Photographe juive : Eve Arnold dialogue avec le monde

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Quel effet cela faisait-il de photographier Marilyn ? C'était comme quand on voit une photographie apparaître dans un bac de révélateur. L'image latente était là, le moment et les conditions de sa révélation dépendaient de Marilyn. L'effet était stroboscopique, et le photographe n'avait qu'à suspendre le temps un instant pour avoir une nouvelle image de Marilyn.

Eve Arnold dialogue avec le monde

Eve Arnold, Self-Portrait in a Distorted Mirror, , New York, 1950

Eve Arnold, Self-Portrait in a Distorted Mirror, , New York, 1950

 

Eve Arnold est née à Philadelphie en Pennsylvanie, ses parents sont des immigrants russes-juifs, William (Velvel né Sklarski), rabbin, et Bessie Cohen (Bosya né Laschiner). Elle vient d'une famille de neuf enfants

La photographe juive Eve Arnold est célèbre pour ses photographies de Marilyn Monroe. Elle en a - d'une certaine manière - réinventé l'image en lui accordant une vision intime mais sans aucun voyeurisme.

Elle ne s'est pas contentée de fixer la star hollywoodienne. Et il y existe peut-être deux Eve Arnold comme deux Marylin, chacune dans leur propre complexité : celle qui ne sait pas trop bien ce qu’il en est de l’identité et de l'image et celle qui donne sens à ses doutes au sujet de l'être et de son aura.

Quel effet cela faisait-il de photographier Marilyn ? C'était comme quand on voit une photographie apparaître dans un bac de révélateur. L'image latente était là, le moment et les conditions de sa révélation dépendaient de Marilyn. L'effet était stroboscopique, et le photographe n'avait qu'à suspendre le temps un instant pour avoir une nouvelle image de Marilyn.

La photographe a parcouru le monde pour l'Agence Magnum puis pour le Sunday Times lorsqu'elle s'installe à Londres. Elle aura photographié tout au long de sa vie un éventail de personnalités diverses - de Malcolm X à la reine Elisabeth II.

Elle sait toujours, hors artifice, donner sa vision non seulement des corps mais des êtres et ce qu'ils représentent dans l'imaginaire collectif sans se soucier des idéologies qu'ils incarnent. Elle sait que la photographie ne se fait pas avec des a-priori mais par attention au "motif" qui est chez elle l'humain. Elle a d'ailleurs écrit et réalise Behind the Veil en 1971, un film sur les femmes voilées au Moyen-Orient qui prend aujourd'hui toute une acuité.

Celle qui naquit à Philadelphie et mourut 100 ans plus tard à Londres (preuve que la photographie conserve) a toujours créé avec scrupule et le souci de l'autre. Elle ne chercha jamais une solarité factice ni à l'inverse des ombres réelles ou supposées. La sincérité reste la base de son regard habité.

 

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