Le Hezbollah affirme détenir des "restes" de soldats israéliens

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          Le Hezbollah affirme détenir des "restes" de soldats israéliens

Article paru dans "Le Monde",le 22/01/08
    
Le secrétaire général du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a affirmé, samedi 19 janvier, détenir, outre les deux soldats israéliens, Eldad Regev et Ehoud Goldwasser, enlevés le 12 juillet 2006 par ses combattants, les "membres" de "plusieurs militaires" de l'Etat juif, tués lors de la guerre consécutive à cet enlèvement.

Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a annoncé, dimanche 20 janvier, le report au 11 février d'une réunion du Parlement qui devait être consacrée, lundi, à l'élection d'un président de la République. C'est le treizième ajournement depuis fin septembre 2007, alors que la présidence est vacante depuis le 24 novembre. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, qui tente d'aider la majorité et l'opposition à s'entendre sur la base d'une feuille de route de la Ligue, a admis que "les difficultés" sont grandes. Au terme d'une mission de cinq jours au Liban, ponctuée par des entretiens à Damas avec le président syrien, Bachar Al-Assad, M. Moussa a quitté Beyrouth, dimanche soir, sans résultat. Il doit rendre compte de sa mission aux ministres des affaires étrangères arabes lors d'une réunion prévue le 27 janvier au Caire. - (Corresp.)
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Dressant un inventaire particulièrement sordide de ces "membres", M. Nasrallah a précisé qu'il s'agissait "de têtes, de mains, de pieds et aussi d'un corps presque entier, ou plutôt des trois quarts d'un corps, (composé) de la tête, de la poitrine, du bassin et d'une jambe". L'armée israélienne a qualifié ces déclarations de "cyniques" et de "contraires aux valeurs de toutes les religions".

Le catalogue dressé par M. Nasrallah est destiné, d'après lui, à convaincre les Israéliens que "leur armée les trompe, elle qui s'est toujours enorgueillie d'avoir pour principe et pour culture de ne jamais s'engager dans une bataille sans remporter la victoire et de ne jamais abandonner sur le terrain les corps de ses morts et de ses blessés". "Nos combattants ont combattu ces sionistes, les ont tués et ont rassemblé leurs membres", a-t-il ajouté lors d'un gigantesque rassemblement populaire chiite dans la banlieue sud de Beyrouth, à l'occasion de l'Achoura, qui commémore le martyr de l'imam Hussein en 680, à Kerbala. Pour la première fois depuis plus d'un an, le secrétaire général du Hezbollah est apparu en public. Jusqu'alors, et depuis la guerre de l'été 2006, ses interventions du même type se faisaient toujours via des écrans géants.

"MACHINE ARRIÈRE"

M. Nasrallah avait déjà évoqué l'existence de "membres" de soldats israéliens sans autre précision, lors d'un entretien télévisé le 12 janvier. Il avait accusé le gouvernement israélien de se désintéresser de leur récupération alors que le Hezbollah lui en avait pourtant révélé l'existence via l'émissaire onusien chargé de négocier un échange de prisonniers entre les deux parties. Il avait par la même occasion accusé l'Etat juif d'avoir "fait brusquement machine arrière sur certaines des avancées réalisées" dans ces pourparlers.

Le secrétaire général du Hezbollah a par ailleurs affirmé, samedi 20 janvier, que son parti ne saurait demeurer indéfiniment coi face aux "agressions israéliennes contre des civils (libanais), leur enlèvement, leur détention puis leur libération quelques heures plus tard". Il faisait allusion à l'enlèvement par l'armée israélienne, au cours des derniers jours, de deux bergers libanais dans la région frontalière qui ont été renvoyé au Liban par l'intermédiaire des casques bleus de la Finul. "Que serait-il arrivé si des Libanais - et je ne parle ni du Hezbollah ni de la résistance libanaise - avaient enlevé un agriculteur israélien à la frontière ? (...) N'aurait-on pas accordé à Israël le droit de lancer une guerre contre le Liban ?", a-t-il interrogé.

Tout en excluant que "les Israéliens disposent à l'heure actuelle d'un pouvoir politique et militaire et d'une armée capables de lancer une nouvelle agression contre le Liban", M. Nasrallah a prévenu que si une guerre était déclenchée par l'Etat juif, les moyens du Hezbollah sont tels, selon lui, que "l'avenir de toute la région en serait modifié".

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