Livre juif : Isaac de Léa Veinstein

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Isaac de Léa Veinstein publié chez Grasset en février 2019.

Un vrai coup de coeur!

Léa Veinstein mène une enquête passionnante sur son arrière-grand-père, rabbin à la synagogue de Neuilly pendant toute l'occupation.

Cette quête d'identité, cette recherche autour de sa famille va donner lieu à une quête de soi.
Léa rencontre de nombreuses difficultés car cette période fait l'objet d'un tabou dans la famille.

La romancière se plonge dans le passé de sa grand-mère, non sans mal, mais elle se rapproche aussi, avec joie, de ses cousines et de sa soeur Paloma.

Elle est issue d'une famille de gauche, non pratiquante: elle sait juste que son arrière-grand-père était rabbin!

"J'ai toujours entendu dire que j'avais un arrière grand-père-rabbin. Ça me paraissait insensé, et très loin de moi. Je ne connaissais même pas son nom. Je n'avais jamais pensé à poser la question. Mais lorsqu'on me demandait si j'étais juive, je crois que c'est ce que je répondais -"mon arrière-grand-père était rabbin!"-en prenant soin d'ajouter que mes parents étaient "athées" et qu'il n'y avait jamais eu aucune forme de religion chez nous."

Léa étudie la philosophie, Lévinas et Benjamin.

"Sans même que je m'en aperçoive, la vie m'a peu à peu ramenée vers le judaïsme. C'est par la philosophie, que j'ai choisi d'étudier, que tout a commencé."

De nombreuses réflexions autour d'Israël, de la foi et de l'identité jalonnent le roman.

L'énigme est subtile et palpitante car des questions se posent: comment Isaac a-t-il pu être officier sans crainte pendant la guerre?

Est-il un héros? Pourquoi la religion a-t-elle été abandonnée dans la famille?

Nous comprenons que, pendant la guerre, la pratique de la religion, risquée, perdurait. Il s'agissait de prier au péril de sa vie car "pratiquer, c'était un moyen de résister."

Il est difficile de répondre à toutes ces questions mais un hommage sera rendu à Isaac, figure emblématique de la synagogue de Neuilly, moment très émouvant.

L'enquête se poursuit et devient quête car Léa interroge ses origines et son rapport au judaïsme.
Mariée à Solal, issu d'une famille très pratiquante, elle se pose la question se la conversion car sa mère n'est pas juive. Elle devient mère à la fin du roman et évoque en finesse l'importance de la transmission.

La réflexion autour de la mémoire, souvent biaisée et de ces zones d'ombre est profonde et pertinente.

Enfin, l'ouvrage tente de répondre à la fameuse question "c'est quoi, être juive?"et interroge le lecteur avec. une grande subtilité!

Cet élément a son importance car nous avons besoin, plus que jamais, de sens, de spiritualité.

 Née en 1986, Léa Veinstein travaille pour France Culture et Arte Radio. Elle a consacré une thèse à l'oeuvre de Kafka et sera, en 2020, commissaire d'une exposition que le Mémorial de la Shoah consacrera aux derniers survivants.


Née en 1986, Léa Veinstein travaille pour France Culture et Arte Radio. Elle a consacré une thèse à l'oeuvre de Kafka et sera, en 2020, commissaire d'une exposition que le Mémorial de la Shoah consacrera aux derniers survivants.

 

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