L'an Juif : Roch Hachana et le désir d'enfant

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Roch Hachana et le désir d'enfant

Roch Hachana et le désir d'enfant

Dans le calendrier hébraïque le jour commence la veille, à la tombée de la nuit. Ainsi le jour du Chabbat commence le vendredi soir, de même les jours de fête commence la veille au soir. Une allusion selon les commentateurs au verset de la Genèse qui fait précéder le soir au matin dans la constitution du jour :« Il fut soir il fut matin jour un ».

Ce thème de la naissance et de l’engendrement est si important dans le rapport au temps, qu’à propos du calendrier hébraïque l’on parle de sod ha’ibour, du « secret de la grossesse », expression qui s’explique entre autre par le fait qu’il existe des années dites me’oubarot, des années « enceintes », c’est-à-dire qui enfantent un mois supplémentaire, année de 13 mois permettant d’harmoniser le temps solaire et le temps lunaire, symboliquement temps masculin et temps féminin, pour que les fêtes tombent toujours dans la même période de l’année, la fête de Pâque, Pessah, au printemps, Chavouot, la pentecôte juive, au début de l’été et la fête de soukkot ou fête des Cabanes au début de l’automne.

« Secret de la grossesse » qui est aussi au fondement des fêtes dites d’automne, le nouvel an juif, ou Roch hachana, et la fête du grand pardon, Kippour, qui tombe 10 jours plus tard.

En effet le Nouvel an juif est dit dans la liturgie « commencement de la grossesse du monde ». Hayom harat ‘olam. « Aujourd’hui commence la grossesse du monde ». Grossesse qui fera naître un nouveau monde, une nouvelle année qui ne commence pas le jour de la naissance mais au premier instant de la grossesse.

Poétiques et symboliques, ces concepts sont formulés pour donner à penser. Le temps n’est pas un mouvement vers la mort mais une naissance renouvelée. Comme aimait à le dire Erich Fromm : « Vivre c’est naître à chaque instant ».

Ce Nouvel an juif est au cœur de l’actualité liturgique puisqu’il commence ce soir 29 septembre et dure deux jours jusqu’à mardi soir à la tombée de la nuit.

Penser le commencement de l’année comme début d’une grossesse et non comme accouchement et une naissance est révolutionnaire dans la mesure où cela nous invite à penser à la fois le monde, le temps et la vie de façon différente. Cela nous invite comme le montre aussi la liturgie de ce nouvel an à repenser la question des engendrements, des filiations, de la maternité et de la paternité, des naissances, du désir d’enfant, des filiations et des héritages.

Ce qui n’est pas anodin par les temps qui courent où nos institutions politiques se confrontent aussi à nombre de ces questions. Et dès lors les textes de la tradition juive sont invités à entrer dans les débats. 

De la Bible aux décisionnaires contemporains, en passant par le Midrach, le Talmud et la Kabbale, que disent textes de la traditions hébraïque sur ces questions ?

Michaël Azoulay, a une formation de juriste, est rabbin de la communauté de Neuilly-sur-Seine.

Ancien membre du Comité Consultatif National d’Ethique et chargé des affaires sociétales auprès du grand Rabbin de France Haïm Korsia.

Et comme il le dit si joliment dans son livre qui est dédié à la mémoire du Grand-Rabbin Josy Eisenberg, il a prêté sa voix pour prolonger la sienne dans l’émission Bereshit sur France 2 le dimanche matin. 

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