Le ministre de l’Intérieur bloque l’ouverture de supérettes en Israël

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C'est aux municipalités de décider si les petits commerces sont ouverts ou non le Shabbat.

Le ministre de l’Intérieur israélien, Aryeh Deri, a utilisé la « loi Shabbat » pour bloquer l’ouverture de supérettes le samedi dans certaines villes.

La lutte entre religieux et non-religieux continue en Israël. Bien que plusieurs municipalités aient donné l’autorisation de travailler le samedi (le jour de repos), le ministre de l’Intérieur a utilisé la « loi Shabbat » pour bloquer l’ouverture de petites entreprises.

La loi Shabbat, votée par la Knesset le 8 janvier dernier, est une réforme visant à interdire les municipalités d’ouvrir des commerces de proximité durant tout le Shabbat. Exception faite à Tel Aviv, ville considérée laïque.

Une loi qui avait été au cœur des critiques au sein même du gouvernement du Premier ministre, Benyamin Netanyahu. Une passe d’armes s’en était suivi entre le ministre de la Défense Avigdor Liberman, laïc, face au ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, ultra-orthodoxe.

Une attitude qui a été grandement saluée par le parti Bayit Yehudi de la Knesset. « Le Shabbat n'est pas un problème privé, il fait partie de l'identité nationale et de tout l'État d'Israël. Renforcer le shabbat et l'identité juive est une valeur suprême de chaque citoyen israélien. »

Ce n’est pas la première fois que Aryeh Deri agit de la sorte. Par le passé, le ministre de l’Intérieur avait déjà empêché l’ouverture de supérettes à Rishon LeZion, avant la promulgation de la loi.

Mais cette décision n’est pas l’avis de tous et elle ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique. Beaucoup voit en cet acte, une répression envers les Israéliens qui ne souhaitent pas respecter le Shabbat et qui porte atteinte à la démocratie et au bon vouloir de chacun de respecter cette loi biblique. Selon les opposants, la loi est considérée comme une étape répressive à l’atteinte à la liberté d’autrui, qui ne comprend pas de dialogue dans une société diversifiée.

Malgré la « loi Shabbat » votée en début d’année, quatre villes ont déjà donné leur feu-vert. Modiin, Holon et Givatayim ont approuvé, dans leurs règlements municipaux l'ouverture d'entreprises le Shabbat avant l'approbation de la loi à la Knesset. Herzliya l’a fait par la suite.

Le ministre de l'Intérieur,  Aryeh Deri, a bloqué l'ouverture de supérettes le samedi, malgré l'accord des municipalités.

Le ministre de l'Intérieur, Aryeh Deri, a bloqué l'ouverture de supérettes le samedi, malgré l'accord des municipalités.

Depuis hier soir, les critiques ne cessent de pleuvoir sur le gouvernement israélien. Pour Neemanei Torah VaAvodah, un groupe libéral-sioniste qui a pour slogan « un Israël dans lequel le judaïsme est une force d’union plutôt qu’une source de conflit », il s’agit de pression politique. « Le ministre Deri attise les tensions religieuses séculières au lieu de les calmer avant les élections municipales d’octobre. »

Selon l’organisation, la loi ne mènerait à aucune fermeture de mini-marché dans ces villes ou dans d’autres, car de nombreux magasins de ce type opèrent déjà de manière illégale le Shabbat.

« Nous appelons les maires de chaque ville à ne pas entrer en combat avec le ministre Deri, mais plutôt de dialoguer respectueusement concernant le Shabbat dans le domaine public et dans l'esprit de la convention Gabison-Medan, un document prévoyant divers accords et compromis sur la religion dans le domaine public. »

Israël Hofsheet, un mouvement populaire, a quant à lui préféré être plus offensif. Il a blâmé le Premier ministre et le ministre des Finances Moshe Kahlon pour avoir donné au ministre de l’Intérieur « les clés pour fermer les entreprises durant le Shabbat. »

« Après avoir choisi de blesser de manière systématique diverses minorités de la société israélienne, ils ont maintenant déclaré la guerre à la majorité du peuple qui n'a pas l'intention de vivre le Shabbat comme à Bnei Brak », a déclaré Uri Keidar.

Uri Keidar a été commandant de char dans le corps blindé de Tsahal, où il exerce toujours une fonction de réserve active. Il est directeur exécutif d'Israël Hofsheet, un mouvement populaire qui s'efforce de créer une société culturellement et religieusement pluraliste, de protéger les droits civils et de défendre les principes de démocratie et de sionisme énoncés dans la Déclaration d'indépendance.

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