Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Carole A. Feuerman reine mère de la sculpture hyperréaliste

Feuerman Sculpteuse la reine mere de l' hyperréalisme

Carole A. Feuerman reine mère de la sculpture hyperréaliste

Carole A. Feuerman est une pionnière de la sculpture hyperréaliste.  Avec Duane Hanson et John De Andrea elle est une des trois têtes de ponts de cette « école ». Mais tandis que  Hanson utilise des uniformes pour donner au Pop Art une vision ironique et que De Andrea explore les relations amoureuses entre les femmes et les hommes, Feuerman met en exergue la beauté naturelle du corps féminin si bien que par son art elle devient  selon John Spike la « doyenne qui règne sur le super-réalisme ».

Elle a aujourd’hui derrière elle huit rétrospectives dans des musées du monde entier et son œuvre est montrée partout. Tant  à La Biennale de Venise (quatre fois), qu’en Chine, Corée, USA Ses œuvres les plus célèbres sont « The Golden Mean » exposé face à l’Hudson  à Peekskill,  et « Monumental Double Diver » présente à Sunnyvale dans la Silicon Valley.

Le corps féminin absorbe l’espace et l'exhausse. Chaque pièce  représente  comme tout acte de création  un acte de résistance en ce qui est infiniment perceptible et peut-être inexplicable pour le regardeur. Il assiste à la confrontation avec le corps. Celui-ci demeure la présence la plus commune et simple mais aussi la plus rare et la plus mystérieuse qui soit. C'est le paradoxe d’une œuvre où le silence parle le corps féminin comme absolu.

Feuerman Carole reine mère de la sculpture hyperréaliste

Feuerman Carole reine mère de la sculpture hyperréaliste

Copyright: Alliance

Cet article ne peut être repris par aucun autre média ni radio, ni presse écrite ni presse numérique sans l'autorisation de la direction.
Cet article vous a plu ? Nous aussi ! Nous avons eu beaucoup de plaisir à le traduire et à le partager avec vous. Si vous souhaitez à votre tour contribuer au développement de notre action engagée depuis 1997, vous pouvez faire un don "aux amis d'Alliance". Merci pour votre attention et votre fidélité.

Romancière juive : Annick Walachniewicz nuances et biais dans la fidélité à la Shoah

Annick Walachniewicz nuances et biais dans la fidélité à la Shoah

Annick Walachniewicz : nuances et biais dans la fidélité à la Shoah

La romancière juive belge Annick Walachniewicz est une des  premières à insister  l’aspect « Shoah Business » qui ne peut que faire mal à ceux qui l’ont vécue comme à leurs familles et descendants. Elle met en évidence le traumatisme qu’ont vécu les enfants des survivants de la Shoah. Avec son « Il ne portait pas de chandail » et à travers sa narratrice l’auteure montre comment le silence des « revenants » est complexe.

D’une part parce qu’une telle expérience reste intransmissible et d’autre par les survivants voulaient épargner à leurs enfants et petits enfants ce poids quitte à inventer des mensonges de préservation (« La petite n’a pas besoin de savoir ça »). Mais chacun sait  qu’un tel silence est source de bien des troubles (parfois moraux, parfois physiques)  Et il arrive que les enfants des déportés deviennent aux aussi des enfants du silence.

Les secrets finissent  néanmoins à se dire mais de manière parfois plus ou moins « coupables » ce qui est un comble. Mais pour  la narratrice du livre le passage par l’écriture entraîne la guérison. Mais le chemin a été long.  La démarche est complexe, multiple et se déplace de l’histoire d’une génération à une autre. Mais certains retours sont de véritables traumas : une femme qui entre dans le musée d’Auschwitz et découvre comme première image la valise de morts qui portaient son propre nom ne peut rester indemne.

Annick Walachniewicz montre comment la manière de trouver sa propre place est soumise à divers mouvements entre le silence de l’après-guerre et une clarification qui parfois brouille les pistes. La créatrice possède l’astuce d’appuyer ses démonstrations sur une fiction où tradition n’est pas absente. Et ce afin de ne pas  brouiller les cartes tant il n’est pas facile de rameuter l’expérience de la monstruosité tout comme la taire revient à  étouffer des vies au nom de la « légitimité » d’un non savoir sur ce qui s’était passé.

