Livre juif : Grand angle de Simone Somekh

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« Grand angle », de Simone Somekh

« Grand angle », de Simone Somekh : la chronique
« premier roman » de Barbara Cassin

Grand angle de Simone Somekh

Grand angle de Simone Somekh

L’académicienne a lu ce roman italo-américain, qui brasse tous les malaises : orthodoxie juive ultra, homosexualité ségréguée, monde superficiel de la mode, arrivisme…

COMMENT S’EN SORTIR ?

Le petit Ezra, narrateur de Grand angle, de Simone Somekh, est juif à chapeau noir et papillotes, de la communauté ultra-orthodoxe de Brighton, en Angleterre, avec un père qui gronde sans comprendre et une mère qui pleure sans utilité.

Ils sont d’autant plus obédients qu’ils ne sont pas nés là, et qu’Ezra est fils unique.
Or voilà qu’il est renvoyé de la Yeshiva High School parce qu’il a fait des photos, sublimes, de la sœur d’un copain dans les toilettes – sœur, photos, toilettes, que d’interdits, que de hontes… Ses parents ont choisi de vivre ainsi, pas lui, mais il ne sait ni ne peut vivre autrement.

La famille accueille l’un des sept-huit petits dont la mère vient de mourir, que la communauté aide à placer, et voilà qu’Ezra et Carmi dorment dans la même chambre et deviennent vraiment amis. Carmi hait son père, son père le hait, Ezra finit par comprendre que Carmi est homosexuel – c’est quoi ce mot, cette chose, impossible ! Carmi se taillade les veines, puis disparaît de la communauté. « Communauté » ? Etre juif orthodoxe. Etre homosexuel. Juif orthodoxe homosexuel. On s’en sort comment ?

Ezra – pas plus homosexuel qu’un autre, plutôt moins – s’en sort quant à lui en organisant ses études et sa fuite à l’université de New York, grâce à sa merveilleuse tante libérale, avec laquelle il ne trinque même pas le jour où il est admis puisque son vin n’est pas casher.

Il file avec son don pour la photo et devient de fil en aiguille l’assistant d’une célébrissime photographe de mode. Il s’affirme de plus en plus, jusqu’à un point de non-retour en annotant méchamment les photos cultes de l’Amérique des années 1960 et en se risquant à publier le tout : la gloire ! A son tour d’être photographe culte, avec une mannequin arabe sublime dans un hidjab Swaroswki, à Bahrein mais en pleine révolution démocratique et sanglante.

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