Un Gitan vole pour de 5 millions d'euros un diamantaire juif à Genève

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5 millions de diamants dérobés sous les yeux d'une caméra

On pourrait l'appeler le procès du siècle si celui-ci ne se passait pas en Suisse.
La discrétion légendaire de ce pays, a presque fait l'impasse sur cette incroyable RIP DEAL amélioré, qui aujourd'hui se finit, enfin, devant le Tribunal correctionnel.

C'est l'histoire d'un Gitan et de sa nièce, se faisant passer pour des richissimes clients repartis avec une sacoche emplie de diamants, sans en avoir payé le moindre centime.

Le fournisseur de diamants, , un juif pratiquant finissait quant à lui,  de  siroter  on café dans le lobby de prestigieux hôtel  pendant  que le Gitan s'enfuie , sans même le lui payer- le café-
avec  un butin estimé à 5 millions d'euros.

Heureusement, la caméra du lobby où s'est déroulé la scène a enregistré la fameuse  "transaction".

La première réaction du fournisseur a été d'appeler son rabbin .

Ce n'est que 4 ans plus tard que le procès se déroule.
En effet, ce "richissime client' avait un autre procès en cours en France et ne bénéficiant pas du don d'ubiquité ...

Genève, ses palaces, ses diamants et ses entourloupes

5 millions de diamants dérobés sous les yeux d'une caméra

5 millions de diamants dérobés sous les yeux d'une caméra

Un Gitan et sa nièce, qui se faisaient passer pour de richissimes clients, sont accusés d’avoir subtilisé une sacoche remplie de pierres précieuses au nez et à la barbe d’un négociant de la place. Leur petit manège a été filmé par les caméras du lobby d’un grand hôtel

Il se passe parfois de drôles de choses dans les salons feutrés des palaces genevois.
Le 1er octobre 2014, les caméras de surveillance de l’hôtel Président Wilson ont immortalisé une transaction de diamants et de bijoux qui s’est mal terminée.

L’acheteur, un homme se présentant sous le faux nom de Carlos Esponidas et le faux profil d’un fils de famille aisée, est reparti avec une sacoche à plusieurs millions sans se retourner et sans payer le moindre centime au pigeon qui finissait tranquillement son café. Ce rip deal amélioré, avec dans le rôle principal un Gitan aux cheveux longs, est jugé depuis lundi par le Tribunal correctionnel de Genève.

Le vrai visage de Carlos

D’un côté, des négociants en pierres précieuses ayant pignon sur rue. De l’autre, des gens du voyage en quête d’une bonne affaire. Deux mondes qui se croisent à l’occasion d’un procès improbable. Sur le banc des prévenus, Carlos, de son alias de richissime acquéreur, 41 ans et déjà cinq fois grand-père, un passé judiciaire européen déjà fourni avec 6 ans de détention au compteur, admet finalement que c’est bien lui sur les images du lobby. Sa nièce, 28 ans, qui a tenu un petit rôle dans cette mise en scène sous le nom de Stella, excusée aux débats pour cause de troisième accouchement, a aussi reconnu avoir participé «à quelque chose de pas très net».

Le dossier genevois a pris un certain temps car ce duo, impliqué dans une arnaque similaire à l’hôtel Mathurin de Paris, a dû rendre des comptes en France avant d’être extradé. L’affaire s’est de plus compliquée en raison des mensonges de la victime. Ce spécialiste de l’achat et de la vente de bijoux et montres de luxe, qui a préféré se faire porter pâle au procès de ses détrousseurs, fait désormais l’unanimité contre lui. Une longue chaîne d’intermédiaires du diamant et de la pierre précieuse lui en veut d’avoir traité les biens confiés avec tant de légèreté. La procureure Gaëlle Van Hove l’a condamné pour induction de la justice en erreur. Et Carlos dit de lui qu’il exagère en évaluant le contenu de la sacoche à 5 millions de francs.

Le film du mauvais tour

Retour sur les canapés du lobby pour comprendre ce méli-mélo. Le film montre Carlos et Stella arriver et ouvrir brièvement une valise. La jeune femme repart avec et monte dans une voiture garée à proximité. Visiblement mis en confiance par ce que l’on imagine être des liasses de billets, le négociant, qui avait déjà vendu une Patek Philippe à ce soi-disant riche client, le laisse ensuite prendre sa sacoche pour examiner son contenu et sirote encore son expresso durant une minute et demie avant de réaliser que quelque chose ne tourne pas rond.

Le pigeon appelle en premier son fournisseur principal, un ami d’école qui lui avait remis l’essentiel des diamants pour cette transaction, et tous deux se rendent au poste de police pour dénoncer la malversation. Cité comme témoin au procès, un inspecteur se rappelle: «La victime nous a expliqué avoir reçu ces personnes à son bureau et avoir été droguée. N’ayant jamais entendu parler d’un tel mode opératoire, cela nous a semblé bizarre.» Très rapidement, grâce aux images d’une allée proche, la police réalise que le négociant a bel et bien quitté sa société avec la sacoche.

Les mensonges de la victime

Une année d’écoutes téléphoniques ne révélera rien d’autre que ce mensonge initial. Le policier poursuit: «La victime a souffert de ce qui s’est passé et a subi des pressions de toutes parts, sous la forme notamment de commandements de payer. Cette personne a souvent appelé pour savoir où en était l’enquête. Très croyante, elle s’en remettait aussi à Dieu.» La présidente du tribunal, Catherine Gavin, acquiesce et fait remarquer que la première chose que la victime a faite est d’appeler son rabbin.

Egalement partie plaignante, l’ami-fournisseur du pigeon se montre moins conciliant: «Il m’a trahi car il s’était engagé à ne pas sortir la marchandise du bureau. Il m’a aussi menti sur l’identité de l’acheteur en disant que celui-ci travaillait pour le gouvernement algérien et que je ne devais pas rester pour la transaction.» Selon leur discussion, ce mystérieux client voulait environ 1 million de francs de pierres et 500 000 de bijoux. «J’ai amené trois fois plus pour qu’il ait le choix de la marchandise.»

Carlos, démasqué par la BMW au nom de sa fille, a-t-il mis la main sur un magot beaucoup plus important qu’il ne l’espérait? Le prévenu le conteste et écarte même l’idée d’une entourloupe initiale de sa part. «Il n’y avait ni diamants, ni montres de luxe. Juste des bijoux que j’ai revendus pour environ 85 000 euros en Italie. Je devais lui donner l’argent après quelques jours mais je ne l’ai plus contacté car j’ai appris qu’il avait porté plainte.»

Peine ferme requise

Balivernes, soutient le Ministère public pour qui «la seule vérité de ce dossier est que le prévenu a monté de toutes pièces une histoire afin de voler sa victime». Avec professionnalisme et en bande, ajoute la procureure Van Hove en réclamant une peine ferme de 3 ans contre le cerveau et de 8 mois avec sursis contre sa comparse.

A la défense de Carlos et de Stella, Mes François Canonica, Aurélie Martin-Achard et Yaël Hayat remettent en question le montant du dommage, soulignent les incohérences d’une victime susceptible d’avoir mis de côté quelques joyaux et combattent l’analyse juridique du parquet. Ces actes ne relèvent ni du vol qualifié, ni même de l’abus de confiance, mais d’une appropriation illégitime, «commise certes avec malice mais sans violence aucune».

Me Canonica plaide enfin la clémence des juges à l’égard de celui qui a déjà passé ses trois dernières années dans une geôle française: «Pour lui, qui appartient à la communauté des gens du voyage, l’enfermement est une horreur. Gardez-le à l’esprit au moment de fixer la peine.» La réponse tombera ce mercredi.

 

 

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