, sous le titre "Heidegger à plus forte raison" (Fayard), une vive réplique à un ouvrage d'Emmanuel Faye qui avait dénoncé en 2005 les liens de Martin Heidegger avec le nazisme, et relance le débat sur l'attitude du philosophe allemand.

Dans "Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie" (Albin Michel), publié en mars 2005, Emmanuel Faye, professeur de philosophie à Paris X-Nanterre, expliquait comment l'intellectuel allemand (1889-1976) avait mis sa pensée au service de la diffusion des fondements du nazisme, à travers notamment des séminaires professés entre 1933 et 1935. La thèse avait provoqué une violente querelle d'intellectuels, entre accusateurs et défenseurs d'Heidegger. Les partisans du philosophe allemand avaient notamment adressé un mail en 13 langues à plus de 3.000 universités dans le monde, sur des sites culturels et à des médias internationaux, pour dénoncer "l'essai délirant" d'Emmanuel Faye.

 

D'autres, parmi lesquels les historiens Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet ou l'avocat Serge Klarsfeld, avaient défendu le livre. La polémique avait également eu un impact en Allemagne et en Italie. "Heidegger à plus forte raison", qui sort cette semaine, rassemble les contributions de onze universitaires français, suisse et italien, sous la direction de François Fédier, professeur de philosophie et traducteur d'Heidegger. L'ouvrage avait d'abord été annoncé au printemps 2006 chez Gallimard. Mais l'éditeur avait renoncé à le publier, après notamment la publication dans la presse d'un texte d'Emmannuel Faye accusant l'ouvrage de "négationnisme". Claude Durand, PDG de Fayard, avait aussitôt repris le projet.

 

Le livre qui paraît aujourd'hui "se comprend donc d'abord comme une réplique", écrivent ses auteurs, qui entendent montrer "que la thèse scandaleuse" se réduit "à un tissu d'approximations, d'erreurs, de contresens". Une position contraire de celle d'Emmanuel Faye, que François Fédier formule ainsi: "malgré un engagement résolu en faveur d'un régime dont il n'a malheureusement pas su pressentir le potentiel de nocivité, Heidegger s'en est désengagé, et il a entrepris une critique fondamentale de ce qui en fait un régime suprêmement dangereux". Disciple d'Edmund Husserl, auquel il succéda en 1928 à l'université de Fribourg-en-Brisgau, Heidegger fut vivement critiqué après la chute du nazisme pour son attitude envers le régime hitlérien auquel il apporta d'abord son soutien avant d'adopter une attitude critique.

 

Il ne reprit son enseignement à Fribourg qu'en 1956. ("Heidegger à plus forte raison", sous la direction de François Fédier - Fayard - 536 p. - 28 euros

Réflexion sur la barbarie

littel.jpgL’Université hébraïque de Jérusalem accueille un colloque international, le premier, consacré au prix Goncourt et au Prix de l’Académie française 2006 : « Les Bienveillantes » de l’écrivain américain d’expression française Jonathan Littell. Ce roman est l’autobiographie fictive d’un bourreau nazi. Interrogé sur ce qui l’a incité à écrire un roman sur le massacre des Juifs, Littell évoque la photographie saisissante, découverte en 1989, d’une partisane russe, Zoïa Kosmodemianskaïa, pendue par les nazis. Plus tard, la découverte du film Shoah de Claude Lanzmann et la lecture de plusieurs ouvrages, dont La Destruction des Juifs d’Europe de Raul Hilberg et Les Jours de notre mort de David Rousset, l’ont influencé et ont donné une orientation plus précise à son projet. L’auteur reconnaît que la portée de l’œuvre dépasse le seul génocide des Juifs pour revêtir une dimension plus universelle.

Il révèle que « ce qui [l]’intéressait, c’était la question des bourreaux, du meurtre d’État. » Il précise : « ..., j'aurais pu prendre des exemples plus récents que j'ai vécus de près, au Congo, au Rwanda, en Tchétchénie. Mais j'ai pris les nazis pour prendre un cas de figure où le lecteur ne pourra pas se défausser en prétextant que “Ah ! ce sont des Noirs ou des Chinois”. Il fallait ancrer ce récit chez des gens comme nous pour empêcher le lecteur de prendre de la distance. »Le livre est paru en 2008 en hébreu (édition Kineret Zmora BItan). Le colloque réunira des chercheurs israéliens, français, allemands et américains.
Jusqu’au mardi 23 juin En français et en anglais Université hébraïque de Jérusalem – Mont Scopus Rabin Building Informations : 03-7968000