Le cri d'un rabbin : Ne jetez pas vos enfants dehors parce qu'ils quittent la Yeshiva

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Ces jeunes qui quittent la Yeshiva

C'est l'histoire des vrais Shababniks. Pas Avinoam Lasri et son groupe de la série télévisée mais la jeunesse ultra-orthodoxe qui a quitté les yeshivots, qui a désertée le courant religieux et se retrouvent à errer dans les rues à la recherche de nouveaux repères.

C'est aussi l'histoire d'un jeune homme ultra-orthodoxe, un étudiant talmudique âgé d'une trentaine d'années, qui a décidé de se consacrer à ceux qui ont été déjà abandonnés par nombre d'éducateurs, qui ont échoué à les faire revenir dans le "droit chemin".

Le rabbin Ovadia Moti propose son programme, "Hanoch Le'Nar", composé d'environ 100 étudiants, tous diplômés du système éducatif ultra-orthodoxe.

Yaniv est venu à Hanoch Le'Nar tout d'abord par curiosité. Une ballade dans la rue et la rencontre avec le rabbin Moti Ovadia l'ont convaincu de visiter cet endroit, une sorte de «ville de refuge» pour les ultra-orthodoxes, avec tables de billard, ping pong, musique, films et cours de capoeira . "La maison est ouverte pour toi", lui dit-il.
Et Yaniv est entré.

"Il suffit de pas grand chose pour se retrouver à la rue ", a déclaré Yaniv,
"S'il vous ne vous est plus possible de vous asseoir pour étudier , vous arriverez tout comme moi dans la rue à la seconde même où vous ne pourrez plus entrer dans un lieu d'étude, puis à traîner à faire n'importe quoi jusqu'aux petites heures de la nuit ,en clair, à ruiner votre vie."

«Moti sait nous parler et toucher nos coeurs », explique Gidi 17 ans. "Dés les premiers mots il comprend tout ", dit-il, "On peut lui parler pendant des heures, il nous comprend car il vient du même milieu que nous "

Ces jeunes qui quittent la Yeshiva

Ces jeunes qui quittent la Yeshiva

L'exposition croissante à Internet affecte également la société religieuse.
Le film "Free Communication" met sur la table la question tabou de la sexualité, telle qu'elle est perçue par un jeune religieux surfant sur le net.
"Ils n'ont pas les outils nécessaires pour y faire face, pas de filtres pas de mots à mettre sur leur ressenti, personne ne les a éduqué dans ce domaine et personne à qui en parler, cela crée beaucoup de problèmes."

L'histoire personnelle du rabbin Ovadia Moti explique en partie son succès auprès de ces jeunes .

Il a abandonné la yeshiva à 19 ans. «J'ai échoué dans mes études, souffrant  d'hyper activité, Pendant des heures je jouais  au football allant jusqu'au niveau professionnel, je me suis également entraîné dans des gymnases mixtes, j'ai dansé jusqu'au bout de la nuit dans des boites de nuit : «Je faisais ce que je voulais quand je le voulais, non je ne me droguais pas mais je vivais dans la rue"

"En fait tout a commencé pour moi quand j'ai  abandonné la yeshiva d'élite à laquelle j'appartenais, je me suis orienté vers une plus Yeshiva plus modérée , «moins stressante», comme ont dit. "

Deux ans plus tard, l'étudiant en yeshiva et le joueur de football «terminaient» la rédaction d'un livre, l'étude du Talmud et se marie."L'achèvement de l'étude du Talmud a été ma plus grande victoire."

Un soir,  le rabbin Moti Ovadia sort avec sa femme et voit un attroupement d'environ une centaine de jeunes se promenant avec un haut-parleur, qui dansaient et hurlaient dans le porte voix.
. Le jeune rabbin s'approche d'eux et dit simplement: «Pourquoi faites vous cela ?
Le savez vous ? "

"Les jeunes n'ont pas besoin de plus qu'un câlin et d'un bon mot pour leur prouver qu'ils ne sont pas rejetés, qu'ils sont quelqu'un."
Le rabbin ajoute qu'il n'est pas toujours possible de savoir dans quel état mental se trouve le garçon. "Peut-être que son ami l'a quitté, peut-être qu'il est que ses  parents l'on jeté dehors?"
Parfois, la drogue et l'alcool sont impliqués, et la police, qui connaît déjà bien le jeune éducateur, coopère.

