L’exclusion inavouée des chercheurs israéliens des revues scientifiques

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Sous couvert de confidentialité et de manque de transparence, une barrière plus forte que tout autre boycott est progressivement en train de prendre forme dans le milieu des revues universitaires.

La campagne du BDS incite à l'exercice de pressions diverses sur Israël, dans une logique d'exclusion.

Cette fois-ci, un professeur dénonce l'exclusion des chercheurs israéliens du monde des publications savantes.
Cette discrimination est plus habile et surtout silencieuse, et pousse à la vigilance.

Le professeur Ze'ev Zahor, fondateur et ancien président de l’institut universitaire de Sapir en Israël, témoigne pour Ynetnews.

Un travail universitaire de chercheur comprend avant toute chose de la recherche et de l’enseignement. Ses autres tâches font partie de la routine académique : Editer des revues savantes, évaluer les thèses des étudiants passant leur doctorat et écrire des avis, beaucoup d’avis.

Le chercheur doit examiner le travail de ses collègues à partir du moment où ils sont admis dans les institutions de recherche après avoir été promus. Pour cela, il doit principalement revoir la qualité de leurs recherches.

Cela s’applique aussi bien à Israël qu’au reste du monde. Le monde universitaire - comprendre la recherche - est un système universel.

Le conseil des universités au Royaume-Uni déclare dans un communiqué qu’ « il s’oppose fermement aux boycotts universitaires sur la base qu’ils sont hostiles à la liberté académique, incluant la liberté des chercheurs à collaborer avec d’autres ».

Mais comme le milieu académique est un système constitué d’êtres humains, les universités ont établi des règles très claires afin d'éviter tout favoritisme.
Ainsi, un journal prestigieux ne publiera jamais un article médiocrement écrit juste parce que le chercheur est associé à l’éditeur .
Le prestige s’acquiert à force de patience et d’effort et un mauvais article peut tout saborder.

C’est pour cette raison qu'en général, les articles reçus pour examen dans les parutions les plus estimées du monde sont étudiés de manière anonyme.

La seule personne qui connait l’identité de celui qui envoie l’article est le secrétaire du comité de rédaction.

Le comité de rédaction choisit la personne en charge de vérifier l’article et la personne à qui l’on demande de donner son avis sur l’article et décide s’il est validé, rejeté, ou s’il requiert des modifications, ne sait pas qui en est l’auteur.

Le processus est clair et rejette la transparence.

J’ai été chanceux. Au début de ma carrière académique, l’examinateur du premier article que j’ai envoyé à un journal international a demandé mon nom après avoir émis un avis favorable.
A partir de ce moment, c’est devenu mon journal de prédilection.
Mon examinateur est par la suite devenu rédacteur en chef du journal.

Il m’a par la suite demandé d’écrire des articles de synthèse sur des ouvrages de recherche.
Un compte-rendu sur un livre déjà publié rend la confidentialité inutile - cet article de synthèse doit mettre le doigt sur les aspects problématiques de l’ouvrage concerné, et parfois en opposer les différentes conclusions.
L’auteur de la revue peut dans ce cas créer des rivalités et c’est pour cette raison que peu de chercheurs sont désireux de publier des revues sur le livre d’un de leur collègue…

Les éditeurs de journaux de renom qui publient uniquement un petit nombre d’articles de recherche qu’ils reçoivent courtisent les rédacteurs de ces revues de synthèse car ils sont rares.

Sur fond de pénurie de ces articles de synthèse sur les livres de chercheurs, chaque article de synthèse que j’ai écrit a été reçu et publié avec engouement - jusqu’à il y a 2 ans, lorsque j’ai envoyé un de ces fameux articles à mon journal.
J’ai attendu sa publication dans le numéro qui devait sortir, puis dans le prochain .. mais rien.
Il n’y avait ni publication, ni lettre de refus. J’ai donc renvoyé l’article, au cas où il y aurait eu une erreur dans l’envoi du mail, mais je n’ai jamais reçu de réponse.

Je suis tombé sur l’éditeur pendant une conférence tenue aux Etats-Unis il y a quelques temps maintenant.
Il utilisa des termes habiles et intellectuels afin d’expliquer les nouvelles tendances dans la recherche au Moyen-Orient qui avaient mené à des changements dans la politique de publication …

Il n’a cependant pas dit, d’une quelconque manière, que les rédacteurs israéliens n’étaient plus acceptés.

Cependant, un examen très rapide des numéros sortis ces deux dernières années ont révélé qu’aucun article de chercheur israélien n’avait été publié.
Sous couvert de confidentialité et d’absence de transparence, un mur, bien plus puissant que les autres formes de boycott, est en train de s’ériger. »

D'après Ze'ev Zahor, pour Ynetnews


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