Le fil jaune entre un tag antisémite et l'acte XIII des Gilets Jaunes à Paris

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photo sur twitter l'antisémitisme sans complexe à Paris

Un tag antisémite sur un "Bagelstein" provoque l'indignation

Le dessinateur Joann Sfar a publié un long texte sur Facebook accusant des gilets jaunes d'avoir commis cet acte.

ANTISÉMITISME - Le parallèle avec l'Allemagne des années 30 est pour le moins saisissant. Samedi 9 février, alors que Paris voyait défiler l'acte XIII des gilets jaunes, le musicien Jean-Yves D'Angelo a partagé sur sa page Facebookune photo prise "en bas de chez lui".

L’antisémitisme, canal historique. Paris, 2019. Berlin, 1938.

L’antisémitisme, canal historique. Paris, 2019. Berlin, 1938.

Sur le cliché, la devanture d'une franchise parisienne de "Bagelstein" barrée d'un tag "juden", rappelant les inscriptions antisémites ciblant les commerces juifs lors de la nuit de Cristal en 1938 dans l'Allemagne nazie. Très partagé, le cliché s'est rapidement retrouvé sur Twitter, notamment sur le compte d'un militant LREM, lequel a fait le lien avec les manifestations du jour. "La France de 2019. C'est insupportable", a tweeté ce dernier, voyant son message cumuler des centaines de retweets.

Quelques heures plus tard, la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) a également partagé la photo, accompagnée d'un cliché pris à Berlin en 1938. "L'antisémitisme, canal historique", a légendé l'association antiraciste. "Ras le bol à force, semaine après semaine, de devoir dénoncer l'antisémitisme. Mais il ne faut surtout pas s'habituer, baisser les bras", s'est de son côté émue la députée LREM de Paris, Elise Fajgeles, semblant également faire le lien entre ce tag antisémite et les gilets jaunes.

Mêmes conclusions du côté de l'Union des étudiants juifs de France.

Porte-parole du PS, Gabrielle Siry a également condamné cette inscription antisémite, mais sans l'attribuer à la mobilisation de ce samedi. "L'antisémitisme est un fléau qui continue de se traduire en actes, encore aujourd'hui en 2019", a-t-elle tweeté, précisant: "à priori, aucun lien avec les gilets jaunes".

Au delà de la seule sphère militante, le dessinateur Joann Sfar a publié un long billet d'indignation dans lequel il reprend la thèse d'un tag commis par des manifestants. "Je garde un silence de tombe depuis cette histoire de gilets jaunes. Car je sais ce qu'on va me répondre. C'est bizarre ce moment où l'on se dit qu'il est inutile de parler. On ne parvient même pas à se souvenir du nombre de banderoles ou cris ou graffitis antijuifs qui ont explosé depuis le début du mouvement", écrit l'auteur de bande-dessinée.

"Il y aurait eu de tels graffitis antisémites à un défilé de n'importe quel grand parti ou syndicat, ça aurait fait un scandale justifié. Même à un défilé du Front national, ils auraient eu trois procès et Marine Le Pen aurait exclu du monde! Ici, non. Ici, personne n'a rien vu, n'y est pour rien, n'en pense rien", poursuit l'auteur du "Chat du Rabbin", fustigeant "cette légende qui a cours en ce moment, selon laquelle la colère de la foule serait un moment sacré qui ne débouche que sur du vrai, du bien et du beau".

Et le dessinateur d'ajouter: "Celui qui a choisi d'écrire "JUIF" en allemand sur cette boutique sait très bien qu'il pense aux vitrines de la nuit de Cristal. Il faut se taire, je crois, parce que plus personne n'a envie d'entendre. N'importe quelle alerte grave ne débouche aujourd'hui que sur une controverse Twitter. La culpabilité sociale est telle sur nos chaînes de télé et chez les commentateurs que n'importe quelle réaction sensée face à ces dérives passe pour un soutien au gouvernement Macron. Oui, on a le droit d'être en opposition totale avec de nombreuses décisions du gouvernement actuel tout en ne trouvant aucune excuse à ceux et celles qui utilisent le désespoir des gens pour attiser, une fois encore, la haine raciale, le fantasme sur le juif, sur le franc-maçon, prétendument tous riches et puissants bien entendu, ou la haine de l'immigré".

Au moment de la rédaction de cet article, aucun élément ni témoignage ne permettait de dire dans quelles conditions ce tag a été commis. Pour autant, ce n'est pas le première fois que le spectre de l'antisémitisme plane sur la mobilisation des gilets jaunes. Dimanche 3 février, le Consistoire israélite du Bas-Rhin avait exprimé sa "forte émotion" après "les propos antisémites violents proférés" lors de l'acte XII des gilets jaunes à Strasbourg. Des propos tenus "devant la Synagogue et à l'encontre de citoyens juifs célébrant le Shabbat, fête hebdomadaire de repos et de Paix".

Début décembre, l'auteur antisémite Hervé Ryssen s'était retrouvé en une de Paris Match, flanqué d'un gilet jaune en marge d'une manifestation. À la fin du mois de décembre, ce sont des propos tenus devant témoins dans le métro parisien qui avaient suscité l'indignation.

Sur le compte de Twitter de la LICRA
"Insupportable ! Je ne pensais jamais lire cela dans une rue de Paris. jamais ! J’ai reçu cette photo par un post de Fabienne Attali ; elle était effondrée et parlait de quitter la France Je lui ai dit qu’il ne fallait pas partir. Elle va organiser une rencontre avec quelques-uns"

"Affligeant ! On en est là : subir tous les samedis leur insondable bêtise, leurs slogans antisémites, leur vulgarité, leur ignardise, leur violence et on continue de leur donner la parole... À quel moment ça a disjoncté dans les cerveaux pour qu’on en arrive là ?"

 

 

Source de Le HuffPost

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