L’écriture du vivant par Paul Sillam

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L'écriture du vivant de Paul Sillam

Bienvenue dans la période de doute dans lequel le Corona nous plonge tous. La réflexion auquel je vous propose de participer pourrait remettre en mouvement ceux qui sont immobilisés par la peur, c’est mon souhait.

Comment vivre avec le Corona, qui fait naître chez certains, après deux mois de confinement, l’envie d’y rester. Tant qu’il n’y aura pas de traitement pour tuer cette bébête, la peur de mourir semble s'amplifier. Comment vivre avec cette impression d'être plus mortel qu'avant ?

C’est avec le mot “coutume” que je vous propose de commencer cette réflexion qui ressemble à un voyage pas si vertigineux que cela, vous allez voir...

Les coutumes seraient-elles des histoires de survivants ?  Les générations précédentes n’auraient-elles pas trouvé, avec la transmission orale, la possibilité d’offrir leurs secrets d'expérimentations réussies contre leur peur pour sauver ceux qui allaient leurs succéder ?

Le feu, la roue, le fer, l’hygiène, l'art… Il est surement arrivé que certaines coutumes disparaissent. Chemin faisant, vous conviendrez avec moi que les meilleures coutumes nous ont été transmises, puisque nous sommes encore là. 

Ces coutumes ont réuni des hommes en tribus, puis en peuples dans les différentes régions du globe. Rappelons que c’est seulement Napoléon, en 1804, qui décida de réunir toutes les coutumes françaises dans un code civil. Peut-être en s’inspirant du peuple hébreu qui avait déjà réuni ses coutumes dans un livre rouleau, 5000 ans plutot.

Les lois, religieuses puis civiles, auraient-elles permis à l'espèce humaine de survivre avec plus de justice pour diminuer nos peurs ? Y-aurait-il d’autres traces, de cette transmission de “guide de survie” ?

L'étymologie me semble une bonne piste. Chaque peuple survivant n'aurait-il pas inventer son dialecte pour échanger mais aussi transmettre ses bonnes coutumes ?
Chaque langue des 197 pays ne contiendrait-elle pas des traces de ces méthodes de survie, dans les différents environnements climatiques et des échanges humains dans chaque peuplade ?

Voyons par exemple l'étymologie d’un mot quasiment identique dans les langues les plus répandues sur terre. Ce mot a été créé par un grecque, il y a 2465 ans.

Cet homme trouvait qu’il n’y avait pas de mot pour exprimer les coutumes des uns face aux coutumes des autres. Monsieur Thucydide réunit donc les mots “auto” qui voulait dire “soi” et “nomos” “les lois”. “Autonomie” et son contraire “hétéronomie” sont donc nés dans la tête de cet homme politique, stratège et historien athénien.

Avec cette trouvaille littéraire, ne voyez-vous pas l'histoire de la difficile rencontre avec l'autre. Cet érudit mettait-il un mot sur l’explication des guerres ? Le peuple vainqueur grâce à son autonomie soumettra sa loi et ses coutumes aux perdants qui deviendrait un peuple hétéronome.

Le mot hétéronomie est un peu tombé aux oubliettes, alors que autonomie, lui, a poursuivi son chemin. On lui a ajouté des adjectifs: financière, psychique… Le divorce n’est-il pas l'expérience d’une conjugaison ratée avec les coutumes de l’être aimé ? Pourquoi est-il si difficile à l’humain de réunir des coutumes différentes sans en faire disparaître une ?
Celui qui a inventé le mot métissage était il en extase devant la beauté des cultures mixtes, réunissant, en les respectant, deux coutumes ?

Le monde animal aurait-il réussi ce pari fou ?  A votre avis combien de milliard d’année de mixité a-t-il fallu pour voir pousser une nageoire, des griffes ou des ailes sur un animal pour qu'il survive aux règles des plaques tectoniques ou aux changements climatiques qu'a connu notre terre ?

Et si, au temps où l'homme n'était pas encore présent sur terre, les cellules animales avaient réussi à garder en mémoire les coutumes des animaux survivants. La mémoire de la survie d’une espèce sans parole serait-elle écrite sur la belle spirale d'ADN, au coeur de chaque cellule. Les chromosomes seraient-ils le livre codé de toutes les expériences où la vie a survécu ?

L’ADN des dinosaures et de toutes les autres espèces disparus n’ont peut être pas eu le temps d’encoder chimiquement le noyau cellulaire du fait des changements climatiques trop brutaux...

Voici la question qui va amorcer la fin de ce cheminement et peut-être le début d’un autre :  quel rôle les virus joueraient-ils dans cette lente écriture du vivant ?

Le microbe infectieux qui rendait la vache folle serait-il né pour tenter de transformer les gènes de cet herbivore en carnivore ? En la nourrissant de farines animales, l’homme tout puissant, n’a-t-il jamais imaginé l’envergure des conséquences d’enfreindre la coutume herbivore codée dans l’ADN de l’animal ?

Qui sait si l’origine de l’humain sur terre ne serait pas dûe à un virus ? Qui peut dire si ce n’est pas les réactions de survie à un micro organisme qui a permis à un singe de se mettre debout et de devenir homme ?

Est-ce qu'aujourd'hui dans notre actualité, le Covid 19 ne serait pas né pour transformer l’ADN de l’homme afin qu’il survive dans le monde qu'il s'est lui même créé ? La peur aiderait-elle l’humain à le forcer à inventer des nouvelles coutumes pour poursuivre l'écriture du vivant ? Dame Nature ne nous a-t-elle pas montré, depuis plus 4 milliards d’années, sa détermination pour que la vie continue son parcours sur la seule planète habité de notre univers ?

A notre niveau personnel, quel serait le plus beau cadeau qu’un être humain puisse faire avant d’être touché par le corona ou toutes autres maladies mortelles ? Peut-être celui de retrouver l’importance de transmettre son propre cocktail de coutumes qu’il a lui même créer de son vivant ?

Rassurez-vous car sans vous en soucier, vous avez déjà démarré ce dossier, puisque vous me lisez. Reste plus qu'à le formaliser en réunissant toutes les expériences qui vous ont permis de traverser vos doutes et vos peurs passées et actuelles.

Commencez cette collection de biens immatériels pour les transmettre à votre tribu. Beau projet de vie, non ? 

Paul Sillam

Psy au service du divorce religieux du consistoire de Paris

Président de l’association CHAAR (Comité Humanitaire d’Aide à l’Autonomie psychique Retrouvée)

 

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