Proche-Orient: Rice appelle à une reprise des négociations israélo-palestiniennes

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Proche-Orient: Rice appelle à une reprise des négociations israélo-palestiniennes

LE CAIRE ,le 04/03/08 - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui a débuté mardi au Caire une nouvelle tournée au Proche-Orient, a appelé à une reprise des négociations israélo-palestiniennes menacées par une escalade de violences meurtrières dans la bande de Gaza.

Dans l'avion qui l'amenait dans la capitale égyptienne, Mme Rice, attendue ensuite en Israël et dans les Territoires palestiniens, s'est dite "convaincue que les négociations devraient reprendre le plus vite possible".

L'Autorité palestinienne a suspendu ce week-end toute négociation avec Israël pour protester contre une opération de l'armée israélienne particulièrement meurtrière dans la bande de Gaza.

"Plus les négociations sont suspendues, (...) plus c'est une victoire pour ceux qui ne veulent pas d'une solution à deux Etats", a ajouté Mme Rice avant une escale à Bruxelles.

Au Caire, elle s'est entretenue avec le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit. Elle doit encore discuter avec le président égyptien Hosni Moubarak et le patron des services de renseignements Omar Souleimane.

La visite de Mme Rice débute au lendemain de la fin d'une offensive israélienne qui a coûté la vie à plus de 120 Palestiniens dans la bande de Gaza en quelques jours.

Mais le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé que l'armée continuerait ses attaques contre le mouvement islamiste du Hamas, qui contrôle Gaza depuis juin, et contre les lanceurs de roquettes qui visent Israel.

Mardi matin, l'aviation israélienne a mené deux raids contre le nord de la bande de Gaza, tuant deux Palestiniens.

Bien que l'opération israélienne à Gaza, baptisée "Hiver chaud" se soit soldée par une suspension par le président palestinien Mahmoud Abbas des négociations de paix avec Israël, Mme Rice a réaffirmé lundi sa confiance dans les chances de succès du processus de paix israélo-palestinien lancé en novembre à Annapolis.

"Je continue à croire qu'ils peuvent parvenir à un accord avant la fin de l'année si tout le monde en a la volonté", a-t-elle déclaré.

"Le processus d'Annapolis a à peine commencé. Il y a juste trois mois qu'on essaie de régler un conflit qui dure depuis 50 ans", a précisé Mme Rice.

La secrétaire d'Etat s'est abstenue de critiquer l'opération israélienne, en rappelant le droit d'Israël à se défendre.

Elle a rendu le mouvement islamiste radical Hamas responsable de la dégradation de la situation dans la bande de Gaza, soumise à un strict blocus israélien depuis le 17 janvier, en riposte aux tirs de roquettes sur le sud d'Israël.

"Le Hamas doit, avant toute chose, cesser de tirer des roquettes sur les villes israéliennes", a-t-elle souligné.

"Il est évident que la situation à Gaza est inquiétante", a-t-elle ajouté. Mais "il faut que tout le monde comprenne que le Hamas fait ce à quoi on s'attendait: il utilise les tirs de roquettes sur Israël pour tenter d'arrêter un processus de paix auquel il n'a rien à gagner".

Elle a cependant appelé les dirigeants israéliens à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, car "quand on mène des opérations militaires, il faut toujours penser au jour d'après".

Interrogée à plusieurs reprises sur la possibilité d'un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, Mme Rice a refusé de prononcer ce mot. "Appelez ça comme vous le voulez. Nous voulons que la violence cesse."

Elle a cependant refusé toute comparaison entre la réponse d'Israël aux tirs de roquettes de Gaza, jugée disproportionnée par une grande partie de la communauté internationale, et la guerre lancée par l'Etat hébreu contre le Hezbollah libanais à l'été 2006, au cours de laquelle elle avait refusé d'appeler à un cessez-le-feu, ce qui avait largement entamé le capital de sympathie des Etats-Unis au Liban.

"Je ne pense pas qu'il faille commencer à établir des parallèles entre ce que je considère comme deux situations très différentes", a-t-elle affirmé. Mais les Etats-Unis "veulent que la violence cesse" et "s'inquiètent de la population innocente prise entre deux feux à Gaza".

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