Livre juif : Sotah soupçon d’adultère de Naomi Ragen

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Naomi Ragen en dédicace au centre communautaire juif de Paris

Un roman dans les milieux juifs ultra-orthodoxes.

Une bonne description de la vie quotidienne, les familles ne sont pas malheureuses tant qu’elles restent dans leur vie habituelle, finalement heureuse, unie, avec une mère tendre pilier de la famille. Avec les ingrédients qui font le succès d’un roman grand public : le suspens, l’amour, un peu de sexe.
Un bon roman à lire pour plonger dans la vie juive ultra-orthodoxe, décrite avec tendresse mais sans complaisance.

Notez bien qu’une Sotah est une femme soupçonnée d’adultère selon la Bible et un traité du Talmud, ce soupçon était levé grâce à un rituel spécifique à l’époque du Temple.

Un roman dans les milieux juifs ultra-orthodoxes.

Un roman dans les milieux juifs ultra-orthodoxes.

Présentation de l’éditeur : La vie réglée d’une des filles Reich, famille juive ultra-orthodoxe de Jérusalem, bascule lorsque la brigade des mœurs, qui sévit clandestinement dans son quartier, la soupçonne d’être une femme adultère (en hébreu sotah). Prête à tout pour ne pas déshonorer sa famille, elle est contrainte de s’exiler. Dans le monde vertigineux de New York, ses convictions seront mises à l’épreuve. Comment redonner un sens à sa vie ? Ce roman, inspiré d’une histoire vraie, nous fait pénétrer au cœur d’une communauté qui vit au rythme de rites ancestraux, dans le respect scrupuleux des commandements de la Bible. Naomi Ragen dépeint avec tendresse le quotidien d’une société solidaire, viscéralement attachée à ses valeurs. Mais c’est sans complaisance qu’elle dénonce ses dérives, tout particulièrement celles dont les femmes sont victimes.Biographie de l’auteur : Naomi Ragen est l’auteur de quatre romans à succès : Jephte’s Daughter (La Fille de Jephté), Sotah, The Sacrifice of Tamar (Le Sacrifice de Tamar) et The Ghost of Hannah Mendes (Le Fantôme de Hannah Mendès). Née à New York, elle a d’abord poursuivi ses études au Brooklyn College, puis obtenu un Mastère en littérature anglaise à l’université hébraïque de Jérusalem où elle s’est installée il y a trente ans. La traduction de ses romans en hébreu en 1985 l’a placée parmi les écrivains les plus aimés en Israël. Championne véhémente de l’égalité des sexes et des droits de l’homme, elle écrit des chroniques pour le Jerusalem Post. Sa première pièce de théâtre, Women’s Quorum (Le Quorum des femmes), lui a été commandée par le théâtre Habima, théâtre national d’Israël.
Éditeur : Yodéa (16 juin 2009), 514 pages, 21,00 €

Le sens profond de la Sotah 

Les détails de la procédure à appliquer à une Sotah, c’est-à-dire une femme soupçonnée d’adultère par son mari, dans le cas où il n’y aurait pas eu de témoins. Une phrase employée dans ce contexte (« si une épouse se détourne de son mari ») est citée par le Talmud pour étayer la déclaration ainsi conçue : « Une personne ne commet une transgression que si l’esprit de folie s’empare d’elle. » Superficiellement, la connexion entre les deux phrases réside dans un jeu de mots : en hébreu, les mots « folie » d’une part, et « se détourne » d’autre part, sont similaires. Mais le Rabbi recherche un rapport plus profond, s’attardant à l’image traditionnelle qui considère la relation entre le peuple juif et D.ieu comme une relation de mariage, voyant, par conséquent, le péché comme une sorte d’infidélité. Le thème de ce discours est l’implication de cette image pour le Juif.

1. Le péché et l’esprit de folie

Il y a dans le Talmud1 la déclaration suivante : « Une personne ne commet une transgression que si l’esprit de folie s’empare d’elle », et le texte cité pour l’appuyer est une phrase de notre Paracha : « Si une épouse se détourne (tisteh) de son mari... »2 Le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak, expliquant la nature de la foliea recours lui aussi à cette phrase.

Quel rapport y a-t-il entre elles ? Pourquoi l’adultère est-il, de toutes les transgressions, celle qui montre, de façon la plus péremptoire, que le péché est toujours irrationnel ?
Ni dans le Talmud, ni dans la ‘Hassidout, les textes ne sont cités pour eux-mêmes, ou pour exhiber un quelconque savoir. Ils sont choisis avec précision pour qu’ils s’appliquent au plus grand nombre possible de cas.

Dans ce cas-ci, il y a une raison superficielle. Une ressemblance verbale existe entre « se détourne » (tisteh) et « folie » (shtout). Mais cela ne suffit pas à dissiper entièrement notre étonnement. Pourquoi recourir à la citation d’un texte ? Beaucoup d’aphorismes rabbiniques ne sont pas « dérivés » de cette manière d’un texte biblique. Il doit y avoir une connexion plus profonde, peu apparente à première vue, entre l’adultère et le péché en général.

Il y a de plus une autre difficulté. L’adultère est un péché très grave, entraînant la peine de mort. Le commettre est évidemment irrationnel. Il ne semble pas qu’on puisse choisir de commettre un acte aux conséquences si graves. Mais la maxime talmudique était censée s’appliquer à l’ensemble des péchés, y compris au plus petit détail de la loi rabbinique, voire à un acte permis qui n’a pas été accompli dans l’intérêt du Ciel.4 Quelque léger que soit l’acte par lequel l’homme se détourne de D.ieu, la maxime lui est applicable : c’est un acte de folie. Dès lors, comment prouver la folie d’un péché mineur en partant de celle évidente d’un péché majeur ?

2. Le péché en tant qu’infidélité

La réponse est que l’adultère est le prototype de tout péché, et ce de deux manières :

D’abord, le péché d’adultère dans la loi juive s’applique, bien entendu, seulement si la femme en question est mariée. D’où la phrase : « Si une épouse se détourne de son mari. » Or le peuple juif dans son ensemble est considéré comme l’épouse de D.ieu. Le lien forgé entre eux au Sinaï était semblable à celui d’un mariage. Ainsi, chaque fois qu’un Juif commet un péché, si léger soit-il, il trahit l’alliance, « le contrat matrimonial », entre lui-même et D.ieu. Il est coupable d’adultère spirituel, d’infidélité envers son partenaire divin.

Le Zohar5 relate l’épisode suivant : un philosophe demanda un jour à Rabbi Eliézer : – Si les Juifs sont le peuple élu, comment se fait-il qu’ils soient la plus faible des nations ? Et Rabbi Eliézer répondit : – Tel est leur destin.
Parce qu’ils ont été choisis, ils ne peuvent tolérer aucune faute, qu’elle soit spirituelle ou matérielle. Leur vocation spirituelle spéciale fait que ce qui, chez les autres, est pardonnable est un péché en eux.
Et comme pour le cœur – le plus sensible et le plus vital des organes du corps –, le plus léger écart, la plus petite hésitation, est une question de vie ou de mort.6

Tel est donc le rapport entre notre verset sur l’infidélité d’une épouse et la maxime sur l’esprit de la folie.

Entre le peuple juif et D.ieu existe un lien de loyauté réciproque éternelle, un mariage dans lequel D.ieu est « l’homme », le partenaire qui prend l’initiative ; et nous, « la femme », les gardiens de la foi. Même l’exil n’est pas une séparation, un divorce. Il est consigné dans le Talmud7 que le prophète Isaïe dit à dix hommes de « revenir et se repentir ». Ils répondirent : « Si un maître vend son esclave, ou si un mari divorce d’avec sa femme, l’un a-t-il à réclamer quoi que ce soit à l’autre ? » (En d’autres termes, leur argument était qu’avec l’exil babylonien, D.ieu avait effectivement divorcé d’avec Son peuple, et qu’Il n’avait plus à exiger leur obéissance.) D.ieu, béni soit-Il, dit alors au prophète : « Ainsi parle l’Éternel : où est l’acte de divorce de votre mère, que J’ai écartée, ou lequel de Mes créditeurs est celui auquel Je vous ai vendus ? Voici, en raison de vos iniquités, vous vous êtes vendus vous-mêmes, et en raison de vos transgressions votre mère est écartée. » De sorte qu’il est certain que, même dans la séparation temporaire de l’exil, D.ieu ne choisira pas comme Son élu un autre peuple.8

S’il en est ainsi, et puisque la fidélité d’une épouse réside dans son respect des désirs de son mari,9 quand un Juif commet une transgression même légère, ou un acte même permis, mais égoïste, c’est un geste d’infidélité et une trahison envers le saint mariage du Sinaï.

