Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

La leçon d'Avraham : l'exposition itinérante pour lutter contre l'antisémitisme

shay Azoulay La leçon d'Avraham

"ABRAHAM: Out of One, Many" à Paris
Exposition et réception le 18 juin à 19h00  23 Avenue Georges V 75008 Paris.
Tel : 33 (0) 1 53 23 84 00

Shay Azoulay la leçon d'Avraham

Shay Azoulay la leçon d'Avraham

 

 

Paul-Gordon Chandler (Directeur de l'ONG Canon) invite à Paris trois artistes dont l'israélien Shai Azoulay, dans le cadre de "The American Cathedral in Paris" pour  l'exposition "ABRAHAM : Out of One, Many" (qui fait écho à la formule latine "E pluribus Unim") le 18 juin .
L'objectif est de lutter contre la nouvel antisémistisme dans le monde occidental.

L'exposition est itinérante. Elle a commencé à Saint Paul hors des murs de Rome avant de venir à Paris. L'objectif est aussi (et en conséquence) de rappeler que chrétiens;, juifs et musulmans sont issus d'une même famille dont le père est Abraham.

Les oeuvres exposées rappelle ce que les trois spiritualiés ont en commun et comment, au delà des luttes qui les ont séparées, elles ont encore à apprendre pour vivre harmonieusement entre elles.

Le chemin est encore long mais chacun des trois artitses - Shai Azoulay, Qais Al Sindy, Sinan Hussein - ont créé des oeuvres qui rassemblent des "figurations" de la vie d'Abraham. Elles peuvent nous guider aujourd'hui dans la façon dont les créateurs ont imaginé leurs oeuvres de paix.

L'ONG Caravan a pour but de créer des liens au moyen de l'art en tant que medium pour rassembler des fois et des cultures différentes. Après Rome et Paris, l'exposition itinérante continuera sa route prosélytique à Edimbourg puis aux USA.. Les trois artistes deviennent donc les témoins d'un espoir qu'ils entretiennent.

Chaque artiste à sa manière itransforment le regard et leurs oeuvres deviennent des emblèmes d'un monde où le trivial et le prodigieux se mêlent. Certrain parleront - à tort - de réalisme magique. Il s'agit d'interpréter le monde dans un langage picaresque mais aussi premier puisque venu du fond des civilsations pour tenter de les faire renaître d'une manière plus apaisée et en fidélité à la "leçon" d'Abraham.

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Artiste juif et israélien: Pavel Wolberg ce que les images disent

Pavel Wolberg ce que les images disent

Pavel Wolberg : ce que les images "disent"

Le photographe israélien fait ressurgir non seulement les traces mais des lumières - parfois noires - de tout ce qui se défait sur les lieux qui en sont les porte-empreintes. L'artiste fait de tout espace un cérémonial. Il n'a rien de délétère ou de nostalgique : il demeure vivant même si les luttes sont dans ce travail omniprésentes.

Les survivances des douleurs et des conflits se transforment soudain en sur-vivances à la beauté étrange venue d'un surgissement inattendu.

Wolberg nous confronte parfois à d'immenses panoptiques selon une poétique de l'espace des plus impeccables.

Pavel Wolberg ce que les images disent

Pavel Wolberg ce que les images disent

Le créateur projette des visions d'universalité tout en étant ancrées dans un territoire parfois ouvert, parfois fermé.

Elles marquent une obsession, une hantise des mouvements humains.
Le photographe dans ces images  voudrait non seulement témoigner mais  réparer le trauma d'une époque.

Les prises permettent de penser et d’envisager le rapport au monde en source de "simplicité". Les œuvres produisent aussi une sensation quasi tactile de l'espace harmonieux et accompli. Sous l'apparente angoisse se cache ce qu'il y a de plus fort en un monde bouleversé. L'image devient un seuil visuel particulier.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive et israélienne : Michal Mamit Vorka ou la voix du silence

Michal Mamit Vorka : femme et lutte ou la "voix" du silence

Michal Mamit Vorka : femme et lutte ou la "voix" du silence

L'artiste juive émergeante  orignaire d'Ethiopie Michal Mamit Vorka est l'exemple type des créateurs originaires de ce pays et qui ont trouvé en Israël un ressourcement culturel et identitaire mais qui luttent pour une intégration plus forte dans le pays où ils éprouvent parfois des difficultés.

