Séance-émotion à Paris pour l’ouverture du Festival du cinéma israélien

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Past life film d'ouverture du festival du cinéma israèlien hier à Paris

Séance-émotion à Paris pour l’ouverture du Festival du cinéma israélien

La grande salle du Majestic Passy, dans le 16ème arrondissement, était pleine à craquer pour la séance inaugurale du 17ème Festival du cinéma israélien de Paris, dans la soirée du 21 mars.

Le film projeté, « Past Life », a remporté un succès inhabituel dans l’Etat juif pour une production locale : 200 000 entrées. Il est vrai que le réalisateur, Avi Nesher (63 ans), est une valeur sûre. Son nouveau long-métrage, sorti en Israël et aux Etats-Unis en 2016, raconte l’histoire vraie de deux soeurs résidant à Jérusalem dans les années 70.

Des musiciennes dont les parents sont rescapés de la Shoah. Le père, brillant médecin, a vécu l’horreur en Pologne pendant la guerre. Il n’a pas été déporté mais a dû se cacher dans des conditions épouvantables.

A l’occasion d’un concert à Berlin-Ouest, la vie des deux femmes bascule. Une rencontre fortuite les conduit sur les traces d’un terrible secret de famille : leur père serait-il coupable d’un crime, aurait-il été amené au pire dans la tourmente de l’Occupation ?

Le film se présente comme une enquête à suspense sur ce passé énigmatique. Il brosse aussi le portrait de la « seconde génération », celle de ces Juifs qui n’ont pas connu le génocide mais en portent les stigmates à travers les névroses post-traumatiques et les silences de leurs parents. Les acteurs israéliens et polonais (c’est une coproduction entre les deux pays) sont criants de vérité.

Le spectateur est happé par l’intrigue et par la force psychologique des rapports humains mis en lumière par la caméra d’Avi Nesher. Mention spéciale au directeur français de la photographie, Michel Abramowicz, dont le travail accompli ici a été unanimement salué par la critique.

Michel  Abramowicz Past Life

Michel Abramowicz Past Life

Le public parisien, visiblement ému, a applaudi avant de deviser devant le buffet installé dans les salons du Majestic Passy.

Dans les minutes qui ont précédé la projection, la présidente du Festival, Hélène Schumann, a présenté la 17ème édition en compagnie des parrains de cette semaine (du 21 au 28 mars) où une vingtaine de films seront diffusés : les comédiens Aure Atika et Grégory Fitoussi.

Marc Attali, ministre plénipotentiaire, autrement dit numéro 2 de l’ambassade de l’Etat juif, a promis qu’au cours des manifestations prévues dans le cadre de la Saison culturelle croisée France-Israël, en 2018, le cinéma serait particulièrement mis en valeur.

Hélène Schumann explique que « Past Life » est l’une des plus belles œuvres israéliennes qu’elle ait vues. On peut lui faire confiance : c’est une experte, auteure d’un « Dictionnaire du cinéma israélien » paru en 2012 aux éditions Cosmopole.

Elle couvre l’actualité du 7ème art pour Judaïques FM à Paris et a un pied des deux côtés de la Méditerranée : elle participe aussi activement aux Festivals de Jérusalem et Haïfa. Un prix décerné dans la ville portuaire porte même le nom de son grand-père assassiné à Auschwitz, Tobias Stancer. « J’ai grandi dans l’ombre de lourds secrets de famille liés à la Shoah, confesse-t-elle, et j’avais à cœur de proposer « Past Life » en ouverture. Mais cela n’a pas été facile… » Elle regrette que les Israéliens privilégient plutôt les Festivals de Berlin ou Venise.

Trouver des partenaires prêts à s’engager en direction du marché hexagonal représente une gageure. Au demeurant, le long-métrage d’Avi Nesher ne sera pas projeté sur les écrans français dans les prochains mois, faute de distributeur. Même constat pour les autres films du programme, à 2 exceptions près. « Cela dit, ajoute la présidente, les metteurs en scène concernés finissent parfois par dénicher un distributeur grâce à la vitrine que nous leur offrons. Il faut donc espérer… »

Globalement, le cru 2017 du Festival, qui devrait attirer 4 000 curieux et cinéphiles, est d’autant plus remarquable qu’il évite les polémiques politiques. « C’est plutôt un cru romantique, indique Hélène Schumann, avec beaucoup d’histoires d’amour ».

Norbert Cohen

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