Malkiel la nouvelle de Efrat Soulam - Chapitre I

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Sortez vos tapis ! Installez-vous confortablement et accrochez votre imagination en bandoulière pour rencontrer Malkiel ! Héros de cette courte nouvelle, Malkiel nous entraîne de Boursa à Tourfan, de pays Kirghize à Chiraz. Il est, comme chacun de nous, le maillon d'une chaîne et l'héritier d'une histoire à découvrir. Cette histoire faite de milliers de fils de soie va le conduire à travers des chemins jamais foulés et lui révéler des paysages intérieurs. Malkiel comme ultime apprentissage sera amené à nouer un tapis de soie retraçant l'épopée qui va le mener a sa promise.

Vous avez certainement lu Le Collectionneur de la même autrice, voici une nouvelle histoire qui va encore vous emmenez plus loin.

Sortez vos tapis ! Installez-vous confortablement et accrochez votre imagination en bandoulière pour rencontrer Malkiel ! Héros de cette courte nouvelle, Malkiel nous entraîne de Boursa à Tourfan, de pays Kirghize à Chiraz.

Il est, comme chacun de nous, le maillon d'une chaîne et l'héritier d'une histoire à découvrir.

Cette histoire faite de milliers de fils de soie va le conduire à travers des chemins jamais foulés et lui révéler des paysages intérieurs. Malkiel comme ultime apprentissage sera amené à nouer un tapis de soie retraçant l'épopée qui va le mener à sa promise.

Chapitre 1 Malkiel de Efrat Soulam

Malkiel

La famille de Malkiel habitait le village de Bursa en Turquie. Leur maison en bois épousait la pente de la colline. L’été, l’herbe grasse et verte formait un tapis dense tout autour de la maison. L’hiver, de grandes plaques de neige brillaient sous le ciel bleu.

Malkiel vénérait son grand-père Machaël et l’avait surnommé Papou. Papou vivait de brocante et du commerce de curiosités. Il partait pendant de longs mois à la recherche de toutes sortes d’objets qu’il entreposait ensuite dans la maison. Son fils Assaël l’accompagnait. Ensemble, ils parcouraient les villages avoisinants, occupés à récupérer tout ce qu’ils pourraient bien revendre. Pendant les expéditions, c’était le frère de Machaël, Yacco, qui tenait l’échoppe.

Le curieux qui y pénétrait trouvait de tout dans cette enfilade de huit petites pièces : des meubles, des bibelots, des porcelaines de Chine, des bijoux, des tissus et des tapis. Les tapis de soie occupaient une place de choix chez Machaël. Il en possédait qui provenaient d’Iran et les gardait jalousement cachés. D’ailleurs, il ne montrait jamais de tapis à un client. Il arrivait que Louna, sa femme, déroulât un tapis pour le mettre en évidence. Machaël la regardait alors d’un air désolé et lui disait :

 

  • Laisse, Nona, ce n’est pas pour toi, tu vas te faire mal au dos, je le ferai tout à l’heure.

 

Nona comprenait. Depuis quarante ans, lorsque Papou ne voulait pas faire quelque chose, il disait :

  • Je le ferai tout à l’heure.

Il préférait vendre d'autres objets. Les tapis, il les admirait seul ou avec Assaël son fils et son petit-fils Malkiel. Durant ces moments, personne ne parlait, seuls les yeux s’exprimaient. Papou pouvait contempler ses tapis en silence pendant de longues heures. Certains disaient qu'il voyageait loin en lui dans son histoire invitant ses ancêtres à contempler ses trésors.

Nona-Louna et ses belles-filles, Naama et Rébecca, vendaient des bourses, des foulards, des ceintures de pantalon, des nappes, du linge de maison, qu’elles brodaient elles-mêmes. Elles proposaient également des soies et des étoffes fabriquées à Bursa.

Quand Papou était en voyage, Nona-Louna et ses belles-filles s’occupaient de l'atelier de teinture. A l'origine il avait été fondé par l’arrière-grand-père de Papou. Il fonctionnait au ralenti, car Machaël avait décidé de gagner sa vie différemment. Mais il avait transmis à Nona-Louna tous les secrets des pigments tinctoriaux de la feuille du mûrier et elle s’exerçait à cette besogne de manière rigoureuse.

Les trois femmes passaient des journées entières à cuisiner. Elles faisaient réduire dans de lourds chaudrons de cuivre toutes sortes de confitures qui embaumaient la cuisine : des confitures de coing râpé, de rose, de figue, de fraise, de cerise et en hiver la confiture blanche à base de sucre. D’autres jours, elles préparaient des pâtes de coing, des fruits confits. La confection des gâteaux de pâte feuilletée qu’elles fourraient au fromage, aux pommes de terre ou aux noix faisait partie d'un rituel qui leur prenait des heures.

Elles aimaient particulièrement faire griller des aubergines ou faire frire des boulettes de poireaux. Grâce au jardin potager, situé derrière la maison, elles disposaient de toutes sortes de légumes qu’elles mettaient en conserve en été. Malkiel était appelé pour goûter les différents mets. Les femmes de la maison ne s’estimaient satisfaites que lorsque l’enfant hochait gravement la tête en léchant ses doigts. En dehors des repas de la maisonnée, elles préparaient également le déjeuner des élèves de l’école de la communauté dirigée par Yacco, le frère de Machaël.

Les après-midis d’été, avant que les rayons du soleil ne déclinent sur le toit de la maison et que les hommes ne rentrent du travail, elles s’installaient sur les tapis de la cour, à l’ombre du mûrier, pour broder. Les aiguilles qu’elles utilisaient pour confectionner les trousseaux des futures mariées étaient aussi fines que des cheveux. Elles s’appliquaient à reproduire des lacis de tulipes, d’œillets et de roses pâles qu’elles répétaient à l’infini. L’hiver, elles se serraient autour du poêle dans la pièce principale du rez-de-chaussée pour coudre et chanter de vieux airs. Ainsi vivait la famille de Malkiel.

2ème Chapitre la semaine prochaine 

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