Pessah la pâque juive: Israël est la mémoire universelle

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Israël, mémoire universelle vivante

Au cours du Séder, nous relirons dans la Haggadah entre autres versets de la Thora, celui qui nous enseigne que D… avait fixé d’avance le terme de l’esclavage d’Egypte. Par la voie prophétique un événement futur est annoncé à Abraham au chapitre 15 v.13 de la Genèse « D… dit à Abraham : Sache bien que tes descendants séjourneront comme étrangers dans un pays qui n’est pas le leur. Ils y seront asservis et opprimés durant 400 ans. Mais je jugerai la nation qu’il aura asservie. Après cela, ils partiront avec de grands biens. »

Cet événement central de l’histoire d’Israël va devenir l’objet d’un rappel perpétuel dans la tradition biblique et rabbinique. D’année en année, de Séder en Séder, de génération en génération, jusqu’à le projeter dans l’avenir messianique de l’histoire d’Israël, cet événement merveilleux sera perpétué dans la mémoire du peuple.

D’ailleurs, Rabban Gamliel a enjoint à chacun d’entre nous de revivre personnellement l’événement dans la nuit de Pessah. La pratique plusieurs fois millénaire du Séder, ce rite familial le plus ancien et le plus beau de notre tradition, témoigne, en vérité, d’une certaine philosophie de la mémoire collective d’un peuple, et d’une conception particulière du temps.

En réalité, quand nous parlons du temps présent et de la mémoire d’un peuple, de quoi s’agit-il ? L’expérience commune établit qu’il est deux façons de vivre le présent.

La première, celle de l’enfant qui est toute insouciance et inconscience. Lorsqu’un adulte voudrait n’être doué que de la mémoire de l’enfant on peut dire qu’il demeure sourd et aveugle au passé, ce qui fut auparavant, comme il veut se désintéresser de l’avenir – ce qui sera après. Cet homme ne pense qu’à lui, l’égoïsme est sa loi. Tout ce qui est juif lui est étranger. Il a même peur de s’affirmer et de donner à ses enfants une éducation juive. Il refuse d’entendre la leçon de l’histoire et ne donnera jamais la peine de connaître la grandeur et le tragique, l’intemporel et le transcendantal de cette histoire, qui pourraient l’inspirer autrement dans son attitude présente et pour sa conduite à venir.

Cette première manière de vivre le présent est plutôt une fuite, sinon une absence.

Il y a une seconde manière, celle de l’homme conscient de ses devoirs et responsable de ses actions, celle du Juif qui assume le destin spirituel de la communauté d’Israël tout entière. Pour lui, le présent n’est pas n’est pas fait de ce temps infinitésimal, qui, à peine énoncé, est déjà passé et qui mord en même temps sur l’avenir le plus proche. Son présent au contraire est, selon l’expression de Bergson, chargé de tout le passé et gonflé en même temps de l’avenir.

Seder de pessah en famille

Seder de pessah en famille

Sa mémoire est pleine de la réalité passée et à venir d’Israël.En outre, il est doué de cette faculté particulière qui permet de dépasser les cadres conventionnels, du temps homogène, inconsciemment rétréci et purement extérieur. Il sait revivre en pensée, tous les faits de son histoire qu’il projette dans l’avenir pour les transformer, car il s’efforce de vivre selon D… sur le plan de son éternité, dans lequel les cadres du temps sont abolis.

Cette même philosophie a fait dire à nos Sages : Il n’y a point d’avant ni d’après dans la Thorah, Cela signifie que la Thorah, dans ce qu’elle exprime de divin, d’absolument vrai et nécessaire, demeure invariablement actuel ou mieux encore, éternelle.

On sait à cet égard que le verbe hébreu exprime le futur dans sa forme passée, et le passé dans sa forme future, ces deux formes pouvant également exprimer une action présente qui est entrain de se faire, qui vient de se faire ou qui continue de se faire.

Ainsi, le processus de développement de l’histoire d’Israël, étudié sous cette forme triple du temps, peut seul nous faire comprendre ce que beaucoup d’historiens et de philosophes non-juifs n’ont pas toujours réussi à saisir, quand ils se sont appliqués à l’étude de ce qu’ils appellent le phénomène juif ou le fait juif.

Ils n’ont pas compris qu’Israël est une mémoire universelle vivante qui témoigne éternellement de la justice et de l’amour et qu’on ne peut définir le juif sans son contexte spirituel. Non, le Juif n’est pas un individu, mais une somme, une unité totale d’histoire passée, présente et à venir. Israël est cette somme de mémoire et de temps qui transcende les faits matériels et historiques et qui les dépasse dans ce qu’ils ont de mesurable.

Le temps est une catégorie particulière d’épreuves et de souffrances,et, à la fois, de grandeur spirituelle et d’espérance.

C’est pourquoi en chaque nouvelle nuit de Pessah, non seulement nous rappelons nos souffrances les plus anciennes mais aussi les plus récentes.

Elle est toujours vraie hélas, cette phrase de notre Haggada : « Be’hol dor vador omdim alénou le’haloténou, en chaque génération il se lève de nouveaux tyrans pour nous exterminer. Et il n’y aurait pas de sort plus déprimant et misérable que le nôtre si le texte ne venait ajouter « Vehakadoch barou’h hou matsilénou miyadam, mais Saint Béni soit-il nous sauve de leurs mains »

A Pessah principalement prions D… à nouveau qu’il apporte son soutien à l’Etat d’Israël et qu’il éloigne les desseins diaboliques de ses ennemis et que la paix et la sécurité puissent à nouveau régner dans le pays.

Claude Layani

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