Les juifs algériens ne sont ni israéliens, ni sionistes

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Benjamin Stora les Juifs Algériens ne sont ni sionistes ni israèliens

Les juifs algériens ne sont ni israéliens, ni sionistes. L’amalgame entre une religion, un pays  et une idéologie, est très présent dans la culture algérienne post coloniale et surtout parmi les jeunes. En somme être juif n’est pas une insulte, c’est comme être chrétien ou être musulman. Beaucoup de juifs algériens sont tombés en martyr lors de la guerre de libération.

Juifs d'Algérie

Juifs d'Algérie

Benjamin Stora écrivait récemment : « Les algériens ont évacué depuis 50 ans leur part juive. Ils sont en train de la redécouvrir ». Et si c’était cela qui faisait paniquer les tenants de l’arabité de l’Algérie ? L’histoire finit toujours par refaire surface.

C’est vers l’an 70 av. JC que les premiers juifs (en nombre) arrivèrent en Numidie. Peu d’algériens le savent, tout comme ils ignorent une partie de leur histoire.

Selon les historiens, ils ont fui la Palestine vers cette date suite à la répression dont ils furent victimes par l’empereur romain Titus.

Vers l’an 100 ap. JC, le général romain Trajan en déporta des centaines en Afrique du Nord.
Les autochtones les avaient accueillis, et ils s’intégrèrent le plus normalement du monde. D’autres arrivèrent avec les Phéniciens qui venaient établir des comptoirs pour commercer.

Le plus grand nombre s’installa en Afrique de Nord en 1492, chassés d’Espagne par les rois catholiques après la Reconquista, en même temps que les Berbères et des Arabes.

Les juifs étaient en terre numide presque en même temps que les Romains, bien avant les Arabes, les Turcs et les Français.

Selon certains historiens, dont Ibn Khaldoun, les Berbères vivaient en parfaite harmonie avec les Juifs.

La Kahina et les Berbères professaient même le Judaïsme.

La reine berbère réussit à unifier toutes les populations de Numidie, pour s’opposer 3 ans durant à l’invasion des Arabes.

Autant dire qu’il y a eu un véritable brassage des populations berbères et juives, que les juifs ont été le premier peuple a cohabiter en bonne entente avec les Berbères.

C’est avec l’arrivée des musulmans puis des Turcs et enfin les français plus tard que les choses vont changer pour tout le monde.

Un maximum de droits pour les musulmans, pour les autres, dont les juifs particulièrement, ils devaient payer un impôt (Jizya ou dhimm) pour bénéficier de certains droits : continuer à exercer sa propre religion, protection et sécurité (droit à la vie), qu’ils devaient à chaque fois racheter.

On attribua ainsi aux non-musulmans un statut particulier, celui de Dhimmi (hôte protégé).Les non-musulmans sont devenus hôtes. Les juifs étaient contraints de s’habiller différemment pour être reconnu (signes distinctifs), n’avaient pas le droit de monter à cheval (c’est trop noble pour eux). Ils devaient en outre accepter la domination de l’Islam, le respect des musulmans, et les travaux les plus pénibles leurs étaient confiés.

Quelques années après l’occupation française (1870), alors que la Kabylie n’était même pas encore entièrement conquise, le décret Crémieux permet aux 34000 Juifs de devenir français.

Ils sont passés ainsi de statut de colonisé à celui de colons, et la population française en Algérie s’est considérablement agrandi.

Les « indigènes » se sont senti comme trahi par ces gens qu’ils avaient accueillis des siècles plutôt, et qu’ils n’ont jamais chassé. Ils ont traversé les mêmes épreuves des siècles durant, au point où ils auraient pu finir comme un seul et même peuple (Les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Turcs et les Français).

Dès lors quand on a voulu traiter quelqu’un de traître, on l’appelait « espèce de juifs !».

En 1954, la population juive d’Algérie n’était pas loin des 120 000 âmes.

L’appel du 1er novembre de cette année les concernait aussi, puisque le deuxième objectif du document spécifiait bien « Respect des libertés fondamentales, sans distinctions de races et de confessions ». Mieux encore en 1956 lors du congrès de la Soummam, les juifs ont été invités à se joindre à la cause nationale, ce qui prouve qu’ils étaient toujours considérés (malgré tout) comme des algériens. Si des juifs, tels que Jean Daniel et Henri Alleg, ont répondu à l’appel, d’autres par contre ont embrassé en 1961 la cause de l’OAS.

*Benjamin Stora, historien juif algérien.

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