L'époustouflante interview de Alexandre Jardin sur le passé de"collabo" de son grand-père

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L'époustouflante interview de Alexandre Jardin sur le passé de"collabo" son grand-père

La sortie de son livre " Des gens très bien" a provoqué un véritable tsunami, tout d'abord dans sa propre famille puis, dans beaucoup d'autres familles françaises, dont le passé de Vichy a souvent été caché , enterré, allant jusqu'au déni en édifiant en héros des hommes qui ont permis, entre autres, la Rafle du Vélodrome d'Hiver en juillet 1942.

"Alexandre Jardin vous avez surpris votre famille et vos lecteurs en publiant un nouveau livre
" Des gens très bien" et alors qu'on attendait un nouveau roman rose bonbon, vous avez trempé votre plume dans la plaie, en révélant le sombre passé de votre grand-père, Jean Jardin, qui a collaboré avec les nazis, étiez vous préparé aux réactions qui ont suivi sa parution ?"

"Non, je pensais que la France, mon pays, après 70 ans, avait réglé son passé, mais je me suis vite rendu compte que nous étions prêts à faire des procès à des individus, à des monstres mais pas à parler de nos grands parents."

L'antisémitisme était normatif en France, ce n'était pas un crime.
Au contraire, ne pas être antisémite était anachronique dans cette société française.

"Ce livre, mon histoire, a permis à beaucoup de personnes de s'ouvrir, de se libérer du mal qui les rongeait. Ce que l'on ne dit pas nous tue."

Le père d'Alexandre Jardin est mort à 46 ans, "mort de cécité" dit-il,  d'avoir refusé de voir les crimes de son propre père et de l'avoir érigé en héros de guerre.

"Saviez-vous que les Juifs déportés de France n'avaient jamais vu un Allemand ?
Ils ont été déportés par les Français, par la police française, et mon grand père était le directeur du cabinet de mars 1942 et la Rafle du Vel d'Hiv a eu lieu en juillet 1942.

- La rafle du Vélodrome d'Hiver, souvent appelée « rafle du Vél’d’Hiv »  est la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France  pendant la Seconde guerre mondiale.
Entre le 16 et le 17 juillet 1942, plus de treize mille personnes, dont près d'un tiers étaient des enfants, ont été arrêtées, moins d'une centaine reviendront.-

Certes, vue sa position, après la défaite quasi certaine du III Reich, environ un an avant son départ, il a détruit les documents compromettants. Mais, heureusement, il n'avait pas accès à ceux qui étaient consignés à Berlin.

C'est en grande partie grâce à ces archives que j'ai pu identifier les crimes de mon grand père et de tout ses amis qui venaient à la maison, des gens très bien, aussi.
Comment peut on vivre avec un tel secret ? Justement on n'en vit pas, on en meurt.

"Quand vous courez le risque d'être vrai vous permettez aux autres de le devenir" 
Mes précédents romans étaient des romans de fuites.
À ma façon, je fuyais aussi ce secret que je l'entendais en fond sonore sans être capable d'en décrypter les mots.  Ces mots vrais font très mal mais ils vous soignent définitivement de ce qui vous ronge. La vérité est le remède contre la mort, elle est la vie.

"J'avais 17 ans quand un copain m'a dit tu sais, il y a un problème dans ta famille.
Ton grand-père était directeur de Cabinet de Pierre Laval, la personnalité la plus importante de la période du régime de Vichy  après Pétain et le principal maître d'œuvre de la politique de collaboration d'État avec l'Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale.
Et il m'explique et c'est fondamental, c'est celui qui faisait tourner la machine, qui préparait les dossiers et qui assurait leur exécution.
Le problème c'est qu'il a été nommé le 20 avril 1942 et la Rafle du Vélodrome d'hiver a eu lieu le 16 juillet 1942. Juillet ça vient après avril n'est-ce-pas ? ..
il semble improbable que Jean Jardin, en tant que directeur du cabinet de Laval, n'ait pas connu les préparatifs de cette opération.

Je rentre à la maison et je ne dis rien. Mon père m'avait toujours présenté le sien comme un héros, il a d'ailleurs écrit plusieurs livres en sa gloire et le dernier écrit en 1980 avec la préface de François Mitterrand !

Bien plus tard,  j'ai également découvert le passé trouble de ce président qui avait entretenu des amitiés très fortes avec le chef de la police de Vichy, Bousquet.

"Il n'est pas nécessaire d'être un monstre pour participer au pire. Pour organiser un antisémitisme d'état il est impératif de mobiliser des gens très bien"
Avant tout, mobiliser beaucoup de morale !
C'est toujours la morale qui précède le crime d'état.

Ce que j'ai découvert m'a fait comprendre qu'Il fallait des gens très bien pour accomplir le mal absolu.  Des gens ayant des valeurs, c'est avec la morale qu'on peut rallier la majorité à une cause comme la souveraineté d'une patrie avant tout. Pétain l'a compris.
Les valeurs qu'il prôné étaient les mêmes que celles d'Hitler : la famille et le travail.
Quoi de plus moral !

"Car, des pervers, des psychopathes qui peuvent prendre un enfant et le mette dans un four il n'y en a pas beaucoup mais pour l'étendre à la collectivité il faut faire appel à la morale"

Aujourd'hui,  je suis vivant parce que je me suis libéré de ce lourd secret.
"Les réactions ont été violentes, parfois très violentes mais il y a eu aussi des révélations, des gens dans la rue, dans le métro, sont venus me parler de leur famille, tout le monde en France a ça sur le dos ! "

"Voyez cet appartement, mes parents l'ont eu en 42, le lendemain que des Juifs ont été déportés, votre livre nous l'a appris avant hier"
"Faire surgir la vérité dans un pays, ça a un coût ; on reçoit des coups"

Il y a eu aussi la réaction des libraires " Vous n'avez pas peur que vos lecteurs ne comprennent pas ce livre,  habitués qu'ils étaient à lire vos romans ?" "Mais il faut comprendre que cet Alexandre Jardin est mort, ces romans n'étaient pas mon histoire"

Aujourd'hui je suis vivant et je voulais absolument écrire ce livre avant l'âge de la mort de mon père. Je savais qu'en révélant la vérité, je vivrais.
La vie est liée au vrai.
La mort est liée au mensonge, la vie ne se nourrit que de vérité elle revitalise.

Regardez ces familles qui couvrent des pédophiles en leur sein, par peur du scandale, par honte elles ne font que précipiter leur échéance.

Vos réactions

  1. C.berrebi@yahoo.fr'Berrebi claude

    Pour avoir eu l’occasion de parler avec des antisémites purs et durs , je vous garantie que le fait que leur grand-père a collaboré avec les nazis et envoyé des familles en déportation pour prendre leurs biens, ne les ont pas empêché de dormir le soir dans le lit des juifs , ils auront juste peut-être changé les draps , normal les juifs ça sent!!

    Répondre

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