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ANTISéMITISME/RACISME

Youssouf Fofana reconnaît son implication dans l'enlèvement 23/06/2009

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Article paru dans "Le Monde",le 19/02/08

Les enquêteurs, vendredi 24 février, commençaient à mieux connaître les circonstances de la mort d'Ilan Halimi. Et ce, même si l'audition de Youssouf Fofana par les policiers ivoiriens, à Abidjan, en présence de deux fonctionnaires de la brigade criminelle parisienne, n'a pas permis de préciser les détails du scénario dans lequel la victime a été abandonnée, nue et menottée, près d'une gare à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), le 13 février. La version du suspect - qui avait quitté la France le 15 février avant d'être arrêté dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 - ne concorde pas totalement avec celle d'autres membres du groupe, chacun essayant de minimiser sa propre responsabilité.


Deux nouvelles arrestations vendredi

Une jeune femme et un homme ont été interpellés et placés en garde à vue vendredi à Paris, dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement et l'assassinat d'Ilan Halimi, a-t-on appris de source policière. Parmi sept personnes qui étaient gardées à vue vendredi, l'une a été déférée devant la justice et une autre exclue du dossier, mais elle sera inquiétée pour infraction à la législation sur les étrangers.

Les enquêteurs disent actuellement tenter de cerner le "second cercle" autour du cerveau présumé de l'affaire, Youssouf Fofana. Ils parlent d'un "réseau" et de "bras droits" qui pourraient être aussi importants que les 13 personnes du "premier cercle" mises en examen.

Selon des sources policières françaises, Youssouf Fofana a reconnu sa participation dans le plan d'enlèvement d'Ilan Halimi, repéré dans la boutique de téléphonie parisienne où il travaillait. Celui qui s'autoproclamait "cerveau des barbares" a confirmé le stratagème de l'appât, avec l'aide de jeunes femmes, et le piège tendu contre Ilan Halimi, enlevé à Bagneux. Selon Youssouf Fofana, le groupe avait choisi sa victime en estimant qu'un juif avait forcément de l'argent.

PAYS D'ORIGINE DE SES PARENTS
Youssouf Fofana aurait aussi reconnu que, au vu de l'impasse dans les négociations pour la remise de rançon, il avait fini par ordonner à ses geôliers de torturer Ilan Halimi. Ce dernier aurait été ensuite transporté dans une première, puis une seconde voiture, avant d'être abandonné, inconscient.

Le rapport d'autopsie a confirmé que des coups répétés - aucun n'ayant été mortel - ont été portés contre Ilan Halimi avec un objet contondant, sur l'ensemble du corps, notamment la nuque. Par ailleurs, la victime a été brûlée à 80 % avec un liquide qui pourrait être un produit détachant ou un acide. Les détails de cette autopsie seront confrontés par les enquêteurs aux déclarations des gardés à vue, pour traquer les incohérences.

Le chef du groupe a décidé de quitter le territoire, le 15 février, lorsqu'il a découvert sa photo dans la presse. Il avait déjà effectué le trajet Paris-Abidjan à deux reprises, ces dernières semaines, en janvier puis début février. C'est d'Abidjan qu'il avait contacté par téléphone à plusieurs reprises la famille d'Ilan Halimi. Se croyant en sécurité dans le pays d'origine de ses parents, Youssouf Fofana n'a guère fait preuve de discrétion dans ses déplacements et ses communications.

Les procès verbaux de ses auditions, conduites à Abidjan, seront versés au dossier en France. Mais Youssouf Fofana devrait être réentendu dès son retour. "Le principe du rapatriement en France est acquis, c'est une affaire de jours ou d'heures", a indiqué, jeudi 23 février, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, le président ivoirien Laurent Gbagbo a annoncé avoir "donné de fermes instructions" afin de rendre Youssouf Fofana à la France, "pays dont il détient la nationalité". Un mandat d'arrêt international devait être délivré après avis du parquet de Paris, vendredi 24 février.

Par ailleurs, la dimension du groupe s'élargit aux yeux des enquêteurs. Une quinzaine de personnes sont concernées pour l'heure. Mais la brigade criminelle recherche encore certaines jeunes femmes qui auraient pu servir d'appât, ainsi que les hommes ayant organisé l'enlèvement d'Ilan Halimi, les geôliers étant déjà écroués. Les parents de la jeune femme qui s'était spontanément présentée au commissariat de Montrouge (Hauts-de-Seine) après avoir été utilisée comme appât par Youssouf Fofana, ont été récemment menacés au téléphone.

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