Il y a aussi le cas de ce jeune homme qui a rejoint le programme préparatoire parce que le rabbin lui a tenu ce discours « Entre chaque fois que tu le souhaites une table de billard, ping-pong - est à ta disposition... » Ainsi, le garçon est devenu joueur de  billard professionnel - "O'Sullivan" (en tant que champion du monde de Snooker), puis est entré dans la yeshiva et a commencé à étudier sérieusement.

"Ce fut l'un des moments les plus excitants de ma vie", se souvient le rabbin Ovadia. "j'avais  bouclé la boucle.
Fait surprenant, est que le jour de la remise des diplômes à ce jeune homme fût également,"par hasard" le jour de mon anniversaire, ce qui m'a donné le sentiment d'avoir été guidé par Dieu, touché par la grâce en quelque sorte"

Les taux de décrochage parmi les élèves des écoles ultra-orthodoxes montent en flèche. Selon un rapport de l'Institut israélien de la démocratie, 2 800 élèves ont abandonné le système scolaire ultra-orthodoxe en un an, ce qui est largement supérieur au taux d'abandon dans le système éducatif laïque.

Ces chiffres augmentent chaque année, le drame de ces jeunes est qu'ils se retrouvent à la rue, sans éducation de base , parfois même sans un hébreu courant et évidemment sans assistance
"Un homme ultra-orthodoxe qui veut passer un diplôme reçoit tout", affirme Yisrael Levy, un ancien hassid.  "Moi je n'ai droit à rien même si j'ai les mêmes compétences seulement parce que je ne suis plus ultra-orthodoxe"

3,5% des garçons ultra-orthodoxes abandonnent chaque année, contre seulement 1,8% des jeunes religieux nationaux. Le taux de décrochage dans la société Haredi est de 20%. "un garçon sur deux veut quitter la yeshiva", dit Yaniv candidement. "Et à partir de là  il n'y a qu'un pas pour se retrouver à la rue"

L'infidèle qui s'ignore, commencera à naviguer sur Internet et puis à rejeter la "foi orthodoxe" ainsi que ses représentants, mais n'osera pas en discuter avec ses amis, et non plus affronter sa femme, qui ne pourra pas le comprendre.

L'ultra-orthodoxe-séculier,quant à lui, continuera à porter le  Shtreimel et à aller à la synagogue, mais dans son cœur ultra-orthodoxe la foi a désertée. C'est en fait un laïc déguisé en ultra-orthodoxe qui n'ose pas affronter sa propre vérité et faire face aux réactions de son entourage

Le rabbin Moti Ovadia connaît bien ce phénomène . "Le 21ème siècle est caractérisé par la fatigue, indépendamment de la religion", dit-il. «C'est une fatigue psychologique, les enfants du monde technologique naissent dans une jungle ils cherchent la libération, celle du joug, des obligations. La première solution est de ne pas sombrer dans les smartphones, intégrer une entreprise rapidement, avant même de parler de religion. "

« Il est vrai que tout le monde n'est pas doté de qualités pédagogiques. Il faut savoir leur parler à ces jeunes. Des sites sur internet qui soulèvent bien des questions se multiplient à chaque seconde, et ces jeunes cherchent des réponses immédiates.
Pour peu que vous ne soyez pas disponible à répondre au téléphone, ce jeune encore sombrer un peu plus . La disponibilité et l'ouverture d'esprit sont indispensables pour rejoindre notre équipe, 

J'aide ces jeunes depuis 18 ans, et j'ai une "sainte" horreur des clichés comme entendre par exemple " Tout le monde peut étudier" c'est une déclaration sans fondement qui vient de gens qui ne comprennent pas l'éducation.

Le concept de «société des talmidims » sur lequel repose la société ultra-orthodoxe, selon le rabbin Ovadia, ne convient pas à tout le monde. "Il y a des garçons qui peuvent apprendre trois mitsvots par jour, et d'autres pas et la crainte du Ciel n'y fera rien.

Avant d'atteindre la Torah et les mitsvot, vous devez essayer d'être un être humain, le reste suivra naturellement.

Voici le message que j'adresse aux parents anxieux de voir leur fils s'éloigner de la religion
« Ne jetez pas enfant dehors.Vous devez comprendre que chaque enfant a un désir d'appartenance. S'il erre dans les rues il s'associera à d'autres vagabonds qui lui ressemble et avec peu de chance de retour. Parents vous devez savoir,  quand un enfant a un sentiment d'appartenance à, il peut revenir plus facilement ».

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