"Son of Saul" le film hongrois récompensé au Festival de Cannes

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Les réalisateurs du film "Son of Saul" ont été récompensés à Cannes. Le film a pour sujet le 'Sonderkommando' juif dans un camp nazi et devrait pousser à la réflexion dans une Hongrie tourmentée par un antisémitisme et une xénophobie grandissants.

Les réalisateurs de « Son of Saul » ont déclaré jeudi qu’ils souhaitaient que beaucoup de Hongrois voient ce film, à une époque où le pays est ravagé par l’antisémitisme et la peur de l’étranger.

Le film retrace l’histoire d’un travailleur juif d’un "Sonderkommando" dans un camps de la mort, qui trouve un corps qu’il pense être celui de son fils et décide d’enterrrer au milieu de toutes ces horreurs.

Il a obtenu le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes.

Le film va sortir dans au moins 48 pays cette année, déclarent les réalisateurs.

Le réalisateur et scénariste Laszlo Nemes a dit aux journalistes que son premier long-métrage était en partie un témoignage de milliers de juifs hongrois tués pendant la Seconde Guerre Mondiale après la collaboration des Hongrois avec les Nazis pour les faire déporter.

 

Le réalisateur Laszlo Nemes, l’acteur Geza Rohrig et la scénariste Clara Royer pour la projection de Son of Saul pour la 68ème édition d Festival de Cannes.
Il a cité un message du conseiller historique pour le film Zoltan Vagi, selon lequel la Hongrie avec beaucoup de pêchés à expier.

Le message dit que la Hongrie a battu le record européen en envoyant 430 000 juifs à Birkenau en seulement 8 semaines, courant 1944.
Parmi eux plus de 100 000 enfants.

« Ce film traite de la volonté de Saul d’offrir à un enfant hongrois, parmi les 100 000 autres, un enterrement digne », dit-il.

Les sondages montrent que l’antisémitisme hongrois a toujours un niveau très élevé et le parti d’extrême droite Jobbik, qui a tiré parti de cette tendance, est le premier adversaire du parti en place actuellement, la droite modérée de Fidesz.

Le gouvernement dirigé par le Premier Ministre Viktor Orban a déclaré une politique de tolérance zero contre l’antisémitisme mais a lui même affiché des signes de xénophobie et de radicalisation …

Geza Rohrig, comédien amateur qui offre aux spectateurs une performance fascinante dans le rôle de Saul, déclare que les Hongrois étaient immunisés contre la souffrance des personnes qu’ils considèrent comme différentes, qu’il s’agisse de Juifs ou de Roms.

« Je veux que le plus grand nombre possible de personnes regardent ce film car je pense que les Hongrois, depuis quelque temps maintenant, ignorent la peine de certaines personnes », a déclaré Rohrig.

Les réalisateurs ont rejeté la critique selon laquelle le
Sonderkommando avait été présenté de manière excessivement compréhensive - ou bienveillante, entendons ici mélodramatique - en déclarant qu’ils avaient travaillé très consciencieusement pour rester le plus proche de la réalité et des faits.

Certains récits présentent les travailleurs forcés du Sonderkommando comme des complices, alors que d’autres témoignages expliquent que ces derniers avaient le choix entre le travail forcé ou une mort certaine …

Le second vice président de Jobbik avait déclaré que les films sur l’Holocauste ne méritaient pas de recevoir de financement public. Mais le film de Nemes avait reçu une aide et les réalisateurs étaient plutôt réticents à l’idée de s’exprimer sur les affaires actuelles.

« Nous avons fait un film », déclare le producteur Gabor Simon.
« Les vagues que le film fait chez nous … on n’est d’accord avec l’effet qu’elles peuvent avoir, mais nous préférons rester en dehors de la politique directe »

« Voyons voir comment ces vagues éclaboussent, car apparemment c’est le cas »

D'après Ynetnews


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