L'incroyable histoire d'une cachette juive au cœur du quartier général nazi

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
L'incroyable histoire d'une cachette juive au cœur du quartier général nazi

La mère, Bella, a été nommée Juste parmi les nations, le père, Aryeh est Juif, rescapé de la Shoah et leur fils, Moshe vit au Kibboutz Daphna.

Ce dernier a déposé hier soir la couronne des Justes parmi les nations lors de la cérémonie de commémoration du Jour du Souvenir des martyrs et des héros de l'Holocauste au kibboutz Lohamei Haghetaot, au nom de sa mère, six ans après son décès.

Cette  histoire a commencé en 1917, quand la défunte Bella Lipper est née dans une ville ukrainienne, au sein d'une famille chrétienne. Elle a rencontré Aryeh (Lubka) Lipper alors qu’ils étaient tous deux âgés de 13 ans.

Plus tard, à cause des pressions exercées par les familles sur cette relation qui unissait un garçon juif et une jeune fille chrétienne, le couple a décidé de déménager dans la ville de Zuman. Bella était alors enceinte et c'est là que leur première fille est née.

Après l'occupation allemande et l'établissement du ghetto, Aryeh est allé rendre visite à sa famille et n'est pas revenu. Bella, emplie de loyauté et d’amour, lui rendait fréquemment visite et lui apportait de la nourriture et des vêtements. Lors d'un de ses voyages, on lui a dit que deux jours plus tard, ils allaient brûler le ghetto. C'est alors qu'elle a décidé d'agir .

Le jour suivant, elle a aidé Aryeh à s'enfuir et a décidé de le cacher dans la maison de ses parents à l'insu de ses parents !
"J'ai toujours été étonné par l’absence de peur de ma mère envers les Allemands", admet Moshe. "Quand je lui ai demandé  : Quoi ? Tu n'as jamais eu peur? La sentinelle allemande aurait pu te tirer dessus à n'importe quel moment quand tu as sorti papa du ghetto. "Ma mère a répondu simplement:" Je devais le sauver. C’était impossible autrement. C’était mon mari".

Aryeh a scié l'une des lattes du plancher et s'est glissé dans l'espace étroit en dessous. Peu à peu, plusieurs personnes ont rejoint la même cachette. Plus tard comble de l'ironie,  un quartier général allemand a été installé dans la maison des parents, avec lequel les frères de Bella ont coopéré.

Moshe Lipper

Moshe Lipper

Bella comprit qu'elle devait garder ces hommes cachés, non seulement des soldats, mais aussi de sa propre famille. Ainsi, pendant 19 mois, jusqu'au jour de la libération, elle a caché sept personnes, la plupart d'entre elles appartenant à la famille de son mari. "Bella les a mis dans une fosse qui devait à l'origine servir de réfrigérateur".

"La hauteur de la cachette était d'environ 60 cm. La nuit, elle descellait la planche et chaque soir sortait un des hommes pour se dégourdir les jambes en marchant dans sa chambre", raconte Ruthie Lipper, sa belle-fille. "Parmi les anecdotes que le couple se remémore avec un sourire, ils se souviennent d'une histoire dans laquelle un des soldats allemands du quartier général a courtisé Bella".

"Il est entré dans la pièce en état d'ébriété et a commencé à parler à ma mère. Il n'a pas remarqué que papa était assis à côté d'elle sur le lit. C’était son jour de sortie de la cachette. Ma mère a frappé l’Allemand à la tête avec une bouteille de vodka et lui a dit: "Si vous vous approchez de moi encore une fois, je vous tuerai." L'Allemand s'est effondré et mon père a dit: "demain, nous sommes tous morts."

Ma mère l'a rassuré, lui disant de pas s'inquiéter et a traîné le soldat ivre hors de la maison à 200 mètres des voies ferrées.
Elle l'y a déposé après avoir versé de l'alcool sur son corps et brisé la bouteille à côté de lui. Le matin, quand les soldats l'ont trouvé, ils ont compris qu'il y avait eu un accident de train pendant qu'il était saoul », explique Moshe.

Après la fin de la guerre, ils sont tous arrivés ensemble dans le camp de Badgestein, où leur deuxième enfant, Moshe, est né. Bella s'est convertie au judaïsme et en mai 1948, ils ont immigré en Israël. En 1991, elle a été reconnue comme Juste parmi les Nations. "Après sa mort, nous avons découvert que ma mère n'avait pas touché un seul centime de l'argent qu'elle avait reçu d’Allemagne", note Moshe.

Bella, qui a refusé de parler de ses trois frères nazis pour cacher leurs noms à ses enfants, a reçu un appel téléphonique il y a 15 ans de Lydia, la fille de Padia son frère aîné, qui avait été enrôlé dans l'armée russe, le seul qui n’avait pas collaboré avec les nazis

«Ma mère a promis qu'ils se rencontreraient en Ukraine. Il nous a fallu environ trois mois pour nous organiser, et nous sommes arrivés un mois après la mort de Padia», se souvient Moshe, en concluant: "Dans l'histoire de mon père et de ma mère, il y a beaucoup de compassion et de courage, mais au-delà de tout, c’est une histoire d’amour. J’ai déposé le bouquet en son nom avec amour et une grande fierté. "

Source : Israel HaYom

Copyright: Alliance
Cet article ne peut être repris par aucun autre média ni radio, ni presse écrite ni presse numérique sans l'autorisation de la direction.

Cet article vous a plu ? Nous aussi ! Nous avons eu beaucoup de plaisir à le traduire et à le partager avec vous. Si vous souhaitez à votre tour contribuer au développement de notre action engagée depuis 1997, vous pouvez faire un don "aux amis d'Alliance". Merci pour votre attention et votre fidélité.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi