Speedy Beatie, la première marathonienne israélienne orthodoxe

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Speedy Beatie, la première marathonienne israélienne orthodoxe

La coureuse de marathon la plus improbable d'Israël passe sa journée du jeudi à préparer le repas de Shabbat. Car c'est ce que vous faites quand vous êtes la première femme marathonienne Haredi (orthodoxe) du pays et que vous avez une course vendredi matin.

Cela peut paraître improbable, voire absurde, mais Bracha "Beatie" Deutsch, 29 ans, est bien réelle. La première athlète féminine Haredi a choqué tout le monde en remportant le championnat national du semi-marathon d'Israël en décembre, avec un record de 1 heure, 19 minutes et 51 secondes.

Selon Bracha Deutsch, "il est beaucoup plus difficile d'avoir cinq enfants que de courir un marathon", dit-elle. "La course à pied est un jeu d'enfant comparée à l’apprentissage de la propreté."

En effet, son compte Instagram semble refléter ses deux amours - ses enfants et la course à pied - et est rempli de photos des deux. Son nom d'utilisateur, peut-être sans surprise, est "Marathonmother".

La victoire de Bracha Deutsch est un exploit incroyable pour une athlète qui n’a commencé à s’entraîner qu’il y a trois ans. La foule l’a remarquée tôt dans la course à cause de sa tenue de course à pied pudique. Jusque là, Bracha Deutsch n'était pas connu des fans de sport. Même à l'association sportive israélienne, personne n'avait entendu parler d'elle.

Pendant qu'elle concourrait, son mari, Michael, professeur de yeshiva et étudiant en informatique, était à la maison pour surveiller leurs enfants. Il a reçu la bonne nouvelle par téléphone dès qu'elle a franchi la ligne d'arrivée.

"Je me sentais vraiment bien vers la fin de la course", a-t-elle déclaré. "Dieu m'a donné la force de bien la finir."

"C’est vrai, je suis la première championne Haredi", déclare Beatie, qui a émigré du New Jersey il y a huit ans en Israël. "Il n'y a qu'une poignée d'athlètes orthodoxes. La plupart des Haredim sont occupés à apprendre la Torah et n'ont pas le temps de penser au sport", dit-elle.

"Beaucoup de gens me demandent s'il y a une contradiction entre religion et sport, et je ne le vois vraiment pas de cette façon ... Prendre soin de son corps et de son esprit est considéré comme une mitsva. Dans le monde Haredi, quand on dévie de la norme, on est toujours critiqué, mais je savais que je faisais quelque chose de bien ", ajoute-t-elle.

Pour Bracha Deutsch, chaque course est spirituelle.

Le marathon de Tel Aviv 2018

Le marathon de Tel Aviv 2018

Elle pratique le sport depuis son enfance aux États-Unis. "J'ai effectivement pratiqué le taekwondo aux États-Unis", dit-elle. "Mais depuis que j'ai déménagé en Israël il y a huit ans, et que je suis devenue maman, j'ai arrêté. J'ai eu cinq enfants en six ans et je n'ai pas eu de temps libre. Je ne pensais même pas que c'était possible. C’est seulement lorsque ma sœur m'a battue à la course, quelques mois après mon quatrième accouchement, que je me suis rendu compte qu'il était temps de me remettre en forme. Je me suis fixé pour objectif de courir un marathon afin de me dépasser. "

Elle a rapidement commencé à participer à des marathons de longue distance.

"Le marathon de Tel Aviv était ma première compétition. Je pensais que je finirais en 4h40, un résultat raisonnable pour la première fois. Mais mon mari, Michael, pensait que je ferais beaucoup mieux. Il savait ce que je valais et a estimé que cela me prendrait 3 h 30. J’ai été très étonnée de découvrir que j’avais terminé la course en 3: 27,26 heures, un résultat très satisfaisant pour une novice sans expérience. "

L'année suivante, alors qu'elle était enceinte de sept mois, Bracha a de nouveau participé au marathon de Tel Aviv. Mais ne vous inquiétez pas, elle s'est inscrite à la course seulement après que son père, obstétricien, l'ait rassurée sur le fait que la compétition ne présentait aucun danger pour elle ni pour son fœtus. Elle a réussi à boucler 42,195 kilomètres en 4h07, un score incroyable pour une femme enceinte. "Quand les gens m'ont vu courir enceinte, ils se sont dit: Si elle peut le faire, nous le pouvons certainement. Dans l'ensemble, j'ai eu une bonne grossesse et un bon accouchement."

Pour les experts de l'industrie, la victoire de Bracha Deutsch est plus qu'un coup de chance.

Arie Gamliel, l'ancien champion d'Israël de longue distance qui a concouru pour Israël aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, a été très impressionné.

"Elle m'a surpris," dit-il. "Elle a d'excellentes proportions pour la course à pied. Elle est mince, relativement petite, elle a un bon rythme et un bon style. Si elle commence une formation professionnelle, elle atteindra les plus hauts niveaux."

Bracha sait qu'elle doit améliorer son programme d'entraînement si elle souhaite concourir de manière professionnelle.

Alors que ses enfants sont encore au lit et que les rues sont calmes, Bracha, surnommée "Speedy Beatie" par ses amis, se lève à 5 heures tous les matins et part courir. En semaine, elle court également au stade de l’Université hébraïque tout en travaillant à plein temps en tant qu’agent de liaison pour l’organisation juive internationale "Olami". "Gagner la course augmentera ma crédibilité aux yeux de mes étudiants", dit-elle.

Le 4 janvier, Bracha Deutsch participera au marathon de Tibériade, où elle espère monter sur le podium. Et après cela, elle rêve des Jeux olympiques. Et même si elle est encore très loin d’atteindre cet objectif, elle est résolument optimiste.

"Je suis patiente", dit-elle. "Je ne cours que depuis trois ans. J'espère être la première athlète juive orthodoxe aux Jeux olympiques."

Source : Ynet

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