Annick Walachniewicz « Il ne portait pas de chandail », L’Arbre à Paroles, Amay (Belgique), 2018.

Artiste juive : Dana Zaltzman exercices de légèreté

Dana Zaltzman artiste peintre juive et israélienne

Dana Zaltzman : exercices de légèreté

Par une approche souvent de la métaphore réaliste, Dana Zaltzman se rapproche d’une forme pure qui  exprime de la vie la volonté d’instruire sa légèreté – à l’exception peut-être des autoportraits plus graves. Ailleurs  une quintessence  ailées s’expriment là où les mouvements émotifs s’effacent ou du moins se transforment par l’effet du réel métaphorique (les plumes, la balance, etc.).

La peinture devient la forme idéale pour emporter le corps loin de sa « matière » :  ne demeurent que des ondulations parfois lascives de plumes. Et l’artiste joue toujours sur les mêmes vibrations dans ce retrait  vers l’ineffable.

Dana Zaltzman : exercices de légèreté

Dana Zaltzman : exercices de légèreté

Dana Zaltzman refuse de faire vibrer l'écume le simple désordre émotif des mouvements du corps. Elle s'en tient à l'écart, en un lieu plus profond, là où au portrait est préféré le symbole.

Le sentimentalisme semble toujours hors de propos comme s’il risquait de gâcher l’équilibre qu’il faut préserver le tout dans une mouvement que la créatrice israélienne reprend à Beckett  : "Il faut continuer, je dois continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer" (L’Innommable). Elle devient la rège existentielle et esthétique comme imposée à la créatrice.

Dana Zaltzman : exercices de légèreté

Dana Zaltzman : exercices de légèreté

Artiste juive : L’hyperréalisme onirique de Yigal Ozeri

L’hyperréalisme onirique de Yigal Ozeri

L’hyperréalisme onirique de Yigal Ozeri

De loin les peintures de Ygal Ozeri ressemblent à des photographies tant leur réalisme est patent. Néanmoins les scruter revient à comprendre le décalage qui s’y produit.

Le peintre  ne cherche pas à rassembler « du » réel mais à le défaire. Peut-être selon une discontinuité douloureuse loin de toute consolation possible.  Pour autant tout espoir n’est pas perdu. Le corps résiste en dépit d’ictus qui en ponctuant l’absence et la disparition tant de tels présences semble échapper au réel là où une proximité à la réalité crée son éloignement.

L’hyperréalisme onirique de Yigal Ozeri

L’hyperréalisme onirique de Yigal Ozeri

 

Chaque toile emplit l'espace d’une sourde mélopée par la rythmique de l'Imaginaire. Elle impose un tempo uniforme au sein de scènes qui ne sont que suggérées et où la femme est une apparition.

L’œuvre devient  la source d'une mélodie défaite avec l'affirmation d'un manque, d'une incertitude.  Elle exprime à la fois la perte irrémédiable et une présence irrévocable. Nul ne sait si la ou les femmes auxquelles  se « rattache » la peintre existent et donc, par voie de conséquence, si elle l’écoute, le voit.

Et peut-être pas plus que le spectateur ne les voient elles-mêmes. Le créateur  reste attachée à elles comme si le déploiement de la peinture ne peut accorder de repos à la disparition ou à l’absence.

Chaque  toile représente des moments de sursis et des appels dans le seul tempo des visages et leur présence sourde. Existe une  musique du silence : c’est ce que l'Imaginaire produit de plus intense à travers la « disparition » de femmes dont il ne reste pourtant bien plus que des fragments séduisants. Ozeri ouvre  une zone dans l'esprit ou plutôt  dans l’émotion  qui ne peut être atteint que par la peinture. La femme y est centre et absence. La peinture aussi.

Ygal Ozeri, « The Storm », Zemack Contemporary, Tel Aviv, 2018.

Artiste juive : Maya Zack vers une nouvelle donne

Maya Zack : vers une nouvelle donne

Maya Zack : vers une nouvelle donne

La plasticienne et réalisatrice Maya Zack est une des artistes les plus importantes d’Israël. Ses vidéos, installations et dessins traitent de la tentative de l'homme d'imposer un ordre et une forme à la réalité, afin de surmonter le chaos. L’artiste fait allusion à ce dernier sous forme de métaphores (deux chiens qui se battent par exemple) tandis que « l’ordre » est représenté souvent par d’autres « couples » : ceux-ci sont  humains et plus pacifiques.

