L'antisémitisme rampant de Simone de Beauvoir

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Les albums de Mère Castor (L’antisémitisme rampant de Simone de Beauvoir)

Les albums de Mère Castor (L’antisémitisme rampant de Simone de Beauvoir)

La collection de la Pléiade vient de publier probablement les deux tomes les plus inconséquents de sa longue existence.  Le « fond » semblait avoir été  atteint avec la republication de la part la moins intéressante de l’œuvre de Jean d’Ormesson (ses romans) mais ce n’était qu’un leurre.

Simone de Beauvoir « Mémoires I et II » Édition publiée sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Éliane Lecarme-Tabone. Chronologie par Sylvie Le Bon de Beauvoir, La Pléiade, Gallimard,

Simone de Beauvoir « Mémoires I et II » Édition publiée sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Éliane Lecarme-Tabone. Chronologie par Sylvie Le Bon de Beauvoir, La Pléiade, Gallimard,

Il est vrai que « La Pléiade » fait plus que sauver les meubles en publiant au même moment  deux tomes des " Œuvres" de Kierkegaard.
Néanmoins reste une question : quelle mouche a piqué les directeurs littéraires des éditions à proposer une telle publication ?

 Sans doute les directeurs financiers de Gallimard. Ils ont compris qu’il serait bon d’exploiter un tel corpus.
Simone de Beauvoir reste un filon germanopratin, grand bourgeois et universitaire.
L’auteure jouit d’aficionados chez ceux qui aiment les histoires des histoires littéraires.
Son couple fut monté en épingle : certes ce n’était pas Lauren Baccall et Humphrey Bogart. Mais chacun possède ses modèles comme les de Beauvoir avaient leurs œuvres.

Ces deux tomes non seulement mettent en exergue l’écriture la plus ordinaire, vieillotte, anecdotique qui soit de celle qui voulut faire de sa vie une littérature. Cette dernière non seulement le lui rend peu mais lui joue ici  bien des tours.

 Chacun sait en effet tout que des « Mémoires » sous prétexte de vérité mentent. Freud l’avait déjà noté : leur comment dire cache un comment ne pas dire. Et depuis « Les Confessions » de Rousseau, l’autofiction est un mensonge qui fait du  « mémorable » le plus suspect des monuments.

 Celle qui resta aussi rouée que romantique, prise et éprise par les hommes (son père, Sartre, Nelson Algren) et voulait s’en délivrer se prend ici les pieds dans le tapi.
Certes il ne s’agit pas de jeter le (grand) bébé avec l’eau de son bain.
Simone de Beauvoir restera l’auteur d’un  livre majeur, incontournable et fondateur : « Le Deuxième sexe ». Sans lui le monde d’aujourd’hui ne sera pas ce qu’il est.

Mais avec les « Mémoires » c’est bien d’un autre tabac qu’il s’agit. Non seulement vers la fin de sa vie et pour « défendre » la mémoire de Sartre, sa compagne de route s’attèle à une remise en cause de la spiritualité judaïque, mais sa défense des minorités (noires, palestiniennes, etc.) implique sourdement et implicitement la remise en cause par les « sartriens » d’un monde où des intellectuels influencés par « le dieu d’Israël » tireraient les ficelles dans « une vision de monde devenue spiritualiste et religieuse » peu en rapport avec la doxa de la mémorialiste.

Certes Simone de Beauvoir pratique sur ce point la litote mais garde une dent non seulement contre la mère d’une de ses élèves juives séduite et plus par l’auteure (Sylvie Le Bon De Beauvoir tente de justifier celle dont elle fut la fille adoptive) mais elle pratique une attitude bien connue chez toute une caste de la grande bourgeoisie d’extrême gauche.
Elle pratique sous le manteau une force d’implémentation envers le judaïsme qui (certes il n’est pas le seul) produirait une implantation sur l’idéologie française et internationale.

En ces deux tomes, c’est toujours en position de surplomb que Simone de Beauvoir  juge le monde où elle s’affiche comme créatrice souveraine.
Dans cette reconfiguration, derrière l’émancipation des femmes et au nom d’une vision très fléchée, se cachent  souvent des reproches individuels ou collectifs envers le judaïsme au non d’un marxiste (certes pas forcément orthodoxe) et pour une lecture du réel discutable au sein d’un cadre de référence où le juif reste souvent l’accusé : « Benni Levy - le vrai nom de Victor  (…) et son détournement de vieillard» (a soin de souligner l’auteure dans « Cérémonie des adieux », p. 1114 tome 2) bien sûr mais il n’est pas le seul.

Simone de Beauvoir « Mémoires I et II » Édition publiée sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Éliane Lecarme-Tabone. Chronologie par Sylvie Le Bon de Beauvoir, La Pléiade, Gallimard, 1616 p. et 1696 p.

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