Israël: les souffrances d'une jeune fille orthodoxe à l'armée

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Israël: les souffrances d'une jeune fille orthodoxe à l'armée

Avez-vous déjà vu dans l'armée israélienne une soldate issue d'une famille orthodoxe ? Pas simplement religieuse mais orthodoxe, qui n'a jamais parlé ni joué avec des garçons, qui n’a jamais entendu parler de l’armée à la télévision car cet appareil n’a pas sa place dans la maison, qui n’a jamais pensé à rencontrer des garçons, à leur parler simplement sans penser au mariage. Vous n’avez probablement jamais rencontré une fille comme elle, car elles sont peu nombreuses.

On m'a dit que ce serait difficile, mais je voulais contribuer à l'État, je le voulais tellement, que je ne pouvais même pas penser à moi. J'ai eu beaucoup de difficultés dans l'armée, il y a eu des moments où j’ai été utile et je sentais que cela valait la peine. Et il y avait aussi des soldats qui ne comprenaient pas ce que je faisais dans l'armée.

Un processus long et compliqué: comment une fille ultra-orthodoxe peut-elle s'engager dans les rangs de Tsahal?

99% des filles haredi arrivent en 11e année (l’équivalent de la première), dans le cadre de l'expérience du séminaire - le lycée pour les filles orthodoxe - et signent un ptor, un document qui les délivre de leur obligation de faire l’armée. C’est la raison pour laquelle une fille qui veut servir dans l’armée est obligée d’appeler le bureau de recrutement et de vivre une expérience désagréable, dans laquelle elle doit convaincre les responsables qu’elle veut vraiment s’enrôler. Elle reçoit même une sorte de "menace", stipulant qu’elle ne peut plus revenir en arrière.

Les engagées harediot (orthodoxes) rencontrent des problèmes difficiles, certaines étant étrangères au monde profane, commençant au stade des tests où elles arrivent en jupe longue. Le problème persiste quand elles ont du mal à choisir une fonction, car le domicile des parents ne dispose pas d'un ordinateur avec connexion Internet ouverte, mais seulement d’une boite mail, et quelques sites orthodoxes au mieux. Bien sûr, même si l'ordinateur ne posait pas de problème, une femme orthodoxe ne saurait pas quelle fonction il serait plus judicieux de choisir.

Félicitations, nous avons atteint le jour de l'enrôlement. Une semaine avant l'intronisation, la famille découvre le pot aux roses. Certaines familles "bénissent" leur fille, d'autres la jettent hors de la maison et d'autres grimacent et tentent de cacher le problème, en partie parce que cela pourrait détruire l’avenir des autres enfants.

Quand la future soldate est enfin enrôlée, la grande bataille commence: où habiter, comment sortir de la base, qu’est ce qui est permis, interdit. Alors que tous les colocataires échangent leurs expériences, vous vous retrouvez à penser à la maison et à ce que votre père vous a dit - que l'armée n'est pas pour vous et que vos meilleurs amis ne seront plus en contact avec vous.

Israël: les souffrances d'une jeune fille orthodoxe à l'armée

Israël: les souffrances d'une jeune fille orthodoxe à l'armée

Et puis vous rencontrez beaucoup de gens, dont certains sont extraordinaires, mais la plupart n'aiment pas les orthodoxes et les croient paresseux. Ils vous disent qu'ils sont effrontés et vous rendent folle - ils demandent pourquoi toute la famille ne fait pas l’armée (hé, je suis là, je fais le même chemin que vous). Ils disent que les Haredim sont dégoûtants et qu’ils sont inutiles.

Mauvaises langues, rumeurs et crachats

Les défis bureaucratiques ne font que s'intensifier durant le service militaire. La soldate Haredi se bat pour le droit d'être reconnue en tant que soldate solitaire, passant devant d'innombrables comités, sans que personne ne comprenne de quoi a manqué chez elle - amies, famille, propositions de mariage et statut. Personne ne comprend que vous ne pouvez pas y retourner, ils ne posent pas de questions sur les mauvaises langues qui vous calomnient, les rumeurs, les crachats que vous recevez lorsque vous êtes en uniforme, sur les dilemmes qui se posent lorsque vous venez dans le quartier - si cela en vaut la peine, car vous n’avez plus la force d’ignorer les personnes que vous connaissez.

Connaissez-vous la rumeur qui dit que les soldats isolés le sont même après leur libération? Ainsi, une femme soldat orthodoxe ne cesse pas d'être seule après sa libération de l’armée. La tache de l'image du service des FDI subsiste aussi après l'armée. Personne ne vous félicitera. Au mieux, ils parleront avec vous et au mariage de votre frère ou de votre sœur, tout le monde se retournera et cancanera. Vous vous habituerez au fait que même vos meilleurs amies n’invitent pas une "fille de mauvaise vie" comme vous à leur mariage.

Les cancans et les blagues ne viennent pas seulement de la société Haredi, et même dans l'armée, on n'est pas accepté à part entière. Quand vous allez organiser des choses importantes et critiques, ils vous qualifieront de "pénible", quand vous chercherez un endroit où dormir, vous serez accusée de "profiter" du système, et quand vous irez à un cours de Torah, parce que la la Torah, c’est la vie, vous serez une personne insolente qui ne comprend pas sa place dans le système militaire. Vous êtes différentes, tout simplement différente de tout le monde.

Vous atteindrez le point où vous rechercherez la sainteté en toute chose, une synagogue, l’innocence d’antan, la famille et les fêtes. Vous chercherez le vous d’avant, avant d'avoir le courage de vous enrôler dans les FDI, et croyez-moi, il en faut beaucoup. Vous chercherez à réparer la situation avec le monde dont vous êtes originaire, mais vous y êtes déjà entachée. Vous rechercherez de la chaleur, une oreille attentive, de la compréhension, du calme.

La fin du service approche et la confusion ne fait que s'aggraver. Que faire après la libération, où habiter, que va-t-il vous arriver? Vient ensuite une personne comme vous, qui veut aussi faire un don au système et vous vous demanderez quoi lui dire. Dire que c'est une contribution merveilleuse et la laisser ignorer toutes les difficultés, ou dire que ça va être trop dur pour elle.

D’un côté, vous voulez beaucoup de femmes Haredi dans l’armée, mais vous n’avez pas les outils pour vous occuper d’elles. Faut-il lui dire que cela ne la vaut pas la peine de s’enrôler, car elle renoncerait à beaucoup plus que deux années de service, mais à sa vie entière? "Tu ne seras plus toi-même, tu devras faire face à une vie entière sans aucun cadre".

Ma recommandation? Si vous en avez la force – enrôlez-vous

Je suis heureuse d'avoir contribué à Tsahal et je suis heureuse d'avoir été têtue et courageuse. Je sais que si je n'avais pas contribué à l'État, j'aurais pleuré jusqu’à l'âge de 40 ans. Malgré toutes les difficultés, j’ai toujours la tête haute.

Source : Israel HaYom

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