Michal Mamit Vorka: Acrylique sur toile 2018 Autoportrait avec Moshe Chen

Michal Mamit Vorka: Acrylique sur toile 2018
Autoportrait avec Moshe Chen

Michal Mamit Vorka s'élève en tant qu'artiste, femme et idéaliste contre des stéréotypes masculins et identitaires et se veut la voix d'une minorité silencieuse. Elle est consciente de l'importance de l'art en tant que vecteur de relève face à certains discours politiques, sociaux et culturels.

S'élevant contre une certain intégrisme ségrégationnel elle lutte pour que les forces ancestrales ne soit pas enfreintes et ce au nom du désir de l’incommensurable alerte que le Talmud devrait dicter à ceux qui parfois dans leurs actes le trahissent sous prétexte qu'il ont d’autres chats à fouetter.

Le corps métisse se refuse à être ravi ou méprisé. Une telle oeuvre ne peut laisser de marbre. Peu importe ceux ou celles qui parlent dans le dos de l'artiste : ceux de ses toiles les contemplent. Haut les corps ! Et peu importe les manipulateurs obsolètes.

 

Michal Mamit Vorkan "Jerusalem Artists House", Shmuel HaNaggit St., Jrusalem.

Artiste juif: Yehuda Adi Devir répertoires de nos faiblesses

Yehuda Adi Devir répertoires de nos faiblesses

Yehuda Adi Devir : répertoires de nos faiblesses

Le dessinateur Yehuda Adi Devir connaît un grand succès en Israël et dans le monde par sa manière d'immortaliser la vie de couple. Son compte Instagram est devenu un must. Chacun y va pour retrouver sa propre image...

Comme base, l'artiste se sert de sa vie avec sa (belle) femme. Et soudain les trentenaires et quarantenaires de Tel Aviv sont bien nos semblables, nos frères et soeurs avec leur vanité, leurs amours, leurs faiblesses.

Yehuda Adi Devir répertoires de nos faiblesses

Yehuda Adi Devir répertoires de nos faiblesses

II suffit à Yihuda Adi Devir, pour entraîner le rire, de forcer le trait. Surgit un trop plein de muscles sur les torses des mâles et les femmes possèdent des formes qui font autorité pas seulement sur les rives de la Méditerranée

Mises en scènes et spatialisation crée un retour à la phrase de Berkeley au sujet :"Esse est percipi" ("être c’est être perçu"). Cette phrase demeure capitale pour comprendre la farce qui renvoie à nous-même.

Chaque dessin permet de monter en épingle nos misérables "vacations farcesques" (Montaigne). Les vignettes créent une respiration ironique. A nous d'y retrouver de quoi redresser nos comportements. Ou de s'y enfermer...

Artiste juif : Eli Singalovski, poétique de la ville

Artiste juif : Eli Singalovski,  poétique de la ville

Eli Singalovski : poétique de la ville  Galerie Litvak, Tel-Aviv

Né à Saint Petersbourg en 1984, Eli Singalovski est venu en Israël à l'age de 7 ans et vit à Tel Aviv. Diplômé de le Bazabel Academy of Art il devient un photographe reconnu internationalement pour ses photos d'architectures urbaines.

En noir et blanc, il crée une vision particulière des grands ensembles anonymes comme de maisons aux architectures nouvelles, selon une ostentation à la fois fractale mais non dénuée de poésie et des prises dans une lumière entre chien et loup.

Artiste juif : Eli Singalovski,  poétique de la ville

Artiste juif : Eli Singalovski, poétique de la ville

Le photographe sait forcer le réel : il en modifie les manifestations visibles et en transforme leur perception. Trouvant toujours des lieux improbables Eli Singalovski leur donne une force d’aura.
Des structures hybrides, composites ou minimalistes traversent l’espace en créant des phosphorescences mystérieuses.