Maya Zack : vers une nouvelle donne

Maya Zack : vers une nouvelle donne

L’artiste illustre de la sorte et de manière subtile de nombreux rapports  et mécanismes en jeu dans la société. La bureaucratie, la science, l’art ou  la mémoire jaillissent afin de montrer comment s’organise le réel autant par ses dessins originaux que ses photos d’archives qu’elle ré-agence come ce livre le prouve.

Les techniques anciennes (le dessin, camera oscura) jouxtent des approches contemporaines (photos aériennes par exemple).Dans tous les cas un décalage a lieu dans les systèmes de représentation où la mémoire garde une importance capitale. L'artiste ne cherche pas à donner une lecture platement politique de ses œuvres.  Son espace est plus poétique et en dehors d'un pur travail de dénonciation.

Dans un mixage fiévreux l'artiste  interroge les conditions d’existence des femmes et des êtres en général mais aussi  de l’art  par une vision d’une mythologie  revisitée. L'artiste inscrit des traces insidieuses faites d’images obsédantes. Tout se joue entre une masse confuse et les signes qui s’en dégagent. Une telle recherche exerce sur l’esprit et sur la perception une fascination. Cette re-présentation (le tiret est important) ne crée pas du chaos mais un ordre à venir.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Maya Zack : la mémoire en action

Maya Zack : la mémoire en action

Maya Zack, « La mémoire en action », Alon Segev Editions, Tel Aviv, 2018

 

Artiste juif : Astérix en Grande-Bretagne ; René Goscinny au Jewish Museum

Astérix en Grande-Bretagne ; René Goscinny au Jewish Museum

Astérix en Grande-Bretagne ; René Goscinny au Jewish Museum

« Astérix in Britain: The Life and Work of René Goscinny », Jewish Museum, Londres, du 10 Mai au 30 Septembre 2018

Astérix en Grande-Bretagne ; René Goscinny au Jewish Museum

Astérix en Grande-Bretagne ; René Goscinny au Jewish Museum

 

Le co-créateur avec Albert Uderzo envahit la Perfide Albion. Toute son histoire – depuis son enfance en Argentine, ses débuts à New York et enfin sa consécration en France puis dans toute l’Europe est retracée au Jewish Museum grace à des dessins, des photographies, des films ; des sketches, des jeux, etc..

 

Le visiteur se trouve immergé en un tel monde.. Et l’exposition fait suite et adapte la production créée à l’origine par le Musée Juif d’Art et d’Histoire de Paris en collaboration avec l’institut René Goscinny. L’univers n’est  pas autobiographique et fait immanquablement retour aux héros d’Astérix. Si bien que la vie de Goscinny se dit moins pas anecdotes que traces, motifs, déplacements.

 

L’ensemble crée - au-delà des divers temps d’écriture - une sorte de mille-feuilles dans un paysage imaginaire  où les diverses histoires deviennent une sorte de «temps à l’état pur » cher à Proust. Un tel monde évolue peu mais s’enracine. Astérix et Obélix demeurent centraux et tout est traité par le biais de la suggestion là où l’humour reste l’essence majeure de cette traversée au sein même du  quotidien de l’existence de Goscinny, ses surprises mauvaises ou bonnes et parfois anodines.

Le créateur pèse de tout son poids comme de sa légèreté en cette exposition. Elle  évite tout pathos en fidélité au sujet. Ce qui n’empêche pas de ressentir la complexité de l’existence de son créateur. Mais le plaisir ludique et estival demeure constant. C’est une respiration.

Ecrivain juif : livre post Shoah bien plus que simplement intéressant

Hiatus pour vivants en disparition

Textes à conquérir de Max Fullenbaum

Hiatus pour vivants en disparition.

