Le racisme fait son lit dans toutes les couches de la société israélienne

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Le racisme fait son lit dans toutes les couches de la société israélienne

Le post du Dr Hadas Malada-Masri a réussi à toucher le point sensible de la société israélienne : plus de 30 000 internautes l'ont liké, environ 14 000 l'ont partagé et plus de 6 000 ont réagi.

Hadas, 34 ans, du kibboutz Karmim, dans le sud du pays, mariée et mère de quatre enfants, a publié vendredi un post dans lequel elle racontait son histoire et le racisme auquel elle a été confrontée à toutes les étapes de sa vie.

"J'ai immigré en Israël à l'âge de 4 ans, via le Soudan. J'étais une enfant de 3 ans, qui a quitté son domicile en Éthiopie et a insisté pour marcher pieds nus dans le désert pendant trois mois sans se plaindre ni dire un mot. J'étais une enfant qui a survécu 10 mois dans un camp de réfugiés au Soudan et qui a souffert de graves maladies, parmi elles la malaria et la rougeole, ainsi que de malnutrition sévère.  Personne ne m'a donné l'espoir que je survivrai et que j’atteindrai Jérusalem", a écrit le Dr Malda-Masri.

"Je suis arrivée en Terre Sainte, mais d’abord à l’hôpital Soroka pour une longue rééducation. Et déjà à ce stade de ma vie, au cours des premiers jours de mon immigration en Terre Sainte, lors de mon hospitalisation, est né mon rêve de devenir médecin. Dans le quartier où j'ai grandi, il y avait une forte concentration d'immigrants éthiopiens. Malheureusement, peu d’histoires de réussite sont sorties de ce quartier. "

Elle a également évoqué la mort de Salomon Tekka : "Les jours qui ont suivi le meurtre de Salmon Tekka par le policier, je me suis sentie comme une somnambule. Je ne pouvais pas respirer. Je n’avais plus l’envie de me lever pour aller travailler. Je ressentais une forte envie de faire quelque chose qui provoquerait un changement profond et substantiel, mais je ne savais pas quoi et comment ... J'ai pris deux jours de congé, car tout ce que je voulais, c’était rester chez moi, serrer mes enfants dans mes bras et leur dire que leur avenir serait différent. "

"Je ne parle généralement pas de racisme. Mes parents ont toujours dit que les préjugés sont un bruit de fond et qu’ils ne doivent pas être pris en compte. Quand je pense à ce que j’ai vécu dans ma vie, je comprends que le racisme et les préjugés ne sont pas seulement le lot des jeunes éthiopiens des quartiers défavorisés ou d’autres populations marginales. Le racisme transcende les couches de la population, fait partie de la société israélienne et est également institutionnalisé et structuré au sein du gouvernement. Peu importe si je suis médecin ou le dernier des voyous, désœuvré et buvant une bière dans le parc du quartier. "

Les manifestations après la mort de Salomon Tekka (Photo: Ido Erez)

Les manifestations après la mort de Salomon Tekka (Photo: Ido Erez)

"Moi, le médecin, l'officier qui vit dans le kibboutz, qui suis mariée à un homme qui n’est pas d’origine éthiopienne et qui symbolise le succès de l'absorption d'immigrants et de l'intégration sociale, j’ai vécu le racisme au quotidien. Cela a commencé dans l'enfance quand des enfants de la classe ou de la rue m'ont appelée Kushit (négresse), quand les professeurs de l'école ont insisté pour changer mon nom en Hadas car "Adissa", ce n'est pas israélien. Ils ont même osé choisir eux-même mon autre nom. "

Hadas a évoqué toutes les carrefours de sa vie où elle a vécu le racisme dans la société israélienne. Ses conférenciers qui lui ont demandé si elle était sûre d’être dans la bonne classe à la faculté de médecine, des patients qui ont refusé qu’elle les approche ou d’autres qui pensaient qu'elle était la femme de ménage. Elle parle également du soldat qui ne voulait pas entrer dans le cabinet de "la doctoresse éthiopienne puante" et du pilote avec le grade de colonel qui ne voulait pas être examiné par elle.

"Mais tout cela n’est rien comparé à mon expérience avec les enfants. Je me souviens d'une expérience particulièrement émouvante. Moi, en uniforme de l'armée de l'air avec le grade de capitaine, j'arrive dans la ville d'Ofakim pour un rendez-vous à la PMI pour mes deux adorables bambins. À l'époque, ma fille Tamar n'avait que trois ans et demi et mon fils Hillel, deux ans. Je passe devant une école religieuse et soudainement, tous les enfants de la cour s’amassent contre la clôture et nous jettent des pierres. Ils nous traitent de «Nègres», «Noirs», «Retournez en Afrique», raconte-t-elle.

"Moi, terrifiée, je veux seulement protéger mes enfants pour qu’ils ne soient pas blessés, je me mets devant eux, me baisse et crie :  'Arrêtez, arrêtez, ils sont petits, que vous a-t-on fait?" Ma fillette de 3 ans m’a demandé: «Maman, pourquoi nous ont-ils fait cela? Que leur avons-nous fait? C’est quoi, des nègres? Je les ai regardés et c’est la première fois que j’ai vraiment compris  que ce ne serait pas facile pour eux dans la vie. J'ai compris que le racisme n'était pas le problème de leur mère qui avait émigré d'Ethiopie. Le racisme est partout dans la société israélienne, dans le système éducatif, dans le système de santé, dans l'emploi, dans la police, etc. "

Hadas a terminé son post sur une note optimiste et a écrit : "Je veux croire que dans un pays que j'aime, mon seul et unique pays, les gens veulent vraiment réparer le monde, changer l'histoire et certainement pas la recréer. Ils peuvent voir au-delà des médias, au-delà des inconvénients temporaires causés par une manifestation, comprendre le problème profond qui existe dans notre société et de le présenter d'une autre manière".

"Le sens de l'unité, de la tolérance, de l'inclusion, de l'acceptation, de l'égalité, du partenariat et de la responsabilité mutuelle, en créant une société multiculturelle dotée d'une richesse culturelle qui servira véritablement de modèle pour le monde entier, mais dont nous serons tous fiers de faire partie ".

Source : ynet

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