 

Artiste juive : redécouvrir l'œuvre de Lisetta Carmi

redécouvrir l'œuvre de Lisetta Carmi

Redécouvrir l'œuvre de Lisetta Carmi

Lisetta Carmi, Centre d'Art de Genève, mai-juin 2019.

Née à Gênes dans une famille bourgeoise juive, Lisetta Carmi., après des études avancées de piano et sous l'effet des mouvements politiques italiens s'engage dans la lutte sociale de gauche progressiste et renonce à son métier de concertiste.

redécouvrir l'œuvre de Lisetta Carmi

redécouvrir l'œuvre de Lisetta Carmi

Parallèlement, elle commence à photographier en autodidacte. Elle réalise entre autres des photographes des ouvriers du port de Gênes, de ses zones industrielles ou encore le célèbre cimetière de Staglieno.

Elle découvre ensuite le monde des travestis. Elle les fréquente pendant 5 ans à la fin des années 60 et découvre grâce à eux sa réelle identité sociale. Refusant le rôle que la société assignait aux femmes, cette expérience la fait réfléchir au droit que chacun possède à déterminer son identité.

Elle crée une série de portraits publiée sous le titre "Travestiti". Le livre fait scandale car c'est le premier sur le milieu. Plus tard elle parvient en quelques minutes de faire une vingtaine de portraits d'Ezra Poun qu'elle rêvait de rencontrer mais qui ne fait que lui entrouvrir sa porte. Elle fera encore une série de clichés en Sicile, avant de renoncer à la photographie.

L'image s'introduit dans les anfractuosités du réel en des mises en miroir de celles des apparences. Chaque œuvre de Lisetta Carmi devient un roman un cinéma muet. Exit les dialogues de cire et de circonstances.

La créatrice reste toujours "militante". Elle apprend à rouvrir les yeux, à ne pas se contenter de jouir des apparences fixée. L'image sort de la simple exhibition en un expressionnisme distancié. Il joue sur un rendu simultané de diverses facettes intimes et publiques et par superposition de strates.

Artiste israélienne : Inbal Mendes-Flohr les rebelles aux causes justes

Artiste israélienne : Inbal Mendes-Flohr les rebelles aux causes justes

De l'artiste, rappel : "Viva Europa!", Koresh 14 Gallery, Jérusalem

Les oeuvres d'Inbal Mebdes-Flohr sont des grandes peintures colorées et chatoyantes.
Y sont scénarisées des amazones guerrières et rebelles d'un nouveau genre.
Jaillissent des Femen tirées de l'histoire du temps comme des figurations de la culture populaire.
Elles brûlent des drapeaux, luttent contre les abus domestiques ou politiques telles de nouvelles Wonder Women voire bien plus (ou pire pour certains machistes...).

Artiste israélienne : Inbal Mendes-Flohr les rebelles aux causes justes

Artiste israélienne : Inbal Mendes-Flohr les rebelles aux causes justes

Et il n'est pas jusqu'à la mythique déesse Europa de s'en prendre à Zeus lui-même.
Le tout dans un falbala de formes vives.
Europa et ses soeurs viennent à bout de leurs kidnappers. Mais elles ne s'arrêtent pas en si bon chemin. Existe une suite de rituels de purfication festive contre la mort donnée aux femmes.

D'Israël l'artiste crée un processus du changement de la condition de celles qui luttent pour leurs droits dans un monde nourrit de violence, segrégation sexiste, hypocrisies dont Zeus fut le premier démiurge.

Artiste israélienne : Inbal Mendes-Flohr les rebelles aux causes justes

Artiste israélienne : Inbal Mendes-Flohr les rebelles aux causes justes

Dans son aspect psychédélique l'oeuvre dépote. L'artiste utilise aussi bien des "markers", des spray que l'encre ou la peinture pour ses délires lucides. Si bien que l'oeuvre prend une figure de transe et de rébellion constantes.  Demeure un anarchisme concerté, ludique et nécessaire chez ces Sabine qui ne se laissent plus faire et luttent contre le chaos.

