L'Alyah comme sur des roulettes : les files d'attente en Israël, tout un art de vivre ! Un poème !

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En exergue de ma chronique hebdomadaire pour Alliance Magazine, je vous propose un micro-oulpan pour naviguer en toute simplicité dans ce qui va suivre, et qui d'ailleurs vous donnera le ton : 
 
- Khoutspanit - un mélange de sans gène, culotté, peut même faire office d'insulte. Mais ce terme peut également exprimer le positif de toute l'audace qui donne tant de caractère au peuple israélien. 
- Tokh - File d'attente - Makolet - Épicerie - khanout - Magasin - Koupa - Caisse - Guiveret au singulier, Guiverot au pluriel - Madame, Mesdames - Stam - Genre - Kham - Chaud   - Hamuda - Mignonne                                                                           

Pendant ces petites vacances improvisées chez nos amis à Hertzilia, nous partions, nous les femmes, faire nos emplettes à Raanana. C'était un peu notre récréation de la semaine. 

Affublées de nos FFP2 et nos larges lunettes de soleil de star (on se console comme on peut), nous faisions donc nos courses en toute sérénité.

Sur le retour, vers la voiture, nous nous rendions compte qu'on allait manquer d'une chose somme toute essentielle.

Nous n'allions pas rebrousser chemin pour si peu.

Garées devant une makolet, nous déposions nos sacs dans le coffre de la voiture avant de nous diriger dans le petit  khanout- magasin- aux couloirs sombres et exigus. Les makolet me font penser à un étrange mélange entre le folklore du Shouk et les Prisunics français des années 80. Un lieu glauque à souhait qui pourtant revêt un certain charme local. En tout cas, on s'y est si bien habitués, qu'on ne voudrait pas qu'elles se modernisent pour le moins du monde.

En temps de pic du Corona Virus, nous aurions aimé faire au plus vite, et ne pas à avoir à nous retrouver coincées dans une allée avec des inconnus sans masques. Au pas de course, on attrapa le produit vital qui nous avait valu de prendre tant de risques, et nous nous dirigions vers la Koupa- caisse-.

Nous nous mettions au bout de la tokh - de la file d'attente- à plus d'un mètre de la dernière personne, histoire de respecter, un tant soit peu, les règles de distanciation sociale. On espérait donner l'exemple, mais les gens derrière nous, nous serraient de près. Ein ma laassot ! (Rien à faire!)

Dans une makolet, pas moins de deux personnes agglutinées à la Koupa suffisent pour vous donner l'impression d'une file d'attente interminable. Mais si personne ne se met à discuter avec le vendeur ou à réaliser, ô misère, qu'elle a oublié la moitié de sa liste de course, ça peut aller très vite.

Ce jour-là, nous avions de la chance, et en deux temps trois mouvements, c'était déjà à notre tour. Nous nous mettions en mouvement depuis notre fameux un mètre de distanciation sociale, quand une petite mamie toute courbée déboula de nulle part à la vitesse de Bip Bip dans le dessin-animé BipBip et le Coyote, et s'immisça, ni vue ni connue, entre notre distanciation sociale et la Koupa.

Mon amie se déporta légèrement sur le côté gauche pour observer la scène de face, tandis que moi, je souriais, encore incrédule de cette scène digne d'un Vaudeville.

Elle était si khamuda en plus cette mamie. La vieille khoutspanit adressa sa demande naturellement au vendeur qui leva les yeux sur mon amie et lui lança : "c'est à vous, je crois". Bon, en hébreu c'est plus brute de décoffrage : "ma at rotsa ? - qu'est-ce que tu veux ?
La petite mamie leva alors les yeux vers nous avec le regard du Chat Potté dans Shreck (j'étais littéralement conquise). Et de nous adresser un : "oh shalom guiverot". Mon amie s'illumina avec un rire franc et lui offrit un joyeux "Shalom" en retour. 

Et comme c'est le vendeur qui fait la loi dans sa makolet, nous payions rapidement et lui laissions la place en lui adressant à elle aussi un Kol Tov. 

Installées dans la voiture, nous sortions de notre place de parking au niveau du passage piéton quand soudain, sortie encore de nulle part ( enfin si, là, on savait d'où elle sortait, mais on ne l'avait pas vue arriver) la petite mamie toute courbée mis un pied sur le passage piéton, feignant de ne pas nous avoir vues, encore.

Cette fois-ci, elle avait laissé BipBip aux écuries, et avait opté pour la lenteur stam documentaire de tortues filmé au ralenti. Nous riions de bon cœur, d'autant qu'il faisait kham kham dehors, ce qui nous fîmes de la peine aussi. Arrivée à notre hauteur, elle tourna sa tête vers nous et nous offrit un sourire crispé qui me fit penser aux grimaces de Louis de Funès. Je rigolais encore et lui fit un coucou accompagné d'un baiser de la main pour la remercier pour cette magnifique prestation d'artiste. 

On pourrait écrire un livre sur nos expériences rigolotes ou malheureuses dans les files d'attente israéliennes. Je vous promets donc d'y revenir prochainement. J'en ai des bien bonnes à la poste notamment, où pourtant vous devez prendre un ticket pour éviter tout malentendus. Mais si vous croyez que les Israéliens vont se laisser impressionner par un simple numéro, tandis que vous, jeunes olim hadashim, vous attendez droit comme un  I sagement votre tour... Alors là, vous vous mettez le doigt dans l'œil. Vous verrez que sans devenir champion de la khoutspanit(notre éducation ne nous le permet pas voyons), il y a des petites techniques qui permettent de s'imposer et se faire respecter tout en douceur sans avoir à sortir de ses gonds, enfin presque . 

‌Je vous dis à la semaine prochaine mes chéri(e)s d'🧡 et je vous fais pleins de bessorot tovot. 

DailyMel

N'hésitez pas en attendant ma prochaine chronique inédite pour Alliance Magazine, de venir visiter le blog pour retrouver toutes mes chroniques ou plutôt devrais-je dire mes tribulations d'ola hadasha : www.dailymel.net

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