Le photographe de l'Associated Press enlevé par des Palestiniens armés à Gaza, a été relâché

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Le photographe de l'Associated Press enlevé par des Palestiniens armés à Gaza, a été relâché

GAZA- Le photographe de l'Associated Press, Emilio Morenatti, qui avait été enlevé mardi matin par des Palestiniens armés à Gaza, a été relâché sain et sauf dans la soirée.

Emilio Morenatti, âgé de 37 ans, a été emmené avant minuit par des responsables du Fatah au bureau du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Gaza. Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a déclaré que l'identité des ravisseurs était connue et qu'ils "seraient poursuivis".

Le gouvernement et les principaux groupes palestiniens ont dénoncé cet enlèvement.

"Je suis fatigué mais heureux d'être revenu parce qu'il y a eu des moments" angoissants, a expliqué le photographe, qui avait été enlevé dans la matinée au moment où il quittait son appartement à Gaza pour rejoindre un véhicule de l'AP, où Majed Hamdan, un chauffeur et traducteur de l'AP, attendait.

D'après Majed Hamdan, quatre hommes armés lui ont pris ses clés et son téléphone portable et lui ont ordonné de partir en pressant une arme à feu sur sa tête et en le menaçant de lui faire mal s'il s'avisait de bouger. Puis, a-t-il ajouté, ils ont contraint le photographe à monter à bord d'une Volkswagen blanche avant de s'en aller.

Emilio Morenatti a précisé qu'il avait été retenu dans une petite pièce par ses ravisseurs durant près de quatre heures, au cours desquelles il a reçu la visite d'hommes au visage dissimulé. Il a ensuite dû monter à bord d'une voiture, avec des habits de femme.

"Ils ont mis un sac sur ma tête et ils m'ont habillé comme une femme, une femme avec un long voile", a confié le photographe.

Peu après sa libération, il a précisé qu'on lui avait bandé les yeux la majeure partie du temps et que ses ravisseurs ne s'étaient exprimé qu'en arabe, une langue qu'il ne parle pas.

"A aucun moment, je n'ai su ce qu'ils faisaient", a-t-il dit. "Ils m'ont déplacé mais personne ne m'a rien expliqué. C'était très déroutant".

Dans une deuxième maison, le photographe a déclaré qu'il pouvait entendre les bruits d'une famille. Il a expliqué qu'on lui avait donné du fromage et de la viande au début de la journée puis un morceau de fruit.

Morenatti, qui ne sait pas qui était ses ravisseurs, a remercié ceux qui avaient oeuvré en faveur de sa libération, se déclarant "vraiment très heureux" d'avoir été relâché.

Selon un responsable des services de sécurité palestiniens, un portier qui travaille dans l'immeuble où habitait Morenatti a été arrêté, soupçonné d'avoir averti les ravisseurs. Ce responsable, Luay Sakka, a dit espérer que les autres coupables seraient également appréhendés.

Le PDG de l'Associated Press, Tom Curley, a déclaré que l'AP était "soulagée" que le photographe ait été libéré. "La sécurité de nos journalistes est toujours notre préoccupation principale", a-t-il dit. "Nous apprécions l'assistance" proposée par tant de personnes pour obtenir sa libération, en particulier des responsables palestiniens et espagnols.

Ces deux dernières années, des militants palestiniens ont fréquemment procédé à des enlèvement de citoyens étrangers, afin d'obtenir par exemple la libération de proches emprisonnés, être embauché par les autorités ou régler des comptes personnels.

En général, ces enlèvements étaient de courte durée. Mais en août dernier, deux journalistes de la chaîne américaine Fox News ont été détenus pendant deux semaines, et ont été victimes d'abus durant leur captivité.

Un groupe se faisant appeler les Brigades du Saint Djihad ont revendiqué l'enlèvement. Il avait demandé la libération de prisonniers musulmans détenus par les Etats-Unis, laissant craindre un temps qu'Al-Qaïda avait infiltré la Bande de Gaza. Mais les services de sécurité ont estimé par la suite qu'il s'agissait de militants locaux.

Morenatti, originaire de Jerez en Espagne, travaille pour l'Associated Press à Jérusalem depuis avril 2005. Dans le cadre de son travail, il se rend régulièrement dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. Il se trouvait dans la Bande de Gaza depuis dimanche.

Le photographe a commencé à travailler pour AP en avril 2004. Il a d'abord passé un an en Afghanistan. Il a également couvert la crise au Liban et la Coupe du monde de football en Allemagne.

En 1992, Morenatti avait commencé à travailler comme photographe pour l'agence espagnole Efe.

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