Pour les Anglais, le match de l'année c'est Israël-Russie

Actualités - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
                     Pour les Anglais, le match de l'année c'est Israël-Russie

      
Le 15/11/07, Le destin de l'Angleterre est entre les pieds des modestes footballeurs d'Israël, 37e nation au classement Fifa, qui peuvent lui épargner une humiliante élimination de l'Euro-2008 en cas de victoire ou de nul sur les Russes samedi à Tel-Aviv.Si, comme la logique le suggère, les Russes l'emportaient et que les Croates ramenaient un nul de leur déplacement en Macédoine, l'Angleterre serait virtuellement éliminée, manquant son premier tournoi depuis le Mondial-1994, son premier Euro depuis 1984.

Le match contre la Croatie mercredi à Wembley deviendrait une rencontre sans enjeu, disputée dans l'ambiance sinistre de huées et de lazzis lancés aux joueurs et au sélectionneur Steve McClaren.

Depuis dix jours, rien de ce qui touche au football israélien n'est étranger à des supporteurs anglais d'ordinaire indifférents aux péripéties des théâtres footballistiques continentaux.

Une chaîne britannique diffusera la rencontre en direct. Pour la première fois pour un match sans l'Angleterre, les pubs de Londres, Liverpool et Manchester seront pleins et résonneront d'incongrus "Come On Israël !".

"Pacte Molotov-Ribbentrop"
L'annonce dimanche du forfait du joueur israélien de Liverpool, Yossi Benayoun, qui n'aurait d'ordinaire pas eu l'honneur d'une ligne dans les journaux anglais, a suscité un émoi inhabituel, les chaînes sportives interrompant leurs programmes pour gloser à l'infini sur les conséquences de cette absence.

Depuis dix jours, les ex-gloires israéliennes sont invitées sur les plateaux à disserter à l'infini sur les qualités méconnues de leur football, sommées de promettre que leurs compatriotes feront tout pour sauver l'Angleterre dans un match sans enjeu pour eux.

McClaren choisit de flatter les sentiments patriotiques de ses sauveurs potentiels, évoquant la "fière nation d'Israël".

Quant au Guardian, d'ordinaire bien éloigné des excès de la presse tabloïde, il se livre à des rappels historiques sujets à caution pour motiver l'arrière Yuval Shpungin, d'origine estonienne: "Yuval, tu te souviens du pacte Molotov-Ribbentrop (ndlr: pacte de non-agression entre l'Allemagne nazie et l'Union soviétique en 1939)? Tu te souviens de l'occupation soviétique ? Alors maintenant, vas-y et rentre leur dedans."

Théorie du complot
Sur la motivation d'une équipe qui n'a jamais pris part à une phase finale de Mondial ou d'Euro, deux thèses s'affrontent.

Il y a les optimistes qui pensent que les joueurs de Dror Khashtan auront à coeur d'impressionner dans l'espoir de décrocher un contrat en Angleterre, qui rappellent que lors des deux dernières phases de qualification, ils n'ont perdu qu'une fois à Tel-Aviv, ou qui s'en remettent à une supposée "anglophilie" israélienne.

Et puis il y a les adeptes de la théorie du complot qui murmurent sans preuve que le milliardaire russe Roman Abramovitch, propriétaire de Chelsea, qui finance des programmes du football israélien, se serait employé à s'assurer d'une victoire de son pays.

Le Sun a soufflé sur les braises en tordant suffisamment une déclaration anodine de l'entraîneur des gardiens israéliens, Alexander Ubarov, pour titrer: "Entraîneur d'Israël: Je veux que la Russie gagne".

Le seul à faire preuve d'un optimisme désarmant est le prédécesseur de McClaren, Sven Goran Eriksson: "Ne soyez pas négatifs. L'Angleterre va se qualifier". Le problème c'est que le Suédois avait prédit que l'Angleterre gagnerait le Mondial en 2006...

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi