Pologne : nous avons craqué pour Cracovie, témoignages de la culture juive

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Cracovie raconte son histoire juive

Croquons la vie à Cracovie !

Fin juin, Alliance a eu un coup de cœur pour une ville aussi riche culturellement qu’historiquement. Oui, nous avons craqué pour Cracovie !

Cracovie est le cœur battant de la Pologne et certainement l’une des plus belles villes d’Europe. Baignée dans le romantisme et dans l’histoire, chaque lieu enferme une partie secrète de son Histoire et les différents quartiers nous le font ressentir.

Connaissez-vous l’origine du nom Cracovie ?1 La ville – tout comme ses habitants - est fière de son passé et de sa culture et revendique avec aplomb son héritage remontant pour certains sites à l’époque médiévale.

Ce lieu qui « nous » intéresse plus particulièrement est Kazimierz. Ça tombe plutôt bien puisque c’est ici-même où se trouve le passé des juifs de Cracovie, le site du 29ème Festival des cultures et musiques juives et notre hébergement.

Il comptait une population de plus de 60 000 juifs avant la 2ème Guerre mondiale. Il n’en reste aujourd’hui plus que 150 sur un total de 800 000 habitants !

 

L'histoire juive de la ville de Cracovie en Pologne

L'histoire juive de la ville de Cracovie en Pologne

 

Habité pendant des siècles par la population juive de Cracovie, le quartier de Kazimierz constitue aujourd’hui un des plus grands attraits touristiques de Cracovie.

L’histoire de Kazimierz est l’histoire de la coexistence entre Juifs et Chrétiens.

A la fin du XVe siècle on y fonda une ville autonome, entourée de murs pour les Juifs venant de Cracovie.

Au centre se trouvait la rue Szeroka. Autour se groupait de nombreuses synagogues, des écoles juives, des universités et des institutions diverses.

Pendant des siècles Kazimierz fut un des centres culturels et spirituels juifs les plus importants d’Europe.

C’est ici que vécut au XVIe siècle le célèbre savant et recteur de l’Académie talmudique Moïse Isserles, appelé Remuh.

Sa tombe, nimbée d’une légende de miracles accomplis, est aujourd’hui un lieu de pèlerinage des Juifs du monde entier.

Le savant rabbin Natan Spira étudia à la lumière d’une petite bougie la Kabbale dans une mansarde de la synagogue située au 22 de la rue Szeroka ; la bougie s’éteignit en 1633, et le célèbre cabaliste mourut – paraît-il – d’exténuation.

Au XIXe siècle, lorsque Kazimierz fut incorporé à Cracovie, il se transforma en centre d’orthodoxie et lieu de pèlerinage de tous les Juifs de Pologne.

Les murs entourant le quartier juif furent détruits en 1822, et les Juifs obtinrent le droit de s’installer dans tout Kazimierz.

Dans les années 1930, ils représentaient un quart de toute la population de Cracovie.
La IIe Guerre mondiale entraîna l’extermination de la communauté juive de la ville.

Plus de 64 000 juifs vivaient à Cracovie avant la Seconde Guerre mondiale, soit un quart de sa population.

La vie sociale et religieuse de la communauté était concentrée dans Kazimierz.

Partis politiques, organisations culturelles et artistiques l’animaient.

Ce monde a disparu, mais le souvenir de ses anciens habitants est toujours vivant dans ce quartier où se dressent encore de multiples monuments témoignages de l’ancienne culture juive : les synagogues (comme la Vieille Synagogue ou la synagogue Remuh toujours destinée au culte israélite), le cimetière Remuh, considéré comme le plus riche et le plus beau des cimetières juifs d’Europe.

En avril 1940, les juifs eurent 4 mois pour quitter la ville, seuls 15 000 juifs travaillant pour des entreprises ainsi que leur famille purent rester.

Le quartier juif de Kazimierz fut vidé de ses habitants par les nazis en mars 1941 lors de la création du ghetto juif dans le quartier polonais voisin de Podgórze.

Les synagogues furent pillées et dévastées, les biens et les propriétés spoliées et la population polonaise qui avait été chassée de son quartier vint s’installer à Kazimierz.

La très grande majorité de la population juive de Kazimierz disparu durant l’holocauste et quelques milliers de juifs revinrent s’installer dans le quartier à la fin de la guerre ainsi que de nombreux réfugiés juifs en provenance d’URSS.

Cependant, des émeutes anti-juives éclatèrent en août 1945 et beaucoup d’entre-eux émigrèrent soit en Israël soit aux États-Unis. La présence juive périclita jusqu’au début des années 1980.
Depuis la chute du communisme, on assiste à une renaissance de l’ancien quartier juif et une réhabilitation de son riche patrimoine.

Le quartier de Kazimierz est aujourd’hui l’un des lieux incontournables lorsqu’on visite Cracovie. Son riche patrimoine se concentre autour de la place Szeroka, le cœur historique de l’ancien faubourg juif.

C’est devenu aujourd’hui un quartier animé et très fréquenté où aime à se retrouver la jeunesse de Cracovie autour de belles librairies et des nombreux bars et restaurants où artistes et musiciens s’installent pour y jouer du Klezmer à tue-tête.

Il doit son ambiance d’aujourd’hui à de nombreux ateliers et galeries, aux restaurants, aux clubs et aux pubs, aux hôtels et aux auberges, ainsi qu’à la brocante sur la Place Nowy. Les vieux murs, les rues et les ruelles, les synagogues, les cimetières et les églises respirent l’histoire ; on y découvre tout le temps des souvenirs historiques. La mémoire du passé est cultivée par les institutions culturelles et les associations, mais aussi par la communauté juive renaissante. Mais de nombreux bâtiments liés à la culture juive passée peuvent être visités.

Notamment, la synagogue Remuh qui est à ce jour la seule synagogue régulièrement ouverte au culte, mais pas de façon quotidienne, sauf pour le Shabbat et les fêtes religieuses.

A la tête de ce haut lieu, un sexagénaire en kippa qui pourtant malgré sa motivation pour son entretien n’est pas juif mais bel et bien catholique ; issu de l’union d’une mère catholique et d’un père juif, ce dernier était le dernier rescapé vivant inscrit sur la liste de Schindler.

Ne serait-ce pas un hasard si au cours du tournage de son film La liste de Schindler, Steven Spielberg réalisa plusieurs séquences dans le quartier de Kazimierz pour illustrer le décor du ghetto de Cracovie?

Poursuivons avec Oskar Schindler qui avait sauvé une bonne partie de ses ouvriers de l’extermination nazie. Cracovie vous propose de visiter « l’usine de Schindler » et vivre l’histoire de la ville lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce musée dédié aux travailleurs juifs de l’usine évoque la vie quotidienne des cracoviens et l’histoire des juifs sauvés par Schindler. Très bien documenté de nombreux objets et photos d’époque, des enregistrements nous font plonger dans cette période tragique de l’Histoire.Quartier de Podgorze. ul.Lipowa 41 30-702 Kraków

Tandis que celui-ci est permanent, une exposition quant à elle, reste à découvrir jusqu’au 15 septembre 2019.

Pour les amateurs de cinéma et même d’histoire, le musée national de Cracovie consacre une exposition - alternant multimédia et narration – à la vie et à l’œuvre du metteur en scène plusieurs fois primé dans le monde Andrzej Wajda, illustrant le génie de ce grand producteur, maître de la dramaturgie et créateur d’images inoubliables (comme le reconnait régulièrement un certain Claude Lelouch). Plongeons-nous dans le monde des films (Cendres et diamants, l’Homme de marbre ou encore Katyn) et des présentations théâtrales du grand maître.

Le musée national de Cracovie Al. 3 Maja 1, 30-062 Kraków

Mais s’il y a bien un évènement à ne rater sous aucun prétexte à l’aube de l’été est bien le Festival des cultures et musiques juives.

29ème édition en juin dernier, c’était une immense allégresse que de découvrir un festival tel que celui-ci. Que pouvait-on y découvrir ?

« Malgré la mince communauté juive, un pan de la mémoire du judaïsme a marqué la ville. Et mon but premier est d’entretenir cette âme et de la développer », c’est ce que nous faisait comprendre le fondateur du festival de la culture juive à Cracovie, Janusz Makuch.

Cracovie raconte son histoire juive

Cracovie raconte son histoire juive

Cet homme à la verve débordante de convivialité prône depuis 1990 un rendez-vous qui fait frémir les esprits mais qui met surtout le cœur à la fête.

Que ce soient des novices, des mélomanes, des curieux, le festival rassemble chaque année jusqu’à 30 000 visiteurs du monde entier.

Les bars de Cracovie aux enseignes juives

Les bars de Cracovie aux enseignes juives

Il a pour vocation de ressentir, d’émerveiller voire de bouleverser (cf. d’un concert de musique classique donné dans une synagogue de la ville) et réfléchir, ou tout à la fois finalement.  De tels signes sont visibles, qu’une volonté d’enthousiasme communicative se lie entre chacune et chacun.

Alors, que la fête (re)commence ! La 30ème édition – anniversaire - du festival de la culture juive se tiendra à Cracovie entre le 26 juin et le 5 juillet 2020.

Les musées et lieux culturels sont aussi nombreux que les bars et les restaurants, d’où l’atmosphère très conviviale et vibrante, qui peut s’expliquer par la grande présence d’étudiants en ville.
Une ville folle, sublime et mélancolique qui ravira vos yeux, vos estomacs et votre porte-monnaie, parce que oui, les prix sont assez abordables. Alors qu’attendez-vous pour partir ?

Y aller ?

En avion, Paris-Varsovie (2h)

Hotel Rubinstein à Cracovie histoire juive

Hotel Rubinstein à Cracovie histoire juive

Où Dormir ?

Hôtel Rubinstein : Szeroka 12, 31-053 Kraków

Il se trouve dans le quartier historique de Cracovie à 15 minutes d'Halle aux draps, fournissant un sauna, un jacuzzi et un roof – top qui permet une vue panoramique inoubliable. Rénové et décoré dans un style luxueux et  vous accueille toute l'année.

Plus de renseignements ?

L’office de tourisme de Pologne à Paris : www.pologne.travel

 

1 La légende parle d’un dragon, habitant une grotte située aux pieds de la colline du château, qui terrorisait les habitants de la ville, gouvernée alors par Krak.

Ceux-ci étaient obligés de lui faire des offrandes en bétail, mais selon certaines variantes de la légende, le monstre ne dévorait que des jeunes vierges.

Les chevaliers ne parvenaient pas à le vaincre : cet honneur échut au cordonnier Skuba.

Après avoir fourré de soufre une peau de mouton, il la laissa devant l’antre du dragon. Le monstre ne se rendit pas compte du piège et dévora ce qu’il croyait être un mouton. La gorge brûlée, sentant des douleurs atroces, il se mit à boire l’eau de la Vistule et finit par éclater.

Une grande liesse s’empara des habitants de la ville, et le cordonnier héroïque fut abondamment récompensé. La sculpture qui se trouve au bord de la Vistule, aux pieds du château, œuvre de Bronisław Chromy, commémore cette victoire légendaire.

Remerciements (sans qui ce sujet n’aurait pas pu voir le jour) à Elzbieta Janik, la chargée de communication de l’Office National Polonais de Tourisme et à notre guide Wioletta Romanska.

 

Laurent Bartoleschi

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