On ne se remet jamais de l'histoire, surtout lorsque sous Hitler on avait un nom que l'auteur nomme "inflammable". Pour autant "Textes à conquérir"  n'est pas d'un énième livre sur le Shoah. Mais sur ce qu'elle accorde aux survivants qui comme l'auteur y ont échappé de justesse.  Et pour dire le désastre Fullenbaum, plutôt que d'étouffer la langue, la bourre de hiatus syntaxiques afin que les temps se mélangent. Il y a hier et aujourd'hui mais non à part : en crocs en jambes.

C'est à la fois ambitieux, angoissant, drôle, terrible. Parfois une seule phrase suffit pour tout comprendre : "Toujours un peu d'argent sur vous pour être prêts à partir". Car des années 40 à aujourd'hui rien ne change. Même dans le mot "ju-if" l'auteur distingue un hiatus, une coupure mais aussi un lien où le masculin et le féminin se mêlent.

Existe là quelque chose d'irréductible. Et ce pour une raison majeure et un défi : la littérature ici ne se recopie pas , elle s'invente et progresse. Elle indique un passage ou une traversée au moment où le texte semble appartenir non à un ordre de ce qui fut ou de ce qui est mais de ce qui reste en devenir dans les jeux de rapprochements et césures.

Il convient en conséquence de se laisser aspirer par la quadrature d'un livre réussi où l'auteur tente de refaire surface en ses  lignes de forces. Le caractère mimétique de ce qui tient en partie d'une autofiction est renvoyé à de nouveaux abymes.

Un tel texte prouve par ses empreintes que la littérature comme l'existence ne doit pas se vivre dans  la queue  leu leu : car à suivre le monde tout se gâte.
Et Fullenbaum s'érige en maître de virilité là où la fiction devient métaphore quasiment plus physique que métaphysique. Il remonte et démonte la topographie de l'existence et du monde là où il fait basculer la mémoire par ce corps-écriture, mince filet qui - parfois -  à travers ses interstices - fait dégorger des repères inattendus.

 Surgit, des vocables les plus simples, une étrange intensité et un émoi donné par la cassure de construction. Fullenbaum  crée une ouverture. Elle souligne le silence pour mieux dire et voir mieux la solitude, le cercle de la clôture. Nulle possibilité de négligence, rêverie, oubli ou accident de parcours.

A l'impossible tout le monde est tenu ou plutôt retenu en suspens dans l’espace  et en un étrange cours afin de suggérer l’invisible et d’épouser le mouvement imperceptible de la catastrophe d'hier toujours prête à renaître de ses cendres.

C'est pourquoi l'auteur refuse toute "neutralité" à l'écriture sans être  pour autant impudique : voici des traces dont on ignore sinon tout du moins beaucoup.

L’éloignement possède ses paliers, la proximité ses bornes. Demeure chemin effectué et celui qui reste à parcourir.

Max Fullenbaum, "Textes à conquérir", Les éditions du Littéraire, Paris, 2018,  13 E., non paginé.

Artiste juive : Le monde étrange et merveilleux de Ruthi Heilbitz-Cohen

Le monde étrange et merveilleux de Ruthi Heilbitz-Cohen

Le monde étrange et merveilleux de Ruthi Heilbitz-Cohen

L’atmopshère des œuvres aux techniques plurielles de l’artiste israélienne Ruthi Heilbitz-Cohen est à la fois poétique, délirant, parfois grave, parfois enjoué. Les femmes y ont un rôle important en des suites de déconstructions ou de reprises. Mais s’y dessine encore une mascarade de figurations humaines ou animales en éternelles mutations.

Ruthi Helbitz-Cohen, galerie Gordon, Jérusalem.

Ruthi Helbitz-Cohen, galerie Gordon, Jérusalem.

L’artiste créent des installations où l’espace prend une dimension dynamique et féerique.  Le contexte social et politique est toujours là mais en filigrane. Le couleur rouge des portraits par exemple n’a rien d’innocent.

L'imaginaire et la technique de la plasticienne inventent des fantaisies drôles ou inquiétantes. Elles fabriquent aussi une mémoire puisque partout où rampe ou s’affiche un univers fait de traces et de hantises. Chaque œuvre fait du visiteur un voyeur non prisonnier de ses fantasmes mais libre de réinterprétations.

Ruthi Helbitz-Cohen, galerie Gordon, Jérusalem.

Ruthi Helbitz-Cohen, galerie Gordon, Jérusalem.

Et si une telle peinture se doit par instant à l'animal c'est parce que celui-ci reste la métaphore idéal. Il permet de ne pas se réfugier dans le seul repli identitaire et anthropomorphique. Cela rappelle aussi que sous l’humain trop humain se cachent des animaux farceurs et parfois monstrueux. Il s’agit donc là d’une des métaphores qui ne se contentent pas de cicatriser le monde tel qu’il est.

 

Ruthi Helbitz-Cohen, galerie Gordon, Jérusalem.

Artiste juive américaine : Eliza Douglas, reconstruire de féminin

Eliza Douglas : reconstruire de féminin

Eliza Douglas : reconstruire de féminin

Eliza Douglas, Jewish Museum, New York du 4 Mai au 21 Aout 2018

Eliza Douglas née en 1984 à New York, vit et travaille dans sa ville de naissance et à Berlin. Elle crée des peintures étranges entre réalisme et abstraction. Elle présente une partie de sa série commencée en 2016 et dont les titres sont tirés de poèmes de Dorothea Lansky. L’artiste dans chacune de ses toiles introduit des portions de corps ou de vêtements qui deviennent des autoportraits paradoxaux. Cette vision crée un équilibre entre la façon dont l’artiste se voit et comment elle est perçue par les autres.

Eliza Douglas : reconstruire de féminin

Eliza Douglas : reconstruire de féminin

Elargissant son champ de l’intime, l’artiste avec « Shadow and Light » et  « Blood and Bones » revient à l’héritage de sa grand-mère Wolff Douglas .

De 1924 à 1951, celle-ci fut professeur au Smith College, dans le département d’économie où elle fut le mentor de l’auteur et activiste féministe Betty Friedan.  Elle vécut pendant trente ans avec  Katherine Dupre Lumpkin sociologue qui analysa les relations ethniques dans l’Amérique du Sud.

Les deux femmes cassèrent les notions académiques et culturelles et influencèrent la politique progressive des USA. Au plus chaud moment du  Mac Carthysme, dans les années 50 Wolff Douglas dut témoigner devant la commission ,des activités communistes de la Chambre des Représentants et les deux femmes durent arrêter leurs travaux. La peintre récupère poétiquement cette histoire oubliée.

Celle qui elle-même s’intéressa à la sociologie et qui travailla comme employée dans un salon de coiffure a trouvé sa voie -  encouragée par sa mère -  dans la peinture qu’elle étudia en Allemagne). Elle est attirée auhourd'hui vers d’autres champs (dont la musique entre autres) voire les comédies musicales qu’elle affectionne et qui pourrait devenir l'objet de performances. Mais sa dernière série de mains et de bras restent une œuvre plastique qui la place au cœur même de l’art contemporain.

Artiste juif Boyan : de don Quichotte à Billy the Kid

L’artiste israélien Boyan

Boyan : de don Quichotte à Billy the Kid

L’artiste israélien Boyan aime à jouer avec les images mythiques pour les transformer : il fait de Don Quichotte un chevalier blanc, de Billy the Kid un Rimbaud dessiné par Verlaine, de Napoléon un « poor lonesome cow-boy ».

L’artiste israélien Boyan

L’artiste israélien Boyan

Tout cela donne de lui l’image d’un « rough boy », un « dur » de la peinture, une sorte de gamin de Tel-Aviv genre boulevard de ceinture. L’éloignement du réel au profit d’un mythe revu et corrigé tient de la farce autant que de la fable. C’est vivifiant, intempestif et transgressif. Les idées reçues se dissolvent en de telles peintures ravageuses.

Son travail transforme le sujet un objet, édulcore le temporel tels que les médias d’hier ou d’aujourd’hui le consomment. Un triste sire de circonstance - genre Bokassa - pratique dans le carrosse de son pseudo-sacrement un chaud baiser à une femme blanche. Si bien que d’une certaine façon chacun en prend pour son grade là où les stucs en stock se dégradent.

Ce qui n’empêche l’artiste de retrouver un lyrisme particulier car intempestif : celui qui renoue avec les forces non seulement primaire de vie et de mort mais ave celle que l’art lorsqu’il n’est pas dévoyé en des fins secondaires.

 

Boyan, Sommer Contemporay Gallery, Tel Aviv.