C’est pourquoi la déclaration relative à la folie du péché — de tout péché — est suivie de la phrase empruntée à notre Paracha, moins comme une preuve que comme une explication.

Pourquoi un péché, même insignifiant, est-il folie ? Parce qu’il provoque une rupture du lien entre l’homme et D.ieu. Et pourquoi la provoque-t-il ? Parce que c’est un acte d’infidélité, intervenant dans le mariage unissant D.ieu au Juif.

3. Le péché comme un moment passager

Le second rapport entre les deux déclarations est le suivant : la phrase « si une épouse se détourne de son mari » ne s’applique pas à la femme convaincue d’adultère, mais seulement à celle soupçonnée d’adultère ; quand il n’y a pas eu de témoins à l’acte supposé et qu’il fût « caché aux yeux de son mari ». Ce seul soupçon rend l’épouse passible d’une offrande d’orge, qui est une nourriture animale10 ; c’est une humiliation correspondant à la nature de l’acte supposé.

Toute cette marche à suivre est difficile à comprendre. Si l’accusation s’appuie seulement sur le soupçon, non sur un fait prouvé, ne pouvons-nous pas nous baser sur la présomption que la plupart des épouses juives sont fidèles, et renoncer à l’accusation ? La réponse est que les critères de fidélité fixés par la Torah aux épouses juives sont si élevés qu’une femme est coupable même si elle prête au soupçon.

Toutefois, ce stigmate est de courte durée. Si, après que le nécessaire a été fait pour déterminer si le soupçon est fondé, l’épouse est considérée innocente, elle fera retour sans souillure à son mari : « Elle sera reconnue innocente et aura des enfants. »11

C’est également le cas pour le Juif qui, dans un esprit de folie, commet un péché. La brèche qu’il ouvre entre lui et D.ieu n’est que temporaire, et en dernière analyse : « Ma gloire (c’est-à-dire l’étincelle divine en chaque Juif), Je ne la donnerai pas à un autre. »12Aucun Juif n’est jamais si éloigné de D.ieu qu’il ne puisse revenir à Lui, pur et sans tache.

Tel est le second rapport : de même qu’une épouse soupçonnée par son mari n’est que temporairement éloignée de celui-ci, ainsi la séparation d’avec D.ieu engendrée par un péché n’est qu’un moment passager.

4. La fertilité du retour

Même s’il est vrai que celui qui attache aux choses une signification étrangère à D.ieu nie Son unité, et que, contemplant ses péchés, il pourrait tomber dans le désespoir en pensant « D.ieu m’a abandonné et l’Éternel m’a oublié »,13 il doit se souvenir qu’il peut toujours se rapprocher à nouveau du Créateur.

Plus encore, il doit se rappeler une troisième similitude entre l’épouse soupçonnée d’adultère et le pécheur en général :

Si elle est reconnue innocente, non seulement est-elle lavée de toute souillure, mais elle retournera à son mari « et aura des enfants ». Cela signifie14 que si elle enfantait précédemment avec difficulté, elle le fera désormais dans la facilité. Si elle avait eu des filles, elle aura également des fils. Une opinion soutient qu’elle aura des enfants même si elle était auparavant stérile.

Cet espoir s’offre à l’homme qui a péché. Il ne doit pas devenir la proie de la mélancolie ou du désespoir. Car l’Éternel a dit : « Ma gloire, Je ne la donnerai pas à un autre. » Et quand il fera retour à D.ieu, il produira lui aussi ses fruits. Il s’élèvera jusqu’à l’amour et la crainte de D.ieu. Il s’efforcera de se rapprocher véritablement de Lui, jusqu’à ce que « mari et femme soient unis », et que la présence du Divin soit révélée en son âme. Telle est sa rédemption personnelle15 : un prélude à la rédemption collective de l’ère Messianique.

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