Artiste juif : La surface obstruée - Moshe Kupferman

Moshe Kupferman, sommer contemporay, Tel Aviv.

La surface obstruée - Moshe Kupferman Moshe Kupferman, sommer contemporay, Tel Aviv.

Moshe Kupferman revendique une poésie visuelle contre le consumérisme et la douceur. Mais face à la peur et la haine il crée des métaphores dans un dispositif de communication à la fois directe mais apparemment abstraite.

Maître d'un minimalisme particulier, ses grilles et entraves cultivent une forme non seulement de poésie manifeste mais d’humour pour jouer avec le voyeur selon un retour à des visions primitive par le tissage de lignes grises sans imprécations, dégoûts ou vertiges frelatés mais pour souligner certains risques. Mais sans en faire une "politique".

Moshe Kupferman, sommer contemporay, Tel Aviv.

Moshe Kupferman, sommer contemporay, Tel Aviv.

Nul élan n’est noyé. Les œuvres émettent leur magnétisme, les masques disparaissent là où la biffure semble régner dans à la fois une remontée et une protection des abîmes : ils courent dans l’œuvre de l’enfin vers un infini que l'auteur tente de colmater ou d'espérer.

Moshe Kupferman, sommer contemporay, Tel Aviv.

Moshe Kupferman, sommer contemporay, Tel Aviv.

 

Artiste juif : L'art textile abstrait de Samuel Levi Jones

L'art textile abstrait de Samuel Levi Jones

L'art textile abstrait de Samuel Levi Jones

Samuel Levi Jones, "Let Us Grow", Lelmong & Co, du 18 mai au 13 juillet 2019

Natif de l'Indiana, Samuel Levi Jones vit et travaille à Indianapolis et représente un des artistes les plus reconnus dans son pays. Ses oeuvres prolongent la tradition de la peinture abstraite. Leurs surfaces rectangulaires s’imbriquent les unes dans les autres en des assemblages dynamiques de collages de tissus.

Tout provient d'éléments détritiques issus du dépeçage de reliures d’ouvrages savants périmés qui sont supposés avoir fait autorité dans leur domaine : médecine, histoire, droit ou comme dans cette exposition de livres d'art français.

Le disparate signifie à la fois une sorte de dissémination ou de pertes culturelles fruits d’influences issues de diverses traditions. Néanmoins de l’ensemble surgit un point commun : la force de l'image face aux mots et leur logos.

Au classicisme des centaures livresques répond le minimalisme de telles dissonances plastiques post modernistes et expressionnistes là où la "représentation" déconstruite fait le jeu de l’impressionnisme le plus décapant.

Artiste juif : l'imaginaire corrosif de Jack Jano

L'imaginaire corrosif de Jack Jano

L'imaginaire corrosif de Jack Jano

Jack Jano, Engel Gallery, Tel Aviv.

Jack Jano est un artiste israélien (né à Fez) maître de l'humour provocateur. A n’en pas douter souvent il se réveille la nuit : une idée jaillit. Il faut dès le lendemain l’«instruire» en transformant les formes les plus basses comme les plus élevées selon divers «montrage» qui mêlent reprises de la tradition aux visées contemporaines.

Charrettes, revolvers ou stèles anciennes tout y passe et se trouvent convoquées pour diverses réutilisations intempestives. Et si tous les goûts ne sont pas dans la nature l’artiste propose une métamorphose du «méta-morose».

L'imaginaire corrosif de Jack Jano

L'imaginaire corrosif de Jack Jano

La volonté plastique des sculptures et des peintures deviennent des représentations hors de leurs gonds. Jack Jano ravit par la qualité mystérieuse et drôles de ses imageries. Le créateur reste à ce titre tout sauf un cuistre.

Il démontre un «ergo sum» dont le «cogito» fort peu cartésien devient une réflexion aussi farouche qu'intempestive. Il suffit donc d’entrer à pas feutrés dans ses poulaillers visuels pour que le monde sorte de la tristesse. Ce qui débouchait sur la douleur glisse sur la pente de plaisir ou de la farce.