Qui sont les avocats des djihadistes?

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Alors qu'en ce moment les interpellations de djihadistes en France se multiplient, des avocats de terroristes ont témoigné à Streetpress, pour décrire leur profession, pas toujours bien vue et comprise par tout le monde...

La profession d'avocat de djihadiste est sans doute la plus compliquée actuellement, comment défendre l'indéfendable?

Maître Many, l'avocat d'un des prévenus de la filière djihadiste des Buttes-Chaumont, (dont étaient issus les frères Kouachi), raconte l'appréhension qu'il a eu en rencontrant son client:

" Je me dis : pas de bol pour ma première perm’, je tombe sur un islamiste ! J’ai une énorme appréhension. Je ne suis pas musulman, je me dis qu”il va me rejeter, qu’il ne va même pas vouloir me parler. Et en fait… pas du tout ! Je tombe sur un jeune garçon tout à fait courtois, très correct, sympathique. J’avais des tas de clichés qui ont volé en éclats au bout d’une seconde ! »

Il avoue avoir été agréablement surpris: "J’imaginais la mère voilée de la tête aux pieds, silencieuse et soumise à son mari, le frère fondamentaliste avec la longue barbe, etc. Et puis je les vois arriver, le frère à l’oreille percée, la maman habillée de façon tout à fait banale, pas du tout voilée et qui rabrouait sans cesse son époux. Vraiment pas de quoi s’inquiéter… »

Quelle position adopter quand on juge un djihadiste?

Maitre Many rassure les lecteurs : "Bien sûr qu’on ne cherche pas à les justifier ! En aucun cas. On serait parfois tenté de vouloir les comprendre mais ce n’est pas ça non plus. On est là pour les écouter et essayer d’expliquer comment on en est arrivé là. »

Les djihadistes ne sont pas tous pareils...mais ont un objectif commun.

« Pour moi il est évident qu’il est plus facile de défendre quelqu’un qui n’a pas de sang sur les mains, comme mes clients : l’un avait été arrêté par les Américains dès son arrivée en Afghanistan et l’autre prévoyait d’aller faire le jihad en Irak mais n’y a finalement jamais mis les pieds. Le point commun qu’on peut trouver entre tous : une certaine forme de solitude et de détachement de la société" affirme l'avocat.

Comment défendre des "faibles"?

Maître Denis a choisi de mettre l’islam et le djihad de côté. Sa défense se base sur le processus de recrutement sectaire:
"Il aurait tout aussi bien pu se retrouver dans l’extrémisme politique plutôt que dans l’islamisme radical. Pour moi, il s’agit avant tout de personnes faibles. Même ceux qui prennent les armes à un moment donné, c’est par faiblesse. Les frères Kouachi étaient des faibles pour moi, tout comme mon client. "

Pour maître Many: "c’est difficile de trouver des circonstances atténuantes à quelqu’un qui assume ses actes et qui est encore très imprégné par la parole de son gourou."

Le regard des autres

"On a tendance à associer l’avocat et son client. Oui, nous représentons le porte-parole de celui qu’on défend et ce n’est pas à nous de le juger. On ne prend pas son parti mais on n’est pas là pour le condamner non plus. Il ne faut surtout pas faire l’amalgame." a déclaré Maitre Pepiezep.

Les avocats de djihadistes seront sûrement de plus en plus nombreux, leur image va t-elle changer?

Caroline Haïat

Avec street press


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